En cherchant un livre dont on m’a parlé, j’en ai découvert un autre. C’était il y a quelques jours, avant que je me lance le défi de ne plus acheter de livres. Heureusement qu’avant ce défi rigolo, je venais d’en acheter trois, inclus celui dont on me parle depuis plus d’un mois et celui-ci : Tout le bleu du ciel, de Mélissa Da Costa.
Une histoire bouleversante, attendrissante, une histoire d’amours, d’amitiés, de tendresse, mais aussi une terrible histoire de maladie. De la vie, des vies joyeuses et heureuses et la mort. Des morts. Des accidents, la vieillesse, la maladie. Une histoire de jeunesse envolée, d’enfance différente, de famille incomprise. Des tragédies. Des petits bonheurs. De la résilience. De l’absence. De la jalousie. De la différence. Une histoire de parents aussi, des enfants partout, des amis ici et là-bas, des anciens et des nouveaux. Oui, au fond, il s’agit de ça, de plusieurs histoires de familles et d’amitiés. Des liens qui s’unissent, qui se créent, d’autres qui se déchirent, qui s’enfuient. Des liens forts d’amitié que l’on choisit, des liens que l’on subit, qui nous meurtrit mais dont on sort toujours grandit.
Des citations qui m’ont amené à des moments de réflexions. Arrêt sur les mots, sur une phrase. Yeux levés dans le vague, dans le vide. Un sourire. Un mouvement de tête. Un accord. Et la lecture se poursuit. Avide. Inquiète. Cœur pincé.
Et des larmes. Des larmes de tristesse. Des larmes d’émotion. Des larmes de vie.
Des personnages attachants, émouvants, précieux.
Une lecture bouleversante, mais oh ! combien passionnante.
Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient. (Charles Caleb Colton)
Si nous pleurons parce que le soleil n’est plus là, nos larmes nous empêcheront de voir les étoiles. (Mélissa Da Costa)
Puisqu’on ne peut pas changer l’orientation du vent, il faut apprendre à orienter les voiles. (James Dean)
Non, non, rien n’a changé, tout, tout est à continuer… hé hé
Je n’ai pas bu, je ne suis pas saoule, ni ivre. Ou seulement ivre de maux, libre de mots. Je n’aime pas l’alcool, ni le vin ni la bière, car j’ai été, dans mon enfance, une alcoolique passive, comme une fumeuse passive… aujourd’hui, je suis libérée, délivrée de ces poisons et je ne suis pas la seule, j’ai grandit et ma famille aussi. C’est eux à présent qui goûtent et croquent la vie à pleines dents (ou pour ce qui leur en reste). Clin d’œil papa. Clin d’oeil maman.
Trêve de bavardages ! Un petit billet humoristique sur ma santé. L’on peut dire que j’ai un corps qui s’exprime, en vers sans en avoir l’air et en mots pour chasser les maux.
Explication et définition : Je me souviens que ma belle-maman m’a dit il y a bien des ans » si tu as mal au genou, c’est que tu as mal à ton couple, car genou = je-nous ». J’ai adoré cette image et cette façon de voir mes petits bobos. Plus tard, toujours cette même belle-mère (oui, je n ‘en ai qu’une et elle est extraordinaire, depuis bientôt 20 ans !), me traduit « maladie ». Qui est égal à « mal à dire ». Trop fort ! Je kiffe grave ces nouveaux jeux de mots.
Le genou aujourd’hui se porte bien, tout comme mon couple. Il cric et crac, comme un cartilage foutu, brisé, fissuré de partout. Pourtant mon couple n’a jamais connu une fêlure, une brisure, la peinture ne s’est jamais craquée, parfois juste est-elle un peu défraîchie par le temps qui passe et par les tuiles qui nous tombent sur la tête… mais on se relève toujours, car même avec les pierres et cailloux obstruant notre chemin, on bâti une merveilleuse route, ensemble. (Il parait que ça s’appelle l’amour). Si je repense à ma belle-maman et à ses jolis jeux de mots sur la santé, je vois en ma colonne vertébrale une colonne « vers tes bras ». Et là, oui, en effet, j’y vois un signe. Mes bras qui portent le monde sur mes épaules, j’en ai plein les bras sans pourtant en avoir les épaules qu’il faut. Mes nombreuses et récidivistes tendinites (tandis nid de…), aux épaules (hé ! Paul !) et poignets (poids niés). Et ses vertèbres (vers té-né-bre) lombaires (longue paire) qui manquent d’air, qui sont serrées comme des sardines et qu’on rebaptise L4-L5. Entre elles, disques rayés, déshydratés auxquels il manque des ailes pour être libres.
Et aujourd’hui, depuis 7 jours, je souffre de soufflite. Je suis aphone, anergy… je manque d’air; R comme « respire, rebondir, rire, ronronner ». Si j’en reviens à ma belle-maman, qu’est-ce que je n’ose pas dire, qu’est-ce que ma voix garde pour moi, qu’ai-je envie de cacher, de chuchoter, de dissimuler ? J’en perds ma voix, ma voie ? Ça a commencé par une pharyngite = Fa rein gîte, ou phare un gîte. Mais comme je n’avais pas d’idée pour construire un gîte dans un phare et que ça risquait, au bas maux, de me coûter un rein, la sinusite est arrivée avec ses gros bouchons, noyant mes fosses nasales, créant une barre frontale. Une sinisite = Si nue site. Je suis très pudique, je n’aime pas le nu ni en vrai, ni en image ou en voyage dans un site. Mais elle s’est imposée. Fidèle à sa réputation d’emmerdeuse royale et douloureuse. Je l’ai aspergée de plein de pshiit, j’ai tentée de l’inonder, de la faire fuir, de l’avaler, de la cracher. Tenace la bestiole. J’ai baissé les bras (tien tien) et j’ai fais avec comme on dit par chez moi. J’ai pris Patience du bout des doigts et je l’ai bercée, câlinée, dorlotée. Ça ne lui a pas plu à la sinusite. Jalouse qu’elle était. Ou isolée ? Elle s’est sentie seule, abandonnée, rejetée. Alors la trachéite a creusé sa tranchée et s’est inconfortablement installée sur mes cordes vocales. Le nouveau virus tout frais, tout fier, s’est lié d’amitié, s’est lié tout court, à ma voix, jouant sur le son avec amusement. Tantôt, la voix grave d’un homme sortait de ma bouche, tantôt le son était bouché (un coup de la sinusite ça!), étouffé, kidnappé. Petit à petit, un drôle d’oiseau à fait son nid. Un oiseau brûlant s’est révolté, a manifesté par un sit-in sur les bronches. Il semblait à son aise là. La place était toute chaude, remplie de fièvre. Un endroit jamais encore visité. Quand il en a eu marre de cet endroit, bousculé par des quintes de toux, de tout, pas doux du toux, écrasé par l’oppression, il a voulu sortir par ma gorge à coups de griffes acérées et de bec pointu, obtu, têtu. Ça m’arrachait des grimaces, je l’aurais bien vomit si j’avais pu… une bronchite, une tronchite ! Le comble pour une non-fumeuse comme moi. Mais souvenez-vous, j’ai été fumeuse passive pendant 19 ans… même si cela fait autant d’années que je fuis le tabac depuis, il n’y a pas de fumée sans feu.
J’ai la colonne qui déconne Les épaules qui me saoulent Les genoux, je m’en fout Mais la voix qui s’en va Oh lala Que vais je bien pouvoir dire Sans devoir tout vous écrire Crier, Lavoix, pour qu’elle revienne ! Et j’ai pleuré, pleuré
Mes amies, mes amis, Vous venez d’assister, de lire, un moment de pure folie. Un égarement. Un manque de sommeil. J’ai perdu, comme vous, une heure de sommeil cette nuit. J’ai cherché, cherché, mais je ne l’ai pas retrouvée. Bien cachée, dissimulée, envolée, évaporée. Comme ça. Le temps d’un soupir. Ou d’un rire.
Tout ça pour vous dire que j’ai Cassé ma voix Cassé ma voie Elle s’en va et elle revient Elle est fait de tout petits riens.
Mon humeur et mon moral Se renvoient sans cesse la balle. Pendant que la première gazouille comme un oiseau, l’autre trouve refuge au fond d’une chaussette.
Je ne fais rien, je ne suis rien. Je suis vide d’un trop plein. Mais je m’exprime par écrit Et la souffrance s’en va en catimini.
Avoir une santé de fer Une santé de vers Des rimes et des maux Par écrit, que c’est beau Ça m’ change d’air Ça m’ repose les nerfs
Écrire, c’est mon art-thérapie ❤ Parfois, je dessine aussi, parfois je colorie de temps en temps, parfois je conte à la folie, et parfois, oui, parfois, je fais du collage créatif.
2021 fut riche en émotions. De la joie, de la tristesse, de la peur, du bonheur. En 365 jours, il peut s’en passer des choses et mon ascenseur émotionnel n’a pas été épargné. Mais c’est ça la vie, non ? Ce n’est pas un long fleuve tranquille, la vie est parsemée de rencontres, de nouvelles (bonnes et mauvaises), d’évènements (heureux et malheureux) tous et toutes intéressant(e)s, bouleversant(e)s, incroyables, parfois difficiles, pénibles, parfois extraordinaires et enrichissant(e)s, mais oh ! combien vivant(e)s !
Voici un livre – pour adultes – qui m’a marqué La révérence de l’éléphant, de Laura Trompette. Un livre magnifique sur la Vie, sur le chemin qu’emprunte une jeune femme, une femme âgée et le petit-fils de celle-ci. C’est l’histoire d’une rencontre, de deux rencontres que le destin bouleverse. C’est l’histoire d’une femme âgée qui se retrouve en maison de repos, c’est l’histoire de sa vie, de son petit-fils. Ce livre, c’est aussi l’histoire d’une jeune femme, une femme qui croque la vie à pleines dents, une femme qui a une famille avec laquelle les relations ne sont pas toujours au beau fixe ni faciles. Ce livre, c’est également l’histoire de la vieillesse, de la maladie, de l’Afrique, des animaux en voie de disparition, de la chasse, du braconnage. Ce livre, c’est tout ça et plus encore, mais c’est surtout une belle histoire de la vie, de la rencontre, du changement et de l’acceptation.
« UN VOYAGE DÉPAYSANT EN TANZANIE Tout le monde devrait mourir ainsi. Entourée d’amour, sous un ciel clément, dans un jardin, avec un petit singe qui traîne pas loin. Mourir au cœur de la vie, avec délicatesse. Éteindre la douleur au moment opportun. Avoir le choix, le contrôle de l’interrupteur. Marguerite est comme l’Éléphant de Tanzanie : dans son ehpad cannois, elle sent que son monde rétrécit. Elle veut tirer sa révérence, mais en France, ce choix ne lui appartient pas. Alors elle entend bien mourir ailleurs, dans la dignité. Avant cela, elle a une dernière tâche à accomplir : redonner goût à l’amour à Emmanuel. Son petit-fils, photographe animalier en Tanzanie, lui semble plus préoccupé par le sort des éléphants d’Afrique que par la solitude dans laquelle il s’est enfermé. La solitude, c’est aussi le lot de Roxanne, depuis qu’elle a abandonné sa carrière de joueuse de poker pour trouver un sens à sa vie. Son arrivée dans la maison de retraite de Marguerite va bousculer leur destin. A travers trois générations et deux continents, un roman qui aborde comme une valse à trois temps, le choix de mourir, la disparition des éléphants d’Afrique et la renaissance du sentiment amoureux. »
Au mois de mars 2021, j’ai lu à voix haute tout un roman pour mon fils. Tous les matins, avant de partir pour l’école, je lui lisais 20 à 30 minutes de Le mystère des Pingouins, de Tomihiko Morimi, traduit par Yacine Youhat, paru chez Ynnis Editions. J’avançais à un bon rythme d’une vingtaine de pages par jour ! Il m’a donc fallu exactement 15 jours d’école (je ne le réveillais pas le week-end avec cela) pour lui lire les 455 pages de ce livre jeunesse.
Je savais que l’histoire lui plairait, car décalée, avec un humour particulier et dont le héros est un petit garçon à haut potentiel.
Moi, je m’y suis un peu perdue de temps en temps, car trop bizarre et trop décalé pour moi, mais mon fils a bien aimé ce nuage d’énigmes qui plane autour du héros tout au long du livre 😊
« DANS UN MONDE QUI PREND L’EAU, LA NOUVELLE GÉNÉRATION FAIT BARRAGE ! Lorsqu’une colonie de manchots fait irruption en plein cœur du Japon, la vie d’un jeune garçon surdoué se retrouve bouleversée à jamais. En effet, chargé d’une enquête de plus en plus baroque, Aoyama est confronté à une myriade d’énigmes déroutantes. Pourquoi les manchots disparaissent-ils une fois hors de la ville ? Pourquoi l’assistante dentaire est-elle si souvent malade ? Et quelle est donc cette étrange sphère argentée aperçue dans les profondeurs de la forêt ? Entouré de ses meilleurs amis et sous la protection d’une jeune femme aux pouvoirs bien singuliers, Aoyama devra lever le voile sur les phénomènes surnaturels qui se produisent autour de lui et ainsi découvrir la terrible vérité du nébuleux « mystère des pingouins ». Découvrez l’œuvre poétique, intime et écologique de Tomihiko MORIMI, qui a inspiré le film d’animation de Hiroyasu ISHIDA, lauréat du prix Satoshi Kon. «
Entre manchot et pingouin, j’hésite encore plus après la lecture de ce livre !
Et je me suis donc naturellement trompée en dessinant un manchot et en le nommant pingouin (rires). Mais cela reste un oiseau et je le trouve plutôt mignon et réussi.
Un Quetzal dessiné pour illustrer l’un de mes prochains articles consacré à Bob et Bobette et les … oiseaux ! :-)
Cet été, nous avons aussi eu la surprise et la joie d’accueillir chez nous un troisième chat. Le chaton baptisé Orion n’était pas prévu au programme des adoptions. Nous avons toujours eu deux chats. Chouna et Vicky sont parties au paradis des chats il y a bientôt deux et trois ans (déjà !). Minos et Héra sont venus dans un premier temps pour tenir compagnie à Vicky qui était toute seule et qui déprimait et dépérissait. Malheureusement, Vicky était déjà âgée et souffrait d’une insuffisance rénale chronique. Les jumeaux se sont donc retrouvés rien qu’entre eux jusqu’à ce que ma fille et moi sauvions une maman chat et sa petite qui tétait en pleine rue. Le lendemain du sauvetage, nous avons pu retrouver la maison de la maman chat et de son chaton et les avons rendus à la petite fille et à son grand-père. C’est là que nous avons appris que personne ne voulait adopter le dernier chaton tout noir. L’enfant voulait garder la maman et la petite sœur tricolore. Et en fait, Orion n’est pas entièrement noir. Il a un petit dessin en forme de flamme, tout blanc, sur le haut du poitrail. Orion est doux, super câlin et gentil. Encore un peu foufou avec les grands, il est castré et identifié par puce électronique, comme les autres. Il vient de fêter ses 8 mois.
Dans ma bibliothèque, en 2021, j’ai fait un petit tri dans mes livres, romans, contes et bandes-dessinées. Je n’avais plus assez de place et je me suis séparée d’une cinquantaine de Bob et Bobette. Si j’ai pu en vendre une petite partie, j’ai eu le grand plaisir d’offrir les autres aux enfants de mon ancienne collègue.
Grâce au fan club consacré au Petit Monde de Willy Vandersteen, ma passion pour cette série de BD n’a fait que croitre. Si je ne suis pas une collectionneuse d’objets dérivés en tous genres, j’aime me perdre dans les cases et les histoires de Bob et Bobette et de leurs amis.
En 2021, j’ai découvert ces titres.
En novembre, nous avons pu nous retrouver en présentiel pour l’AG qui a lieue normalement deux fois par an. Cause Covid-19, les deux précédentes ont dû être annulées/reportées. Cette « séparation » parmi d’autres annulations dans mes activités a été difficile pour moi. Je me suis donc rendue à cette assemblée générale pour la cinquième fois depuis 2018. Et je passe toujours un moment fort, un moment très agréable, entourée de personnes très sympathiques, adorables, passionnées du monde de Willy Vandersteen. Cette journée de retrouvailles commence en tout début d’après-midi où on peut acheter, échanger, vendre, recevoir toutes sortes d’affaires liée au Petit Monde de Willy Vanderstreen et se termine le soir, après un souper convivial et une tombola où tout le monde gagne toujours de très beaux cadeaux. Sur place, on retrouve d’autres membres du fan club et d’autres pas encore membres, mais tout simplement passionnées elles aussi par Bob et Bobette & Compagnie.
Lors de chaque AG, deux invités d’honneur dédicaces des albums. En 2021, j’ai eu l’immense plaisir de découvrir le scénariste des albums, Peter Van Gucht (et excellent dessinateur) ainsi que Gerben Valkema, le dessinateur du dernier album hommage à Bob et Bobette.
Ce premier club francophone du pays (Willy Vandersteen était néerlandais et il existe donc un fan club et une association néerlandophone depuis plus longtemps et encore plus grand que celui-ci) édite une revue qui paraît deux à trois fois par an. Pour moi qui aime écrire et qui aime parler de mes lectures, j’ai tout naturellement proposé mes articles à la rédaction. C’est une revue de qualité, non seulement par le type d’impression, mais pour tous les articles et photos qui enrichissent mes connaissances sur cette série que j’ai découvert durant mon enfance.
Cette année, non seulement j’ai été gâtée (comme à chaque fois) à l’AG, mais peu avant Noël, j’ai reçu par la poste un superbe colis-cadeau de la part d’un membre extraordinaire ! Je ne suis pas habituée de recevoir tant d’attention et suis toujours gênée de recevoir de telles surprises, mais je suis très contente de pouvoir partager cela avec vous, dans cette rétrospective 2021 ! Merci encore Nick !
Cette année, enfin j’avais préparé tout cela en 2020, mais comme nous ne nous sommes pas vus avant, tout le monde présent à cette AG a reçu un petit cadeau de ma part : un livret spécial sur l’univers de Bob et Bobette. Comment allier passion pour les histoires de Bob et Bobette, écriture et jeux ? En créant un quiz, naturellement 😊 Un quiz géant, imprimé sous forme de cahier.
On ne le dirait pas, mais je suis une personne assez réservée, timide et… agoraphobe. Les sorties et les rencontres dans le bruit, dans le monde, dans la promiscuité, dans les magasins sont plutôt rares. Le confinement pour moi ne m’a pas trop dérangée. Au contraire, cela a renforcé mon état solitaire. Toutefois, le confinement m’a permis de m’ouvrir davantage à Internet et aux réseaux sociaux. Échanges de courriels, papotes sur les messageries instantanées, publications sur FaBo etc. sont devenus mon quotidien (voir article précédent sur la création et l’animation d’un atelier virtuel sur les haïkus !) . En 2021, j’ai eu l’occasion de faire connaissance avec deux personnes : Josette et Francis.
À ce jour, j’ai pu en rencontrer Josette à l’occasion de ses ateliers d’écriture créative près de chez moi. Josette, je l’ai connue grâce son livre « Le collage créatif de mots », que j’ai pu acheter chez mon libraire, en 2019. Mais je ne l’avais encore jamais vue pour de vrai. En 2021, c’est chose faite 😊 Et c’est grâce à elle que j’ai commencé le collage créatif et à découvrir l’art-thérapie. Josette, c’est douceur, sourires, calme. Grâce à elle, à ses ateliers (et à son livre !), on s’exprime sans en avoir l’air. On se détend. On partage. On voyage. On se libère. Le collage créatif de mots me permet de me poser tranquillement et, sans y réfléchir vraiment, de cheminer dans ma vie, dans mes réflexions, dans mes actions. Je ne me sens jamais obligée de faire du collage créatif. J’essaie de le faire quotidiennement, mais certains jours, ça n’est pas le moment. C’est comme pour l’écriture ou la lecture. J’aimerais le faire un peu tous les jours, comme un mantra, car cela me fait plaisir et cela me fait du bien. Mais parfois, la fatigue est là, trop présente et l’envie, elle, n’est pas là, absente. Je ne culpabilise plus. J’ai appris cela d’elle. Faire ce qu’on aime quand on en a envie, sans se forcer, sans s’obliger.
Dans les images ci-dessous, présentation de son livre, puis d’un collage que j’ai fait pour elle. La dernière image est la bannière de son site que j’ai fait pour ma page « du côté de mes amis ».
Le monde est petit. Je l’ai déjà dit et je le dirai encore dans un prochain article. Et le monde virtuel nous rapproche, me rapproche de mes voisins, m’aide à rencontrer d’autres belges sans sortir de chez moi !
Francis m’a trouvée sur FaBo. Une demande d’amis. Nous avons des amis en commun. Nous avons des loisirs en commun (nature, ornithologie). Nous avons… Josette en commun ! Au fil des échanges par messagerie instantanée, nous constatons que nous avons déjà dû nous croiser si pas en face à face, par Internet ! Francis retrouve mes coordonnées dont certaines ne datent pas d’hier, mais du début des années 2000 ! Son nom m’est familier. Après plusieurs semaines, on se demande encore où avons-nous pu nous rencontrer, à quelle occasion, quand et pourquoi ? Peut-être cela restera-t-il un mystère, mais je suis sûre qu’il est aussi têtu que moi et aussi volontaire à résoudre les énigmes, surtout quand cela nous concerne directement (rires). C’est grâce à lui que j’ai découvert il y a peu une formation sur le dessin naturaliste dispensé par le CNB (Cercle Naturaliste de Belgique). Formation que j’espère pouvoir suivre en 2022 ou, dans les pires des cas, en 2023.
Et… Francis adore les Bob et Bobette ! Un nouveau futur membre du fan club ? Qui sait ?
Je continue ma petite rétrospective 2021. Les livres tiennent une grande place dans ces souvenirs récents, car je suis de plus en plus souvent plongée dedans 😊
Grâce à Françoise qui se reconnaîtra, qui partage ses nombreuses et génialissimes lectures sur Facebook, j’ai découvert un auteur extraordinaire : Ito Ogawa, avec deux de ses livres que j’ai dévorés : La papeterie Tsubaki et sa suite, La République du bonheur.
« Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres. Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin. Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues. »
« La vie est douce à Kamakura. Amis et clients se pressent dans la petite papeterie où Hatoko exerce ses talents d’écrivain public. Tendres, drôles ou tragiques, les destins se croisent sous son pinceau. Hatoko s’est mariée et découvre, en compagnie de Mitsurô et de sa petite fille, les joies d’être mère au sein de leur famille recomposée : elle enseigne à l’enfant l’art de la calligraphie comme le faisait sa grand-mère et partage avec elle ses recettes des boulettes à l’armoise ou du thé vert fait maison. Mais si Hatoko excelle dans l’art difficile d’écrire pour les autres, le moment viendra pour elle d’écrire ce qui brille au fond de son coeur. Après La Papeterie Tsubaki se dévoile une fois de plus tout le talent d’Ogawa Ito pour nous révéler les sources invisibles du bonheur. »
Ce premier livre, après lecture, a fait l’objet d’un petit collage créatif dans l’un de mes magnifiques carnets de Marujito Books (à lire dans un prochain article, et en attendant, vous pouvez déjà retrouver un premier article consacré à lui, ici). Ces deux livres font partie de ces rares que j’ai envie de relire une seconde fois. Dans ce livre, j’ai tout aimé, tant l’histoire que la façon dont elle est écrite, que l’ambiance qui est rendue. Et bien sûr les personnages sont attachants. Les thèmes du Japon, de la calligraphie, des traditions, du papier, de l’écriture, de la plume, tous ceux-ci me parlent, attisent ma curiosité, mon envie de découverte, d’apprentissage. Les personnages sont décrits de telle façon que j’ai pu m’identifier rapidement à la principale, l’encourageant par la pensée à faire ceci ou cela, la félicitant pour telle action, la « grondant » pour une autre.
C’est sûr, une fois que j’aurai un peu épuisé ma pile de lectures à lire, je tâcherai de me procurai un autre livre de cet auteur.
Le sumo qui ne pouvait pas grossir, d’Eric-Emmanuel-Schmitt. Ce livre, je l’ai trouvé dans une boîte à lire dans mon quartier. Ce livre s’est également retrouvé dans la liste des livres proposés à la lecture dans l’école de mon fils, l’année dernière. Il ne l’a pas choisi, mais a choisi un autre livre du même auteur (L’enfant de Noé).
« Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d’une famille dont il refuse de parler. Sa rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un « gros » en lui malgré son physique efflanqué, l’entraîne dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux. Avec lui, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l’intelligence et de l’acceptation de soi. Mais comment atteindre le zen lorsqu’on n’est que douleur et violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ? Derrière les nuages, il y a toujours un ciel… »
Nous revoici au Japon, dans la grande ville de Tokyo ! Ce livre m’a appelée, oui ! Non seulement pour le pays dans lequel l’histoire se déroule, mais aussi parce que le héros principal est un garçon de 15 ans qui est tout maigrichon et qui va devenir sumo. Au moment de la lecture, mon fils avait presque 14 ans et il a toujours été assez mince, pour ne pas dire aussi maigre que Jun, le garçon du livre. Loin de lui l’idée de devenir sumo, mais la force mentale de l’enfant du livre qui vit dans les rues de Tokyo est quelque peu semblable à celle de mon « petit » garçon.
Ce livre, cette histoire est vraiment un livre à mettre entre les mains de tous les ados et toutes les adolescentes pour « l’intelligence et l’acceptation de soi ».
Ici, c’est grâce à mon papa que j’ai lu et découvert avec grand plaisir ce recueil : Fables et légendes japonaises, de Ippei Otsuka.
« Aussi nombreux que fascinants, les contes du Japon et leurs enseignements traversent les âges. La sagesse, mais aussi la bravoure, la sincérité ou encore l’amitié y sont centrales. Découvrez dans cet ouvrage ces récits porteurs de valeurs, qui mettent en scène les personnages emblématiques des légendes nipponnes : Son Goku, Momotaro, Kintaro, Hanako et tant d’autres. »
Tant que je suis sur ma lancée, je reste dans le pays du soleil levant 😊
Rien que pour la couverture et les petits dessins sur la quatrième de couverture valent le détour. Je suis fan (rires). Ces illustrations sont l’œuvre de Keiko Ichiguchi et de Jean-René Derosas.
Dans ce recueil, vous pourrez lire ces délicieuses histoires :
Daidarabotchi, le géant tyrannique
Son Goku et le voyage en Occident
Ikkyu-san, le petit bonze de génie
Issunboschi, le plus petit samouraï du monde *
Kintaro, l’enfant d’or
La bande des tanuki de Shoo
La princesse porte-vase *
Momotaro, l’enfant-pêche
Tanabata
Taro Urashima *
Les contes avec une petite astérisque à côté du titre, je les ais également dans les superbes albums des éditions nobi-nobi (voir cet autre article)
Côté BD, en 2021, j’ai trouvé en occasion (chez BD Liège, à … Liège, mais aussi chez Livr’Ensemble, à découvrir également dans un prochain article consacré à ma petite rétrospective) deux titres de la série des Schtroumpfs : L’œuf et les Schtroumpfs et La flûte à six Schtroumpfs.
Petit à petit, ma collection pour cette série grandit et l’envie d’avoir tous les titres, en ce comprenant les hors-série ou les autres publications spéciales, grandit avec.
C’est ainsi qu’en 2021, j’ai acheté également le quatrième titre des Schtroumpfs et le village des filles, Un nouveau départ (paru fin 2020) ainsi que le Méga Spirou spécial sur les Schtroumpfs ! Les Spirou, ma maman et moi en offrons régulièrement à mon fils qui est fan de cette revue. Pour l’occasion et vu le prix (5,90 euros pour 192 pages de BD et de jeux), j’en ai acheté deux cette fois-ci, un pour lui et l’autre rien que pour moi 😊 Et coïncidence, dans ce Méga Spirou, je retrouve l’histoire complète de… « La flûte à six Schtroumpfs ». Mais ici, ce sont les dessins originaux. Dans l’ancien livre trouvé en occasion, ce sont les images du dessin animé, livre publié en 1975 aux éditions Dupuis.
En 2021 est paru également un nouveau titre, le numéro 39, « Les Schtroumpfs et la tempête blanche ». Je suis toujours admirative de ces illustrateurs et scénaristes qui parviennent à sortir des titres d’une série au fil des ans. Pour les petits lutins bleus, j’ai aimé cette idée de faire apparaître de nouveaux personnages et une nouvelle série « Le village des filles », tout en gardant le même graphisme pour les héros. Il faut sans cesse se renouveler, faire preuve d’imagination pour garder une fidélité dans les fans et les collectionneurs tout en attirant un nouveau lectorat. Ce sont là des prouesses que je salue et respecte, c’est un travail colossal de rester dans la course après tout ce temps.
Alors que chez certains auteurs/illustrateurs ce sont les enfants qui ont repris le flambeau, chez d’autres, ce sont de nouveaux duos, de nouveaux talents qui poursuivent les aventures de nos amis en bande dessinée.
Chapeau mes amis. Et merci de toujours m’emmener loin dans ces pays imaginaires extraordinaires.
En manga, faut-il le rappeler, c’est ma fille qui m’a fait découvrir ces BD orientales en noir et blanc. Si je me suis adaptée rapidement au sens de la lecture différente, je n’ai pas encore appris à « fouiner » dans les milliers de mangas qui existent pour en découvrir d’autres. C’est donc ma fille qui me conseille et qui me propose des lectures (rires).
En 2021, elle a découvert et moi aussi donc par la même occasion, la série Deep Sea Aquarium MagMell, de Kiyomi Sugishita. Le tome 6 est paru il y a peu et jusqu’ici, on les aime tous 😉
« Ouverture d’un aquarium dans la baie de Tokyo, à 200 m sous l’eau !
Le Deep Sea Aquarium MagMell est un lieu unique au monde où la faune abyssale peut être observée de près. Kôtarô Tenjô, jeune balayeur timide, adore les créatures sous-marines. Sa rencontre avec Minato Osezaki, directeur de l’établissement, va changer sa vie.
Ce que j’apprécie dans cette série, ce sont l’histoire bien sûr, mais aussi les dessins justes, précis, détaillés. À chaque fois que l’on rencontre une espèce animale abyssale, il y a une petite fiche descriptive et scientifique. Il y a tout un tas de personnages qui gravitent autour de Kôtarô, et beaucoup sont intéressants.
Mon deuxième dessin que j’aime beaucoup est celui-ci. Un calmar en noir et blanc. Je ne l’ai pas colorié, par crainte qu’il soit moins joli. Je ne maîtrise pas encore toutes les techniques du coloriage et du dessin, mais je trouve cet animal bien réussi. Je l’aime beaucoup, pas vous ?
Les outils qui m’accompagnent sur le chemin du dessin, sont deux livres de Anne Kubik, trois petits livres « dessiner des… super mignons » de Ai Kakikusa, différentes revues sur le dessin et les aquarelles ainsi que des photos personnelles. (livres que vous pourrez découvrir dans un prochain article)
En septembre 2021, c’était mon anniversaire. Et j’ai reçu un superbe carnet de la part de ma belle-maman. C’est dans ce carnet que je dessine depuis tous mes dessins 😊
Merci belle-maman.
Alors, oui, la pandémie mondiale a eu un impact sur ma vie, sur la vie de tout le monde. Et si j’avoue en avoir ras-le-bol d’entendre parler Covid à tout bout-de-champ, (je suis secrétaire médicale dans un cabinet de médecins généralistes et donc mon « record » d’appels téléphoniques Covid a explosé en ce dernier trimestre 2021 avec une centaine d’appels en quatre heures !!), il faut dire que certaines choses découlant de ce changement de vie, sont positives !
D’abord, c’est grâce à ce ras-le-bol que j’ai eu l’idée de faire cette rétrospective. Car oui, il n’y a pas que ce virus dans la vie, même s’il bouleverse nos habitudes, même s’il nous a arraché des vies.
Grâce au confinement, j’ai parlé davantage par Internet. Grâce à ma maman, grâce à Françoise (dont je vous ai parlé plus haut avec ses partages de lecture), j’ai découvert les haïkus, leurs bienfaits, la zenattitude qu’ils offrent en les lisant ou en leur donnant vie. Ces petits poèmes japonais (encore ce pays ! 😉 ) ont plein de propriétés bénéfiques. Si je ne maîtrise pas entièrement toutes leur subtilité, j’aime me perdre dans cette magie créatrice et j’aime profiter de ces instants « sur mon petit nuage », entièrement déconnectée du monde stressant tout en restant connectée à la force et l’apaisement de la nature.
Faisant suite au confinement de 2020, j’ai ouvert et animé un petit atelier virtuel consacré aux haïkus. Nous étions 5 dans le groupe et durant toutes ces semaines, ça a été un vrai bonheur pour moi de lire l’univers des autres et d’imaginer les thèmes.
1000 Mercis gigantesques à ma maman, à Françoise, à Fabienne et à Christine d’avoir été présentes tout au long de cet atelier avec votre imaginaire, votre sensibilité, votre enthousiasme et vos partages.
Un petit recueil d’haïkus et de quelques dessins personnels verra le jour en 2022.
Même les méchants rêvent d’amour, de Anne-Gaëlle Huon.
« Jeannine a 89 ans passés. Elle aime : les bals musette, les costumes des patineuses artistiques et faire un six aux petits chevaux. Elle n’aime pas : le sucre sur le pamplemousse, les films d’horreur et les gens qui postillonnent. Le jour où on lui annonce que sa mémoire s’apprête à mettre les voiles, Jeannine est déterminée à ne pas se laisser faire. Alors elle dresse des listes. Et elle consigne dans un carnet tous les bonheurs qui ont marqué sa vie. Quand Julia, sa petite-fille, la rejoint en Provence, elle découvre ce que sa grand-mère n’a jamais osé raconter. L’histoire d’un secret, d’un mensonge. Julia va tenter de faire la lumière sur les zones d’ombre du récit. Et s’il n’était pas trop tard pour réécrire le passé? »
Des personnages « entiers » que j’ai pris plaisir à découvrir et avec lesquels j’ai aimé passer un bon moment de lecture. Ce sont ces personnes faites de lettres et de mots qui m’ont donné envie de tout savoir sur leurs histoires, leurs secrets, leurs amours et leurs peines.
C’est pourquoi, j’ai eu envie de vous les présenter ici avec des extraits du livre qui les présentent tour à tour.
Il y a d’abord le personnage principal, Jeannine, la grand-mère de presque 90 ans : « Sa mémoire, Jeannine se la figure comme une falaise attaquée par les vents. Un rocher qui s’érode à chaque assaut des vagues. Alors depuis un mois, chaque matin après avoir fait un brin de vaisselle et tiré la courtepointe, Jeannine écrit. Devant un portrait de Julia, sa petite-fille, lumière de sa vie. Elle écrit pour qu’elle sache d’où elle vient Et surtout, pour lever le voile sur ces secrets qui la grignotent de l’intérieur. Pour témoigner, transmettre, pardonner aussi peut-être, si tant est que cela soit possible. »
Puis, il y a l’autre personnage principal, Julie, la petite-fille de Jeannine: « – Ettoi, tu as grandi ici ? – Oui et non, j’ai grandi à Paris. Mais je venais passer toutes mes vacances chez ma grand-mère. Elle repense à tous ces souvenirs que lui a fabriqués Jeannine, à grand renfort de fous rires et de caresses. – J’habite à Paris maintenant. – Tu fais quoi ? – Elle baisse les yeux vers la table, chercher quelque chose à grignoter. – J’écris. Ces derniers temps, le moelleux des biscuits et le croquant du chocolat sont les seuls remparts contre ce mal-être un peu diffus qui s’est installé en elle. Une sorted’inquiétude sans objet, un bruit de fond désagréable que seule le sucre semble apaiser. »
Ensuite, il y a Félix, l’assistant de vie de Jeannine : « – Salut, je suis Félix, l’assistant de vie de Jeannine, dit-il en enlevant son blouson. Il est jeune, songe Julia en bafouillant son prénom. Et franchement mignon. Un assistant de vie ? – Ah ! Jeannine m’a beaucoup parlé de toi ! Puis, se penchant vers la vieille dame : – Je suis passé au marché ! Mme Abello vous a mis de côté un camembert à la truffe, vous m’en direz des nouvelles ! dit-il en ouvrant son sac à dos. Et ça, c’est le saucisson aux olives du vieux Flavio. Se tournant vers Julia, il chuchote : – Il a le béguin pour Jeannine, le vieux Flavio ! »
Et puis il y a aussi cet homme : « Une fourgonnette s’avance alors. Une vieille 2 CV rafistolée au fil des années et des pots de peinture, un capot vert, un toit bleu ciel. Alors qu’elle s’attend à en voir sortir un vieux boulanger ou un paysan à casquette, la portière s’ouvre sur une barbe de trois jours et deux yeux bruns illuminés par une large fossette. L’homme, quarante ans à peine, fait un signe de tête au vieux Flavio. (…) – Je vous fait goûter ? Elle sursaute. Les yeux bruns et la fossette se sont matérialisés à ses côtés. Si proches qu’il lui semble sentir la caresse de ces longs cils noirs sur sa joue. (…) Julia remarque alors les ongles noirs. La peau mate. Les mains terreuses. Elle n’a vu que des brouillons de mains avant celles-là. Elle lève les yeux et toute la place fait silence, du primeur jusqu’aux tourterelles. Même les cloches de l’église, le vent dans les arbres, jusqu’à l’eau dans la fontaine. »
Mais autour, avec, en accompagnant de-ci-de-là, il y a aussi Eliane, l’infirmière de la maison de repos : « Une infirmière s’approche, la cinquantaine ronde et joyeuse. On peut entendre pétiller ses yeux. (…) – Ne vous excusez pas, c’est humain le chagrin, la réconforte Éliane. Le plus dur, c’est pas pour les malades, c’est toujours pour leurs proches. Ils voient cette maison comme une gare avant le grand voyage. Un quai où il faut faire ses adieux. Heureusement, nos résidents ont souvent l’air plus joyeux que leurs visiteurs ! Éliane dégage quelque chose de rassurant, de lumineux. Côtoyer la vieillesse lui a conféré une sagesse, une sérénité que Julia lui envie. »
Et Lucienne, la meilleure amie de Jeannine. Elle est là en second plan, personnage distillé tout au long de l’histoire. Une vieille dame qu’on apprend à connaître depuis qu’elle a trois ans, dont on parle par petites doses, jamais très longtemps, mais qui pourtant l’histoire ne serait rien si elle n’était pas là.
N’oublions pas Madeleine, Gisèle, Pierrot et tous ces autres résidents et soignants de la maison de repos. Nous devons le titre de ce livre grâce à une super Mamie tricoteuse hors pair et philosophe à temps plein !
Ce roman est-il l’histoire d’un secret ? Non, une histoire de secrets, au pluriel. Une histoire, des histoires d’amour. De la jalousie. De la guerre. De l’amitié. De la famille. Une histoire vivante que je compare un peu avec les deux livres que j’ai lus de Valérie Perrin : Les oubliés du dimanche et Changer l’eau des fleurs. Car dans ces trois livres, on retrouve des histoires fortes qui parlent de la vie, de la vieillesse, de la famille, d’amour, de secrets. D’un temps passé et d’un présent chamboulé, d’un futur incertain.
Je joue avec Tisser les Mots pour la proposition d’août-septembre 2016.
Cette histoire parle d’elle-même, tout à fait inventée pour l’occasion, mais c’est suite aux mots de ma maman, son ressenti par rapport à son ancienne voisine âgée qu’elle aime beaucoup et qu’elle va voir régulièrement au home. Marie existe. Francine aussi. Léa aussi, elle se reconnaîtra ;-)
Léa-Marie
Léa-Marie est âgée. Mais elle ne le sait pas, elle l’a oublié. Elle passe le reste de son temps dans une maison de retraite, avec d’autres comme elle que le Temps n’a pas épargné, jetant des rides aux visages et aux mains sans se soucier du quand dira-t-on. Chez les femmes, le Temps est particulièrement méchant avec elles, plombant leur poitrine tombante, rendant flasque tout ce récipient de lien maternel, toute cette chose pourtant aimée et désirée, caressée et soignée par l’Amour. Et puis, la Maladie est venue en renfort, chassant dans les mémoires fatiguées les souvenirs, les noms et le Savoir.
Dans cette maison de repos, il est admis que les pensionnaires, tant chez les mesdames que chez les messieurs, portent un bijou, un seul. Il est étonnant comme le Temps peut changer les choses. Au début de leur arrivée, chaque pensionnaire, veut faire bonne et belle impression. Il faut dire que le cadre de l’établissement est magnifique et encourage les gens, même les gens affaiblis et esseulés, à sourire à la vie, à ouvrir les bras à cette nouvelle vie qu’est la vieillesse, cette dame âgée au grand cœur auquel nul ne peut échapper.
Alors, au début, tous portent un bijou souvenir, souvent en or : une alliance, un pendentif, un bracelet. Parfois ces bijoux sont en argent, mais tous ont la puissance d’un moment heureux qui perdure au travers ce métal précieux. Souvent, au cours des semaines qui suivent ce choix, ils ne se rendent plus compte qu’ils portent un bijou, alors leurs yeux taquinent leur voisin et des échanges s’effectuent en toute simplicité, sans un voile de vol ou de mensonge planant autour de cette action. Pour d’autres moments heureux partagés.
Dans cette maison de retraire, qui n’est pas de tout repos malgré les oui-dire des familles, travaille Francine, une aide soignante particulière, qui dès son arrivée à bouleverser la vie de ces personnes qui ont été déposées tantôt par un parent, tantôt par un enfant, tantôt par un amant, tantôt par un médecin, tantôt par un taxi. Elles ont toute une histoire différente à vous raconter. Et ça, Francine l’a bien compris.
Francine, la quarantaine dynamique, a toujours un sourire jusqu’aux oreilles, une voix douce et des gestes tendres. Malgré son travail difficile où on lui demande parfois de véritable prouesses professionnelles, malgré la mauvaise humeur de certaines collègues qui ne lui facilitent pas la vie et malgré les comportements de certaines gens soignées ici qui lui compliquent la tâche, Francine continue à sourire et à venir en fin de service rendre une dernière visite à ces personnes que la vie n’a pas aidé.
Ce soir, c’est Léa-Marie qui est la dernière à qui Francine dit aurevoir. L’aide-soignante ne sait jamais qui ne sera plus là le lendemain. Alors, elle prend son temps, quitte à faire des heures supplémentaires non payées, pour souhaiter une bonne soirée à tous ceux et à toutes celles qui lui font gagner son salaire. C’est un peu comme un remerciement, en un peu différent. Et tous l’attendent avec impatience, même les plus en forme, juste pour recevoir ces mots gentils, avant la nuit. Francine souhaite, sincèrement, à tous les 29 pensionnaires, de faire de beaux rêves. Et pour accompagner cette phrase pourtant banale, pourtant usée, Francine prend la main de la personne, ce soir, nous accompagnons Léa-Marie, et lisse un peu les doigts durs, rigides, tordus de sa patiente préférée. Même si elle les aime tous, Francine ne cache pas ses sentiments plus forts pour celle qui fut autrefois sa grand-mère. A 99 ans, Léa-Marie a oublié qui elle était, elle ne sait plus comment elle s’appelle, ni où elle est, elle a jusqu’à oublié qu’elle avait des enfants et une petite-fille qui s’appelle Francine et qui vient la voir et prendre soin d’elle, tous les jours. En réalité, personne ne connaît leur lien de parenté, car l’aide-soignante est arrivée dans cet établissement de soins une semaine avant Léa-Marie. C’était il y a déjà quelques années. Et comme il arrive parfois que les pensionnaires n’aient aucune visite, personne ne s’était étonnée que Léa-Marie n’en reçoive aucune. Elle était arrivée avec une ambulance, avec pour tout bagage une mémoire passée à la moulinette. Dans cette passoire, elle avait oublié l’origine de sa chute en rue et le traumatisme crânien avait déjà effacé le lien qui existait entre son unique petite-fille et elle. Pourtant, c’était un lien fort, un lien unique, un lien éternel. Alors, Francine a joué son rôle habituel, accueillant cette nouvelle pensionnaire comme une autre : avec un sourire, peut-être juste un peu plus long que ceux qu’elle offre aux autres, avec des gestes tendres peut-être juste un peu plus longs que d’habitude, avec une voix douce peut-être juste un peu plus douce encore.
Et puis, dès le premier soir de son arrivée, Francine l’avait « réparée », elle lui avait prodigué son soin magique qui permet au cerveau d’oublier la peine, la tristesse, les doutes, les questions et d’accepter le changement aussi bouleversant qu’il soi. Francine écoutait, parlait, touchait les gens, même les plus fatigués, même ceux qu’on a oublié. Elle était maître dans son art, un vrai aficionado, passionnée par sa mission qu’elle appelait sport. Car c’était bien de ça qu’il s’agissait : un sport. Courir après le temps, une course contre la montre du vieillissement. Mais faire tout ça dans la sérénité, sans montrer de stress, sans faire paraître sa peine à elle, son inquiétude grandissante pour Léa-Marie. Francine aimait réparer la douleur invisible, celle du Temps, celle des souvenirs oubliés, abîmés, déchirés, jetés… Elle réparait tout, même les blessures faites par de vilaines cicatrices mentales.
Oui, il n’y a pas que les jeunes et moins jeunes qui peuvent souffrir du passé, d’une vie mal contrôlée, d’un geste déplacé.
Ce soir, Francine chante une berceuse à sa grand-mère, à cette patiente qui devrait fêter ses 100 ans le mois prochain. Francine a toujours su que sa Mamychérie ne voulait pas souffler autant de bougies. Pour elle, cent ans, représentait le stade après la vieillesse, soit la mort. Alors, elle lui chante ces mots qui réconfortent, elle lui murmure cette invitation à passer la frontière, celle que l’on ne voit pas, celle que l’on imagine mais dont on a peur, tous, un peu, beaucoup.
Léa-Marie a survécu à bien des choses : elle a perdu un enfant très jeune, elle a vu son mari s’en aller, puis son frère, elle a combattu bon nombre de maladies, elle a lutté contre le Temps et les trous dans sa mémoire. Alors, oui, aujourd’hui, elle peut souffler.
La voix de Francine tremble, mais personne n’est là pour l’entendre. Sa gorge se serre car, au fond d’elle, elle sait que sa grand-mère ne sera plus là demain. Ce soir, elle est là, demain, elle sera ailleurs.
Demain et tous les autres soirs, elle aidera un grand-père, une grand-mère, un homme, une femme sans famille, un frère, une sœur, une tante, un oncle. Car Francine a cette particularité d’être un enfant, un petit-enfant, une sœur, une tante de qui veut. Un jour, elle s’appelle Francine, un autre jour Louise. Elle prend tous les prénoms et tous les noms que les patients lui donnent.