mot d’enfant … et réaction

La scène se passe entre lui, 5 ans et demi, et elle 7 ans et demi. Avec un papa pour donner une explication pour un mot.

Lui, assis en équilibre sur le bras du fauteuil, regarde un jeu et dit « tu peux jouer jusqu’à ce que le temps est écroulé ».
Papa intervient en disant « écoulé », « écroulé », c’est quand tu tombes du fauteuil par exemple. (parce que, ce n’est pas pour dire, mais on répète au moins 10 fois par jour « on s’assied dans le fauteuil, on ne grimpe pas dessus »…
Sur ce, la grande soeur arrive et s’installe aussi en équilibre sur l’autre bras du fauteuil (non di dju va !)… mais pas pour longtemps. Une minute plus tard, elle tombe du fauteuil et lui rétorque aussi sec :

– ça c’est écroulé.

Nous, mort de rire… elle pas vraiment… au moins, lui, il a bien compris la différence entre les mots qu’il confondait en intégrant immédiatement la nouvelle définition. Rien ne vaut un exemple concret…

Orange bonheur

Prenez une orange, un peu de bonheur, mélangez le tout et vous obtiendrez un texte comme celui-ci… ou un autre, si cela vous tente.

L’âne qui finissait ses jours était couché dans la grange. Il était grand et vieux. Tout de brun vêtu, il aurait pu passer pour un âne ordinaire, sauf qu’à la place de ses oreilles, se dressaient deux nageoires ! De sa naissance et jusqu’à son sixième anniversaire, personne n’avait compris pourquoi cet âne aimait tant l’eau. Il pouvait passer des heures dans la rivière, sans jamais refroidir, se lasser, se blesser ou boire la tasse. Au début, ces excroissances auraient pu passer pour des oreilles un peu bizarres, mais plus il grandissait, plus elles se développaient ! Si bien qu’à sept ans, quand la croissance de l’âne était terminée, il avait sur la tête des ailes de poissons si grandes que s’il n’était pas si gras, il aurait pu s’en servir pour voler dans les airs ou nager dans la rivière. Il ne savait même plus comment les ranger. C’était le Jumbo de la prairie.

Et Jumbo avait d’autres particularités : il aimait trotter dans une flaque de boue au citron,  se rouler en plein sur des brins de muguets, et faire des nœuds dans les carottes rien qu’avec sa langue ! Ah ! Notre Jumbo, c’était un sacré numéro. Et en ce moment, il est sûrement occupé à transmettre sa recette du bonheur à ses nombreux petits enfants.

JAMADROU a joué le jeu, elle a écrit un poème avec mes 18 mots ! clic ici, et découvrez son beau poème. Merci Jamadrou.

J’ai vu des fantômes

Ils sont trois. Trois adultes, deux femmes et un homme. La chef est une femme. Ils ne sont pas méchants, juste spéciaux. Ils emmènent tous les gens qui ne manqueront à personne, tels des orphelins qu’on n’arrive pas à faire adopter, ou des personnes fragiles psychologiquement qui n’ont ni ami ni famille. Ou encore des gens aussi bizarre qu’eux.

Au final, il y a plus d’enfants que d’adultes.

Ils promènent tout ce petit monde dans une sorte de grande caravane en aluminium. On est tous un peu serrés là-dedans, mais on est ensemble. On finit par se faire des amis. Un peu, ou beaucoup.

Un jour, la caravane s’arrête dans une propriété privée. Il y a un bois tout autour. La propriété ressemble à un vieux manoir mal entretenu. Les pierres sont grises, sales, certaines se déboîtent.

Tout de suite, et je suis sûre que je ne suis pas la seule, je pense à des fantômes. A trois fantômes, petits en taille, plutôt ronds, un peu comme Casper. De gentils fantômes.

Dans cette propriété vit la mère de la chef. Habillée en haillon, on dirait une sorcière. Elle a gardé à manger pour sa fille. Pas pour nous. Mais au final, quand on sent et qu’on voit par la fenêtre ce qu’elles mangent, ça ne nous donne pas envie. On mange peu, mais on ne meurt pas de faim. Finalement, manger à l’intérieur de ce manoir, c’est pas mieux.

Après une nuit de repos, on repart sur les routes. La chef a une drôle d’idée. On va aller se montrer au palais royal ! On est samedi, il ne doit pas y avoir grand monde. C’est pour nous amuser. Je trouve ça un peu risqué et surtout osé. Mais on est en groupe, je n’ai pas trop peur.

Le trajet se passe rapidement. Comme l’avais deviné la chef, je ne sais pas comment, les grilles du palais sont ouvertes ! Il est midi, les gardiens doivent être partis déjeuner. L’entrée est immense. On se gare à l’intérieur et on nous fait tous descendre. On va former un grand cercle pour que tout le monde puisse nous voir.

Quand je descends et que je regarde autour du moi, il y en a du monde ! Bien plus que ce que j’aurais cru la caravane capable d’héberger. Avec le monde, les cris des plus petits et la joie des plus grands d’être dans un si beau lieu, des figures apparaissent aux fenêtres du palais. Les gens sont curieux, certains sourient quant à l’idée du spectacle qui va se donner. C’est vrai, on dirait qu’on est une troupe de cirque. Je m’imagine déjà devoir faire un tour de magie. Je réfléchis très vite pour voir ce que je connais et ce que je pourrais bien montrer. Mais quand j’ai l’idée de ce que je vais faire, j’entends la voix d’un petit garçon crier :

–          Je vois des fantômes ! Ils sont trois, ils sont tout petits.

Ça me sort de ma rêverie. Je n’ose pas y croire, après le vieux manoir de la mère de la chef. Au début je ne vois rien, mais plus je me concentre, plus je distingue les silhouettes. Ces petits fantômes, ils sont moches. On dirait des mini trolls. Ils ont de gros yeux, un gros nez, ils font des grimaces. Et on essaie tous de les toucher. Comme par magie, plus on les touche, moins ils sont transparents. D’ici quelques minutes, ils seront tous visibles… ils sont aussi nombreux que nous et nous courent partout sur notre corps.

Rêve du 12 avril 2013. Réveil en sursaut par mon chat Vicky qui saute sur moi pour m’obliger à me lever pour lui donner à manger !

 

Que peut-on faire avec les mots « soldat » et « mauve »

Toujours dans le cadre de mes cours d’écriture créative par correspondance, voici 2 petits bouts de texte que j’ai écrit à partir des mots
« soldat » et « mauve« 

Dans le salon des frères Dalton, il y avait un petit veau qui dégustait de la guimauve. Averelle qui a toujours faim, s’écrie aussitôt « à table ! » quand il a vu le veau. Mais ses frères ne sont pas du même avis que lui. Alors que l’un préfère un veau au goût de dattes, un autre qui n’aime pas la viande, a envie d’un thon. Le dernier, qui a l’estomac dans les talons, n’est pas sot : il dit qu’il faut d’abord saler le veau, dans la salle des aveux, avant qu’il ne se fasse piquer par ce taon volant. Mais Averelle qui n’écoute déjà plus, se dirige vers l’animal. Il met le veau KO au sol grâce à un coup de sole bien placée ! Bravo Averelle ! Et de fait, tout le monde est content, même le mangeur de poisson…

  Bout rimé avec les mots « soldat » et « mauve »

 « Petit bouton, j’ai le bourdon. Dessine-moi donc un mouton en coton dans le salon, sans pantalon mais avec un caleçon qui mange des croûtons en regardant à la télévision des étalons se disputer un thon avec des chatons. »

« Un mouton ? Et pourquoi pas un lion ? Un fauve qui mange de la guimauve ça rend chauve et le niveau du cerveau descend jusque dans le caniveau. »

Trolls et légendes, poursuivez

Pour rester dans l’ambiance du festival de Trolls et Légendes, je vous invite à poursuivre ce début de texte.

A Mons, au festival de Trolls et légendes, il y régnait une certaine ambiance. Des gens étaient déguisés en trolls, en elfes avec les oreilles pointues, et autres créatures fantastiques. C’était une ambiance magique !

C’est ce jour-là précisément que le dernier troll décida de sortir en plein jour. Là-bas ou des les environs, il ne risquait pas de se faire remarquer. Contrairement aux autres, il n’était pas déguisé, mais il en avait marre de rester planter sous terre, à creuser des terrains pour agrandir son territoire de l’ombre.

Dès qu’il passa la porte des VIP, il se sentit bien. Mais très vite, la nostalgie le gagna. Il croisa d’autres faux trolls et la tristesse monta en lui. Si seulement, il pouvait ne pas être l’unique et dernier véritable troll sur cette planète… Si seulement…

Tout à coup, alors qu’un enfant le montrait du doigt, quelque chose d’extraordinaire se passa.

Suite de Allan Erwan Berger, merci !

La mère de ce gamin… elle avait du sang de troll dans les veines ! C’était évident.

D’abord, elle brillait un peu dans le noir – seuls les trolls voient cette longueur d’onde, bien utile pour se repérer dans les galeries (vous n’avez qu’à transpirer un peu sur les parois, et hop ! un petit sillon luminescent vous indique le chemin du retour (c’est comme pour les fourmis : plus c’est arrosé, plus c’est fréquenté, et plus on a de chances de ne pas se perdre et même d’aller là où l’on voulait (autant dire que notre troll, esseulé comme il l’était, ne suintait plus que « pour l’honneur » et ne risquait finalement de se perdre qu’en de ces rarissimes occasions qui, telles celle-ci précisément, l’amenaient à fréquenter des espèces étrangères en se retenant de dégouliner comme un malpoli (son « Bonjour madame la boulangère, je me suis laissé dire que vous entreposiez des pets-de-nonnes, et envisagiez même d’en céder contre du bon argent ? » restera un monument d’anthologie, à graver sur les parois de jaspe de ces enfoirés de nabots de Chimay, rien que pour leur faire tourner la bière)… Oh et puis zut, fermons toutes ces parenthèses (on dirait des portes ouvertes dans les courants d’air (à ce propos, avez-vous déjà entendu un troll éternuer ?)) et revenons à cette maman))) en clouant le bec à toutes ces incises.

C’est donc de manière très incisive que notre héros, prenant son courage à deux mains, mit le cap sur ladite maman-au-sang-de-troll, renversant quelques elfes en caoutchouc au passage, piétinant des faux pieds de mages, et songeant extatique à la seconde raison pour laquelle cette dame ne pouvait être que trolle, ou trolloïde.

(Maintenant, vous savez que les trolls raisonnent par emboîtements successifs, et que jamais, tout comme au fond de leurs labyrinthes, ils ne perdent le fil de leurs élucubrations… On attend quoi, là ? Ah oui, la seconde raison :-)

suite de Jamadrou, merci !

La seconde raison, bien sûr, c’est que cette maman traînait un vilain chien qu’elle avait appelé « Polémique », ce chien trop nourri, faisait très peur, encore plus peur que le vrai monstrueux Troll, dernier de sa génération.

C’est certain, les Trolls raisonnent par emboîtements successifs et cette femelle trolle devait résonner très fort, elle avait, en plus de sa sueur luminescente, deux cloches en guise de boucles d’oreilles. Deux cloches qui résonnaient très fort.

Son chien méchant bien nourri appelé Polémique, sa luminescence sous ses bras adipeux, ses cloches résonnantes sans raison,  son mariage avec un humain qui n’y a vu que du feu : tout cela  faisait d’elle une femelle Troll amoureuse du feu du tonnerre des tremblements de terre et des volcans mais pas trop de sa vie dans ce monde d’ici. Et croyez moi, le pauvre gamin n’était  pas à la fête avec une mère pareille !

Notre Troll qui se croyait le plus moche et le plus méchant du monde des cavernes, arrêta sa course folle, fit demi tour et alla vite chercher dans la grande caisse de déguisements un costume tout autre pour ne plus jamais être Troll.

Et vous savez ce qu’il a trouvé au fond de ce grand coffre ?
Un joli petit singe avec une plaque autour du cou où le Troll a pu lire ceci :
                                            « Caresse ma tête avec ta main gauche
                                                            et ton vœu j’exaucerai… »

(A vous de continuer l’histoire, rappelez vous, le Troll est immense, méchant et moche, ce n’est pas un elfe ni un gentil lutin.)

Jamadrou est inspirée !

J’ai vu oui j’ai vu
Un troll en colère
Craché la lumière

J’ai vu oui j’ai vu
Les entrailles de la terre
Fusion en mystère

 J’ai vu oui j’ai vu
La désolation
Après extinction

 J’ai vu oui j’ai vu
D’un troll sans bonté
L’acte pas manqué

 J’ai vu oui j’ai vu
Et puis j’ai pleuré
Ceux qui sont restés

 La terre en colère
Son cœur en fusion
Chemin de lumière

 Est-ce une façon
D’interpeler
Donneurs de leçon ?

 Le monde ainsi fait
Lumière devient noir
Beauté devient laid

 D’un  cœur en fusion
Amour désolation
Vie en extinction

 Monde, désolation
Où trouver la force
De reconstruction ?

 C’était un grand cri
Un avertissement
Proche du chambardement.

 JD. Le 5 avril 4h du mat.

Suite de Val, merciiii

Le troll lut, à voix haute, ce qu’il y avait marqué sur le petit singe en peluche (qu’il venait de trouver dans le coffre de la maman Trolloïde (celle qui avait des boucles d’oreilles en forme de cloches, et un chien qui s’appelait Polémique) (je précise ce fait de la plus haute importance pour ceux et celles qui passent par ici et qui ne saurait pas qu’un troll raisonne pas emboîtement successifs))))

« Ca-res-se ma tê-te avec ta main gau-che

et ton vœu j’ex-au-cerai… »

Le troll fut tout ému à l’idée de voir son vœu exaucé : il n’en pouvait plus de la solitude au fond de son tunnel. La nuit, il ne rêvait plus que de conflits endiablés, d’empoignades homériques, de sorties exaltées. Sans réfléchir plus, il se décida aussitôt à formuler son vœu : Il caressa alors la tête du petit singe de ses trois doigts griffus et commença à scander bien fort « Il me faut une Trollesse, une drôlesse, pour faire d’abominables et repoussants bébés trolls, je l’imagine verte sur le corps, un visage hideux et blanc comme de la craie, grande comme un immeuble, avec un nez en forme de trompette »

Soudain, un énorme bruit se fit entendre et dans un nuage de fumée, notre troll (qui raisonnait toujours par emboîtements successifs) s’écria « Caramba et troll de bique, c’est pas possible, c’est une catastrophe qui dépasse l’entendement, quelle idée d’avoir formulé un tel souhait », et il se rendit compte, effaré, qu’il avait caressé le singe de la main droite et pas de la gauche. Sa dulcinée avait l’air d’une……

A vous d’inventer la suite ……

La poule du loup, jeu d’écriture

Devoir n°4 de mes cours d’écriture créative par correspondance. En partant des mots tourisme et bleu (mélangez les lettres, et vous obtiendrez d’autres mots… jouez avec ces mots et d’autres qui vont avec), écrivez un texte.

Un jour, un loup ordinaire se trouva seul devant un miroir. Il avait déniché l’objet dans la forêt des rêves bleus, abandonné à son triste sort. Ce loup avait faim et il venait de mettre ses chaussures, après son pantalon et sa chemisette, quand une idée extraordinaire lui était venue à l’esprit. Il toisa le miroir, se lécha les babines, puis dit d’une voix remplie de rimes :

« Miroir ! Oh ! Mon beau miroir, dis-moi où puis-je trouver une belle poule en ce beau soir ? Se cacherait-elle parmi la foule ? »

 Le miroir, contrairement au loup, n’était pas un miroir ordinaire. Il était magique, et aussi un peu moqueur.

Il brilla de mille éclats et lui répondit :

« Une poule tu veux, une poule tu auras. Je te conseille de marcher dans les bois pendant une heure, tu devrais y croiser, tout près d’une lueur, une belle poule.»

 Le loup qui avait une grande faim ne prit pas même le temps de remercier le miroir et s’en alla dare-dare dans la forêt. Il y marcha une heure durant, puis comme le miroir l’avait prédit, il trouva une lueur. À une longueur de queue, un animal de gros gabarit lui tournait le dos. Si c’était là sa poule, elle allait pouvoir lui donner à manger dix jours durant ! Elle était toute noire et plutôt poilue, mais cela ne dérangeait pas notre loup ordinaire. Il mangeait des poules de toutes sortes, de toutes tailles, de toutes les couleurs.

Il prit alors la position du chasseur. Il allait bientôt fondre sur elle, s’imaginant la morsure fatale qu’il allait infliger à sa proie, quand tout à coup, la poule se tourna et dévoila son visage. En plein saut, le loup s’étonna : ce n’était pas une poule, c’était sa poule, enfin sa compagne, sa femme quoi, son amour, sa fiancée si vous préférez !!

Comprenant que le miroir l’avait dupé, le loup sauta dans une voiture pour lui briser le reflet. Grâce au véhicule volé, il avança rapidement. Affamé, et énervé, il ne fit pas attention à la route qui était verglacée. Sa voiture glissa et

il ne put éviter un nid de poule aussi gros qu’un nid d’aigle ! Un instant, le loup crut qu’il allait avoir des omelettes au menu, mais quand il se rendit compte que le nid n’était pas un vrai, mais un trou dans la chaussée, il enragea de plus belle, sortit de la voiture accidentée pour dévorer le premier qui croiserait son chemin. Et c’est ce qu’il se passa ! Jjuste après le tournant, il y avait une poule qui picorait des grains sur un mur.

« Picoti picota, trois petits tours, et puis le loup t’avala ! »