Dans ma tête, c’est la tempête !

Mon cerveau est en ébullition. Nuit et jour, jour et nuit. Ce sont les doutes, les questions, les décisions, les choix, les interrogations qui se bousculent. Source d’insomnies, d’irritabilité, de sensibilité accrue.

J’ai été dans le brouillard de longues semaines. Le brouillard s’est épaissi. Spectatrice de ma vie. Robot routinier, bien huilé, mais avec des batteries presque plates. Puis, une éclaircie. Devant moi, je discerne des montagnes. Bien hautes, bien raides. Don d’ubiquité, je suis là et ailleurs. Au-delà des montagnes, une autre brume. La brume s’épaissi. Une purée de pois. Ici, là-bas, ailleurs. Comme un été trop chaud, humide, mes pores suffoquent. Je transpire. Je tachycarde. Le brouillard, impalpable, s’est liquéfié. S’est transformée en eau. Partout autour de moi. Je tombe à pic. Je coule. Risque de noyade. Vite ! Vite ! Sortir la tête de là. Respirer un grand coup. Se poser. Se reposer. Souffler. Prendre du recul. Se faire aider. Accepter mon fonctionnement. Accepter qui je suis.

Demain, est un autre jour.

En attendant, ne rien montrer. Ne rien partager. Faire bonne figure. Faire comme si. Pour garder la face. Mise sur pile. En confidence avec une poignée d’amies. Une pincée plutôt. Suffisant pour l’instant. Mes précieuses. Mes amies.

Quand l’énergie, la volonté, le plaisir reviennent, par saccade, par à-coup, fragiles supports bienvenus, le moteur redémarre. Au quart de tour. Il était en hibernation. Le réveil, en douceur, parvient à le sortir de sa léthargie. Il fait doux dehors. Mais c’est encore l’hiver. Ne pas se précipiter. Ne pas croire que le printemps est là et le froid, et le noir, et tout le Mauvais, derrière soi. Prendre patience.

Tout vient à point à qui sait attendre.

Hélas, ça se bouscule aux portes de la motivation. Coups de coudes, coups bas, certains ont invité à mon insu le petit Sab’Oteur. Il ne sait pas prier. Il arrive en courant. En volant même. Parce qu’il sait que j’aime les oiseaux. Il est faux. Mesquin. Critique négatif. Jouer la sourde oreilles. Allez voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs.

Je me disperse comme le pollen. Y a plus qu’à viser le bon jardin. Atterrir. Me planter une fois, deux fois, … Semer la bonne récolte. Au bon moment. Entretenir la bouture qui va pousser. L’aimer. Croire en son avenir. Récolter le fruit de tous ses efforts. Avec le sourire de préférence. Puis, souffler sur le pissenlit de la victoire pour partager ma réussite.

Mais ça, c’est une autre histoire.

A suivre …


Dans cette attente, j’ai tiré les cartes de mon oracle des animaux chamaniques. Je lui ai posé trois questions. J’ai eu mes réponses.

J’ai demandé à mon copain Monsieur Chat Georges s’il connaissait ce jeu de cartes, et à ma grande surprise et plaisir, il a répondu par une affirmation. Voilà à peu près ce qu’il m’a dit :

  1. Le Canard : Le canard est souvent associé à l’eau, à la grâce et à la fluidité. Dans le contexte de ta réorientation professionnelle, cette carte pourrait indiquer que tu as la capacité d’adapter et de naviguer avec fluidité à travers les différentes options qui se présentent à toi. Les canards sont aussi des oiseaux migrateurs, ce qui pourrait suggérer que tu es prête à explorer de nouveaux territoires professionnels.
  2. Le Chat : Les chats sont souvent vus comme des animaux très indépendants et observateurs. Ils symbolisent également la curiosité et la perspicacité. Cette carte pourrait souligner l’importance de suivre ton intuition et de faire confiance à tes instincts dans ton processus de réorientation professionnelle. Peut-être que tu devrais explorer différentes voies avec une attitude curieuse et ouverte d’esprit.
  3. Le Chameau : Les chameaux sont connus pour leur endurance et leur capacité à traverser des terrains difficiles. Dans ton contexte, cette carte pourrait suggérer que tu possèdes déjà les ressources nécessaires pour surmonter les défis qui pourraient se présenter dans ta nouvelle voie professionnelle. Cela pourrait également indiquer que tu as accumulé une richesse d’expérience et de compétences au fil des ans, ce qui te donne une base solide pour avancer sans nécessairement avoir besoin de retourner à l’école.

En résumé, les cartes semblent indiquer que tu as déjà les qualités et les ressources nécessaires pour entreprendre cette réorientation professionnelle. Ta capacité à t’adapter, ta curiosité naturelle et ton endurance seront des atouts précieux dans ce processus. Tu pourrais envisager d’explorer différentes options avec confiance et ouverture d’esprit, en écoutant ton intuition et en tirant parti de ton expérience passée.

Il n’y a pas d’âge pour apprendre, se former et partager

Des études disent que le cerveau est moins souple, qu’il apprend moins facilement et qu’il commence même à se dégrader à partir de… 25 ans !

En 2023, personnellement, j’ai certaines réserves quant à ces études et recherches qui datent de plus de 15 ans. Les technologies et le savoir ne cessent d’augmenter, on le sait. Peut-être pas toujours dans le bon sens ou dans celui que l’on voudrait, mais c’est indéniable, on progresse. Ne pensez-vous pas que ces recherches et études devraient être réexaminées aujourd’hui ?

Depuis combien de temps nous dit-on que nous utilisons une infime partie de notre cerveau, soit 10 % ? J’ai envie de croire que j’utilise quotidiennement ces 10 petits pourcents de mon cerveau et j’ai envie d’essayer de voir si je peux débloquer quelques pourcentages en plus 😄

À 40 ans passés, j’ai décidé donc de reprendre une formation. Reprendre car je l’avais démarrée fin 2020. Une formation à distance : assistante bibliothécaire.

Grâce à un échange d’emails et plusieurs lectures de romans plus tard, j’ai repensé ma façon d’agir. Trouver le positif dans chaque événement difficile, tirer le bon d’une mauvaise nouvelle, remercier l’univers pour un imprévu qui ne me plait pas, etc. Eh bien! Croyez-le ou non, penser « positif », ne pas ruminer ou s’appitoyer sur soi, ne plus maudire l’univers et penser autrement, prendre du recul et sourire à la vie comme elle se présente, c’est… cool ! 😄 Je me sens plus légère, moins stressée, plus enthousiaste.

Cette formation à distance, bien qu’elle soit qualifiante et reconnue chez nous en Belgique, reste une formation « éloignée » ; elle a été préparée il y a près de 10 ans, et comme tout le monde le sait, il y en a des choses qui changent en 10 ans ! Mais elle est intéressante encore sur bien des points qui eux ne changent pas ou si peu. Elle détaille surtout les nombreuses tâches qui incombent aux assistantes bibliothécaires dans les bibliothèques publiques en Belgique, mais elle aborde aussi, brièvement, d’autres points comme les centres de documentation et les librairies.

Il y a quelques années, j’avais hésité à suivre une formation en librairie. Mais de 1) j’avais déjà un travail et l’horaire des cours ne se mettait pas bien avec celui-ci. Et de 2) j’ai immédiatement pensé qu’avec mes problèmes de dos, je ne pourrais pas réceptionner les caisses de livres qui pèsent un âne mort !

Donc cette formation, que j’avais déjà chez moi, qui était déjà payée, m’attendait les pages ouvertes :-)

Même si je réalise que retenir des informations précises, du par cœur, est une tâche ardue pour mon petit cerveau fatigué, je tâche de m’appliquer avec sérieux.

Grâce à cette formation, je vais pouvoir faire plusieurs stages et je compte bien profiter de cette occasion pour essayer le métier d’assistante bibliothécaire dans une bibliothèque de ma région et essayer aussi celui de libraire spécialisé. Et en y pensant, j’ai des tas d’idées et de projets qui arrivent dans ma tête. Une excitation de changement de carrière. Une réorientation professionnelle qui me donne des papillons dans mon ventre.

Et si… et s’il m’était donné la possibilité de travailler avec les livres. Avec/pour/dans la nature. En compagnie des mots écrits, des mots lus, des mots dits à voix haute, des mots doux et chantants comme ceux des oiseaux ? Ce serait un nouveau chapitre dans le livre de ma vie. Et quel chapitre mes amis 🤩

Reprendre une formation, qui plus est à distance, pour moi, est un vrai défi. Non pas à cause de mon âge, car j’ai l’impression de retrouver ma jeunesse en étudiant et en devant emmagasiner des tas d’infos que je ne trouve pas toujours utiles 😅, mais par le fait que ce soit sans professeur direct. Je sors de ma zone de confort. Je dois là aussi me surpasser et prendre cet inconfort comme opportunité ! Je peux gérer aussi bien mon temps et mon travail comme je le souhaite. Je dois mieux m’organiser afin de continuer à apprendre. Je dois trouver de nouvelles techniques d’apprentissage car en effet, mon cerveau n’est plus aussi malléable qu’il y a 20 ans !

Si je n’essaye pas ça, si je ne vais pas au bout, jamais je ne pourrai dire que ce n’est pas pour moi.

Prendre des décisions et oser, cela nous bouscule, nous fait peur. Mais au final, la plus grande peur que l’on puisse avoir, ce sont les regrets de ne pas avoir osé le faire. Chrystal Marcel