Quand la réalité dépasse la fiction !

Incroyable, mais vrai ! Ce lundi matin, je prends toutes mes boîtes de crayons pour colorier un dessin fait il y a quelques jours. L’une des boîtes, celle avec tous les dégradés de roses est encore fermée par trois collants. J’avais oublié qu’il y avait trois collants. J’enlève donc le premier et m’étonne donc de rencontrer une résistance… bon, je comprends vite, j’enlève le deuxième autocollant qui me résiste davantage. Je ne parle pas du troisième qui refuse de se décoller, qui refuse de se déchirer sous mon ongle de pouce, ongle long et fort !

Je prends (notez que si vous mélangez les lettres de PRENDS, on peut faire aisément PERDS en perdant le N !) patience et au lieu d’aller chercher une paire de ciseau qui est dans le tiroir à 1,50 mètre de moi, je m’imagine que la boîte renferme un trésor. C’est vrai, quoi, pourquoi ce collant, pourtant parfaitement identique aux deux autres, ne cède-t-il pas à ma pression ? Il doit forcément y avoir une raison à cela ! Oui, j’y crois et ne riez pas :-)

Dans cette boîte, je m’imagine donc trouver un petit mot, un secret ou un appel à l’aide, ou plutôt, non, c’est en fait un animal microscopique et spécial, un animal de la famille des Crayons et de l’espèce Couleur. Oui, il se serait faufilé là, parmi les crayons de bois. Il a le mimétisme parfait, tout le monde n’y aurait vu que du feu bois. Il se serait fondu dans le décor, prenant la même forme, la même taille et la même pointe colorée qu’un confrère de bois. Mais ce Crayon, sera-t-il un gentil ou un méchant ? Veut-il simplement crier au monde entier que les crayons, enfin certains, sont vivants et qu’il faut les manipuler avec douceur, leur parler, et plus les mordre, les jeter ou les faire tomber jusqu’à ce que leur colonne de mine se brise en plusieurs morceaux ? Peut-être que ce crayon souhaite faire passer ce message, mais d’une autre manière ? Adieu la douceur, bonjour la terreur ?

Ah ! Enfin ! Le collant se décolle. Oufti, il était temps, je commençais sérieusement à délirer.

Je soulève le couvercle et ouvre donc la boîte.

Et…

Et…

Vous ne me croirez jamais !! Il y avait bel et bien un trésor !!

La preuve en images.

Un crayon supplémentaire ! Est-ce que…

Est-ce qu’il est …

Vivant ?

Non, mais, vraiment, quoi ! Un peu de sérieux s’il vous plait ! Bien sûr que non, il n’est pas vivant.

Et pourtant. Il a le mimétisme parfait. Ce crayon supplémentaire a pris la même taille, la même forme, la même pointe colorée que le crayon portant le numéro 103. Il a été jusqu’à avoir exactement le même numéro : 103. Trois chiffres gravés de manière identique. Trois chiffres pour trois collants. Signe ou simple coïncidence ?

Quand je vous dis que la réalité dépasse parfois la fiction.


Ceci était mon petit texte créatif pondu à l’instant… Pour l’écriture créative, je démarre souvent au quart de tour. Comme le titre d’un précédent recueil que vous pouvez retrouvez ici, en vente chez Atramenta (il me reste encore quelques exemplaires si vous en voulez un dédicacé ;-) )

l’art-thérapie & le journal créatif, des outils pour la santé mentale

Tranche de vie

Il existe bien des thérapies naturelles pour soigner les bobos du cœur et de la tête. J’ai choisi celle des arts créatifs pour aider mon humeur, mon moral et mon énergie à remonter la pente.

Déjà, il faut d’abord accepter que notre humeur, notre moral, notre énergie et aussi notre créativité montent et descendent. C’est leur cycle naturel. Cela, je l’ai lu (et accepté) dans le journal d’Anne-Marie Jobin : « Mon journal créatif »

J’utilise l’écriture comme moyen d’expression depuis mes 14 ou 15 ans ans environ. (voir cet article pour en découvrir un peu plus sur moi et sur cet acte créatif qui me porte – et me fait parfois aussi tomber – depuis tant d’années)

Je ne faisais rien d’autre que d’écrire. Encore et toujours. Pas de gribouillage, pas de dessin, pas de collage. Quoique une image revient à ma mémoire : mon premier dessin expressif est né après avoir été témoin d’un accident de circulation. Sur le chemin de l’école, un motard a doublé une voiture et a été happé par une voiture venant en sens inverse. J’avais 15 ou 16 ans. Je revois encore très nettement la moto « voler » et retomber à moins de trois mètres de moi. Juste avant le choc, j’avais entendu le klaxon de la voiture et m’étais aussitôt figée, car j’avais déjà été témoin de trois accidents « piéton-voiture », dont un mortel, un c’était mon frère (au même endroit où la femme avait été renversée quelques mois plus tôt !!) et le troisième, c’était moi, en vélo, deux ans après mon frère ! Avant cela, j’avais aussi senti le choc du corps contre le tram dans lequel j’étais, ce long véhicule sur rails a percuté une jeune femme avec ses écouteurs. J’étais devant, à côté du chauffeur, je devais descendre à l’arrêt suivant. En première loge… Le chauffeur du tram a fait aller sa clochette plein de fois, mais rien n’y faisait, elle n’a rien entendu. Il a freiné, mais un tel engin ne s’arrête pas immédiatement.

Bref, mon premier dessin créatif a été un œil en gros plan avec un cercueil en lieu et place de la pupille et des larmes sous l’œil.

Le motard, propulsé à une dizaine de mètres était couché au loin. Puis, il s’est relevé ! Puis s’est écroulé. Mort. C’était un papa, il venait de déposer son fils à mon école.

Mauvais souvenir donc. Un parmi tant d’autres de mon enfance…

Aujourd’hui

Il y a peu, j’ai écrit un conte tiré d’un fait réel touchant à ma vie professionnelle. Comme j’ai toujours aimé travaillé et toujours pu travailler dans des domaines que j’avais choisi, le lien entre ma vie professionnelle et vie privée est fort, puissant et fragile en même temps. Et donc, même si je pensais avoir trouvé la raison qui faisait que je cogitais depuis des mois sur mon avenir professionnel, une partie de ma vie privée a été mêlée à ce souvenir professionnel. Les mots pourtant choisis, pesés brièvement, posés si facilement m’ont tout à coup plongé dans une mer déchaînée d’une violence subite et inouïe. Une tristesse a surgi de nulle part, des angoisses m’ont bousculée et mon équilibre a volé en éclat. A en avoir peur. A en avoir la nausée. A m’en rendre malade.

Les mots ont des pouvoirs ! Les mots sont puissants ! Je l’ai toujours dit…

J’ai bu la tasse. Une tasse de mots. Une tasse de souvenirs et d’émotions enfouies. Pourtant, je croyais que l’écriture allait m’aider à passer ce cap et pas m’enfoncer jusqu’à en boire la tasse.

La vie trépidante dans laquelle nous vivons actuellement, m’a aveuglé durant plusieurs semaines. Il y a eu des signes d’alerte, il y a eu de petites coupures de courant émotionnel, légères et furtives pertes de mémoire, confusion dans des dates et événements, larmes « injustifiées », etc. Mais j’avais tout mis sur la fatigue, la situation sanitaire, les inondations qui nous a épargnés physiquement, mais pas mentalement et sur ma prochaine situation au travail avec le départ de ma seule et unique collègue.

Pourtant, inconsciemment, j’avais déjà mis en place les prémices d’une auto-thérapie. Souvenez-vous pour celles et ceux qui me suivent sur FB et Insta, durant mes vacances et tous les jours du mois d’août, j’ai commencé à me mettre au dessin.

Le dessin, les vacances

Vu que nous n’étions pas parti depuis au moins cinq ans, je peux vous dire que j’ai enfin pu vraiment profiter de ces deux semaines à la mer du Nord. Et je tenais à donner vie, une fois par jour, à un dessin. Pour ce faire, c’est le livre de Anne Kubik qui m’a tenu compagnie durant ces trente jours de créativité. Les dessins, pas à pas, ont guidé mes doigts, ma main dans les esquisses. J’ai senti un bien-être général et une détente profonde. J’ai pu mettre une distance face au stress quotidien que je m’afflige sans le vouloir, mais parce que je fonctionne ainsi : être à l’heure à tous mes rdv, honorer mes promesses dans tous les domaines, être là pour tous ceux et toutes celles que j’aime, aider, rendre service quand je peux, dès que je le peux, être une bonne maman, une bonne épouse, une bonne employée, une bonne fille, une bonne collègue, une bonne maîtresse de maison, une personne responsable et aimante pour les chats que j’adopte et j’en oublie.

Septembre est arrivé. Des embouteillages monstres pour conduire mes enfants à l’école et aller au boulot qui est juste un peu plus loin, dans le même coin. Ma jauge de stress a grimpé en une fois rien que déjà pour ça. (je n’aime pas conduire cfr traumatisme d’enfance). L’alternative de faire tous les trajets en bus/train, avec le monde (agoraphobe sur les bords) et le fait que le bus n’arrive pas près de mon boulot, n’est pas possible. Avec ça, mon horaire de travail a été quasi doublé car je remplaçais ma collègue qui était en congé. Puis la rentrée des classes ne s’est pas super bien passée pour ma fille (16 ans, 45 élèves au début dans sa classe avec des jours où ils n’avaient pas d’heure de table !! ou des jours avec 4 heures de fourches d’affilée). Enfin, j’ai appris que je n’étais pas autorisée à suivre une formation du « pôle emploi – Forem », car étant une chercheuse d’emploi libre et ne bénéficiant d’aucun complément au chômage, je n’étais pas éligible pour cette formation. Celle-ci devait m’aider à choisir une orientation professionnelle pour mon autre mi-temps.

Bref… tous ces petits imprévus ont fait sauter une durite dans mon petit cerveau qui aime avoir ses habitudes. D’habitude, je rebondis. D’ailleurs, je pensais avoir réussi à trouver une remplaçante pour ma collègue.

Octobre au repos

J’ai donc été forcée, par mon corps, par mon moral, par mon médecin généraliste, par mon employeur, de me reposer quelques jours.

Et là, après trois jours à pleurer, à digérer la mise au repos obligatoire, je me replonge dans les dessins, je répète tous les jours un mini conte togolais qui raconte la vie de deux oiseaux, je me plonge dans la lecture d’un bon roman (La révérence des éléphants, de Laura Trompette : MAGNIFIQUE) et je me mets à découvrir le journal créatif avec le livre mentionné au début de cet article.

J’ai un amoureux formidable qui fait tout pour moi. Je n’ai qu’à donc m’occuper que de moi.

Alors, pour mettre toutes les chances de mon côté, je me fais accompagner dans ma démarche de soins par une dame qui, grâce à des outils et à ses techniques va pouvoir m’aider à gérer, à accepter et à comprendre mes angoisses, mes tocs, mon hypersensibilité et ma trop grande empathie envahissante.

Le collage créatif, l’écriture créative

Pour être sûre et certaine que j’avance dans la bonne direction, je me suis aussi rendue à l’atelier d’écriture créative de Josette Carpentier, une charmante voisine spécialisée dans le collage créatif et l’écriture créative.

L’atelier se donnait à la bibliothèque de mon quartier que je connais bien (une valeur sûre, un endroit familier qui me rassure). Je connais un peu Josette (encore un élément rassurant pour moi). Et nous n’étions que 7 femmes. Dont une autre dame dont le visage et la voix me sont familiers puisqu’il s’agit de Marie-Claire Desmette, conteuse connue et reconnue de Liège :-)

Nous avons donc joué avec Josette. Je devrais plutôt dire « travailler », car il est vrai qu’en faisant ces exercices, on travaille sur soi. Je vais vous livrer mon travail d’hier. Je vous partage ceci, car j’y suis allée avec la ferme intention de ne pas pleurer et d’avancer, de créer, de m’évader, de voyager… Objectifs atteints et réussis :-)

  1. Tautogramme. J’ai choisi la lettre « S » pour m’accompagner à cet atelier et voici la lettre que je lui ai écrite :

    Chère S,

    J’attends de toi aujourd’hui que tu me guides dans le chemin de ma tête. Si tu pouvais sourire et sauter en sifflant une super symphonie, cela me mettrais de bonne humeur. Tu es mon symbole, mon signe. Toi et moi, on va cheminer ensemble, on va surfer sur cette journée. En joie, en conseil, en soutien, en symbiose. En somme, toi et moi sommes fait pour nous entendre. Ensemble on va soulever les sourires et surprendre des rires.

    Merci pour tout.
  2. Poser des questions à son corps et y répondre dans une autre couleur, avec un autre support. J’ai choisi mon stylo-plume pour écrire les questions et un bic à quatre couleurs vives (orange) pour les réponses. Je vous transmets juste la dernière, car j’ai entouré la dernière phrase.

    Q. Petite main droite, cela te plait-il de reprendre le stylo-plume entre tes doigts ?
    R. Oh oui !J’aime trop cette sensation de glisse sur le papier. Et puis, pour le beau bleu de l’encre, qu’est-ce que je ne ferais pas ? Merci de ne pas m’oublier !

  3. Grâce à des revues, découpez des lettres, des syllabes et parties de mots pour créer un nouveau mot qui n’existe pas. Inventez ainsi un titre de livre et expliquez ce que ce livre raconte.

Le Cracoi de Doum
A Doum, petite ville à l’ouest de la Virgimaire, il s’en passe des choses ! D’étranges traces sont apparues dans la rue de la seule et unique contique de la ville. Cette librairie spécialisées dans les contes est la plus grande boutique du quartier, de la ville, du pays de la Virgimaire. Les traces sont apparues un soir du mois d’octobre. Alors que les cloches sonnaient minuit, la responsable de la contique, fermant sa boutique, a vu des empreintes roses surgir des pavés noirs de la rue. Tout de suite, Marie-Claire a reconnu ces traces ! Sans la moindre hésitation, elle a crié « Le Cracoi ! », « Le Cracoi ! ».
Cette créature mal connue aurait disparu des contes voilà très exactement 113 ans ! Marie-Claire se souvient encore de l’histoire que sa grand-ère lui avait raconté autrefois.

Pour la connaître, je vous invite à plonger dans ces pages du livre qui vous emmèneront dans une histoire pas si lointaine que ça.

Cracoi de Doum, un conte pour les enfants et les adultes qui aiment voyager dans le Temps et l’Histoire.

Ces jeux de mots et de lettres découpées et collées pour inventer de nouveaux mots, elle en parle dans son livre ci-contre.

Nous avons terminé la séance par un cadavre exquis tout à fait délicieux et intéressant. Mais ça, c’est une autre histoire :-)

Cet atelier d’écriture créative par Josette Carpentier a été une vraie bouffée d’oxygène revigorante. Pour la petite histoire de présentation (car nous pouvons suivre ses ateliers par abonnement, mais pour moi, c’était ma première séance), j’ai écrit mon prénom en mauve, j’ai choisi et écrit en rose fluorescent le mot « rose » de la fleur, pour sa couleur, son parfum, son dessin, sa forme ronde et j’ai partagé l’une de mes dernières lectures avec « Kaimyo, le noms des morts », écrit par Edouard Puart, car j’ai adoré ce court roman qui m’a emmenée au Japon sur les traces d’un vieux monsieur orphelin qui s’occupe de retrouver une famille aux « morts inconnus qui partent seuls » et avec une adolescente haut potentiel qui entend les morts parler.

Le lendemain de l’atelier, Josette m’a donné envie de recommencer avec le collage créatif et de progresser dans ma lecture d’Anne-Marie Jobin avec son journal créatif. Mon journal créatif.

Voici les collages créatifs que j’ai fait avec le livre de Josette Carpentier, l’année passée et début 2021. Celui avec le lion a été fait avant les vacances, cette année.

Mes dessins d’avant

Je dis que je n’ai jamais été douée en dessin, mais ce n’est pas pour autant que je n’aime pas dessiner :-) Quand nous habitions encore Bruxelles, avant 2015 donc, j’ai même voulu m’inscrire à une école de dessin en France, à Paris. Les cours se donnaient par correspondance et les examens, sur place. C’était un peu trop cher pour moi, mais pour pouvoir y entrer, il fallait envoyer par email un échantillon de ce qu’on savait déjà faire. En m’inspirant de beaux livres sur les dessins d’animaux que j’ai chez moi, j’ai donc envoyé quelques dessins d’animaux inspirés par ces livres… et si j’avais voulu, j’aurais pu y entrer ! Je n’y croyais pas, mais cela m’a quand même donné un peu plus de confiance en moi à ce niveau.

Pourtant à bien y regarder, on pourrait douter de mes qualités d’illustratrice (rires)

J’aime quand même certains dessins. Que je pense refaire bientôt pour voir si j’ai vraiment progressé et parce que j’aime les sujets, des oiseaux pour la plupart.

Cela m’a replongé quelques années en arrière. J’y retrouve les dessins que j’avais imaginé pour mon histoire « Faire pousser des oiseaux », qui au départ n’était pas dans un livre. « Faire pousser des oiseaux » est né d’un atelier d’écriture donné par la fabuleuse Evelyne Wilwerth. Plusieurs rencontres autour du thème « Quel bazar bizarre ». Faire pousser des oiseaux a d’abord été des petits bouts d’histoire dans un carnet, puis un jeu de cartes VS puzzle, puis enfin, un an plus tard, un livre. (que vous pouvez retrouver dans ma page « Mes publications« ). Mais je trouve que les dessins de La Ninette sont vraiment toppisimes et sublimes !

Mon journal créatif

Enfin, voici mon premier journal créatif ! Pour préparer et avoir déjà de la matière pour mes collages, j’ai passé ma matinée de ce dimanche à découper une vieille revue : images, mots, lettres tout y est passé. J’ai fait un petit rangement dans mon armoire « bricolages » et j’ai mis toutes les images dans une boîte vide de puzzle et les mots, lettres et chiffres découpés dans une autre boîte. Ces deux boîtes, je les ai décorées.

Tout comme mon journal créatif.

Et j’ai fait ma première page.

Joie. Plaisir. Détente.

Orion, notre nouveau petit chaton (5 mois) m’a accompagné et aidé durant découpage et le choix :-)

Des contes, des rires, des partages et des pleurs… des mots pour des maux.

Je m’envole vers une autre histoire, un autre chemin…

Le week-end passé a été extraordinaire et explosif. Deux jours de découvertes, deux jours de rencontres, deux jours d’entraînement, de partages d’histoires. Le plein d’émotions, un ascenseur de sentiments divers et variés.

Samedi matin, il y a pile sept jours, souvenez-vous, j’étais en joie d’avoir ressenti un déclic pour une nouvelle histoire, pour L’Histoire que j’allais conter. J’étais prête. Gonflée à bloc. Motivée. Devant le groupe super, bienveillant, magique et bon, je l’ai même verbalisé ce dimanche matin : je vais conter tantôt une histoire et même si je ne respecte pas toutes les règles, je vais le faire.

Et puis le temps passe.

Passe.

Passe.

On fait des vocalises. des grimaces, des éclats de rire. Des jeux de mise en voix, des « A » ouverts, des « A » fermés avec le visage qui va avec, avec le corps, avec son âme et ses tripes, avec son angoisse, avec son stress, avec son masque imaginaire (pas le masque buccal qui nous est tant familier depuis des mois). Des lettres, des syllabes, des onomatopées, des mots qui existent, d’autres qu’on inventent, des petits bouts de phrases, des débuts d’histoire. De l’impro. Du partage. De la bienveillance. Des liens se créent. Ça va vite. Le temps file et se défile.

On mange, on joue, on écoute, on parle.

Puis on mange encore, on joue encore, on écoute encore, on parle encore.

Et le temps file et se défile.

Il est déjà 15h30… le temps de la parole, des essai, de se lancer.

Mais le temps file toujours, il se défile et me défie.

Quelques-unes (il n’y a qu’un homme dans le groupe, ils sont donc deux à représenter la gente masculine des conteurs parmi dix femmes !) racontent, content et la magie opère. Des ambiances, des images, des voyages dans un autre temps, un autre monde, des univers extraordinaires.

Et je m’évade. Et je bois leur parole. Et je m’imprègne des contes tantôt passionnant, tantôt surprenant, tantôt envoûtant, mais assurément dépaysant ! Et l’envie de parler de moi, de me « révéler », de partager un petit bout de ma vie s’envole. S’étiole.

Le fait d’avoir mis sur papier mes pensées, d’avoir couché les mots et les phrases traits noirs sur mon écran blanc de téléphone, eh bien tout ça a libéré mon questionnement, tout cela a rendu la liberté à mes doutes emprisonnés. Tout cela a allégé le poids qui sur mon estomac commençait à peser.

Les mots ont des pouvoirs. Ils sont forts, ils soignent, ils guérissent, ils sont porteurs d’espoir. Ils ont en eux une vie qui ne demande qu’à s’exprimer.

Et cette histoire, je ne vais pas vous la partager. Ni en écrit ni avec ma voix. Pourtant, ils sont là, je leur ai donné vie. J’ai mis des mots sur des maux. Et ceux-là ont vécu, sur papier, dans ma tête. Et dans un souffle, dans des silences, ils sont morts aussi rapidement qu’ils sont nés. Ils m’ont bouleversée, ils ont rouvert une blessure que je pensais pourtant cicatrisée…, ils vont désormais s’envoler dans l’univers des souvenirs et n’iront jamais se déposer aux creux de vos oreilles, car cette histoire, m’appartient.


Mais parce qu’il faut rebondir au risque de s’enfoncer dans un abîme de tristesse, parce que je ne suis pas seule et que la vie continue, parce que tout ça fait partie du passé, je me dois d’aller de l’avant. Pour mes enfants. Pour mon amoureux. Pour moi.

Parce que j’ai souvent trébuché sur le chemin de ma vie, par ce qu’il y a eu souvent des petits cailloux ou de grosses pierres qui m’ont fait tomber, j’ai réussi à trouver en moi la force nécessaire pour me relever. Oui, à chaque fois.

Et cette ressource, cette force, cette aide, je la dois à l’écriture, à la lecture et aujourd’hui au dessin. Toutes ces thérapies créatives me permettent de m’exprimer, de me soigner, de voyager, de rêver et … de me libérer.

Dans un prochain article, je vous montrerai mon cheminement dans le dessin et puis surtout aussi dans les contes et dans les livres que je lis et que j’écris.

Sans oublier la découverte du journal créatif (qui regroupe un peu tout cela) grâce au livre de Anne-Marie Jobin. L’art-thérapie, j’en faisais déjà un peu à ma sauce, sans le savoir. Mais il existe une multitude de petites choses à découvrir et à faire dans ce domaine.

Et ça, c’est une autre histoire ;-)

Le déclic ! Je vais conter…

Ce week-end, je suis aux abonnées absentes. Ce week-end, je vais conter. Oui, madame, conter. Non, monsieur, pas des comptes d’argent mais des contes d’histoires.

Alors que ça doit bien faire un mois entier et plein que je réfléchis à l’histoire que j’aurais envie de conter, alors que depuis une dizaine de jours environ, j’avais enfin choisi, préparé et mis en bouche mon conte « Aphone », voila-t-il pas que ce matin, alors que les poules (et le reste de la maisonnée) dorment encore, je suis prise de frénésie de partage et je change mon histoire.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit : une histoire. MON histoire ! Un chapitre de mon histoire, un chapitre de ma vie !

Le déclic a été sur papier. Comme presque toujours j’ai envie de dire.

Comme expliqué dans un précédent article, il y a toujours deux passions qui se disputent le haut de la place dans mon cœur : l’écriture et l’oralisation des histoires lues. Je ne sais pourquoi, je ne sais si c’est la nuit courte, coupée de reveils, les changements dans mon train-train quotidien de ces derniers temps ou tout simplement la stimulation de la reprise d’activités en présentiel, mais l’idée de conter mes propres contes écrits ne me semble plus si juste, si belle, si naturelle. J’ai toujours tendance à rester dans « l’écris » et à l’oral, ça ne passe pas toujours bien. Mon imagination à voix haute est ridige, c’est mon plus gros travail…

Cela fait pourtant quelques années que je suis des formations et autres stages liés aux contes, et que donc je sais et je connais les ingrédients nécessaires, utiles et indispensables à une bonne recette. Mais entre savoir et mettre en pratique ces connaissances, il y avait en moi toujours un pont difficile à franchir.

Et j’ai franchi ce pont ce matin, vers les 6h30. Je m’en suis rendu compte dans la forme de mon écriture manuscrite : pressée, moche mais pleine de dynamisme et d’idées.

Joie en moi ! J’ai écrit l’introduction au conte puis j’adapterai à l’oral de courts passages de la fin de mon dernier recueil « Raconter des salades de contes ».

Car bien sûr, dans tout ce que j’écris, il y a une part de vérité. Même dans les histoires abracadabrantes que je « ponds » !

Il en sera de même pour l’histoire que je vais conter ce week-end pu le 2e week-end de cette formation avec Stéphane Van Hoecke. La seule différence, cette fois-ci, sera qu’une grande partie sera tirée de faits réels et seulement un soupçon d’imagination…

Ça sentira le vécu, le partage, l’humour et… les contes bien sûr !

Aphérèse, apocope et syncope : jeux d’écriture & vocabulaire

Je vais être un peu plus intelligente : en préparant cet article, je découvre des noms pour des jeux d’écriture, qui sont à la base des figures de style. Nous allons donc élargir un peu notre vocabulaire, en tout cas pour moi avec ces trois termes que nous utilisons presque quotidiennement !

Aphérèse, apocope et syncope ont de ça en commun : ils « mangent » une partie des mots, tantôt le début du mot, tantôt la fin et enfin « au milieu » avec un raccourci plutôt utilisé dans le langage oral ou à l’écrit pour rendre un rythme au parlé.

Aphérèse grignote le début du mot. Comme BUS qui vient du mot AUTOBUS. Pour être plus précise, on dira que l’aphérèse enlève, supprime, retire, ôte la ou les syllabe(s) initiale(s) du mot. C’est ainsi que le prénom Bastien est arrivé (Sébastien) et Toine pour… Antoine.

Demain, je prendrai le bus pour un cours sur le net, il paraît que ça se donne dans un car.

Apocope est beaucoup plus utilisé. Lui, il dévore la fin du mot; la ou les dernière(s) syllabe(s) sont avalées goulument. On en retrouve et on en utilise plus facilement dans notre quotidien. Cela nous donne TELE pour TELEVISION par exemple.

Lili, la kiné de la famille, fait de la récup avec tout. Pas plus tard qu’hier, grâce à sa petite auto, elle est allée prendre une vieille télé au resto de la fac de sa coloc ; elle va la transformer en aquarium pour l’annif de son ado qui veut devenir véto !

Mes collègues sont des mégés. Comprenez des « médecins généralistes » :-)

Syncope fait tomber l’une ou l’autre lettre à l’intérieur du mot. Dans le langage parlé, ça peut donner « M’man » pour maman.

T’ention P’pa, v’la M’man qui s’ramène avec les courses.


Quand j’écris, même dans les emails et les textos et autres courts messages instantanés, il est rare que j’écrive en raccourcissant les mots. Sauf quand je dois prendre des notes en vol, comme j’ai tout oublié de mes cours de sténo(graphie), j’écris volontiers « bcp » pour beaucoup, « tt » pour « tout », « ns » pour nous, « nbe » pour nombre et le petit rond des « degrés » (°) pour tous les mots terminant par « tion » :-) Cela dit, il devient rare que je prenne encore des notes manuscrites, car j’ai la dactylo(graphie) très rapide et j’écris sur un clavier comme Lucky Luke tire plus vite que son ombre Ha ! Ha !

Et vous comment écrivez-vous dans vos habitudes ? Écrivez-vous encore à la main ? Utilisez-vous régulièrement des aphérèses, apocopes et autres syncopes ?

Dites-moi tout. Ne soyez pas timides.

À bientôt pour d’autres figures de style et jeux de mots.

Contes au château

Parce que j’aime tellement sortir de ma zone de confort, je remets le couvert et je vais conter au château du Sartay !

La première fois que j’ai participé à cette formation d’initiation aux contes et à l’art de conter, avec Stéphane Van Hoecke, c’était en automne 2019. Je n’étais pas complètement novice en la matière, mais j’ai un petit saboteur interne qui me dit toujours que je suis incapable de conter devant un public. Je connaissais déjà Stéphane pour avoir suivi avant cela deux de ces week-end d’écriture et je me sens en confiance et à l’aise avec lui et sa manière d’animer. Je rigole beaucoup, je décompresse deux jours durant, je me déconnecte entièrement de ma routine habituelle.

Je me souviens que cette fois-là, en octobre 2019, j’y étais allée dans le but de faire un choix que je m’étais imposée : l’oral ou l’écrit ? Je me sentais « obligée » de choisir dans l’une de ces deux disciplines artistiques qui font partie de mes deux hobbys principaux. Je ne sais pas pourquoi précisément, je voulais à tout prix m’investir dans l’une ou l’autre et pas dans les deux ! Je me suis fort bien amusée, mais j’ai aussi stressée énormément, car parler en public me demande un terrible effort ! Et pour corser l’affaire, une autre participante avait choisi le même conte que moi à travailler ! Je ne voulais pas qu’on ai les mêmes contes, même si c’étaient là deux versions différentes. En quatrième vitesse, et parce que j’ai plus d’un tour dans mon sac, j’ai changé d’avis et choisi un autre conte. Mais je le trouvais trop court. Alors, je l’ai adapté en essayant d’y inclure l’endroit où nous étions (le château du Sartay) et quelques anecdotes ou mots des autres participants à la formation. Et si j’ai véritablement adoré adapter ce conte à l’écrit, je suis sortie de ces 4 jours avec la ferme conviction que j’étais davantage « faite » pour écrire que pour conter à l’oral.

Voici mon conte écrit : Le loup et le renard, inspiré du conte « Le renard et le tigre » (développement, inspiration nocturne clic ici)

Mais voilà… l’univers des contes, des conteuses et des conteurs me colle à la peau. Je suis toujours autant attiré par le fait de conter à voix haute. Mais le trac est tel que je ne travaille jamais l’oral tant que je n’y suis pas obligée. Et quand je parle d’obligation, ce sont bien les obligations que je mets moi-même, comme ma participation à cette nouvelle séance de formation.

Cette fois-ci, j’ai choisi de conter une histoire que j’ai écrite, 100% by me. J’hésite encore bien sûr sur l’histoire, mais en demandant l’avis de mon fils (qui n’en a strictement rien à faire ni de mon choix ni de mes contes), je suis finalement tombée d’accord avec moi-même et je vais travailler sur « Aphone« . Pourquoi ? Eh bien parce qu’il parle :

  1. d’oiseaux :-)
  2. de handicaps avec, adapté à mon histoire, un oiseau qui perd sa voix, qui devient donc momentanément muet et un autre qui connait un problème de vue et qui est rejeté par ses semblables à cause de sa malvoyance
  3. d’entraide et d’amour

Et parce que j’aime décidément me mettre la pression, (pour moi, j’appelle ça « aller au bout de mes idées »), j’ai envie de dessiner chacun de mes petits personnages dont il est question dans cette histoire ! Avec comme but ultime, d’illustrer cette histoire pour en faire un support (didactique, pédagogique et informatif) à distribuer aux spectateurs en fin d’animation. Heureusement pour moi, je n’ai pas encore fixé de date pour faire cela; ce support ne sera sûrement pas disponible pour la fin de la formation, mais je pourrai l’envoyer ultérieurement en souvenir ;-)

Grèbe huppé

Ce magnifique oiseau n’est bien sûr pas le héros principal de mon histoire, mais c’est un personnage important puisqu’il va sauver la vie du petit oiseau et devenir son ami.

Veillée contée dans un parc de Liège

Grâce à la Maison du Conte et de la Parole Liège-Verviers asbl, j’ai passé une très chouette soirée ce 11 septembre 2021, au parc du Château de Colonster, à Liège (Sart-Tilman).

Ils étaient 8 conteuses présentes et 2 conteurs présents pour nous faire passer un bon moment. Et quel moment ! Entre musique, danse et patience improvisées, chants et instruments dans le vent, voix qui porte par-delà le bois, ils nous ont fait rêver, nous ont fait voyager dans le temps et les histoires.

Les émotions et les rires nous ont accompagnés tout au long de l’heure contée. Une veillée sans pluie, sous un arbre majestueux, avec des bougies et des torches allumées pour éveiller l’ambiance et feutrer le silence.

  • Les gestes d’amour ne sont pas toujours révélés au grand jour, il faut parfois patienter pour que les années puisse les révéler.
  • Il n’est plus riche et plus heureux que celui qui croit avoir perdu son trésor, mais qui en amis et en amour gagne mille fois plus. Et ce ne sont pas de vieilles babouches qui vont vous contredire.
  • Le miroir révèle que ce que nous voulons y voir… n’oublions pas qu’autrefois, il y a longtemps, fort fort longtemps, il n’existait pas. Ne nous disputons pas pour si peu et soyons heureux. Ensemble .
  • Il est une fois en Espagne, un petit homme pas plus haut qu’un pouce. Il vit un tas d’aventures palpitantes et ce n’est pas une vache gourmande qui va lui faire peur ou l’arrêter. Et si en plus le public se met à chanter, tout ça ne fait que l’encourager !
  • Nous avons toutes et tous notre propre version d’un souvenir, d’un événement, d’un moment… une grand-mère décède et son petit-fils qui ne l’a pourtant connu qu’un peu, pas assez, se souvient de son enterrement comme d’un bon moment. Cela grâce à une chanson, un rythme et un joueur d’orgue particulier.
  • Quand un frère et une sœur, pourtant d’âges différents, se confondent, ça peut faire bousculer toute une vie, toute une histoire ! L’un et l’autre grandissent, et mis à part de petits détails physiques que l’ont peut encore facilement cacher à cette époque, ils décident tous deux de participer aux jeux olympiques ! Diantre ! A cette époque, les femmes étaient interdites à cette activité ludique et sportive. Qu’à cela ne tienne, cela ne les arrêtera pas pour autant. La vérité nue, vous la vouliez ? Eh ben ! Vous l’aurez !

Et entre ces contes et ces histoires d’autrefois, de petites souris sont venues nous distraire. Les enfants, mesdames et messieurs, sachez que même chez ces petits êtres, la connaissance de plusieurs langues est fort utile ! Elle peut vous (nous) sauvez la mise en bien des occasions !

Merci à Carine, Maria, Régis, Gaëtane, Danielle, Marie-Claire et Agathe d’avoir été passeuses et passeur d’histoires hier soir.

Merci à Laure, Cécile et Philippe pour leur accueil, leur musique, leur chanson et toute leur organisation. Entre historiettes et chansonnettes, la musique du début de la fin, cette veillée a été fort agréable et appréciée.

Pour plus d’infos sur La Maison du Conte et de la Parole Liège-Verviers, clic sur la bannière ci-dessus.

Un petit mensuel de diffusion d’information (clic) est édité et imprimé et pour 14 petits euros délestés et versés, douze fois par an, le petit journal vous recevrez :-)

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