Tortue dans le train, fourmi dans la ville

Tortue.
Carapace.
Lenteur.

Le train n’a rien d’une tortue. Il est rapide. Pressé.
Le train, pour moi, s’apparente à une torture : monde, foule, bruit, boucan, promiscuité, bousculade, visages fermés, écrans partout, frontières invisibles, vitesse imposée.
Tout ce que je déteste.

Le train.
Bruxelles.
Retour en arrière. Berceau de mon enfance. Nuisances. Souvenirs de violences.

Alors je me mets en mode tortue.
Je ralentis.
J’avance lentement.
Je rentre dans la gare comme je rentre dans ma carapace.

Je me coupe du monde, de la foule.
J’étouffe le bruit, le boucan.
J’agrandis ma bulle de protection.
Je solidifie mes épaules.
Je fuis les inconnus.
Je ferme les yeux devant les écrans lumineux.
Je trace les frontières à ne pas franchir.
Je respire.

Casque vissé sur les oreilles, une douce musique berce mon cerveau embrumé.
Je suis dans ma bulle.
Bien.
Confortable dans cette carapace personnelle, unique, sécurisante.
Une heure durant.

Je respire.
Je ralentis.
Je fuis le réel.

Bruxelles Midi.
Je sors du train.
Je quitte ma bulle.
Le monde me heurte aussitôt.
Foule grouillante. Coups d’épaules. Visages flous.
Je me faufile. Je glisse entre les corps.

Fourmi dedans. Tortue dehors.

Perdue dans les rues.
Paumée dans les travaux, par milliers.
Je tourne. Je cherche. Rien n’est plus familier.

Je respire. Mal.
Agressée par cette puanteur de pisse qui se déverse dans les recoins de la ville.
Narines inondées. Écœurée.

Fourmi dedans. Tortue dehors.

Et puis, enfin, une porte.
Ma destination.
J’y suis.
Arrivée.

Je respire. Mieux.
Je souris.
Victoire.

Juste une loupe et tout s’éclaire

Ce matin, sur ma fenêtre
Une mue légère, laissée par l’éphémère.
Clic-clac ! Une photo vite prise,
Mais le rendu manquait de surprise.

Alors j’ai pensé à ma loupe chérie,
Celle du botaniste, bien choisie.
Je l’ai posée devant l’objectif,
Et là, miracle : le détail devient intensif.

Maintenant je souris,
Devant cette image embellie.
Petit coup de pub bien mérité
Pour cette loupe que j’ai adoptée.

Et merci à mon GSM complice,
Pour ce cliché plein de malice.
Clin d’œil aux collègues passionnés
De la librairie où tout est à observer.

mue d’un insecte : éphémère
02/06/2025 – Liège

Ce matin-là, sur le rebord de ma fenêtre, une mue. Légère. Oubliée là par une éphémère.
Un fragment de vie. Une trace du passage. Une seconde peau, abandonnée, presque invisible.

D’instinct, j’ai pris une photo.
Clic-clac. Mais l’image était floue, sans éclat.
Alors j’ai sorti ma loupe — celle du botaniste — et je l’ai glissée devant l’objectif.
Tout a changé.
Les nervures sont apparues, le dessin délicat, la beauté discrète.
Et moi, j’ai souri.

Parce que parfois, il suffit juste de regarder autrement. De prendre un petit recul. De changer d’angle.
La loupe, c’est ce recul. L’outil simple qui agrandit le réel, qui nous pousse à voir ce qu’on ne regarde plus.
L’appareil photo, c’est la mémoire. Celle qu’on garde pour avancer.
Et la mue ?
C’est ce qu’on laisse derrière. Une peau trop étroite, un passé qui a fait son temps.
Ce n’est pas une perte, c’est une libération. C’est la place faite à du neuf, à plus solide, plus vivant.

Quand quelque chose se termine, ce n’est pas toujours une fin.
C’est peut-être juste une transformation. Une métamorphose discrète, à peine visible à l’œil nu… sauf si l’on prend le temps. Sauf si l’on s’équipe d’une loupe, d’un regard curieux, et d’un cœur ouvert.

Alors oui : juste une loupe… et tout s’éclaire.

Loupe du botaniste disponible en doublet 10x ou 15x ou triplet 10x à la librairie Regards Nature – Jardin botanique ;-)


L’éphémère. Ce petit insecte à la vie si brève qu’il en devient symbole.
Parfois, quelques heures à peine.
Et pourtant, il naît, il se transforme, il s’élance, il vit.

L’éphémère nous rappelle que le présent ne dure pas.
Qu’il faut parfois s’arrêter, ralentir, poser le regard.
Observer. Patienter. Ressentir.
Parce que ce qui est là maintenant ne le sera peut-être plus demain.
Parce que le beau se cache dans l’instant.

Mon projet d’écriture est né de là : d’un regard sur une mue oubliée, d’un détail presque invisible, d’un moment suspendu.
Un détail que j’aurais pu ignorer.
Mais j’ai pris le temps. J’ai observé. J’ai vu.
Et à travers l’éphémère, j’ai compris : chaque instant est une chance.
Une mue, une loupe, une photo… et tout devient clair.

Ecrire pour pousser l’ombre

Quand l’écriture devient jardin intérieur. Quand l’écriture révèle le mouvement de l’ombre vers la lumière : écrire pour faire exister, pour libérer, pour métamorphoser.

Introduction : Verdombre, la plante que nous portons tous

Quand j’ai inventé Verdombre, je croyais écrire une fiction étrange. Une créature végétale, mobile, quasi mythologique, qui pousse là où la peur s’installe, qui se nourrit des traumatismes d’enfance et des émotions refoulées. Je pensais que c’était une histoire de genre, un récit fantastique. Un jeu d’imagination.

Mais plus j’écrivais, plus j’avançais dans le cœur végétal de cette chose, et plus je comprenais : Verdombre, c’est exactement ce que je cherche à accompagner dans mon métier.
Cette créature, elle n’est pas malveillante. Elle est là pour capter ce que nous n’arrivons pas à dire. Elle absorbe nos non-dits, nos colères rentrées, nos douleurs d’enfance. Elle pousse dans les angles morts de la mémoire. Et plus on la laisse faire, plus on s’allège.

Verdombre, c’est l’image vivante de l’écriture thérapeutique : une plante intérieure qui pousse dès qu’on commence à dire, à déposer, à transformer.
Non, elle ne fait pas peur. Elle fait place.

Dans ce texte, vous rencontrerez une légende, des scientifiques, une photographe ratée, un chevalier un peu saoul, un stage improbable et une petite fille qui ne sait pas lire.
Mais ce que vous croiserez, surtout, c’est une vérité invisible : ce que nous ne disons pas continue de pousser en nous.
Et c’est peut-être le moment, enfin, de faire de la place à Verdombre.


Comment Verdombre a poussé en moi ?

Tout a commencé un vendredi après-midi. Un atelier d’écriture entre amis. Pour le plaisir. Pour ne pas rouiller. Pour continuer à imaginer, à créer, à jouer ensemble avec les mots.

J’avais préparé quelques propositions, des images, des textes à détourner, des cartes à piocher. Rien de sérieux, rien de planifié. Juste une envie de laisser émerger ce qui vient quand on écoute vraiment.

Et ça a pris.

  1. Un extrait de conte, tiré d’un recueil de nouvelles sur Brocéliande. Une histoire suspendue, que j’ai arrêtée net à un moment clé : un chevalier, un tableau, un cri venu d’ailleurs. J’ai proposé qu’on invente la suite. De là est né Philippe, le tableau hanté, et une créature verte, encore floue.
  2. Trois images découpées dans des magazines : un jeune homme dans un train, une adolescente contre des casiers, une maison lumineuse. J’ai proposé de relier un personnage à un lieu. Frédéric est né. Et avec lui, un stage improbable.
  3. Un souvenir d’enfance : “Enfant, je rêvais de…”. Le début était le mien, mot pour mot. Et sans vraiment y penser, j’ai glissé vers mes expériences réelles : aider un vétérinaire, soigner des animaux, vendre des photos à une hostellerie pour rembourser une chambre que je ne pouvais plus payer. J’ai écrit ça, pour de vrai. Et Verdombre s’est invitée dans mes souvenirs en ce dimanche après-midi.
  4. Des cartes Dixit et un jeu de débat, une consigne comme un choc : “Votre ancien voisin était un tueur en série.” Et sur la carte, un couteau caché dans des herbes. J’ai démarré aussitôt. Mon voisin s’appelait Michel. Il tuait des mauvaises herbes… tout est parti de là.

Et puis, Camomille. Elle est apparue aussi ce dimanche. Toute seule. Une fin inattendue. J’avais lu un article sur la puberté précoce. Ma belle-sœur m’en avait parlé. Et ce prénom — Camomille — s’est imposé, comme un lien discret avec le végétal, avec la douceur, avec la transmission.

Tout ça, c’étaient des fragments. Et en relisant mes textes, j’ai senti une liane.
Quelque chose de rampant, d’unifié, de vivant. Verdombre était là depuis le début.
Et je ne l’avais pas inventée : je l’avais révélée.

J’aime consigner. J’aime observer. J’aime inventer des comportements d’animaux — réels ou imaginaires. Et cette créature-là, Verdombre, incarne peut-être ce que je fais depuis toujours : nommer ce qui est tapi, créer du lien entre les choses, transformer l’étrange en matière vivante.

Ce récit est né d’un jeu.
Mais il m’a ramenée exactement là où je voulais aller : à l’endroit où l’imaginaire rejoint la mémoire, où l’ombre se dit enfin, et où l’écriture peut, doucement, panser les racines.


Araignée du matin, verre en main

Un pholque dans mes cheveux !
Je n’en crois pas mes yeux.
C’est affreux, c’est monstrueux !
Avec ses huit longues pattes,
Elle glisse, légère, et s’échappe.
Dans mon regard, elle s’abat,
Je hurle, je fuis, je me débats.
Mais où est-elle ? Je ne la vois pas…
Quelle idée pour cette araignée
De s’emmêler dans mes pensées
Et surtout dans mes cheveux tout ondulés !
Zou ! Je la fais tomber par terre,
Toute fine, invisible, elle erre.
Elle cherche un coin, un abri,
Je l’éblouis d’un coup, sans bruit.
Hop ! Dans un verre, elle vacille,
Moins fière, mais toujours fragile.
Pas bien maligne, ni méchante,
Juste une invitée surprenante…

Pour capturer, déplacer et libérer cette toute fine araignée qui m’a fichu la trouille de ma vie (j’étais occupée à réécrire un texte sur un traumatisme d’enfance, écrit lors de mon week-end d’écriture thérapeutique), j’ai utilisé un verre. Pas n’importe lequel, celui qui garde en son ventre des dizaines de petites pierres colorées. Verre vidé, araignée enfermée, il me fallait trouver une « porte » pour la déplacer en toute sécurité. Et j’ai choisi, à porté de main (lisez le joli jeu de mots), un marque-page personnalisé que voici.

Comment gagner en objectivité ?

Et donc, comme cette frayeur n’était pas justifiée, j’ai voulu jouer le jeu et répondre à ces questions :

  1. Quelle est la pire chose qu’il puisse se passer ?
    * que j’écrase sans le faire exprès la petite créature
    * que je me cogne à force de me secouer dans tous les sens
    * que je réveille mes enfants ou mon compagnon par des cris horribles (que je n’ai pas poussés finalement)
  2. Quelle est la probabilité qu’elle se reproduise ?
    * vu le nombre de pholques à la maison, je dirais qu’il y a au moins 20% de chance que je revive une scène pareille (j’exagère à peine)
  3. Quelle est la meilleure chose qui puisse arriver ?
    * que je déplace l’auteur de cette frayeur et qu’il aille vivre sa vie ailleurs
    * que je surmonte ma peur et que j’apprenne à la maîtriser
    * que je sauve une vie
  4. La dernière fois que j’ai vécu une situation comme celle-ci, que s’est-il passé ?
    * C’était une plus grosse araignée et elle était sur l’interrupteur sur lequel je voulais appuyer. J’ai hurlé. J’avais ma fille dans les bras. C’était il y a des années. Dans une autre maison.
  5. Que dirais-je à un ami dans cette situation ?
    * Cool, relax, c’est une araignée, certes, mais inoffensive. Elle a de longues pattes, mais c’est une excellente chasseuse de moustiques
    * Tu sais c’était quoi comme espèce d’araignée ? tu as su l’identifier ?
    * Il serait temps que tu soignes cette phobie. Tu as déjà fait de grands progrès, mais vu ta panique, je crois qu’il y a encore un peu de travail
    * La prochaine fois, tu fermes ta bouche et tu la prends délicatement dans tes mains pour la poser ailleurs. Car là, tu lui as peut-être brisé une patte. Le diamètre du verre n’était pas bien grand.
    * Ce n’était pas celle que tu as embêté la veille au soir et que tu croyais qu’elle était morte ? Si ? Ah ben, elle vient se venger et rendre des comptes, c’est normal. Mais rassure-toi, elle ne peut pas te faire grand mal.
  6. Qu’ai-je ressenti les fois où mes inquiétudes ne se sont pas confirmées ?
    * Beaucoup de bruit pour rien, je me suis sentie bête à réagir de la sorte
    * J’ai réagi avec exagération. Je dois savoir prendre du recul. (Tellement plus facile à dire, à écrire, qu’à faire)
  7. Si je m’inquiète par habitude, quel raisonnement plus nuancé pourrais-je adopter ?
    * Ouah ! Pour le coup, je tire mon chapeau à cette araignée. Elle a dû grimper le fauteuil (ou pire, sur moi !) pour arriver jusqu’à mes cheveux. Car je l’avais vue se déplacer à terre quelques minutes avant, pensant naïvement qu’elle allait trouver refuge dans le meuble derrière moi…
    * Les araignées qui sont dans la maison ne m’ont jamais mordue (des moustiques oui, des araignées, non. Elles préfèrent mes enfants et mon compagnon hihi).
    * Ce n’est pas une si petite créature qui va effrayer une grande créature telle que moi.
Voici la coupable, victime sauvée. Elle a toutes ses pattes et a trouvé refuge… à la cuisine

Formation en écriture thérapeutique


Ma première journée de formation en écriture thérapeutique : une évidence, un élan, une certitude

Hier, j’ai vécu une journée forte. Intense. Lumineuse.
Ma toute première journée de formation pour devenir praticienne en atelier d’écriture thérapeutique.
Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre, mais ce que j’ai trouvé a dépassé mes espérances.

Nous étions six participant·es, accompagné·es par un duo de formateurs bienveillants, dans une atmosphère où les cœurs étaient à nu. D’entrée de jeu, nous avons écrit. Écrit sur nous-mêmes, sur nos émotions, nos blessures, nos ressentis du moment. Des textes bruts, sincères, parfois déchirants. Il a été très difficile de ne pas pleurer avec les autres.

Mais je ne suis pas restée en surface pour autant.
Je suis venue avec autre chose. Non pas un masque, mais une détermination nouvelle.
Je n’étais pas là pour revivre mes anciennes douleurs, je n’avais pas besoin de replanter encore mes souvenirs les plus lourds. Non, cette fois, j’étais venue pour autre chose : pour apprendre à accompagner, à comprendre comment aider les autres à s’élever à travers les mots, à se réparer doucement, à leur rythme.

Et ce que j’ai compris hier, c’est que je suis tout à fait à ma place et que j’ai déjà des outils en main pour aider mon prochain ! Je peux aider, à se libérer, à aller mieux. Lui, elle, eux, nous, vous. Chacune, chacun, avec ses histoires, ses failles, ses cicatrices.
J’ai été frappée par cette réalité simple : nous avons tous besoin de mots pour guérir. Et aussi différents que nous soyons, nous sommes unis par nos épreuves, liés par un fil invisible d’humanité.

L’un des exercices de la journée m’a profondément touchée.
Il fallait écrire une sorte de « carte d’identité émotionnelle » d’un·e autre participant·e. Sans se connaître. Sans se parler. Juste en observant, en écoutant ce qui se dégage.
J’ai choisi la femme assise à ma gauche. Une femme qui pourrait être de la génération de ma mère, et qui dégageait une aura douce, chaleureuse, enveloppante. Même quand elle s’éloignait, je la « sentais » encore à mes côtés.
Les mots sont venus sans effort. Et ce qui m’a bouleversée, c’est que toutes les cartes écrites par le groupe ont résonné juste, profondément, puissamment.
Comme si chacun·e de nous avait vu au-delà des apparences, au-delà des peaux.

Je suis rentrée chez moi le cœur gonflé. Avec cette joie silencieuse, profonde, presque sacrée, de me dire :
« Je suis à ma place. C’est ici. C’est ça. C’est moi. »

L’écriture a été ma boussole, mon refuge, ma lumière depuis tant d’années.
Hier, elle est devenue aussi ma voie.
Pas juste un outil, pas seulement une passion. Une mission de vie.

Et même si je n’ai pas encore tous les outils pour guider les autres, même si je ne suis qu’au début du chemin, je ressens déjà la puissance du lien, de la présence, de l’écoute.
Et je suis prête.
Prête à apprendre, à transmettre, à semer à mon tour.

Merci, la vie, pour ce cadeau.


Aujourd’hui, dimanche soir, deuxième et dernière journée de formation

Parfois, la vie nous invite sans faire de bruit.
Elle place un mot sur une page, une main sur une épaule, un regard dans le miroir…
Et tout change.

Ce week-end, j’ai vécu une expérience transformatrice, une révélation douce et puissante. Deux jours de formation à l’écriture thérapeutique, deux jours hors du temps, hors du doute. Deux jours à écrire nos douleurs, nos espoirs, à déposer ce qui pèse, ce qui vibre, ce qui cherche encore à se dire.

Et ce que j’ai trouvé là…
Ce que nous avons créé là…
C’est une alchimie de cœurs, une danse de mots et d’âmes.

Ce groupe, c’était plus qu’un groupe.
C’était un cercle. Un cercle vivant. Un cercle de guérison.

Des connexions immédiates, intimes, profondes.
Des histoires partagées comme des éclats de vérité, des reflets de soi dans les parcours des autres.
Des miroirs tendres qui ne jugent pas.
Des regards qui comprennent.
Des silences pleins.
Des larmes qui soignent.
Des mots qui rassemblent.

La magie était là. Vraiment. Pas une magie de spectacle.
Une magie terrestre, enracinée, lumineuse.
Le lieu lui-même vibrait différemment, comme si les murs et les arbres s’étaient mis d’accord pour nous protéger, pour que l’on puisse se dire, se déposer, se révéler.

J’ai été accueillie comme jamais.
Et j’ai accueilli, moi aussi. Avec tout ce que je suis.
J’ai vu la beauté dans chaque blessure.
J’ai vu l’amour dans chaque faille.
J’ai vu la lumière dans chaque voix tremblante.

Et ce que j’ai compris…
Ce que j’ai ressenti dans chaque cellule de mon corps, c’est que je suis à ma place. Je suis exactement là où je dois être. Au moment juste. Entourée des bonnes personnes. Sur le bon chemin.

Je ne cherche plus ma voie. Je la marche.

Mon appel a été entendu. Mon énergie, reçue. Mon engagement, reconnu.
Même mon offre d’emploi décalée a touché quelqu’un.
Les astres sont alignés.
L’univers me répond. Et moi, je réponds présente.
Je n’ai plus peur.
Je n’ai plus à prouver.
Je suis là. Je suis en vie.
Et je suis prête à offrir, à transmettre, à accompagner.

Je rentre boostée comme jamais.
Ma confiance en moi vient de franchir un palier.
Ma mission se précise : écrire, soigner, relier, avec des mots vrais, avec des mots doux, avec des mots puissants.

Et toi qui me lis, toi aussi tu portes des graines de lumière en toi.
Tu as peut-être peur, des doutes, des douleurs anciennes.
Mais crois-moi : tout peut changer.
Une rencontre. Une heure. Un mot. Un regard. Un silence.
Et c’est toute une vie qui s’ouvre.

À vous, mes formateurs, mes compagnons et compagnes de route,
à vous tous qui passez par ici, je vous envoie une brassée d’amour, d’énergie, de courage.
Recevez ces mots comme un sortilège de soins. Qu’ils s’enracinent en vous. Qu’ils vous fassent du bien. Qu’ils vous rappellent que vous aussi, vous avez votre place dans ce monde. Et que vos mots, même les plus discrets, peuvent tout changer.

À bientôt pour la suite du voyage,

Cécile
Un merci tout particulier à l’Asbl Racont’Art, à Béa et à Joël, mais aussi à Edwige et Patrick, à Sabine, à Noémie, à Elodie sans oublier Sanji (il saura se reconnaître)

PS : pour l’image de couverture, il faut lire le texte de haut en bas, d’abord. Puis, de bas en haut. C’est cadeau ;-)

Minos parle, écoutez-le !

« MAMAN, J’AI EU UN ACCROCHAGE… MAIS J’AI DÛ SAUVER L’HONNEUR ! »
(Confessions d’un matou un peu couillon, mais pas trouillard.)


Salut les humains,
Moi c’est Minos. Six ans de sagesse féline, de siestes au soleil, et d’amour inconditionnel pour ma maman humaine — celle qui m’appelle tendrement « gros bébé » quand je me roule en boule contre elle, et qui prétend que je suis « moitié chien » (calomnie ! Bon… je rapporte les bâtons, je viens quand on m’appelle, et je joue à la balle, mais quand même…).

Je vis dans une chouette tribu : trois autres chats partagent la maison. Mais faut être honnête, c’est moi le pilier. Le coeur tendre, certes, mais le seul qui ose sortir quand un type louche s’approche de NOTRE jardin. Un vrai gardien moustachu.

Hier, justement, un de ces importuns a osé franchir la limite sacrée : le voisin, un mâle entier, genre testostérone sur pattes, poil lustré, et odeur musquée — beurk. Il se balade comme si tout lui appartenait. Moi, pacifique mais digne, j’ai essayé de rester courtois. Mais bon, entre chats, parfois, les pattes parlent.

On a échangé deux-trois mots (« Dégage ! » / « Même pas en rêve, tarlouze castré ! »), et BIM, il m’a mis une claque… en traître. Juste sur le museau. Ma belle truffe ! Aïe. J’ai reculé dignement, parce que je sais que maman n’aime pas les bagarres. Et surtout… je ne me bats jamais devant elle. Elle croit que je suis une crème, et j’aime bien qu’elle pense ça.

Mais voilà : ce zigoto, lui, n’est pas castré. Et ça se voit. Arrogant, bagarreur, toujours à marquer son territoire à tous les coins de haie. Il fait tourner la tête aux minettes du quartier, se bat tous les deux jours, et risque à chaque instant blessures, maladies… et de contribuer à la misère féline.

Moi ? J’ai été castré tout petit. Et tu sais quoi ? Je ne m’en porte que mieux. Je vis plus longtemps, plus tranquille, sans stress, sans bagarres inutiles (enfin… sauf quand vraiment faut remettre les pendules à l’heure). Et surtout, je ne participe pas à la surpopulation des chats errants.

Alors regardez bien cette photo de moi, museau un peu égratigné, regard toujours digne : c’est le visage d’un guerrier pacifique. D’un chat de canapé qui a tenté de préserver la paix. Et qui, malgré une petite baffe, reste convaincu que le monde irait mieux avec un peu moins de testostérone et un peu plus de stérilisation.

Minos gardien moustachu

Pensez-y : castrer ou stériliser votre chat, c’est un acte d’amour. Pour lui, pour les autres, et pour tous ceux qui n’ont pas encore trouvé leur maman humaine.

Signé :
Minos, dit « le Gros Bébé », gardien du foyer et pacifiste à moustaches.

Mon « gros bébé »

Ce que les livres savent de nous

Plongée dans un instant suspendu : ma soirée de bibliothérapie

Hier soir, j’ai vécu un moment hors du temps. Un de ces instants rares où l’on sent que quelque chose bascule doucement en soi, comme une clé qui tourne dans une serrure longtemps restée bloquée.

C’était un atelier de bibliothérapie. Un cocon de mots et de silences, guidé par Eloïse, une femme lumineuse que j’ai rencontrée en 2018, à ses débuts dans son aventure Le mot qui délivre. Retrouver son énergie bienveillante dans ma bibliothèque de quartier – un lieu familier, rassurant – m’a tout de suite mise à l’aise. Nous étions neuf. Neuf femmes, réunies pour prendre ce temps qu’on s’accorde trop peu souvent. Un moment pour soi… et en miroir, pour les autres aussi. La plupart d’entre nous avaient entre 35 et 60 ans – l’âge peut-être où l’on commence à sentir l’urgence douce de se reconnecter à soi-même.

Pour briser la glace, Eloïse nous a proposé un exercice aussi simple que magique. Elle nous a lu le sommaire d’un livre, où chaque chapitre portait un seul mot. Et elle nous a invitées à l’interrompre lorsque l’un de ces mots ferait écho, résonnerait quelque chose en nous.

Le tout premier mot a résonné comme un tambour dans mon cœur : goéland. Une évidence. J’aime les oiseaux, et ce matin-là, j’avais justement écrit un texte dans lequel volaient goélands et mouettes (mon prochain recueil : « Un oiseau peut en cacher un autre » revisité et amélioré). Comme un signe, une passerelle invisible entre deux moments de ma journée. Et me voilà propulsée, première à me présenter, à raconter ce lien, ce clin d’œil du destin. Je n’étais pas intimidée. Là, entourée de bienveillance, dans un lieu que je connaissais, je me suis sentie à ma place. Presque comme un poisson dans l’eau.

Puis Eloïse nous a invitées à fermer les yeux pour un voyage intérieur. Une méditation guidée, délicatement déposée dans nos esprits. Un extrait du même livre lu de sa douce voix. Nous avons cherché l’oxygène, traversé une clairière, respiré profondément, et puis aperçu un bâtiment. À sa fenêtre, une silhouette. Elle nous attendait. Elle avait un message.

Ce moment a été une révélation. J’ai d’abord vu un goéland perché là-haut. Puis, l’image s’est transformée : ma mère est apparue. Elle m’a parlé. J’ai écrit ses mots presque malgré moi, comme en écriture automatique. Et peu à peu, j’ai compris. Grâce à Eloïse, grâce à la bibliothérapie, ce n’était pas vraiment ma maman que je voyais, mais … moi ! Son image était un miroir. Un reflet. Une part de moi-même, enfouie, qui me parlait depuis cette fenêtre symbolique. J’ai réécrit le message en « je », et j’ai senti une force nouvelle m’envahir. Comme une vérité intime qu’on se rappelle enfin. J’en ai eu des frissons.

Je me pardonne de ne pas avoir été là pour moi avant, mais maintenant je suis là, et je suis fière de moi !

Le reste de l’atelier a continué à tisser ces fils invisibles entre introspection, lecture, écoute et écriture. Deux heures de douceur et d’éveil. Deux heures essentielles sur le chemin de la rencontre avec soi-même. Car pour pouvoir tendre la main aux autres, il faut d’abord savoir se la tendre à soi-même. En confiance. En sérénité.

Enfin, pour clore cet instant magique, j’ai tiré une carte de l’Oracle « L’âme de la Terre-Mère » : Dans les bras de Gaïa !
Pour résumer : « (…) La vie t’offre une pause dans les bras de Gaïa. (…) Véritable maman, elle prend soin de toi, amortit tes pas et tous les chocs de la vie, t’accueille dans son enveloppe maternelle et te nourrit. Elle offre le terreau à tous tes projets et tous tes possibles. Elle est ton refuge, (…) Tu as bien travaillé, il est temps de t’arrêter, (…) et te recharger. Tu es invitée à lâcher les rôles. (…) « 

Il n’y a pas que des coïncidences, il y a des signes ! Gaïa, maman, une pause, un terreau pour mes projets, une invitation à lâcher les rôles.

Cette soirée, un cadeau. Un souffle nouveau. Une voix intérieure, claire et douce, qui me murmure : avance, tu es exactement là où tu dois être.


Et comme je veux pouvoir retrouver cet instant porteur, ce moment lumineux et transformateur, je vous partage une technique pour retrouver ces deux heures. Pouvoir revivre cet atelier extraordinaire et tout ce qu’il m’a apporté et appris, cette façon de retourner en arrière est accessible et à la porte de tous, enfants compris. Alors n’hésitez pas à adapter les mots par les vôtres, pour vous projeter en arrière, revivre et respirer à nouveau cet instant clé.

Je vais parler en JE et je vous invite à lire à voix haute ces quelques phrases pour qu’elles soient plus puissantes, ancrées dans votre présent.

Rituel de reconnexion à l’instant lumineux

1. Je m’installe dans un endroit calme.
Je m’assieds confortablement. Je ferme les yeux. Je laisse le silence s’installer doucement.

2. Je respire.
J’inspire profondément par le nez.
J’expire lentement par la bouche, légèrement ouverte.
Je répète cela 3 fois, en relâchant à chaque souffle un peu plus de tension.

3. Je visualise le lieu.
Je m’imagine à nouveau dans la bibliothèque. Je ressens l’atmosphère : les voix douces, les livres autour, la présence d’Eloïse, les autres femmes, le cercle de confiance.
Je visualise la lumière du soir, l’odeur des livres, la texture de la chaise, tout ce qui me revient. Même la chaleur de la pièce. Je n’ai pas besoin de tout voir : je laisse les images venir comme elles veulent.

4. Je revois mon goéland.
Je le vois, perché, libre, messager. Je me reconnecte à ce symbole.
Je lui demande mentalement de revenir m’accompagner quand j’en ai besoin. Il est une part de moi.

5. Le message miroir.
Je me souviens du message que j’ai reçu, et que j’ai transformé en « je ». Je le murmure doucement à voix haute, ou dans ma tête.
Je laisse ces mots me traverser à nouveau.

6. Le geste-ancrage.
Je choisis un geste simple qui deviendra mon ancrage :
Par exemple, poser ma main sur mon cœur, ou toucher doucement mon poignet, ou joindre pouce et index. (Depuis hier, j’ai remis un bracelet en cuivre à mon poignet gauche, je choisi donc de toucher ce bracelet, de le « décoller » de ma peau. Ce geste est le geste qui va me permettre de m’ancrer dans cet instant.)
À chaque fois que je referai ce geste, mon corps et mon esprit se rappelleront ce moment.

7. Je reviens doucement.
Quand je me sens prête, je respire profondément, et je rouvre les yeux. Je suis ici, mais cette lumière est toujours en moi.


Faire ce rituel en 2 ou 3 minutes, ou y plonger plus longuement. Et si un jour j’ai moins de temps, un simple geste + une phrase-clé comme : « Je me souviens, je suis là, tout est en moi » peut suffire à rallumer la flamme.