J’ai la chance d’avoir tous mes sens. Quand on a tout ça, on ne se rend pas forcément compte de la chance que l’on a. Dernièrement, j’ai perdu le goût et l’odorat suite au Covid-19. Cela n’a duré que 4 à 5 jours. Puis, petit à petit, c’est revenu. Je crois que j’ai rien perdu dans cette histoire.
Mais avant, pendant et après, j’ai perdu ma voix. Aphonie sur trachéite. Extinction totale de voix pendant 30 jours. Ce n’est pas la première fois, et vu comme c’est parti, je sais déjà que ce ne sera pas la dernière :-(
Quand on perd un sens, on est malheureux. Ne plus goûter, ne plus sentir, on perd aussi l’appétit. Ne plus savoir parler distinctement provoque un repli sur soi, une perte momentanée de son travail (pour moi qui suis secrétaire médicale dont ma présence au téléphone frôle les 100 %), un dégoût de la vie.
J’ai aussi une légère perte auditive. Depuis un peu plus de 20 ans maintenant, suite à la maladie de Ménière. Heureusement, ça a l’air de se stabiliser et une prothèse auditive ne m’est pas encore indispensable. Je fais répéter mon entourage plus que de raison quand je n’entends pas, mais cela n’est pas encore trop dérangeant, ni pour eux, ni pour moi. Cette maladie a engendré aussi une perte d’équilibre dans le noir, une dépendance visuelle, mais là non plus, ce n’est pas trop grave pour le moment. Je m’adapte. J’évite de conduire ma voiture dans le noir total. J’allume la lumière de mon téléphone quand je dois me déplacer la nuit chez moi, à la maison.
Je n’ose imaginer perdre ma vue ! Par temps de fatigue, de maladie, de temps passé sur l’écran, je mets des lunettes Je ne sais plus lire les ingrédients écrits en minuscules sur les aliments, mais grâce à la technologie, je fais une photo et j’agrandis. Hop ! le tour est joué. Ni vu ni connu je dirais ;-) Mon papa a dû subir une petite intervention pour un glaucome bilatéral, plus sévèrement d’un côté que de l’autre. Ce type de maladie, à angle fermé, est héréditaire. Je dois faire attention et voir mon ophtalmo une fois par an. Mais ne plus savoir écrire, ne plus savoir lire, ne plus pouvoir observer les oiseaux, regarder la beauté de la nature qui m’entoure, ne plus voir les couleurs, tout ça et plus encore me causerait un dommage bien plus préjudiciable qu’une perte de goût, d’odorat ou d’ouïe.
Je pense que les personnes qui sont nées sans un sens, développent un autre ou des autres « puissance 10 ». Avec le temps, j’ai appris à lire sur les lèvres pour combler ma faible performance auditive. Mais ce n’est pas toujours possible. Je pourrais apprendre le langage des signes (que j’ai appris vers 12 ans avec mon premier amoureux qui était sourd, mais que j’ai oublié depuis, car comme pour toutes les langues, quand on ne pratique pas, on oublie). Mais comment apprendre à écouter les couleurs, à sentir la beauté d’un plumage, à goûter au plaisir d’un coucher de soleil, d’un vol d’oiseaux dans le ciel, de la visite d’un petit animal discret dans un arbre ou dans le jardin ? Je crois que c’est ce qui me manquera le plus : voir.
Alors, je n’y pense pas, il n’y a aucune raison d’y penser… et je profite des couleurs de mes peintures aquarelles, de l’eau qui vire au jaune, au rose, au bleu, au vert.
Je touche à tout, je teste, j’essaie, j’aime ou je n’aime pas. Et je recommence Autrement. Différemment. Les couleurs de l’art-thérapie, tout un arc-en-ciel d’émotions.
Je médite avec les couleurs (2), suite et pas fin de cette thérapie extraordinaire
Enfin, pour revenir aux couleurs et aux livres, si vous êtes sensible à ce sens qu’est la vue, si cela vous touche, vous inspire, vous inquiète, vous émeut, je vous conseille ce très beau livre :
Les crayons de couleur, de Jean-Gabriel Causse. Il ne reçoit une note de 3,6/5 sur le site de Babelio, mais ne vous fiez pas à ces étoiles, les goûts et les couleurs… ça ne se discutent pas ;-)
Voici le mini résumé qui se trouve au dos du livre que j’ai à la maison, avec pour les pronoms et l’adverbe en majuscules, en couleurs :
ELLE, c’est Charlotte, aveugle de naissance et scientifique spécialiste de ces couleurs qu’elle n’a jamais vues.
LUI, c’est Arthur, employé dans une fabrique de crayons de couleur, aussi paumé que séduisant.
ENSEMBLE, ils vont tenter de rendre au monde les couleurs qui ont disparu.
Et un autre livre magnifique sur la perte d’un sens : la surdité.
Écoute mes lèvres, de Jana Novotny Hunter. Traduit de l’anglais par Vanessa Rubio.
Il existe bien des thérapies naturelles pour soigner les bobos du cœur et de la tête. J’ai choisi celle des arts créatifs pour aider mon humeur, mon moral et mon énergie à remonter la pente.
Déjà, il faut d’abord accepter que notre humeur, notre moral, notre énergie et aussi notre créativité montent et descendent. C’est leur cycle naturel. Cela, je l’ai lu (et accepté) dans le journal d’Anne-Marie Jobin : « Mon journal créatif »
J’utilise l’écriture comme moyen d’expression depuis mes 14 ou 15 ans ans environ. (voir cet article pour en découvrir un peu plus sur moi et sur cet acte créatif qui me porte – et me fait parfois aussi tomber – depuis tant d’années)
Je ne faisais rien d’autre que d’écrire. Encore et toujours. Pas de gribouillage, pas de dessin, pas de collage. Quoique une image revient à ma mémoire : mon premier dessin expressif est né après avoir été témoin d’un accident de circulation. Sur le chemin de l’école, un motard a doublé une voiture et a été happé par une voiture venant en sens inverse. J’avais 15 ou 16 ans. Je revois encore très nettement la moto « voler » et retomber à moins de trois mètres de moi. Juste avant le choc, j’avais entendu le klaxon de la voiture et m’étais aussitôt figée, car j’avais déjà été témoin de trois accidents « piéton-voiture », dont un mortel, un c’était mon frère (au même endroit où la femme avait été renversée quelques mois plus tôt !!) et le troisième, c’était moi, en vélo, deux ans après mon frère ! Avant cela, j’avais aussi senti le choc du corps contre le tram dans lequel j’étais, ce long véhicule sur rails a percuté une jeune femme avec ses écouteurs. J’étais devant, à côté du chauffeur, je devais descendre à l’arrêt suivant. En première loge… Le chauffeur du tram a fait aller sa clochette plein de fois, mais rien n’y faisait, elle n’a rien entendu. Il a freiné, mais un tel engin ne s’arrête pas immédiatement.
Bref, mon premier dessin créatif a été un œil en gros plan avec un cercueil en lieu et place de la pupille et des larmes sous l’œil.
Le motard, propulsé à une dizaine de mètres était couché au loin. Puis, il s’est relevé ! Puis s’est écroulé. Mort. C’était un papa, il venait de déposer son fils à mon école.
Mauvais souvenir donc. Un parmi tant d’autres de mon enfance…
Aujourd’hui
Il y a peu, j’ai écrit un conte tiré d’un fait réel touchant à ma vie professionnelle. Comme j’ai toujours aimé travaillé et toujours pu travailler dans des domaines que j’avais choisi, le lien entre ma vie professionnelle et vie privée est fort, puissant et fragile en même temps. Et donc, même si je pensais avoir trouvé la raison qui faisait que je cogitais depuis des mois sur mon avenir professionnel, une partie de ma vie privée a été mêlée à ce souvenir professionnel. Les mots pourtant choisis, pesés brièvement, posés si facilement m’ont tout à coup plongé dans une mer déchaînée d’une violence subite et inouïe. Une tristesse a surgi de nulle part, des angoisses m’ont bousculée et mon équilibre a volé en éclat. A en avoir peur. A en avoir la nausée. A m’en rendre malade.
Les mots ont des pouvoirs ! Les mots sont puissants ! Je l’ai toujours dit…
J’ai bu la tasse. Une tasse de mots. Une tasse de souvenirs et d’émotions enfouies. Pourtant, je croyais que l’écriture allait m’aider à passer ce cap et pas m’enfoncer jusqu’à en boire la tasse.
La vie trépidante dans laquelle nous vivons actuellement, m’a aveuglé durant plusieurs semaines. Il y a eu des signes d’alerte, il y a eu de petites coupures de courant émotionnel, légères et furtives pertes de mémoire, confusion dans des dates et événements, larmes « injustifiées », etc. Mais j’avais tout mis sur la fatigue, la situation sanitaire, les inondations qui nous a épargnés physiquement, mais pas mentalement et sur ma prochaine situation au travail avec le départ de ma seule et unique collègue.
Pourtant, inconsciemment, j’avais déjà mis en place les prémices d’une auto-thérapie. Souvenez-vous pour celles et ceux qui me suivent sur FB et Insta, durant mes vacances et tous les jours du mois d’août, j’ai commencé à me mettre au dessin.
Le dessin, les vacances
Vu que nous n’étions pas parti depuis au moins cinq ans, je peux vous dire que j’ai enfin pu vraiment profiter de ces deux semaines à la mer du Nord. Et je tenais à donner vie, une fois par jour, à un dessin. Pour ce faire, c’est le livre de Anne Kubik qui m’a tenu compagnie durant ces trente jours de créativité. Les dessins, pas à pas, ont guidé mes doigts, ma main dans les esquisses. J’ai senti un bien-être général et une détente profonde. J’ai pu mettre une distance face au stress quotidien que je m’afflige sans le vouloir, mais parce que je fonctionne ainsi : être à l’heure à tous mes rdv, honorer mes promesses dans tous les domaines, être là pour tous ceux et toutes celles que j’aime, aider, rendre service quand je peux, dès que je le peux, être une bonne maman, une bonne épouse, une bonne employée, une bonne fille, une bonne collègue, une bonne maîtresse de maison, une personne responsable et aimante pour les chats que j’adopte et j’en oublie.
Septembre est arrivé. Des embouteillages monstres pour conduire mes enfants à l’école et aller au boulot qui est juste un peu plus loin, dans le même coin. Ma jauge de stress a grimpé en une fois rien que déjà pour ça. (je n’aime pas conduire cfr traumatisme d’enfance). L’alternative de faire tous les trajets en bus/train, avec le monde (agoraphobe sur les bords) et le fait que le bus n’arrive pas près de mon boulot, n’est pas possible. Avec ça, mon horaire de travail a été quasi doublé car je remplaçais ma collègue qui était en congé. Puis la rentrée des classes ne s’est pas super bien passée pour ma fille (16 ans, 45 élèves au début dans sa classe avec des jours où ils n’avaient pas d’heure de table !! ou des jours avec 4 heures de fourches d’affilée). Enfin, j’ai appris que je n’étais pas autorisée à suivre une formation du « pôle emploi – Forem », car étant une chercheuse d’emploi libre et ne bénéficiant d’aucun complément au chômage, je n’étais pas éligible pour cette formation. Celle-ci devait m’aider à choisir une orientation professionnelle pour mon autre mi-temps.
Bref… tous ces petits imprévus ont fait sauter une durite dans mon petit cerveau qui aime avoir ses habitudes. D’habitude, je rebondis. D’ailleurs, je pensais avoir réussi à trouver une remplaçante pour ma collègue.
Octobre au repos
J’ai donc été forcée, par mon corps, par mon moral, par mon médecin généraliste, par mon employeur, de me reposer quelques jours.
Et là, après trois jours à pleurer, à digérer la mise au repos obligatoire, je me replonge dans les dessins, je répète tous les jours un mini conte togolais qui raconte la vie de deux oiseaux, je me plonge dans la lecture d’un bon roman (La révérence des éléphants, de Laura Trompette : MAGNIFIQUE) et je me mets à découvrir le journal créatif avec le livre mentionné au début de cet article.
J’ai un amoureux formidable qui fait tout pour moi. Je n’ai qu’à donc m’occuper que de moi.
Alors, pour mettre toutes les chances de mon côté, je me fais accompagner dans ma démarche de soins par une dame qui, grâce à des outils et à ses techniques va pouvoir m’aider à gérer, à accepter et à comprendre mes angoisses, mes tocs, mon hypersensibilité et ma trop grande empathie envahissante.
Le collage créatif, l’écriture créative
Pour être sûre et certaine que j’avance dans la bonne direction, je me suis aussi rendue à l’atelier d’écriture créative de Josette Carpentier, une charmante voisine spécialisée dans le collage créatif et l’écriture créative.
L’atelier se donnait à la bibliothèque de mon quartier que je connais bien (une valeur sûre, un endroit familier qui me rassure). Je connais un peu Josette (encore un élément rassurant pour moi). Et nous n’étions que 7 femmes. Dont une autre dame dont le visage et la voix me sont familiers puisqu’il s’agit de Marie-Claire Desmette, conteuse connue et reconnue de Liège :-)
Nous avons donc joué avec Josette. Je devrais plutôt dire « travailler », car il est vrai qu’en faisant ces exercices, on travaille sur soi. Je vais vous livrer mon travail d’hier. Je vous partage ceci, car j’y suis allée avec la ferme intention de ne pas pleurer et d’avancer, de créer, de m’évader, de voyager… Objectifs atteints et réussis :-)
Tautogramme. J’ai choisi la lettre « S » pour m’accompagner à cet atelier et voici la lettre que je lui ai écrite :
Chère S,
J’attends de toi aujourd’hui que tu me guides dans le chemin de ma tête. Si tu pouvais sourire et sauter en sifflant une super symphonie, cela me mettrais de bonne humeur. Tu es mon symbole, mon signe. Toi et moi, on va cheminer ensemble, on va surfer sur cette journée. En joie, en conseil, en soutien, en symbiose. En somme, toi et moi sommes fait pour nous entendre. Ensemble on va soulever les sourires et surprendre des rires.
Merci pour tout.
Poser des questions à son corps et y répondre dans une autre couleur, avec un autre support. J’ai choisi mon stylo-plume pour écrire les questions et un bic à quatre couleurs vives (orange) pour les réponses. Je vous transmets juste la dernière, car j’ai entouré la dernière phrase.
Q. Petite main droite, cela te plait-il de reprendre le stylo-plume entre tes doigts ? R. Oh oui !J’aime trop cette sensation de glisse sur le papier. Et puis, pour le beau bleu de l’encre, qu’est-ce que je ne ferais pas ? Merci de ne pas m’oublier !
Grâce à des revues, découpez des lettres, des syllabes et parties de mots pour créer un nouveau mot qui n’existe pas. Inventez ainsi un titre de livre et expliquez ce que ce livre raconte.
Le Cracoi de Doum A Doum, petite ville à l’ouest de la Virgimaire, il s’en passe des choses ! D’étranges traces sont apparues dans la rue de la seule et unique contique de la ville. Cette librairie spécialisées dans les contes est la plus grande boutique du quartier, de la ville, du pays de la Virgimaire. Les traces sont apparues un soir du mois d’octobre. Alors que les cloches sonnaient minuit, la responsable de la contique, fermant sa boutique, a vu des empreintes roses surgir des pavés noirs de la rue. Tout de suite, Marie-Claire a reconnu ces traces ! Sans la moindre hésitation, elle a crié « Le Cracoi ! », « Le Cracoi ! ». Cette créature mal connue aurait disparu des contes voilà très exactement 113 ans ! Marie-Claire se souvient encore de l’histoire que sa grand-ère lui avait raconté autrefois.
Pour la connaître, je vous invite à plonger dans ces pages du livre qui vous emmèneront dans une histoire pas si lointaine que ça.
Cracoi de Doum, un conte pour les enfants et les adultes qui aiment voyager dans le Temps et l’Histoire.
Ces jeux de mots et de lettres découpées et collées pour inventer de nouveaux mots, elle en parle dans son livre ci-contre.
Nous avons terminé la séance par un cadavre exquis tout à fait délicieux et intéressant. Mais ça, c’est une autre histoire :-)
Cet atelier d’écriture créative par Josette Carpentier a été une vraie bouffée d’oxygène revigorante. Pour la petite histoire de présentation (car nous pouvons suivre ses ateliers par abonnement, mais pour moi, c’était ma première séance), j’ai écrit mon prénom en mauve, j’ai choisi et écrit en rose fluorescent le mot « rose » de la fleur, pour sa couleur, son parfum, son dessin, sa forme ronde et j’ai partagé l’une de mes dernières lectures avec « Kaimyo, le noms des morts », écrit par Edouard Puart, car j’ai adoré ce court roman qui m’a emmenée au Japon sur les traces d’un vieux monsieur orphelin qui s’occupe de retrouver une famille aux « morts inconnus qui partent seuls » et avec une adolescente haut potentiel qui entend les morts parler.
Le lendemain de l’atelier, Josette m’a donné envie de recommencer avec le collage créatif et de progresser dans ma lecture d’Anne-Marie Jobin avec son journal créatif. Mon journal créatif.
Voici les collages créatifs que j’ai fait avec le livre de Josette Carpentier, l’année passée et début 2021. Celui avec le lion a été fait avant les vacances, cette année.
Mes dessins d’avant
Je dis que je n’ai jamais été douée en dessin, mais ce n’est pas pour autant que je n’aime pas dessiner :-) Quand nous habitions encore Bruxelles, avant 2015 donc, j’ai même voulu m’inscrire à une école de dessin en France, à Paris. Les cours se donnaient par correspondance et les examens, sur place. C’était un peu trop cher pour moi, mais pour pouvoir y entrer, il fallait envoyer par email un échantillon de ce qu’on savait déjà faire. En m’inspirant de beaux livres sur les dessins d’animaux que j’ai chez moi, j’ai donc envoyé quelques dessins d’animaux inspirés par ces livres… et si j’avais voulu, j’aurais pu y entrer ! Je n’y croyais pas, mais cela m’a quand même donné un peu plus de confiance en moi à ce niveau.
Pourtant à bien y regarder, on pourrait douter de mes qualités d’illustratrice (rires)
J’aime quand même certains dessins. Que je pense refaire bientôt pour voir si j’ai vraiment progressé et parce que j’aime les sujets, des oiseaux pour la plupart.
Cela m’a replongé quelques années en arrière. J’y retrouve les dessins que j’avais imaginé pour mon histoire « Faire pousser des oiseaux », qui au départ n’était pas dans un livre. « Faire pousser des oiseaux » est né d’un atelier d’écriture donné par la fabuleuse Evelyne Wilwerth. Plusieurs rencontres autour du thème « Quel bazar bizarre ». Faire pousser des oiseaux a d’abord été des petits bouts d’histoire dans un carnet, puis un jeu de cartes VS puzzle, puis enfin, un an plus tard, un livre. (que vous pouvez retrouver dans ma page « Mes publications« ). Mais je trouve que les dessins de La Ninette sont vraiment toppisimes et sublimes !
Mon journal créatif
Enfin, voici mon premier journal créatif ! Pour préparer et avoir déjà de la matière pour mes collages, j’ai passé ma matinée de ce dimanche à découper une vieille revue : images, mots, lettres tout y est passé. J’ai fait un petit rangement dans mon armoire « bricolages » et j’ai mis toutes les images dans une boîte vide de puzzle et les mots, lettres et chiffres découpés dans une autre boîte. Ces deux boîtes, je les ai décorées.
Tout comme mon journal créatif.
Et j’ai fait ma première page.
Joie. Plaisir. Détente.
Orion, notre nouveau petit chaton (5 mois) m’a accompagné et aidé durant découpage et le choix :-)
Souvenez-vous, j’ai posté un article sur mon trouble compulsif d’achats de livres…
Souvenez-vous du dernier article que j’ai publié sur les photos et les rimes.
Enfin, pour celles et ceux qui me suivent sur FB, j’ai fait référence à trois auteurs de thriller en introduction à mon dernier livre lu. Souvenez-vous, c’était le livre de Pierre Lemaître.
Et bien voilà ! Pour faire ce lien avec les trois derniers posts, voici une photo qui résume à elle-seule mes occupations du moment.
Donc, une décision s’impose. Une promesse à tenir, un véritable défi pour moi :
D’une part, d’ici mon anniversaire (septembre), je n’achète plus de livre papier en neuf.
D’autre part, je m’engage à donner à manger à ma nouvelle liseuse que j’ai reçue pour la fête des mères (avec une belle couverture).
Enfin, je me permettrai d’acquérir des livres d’occasion à la condition que ceux-ci ne puisent pas dans mon portefeuille de 2020 : cadeaux, échanges, troc, boîte à livres, dons,… tout est bon.
Cela étant dit et écrit, je me donne le droit de « transgresser » ou plutôt d’adapter ma règle lors de trois occasions particulières : 1) lors de notre visite annuelle au village du livre, Redu, je peux acheter un maximum de 10 livres d’occasion à la condition que je puise dans mes économies que je mets de côté pour ce genre de choses, 2) lors de brocantes, je peux acquérir quelques livres – nombre indéterminé, mais en-deça de 10 – si ceux-ci sont vraiment une trouvaille, une occasion à saisir, une opportunité à ne pas louper, un ouvrage magnifique, une découverte, etc. 3) comme il n’y a que moi qui rend visite à mes libraires et que j’ai déjà commencé une série de livres qui sort 1x/semaine chez elles, je poursuivrai cet achat hebdomadaire. Ce serait au-dessus de moi d’interrompre cette série (Jules Verne) au seul motif que j’ai trop dépensé avant. Ce serait injuste pour la série. Injuste pour ma bibliothèque. Injuste pour mon toc. C’est comme ça, je ne peux rien y faire. Point à la ligne. On n’en parle plus et on passe à autre chose. :-)
Voici la liseuse que j’ai reçue avec sa belle couverture ;-) C’est une Kobo, il y a la couverture du livre en cours de lecture que je peux voir chaque fois que j’ouvre ma liseuse, je peux agrandir la police de caractère, déterminer la luminosité et il y a même une lumière orange qui favorise à l’endormissement qui s’active quelques minutes avant mon heure habituelle de dodo. Elle n’est pas belle la vie ? (rires)
Dans ce premier recueil, 28 petits textes se partagent les 90 pages. Voici quelques extraits choisis :
Monsieur Rougegorge a froid
– Papa, tu as vu ? Il neige ! Il neige pour Noël ! Ça, c’est la fête.
– Oui, fiston, j’ai vu. Si tu veux, on peut faire un petit bonhomme de neige !
– Oh oui, chouette alors ! »
Alors que Pierre s’apprête pour sortir, un petit oiseau brun et orange se pose sur la table du jardin et, de ses petits yeux, regarde sur la table et par terre s’il n’y a rien à se mettre dans le bec. Dehors, il fait froid et les flocons de neige tombent et fondent sur le petit corps de l’oiseau.
– Tu es prêt, Pierre ? Je t’attends
– Oui mais, papa, tu as vu à la fenêtre ? Un Rougegorge. Il a l’air d’être malade, il ne bouge pas beaucoup.
– Oui, en effet, il a certainement froid…et peut-être aussi faim ! Tu veux l’aider ou tu préfères ton bonhomme de neige ?
Léon
Sur le chemin de terre qui mène à une ferme, il y a un petit hérisson penseur. Il trouve que le temps se rafraîchit bien vite et qu’il serait temps pour lui de chercher un abri pour hiberner tranquillement. Il marche à son aise, faisant bouger ses picots à droite puis à gauche. À la vitesse à laquelle il avance, il risque fort de ne pas arriver dans son jardin favori avant le lever du jour. Soudain, un bruit fort le met en boule. Il ne bouge plus, tétanisé par ce qu’il vient d’entendre. Ça ressemble étrangement à un coup de fusil. L’éclat recommence et on dirait même qu’il se rapproche. Léon, le petit hérisson, ose relever la tête et avance un peu plus vite. Il est presque drôle à courir ainsi. Mais il a peur.
Sassi le serpent sans dent
Il était une fois dans une forêt, un
drôle de serpent. Sassi, c’est son nom, est triste depuis qu’il a perdu ses dents de lait. Sa maman lui a toujours dit de cacher les dents qui tombent, sous son oreiller. Ainsi la petite souris passe, prend la dent et laisse derrière elle un merveilleux cadeau. Mais Sassi a toujours faim…aussi à chaque fois que passe une souris, il la mange ! Si bien qu’à la fin, toutes ses dents de lait sont tombées et aucune souris n’a survécu au passage de l’oreiller. Pour le punir de sa goinfrerie, Sassi n’a pas vu repousser la moindre nouvelle dent d’adulte dans sa belle bouche et n’a jamais appris à étouffer une proie.
Le lac des souhaits
Dans la forêt voisine, vit un petit oiseau extraordinaire. Il s’appelle Sylvain. C’est un oiseau de la taille d’un pigeon mais au plumage flamboyant de roux et de jaune. Il a toute l’élégance d’une hirondelle et il est aussi souple qu’une mésange. Très attentif à son plumage et à sa réputation, c’est le plus grand séducteur de la forêt. Sylvain est un animal très dynamique. Il ne peut s’empêcher de marcher ou de sautiller à tout moment de la journée. Et quand, enfin, il prend le temps de s’arrêter, sa longue queue, elle, continue de bouger. Hélas, il a un gros problème. Livré à lui-même depuis son enfance, il n’a jamais apprit à voler !
– Si seulement je pouvais trouver le mode d’emploi, cela m’éviterait bien des misères, se répétait-t-il, sans cesse. En vain, il ne trouve décidément pas la technique pour décoller. Têtu, il essaye une nouvelle fois mais sans succès. Epuisé par cette dernière tentative, il glisse de son perchoir et chute assez maladroitement. Il se fait très mal à la tête. Depuis ce moment, allez savoir pourquoi, il se prend pour un chat !
Hugo le train
…Pendant ce temps-là, Hugo est en visite. Grâce à ses phares puissants, il ne craint pas de rouler la nuit. Hélas, son trajet doit le faire passer dans le nouveau tunnel. Ça par contre, il n’aime pas. Il préfère les grands espaces et il a peur de sentir à l’étroit ou de se retrouver dans un endroit confiné. (Lui, est, ce qu’on appelle un claustrophobe). Il ralentit lorsqu’il arrive à proximité du long tunnel. Il ne veut pas y pénétrer mais il n’a pas le choix, il n’y a pas d’autres chemins qui conduisent au centre commercial. Dans ses wagons, les clients commencent à s’impatienter. Ce qu’ils prennent pour un séisme n’est rien d’autre que les roues tremblantes d’Hugo. Des passagers réguliers qui connaissent très bien Hugo, viennent le voir dans la cabine. Ils lui parlent d’une voix douce. Ils tentent tant bien que mal de le rassurer et de le guider vers le tunnel. Il n’y a rien à faire, Hugo a bien trop peur. Sa frayeur est si grande, qu’il s’arrête net… Julie lit la pâtisserie
…Comme tous les enfants de son âge, Julie aime les bonbons et autres biscuits sucrés. Elle adore jouer à saute-mouton, rigole beaucoup avec ses petits camarades et se méfie du grand méchant loup. Hélas, elle n’arrive pas à déchiffrer les merveilleuses histoires que sa maman lui raconte, le soir, avant d’aller dormir. Trop distraite par mille choses intéressantes, Julie n’a pas encore réussi à lire un mot, aussi court soit-il.
Puis un jour, alors qu’elle est toute seule dans sa chambre, elle tombe de fatigue et s’endort dans un profond sommeil. Immédiatement, des rêves viennent occuper toutes ses pensées. Alors que tout semble calme dans ce songe, une douce musique titille ses oreilles et l’amène à se lever du lit de coquelicot sur lequel elle est assise…
Noémie est accro
Ses doigts longs et fins triturent le bas de son gilet blanc. La tirette émet un petit cliquetis aigu et régulier. Son cœur bat un peu plus rapidement, sa respiration se fait plus haletante. Elle hésite à rentrer, à franchir le pas de la boutique.
Comme chaque jour, cet instant qu’elle attend depuis le matin devient une vraie obsession. Elle sait que ce n’est pas bien, elle sait qu’elle est accro et elle sait qu’elle doit pouvoir y résister. Mais comment peut-elle s’imaginer freiner cette terrible envie qui lui ronge l’estomac depuis qu’elle a trois ans ?