Un héron géant, preuve à l’appui

Je rêve d’un jour pouvoir observer à loisir un Héron pourpré. Je sais, je me répète (voir article sur la Camargue), mais ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?

Peut-être qu’à force de me répéter cela, j’augmente le pouvoir sacré de persuasion et force le destin à être gentil avec moi ?

Toujours est-il que hier après-midi, alors que je me dirigeais vers ma destination en voiture, je vis un échassier isolé dans un champ en bordure de ma route. Un coup d’œil rapide dans mon rétroviseur m’indique qu’il n’y a personne derrière moi. J’évalue la zone de sécurité pour me garer sur le bas-côté et je me mets en action : je freine, je me range sur la route, derrière une ligne blanche continue prévue à cet effet (ou pas 😅) et je sors mes jumelles. Flûte ! Il y a un buisson qui bouche ma vue. Tel un soldat au péril de ma vie, je me couche au sol et rampe dans l’herbe humide. Plutôt trempée l’herbe, il n’arrête pas de pleuvoir depuis midi. Je n’ai aucune pensée pour mes vêtements et ma tenue salie qui va forcément enclencher une série de questions chez mon client. Je râle juste sur moi-même : pour une fois que je suis partie plus tard et que je n’ai pas mes quinze minutes d’avance, il faut que cet oiseau soit là, devant moi, visible. Car oui, l’échassier en question est un héron. Un héron un peu sombre. En position de repos, il a le cou rentré dans les épaules et paraît de ce fait plus gros. Je ne me fait aucune illusion, il n’y a pour ainsi dire zéro chance pour que ce soit The Héron pourpré, pas ici, pas chez moi, en Belgique. Il doit plutôt s’agir d’un jeune. À cette époque de l’année, début novembre, c’est tout à fait normal. Mais il y a un je-ne-sais-quoi chez ce jeune qui m’a fait hésiter une seconde. Il est gris foncé, des pattes jusqu’au bout du bec. Et justement, c’est du bec qu’il s’agit. J’ai cru en voir deux ! Mais bon, à ma décharge, je dois avouer que la vitesse à laquelle je roulais (70 à 75 km/h sur une route où je peux aller jusqu’à 90 – un autocollant sur l’arrière de ma voiture prévient les râleurs et autres fous de vitesse que je freine pour les animaux et que je suis une birdwatcher, une folle qui aime observer les oiseaux, même au volant de sa voiture) a pu m’induire en erreur. C’était sans doute une branche, un végétal ou peut-être bien un autre héron, papa ou maman à côté, qui sait ?

Bref. Je suis là, arrêtée, couchée par terre, occupée à devisager ledit héron. Un adolescent. Il tire une tronche, il ne doit pas aimer la pluie. Je le comprends. Et c’est là, quand je me permets de regarder autour de lui que je le vois : un héron gigantesque. Un Héron cendré, taille XXL ! Jamais vu. Il semble protéger le jeune héron, objet de ma curiosité. Le deuxième bec que j’avais cru apercevoir depuis ma voiture en mouvement, c’était le bec du géant ! « Mon » héron est tout ce qu’il y a de plus ordinaire : taille, couleur du plumge, couleur de ses yeux, tout est impeccablement dans la moyenne. Dans les « normes » pourrait-on dire, pour son âge. Mais l’autre ! Pas possible ! Pas croyable ! Quelle belle idée j’ai eue de m’arrêter. Jamais je n’aurais pu croire ça si on me l’avait raconté. Moi je crois que ce que je vois !

Peut-être êtes-vous comme moi ? Alors, comme je n’avais pas mon appareil photo avec moi, je vous offre cette rare image d’un Héron cendré Géant !

Vous l’aurez compris, tout est question de … perspective et perception des choses ! 😄

Toute cette histoire, je l’ai inventée ! Quand j’ai vu l’image du jour (quand j’écris cet article) sur mon magnifique calendrier perpétuel que j’ai reçu de mon amie Josiane, mon imagination n’a fait qu’un tour. Comme dirait une autre amie, Josette, « je démarre au quart de tour » , voir mon recueil publié « Démarrer au quart de tour ». Elle ne pouvait pas mieux dire ma Josette ☺

Mes histoires démarrent souvent à partir de fait réel, entendu, vécu. Le tout début de cette histoire est véridique : j’ai bien vu un jeune Héron cendré sur cette longue route droite bordée de champs où je roule moins vite que la limite pour justement pouvoir observer la faune locale. J’ai bien des autocollants pareils sur ma voiture. Mais la réalité s’arrête là ! Je ne me suis pas arrêtée – pas cette fois-ci – parce que, oui, j’étais partie un peu trop « juste » de la maison pour être à l’heure à mon atelier d’écriture que je donne.

Le calendrier perpétuel est composé de centaines de photos du talentueux Philippe Moës, photographe animalier, naturaliste, belge. Le calendrier a été publié par les éditions Weyrich. Il y a juste la date en dessous de chaque photographie qui est, pour moi, peu lisible. Heureusement, le texte qui explique la photo est parfaitement visible.

Dans la vie, la mise au point influe toujours sur la perception des choses.

Il n’existe pas de Héron géant, pas de ce type. La mise au point sur cette photo a été faite sur « petit » héron qui devait se trouver derrière (ou devant ??) l’autre, rendant celui du premier plan (ou arrière plan) flou et, on dirait, géant.

C’est du chinois pour moi

J’ai souvent utilisé cette expression pour exprimer mon incompréhension à une information. Que ce soit écrit (lu) ou oral (entendu), il y a certaines choses que j’ai du mal à comprendre.

Je me demande ce que les chinois doivent dire, à leur tour, quand ils ne comprennent pas :  » c’est du français  » ? Ce ne serait pas étonnant, la langue française est réputée difficile pour les non francophones. Pas étonnant quand on connait toutes les règles et exceptions qui font ce qu’elle est, sans oublier la nouvelle orthographe qui me fait parfois m’arracher les cheveux !

Ce matin, sur ma table de travail, dans notre salon, j’ai découvert d’étranges carnets. Des cahiers qui ressemblent à des livres, au format A4. Il y en a deux. De deux couleurs différentes. Le premier est orange vif avec des lettres et un chiffre blanc, tandis que l’autre est son inverse : blanc avec des lettres et un chiffre orange.

C’est toujours extraordinaire ce que je peux découvrir comme trésors, qui n’est pas à moi, sur ma table de travail au salon. Dans notre petite famille, composée d’un papa (mon amoureux), de deux grands enfants et d’une maman (moi), je dois être la seule et l’unique à trouver le rangement important (pour ne pas dire vital). Avec mon toc (trouble obsessionnel compulsif) concernant le rangement, j’accepte néanmoins que tout ce qui ne me concerne pas ne soit pas obligatoirement rangé comme je l’aurais imaginé, désiré, rêvé 😄

Et donc ce matin, dès potron minet et même avant – je me lève souvent avant les poules – ces deux cahiers. Livres, carnets, revues, cahiers, tout ça m’attire comme un aimant. Grande curieuse, j’aime ouvrir et lire tout ce que je trouve. Et si on laisse quelque chose sur ma table, eh bien faut pas s’étonner que je touche, que je regarde, que j’ouvre !

Ah ! Quel étonnement et quelle déception ! Je n’y comprends rien. Tout ça c’est du chinois pour moi ! Des petits dessins partout, quelques mots en anglais (mais je suis plutôt médiocre dans la langue de Shakespeare), des images, photos. Et c’est tout ! Je n’invente rien. Des milliers de petits dessins, sortes de formes géométriques minuscules et complexes, des bâtons, des genres de vagues, des « T », des « V », des crochets, etc. Et même le texte dans des cadres gris sont du chinois, il y a beaucoup d’accents bizarres sur les « a », les « i », les « e », les « o » ! Au moins je reconnais nos voyelles, mais elles sont déguisées, méconnaissables. C’est vraiment du chinois !

Incroyable, mais vrai ! Ma fille étudie le chinois.

😂

Écrire tous les jours, facile à dire, mais pas facile à faire

Cette année, je ne fais pas le NaNoWriMo. J’y ai à peine pensé … qu’on était déjà en novembre ! Mais ce n’est pas pour autant que je n’écris pas. La preuve avec le long article sur notre séjour en Camargue (rire).

Blague à part, je le sais et je le conseille à qui aime écrire, que pour que le geste d’écrire soit fluide, facile, non stressant, il faut écrire, même un tout petit peu, chaque jour. Oui, l’idéal est d’écrire, 5-10-15 minutes par jour. 1-2 ou 3 pages. Que ce soit à la main ou sur le clavier, l’action d’écrire reste la même. Sincèrement, je crois que je le fais sans même m’en rendre compte. Que ce soit sur mon blog, dans mon téléphone, dans l’un ou l’autre carnet, j’écris tous les jours. Mais, en août, j’avais pris la décision d’écrire avec mon stylo plume, tous les jours, dans un carnet A4. J’ai tenu 16 jours, quotidiennement. Puis, j’ai zappé un jour, par maladie, un autre par fatigue et petit à petit, je n’ai quasi plus écrit dans mon carnet. Plus tard, après mes multiples rhumes consécutifs, je m’y suis un peu remise. Mais pas sérieusement, juste pour écrire quelque chose. Et parfois, y a de chouettes textes qui voient le jour !

Toujours au début de cette bonne résolution, j’avais suivi le conseil d’un bouquin pour booster sa créativité : écrire et de ne pas me relire, écrire et de ne pas corriger des fautes. Ou écrire et ne pas réécrire sur l’ordinateur pour ne pas écrire 2x la même chose. J’ai toujours de bonnes résolutions. Mais je ne m’y tiens pas souvent !

Depuis que je sais que mon moral varie avec la présence de la lumière, que mon humeur tombe bien bas avec la chute des feuilles, je m’efforce de garder une certaine activité pour ne pas sombrer dans une dépression saisonnière.

Voici un petit texte, une sorte de chanson que j’ai écrit le 07/11/2023 entre 5h et 5h30 du matin ! La meilleure heure pour moi pour écrire, quand tout le monde dort, que les estomacs de tous nos compagnons à quatre pattes sont repus, qu’il fait silence et que je suis là, toute seule, avec moi-même.

Je ne sais plus quoi dire.
Je ne sais plus quoi penser.
Mon humeur et mes envies sont bousculées.
Mes projets et mes idées sont ratatinés.
Un jour, je veux et le lendemain, c’est oublié.
Un jour, j’y vais et le lendemain, c’est abandonné.
Les questions, les décisions se chevauchent
Les actions, les projections s’étiolent.
Je me sens comme une fleur en automne,
Bousculée par le vent, écrasée par les gens trop pressés.
Dormir et hiberner tel le loir
Pour mieux me réveiller au printemps.
Préserver mon énergie,
Faire des réserves pour l’hiver,
Pour ne pas broyer du noir,
Pour ne pas me noyer dans le désespoir.
Un désir de plonger dans des songes profonds
Et de m’envoler loin, très loin de la terre, de la réalité figée
Pour m’éveiller à la lumière
Pour m’émerveiller à la vie.
À la vie…
À l’infini.

La Belgique, le belge, son vocabulaire, ses mots

Je suis belge. Oui, une belge francophone. Je ne vais pas m’étaler sur les différences linguistiques de mon petit pays, mais j’aimerais vous parler « belge ». Née dans la capitale, Bruxelles, j’ai gardé un accent bruxellois avec un certain vocabulaire propre à la capitale.

Je vais écrire quelques phrases et vous allez deviner de quoi je parle. Ce n’est pas sorcier, mais jouez le jeu, n’allez pas chercher la réponse sur Internet ;-)

  1. À pouf, je dirais que vous serez moins de 10 à répondre.
  2. Faut aller à s’naise pour ne pas se tromper.
  3. Par écrit, j’avoue que je suis une vraie babelleir.
  4. Quand on a emménagé ici, j’étais super contente que le proprio a mis du balatum dans notre chambre, il est tout beau. C’est le même dans toutes les chambres. Pratique pour laver.
  5. Hier, j’ai cru avoir la berlu dans la rue. Mon père est arrivé bien plus tôt que prévu.
  6. Mes enfants ont la chance de connaître leurs deux bobonnes, mais je trouve que ce mot, aujourd’hui, fait vieux !
  7. Cet acteur, je ne peux pas le sentir, quel dikke-nek !
  8. Pfff, avec le temps, je commence à croller
  9. Le vendredi, on va chercher à manger, je n’ai pas envie de cuisiner, mon mari non plus. Je suis toujours impressionnée de voir que mon fils est capable d’avaler une mitraillette entière !
  10. Il n’y a pas que les chats qui attrapent une belle panse, moi aussi !

Bon, j’arrête là pour aujourd’hui. D’autres suivront la semaine prochaine, si vous aimez ces petits mots typiques :-)

Nouvelle activité : bénévole dans une librairie naturaliste

Formule magique pour trouver un peu de bonheur :

  • Choisissez une ou deux activité(s) que vous aimez bien faire et qui vous procure un moment de bien-être quand vous la faites
  • Dégagez un peu de temps dans votre planning pour pouvoir consacrer quelques heures par semaine à ce nouveau petit bonheur
  • Si vous éprouvez des difficultés à « mettre la main à la pâte » tout(e) seul(e), cherchez un endroit où vous pourriez vous rendre utile
  • Proposez quelques heures de bénévolat, une fois par semaine, au lieu élu : association, entreprise privée ou publique, ami(e), famille, etc.
  • Plongez dans cette activité, sans penser à autre chose qu’à être là, dans cet endroit, à faire ce que vous aimez
  • Oubliez vos tracas et autres problèmes, juste durant cet instant, durant ces trois ou quatre heures auxquelles vous vous consacrez pleinement
  • Profitez de l’instant présent, ne prenez que ce que vous aimez, ne faites que ce que vous voulez

Cette recette fonctionne pour moi. J’espère qu’elle sera bénéfique à d’autres :-)

Depuis peu, je fais du bénévolat dans une librairie spécialisée de ma région : Regards Nature, une librairie naturaliste basée à Liège.

Pourquoi elle ? J’aime les livres. J’aime la nature. J’aime apprendre. C’est grâce à ma formation d’assistante bibliothécaire que j’ai eu cette idée. A la recherche d’un stage, j’ai réalisé que ce que j’aimais dans cette formation, c’était principalement les animations que l’on pouvait y faire. Et les livres bien sûr. Mais pas tout le reste : les règlements, lois et décrets qui régissent une bibliothèque publique, leurs classements spécifiques et complexes et autres obligations administratives. Cela ne m’intéresse pas. Même si je sais que dans toute formation, tout travail, il y a des tâches et des apprentissages qu’on aime moins, ici, dans le cas de ce loisir, je n’ai pas envie de me mettre cette pression, tout à fait inutile pour moi.

Me voilà donc à offrir 4 heures de mon temps, 4 heures par semaine, à cette librairie unique dans ma région. C’est une petite librairie, mais qui a un vaste choix de titres dans tous les thèmes de la nature. Principalement en français, ils proposent aussi des ouvrages en néerlandais et en anglais. Et l’on peut passer commande facilement, ils ont divers fournisseurs (certains un peu lents, mais tout vient à point à qui sait attendre, n’est-ce pas ?). Elle n’est ouverte au public que 4 après-midi/semaine, mais elle est également accessible sur rendez-vous.

Elle a de nombreuses qualités, certains défauts. Comme toute boutique, comme toute petite asbl, très petite entreprise. Ce que j’aime là-bas, c’est que je suis sûre de ne pas m’y ennuyer et d’apprendre un tas de choses. Ce que j’aime là-bas, c’est que je m’y sens bien et que je prends plaisir à être là. Ce que j’aime là-bas, c’est que c’est petit, un peu comme dans un cocon, avec une chouette ambiance, dans un cadre verdoyant et très agréable (parc Botanique). Ce que j’aime là-bas, c’est que je me rends utile, qu’il y a déjà un tas de choses auxquelles je pense où mon aide sera appréciée. Je pourrai même, un peu plus tard, y développer des animations !

C’est dans cette librairie que j’avais autrefois déposé plusieurs de mes livres. C’était il y a 4 ou 5 ans, avant le Covid ! Je sais que je peux dors-et-déjà penser à y laisser un petit stock de mon dernier livre « La petite fille du Togo » :-) Elle n’est pas belle la vie ?

Le truc qui me tracasse un peu, c’est que je risque de dépenser beaucoup ! Mon budget livre va être sérieusement impacté; pour preuve, le résultat de mon deuxième jour chez eux :

Faire ses propres carnets créatifs ? C’est possible chez Double-Page, à Redu !

Oui, j’ai des défauts, comme tout le monde. Je les assume :-) En plus d’être signopaginophile (qui aime collectionner les marques-pages), j’aime collectionner les carnets et cahiers : carnets d’écriture, carnets de dessin, carnets photos, etc. Et si j’aime en acheter, en dénicher dans des brocantes, dans des bouquineries, j’apprécie aussi en faire. Les fabriquer de mes petites mains, les voir grandir, évoluer, sourire à leurs petits défauts, car je ne suis pas parfaite, je suis distraite, je suis impatiente. Les décorer, les relier, les découper, les coller.

À l’atelier Double-Page, à Redu, en trois ans, j’en suis à mon huitième carnet ! (je triche un peu, car en un seul atelier, j’ai pu en faire 4 petits). Et même plus, car lors de mon dernier « stage » fin de ce mois, j’ai pu en faire 3 ainsi que leur petite boîte de rangement. Une boîte ! J’adore les boîtes. Je ne vous l’avais pas encore dit ? Eh bien, maintenant, si :-)

Quelques photos rien que pour le plaisir des yeux. Je n’ai pas encore choisi ce que j’allais bien pouvoir y mettre dedans.

Dans ce précédent article, vous pourrez découvrir quels autres carnets j’ai déjà remplis. Entre-temps, bien sûr que j’en ai déjà remplis d’autres, mais le temps me manque pour faire tout ce que j’aimerais faire avec ces magnifiques carnets.

Une histoire, une photo, un matin, une imagination bien plantée !

Cette nuit, aux alentours de 3h33, j’ai entendu du bruit. Léger. Ténu. Bref. Comme quelque chose qui tombe. Sans se briser. Sans éclater. Sans se casser. Juste assez pour me réveiller. Et puis, plus rien. Phase de sommeil léger, je me suis rendormie aussitôt.

D’étranges petites créatures ont peuplé mes rêves. Boules de poils de la taille d’une demi-pomme, en plus allongée, courtes sur pattes courraient dans tous les sens. À m’en faire tourner la boule. Dans ce songe animalier, je devais les attrapper. Elles étaient trois, comme les trois mousquetaires.  Comme les trois formes de la matière : solide, liquide, gazeux. Comme l’écoulement du Temps : passé, présent, avenir. Comme les trois règnes de la Nature : minéral, végétal, animal.

Le chiffre 3 est, pour une raison que j’ignore, mon chiffre préféré.
Donc trois boules de poils. Trois bestioles courtes sur pattes qui n’ont pas besoin de se faire la courte échelle pour grimper partout. Absolument partout : rideaux, fauteuil, mur. Spideranimal !! Trois créatures absolument mignonnes mais résolument espiègles qui ont décidé de jouer à « attrape-nous si tu peux ». Elles vont me rendre chèvre. Je ne sais plus pourquoi je devais les attraper. La raison s’est échappée à mon souvenir. Elle a pris la fuite comme ces petite créatures croquantes. Donc je m’arrête de courir. Je les observe. Elles sont marrantes. Malgré leur morphologie ramassée, compacte, elles sont souplesse. Légèreté. Vitesse. Rapides comme des musaraignes qu’elles ne sont pas, elles savent même faire des bonds. Grimper. Courir. Bondir. Elles ont tout pour plaire… Boules d’énergie poilues. Adorables. En les regardant s’activer et filer comme l’éclair, je remarque qu’elles ont, toutes les trois, trois couleurs différentes. L’une est noire, blanche et grise. L’autre est rousse, blanche et noire. La dernière est noir et blanche. Flûte, elle n’a que deux couleurs. Pas trois. C’est le yin et le yang.

Le rêve m’emmène quelque part. Ailleurs. Dans un autre univers. Parallèle. Nouveau. Inexistant. Fantastique. Rêvé.

Un temps plus tard. Un temps certain. Un certain temps dans le temps réel. Ici et maintenant. Aujourd’hui. Ce matin.
Mes paupières se lèvent avant le jour. Brouillard dans le regard encore ensommeillé. Je frotte mes volets. Et la lumière se fit : esprit des ampoules éclairantes, merci d’être là, bien vaillant, alerte, vif et lumineux.
Le mode automatique est enclenché :
Pieds à terre. Redressement du corps à la verticale. Pression de vessie. Vidange obligatoire. Ne pas écraser un chat. Ne pas tomber dans les escaliers en voulant éviter la queue ou la patte d’un chat. Faire abstraction d’éventuelles taches mouvantes ou fixes sur le mur (araignées). Couper l’alarme. Ouvrir la porte aux chats vadrouilleurs. Donner à manger à tout ce petit monde. Et bla bla bla.
Après d’autres rituels et aides à la mise en route de la journée, ça  y est, je sors.

Je ferme la porte. Je tourne le dos à la porte de la maison. J’ouvre celle de ma voiture. Et là, devant moi, une plante. Une grande plante. Une très grande plante. Vraiment immense. Géante. Hallucinante. Je me frotte les yeux. Mes volets sont bien ouverts. Bien propres. Bien éveillés. Un flash soudain percute mon cerveau. Cette nuit. À 3h33. Un bruit. Et puis plus rien. Quelque chose est tombé. Cela ne m’a pas inquiétée. Il est 7h30. Le ciel est bleu. Le soleil va aveugler ma conduite automobile. Le ciel est bleu. Et blanc. Un nuage. Une forme. Une sorte de nuage avec une forme. Une forme de nuage en quelque sorte. Un doute. Une question. Un délire. Délire ? Non ! Une vérité. Une trouvaille plutôt. Jack et le haricot magique est passé par ici ! Jack existe. Pour de vrai. Une vraie fausse histoire ! Une vraie fausse magie ! Mais ce n’est pas un haricot qu’il a fait tomber. Non. Autre chose. Autre plante. Autre fruit ?
À votre avis ?