Incitation à l’écriture avec WP

If you didn’t need sleep, what would you do with all the extra time?

Très bonne question ! Si j’avais ces quelques heures supplémentaires, je pense que mon cerveau cogiterait davantage.

Voici la liste, telle qu’elle me vient, sans véritable ordre d’importance, des choses que je ferais si je n’avais pas besoin de dormir :

☆ Je lirais beaucoup de plus, ma PAL serait renouvelée plus rapidement,

☆ écrire va de pair, sans doute travaillerais-je sur un nouveau livre,

☆ j’irais enfin me balader avec les étoiles à la recherche d’animaux nocturnes à observer, à admirer, et peut-être à photographier

☆ si tout le monde autour de moi ne dort pas non plus, je ferais le ménage à la maison

☆ je prendrais un peu de la couleur du ciel, un bleu profond, un peu de celle de la lune, un jaune doux et frais à la fois, que je mélangerais dans un peu d’eau pour peindre une belle toile de nuit, qui sentirait bon le calme, qui brillerait de chants des cigales en été

☆ j’accompagnerais mes chats en balade pour découvrir la vie sous un autre angle; dans l’ombre, je les suivrais et je saurais enfin où ils vont et comment ils passent leur temps dans la fraîcheur de la nuit paisible

Et vous, que feriez-vous si vous n’aviez pas besoin de dormir ?

Jeu d’écriture : écrire un conte avec des éléments précis

Souvenez-vous, début novembre, je vous invitais à écrire un conte, avec tous les éléments pour le composer. C’était grâce à la revue « Virgule » et à un site Internet. (clic ici pour lire cet article)

Fabienne a joué le jeu en donnant les éléments à ChatGPT. J’avoue que je n’y avais même pas pensé. C’était la première fois qu’elle « jouait » avec l’Intelligence Artificielle. Je dois vous dire que je n’ai pas lu ce texte avant d’écrire mon histoire, car je ne voulais pas être influencée. Ensuite, je dois aussi vous dire, qu’en préparant cet article, je fais juste un copier-coller de l’histoire créée artificiellement, et que j’en suis restée baba (rires). Tous les éléments y sont et le conte est tout à fait correct, bien écrit, bien imaginé. Simple mais efficace. Incroyable mais vrai ! J’en reste un peu curieuse et un peu amer en même temps. J’ai mis deux bonnes heures à écrire mon histoire, je suis sûre que Chat machin chouette en a mis un dixième, trente secondes peut-être ? Mais je ne suis pas jalouse, moi j’ai pris plaisir à écrire mon histoire et à voir ces images qui défilaient dans ma tête et que j’ai réussi à donner vie par des mots… Je ne suis pas certaine que Chat machin chose ai pris du plaisir, lui (éclat de rires svp)

Voici le texte « pondu » par ChatGPT :-)

Merci Fabienne ;-)

Texte de ChatJPT

Il était une fois une chatte blanche du nom de Neige qui vivait paisiblement dans une petite maison au bord de la forêt. Pourtant, malgré sa beauté et sa douceur, Neige était ensorcelée par un sortilège qui l’empêchait de rester longtemps au même endroit. La nécessité de fuir ses conditions de vie actuelles la poussa un jour à quitter sa maison bien-aimée pour entreprendre un voyage à travers un pays inconnu.

Son périple était semé d’obstacles, car une énigme mystérieuse pesait sur elle. On lui avait dit qu’elle ne devait jamais prononcer le mot « blanc » en cours de route, et son objectif était de retrouver un anneau d’or, dont le pouvoir pourrait briser le sortilège qui la retenait.

Pendant son voyage, Neige rencontra une Hirondelle rustique du nom d’Aurèle, qui devint son ami fidèle. Aurèle lui enseigna les secrets de la nature et la guida à travers les contrées inconnues, l’aidant à éviter de prononcer le mot interdit.

Cependant, tout n’était pas aussi idyllique. Un terrible lézard nommé Dragan s’opposa à Neige. Il désirait l’anneau d’or pour lui-même, afin d’accroître son pouvoir maléfique. Neige et Aurèle durent faire preuve de ruse et de courage pour échapper aux griffes du lézard.

Heureusement, Neige avait un objet magique : elle avait le mot de la fin, et elle pouvait s’en servir trois fois pour se sortir de situations délicates. Grâce à cette magie, elle réussit à tromper Dragan à plusieurs reprises et à échapper à ses pièges.

Au terme de nombreuses épreuves, Neige et Aurèle arrivèrent dans une sombre forêt de champignons rouges, un endroit mystérieux et envoûtant. C’est là que Neige découvrit l’anneau d’or caché au cœur de cette forêt magique. En le portant, le sortilège qui la retenait se brisa, et elle put enfin retrouver sa liberté.

La morale de cette histoire est que l’avenir appartient à ceux qui le construisent. Neige, en dépit des obstacles et des épreuves, avait réussi à briser le sortilège qui la retenait prisonnière et à trouver la liberté. Elle n’était plus jamais seule, car elle avait gagné un ami fidèle en Aurèle, et elle avait appris que la persévérance et la détermination pouvaient triompher de n’importe quel sortilège.


Mon texte, le voici, le voilà :

Izi le petit chat blanc

Izi, est le diminutif pour Isabelle. Isabelle était une jeune chatte toute blanche. Chez les chats entièrement blanc, il y a souvent un handicap : la surdité. Izi n’échappait pas à cette règle. Toute blanche aux yeux vairons, un œil noisette et l’autre chocolat, Izi était une jeune chatte sourde, mais très intelligente. Autrefois, on disait que les chats blancs nés avec des yeux de couleurs différentes étaient des chats « chercheurs d’or ». Cette légende, qui a vu le jour au XIIe siècle, avait la peau dure. Encore aujourd’hui, en 2023, il n’était pas rare de voir des humains se promener avec un chat blanc aux yeux vairons, en laisse, et houspiller le pauvre petit chat pour qu’il trouve de la poussière d’or comme le chien spécialiste dénicherait des truffes royales !

Revenons à notre petite Izi. La jeune chatte était née au XVe siècle. A cette époque, les naissances de tels chats comme elle ne passaient pas inaperçues et étaient même fort recherchées. Heureusement, la maman d’Izi avait eu un sixième sens quand elle a senti l’accouchement arriver. Sur ses sept chatons, seule Isabelle était entièrement blanche. Toutefois, la caractéristique des yeux vairons était dans toute la portée ! Chose encore plus rare. Est-ce sans doute sa couleur  immaculée ajoutée à cette caractéristique rare des yeux différents qu’Izi a été dès son arrivée au monde un chat spécial, unique, différente. Malheureusement, à cause de cette tare qui ne touchait qu’elle, la petite Isabelle a dû rapidement grandir pour vivre en toute autonomie.

Dissimulée au cœur d’une forêt depuis son premier cri de chaton apeuré, Izi a été nourrie par tout le petit peuple de la forêt, depuis une laie allaitante et prévenante, en passant par une maman hérissonne albinos et aveugle, puis par un jeune écureuil intrépide et amoureux d’elle jusqu’au Grand Maître de la nuit : un Hibou des bois.  Tout ce petit monde se relayait jour et nuit, nuit et jour afin que le petit chat malheureux n’aie jamais froid, jamais faim, jamais seul.

La maman d’Isabelle venait régulièrement la voir, pour s’assurer que son petit trésor, sa petite fille chérie, aille bien.

Un jour pourtant, en plein hiver, quand le sol de la forêt était recouvert d’une fine couche de neige, Izi, pensant que personne ne la remarquerait dans le blanc de la neige, quitta son foyer et ses amis de toujours pour s’aventurer dans la clairière qui borde le bois qui l’avait vu naître. Elle avait quatre mois, peut-être cinq. Elle n’était pas bien grande, mais elle était forte et intelligente. Elle connaissait les risques de son aventure, mais ses pattes voulaient tellement voir autre chose que les quatre arbres de son refuge et ses quatre « parents » adoptifs. La laie n’allait jamais à découvert, elle avait bien trop peur des chasseurs ! La maman hérissonne albinos et aveugle ne dépassait jamais son périmètre de sécurité qu’elle connaissait du bout de ses pattes. Son papa hibou dormait à poings fermés. Quant à son ami l’écureuil, qu’elle considérait davantage comme un grand frère protecteur que son amoureux, il n’était tout simplement pas là, affairé qu’il était à trouver des cachettes top secrètes pour ses réserves de glands et de noisettes.

Pour Isabelle, ce fut sa première grande sortie et malheureusement aussi sa dernière en tant que chat libre. A peine avait-elle fait une dizaine de pas dans l’immensité blanche et froide de la clairière qu’elle fut aussitôt attrapée par un filet à papillon dans lequel elle rentrait tout juste !

  • Te voilà toi ! Depuis le temps que je t’attendais, tu es à moi maintenant. A moi et à tout mon or que tu vas trouver ! Ha ! Ha ! Ha !

L’horrible bonhomme qui rigolait à gorge déployée ressemblait à un sorcier. En fait, il ressemblait à Gargamel, ce vilain sorcier qui passe sa vie à chasser ces petites créatures bleues que l’on appelle « Schtroumpfs » ! Tout comme lui, il avait un long, très long gilet noir qui pendait jusqu’à ses pieds. Comme lui, il avait des petites bottines rouges. Comme lui, il avait une sale tête dégarnie avec trois poils sur le caillou !

Isabelle avait beau se démener, essayer de grignoter le filet, rien n’y faisait, elle était prise au piège.

Non heureux de ressembler à l’horrible Gargamel, le méchant bonhomme était un véritable sorcier ! Contrairement au personnage de cette bande dessinée, il semblait s’y connaître en sorts et sorcellerie. Aussitôt rentré dans sa chaumière, le sorcier jeta Izi dans un petit coffre en bois, ouvrir une main devant elle puis souffla au-dessus du coffre une poussière étrange. Dès que la poussière toucha notre petit chat, dès qu’Isabelle respira cette magie noire, elle se sentit comme possédée. Non, plutôt ensorcelée.

Désormais, Izi est à la merci du sorcier. Il peut tout faire avec elle et ne s’en prive pas. Sans plus aucune envie, volonté ou désir, privée de ses souvenirs et de ses rêves, notre petite chatte adorable obéit au doigt et à l’œil de son maître.

Durant des jours et des jours, des semaines et des semaines, des mois et des mois, Isabelle sillonne le pays et ses frontières, attachée au bout d’une laisse, à renifler tous les sols possibles et imaginables. La légende disait vrai, ces chats entièrement blancs aux yeux vairons, excellent dans la détection de l’or : bijoux perdus, colliers volés, feuilles d’or dissimulées, Izi n’a pas son pareil pour les trouver. Enfouis sous terre, cachés entre les racines d’arbres, enterrés dans des endroits improbables ou inaccessible, rien ne résistait au talent de la petite chatte blanche.

Le sorcier tient Izi par le ventre. C’est bien connu, pour qu’un chat reste chez vous, il faut le nourrir et mieux vous le nourrissez, avec de la nourriture de qualité, variée, avec des friandises et des récompenses, plus il reste chez vous sans même que vous l’y forciez. Dans les repas qu’Isabelle recevait, trois fois par jour, son maître y dissimula lui aussi une poussière. Point d’or là-dedans, mais un sort. La poussière magique qui parsemait les repas d’Isabelle fonctionnait comme une balise de sécurité. Quand Izi en mangeait, elle était incapable de se perdre ou de faire une fugue au-delà d’un certain périmètre. Le sorcier, il faut le reconnaître, était aussi intelligent qu’elle. Il excellait en mathématiques et corrigeait la surface du périmètre, en changeait les frontières en ajoutant un peu de ceci, en diminuant un peu de cela.

Sa vie était devenue monotone, insipide, incolore. A force de chercher de l’or, à force de manger ces mixtures – qui étaient franchement délicieuses – ensorcelées, Izi ne voyait plus qu’en blanc et noir. Il n’y avait que l’or qui gardait sa couleur et qui lui permettait de faire son travail, d’être félicitée et récompensée. Elle était capable de discerner un bijou à des centaines de mètres à la ronde, rien que par le halo doré qu’il renvoyait à ses pupilles.

Heureusement, l’absence d’Isabelle dans la forêt n’est pas passée inaperçue. Tout le petit peuple de la forêt s’est réunis et a tenu conciliabules le soir, au creux du nid entre les quatre arbres qui a vu naître le petit chat tout blanc.

Du Hibou des bois à la Corneille des sapins, du Geai des chênes au Pic des écorces, tous les oiseaux ont été mis à contribution pour retrouver leur petite Izi. Et c’est l’énergique et la pétillante Hirondelle rustique qui a retrouvé la trace du petit chat, dans la chaumière du sorcier, à l’opposé du royaume, tout au bout de la clairière qui marque la frontière.

Il a fallu attendre le printemps et le retour de l’Hirondelle pour retrouver leur petite protégée. Mais le sauvetage n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît :

  • Elle a été enlevée par le sorcier Gasganil , l’idole de Gargamel, vous savez ce sorcier raté dans la BD des Grands Hommes ? Si ce n’est que Gasganil, lui, est un véritable et effroyable sorcier. Il n’est pas à la recherche de petits lutins bleus, lui tout ce qu’il veut, c’est de l’or. Et pas n’importe lequel, il paraît que ça fait cent dix-huit ans qu’il cherche l’Anneau d’Or. Il l’appelle « son précieux ». Je crois que c’était la bague de fiançailles qu’il avait offert à sa bien-aimée, quand il n’était encore qu’un sorcinet en apprentissage.

L’hirondelle est bavarde. Il faut la comprendre, cela fait des milliers de kilomètres qu’elle vole pour revenir ici et qu’elle n’a causé à personne. Alors quand elle a eu vent de la disparition d’Izi, elle a quitté son groupe de vol pour partir à la recherche du petit chat blanc. Comme c’est le printemps, une tache blanche parmi la nature verdoyante et fleurissante, ne lui a pas posé problème.

  • Cela me paraît logique, répond le Hibou, Maître des bois. La maman d’Isabelle la mise en sécurité ici, avec nous, car elle savait que sa fille risquait d’être utilisée pour la recherche d’or. Hirondelle, pourrais-tu retourner là-bas et surveiller ce qu’il s’y trame ? Nous allons envoyer une équipe la récupérer.

Le Hibou a parlé. Ainsi fut fait. Mais le trajet étaita long et il a fallu demander à d’autres animaux, des villages et des bois voisins, du renfort. De fil en aiguille, l’information principale se perdait, se déformait. Il était toujours question d’un sauvetage et d’un sorcier. Mais Izi s’est vue changer de sexe et de couleur, les animaux qui traînaient aux abords de la frontière, tout près de l’endroit où elle était retenue prisonnière et esclave, cherchaient désormais un chat mâle, noir et blanc, aux yeux vairons. Heureusement, dans tout ce chmilblick, des sorciers dans les environs, il n’y en a pas trente-six. Ni vingt. Ni dix. En réalité, Gasganil doit être le seul sorcier à dix kilomètres à la ronde. Le seul sorcier à se vanter d’être sorcier et de ne pas craindre le bûcher.

Pendant tout ce temps, qui dure, qui dure, Izi cherche de l’or.

Pendant tout ce temps, qui dure, qui dure, un plan pour la libérer s’échafaude. Même si les sauveurs cherchent un chat mâle, noir et blanc, le plan établit fonctionne pour libérer un chat prisonnier d’un sorcier.

Tout semble se mettre en place. Hélas, c’est sans compter que le grand sorcier Gasganil, idole ne l’oublions pas de Gargamel, a lui aussi son propre chat. Azraël, qui a donc le même nom du chat dans la bande dessinée, est… je vous donne en mille : noir et blanc ! Cet Azraël est malheureux. Contrairement à Izi la prisonnière, son maître ne le nourrit pas. Il doit trouver lui-même sa pitance. Quand il traîne trop dans ses jambes, il reçoit même des coups. Azraël se demande souvent à quoi il sert, surtout depuis qu’Izi est là. Il ne cherche plus l’or – qu’il n’a jamais trouvé, il ne reçoit pas à manger et il est maltraité ! Cela fait tellement longtemps qu’il est avec le sorcier qu’il ne sait même plus l’âge qu’il a. Il sait qu’il est âgé, car il a de l’arthrose aux pattes et il n’entend plus très bien. Sa mémoire lui fait aussi défaut, parfois. Surtout quand il est fatigué ou affamé. De temps à autres, dans ses rêves, il croit se souvenir qu’il n’a pas toujours été un chat, mais au réveil, il ne se souvient plus de rien.

Et le sauvetage réussit. Ou presque. Azraël, le chat noir et blanc, est libéré. Il ne comprend pas très bien la raison de ce « sauvetage », il ne connaît pas les animaux qui lui ont dit de le suivre, mais il les a suivis, trop content qu’on lui daigne la parole. Et puis, sur le chemin, il y avait des pommes, des fraises et d’autres fruits qui lui ont donné l’eau aux babines. Et de fait, c’est quand il s’est délecté de ces fruits abandonnés que certains ont eu la puce à l’oreille.

  • Flute et rezut ! Z’êtes sûrs que c’était ce chat qu’il fallait sauver ? demande une grenouille qui était aussi grosse qu’un bœuf.
  • C’est ce qu’on m’a dit, enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre, lui répond une cigale qui n’arrête pas de chanter quand elle prend la parole.

Tout ce brouhaha attire l’attention de deux animaux : notre sympathique, vaillante et bavarde Hirondelle rustique et un lézard qui semble aussi terrible et effroyable que laisse penser sa cicatrice qui lui barre son œil gauche !

Le lézard comprend plus vite que l’hirondelle ce qu’il se passe. Il court à une vitesse hallucinante prévenir son copain le sorcier que son stupide chat Azraël s’est fait la malle et que des animaux cherchent à libérer en réalité la prisonnière.

L’hirondelle décide de suivre le lézard car il semble se diriger vers la hutte du sorcier. Et c’est arrivée là-bas qu’elle comprend l’erreur.  Elle n’a pas le temps – ni la carrure – de prévenir Izi, ni de bousculer le lézard. Le reptile secoue les graviers sous ses pattes et projette de la poussière dans les yeux du pauvre chat. Gasganil a tout compris.

  • Abracadabra, chat blanc, jamais tu ne pourras plus prononcer le mot « blanc » ni même l’entendre au risque de te transformer à tout jamais, lui dit-il tandis que la poussière retombe doucement.

Izi n’est plus un petit chat tout blanc, mais, couleur poussière, un gris cendré, sale et terne.

L’hirondelle est revenue dard-dard et vole nerveusement, en décrivant des cercles de plus en plus concentrés, au-dessus d’Azraël et de l’équipe des sauveurs.

  • J’ai tout vu, j’ai tout vu ! Izi n’est plus toute blanche, le sorcier l’a coloré, le lézard lui a tout raconté, vous vous êtes trompés ! dit-elle d’une traite, en haletant.
  • Oh là ! Du calme petite hirondelle ! Qui es-tu et que dis-tu ? Nous n’avons rien compris, dit posément Goupil le renard.

L’hirondelle se pose sur le sommet de la tête d’une vache, car elle n’ose se rapprocher d’Azraël. Elle reprend son souffle, inspire, expire, doucement. Elle remet ses idées en place et raconte tout ce qu’elle sait, tout ce qu’elle a vu, tout ce à quoi elle a assisté.

  • Crotte de bique et purée de mouches, on s’est vraiment gourrés sur toute la ligne, rouspète un chien errant qui a rejoint l’équipe des sauveteurs parce qu’il s’ennuyait.

Azraël qui n’a plus moufté depuis que l’hirondelle est arrivée, ronronne. Mais ce n’est pas un ronronnement habituel. Plus grave, par à-coup, ça ressemble plus à une toux humaine qu’à un ronronnement de chat.

  • Beurp ! dit-il en recrachant une boule de pépins et de trognons. Pardon, désolé, mais ça devait sortir.

Azraël est transformé ! Ce n’est plus le chat noir et blanc, maigrichon et rempli de puces qui est là avec les animaux, mais un homme ressemblant comme deux gouttes d’eau à …

  • Gasganil ?! Viiite, mettez-vous tous à l’abri, c’est le sorcier, c’est le sorcier ! hurle un écureuil gris et noir.
  • Oh là ! Du calme ! Du calme ! Je ne suis pas Gasganil, mais son frère. Son petit frère ! Voilà bien des années qu’il m’a transformé, sans le vouloir, sans le faire exprès, quand il étudiait les sorts de transformation. J’ai toujours dit qu’il était mauvais, mais je me suis moi aussi trompé. Il est doué, malheureusement, très doué.
  • Le … le frère ? Gasganil a un frère ? Et… tu es aussi un … un sorcier ? demande timidement l’écureuil gris et noir qui s’est réfugié en grimpant dans un arbre.
  • Oui, j’ai quelques notions de sorcellerie, mais je n’aime pas m’en servir. Toutefois, j’aimerais rendre la monnaie de sa pièce à mon frère ! La vengeance est un plat qui se mange froid. Et puis, votre petite Izi, elle a toujours été gentille avec moi, me laissant les restes de l’une ou l’autre de ses gamelles, quand elle le pouvait. J’aimerais l’aider, vous aider à la sauver, elle mérite de retrouver la liberté.

Un autre plan se prépara avec cette fois toutes les bonnes données en mains, en pattes.

Alors que certains s’occupaient de trier la nourriture de la poussière de sort dans les gamelles que recevaient Izi, d’autres surveillaient les allées et venues du lézard, ses moindres faits et gestes étaient enregistrés et restitués fidèlement au groupe, à la veillée.

Il a fallu sept jours et sept nuits pour que le plan soit prêt et que notre petite chatte blanche devenue grise ne soit plus sous l’emprise de sortilèges divers et variés.

La grande surprise du sauvetage était l’arrivée d’Azraël, sous forme humaine. Le grand sorcier, s’il n’avait pas oublié l’existence de son frère, avait complètement occulté le fait qu’il était responsable de sa transformation en chat ! Voilà plus de cinquante ans que le sorcier Gasganil croyait son frère disparu. La surprise de sa visite était donc de taille. Le temps pour Azraël – continuons à l’appeler ainsi si vous le voulez bien – de jeter discrètement un sort positif à Izi qui dormait dans son panier :

  • Petit chat tout gris a toujours le mot de la fin. Petit chat tout gris n’aura plus jamais faim. Petit chat tout gris reviendra chez elle dès demain.

Libérée de sa prison invisible, Izi recouvra très rapidement une volonté de liberté et, tandis que les deux frères palabrèrent joyeusement du passé, de la pluie magique et du beau temps maléfique, le petit chat tout gris s’en alla sur la pointe de ses coussinets. Une fois dans la cour, elle pris ses quatre pattes à son cou et gambada joyeusement droit devant elle. A chaque kilomètre passé, elle rencontra un nouvel ami à deux ou à quatre pattes qui lui donna la bonne direction pour retrouver son foyer. Deux ou trois fois, elle se heurta a un lézard à la langue de vipère, mais grâce au sort reçu d’Azraël, elle pu répondre vertement et avoir le mot de la fin dans ses joutes verbales pas piquée des vers.

Arrivée, enfin, chez elle, Izi ralenti sa course. Sa forêt est devenue sombre et d’étranges champignons rouges ont poussé à chaque mois qu’il s’est écoulé sans elle.

Deux ou trois amis rencontrés en chemin l’avaient suivie. Dans ces nouveaux amis, il y en avait un tout gris souris, un chat pacha très sympa, aux yeux ambre.

Comme l’avait prédit Azraël, Izi resta tout gris, ne connu jamais la faim et avait le fin mot de cette histoire.

  • L’avenir appartient à ceux qui le construisent. Qui veut construire son avenir avec moi ? demanda-t-elle en faisant les yeux doux au chat pacha à la robe gris souris.

La légende ne raconte pas comment Izi finit par découvrir un anneau magique, en or massif. Toujours est-il que si vous croisez un couple de chat gris, dont l’un des deux à des yeux vairons et l’autre des yeux couleur ambre, ne soyez pas surpris qu’ils laissent sur votre chemin une parole bienveillante d’or et d’argent.

Faire du sport avec les animaux de la ferme

Visite habituelle à notre refuge préféré : Animal sans toi…t.

Mi-novembre. Le froid arrive. La prairie des moutons est spacieuse, mais l’entrée commence sérieusement à être boueuse.
Les petits, les grands, les blancs, les bruns, tous les moutons vont être déplacés vers leur abri d’hiver où il fait bon bêler.
On ferme l’ouverture du 2e enclos dans lequel les animaux aiment se réfugier et gambader à l’abri des regards. La remorque est manoeuvrée de façon à ce que la porte colle à l’entrée de l’enclos. Il y a des « trous » sur les côtés, mais les moutons, s’ils sont habiles à nous éviter ne pensent pas toujours à s’échapper par les petits espaces non gardés.

Ils sont une bonne vingtaine, peut-être trente.
Ils sont tous appâtés avec une belle quantité de foin frais. La présidente les appellent, certains par leur prénom. Elle les encourage à la suivre et leur donne à manger. Le foin frais pour les moutons et les chèvres, c’est comme la carotte qui fait avancer un âne.  Il suffit d’un seul, un seul mouton doit montrer le chemin, passer la grille et marcher sur la porte de l’engin pour que d’autres le suivent.
La plupart des jeunes sont dans cette première partie. Une petite corde est attachée à leur cou, cela suffit pour les guider vers leur nouvel abri. Un gros mouton brun avec de belles cornes à réussi à s’échapper, le coquin. Il a trouvé la faille, un trou sur le côté. Oh ! Il n’ a pas été bien loin, il a brouté de l’herbe fraiche et a attendu qu’on essaye de le rattraper. Ce que Fabrice a rapidement maîtrisé en le prenant par ses cornes.
Un 2eme et 3e trajet seront nécessaires pour déplacer tout ce petit monde laineux.
Ça bêle et ça court.

Le 2eme groupe met un tout petit plus de temps à monter dans la remorque. À nouveau un tiers des bêtes est acheminé tranquillement un peu plus loin dans le refuge.
Le 3e et dernier groupe est encore là.  Il sont sept. Comme les 7 chevreaux dans le conte du loup. Mais nous ne sommes pas des loups, et ça les moutons ne l’ont pas entièrement accepté. À mon avis, ils ont compris. Ils ne sont pas si bêtes.  Bon d’accord, ils ne comprennent pas que c’est pour leur bien et pour les mettre au chaud. Mais ils voient bien que ceux qui sont partis, ne reviennent pas.
Il y a une bonne ambiance, pas de stress, pas d’énervement. Beaucoup de patience et gestes attentionnés. Mais après 10 minutes, force est de constater que du renfort est nécessaire. Cinq ou six moutons étaient entrés mais pour vite en ressortir car personne n’était là pour fermer la porte derrière eux. On a vu un petit en resortir aussitôt qu’il était entré, avec du foin dans sa bouche. Un seul est resté à l’intérieur.
3 personnes ne suffisent pas à regrouper et à diriger ce petit troupeau de six moutons désormais, pas dans cette vaste prairie. La présidente appâtait avec la nourriture, Fabrice bloquait une sortie latérale et Véronique la bénévole s’était mise de l’autre côté pour boucher le second trou latéral.


Et malgré 4 paires de bras supplémentaires, nous n’arrivons toujours pas à réduire l’espace et à conduire les 6 moutons dans la bonne direction.
Un long filet orange et solide est alors apporté. Il est grand mais pas assez pour aller d’un bout à l’autre de la prairie. Mais ensemble, on va y arriver !
Zou, un jeune et fin mouton blanc parvient quand même à se glisser sous la barrière qui sépare l’autre partie de la prairie, il a trouvé la bonne planque. Tranquille qu’il est ! Un de moins. On s’occupera de lui en dernier lieu.
Il en reste donc 5. Vingt à trente minutes seront nécessaires pour coincer les cinq têtes, moins une (qui s’est fait avoir ha ! ha !) = 4 dans leur petite cabane en bois. 1, 2 puis 3 y entrent presque spontanément (ils n’ont plus le choix, ils sont encerclés par notre super équipe + le filet). Je reserre le filet en avançant prudemment; le dernier mouton, un brun avec de belles cornes n’a plus le choix non plus : il doit rentrer dans la cabane lui aussi. Vite on ferme la cabane avec le filet solide en guise de porte. Ouf ! Enfin !
Une personne est restée dans le camion avec le 1er mouton, attaché avec une corde et l’autre mouton qui est entré également. Il reste deux cordes.


Deux cordes pour cinq moutons, dont les quatre ici dans la cabane. Heureusement, 2 des 4  ont des cornes. N’oublions pas celui sans corne qui est encore à rattraper et qui se trouve encore dans l’autre prairie. Véro la bénévole attache un « sans corne » avec une corde. Fabrice en porte un dans ses bras ! Et les deux avec cornes… ben on les guidera en les prenant par leurs cornes ! On garde une corde pour le dernier mouton à attrapper à coté. J’aide Fabienne avec un mouton qui a des cornes, chacune de nous tient une corne. Mais le petit est sacrément costaud et puissant. Il est aussi très fâché. Il se cabre, donne des ruades, se dévisse le cou pour tordre nos mains qui tiennent ses cornes. Incroyable, je n’en reviens pas de sa force et de sa détermination. On n’est pas trop de deux pour le maintenir ! Voilà qu’il se couche par terre. Je dois le remettre debout sur pattes et me fâcher à mon tour. Il doit y avoir 20 mètres environ entre la cabane et la remorque. Dans la boue, avec un mouton remonté sur ressorts ! C’est du sport ! Mais on y arrive. Ouf. Il est dedans. Les quatre courreurs de fonds sont dans le camion. Nous avons à peine le temps de souffler qu’il est temps d’aller chercher le petit dernier. Il est rapidement libéré afin qu’l ne se fasse pas mal. Il a maintenant toute la prairie pour lui tout seul. Il s’en donne à cœur joie ! Qu’est-ce qu’il nous fait courir celui-là ! Il nous balade littéralement à gauche, à droite. À droite, à gauche. D’un bout à l’autre de la prairie, en longueur, en largeur. Il tient à nous prouver qu’il est le plus rapide à la course. Et il est têtu. Il croit qu’on n’a pas compris la première fois et il nous le démontre à de multiple reprises, le bougre ! Mais là, je sens qu’on va l’avoir. On est un peu fatigués et notre patience commence à s’étioler. Il doit deviner notre détermination. Il s’arrête. Il juge l’espace libre par lequel se faufiler. Il nous jauge. Il est tout au bout de la prairie. Il est arrêté et j’ai vraiment l’impression qu’il calcule ses chances de passer entre nous. Et puis, là, une étincelle dans son regard. Il pique un superbe sprint du bout de la prairie pour… pour…  je n’ose pas y croire… foncer vers la sortie, et monter directement dans la remorque ! À mon tour de piquer un sprint, je suis « la plus proche » de lui, à une quinzaine de mètres. J’hésite un quart de seconde : va-t-il rester dans la remorque avec ses potes ou en ressortir ? Dois-je y aller doucement, prudemment ou à fond ? L’on me crie alors « cours ! cours vite fermer la porte ». Je lâche le filet et… je cours. Le sprint de ma vie, dans la boue, pour refermer le plus vite possible la porte ! Il est dedans. On a réussi… et moi je souffle comme un bœuf ! Je n’ai plus 20 ans.

C’est là qu’on se dit que le refuge devrait avoir un chien de berger. Il aurait été vachement plus efficace et plus rapide que nous. (Rires)

Les photos, ces moutons stars, sont bien du refuge, mais les images ne datent pas d’hier. Elles ont été faites tantôt en été tantôt en hiver, déjà dans leur abri. Entre-temps, certains ont été adoptés, d’autres sont arrivés au refuge.

Un vrai cauchemar

  • Chat
  • Blessure
  • Téléphone indisponible
  • Mort

Voici en quelques mots le cauchemar que j’ai fait il y a deux nuits. Deux nuits et ces images, cette peur et ces pleurs sont toujours présents dans mon esprit.

Il existe certaines situations qui se répètent dans les mauvais rêves : on ne sait plus courir (on fait du surplace ou on se déplaceau ralenti), on n’arrive plus à parler/crier, nos paupières sont collées, on essaye d’appeler au secours ou les secours, mais le téléphone a disparu, le contact n’est pas présent dans notre répertoire ou le reseau est mort…


Hera mon chat est blessée. Je la voit dans le jardin. Je ne sais pas comment et quand elle s’est fait cette plaie. Son vendre est troué, sans sang visible ou suintant mais une plaie béante me permets de voir ses intestins ! Je l’attrape pour la mettre dans son sac de transport, mais ma porte ne veut pas s’attacher correctement. Je peste. Je râle. Je balance mon telephone portable à mon amoureux pour qu’il téléphone à notre vétérinaire. Plus tôt, je n’ai pas retrouvé ses coordonnées dans le répertoire de mon smartphone. Je lui dit de chercher à « véto », à « L*******s » (nom de notre vétérinaire) ou à « Aurélie » de son prénom. Alors qu’il cherche et que Hera se débat comme une belle diablesse voulant s’échapper, je vois qu’elle a du mal à respirer. J’abandone l’espoir de fermer le sac de transport et la prend dans mes bras. Son pouls, filant au départ, ralenti très vite. Elle perd connaissance dans mes bras. Je lui soiffle sur le miseau et la secoue légèrement. J’ai tellement peur de la perdre. Son rythme cardiaque ralenti. De plus en plus lentement, les battements s’espacent et… son cœur s’arrête !! Je pleure. Beaucoup.


Ce qui me réveille. La douleur de perdre mon chat, qui s’est éteinte dans mes bras, est telle qu’elle m’a réveillée. Mon cœur est serré. Mes pensées, chamboulées.

C’est dans ces moments que j’aimerais tant pouvoir replonger dans ce rêve, pouvoir en prendre le contrôle et en changer la fin. Mais je n’y arrive pas. Car je n’ai vraiment pas la force de replonger dans ce rêve, dans ce cauchemar horrible.

Un petit oiseau tout mignon

Jeudi dernier, j’ai animé mon premier atelier « carnet créatif et expressif », dans un SIS (Service d’Insertion Sociale) d’un CPAS (Centre Public d’Aide Sociale) de ma région.

Au moment où je me gare, au moment où je coupe le moteur, je vois un petit oiseau dans mon champ de vision périphérique. Pas le temps de regarder de qui il s’agit, car le Troglodyte mignon se pose… sur mon rétroviseur ! Il est à moins de trente centimètres de moi. Je ne bouge plus. Je l’admire sans même respirer. Quinze secondes plus tard, il s’envole pour se cacher dans l’arbre en face de la rue.

Ce minuscule oiseau, l’un des plus petits oiseaux d’Europe, n’aura jamais été aussi près de moi. Sur mon rétroviseur, si proche de moi, il m’a paru plus grand. C’est que j’ai l’habitude de l’observer à une distance de deux mètres ou plus.

D’où vient son nom ?

Troglodytidés vient du mot grec trôglodutes, qui signifie « qui habite dans des trous ». Trôglodutes viendrait aussi de trochilos, qui signifie « coureur », car cette espèce se eplace souvent à terre.

Le Troglodyte mignon ou Troglodyte des forêts, habite dans des trous. Troglodyte = qui plonge. Il plonge donc dans des trous, car son nid de mousse est souvent installé dans le trou d’un arbre, une cavité d’un mur ou de falaise. Le terme mignon viendrait de sa petite taille : mi symbolisant la petitesse en particulier chez les animaux. En français, en allemand et en hollandais, le troglodyte est le véritable roitelet; le terme troglodyte est plus récent. Roitelet pour petit roi, car cette minuscule boule de plumes émet un cri « trrrrrt » quand il est inquiet et qui ressemble au son roulé « ré » devenu « roi ».

Le troglodyte a eu plusieurs surnoms :

  • Bœuf, pour sa forme arrondie quibrappelle les rondeurs du bœuf
  • Noisette ou Châtaigne, pour sa forme arrondie et sa couleur brune
  • Écouteux, pour son habitude à se faufiler près des humains
  • Souris des haies, Rat des buissons, toukours pour son habitude à se faufiler près de l’Homme
  • Troussequeue, Troussepet, Roitelet à queue de poule, pour son habitude à tenir sa queue dressée
  • Roi des haies (allemand), Roi de l’hiver (hollandais), pour reprendre l’ancienne appelation de Roitelet.

Ces informations sont issues du livre « L’étymologie des noms des oiseaux » de Pierre Cabard et Bernard Chauvet (2003)


Quelques dessins, peintures, aquarelles des livres que j’ai chez moi

Carte postale
Carte postale

Ci-dessus : une planche faisant partie d’une série de 6 planches que j’ai reçues quand je travaillais à La Protection des Oiseaux, LRBPO, en 2005. Ma collègue néerlandophone m’a fait cadrau de ces magnifiques dessins (imprimés en 1985) pour me remercier de ma collaboration et pour me souhaiter un bon accouchement.

Concours Pépins d’Esneux 2023

Quelle joie d’apprendre que l’un de mes pépins (texte écrit de 400 caractères max., espaces et titre inclus) a été qualifié ! J’en ai d’abord écrit un. Que j’ai envoyé. C’était celui-ci.

Puis, j’en ai envoyé deux, trois autres. Quatre en tout ! L’heureux texte sélectionné est encore secret pour vous, alors en attendant, voici les autres.

Quel est votre préféré ? Personnellement, j’ai beaucoup aimé écrire la fable en raccourcis. 400 caractères, c’est très court. Et j’ai joué pour le prix spécial : moins de 300 caractères. Le texte intitulé « Fable » en a moins de 300 :-)

Dès résultat final, je vous montrerai mon 4e texte… en attendant, si le cœur vous en dit, essayez d’écrire une histoire en 400 caractères. C’est fun. C’est gai. C’est rigolo !

Souvenirs d’enfance, Bruxelles 1988-1990

Avec mon groupe d’atelier d’écriture, la semaine dernière, nous avons parlé de nos chers disparus. Que ce soit une personne de notre famille, une amie, un copain, un animal, j’ai invité les participants à se remémorer un souvenir gai avec la personne ou l’animal aimé et disparu. Ils étaient concentrés, ils réfléchissaient. Le principal était de nous présenter cette personne ou cet animal de façon à partager avec nous un chouette moment de complicité, d’amitié, de famille.

Et pour une fois, j’ai écrit avec eux. Enfin, de mon côté. Cet exercice m’a donné envie d’écrire davantage sur cette personne que j’ai connue et aimée comme ma grand-mère.

J’ai aimé écrire sur cette époque en me concentrant uniquement sur les bons souvenirs, les moments agréables. Je dois préciser, qu’enfant, j’ai subit un traumatisme, et que ma mémoire a d’énormes trous. Entre autres, je ne me souviens de rien ou si peu, d’avant mes 8 ans. Mes principaux souvenirs de ma petite enfance sont absents, et ceux que j’ai après mes 8 ans sont surtout liés à l’école. Entre 10 et 14-15 ans, beaucoup de tristesse et de douleurs.

Je commence donc ici, il y aura, peut-être, une suite.

1988 – 1990

La personne aimée et disparue. Je l’appelais Mona. Je l’ai toujours appelée ainsi. En réalité, son prénom était Yvonne. C’était une amie de la maman de mon papa. Je n’ai connu aucun de mes quatre grands-parents. Mon papa a, en quelques sortes, été élevé par cette amie de la famille. Mais petit, il ne savait pas bien prononcer les « V » et disait « M ». Yvonne est devenue Vona et puis Mona. Je l’ai toujours connue ainsi. C’était une personne intelligente, cultivée, respectée, volontaire. Elle avait un grand cœur, mais avait une santé fragile. Elle était grande et mince. Elle avec des problèmes aux yeux et n’entendait pas très bien.

Mona était une personne âgée. A l’époque, quand une personne avait plus de 60 ans, on disait qu’elle était âgée. Petite je lui donnais 80 ou 90 ans, alors qu’elle s’est éteinte sans avoir soufflé ses 75 bougies. En effet, je ne l’ai jamais vue courir et je la considérait comme ma grand-mère. Dans les faits, elle a été officiellement ma « tante », la seule figure féminine présente pour m’élever. Si elle n’avait pas été là, j’aurais dû aller en famille d’accueil. Début des années 80, en Belgique, quand un couple divorçait et que la maman n’avait ni revenu fixe ni endroit où vivre, le papa, seul, ne pouvait élever sa fille. Mes parents ont divorcé quand j’étais toute petite, vers 3 ans, je n’en garde aucun souvenir. Je veux dire que je n’ai en mémoire ni une vie de famille avec papa et maman ni moment de disputes ou instant douloureux où je pleurais.

Mona donc. Je passais chez elle tous mes week-ends, congés et vacances. Elle habitait en plein centre de Bruxelles, à deux pas de la Place de la Monnaie, dans un immeuble, au cinquième étage. C’était un petit appartement que nous partagions avec elle, Mona, qui dormait dans un fauteuil « genre » clic-clac, au salon; mon père, mon frère et moi dans une seule chambre. Au début, je dormais avec mon père. Vers 8 ou 9 ans, j’ai demandé à dormir dans le canapé qui se trouvait à l’arrière, dans la pièce où l’on mettait nos jouets, nos livres et la garde-robes de Mona. Ma chambre était ainsi à côté de la salle-de-bain.

L’immeuble avait un nom, il s’appelait « Monnaie Bulduing ». Il était situé à la rue Fossé aux Loups (Clic pour lire article sur Wikipedia). Il était en forme de U inversé. C’est-à-dire qu’il y avait plusieurs entrées au rez-de-chaussée. De mémoire, il y avait des magasins au rez-de-chaussée : un magasin de vêtements pour enfants, un café/bistrot ou restaurant, un ancien cinéma, un grand magasin de mercerie, un restaurant chinois ou vietnamien. Je dis bien je crois.

Durant les week-ends et les vacances, j’allais souvent faire du patin à roulettes dans la rue Neuve, qui était juste à droite. Les patins, à quatre roues, deux avant et deux arrière, ont été remplacés plus tard par quatre roues en ligne. J’adorais patiner. J’allais partout à patins. Même dans les bus !

A midi, nous allions faire nos courses dans le shopping de la Monnaie. La Poste était située à l’étage où nous y montions par des escalators. Au rez-de-chaussée du shopping, on allait chercher le pain et des revues à la librairie. Au sous-sol, un seul étage en-dessous du sol qui donnait accès aux métros, nous allions manger des sandwichs. Je prenais régulièrement un thon mayonnaise avec un sprite. Mona se contentait souvent d’un café. Elle buvait beaucoup de café. Au même niveau, il y avait une boucherie où je recevais souvent une tranche de saucisson, puis plus tard, une tranche de saucisson aux champignons. En face ou non loin de cette boucherie, j’allais chercher toute seule le ou les paquets de cigarettes de Mona : de longues Kent Doré. C’est au même niveau que j’aimais regarder la vitrine de plusieurs magasins : celui où j’allais plus tard acheter mon walkman après avoir économisé assez d’argent, mais aussi le magasin d’objets de décoration orientale en pierre, en verre, en minéraux.

Quand nous prenions le métro à cet endroit, il fallait encore pointer un ticket rectangulaire en carton, dans une machine qui découpait de petits carrés. Nous avions souvent des tickets avec 10 places. L’arrêt était De Brouckère.

Dans la rue Fossé aux Loups, il y avait une librairie spécialisée en voyage et en littérature anglaise. Je crois qu’elle existe toujours si je crois les photos des rues sur Maps.Google !! Si nous continuions un peu plus loin de cette librairie, nous prenions la première rue à gauche et là, nous arrivions sur la Place des Martyrs. C’est sur cette place que se trouvait une autre librairie où je me rendais souvent pour acheter les livres scolaires.

Durant le Carnaval, la fête se déroulait dans la rue. La circulation était ralentie voir arrêtée, rarement déviée. Du haut du 5e étage, depuis la fenêtre ouverte de la cuisine, j’aimais regarder le defiler passer et admirer la fanfare. J’avais déjà un peu le vertige, mais le plaisir de cet événement diminuait ma peur du vide.

Mona aimait écouter la radio et les disques vinyles. J’aimais écouter les histoires de Fox et Roucky sur un petit disque 45 tours. Ou celui des Trois petits cochons. Je me souviens aussi du disque et du livre accompagnant de Mary Poppins. Pour tourner les pages et suivre l’histoire, il y avait le son d’une petite cloche qui tintait. (Ou un autre son ?)

Avec Mona, j’aimais faire des puzzles. On les faisait, on les admirait, puis on les défaisait pour les refaire un autre jour. Je me souviens qu’elle a plastifié un puzzle qu’elle a accroché au-dessus de la porte d’entrée. Il représentait un violon en bois brun, et derrière lui, des feuilles de partition et des fleurs, des roses rose. Il devait être de 500 ou de 1000 pièces. Un autre puzzle était en cours sur le petit meuble du salon. Un Walt Disney : Les Aristochats.

Certains soirs, surtout les samedis, Mona et mon papa aimaient jouer aux cartes; je ne sais plus quel était le nom de ce jeu, mais je me souviens que mon papa jouait souvent « le mort ». Sur la grande table du salon, Mona était assise côté mur, face à la fenêtre et tout près de la porte qui donnait sur le couloir, lequel donnait sur la chambre des garçons, la toilette et la cuisine. Derrière Mona se trouvait un grand tableau représentant la ville de Bruxelles, un plan dessiné, avec certains noms de rues et de places.

Parfois, on allait au café sur la place de la Monnaie. Je jouais alors sur une machine où il fallait glisser une pièce de 20 francs belge pour pouvoir jouer une partie et tirer sur le bâton pour qu’il cogne sur un ressort et lance une bille de métal. La bille de métal rebondissait alors sur différents objets. Il fallait éviter que la bille ne tombe entre les deux barres. Barres que nous faisions bouger en appuyant sur des boutons. Barres qui propulsaient la bille en haut de la machine et qui, quand elle touchait le plafond ou un endroit bien précis, faisait « diling diling ». Une musique un peu forte nous disait quand on gagnait des points, ou à l’inverse, quand on en perdait. Quels chouettes souvenirs avec ces flippers !

Dans ma chambre qui était donc une pièce polyvalente, j’aimais lire les nombreuses bandes dessinées : Bob et Bobette, Boule et Bill, Le Scrameustache, Les Schtroumpfs, Popeye, Benoit Brisefer, Cubitus, Petzi, etc. Je pouvais parfois acheter moi-même les albums, avec de l’argent de poche ou parce que j’avais été sage, ou que j’avais bien travaillé à l’école primaire. J’allais donc à pieds me rendre dans la librairie du shopping de la place de la Monnaie. Je pouvais aussi acheter les magazines Pif et Hercule dans lesquels il y avait des jeux et jouets, des farces et attrapes.
Dans la chambre des garçons, il y avait aussi une petite bibliothèques avec des romans. Principalement de la collection « La bibliothèque rose » et la « Bibliothèque verte ». Je me souviens uniquement des Oui-Oui.

Les jeux électroniques ont aussi fait leur apparition fin des années ’90 (de mémoire). On a pu avoir Donkey Kong dans un jeu qui pouvait se fermer et s’emporter partout : une Nitendo Game & Watch (d’après une rapide recherche sur Google). Une Gameboy et une Gamegear (une Gameboy « horizontale » et en couleurs). Nos cassettes : Mario et Sonic.

La cuisine était assez grande pour que nous y mangions tous ensemble. La table était extensible avec des planches qui remontaient à l’horizontale et se fixaient en y glissant un pied en métal. On la repliait quand ne mangeait pas, elle prenait ainsi beaucoup moins de place. Je m’asseyais souvent sur un tabouret. Un tabouret spécial, car on pouvait soulever l’assise (une planche en bois avec un coussin en plastique cloué dessus) et dedans, j’y glissais tout un tas de choses, comme des magazines, des petits jouets, des trésors oubliés. Dans la cuisine, il y avait aussi un placard. Je ne sais plus ce qu’il y avait dedans, sans doute tout le matériel pour nettoyer l’appartement, matériel utilisé par une femme de ménage qui venait un jeudi matin sur deux, mais je me souviens que j’avais peur d’ouvrir la porte, car il y faisait sombre.

Des repas, je ne m’en souviens pas de beaucoup. Sauf de la blanquette de veau qui était délicieuse et dans lequel elle rajoutait de petites boulettes en plus des champignons et des carottes. Elle mettait un peu de citron dans la sauce. On la mangeait avec des pommes de terre cuites à l’eau. Elle préparait souvent aussi des puddings, ceux où il suffit de rajouter du lait à la poudre déjà toute faite et à mettre au frigo : vanille, fraise, chocolat et moka. Miam ! Mais je me souviens que mon père aimait particulièrement se faire une tartine avec de la mayonnaise et des oignons crus le samedi midi. (dans mes souvenirs, je pense que c’était même le matin, mais je trouve ça bizarre de se faire ça si tôt, je lui poserai la question la prochaine fois que je le verrai – rires).

Dans le couloir, il y avait un fauteuil carré, de couleur verte si je me souviens bien. En face de ce fauteuil, la porte d’entrée. A sa gauche, une armoire rectangulaire en métal sur lequel il y avait le téléphone, le vieux téléphone noir, avec son combiné et son cadran rond. A sa droite, la salle-de-bains. Je me souviens d’une grosse bêtise que j’ai faite : j’ai appelé en cachette les pompiers ! Cela m’a valu une énorme remontrance ! Je crois bien que c’était la première fois que Mona me criait ainsi dessus.

Chez Mona, je n’ai vraiment manqué de rien, je peux même dire, aujourd’hui, que j’ai été gâtée. Mona est décédée quand j’avais 13 ans. Une année charnière pour moi. Mais ça, c’est une autre histoire, plus triste, douloureuse, à laquelle, je n’ai pas envie d’y repenser.

Je ne veux garder que les bons souvenirs. Me plonger dans cette époque, avec elle, me donne du baume au cœur. Je suis entièrement d’accord avec cette citation. Mona était mon étincelle, mon soleil :-)

Quiconque a connu l’obscurité totale, verra dans chaque étincelle de clarté, un soleil. (Anonyme)

Voici ce que j’ai trouvé sur Google, aujourd’hui ! Parfois, comme cela fait des années et des années qu’elle est partie au paradis des gens aimés, et qu’on n’en parle plus beaucoup, plus souvent, j’ai l’impression qu’elle n’a existé que dans mes rêves…

« Mademoiselle », car Mona n’a jamais été mariée, n’a pas eu d’enfants biologiques. Si ma mémoire est bonne, je crois qu’elle a été fiancée, mais que son amoureux a été tué lors de la deuxième guerre mondiale. Ma maman pourra peut-être m’éclairer sur ce point ;-)