Atelier d’écriture créative : inventer un nouveau métier

Toujours lors de mon atelier d’écriture de décembre, au château du Sartay avec Stéphane Van Hoecke, j’ai aimé écrire sur ce nouveau métier.

Il fallait, à partir d’un métier associé à deux métiers existants, écrire une offre d’emploi et une recherche d’emploi.

Mon métier : Professeur pour fleurs sauvages

Annonce d’emploi : je cherche

Grand jardin de château cherche professeur particulier pour l’éducation des fleurs sauvages (semer, propager, protéger, nourrir, soigner). Connaissance en botanique exigée. Diplôme en expérimentation florale sauvage demandée. Formation en chuchoteur de pollen appréciée. (possibilité de suivre cette formation sur place).

Contrat à temps partiel, en toutes saisons, du lever au coucher du soleil, trois jours par semaine.

Petit plus : si vous connaissez et pratiquez la langue des insectes.

Vous vous reconnaissez dans ce profil ? Envoyez votre candidature sous pétale fermé à l’adresse du château ci-dessous

Annonce d’emploi : j’offre

Professeur pour fleurs sauvages, né dans un parterre de coquelicots, je vous propose mes services de spécialiste.

Fraîchement diplômé il y a trois hivers, je partage mes connaissances florales et mon savoir-faire avec grand plaisir. Je butine aisément, parle six langues entomologistes couramment. Je vis et virevolte avec la lumière du soleil.

Ayant fait ma thèse sur les butineuses sauvages à six pattes en Asie, les fleurs étrangères ne me font pas peur, je sais quand et comment les remettre dans leur droit chemin, les inviter à aller voir ailleurs.

Doctorat en cours de finalisation : chuchoteur-fumeur pour enfumer les frelons asiatiques.

Master complémentaire : Savoir remettre les points sur les i chez les coccinelles qui ne sont pas endémiques.


PS : l’image et le livre en couverture de l’article, n’ont rien à voir avec mon texte, c’est juste qu’à la lecture de ce métier, j’ai aussitôt repensé à ce livre que j’ai lu il y a pourtant plus d’un an !

Les fables de La Fontaine revisitées au château du Sartay (Liège)

Le week-end des 10 et 11 décembre, j’ai eu le plaisir de jouer avec les mots lors de l’atelier d’écriture de Stéphane Van Hoecke, au château du Sartay, à Embourg, Liège.

La coïncidence a voulu que mes textes préférés soient liés aux fables de Jean de La Fontaine.

Il fallait apporter deux objets de notre choix. J’avais apporté deux petites figurines en plastique représentant un renard habillé d’une salopette et d’un gilet et d’un corbeau avec un chapeau de paille et aux pattes et bec bleus. Surprise : il fallait intégrer l’un de ces objets à un texte dont la proposition d’écriture m’a bien surprise. Et lui donner un titre.

Proposition N°4 : J’ai tué mon voisin. L’objet apporté doit se retrouver dans l’histoire. Expliquer le comment et pourquoi de ce meurtre.                      

Je n’ai rien vu venir

  • Maître Corbeau qui pêchait sur un arbre, …
  • Non ! Non ! Et non ! « Maître Corbeau sur un arbre perché tenait en son bec un fromage »
  • Oh ! ça va hein ! te fâche pas. Je recommence : « Maître Fromage sur un arbre perché tenait dans son bec un corbeau » Ha ! Ha ! Ha !
  • Dis, tu te fou de moi, là ? Sérieux ! Recommence et dans le bon ordre.
  • Pffff ! « Maître Corbeille sur un arbre perché, tenait dans son bec des groseilles. »
  • Vas-y, marre-toi ! Et tu sais quoi ? Puisque tu le prends ainsi, débrouille-toi tout seul ! Moi, je jette l’éponge. J’abandonne. Tu m’énerve !

Lui, c’est Joris, mon petit voisin de douze ans. Voisin dans la rue et voisin dans la classe. Oui, je sais, j’ai pas de bol ! C’est un Je-m’en-foutiste pas permis ! Doublé d’un égoïsme. Si le bonnet d’âne existait encore, il l’aurait en permanence sur sa tête. Je suis trop méchante… avec les ânes, je suis sûre qu’ils sont plus intelligents que ce bêta.

Je ne sais pas ce qui me retient de lui faire bouffer cette fable qu’on est censés connaître par cœur pour demain.

  • Attends Zoé ! Ne pars pas steuplait ! Me supplie-t-il en me retenant maladroitement par la manche. Promis, j’suis sérieux cette fois.
  • C’est la dernière fois que je t’écoute, si t’arrives pas à aligner la première partie sans faire le crétin, je la dirai toute seule cette fable et c’est moi qui aurai tous les points !

Joris ne dit plus rien, mais je suis sûre qu’il doit se moquer de moi. L’avantage, quand on est aveugle, c’est qu’on ne voit pas les grimaces, les insultes et les menaces faites avec les mains. Le gros inconvénient dans notre cas, c’est que parfois on ne sait pas éviter les coups, volontaires ou non.

Le silence est pire. On peut s’imaginer des tas de choses. En pire ou en mieux.

Après quelques secondes de silence mortel, où je me vois alternativement lui tordre le cou à ce voisin pas malin, et le pousser du balcon, Joris revient avec un paquet de chips. Je déteste les sachets de chips. Ce bruit est infernal pour mes oreilles sensibles. Pire que des acouphènes. Son désagréable, bruit irritant. Ça m’agace. Ça m’énerve.

« Je vais le tuer ! Je vais le tuer ! »

  • Maître Corbeau skrountch skrountch sur un arbre perché skrountch skrountch skrountch tenait dans un son bec skrountch skrountch un fromage. skrountch skrountch skrountch skrountch skrountch skrountch Maître Renard skrountch skrountch par l’odeur alléchée skrountch skrountch lui tint à peu près ce skrountch skrountch skrountch skrountch…

“Bordel de merde ! Pardon maman pour le gros mot, faites qu’il s’étouffe avec ses foutus chips. Ou je ne sais pas moi, qu’il avale de travers. Qu’il s’étouffe. Qu’il avale de travers. J’en sais rien moi, mais faites quelque chose pour qu’il se taise à jamais ! »

Je prie en silence, tout en tordant un coussin entre mes mains. Ah non ! Ce n’est pas un coussin. Trop mou. Le ballon du chien ? Son cartable ? Je devrais écouter maman. Je devrais toujours avoir une balle anti-stress avec moi. Pour malaxer. Pour me déstresser. Pour me calmer. Pour passer mes nerfs quelque part. Bon sang, c’est quoi ce truc que j’écrase depuis des plombes ?

  • Joris, c’est quoi ce truc que m’as donné pour m’apaiser ? Joris ! J’te cause. Joris ? Et mec, tu pourrais au moins répondre. Joris ! Réponds !

« Bordel de merde, pardon maman pour le gros mot, l’enfoiré, il s’est barré ! »

Zoé ne le voit pas, normal pour une non-voyante, mais elle vient de tuer son voisin de ses propres mains !

L’avantage quand on a ce handicap, c’est qu’on ne sera pas, enfin Zoé ne sera pas hantée par cette image horrible d’yeux exorbités, de bouche ouverte avec sa langue bleue qui dépasse et de bave qui a coulé sur le cou. Elle ne fera pas des cauchemars sur cette vision de meurtre à l’insu de son plein gré. Mais l’inconvénient dans ce cas-là, dans son cas, c’est qu’elle risque bien de ne plus jamais osé manger de chips.


Proposition N°6 : décrivez le rituel du petit-déjeuner de, au choix :

Fumée de fruits
Odeur d’orange
Ustensiles uminscules (synonyme de minuscule)
Repas de reine
Montagne de miel
Ivresse intérieure

C’est petit. C’est rapide. Vite avalé.
Sans fioriture, tout est dans la nature.
Fraîcheur, diversité, tout est consommé. Rien n’est laissé. Rien n’est jeté.
Partagé, apporté ou volé, tout est bon à manger.
Sur place ou à emporter, aucune ne va râler.
Dégusté, avalé, absorbé, le petit-déjeuner se prend en équipe, dès que le soleil s’est levé.
Aucune cuisson. Aucune transformation. Les aliments ne subissent aucun changement.
Stock possible. Réserve souhaitée. Approvisionnement exigé. Travail particulier, bien déterminé.
Chacune à sa tâche. Du travail pour tous les âges.
Il faut mériter sa pitance à tout moment. Contribuer au ravitaillement à tout bout de champ.
Pas bien difficile de faire la file. Tout le monde sera servi, là-bas, ailleurs ou ici.
Quand tout a été vidé, le dépôt peut être alors visité. Uniquement par mauvais temps, intempérie et grand vent.
Rien à se mettre sous les mandibules ? Inventer des bidules, des brols, qu’importe, il n’y a pas de ridicule.

Le petit-déjeuner est le moment le plus important de la journée : énergie, dynamisme, intelligence et force sont partagées tout au long des heures écoulées.


Proposition N°7 : écrire la lettre d’amour d’une tortue à un lapin (mon choix) + 3 mots imposés :

Rouge – Cresson – Tambour

Mon cher petit Lapin au Cresson,

Si tu savais comme mon cœur tambourine encore et toujours au rythme de ta course folle contre moi.
Quand je pense à toi, mon cœur fait : Boum ! Boum !
Boum ! Boum !

Mon cher petit Lapin au Cresson,

Si tu savais comme je rougie encore et toujours à la pensée de ton amour pour moi.
Quand je pense à toi, mon bec fait : Smack ! Smack !
Smack ! Smack !

Mon cher petit Lapin au Cresson,

Si tu savais comme mon sang bouille, comme mes pattes tremblent encore et toujours quand tu joues à saute-mouton avec moi.
Quand je pense à toi, quand je pense à tes grandes oreilles au vent, à tes bonds étonnants, mon amour pour toi galope comme un lièvre qui file dans un champ : Je t’aime ! Je t’aime !
Je t’aime ! Je t’aime !

Signé : Ta tendre Tortue Tourbillonnante

Je suis une super héroïne !

C’était « hier ». Ça s’est passé hier. Chez moi. Dans ma ville.
Dans mon pays.

Fin 2022. Entre deux fêtes : l’enterrement d’une année terminée et la  célébration d’une nouvelle qui s’annonce.
Troublant.
Déstabilisant.
Frustrant.
Marrant après coup.
Enrageant aussi.

Magasin. Multitude d’articles d’occasion.
Du monde. Du monde. Du monde.
Stressant.
Bruyant.
Oppressant.

Un seul rayon. Librairie. Fouilles. Recherches. À terre. Sur la pointe des pieds. Courbée.

Chaud.
Inconfortable.
Mal-être.

Promotion ! Trois achetés, trois gratuits. À ne pas manquer. En profiter. Calculer quand même.
Le temps passe. Sûrement. Bruyamment. Chaudement.
Je trouve. Je déniche. Je mets de côté.
Mal rangé.  Mal classé.  Tout mélangé.
J’en ai trois, puis quatre. Enfin cinq. Relire l’offre. En trouver un sixième. Même collection. Six de plus à la maison. Combler le trou.

Contente. Satisfaite. Heureuse.
Pour trois fois rien. Moins de 6 euros. Riche de mon trésor de papier.

Lever la tête. Halluciner. Voir la file. Hésiter. Rentrer dans ma bulle. Oublier.
Plus de bruit.
Plus de monde.
Plus de chaleur.

Les vendeurs courent. Sont partout. À l’achat. À la vente. Aux conseils. Au stock. Un petit homme, un connaisseur. Vendeur expérimenté. Il sait bien parler. Bien expliquer. Bien calmer. Bien accueillir.

Deux personnes avant moi. Peu. Patienter. Regarder derrière moi. Écouter. Emmagasiner. Apprendre.
Une vente et une question. Ça traîne. Ça répond.  Ça sourit. Et les minutes défilent. Mais pas la file.
Dans ma bulle.
Dans mon monde.
Dans ma sphère.

Pile en face de la caisse. La vente est terminée.  Le conseil est donné. Un de parti. Deux ont passé la porte de sortie. C’est bientôt à moi.

Sortir portefeuille. Préparer monnaie. Ça ira vite pour moi.

Pile en face de la caisse. Toute prête. Attentive. La tête droite. Le regard franc.

Et on passe au suivant ! Derrière moi. Rien vu venir.

Invisible. Super pouvoir.

J’aurais pu partir. Sans payer. Voler. Chaparder. Dissimuler. Tromper.

Invisible. Super pouvoir.

J’aurais pu me fâcher.  Râler.  Rouspéter.

Mais j’ai tendu mes livres. Avec le sourire. En réapparaissant comme par magie.

Visible. Super pouvoir.

Flot d’excuses du gentil petit vendeur.

Flot d’excuses du client derrière moi.

« Je ne vous avais pas vu ». Deux fois. De deux personnes différentes.

Je suis invisible.

J’ai un super pouvoir.

Je ne suis personne.

Mes projets et résolutions pour 2023

2022 n’est pas encore terminée, mais il est temps de penser à 2023.

Mes projets, mes souhaits, mes envies :

  • lire tous les livres de ma PAL, environ 32 livres
  • faire 6 marque-pages pour mes livres préférés que je vais relire (romans, manga, BD, etc.)
  • réécrire + illustrer 3 de mes nouvelles parues dans mon livre « Un oiseau peut en cacher un autre »
  • réécrire + illustrer une de mes nouvelles de ma série humoristique « Les aventures de Mérédith »
  • dessiner 12 animaux, 12 fleurs, 12 personnages kawaii ou connus
  • participer à un atelier de dessin naturaliste de Isapi « Les ateliers du Scraboutcha vert« 
  • terminer de traduire l’album de Bob et Bobette que j’ai en néerlandais « Cygnes blancs, cygnes noirs »
  • projet de carnet, livre, recueil, agenda… sur les animaux du refuge « Animal sans toi…t » à vendre au profit de cette super asbl
  • assister à la réparation d’un livre et essayer de soigner les livres blessés que j’ai chez moi
  • publier sur mon blog un article hebdo dans la rubrique « Un dimanche, un oiseau »

L’année 2022 était sous le signe des contes. 2023 sera consacrée aux dessins.

Mes résolutions

  • limiter mes dépenses liées aux livres et revues
  • manger moins de sucres
  • marcher davantage
  • être moins stressée dans la conduite automobile
  • oser sortir de ma zone de confort – qui va de pair avec –
  • avoir davantage confiance en moi

Rétrospective positive 2022

Voilà bientôt encore une année de passée et une nouvelle à venir. Loin des fêtes commerciales, des mauvaises nouvelles et des bobos en tous genres, je souhaite partager uniquement les bonnes choses qui se sont passées pour moi en 2022.

L’année 2022 en 12 événements et 12 images ? impossible :-)

Janvier : rencontre et connaissance de Yolande. Plusieurs belles balades et discussions sur les oiseaux, les timbres et les livres.

Février : parution de mon premier recueil collectif de haïkus : Petites bulles de poésie entre amies.

Mars : première scène de contes au Théâtre à Denis avec La Maison du Conte et de la Parole de Liège. Il y en aura trois en tout : deux au théâtre et une dans une plaine de jeux.

Avril : défi d’écriture Nanowrimo, écriture d’un court roman.

Mai : adoption de Loki, notre 4e (et dernier) chat.

Juin : je rédige des interviews de conteuses et de conteurs pour le mensuel de la Maison du Conte

Juillet : lectures coups de cœur.

Août : dessiner, aimer, me relaxer, progresser.

Septembre : début d’animation de mon atelier d’écriture créative dans un foyer pour adultes en situation de handicap.

Octobre : journée des membres du Club francophone « Le Monde Magique de Willy Vandersteen ».

Novembre : séjour à la mer avec mon amoureux pour fêter nos 20 ans de couple.

Décembre : atelier d’écriture avec Stéphane Van Hoecke, au château du Sartay.

Entre, pendant, avant et après toutes ces merveilleuses choses, il y a aussi eu :

  • des balades avec mes amies Josiane et Gracianne,
  • un super moment passé avec Deneb au Tea Late et au Théâtre à Denis
  • une deuxième participation au défi d’écriture du Nanowrimo en novembre,
  • un atelier d’initiation et de perfectionnement aux contes avec Stéphane Van Hoecke,
  • une découverte du japonais (vocabulaire, écriture, lecture, grammaire) en ligne,
  • un atelier de reliure de carnet, technique japonaise, à la main, avec ma fille (atelier double page, à Redu),
  • l’arrivée de ma première stagiaire au travail (secrétariat médical) et de son engagement
  • des heures géniales passées avec ma famille et belle-famille
  • de la joie, des câlins et des rires et fous-rires avec mes enfants
  • la journée portes ouvertes + le Noël des animaux au refuge « Animal sans Toi…t »

Cauchemar en boucle

Je sais que je rêve.

Cauchemar de fatigue. Non-dits nauséeux. Sensation dérangeante.

Je sais que je rêve.

Des images dégueulasses, puisées dans la source de la veille. Décalage, virage, étranges visages non identifiés. Inconnus familiers.

Je sais que je rêve.

Impossibilité d’en sortir. Cercle vicieux. Boucle répétitive. Prisonnière des mots, des maux, d’émotions aiguës, non désirés. Ne pas vouloir continuer, ne pas regarder, ne pas entendre. Ne rien maitriser.

Je sais que je rêve.

Ouvrir les yeux un instant. Reprendre un souffle. Un espoir. Vouloir l’air du présent réel. Y croire. Vraiment, le penser, le rêver. Envie d’une autre suite. Revenir à la vie. Fuir ce délire. Et puis… y replonger.

Je sais que je rêve.

Comme une force obscure. Comme une fièvre qui revient. Halluciner. Pleurer. Crier…

dans un autre univers. Se réveiller en sueurs. Perdue. Paumée. Déséquilibrée. Désaxée. Perturbée.

Je sais que je rêve.

Essayer de comprendre. De décortiquer. D’expliquer. De chercher. De savoir, mais ne pas avoir toutes les réponses. Un flou. Un brouillard. Une brume épaisse de questions pour un nouveau plongeon.

Je sais que je rêve.

Me noyer d’effroi. Suffoquer de terreur. Craindre l’électrocution. Un incendie. Une inondation. Les souvenirs s’emmêlent. Voyage onirique absurde. Personnages impalpables.  Entourage inimaginable.

Je sais que je rêve.

Revenir à la réalité. Le désirer. Oui, très fort le vouloir. À en prier. À en chialer. À en supplier le maître des songes tordus.

Libérée. Enfin les paupières se lèvent. La clarté du jour. La phobie d’être en retard. Réfléchir à une excuse. Bousculer mes habitudes. Me presser. Me hâter. Bousculer mon amoureux. Le voir joyeux. Remarquer une différence. Et puis une autre. Et encore une autre. Bizarreries. Étrangetés répétitives.

Râler. Rouspéter. Pour rien. Pour un rêve. Un cauchemar indéfini. Infini. Infini. Infini.

Je ne savais pas que le rêve était encore là.

Sortez-moi de là.

Vite. Vite. Trop vite. Vertiges. Bateau. Carrousel. Ça tourne. Ça tournoie tout autour de moi. Mais libre. Libre et vivante. Ici et maintenant.

Il fait noir. Il fait sombre. Il fait nuit. Il est 5h.

Tout est normal.

Temps indéterminé. Heure non précisée. Voyage écœurant. Bouleversant. Hallucinant. Terrifiant.

Enfin. Enfin, c’est la fin. La vraie fin. La réelle. Celle que je peux toucher du bout de mon clavier tactile.

J’ai fini de rêver.  Fini de cauchemarder. Fini d’inventer ces histoires de somnambule. Imaginaires. Fausses. Abracadabrantes. Débiles.

Je savais que je rêvais.

Reste à l’écrire. À les écrire.  Ces images. Ces lubies. Ces folies. Pas pour les faire revivre. Non. Pour les vider de leur substance. Pour les coucher sur papier. Noir sur blanc. Les extérioriser pour ne plus en avoir peur. Les faire vivre autrement. Différemment. Sans les nommer. Sans les préciser. Sans leur donner une identité.

Et puis, après, seulement après, les oraliser. En silence d’abord. En lecture privée. Rien que pour moi. Dans un souffle. En chuchotant. En grognant. Les lire, les relire, les dire, les redire. Les raturer. Les écraser. Les effacer.

Quand elles ne sont plus rien, qu’elles n’ont plus silhouette, plus de couleur, plus d’odeur, plus de peur, plus de son, plus de sang, plus de vent… alors seulement, je peux leur rendre la pareille. Je peux les dactylographier, sans reproche. Sans émotion. Sans sentiment. Je copie simplement. Une dernière lecture. Une première réécriture.

Elles connaitront une autre fin. Sans un arrière-goût d’amertume, sans acidité, sans fumée. Juste les publier. Pour les épier. Les guetter. Les espionner. Les pister. Les filer.

Pour qu’elles ne connaissent aucun répit. Qu’elles n’aient plus de souffle. Plus de vie trépidante. Juste une curiosité. Une histoire. Un délire passager. Trois fois rien. Trois fois rien pour vous. Trois fois rien pour moi. Pour mieux oublier. Pour en rigoler. Passer à autre chose.

Inviter à partager. Inviter à tourner la page. Inviter à remercier.

Je savais que je rêvais.

Journal créatif 2021 – 2022

Le week-end, j’ai souvent envie de faire des collages créatifs. Série de photos de mon cahier de collage, de mon journal créatif, que j’ai ouvert début octobre 2021. J’ai choisi volontairement de ne pas tout montrer, car sur quelques pages, ce ne sont que des mots écrits au crayon ou un collage à « fenêtre » (petit volet cartonné que j’ai collé sur la feuille et sous laquelle j’ai écrit quelques mots) que je n’aime pas. J’ai juste ressenti le besoin, à ce moment-là, de faire comme ça et puis, ça m’a aidé, et je n’y ai plus pensé ;-)

Je peux mettre une à deux heure(s) pour choisir une image (ou des images) et quelques mots pour faire entre une et trois phrases !

En dehors de ce journal créatif, je fais aussi des collages sur des feuilles cartonnées que j’assemble pour former un petit cahier comme celui-ci que j’aime particulièrement :

Je ne sais plus de quand il date, car j’ai oublié de le mentionner, mais au vu de ce que j’y ai collé, je pense que ça doit faire pile poil un an, en décembre 2021, que je l’ai fait !

J’aime me former et apprendre de nouvelles choses. Malheureusement, je suis arrivée trop tard à cette formation super intéressante pour moi ! L’on m’avait dit qu’une nouvelle se donnerait en septembre 2022, mais je crois qu’on m’a oublié ou qu’il n’y a pas assez de participant.e.s pour pouvoir la donner une seconde fois.

Dommage !