Noir

Noir. Noir comme une nuit sans lune.
Noir. Noir comme un four éteint.
Noir. Noir comme un tunnel sans éclairage.

Dans l’obscurité de la nuit, tu te faufiles discrètement. Tu nous suit partout sans que nous le sachions.
Dans le silence de la nuit, tu glisses sans un bruit. Tu furètes dans tous les moindres coins.
Dans le calme de la nuit, tu te tais, tu te fais tout petit.

Tu es invisible ! Personne ne te voit. Ouvre donc grand tes phares verts qui se cachent sous tes paupières abaissées. Montre ta présence, dis que tu es là, sinon, sans le vouloir, on t’enfermera : salle-de-bains, toilette, garage… des tas d’endroits qui attisent ta curiosité, des tas d’endroits que tu aimes aimes explorer dès la nuit tombée.

C’est étrange que tu descendes les escaliers tel un hippopotame, boum-boum-boum, alors que tu es le plus petit, le plus léger.
C’est étrange que toi, l’hippopotame des escaliers, te transformes en une plume minuscule aussitôt enfermé.

Tu es un magicien. Tu disparais quand ça te plait ! Tu es un hippopoplume !


Orion, chat noir, s’est encore une fois fait enfermé dans la toilette. Un récidiviste. C’est la deuxième fois en dix jours que cela se produit. Alors que d’habitude, il sort la nuit, voilà que quand il décide de roupiller à l’intérieur, il joue aux explorateurs !

Aucune influence sur moi

Tranche de vie

De fil en aiguille, pour donner conseil et proposer mon aide à une amie, voilà que je suis « retournée » dans le monde virtuel et impalpable d’un réseau social dit professionnel.

De lecture en lecture, parce qu’on ne sait faire que ça sur Internet, lire et parfois écrire, commenter, réagir en donnant son avis, son opinion, partager sa vie à coups de lettres et d’images, je découvre un couple de mots, un futur métier pour certains, une certitude pour d’autres : influenceur littéraire.

Je sais que je suis un peu différente des autres, nous le sommes tous, différents, les uns des autres :-) Je suis toujours partie du principe que ce sont nos différences qui font nos richesses, même si pour d’autres, c’est plutôt l’effet inverse.

Et donc « influenceur littéraire ». Malgré le vaste monde accessible en un clic de souris, je suis tombée (sans me faire mal) sur un influenceur littéraire de mon petit pays : la Belgique. J’avais déjà entendu parler de ce mot étrange « influenceur » et son féminin « influenceuse ». Pour moi qui vit dans ma petite bulle, sans trop regarder la télévision, sans jamais aller au cinéma et encore moins en boîte de nuit ou en concert, en ne lisant plus les journaux, en n’écoutant plus les news anxiogènes, j’ai beaucoup de mal à comprendre comment une activité personnelle, un loisir peut prendre autant d’ampleur pour devenir un métier rémunéré : « influenceur, influenceuse » !

Si je peux deviner que c’est le nombre de « followers » qui encourage certain.e.s à poursuivre dans cette voie, j’ai du mal à saisir le fonctionnement et le raisonnement qui poussent d’autres à aller jusqu’à risquer leur vie pour « se faire mieux voir » ! Comme je ne suis pas au fait de l’actualité et des faits divers macabres, je ne peux pas donner un chiffre, mais cela m’attriste d’apprendre que des influenceuses et influenceurs sont morts « dans l’exercice de leur fonction » ! Qu’une enfance s’est subitement arrêtée parce que maintenant qu’il/elle a x followers, il/elle peut quitter l’école pour se consacrer à sa nouvelle activité rémunérée !

Influenceur littéraire, c’est donc une personne qui parle de livres, de ses lectures, qu’il partage avec d’autres. Il tient généralement un blog ou mieux, aujourd’hui, il a un compte « Insta ». Il donne et il écrit des interviews. Il parle avec les auteurs, il reçoit des livres des maisons d’édition et/ou des auteurs directement. Je suppose qu’il est présent dans des librairies, dans les salons littéraires, etc. Il recommande des livres, des lectures. Il peut parler des heures durant d’une histoire, d’un.e auteur.e. Il influence les lecteurs. Il donne envie de lire. Il agit sur l’esprit des personnes pour les convaincre.

Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais été influencée par des livres qui ont reçu un prix, des livres qui ont 36.000 avis ici ou là, des livres dont la presse parle, qu’on découvre en publicité ici ou en sponsoring sur les réseaux sociaux.

Il y a tellement de livres qui sortent « quotidiennement », tellement d’histoires déjà écrites, tellement d’ouvrages qui existent, de pépites qui sont là, de trésors à venir qu’on n’aura jamais assez d’une vie pour lire tous les livres dont on a envie.

Je choisi mes lectures de façon tout à fait personnelle : par le titre, par la couverture, par le résumé, par l’objet. Dans cet ordre ou dans un autre. Dans une librairie, dans une bouquinerie, dans une brocante, dans une bibliothèque, je flâne, sans jamais savoir à l’avance ce que je veux lire, ce que je veux trouver. Parfois, je me laisse aller en suivant l’avis de lecture de connaissances et d’ami.e.s sur les réseaux sociaux. Et plus récemment, je suis devenue le « dépôt » pour une bouquinerie et je reçois donc des caisses de livres pour cette association et j’adore regarder ce que les gens donnent comme lecture. Parfois, il y a de magnifiques idées de lecture ! J’aime ce hasard. J’aime ces livres qui ont déjà vécu, qui ont déjà donné, qui ont peut-être aidé, qui ont été aimé ou… détesté. Ils ne sont pas abandonnés, mais confiés pour vivre une deuxième, une troisième vie.

J’ai une PAL physique dans ma bibliothèque chez moi. J’ai une liste de lectures à faire dans un petit carnet.

J’ai des centaines de livres papier et un peu moins en numérique.

Peut-être vais-je enfin commencer à ouvrir un carnet créatif avec mes lectures préférées.

Mais les lectures, c’est tellement subjectif, nos goûts peuvent varier selon notre humeur, selon nos sentiments, que je me vois mal les « proposer » à d’autres. Quand j’aime un livre, j’en parle avec mes ami.e.s. Quand je n’aime pas un livre, j’en fait tout autant, en expliquant ce que je n’ai pas aimé et pourquoi, mais en précisant que c’est mon avis et que peut-être que mon amie l’aimera, car nous sommes tous différents.

Combien de fois m’est-il déjà arrivé de ne pas savoir rentrer dans un livre, une fois, deux fois, trois fois, mais que la quatrième est la bonne ? Ou que je ne suis jamais parvenue à dépasser la page 45 d’un livre ? Ou que, en lisant cinq fois une expression, j’abandonne le livre ?

Je me souviens d’un livre que je n’ai jamais réussi à terminer. Pourtant, près de 10 personnes me l’ont chaudement recommandé. Pourtant, il faisait les éloges de milliers de lecteurs et de lectrices. Pourtant, je crois même qu’il a reçu un prix. Et alors ? Ce n’est pas parce que des milliers voir des millions de personnes l’ont aimé que je dois forcément l’apprécier également.

Influenceur littéraire, je trouve ça un beau métier, un beau passe-temps, même si je ne le comprends pas tout à fait. Savoir que des milliers de personnes vous attend « au tournant », savoir que vous devez lire et parler d’un livre (même quand vous êtes malade), savoir que vous n’avez plus de véritable vie privée, savoir que vous risquez soit d’essuyer des insultes – car on ne peut pas plaire à tout le monde – soit des critiques non constructives, savoir que vous aurez toujours « des comptes à rendre », etc. tout ça me dépasse. Et puis imaginez qu’un.e autre influenceur.se arrive. Vous allez devoir vous battre à coup de mots, de newsletter, de présence virtuelle ? Tout ça pour rester au sommet de la visibilité « du monde » ?

Au 21e siècle, il faut savoir se vendre pour vivre, pour survivre. Il faut savoir être présent sur les réseaux sociaux. Il faut être partout à la fois. Il faut être spécialiste et en même temps touche-à-tout. Savoir être vigilant. Savoir être proactif. Savoir parler et se taire. Savoir se faire entendre, se faire voir, savoir faire profil bas. Être résistant au stress. Être le meilleur. La meilleure. Être ici et là-bas. Être visionnaire. Être patient.e.

Moi, j’ai envie d’Être Moi, tout simplement.

Je ne suis pas une influenceuse, je ne suis pas influencée, je ne veux pas influencer.

Tranche de vie ornitho au bureau

Un chti billet pour partager un petit plaisir de la vie… au travail.

Pour vous situer le contexte : je suis secrétaire médicale dans un cabinet de trois médecins généralistes. Après les vacances du printemps et le jour férié de la veille, ce mardi matin, le téléphone n’a pas cessé de sonner. J’avais donc continuellement 2 lignes de 8h00 à 11h11 (ça ne s’invente pas !). Dès que je raccrochais avec une conversation, hop ! L’autre ligne sonnait… Entre quelques commentaires du style « Il y a un problème avec votre ligne, ça sonne tout le temps occupé » et  » Y a un problème sur votre ligne, j’ai eu du mal à vous joindre » et « ah ! Ça va maintenant, vous pouvez m’écouter ? » J’avoue que je commençais sérieusement à perdre patience.

La meilleure a été quand une dame du service technique informatique de notre logiciel médical m’a téléphoné, vers 9h30 je crois, pour me dire « quand vous avez le temps, rappelez-moi qu’on puisse voir si tout est en ordre. Je clôture ce ticket. » Ben non ! Je n’avais pas le temps de la rappeler…

Et pourtant, il y avait toujours un problème. Rectification. Elle a créé un nouveau problème car le problème initial a été résolu en 10min l’après-midi, le jour où, au matin, elle m’avait tenue une heure au téléphone !!

Bref. 11h55, un petit répit, j’en profite pour téléphoner au helpdesk de notre logiciel, mais j’appuie sur un autre chiffre pour avoir un autre service, celui qui m’avait super bien aidée l’après-midi de la semaine passée (une application dans le logiciel). Et là. Oh, bonheur ! Oh, joie ! J’ai un charmant monsieur qui me règle le problème aussi vite que son collègue (4 ordinateurs à vérifier/aider à distance dans 2 bureaux différents)

On arrive, par téléphone et en prenant contrôle à distance de mon ordinateur (vive la technologie) à l’ordinateur principal du secrétariat. Et là, il voit l’image en fond d’écran : une Sterne Pierregarin (un oiseau, laridé comme la mouette et le goéland, qu’on appelle aussi parfois Hirondelle de mer). Et tout en surfant sur mon ordi comme un poisson dans l’eau, il me demande « y a un médecin ornitho chez vous ? ». J’avoue que j’ai dû lui demander de répéter car je pensais avoir mal compris. Faut dire qu’on causait « liens », « certificats », « mise à jour », « écrans partagés » etc. Je lui avoue que l’un des médecins est photographe et aime beaucoup les oiseaux. Comme ce médecin sait que je suis passionnée de ces animaux, il a mis un de ses clichés sur « mon » bureau quand il a installé les nouveaux écrans. J’ai des patrons adorables et formidables. Je le sais et je le répète 🤩

une Sterne Pierregarin ? ça se pourrait bien :-)

On a donc légèrement dévié du sujet principal de notre échange téléphonique pour parler Chevêche d’Athena (ou Chouette chevêche), association Noctua, baguage et suivi de population, origine de ce loisir, photographie, etc. Dans un coin de ma petite tête, je pense que cette conversation est peut-être enregistrée, oups ! On a dû revenir au but de l’appel, car c’était génial cet échange, mais du coup, l’attention n’était plus tout à fait dirigée sur le problème informatique 😆

Ce n’est pas tous les jours que l’on fait de telles rencontres fortuites. En quelques minutes « ornitho », le stress téléphonique du matin s’est envolé comme par magie.

une Chouette d’Athena ? ça y ressemble en tout cas :-)

Et quand j’ai dit à ce monsieur que cette petite chouette était mon oiseau préféré, je n’exagérais rien. Voici une capture d’écran de mon téléphone lorsqu’il est en veille.

Capture d’écran qui date du 7 février à 7h07 😄

l’art-thérapie & le journal créatif, des outils pour la santé mentale

Tranche de vie

Il existe bien des thérapies naturelles pour soigner les bobos du cœur et de la tête. J’ai choisi celle des arts créatifs pour aider mon humeur, mon moral et mon énergie à remonter la pente.

Déjà, il faut d’abord accepter que notre humeur, notre moral, notre énergie et aussi notre créativité montent et descendent. C’est leur cycle naturel. Cela, je l’ai lu (et accepté) dans le journal d’Anne-Marie Jobin : « Mon journal créatif »

J’utilise l’écriture comme moyen d’expression depuis mes 14 ou 15 ans ans environ. (voir cet article pour en découvrir un peu plus sur moi et sur cet acte créatif qui me porte – et me fait parfois aussi tomber – depuis tant d’années)

Je ne faisais rien d’autre que d’écrire. Encore et toujours. Pas de gribouillage, pas de dessin, pas de collage. Quoique une image revient à ma mémoire : mon premier dessin expressif est né après avoir été témoin d’un accident de circulation. Sur le chemin de l’école, un motard a doublé une voiture et a été happé par une voiture venant en sens inverse. J’avais 15 ou 16 ans. Je revois encore très nettement la moto « voler » et retomber à moins de trois mètres de moi. Juste avant le choc, j’avais entendu le klaxon de la voiture et m’étais aussitôt figée, car j’avais déjà été témoin de trois accidents « piéton-voiture », dont un mortel, un c’était mon frère (au même endroit où la femme avait été renversée quelques mois plus tôt !!) et le troisième, c’était moi, en vélo, deux ans après mon frère ! Avant cela, j’avais aussi senti le choc du corps contre le tram dans lequel j’étais, ce long véhicule sur rails a percuté une jeune femme avec ses écouteurs. J’étais devant, à côté du chauffeur, je devais descendre à l’arrêt suivant. En première loge… Le chauffeur du tram a fait aller sa clochette plein de fois, mais rien n’y faisait, elle n’a rien entendu. Il a freiné, mais un tel engin ne s’arrête pas immédiatement.

Bref, mon premier dessin créatif a été un œil en gros plan avec un cercueil en lieu et place de la pupille et des larmes sous l’œil.

Le motard, propulsé à une dizaine de mètres était couché au loin. Puis, il s’est relevé ! Puis s’est écroulé. Mort. C’était un papa, il venait de déposer son fils à mon école.

Mauvais souvenir donc. Un parmi tant d’autres de mon enfance…

Aujourd’hui

Il y a peu, j’ai écrit un conte tiré d’un fait réel touchant à ma vie professionnelle. Comme j’ai toujours aimé travaillé et toujours pu travailler dans des domaines que j’avais choisi, le lien entre ma vie professionnelle et vie privée est fort, puissant et fragile en même temps. Et donc, même si je pensais avoir trouvé la raison qui faisait que je cogitais depuis des mois sur mon avenir professionnel, une partie de ma vie privée a été mêlée à ce souvenir professionnel. Les mots pourtant choisis, pesés brièvement, posés si facilement m’ont tout à coup plongé dans une mer déchaînée d’une violence subite et inouïe. Une tristesse a surgi de nulle part, des angoisses m’ont bousculée et mon équilibre a volé en éclat. A en avoir peur. A en avoir la nausée. A m’en rendre malade.

Les mots ont des pouvoirs ! Les mots sont puissants ! Je l’ai toujours dit…

J’ai bu la tasse. Une tasse de mots. Une tasse de souvenirs et d’émotions enfouies. Pourtant, je croyais que l’écriture allait m’aider à passer ce cap et pas m’enfoncer jusqu’à en boire la tasse.

La vie trépidante dans laquelle nous vivons actuellement, m’a aveuglé durant plusieurs semaines. Il y a eu des signes d’alerte, il y a eu de petites coupures de courant émotionnel, légères et furtives pertes de mémoire, confusion dans des dates et événements, larmes « injustifiées », etc. Mais j’avais tout mis sur la fatigue, la situation sanitaire, les inondations qui nous a épargnés physiquement, mais pas mentalement et sur ma prochaine situation au travail avec le départ de ma seule et unique collègue.

Pourtant, inconsciemment, j’avais déjà mis en place les prémices d’une auto-thérapie. Souvenez-vous pour celles et ceux qui me suivent sur FB et Insta, durant mes vacances et tous les jours du mois d’août, j’ai commencé à me mettre au dessin.

Le dessin, les vacances

Vu que nous n’étions pas parti depuis au moins cinq ans, je peux vous dire que j’ai enfin pu vraiment profiter de ces deux semaines à la mer du Nord. Et je tenais à donner vie, une fois par jour, à un dessin. Pour ce faire, c’est le livre de Anne Kubik qui m’a tenu compagnie durant ces trente jours de créativité. Les dessins, pas à pas, ont guidé mes doigts, ma main dans les esquisses. J’ai senti un bien-être général et une détente profonde. J’ai pu mettre une distance face au stress quotidien que je m’afflige sans le vouloir, mais parce que je fonctionne ainsi : être à l’heure à tous mes rdv, honorer mes promesses dans tous les domaines, être là pour tous ceux et toutes celles que j’aime, aider, rendre service quand je peux, dès que je le peux, être une bonne maman, une bonne épouse, une bonne employée, une bonne fille, une bonne collègue, une bonne maîtresse de maison, une personne responsable et aimante pour les chats que j’adopte et j’en oublie.

Septembre est arrivé. Des embouteillages monstres pour conduire mes enfants à l’école et aller au boulot qui est juste un peu plus loin, dans le même coin. Ma jauge de stress a grimpé en une fois rien que déjà pour ça. (je n’aime pas conduire cfr traumatisme d’enfance). L’alternative de faire tous les trajets en bus/train, avec le monde (agoraphobe sur les bords) et le fait que le bus n’arrive pas près de mon boulot, n’est pas possible. Avec ça, mon horaire de travail a été quasi doublé car je remplaçais ma collègue qui était en congé. Puis la rentrée des classes ne s’est pas super bien passée pour ma fille (16 ans, 45 élèves au début dans sa classe avec des jours où ils n’avaient pas d’heure de table !! ou des jours avec 4 heures de fourches d’affilée). Enfin, j’ai appris que je n’étais pas autorisée à suivre une formation du « pôle emploi – Forem », car étant une chercheuse d’emploi libre et ne bénéficiant d’aucun complément au chômage, je n’étais pas éligible pour cette formation. Celle-ci devait m’aider à choisir une orientation professionnelle pour mon autre mi-temps.

Bref… tous ces petits imprévus ont fait sauter une durite dans mon petit cerveau qui aime avoir ses habitudes. D’habitude, je rebondis. D’ailleurs, je pensais avoir réussi à trouver une remplaçante pour ma collègue.

Octobre au repos

J’ai donc été forcée, par mon corps, par mon moral, par mon médecin généraliste, par mon employeur, de me reposer quelques jours.

Et là, après trois jours à pleurer, à digérer la mise au repos obligatoire, je me replonge dans les dessins, je répète tous les jours un mini conte togolais qui raconte la vie de deux oiseaux, je me plonge dans la lecture d’un bon roman (La révérence des éléphants, de Laura Trompette : MAGNIFIQUE) et je me mets à découvrir le journal créatif avec le livre mentionné au début de cet article.

J’ai un amoureux formidable qui fait tout pour moi. Je n’ai qu’à donc m’occuper que de moi.

Alors, pour mettre toutes les chances de mon côté, je me fais accompagner dans ma démarche de soins par une dame qui, grâce à des outils et à ses techniques va pouvoir m’aider à gérer, à accepter et à comprendre mes angoisses, mes tocs, mon hypersensibilité et ma trop grande empathie envahissante.

Le collage créatif, l’écriture créative

Pour être sûre et certaine que j’avance dans la bonne direction, je me suis aussi rendue à l’atelier d’écriture créative de Josette Carpentier, une charmante voisine spécialisée dans le collage créatif et l’écriture créative.

L’atelier se donnait à la bibliothèque de mon quartier que je connais bien (une valeur sûre, un endroit familier qui me rassure). Je connais un peu Josette (encore un élément rassurant pour moi). Et nous n’étions que 7 femmes. Dont une autre dame dont le visage et la voix me sont familiers puisqu’il s’agit de Marie-Claire Desmette, conteuse connue et reconnue de Liège :-)

Nous avons donc joué avec Josette. Je devrais plutôt dire « travailler », car il est vrai qu’en faisant ces exercices, on travaille sur soi. Je vais vous livrer mon travail d’hier. Je vous partage ceci, car j’y suis allée avec la ferme intention de ne pas pleurer et d’avancer, de créer, de m’évader, de voyager… Objectifs atteints et réussis :-)

  1. Tautogramme. J’ai choisi la lettre « S » pour m’accompagner à cet atelier et voici la lettre que je lui ai écrite :

    Chère S,

    J’attends de toi aujourd’hui que tu me guides dans le chemin de ma tête. Si tu pouvais sourire et sauter en sifflant une super symphonie, cela me mettrais de bonne humeur. Tu es mon symbole, mon signe. Toi et moi, on va cheminer ensemble, on va surfer sur cette journée. En joie, en conseil, en soutien, en symbiose. En somme, toi et moi sommes fait pour nous entendre. Ensemble on va soulever les sourires et surprendre des rires.

    Merci pour tout.
  2. Poser des questions à son corps et y répondre dans une autre couleur, avec un autre support. J’ai choisi mon stylo-plume pour écrire les questions et un bic à quatre couleurs vives (orange) pour les réponses. Je vous transmets juste la dernière, car j’ai entouré la dernière phrase.

    Q. Petite main droite, cela te plait-il de reprendre le stylo-plume entre tes doigts ?
    R. Oh oui !J’aime trop cette sensation de glisse sur le papier. Et puis, pour le beau bleu de l’encre, qu’est-ce que je ne ferais pas ? Merci de ne pas m’oublier !

  3. Grâce à des revues, découpez des lettres, des syllabes et parties de mots pour créer un nouveau mot qui n’existe pas. Inventez ainsi un titre de livre et expliquez ce que ce livre raconte.

Le Cracoi de Doum
A Doum, petite ville à l’ouest de la Virgimaire, il s’en passe des choses ! D’étranges traces sont apparues dans la rue de la seule et unique contique de la ville. Cette librairie spécialisées dans les contes est la plus grande boutique du quartier, de la ville, du pays de la Virgimaire. Les traces sont apparues un soir du mois d’octobre. Alors que les cloches sonnaient minuit, la responsable de la contique, fermant sa boutique, a vu des empreintes roses surgir des pavés noirs de la rue. Tout de suite, Marie-Claire a reconnu ces traces ! Sans la moindre hésitation, elle a crié « Le Cracoi ! », « Le Cracoi ! ».
Cette créature mal connue aurait disparu des contes voilà très exactement 113 ans ! Marie-Claire se souvient encore de l’histoire que sa grand-ère lui avait raconté autrefois.

Pour la connaître, je vous invite à plonger dans ces pages du livre qui vous emmèneront dans une histoire pas si lointaine que ça.

Cracoi de Doum, un conte pour les enfants et les adultes qui aiment voyager dans le Temps et l’Histoire.

Ces jeux de mots et de lettres découpées et collées pour inventer de nouveaux mots, elle en parle dans son livre ci-contre.

Nous avons terminé la séance par un cadavre exquis tout à fait délicieux et intéressant. Mais ça, c’est une autre histoire :-)

Cet atelier d’écriture créative par Josette Carpentier a été une vraie bouffée d’oxygène revigorante. Pour la petite histoire de présentation (car nous pouvons suivre ses ateliers par abonnement, mais pour moi, c’était ma première séance), j’ai écrit mon prénom en mauve, j’ai choisi et écrit en rose fluorescent le mot « rose » de la fleur, pour sa couleur, son parfum, son dessin, sa forme ronde et j’ai partagé l’une de mes dernières lectures avec « Kaimyo, le noms des morts », écrit par Edouard Puart, car j’ai adoré ce court roman qui m’a emmenée au Japon sur les traces d’un vieux monsieur orphelin qui s’occupe de retrouver une famille aux « morts inconnus qui partent seuls » et avec une adolescente haut potentiel qui entend les morts parler.

Le lendemain de l’atelier, Josette m’a donné envie de recommencer avec le collage créatif et de progresser dans ma lecture d’Anne-Marie Jobin avec son journal créatif. Mon journal créatif.

Voici les collages créatifs que j’ai fait avec le livre de Josette Carpentier, l’année passée et début 2021. Celui avec le lion a été fait avant les vacances, cette année.

Mes dessins d’avant

Je dis que je n’ai jamais été douée en dessin, mais ce n’est pas pour autant que je n’aime pas dessiner :-) Quand nous habitions encore Bruxelles, avant 2015 donc, j’ai même voulu m’inscrire à une école de dessin en France, à Paris. Les cours se donnaient par correspondance et les examens, sur place. C’était un peu trop cher pour moi, mais pour pouvoir y entrer, il fallait envoyer par email un échantillon de ce qu’on savait déjà faire. En m’inspirant de beaux livres sur les dessins d’animaux que j’ai chez moi, j’ai donc envoyé quelques dessins d’animaux inspirés par ces livres… et si j’avais voulu, j’aurais pu y entrer ! Je n’y croyais pas, mais cela m’a quand même donné un peu plus de confiance en moi à ce niveau.

Pourtant à bien y regarder, on pourrait douter de mes qualités d’illustratrice (rires)

J’aime quand même certains dessins. Que je pense refaire bientôt pour voir si j’ai vraiment progressé et parce que j’aime les sujets, des oiseaux pour la plupart.

Cela m’a replongé quelques années en arrière. J’y retrouve les dessins que j’avais imaginé pour mon histoire « Faire pousser des oiseaux », qui au départ n’était pas dans un livre. « Faire pousser des oiseaux » est né d’un atelier d’écriture donné par la fabuleuse Evelyne Wilwerth. Plusieurs rencontres autour du thème « Quel bazar bizarre ». Faire pousser des oiseaux a d’abord été des petits bouts d’histoire dans un carnet, puis un jeu de cartes VS puzzle, puis enfin, un an plus tard, un livre. (que vous pouvez retrouver dans ma page « Mes publications« ). Mais je trouve que les dessins de La Ninette sont vraiment toppisimes et sublimes !

Mon journal créatif

Enfin, voici mon premier journal créatif ! Pour préparer et avoir déjà de la matière pour mes collages, j’ai passé ma matinée de ce dimanche à découper une vieille revue : images, mots, lettres tout y est passé. J’ai fait un petit rangement dans mon armoire « bricolages » et j’ai mis toutes les images dans une boîte vide de puzzle et les mots, lettres et chiffres découpés dans une autre boîte. Ces deux boîtes, je les ai décorées.

Tout comme mon journal créatif.

Et j’ai fait ma première page.

Joie. Plaisir. Détente.

Orion, notre nouveau petit chaton (5 mois) m’a accompagné et aidé durant découpage et le choix :-)

Tranche de vie d’un navetteur

La semaine passée dans le train… un navetteur pas comme les autres. Ils sont tous différents, nous sommes tous différents… parfois l’un ou l’autre attire mon attention, comme ce jeudi matin passé…

J’écris tout de go, j’écris comme ça se passe, sans notion de justesse, mais plutôt dans le détail des retranscriptions…

Homme d’une 70aine d’années je dirais… marche avec difficultés, s’aidant d’une béquille… ne semble pas très propre sur lui avec un pantalon noir, aux multiples poches, jauni par endroits, chiffonné de partout, comme son visage.

Casquette noire vissée sur sa tête, barbe et moustache blanche et jaunie par un cigarillos (éteint, je fais gaffe à ce qu’il n’allume pas) collé à ses lèvres. Lunettes avec des verres assez épais. Parle d’une voix forte… ouvre sa canette de bière à 7 heures du matin… précise qu’il va bouffer dès qu’il arrive à Ostende… que hier il a voulu engloutir des moules mais pas moyen d’en trouver…

Il lit le journal et passe la moitié à son voisin d’en face qui le lui demande…

A 7h30, juste avant le 1er arrêt, des relents de bière mélangés à la cigarette arrivent jusqu’à moi, juste un siège et un couloir me séparent de ce parfum écœurant.

Il a fini son journal, alors il sort son petit carnet de mots fléchés ou mots croisés… il se frotte le genou droit, il doit avoir mal…

Ses ongles sont longs, légèrement courbés vers l’intérieur, prolongeant le bout des doigts, jaunes et noirs… Le bic dans sa main droite est tenu par 2 doigts, presque avec le poing fermé, serré… des doigts remplis d’arthrose tordus par la douleur de la vie.

Je « l’aurai » jusqu’au bout… logique car il descend plus loin que moi… Avant que son voisin navetteur ne se lève pour se préparer à descendre au prochain arrêt, il l’informe que lui aussi travaillait avant. Il était dans les ascenseurs, son dernier boulot était à Bruxelles et quand il a terminé, le dernier jour, son chef l’a raccompagné jusque chez lui en voiture. Oui, il l’a raccompagné jusqu’en voiture (il répète… il devait apprécier son patron)

Il montre sa béquille et précise qu’il l’a payée 100 euros, c’est parce qu’il s’est tordu le genou. Au début, il louait 1,50 euro par jour, il valait mieux l’acheter vu qu’il l’utilise tous les jours.

Oui, il se promène beaucoup maintenant, il aime ça.

Grosse veste au motif quadrillage. Un petit sac brun en bandoulière sur son épaule… genre cuire ou simili cuir, foulard aux motifs taches de léopard enroulé autour de son cou.

Quand personne ne lui répond, il fait silence… mais l’odeur est toujours là… m’incommode… l’inconvénient des transports en commun, on ne peut pas « fuir » si on veut garder sa place lolll

Il n’est pas méchant, juste un peu seul et un peu sourd pour parler si fort… Il me fait beaucoup penser à mon beau père qui est décédé : surtout quand ce navetteur a lâché pour une raison que j’ignore (je n’ai pas tout entendu) : « je vais lui péter la gueule » ! ça c’était tout à fait le style de mon beau-père (le second mari de ma maman), qui, quand il avait un peu trop bu accompagnait le geste à la parole même s’il ne tenait plus trop sur ses quilles et était sujet de railleries de la part des jeunes « frappes » du quartier.