Jeu d’écriture d’avril, on joue avec Agatha Christie

Savais-tu que Agatha Christie avait disparu durant 11 jours ? Qu’elle s’est dit être atteinte d’amnésie et ne se souvenir de rien durant cette absence ? Elle venait d’apprendre que son second mari la trompait. Elle a abandonné sa voiture près d’un lac. Elle s’est enregistrée sous le nom de la maîtresse de son mari. Elle a été trouvée par un journaliste dans un hôtel qui dispensait des soins de bien-être, cure thermale, etc. Son mari a même été soupçonné de l’avoir tuée. Ou pensait-on qu’elle s’était suicidée. Sa fille, âgée de 7 ans environ à ce moment-là était au courant de son absence, mais personne n’a pensé à l’interroger !

Je te propose d’écrire sur cette absence. Que s’est-il passé durant ces 11 jours ? Qu’a fait l’écrivaine ? Avec qui était-elle ? Sa vie était-elle menacée ? A-t-elle eu un accident ? Son amnésie était-elle réelle ?

Rien d’interdit. Tout est possible. Personne ne saura jamais ce qu’elle a fait…


Texte de Fabienne : exceptionnel, j’adore !!

Sur les traces d’Agatha

La fin de l’année 1926 a une saveur particulière pour moi, petite employée londonienne, qui menais une vie sans histoires : j’avais 29 ans, je n’étais pas mariée, j’avais un petit emploi de sténodactylographe dans une compagnie d’assurances de la City. Je ne voulais plus vivre chez mes parents mais mon maigre salaire ne me permettait pas de m’offrir autre chose qu’une chambre de bonne. Je pouvais prendre mes repas dans la cuisine commune à tous les locataires ou une petite collation dans un pub du quartier. Chaque jour, avec des milliers d’autres je traversais Londres en métro pour me rendre à mon travail. Le dimanche était consacré au repas dominical chez mes parents ou à de petites promenades dans les parcs londoniens si le temps le permettait. Comme je l’ai écrit, une vie sans histoire, que je ne voyais guère changer dans les années à venir.  Au grand dam de mes parents, je n’envisageais pas de me marier et l’éventualité de rencontrer un potentiel fiancé parmi mes collègues de bureau restait des plus réduites. Un de mes rêves aurait été de voyager : traverser la Manche, découvrir Paris… mais un tel voyage était cher et je n’étais pas prête à pouvoir m’offrir une telle escapade. Cette année-là, le mois de décembre s’annonçait plus monotone encore que d’habitude avec la perspective d’un Noël peu joyeux dans ma famille. C’est en ruminant ces tristes perspectives que j’arrivai au bureau ce matin-là.  Audrey la collègue avec laquelle j’avais des relations de camaraderie qui se limitaient au mieux à aller boire une tasse de thé le vendredi soir à la sortie du bureau, semblait, ce jour-là, effondrée. Elle était même au bord des larmes. Je me suis sentie obligée de lui demander ce qui n’allait pas. Elle m’avoua avec force reniflements que pour des raisons familiales elle devait renoncer à un week-end prévu de longue date aux thermes de Harrogate dans le Yorkshire. Elle avait voulu profiter d’une promotion bien intéressante pour son petit budget vu qu’il ne s’agissait pas d’un long séjour et qu’il avait lieu avant les fêtes de fin d’année. Et malheureusement impossible de changer les dates. Le petit séjour était perdu. A moins que… Soudain je lui ai demandé (quelle mouche me piquait ? Car ce n’était pas Paris et le Louvre) si je ne pouvais pas partir à sa place en lui rachetant son week-end. Elle ne réfléchit pas longtemps et accepta ma proposition mais je devais faire vite : le départ était prévu le lendemain en fin d’après-midi à Victoria Station. La soirée se passa donc à rassembler mon petit bagage. Je n’avais guère quitté Londres à l’exception de l’un ou l’autre séjour en bord de mer dont je gardais une tenue de bain bien usagée déjà mais qui pouvait convenir pour le peu de temps que j’aurais à passer là-bas. Mes parents auxquels je dus bien annoncer que je ne participerais pas au sempiternel déjeuner dominical marquèrent quelque étonnement devant ce départ aussi inattendu que précipité mais je n’en avais cure. Vingt-quatre heures plus tard, le train roulait en direction de Harrogate. La ville était petite avec un charme vieillot. Je trouvai sans difficulté l’hôtel où je devais loger, le Swan Hydropathic Hotel, une vieille demeure elle aussi désuète mais propre et confortable. Après un léger repas, je regagnai ma chambre avec cependant une légère appréhension quant à ce qui m’attendait le lendemain…

Dans les documents que m’avait fournis ma collègue, j’avais évidemment tout mon programme de cure thermale : douches, jets divers, sources d’eau sulfureuses, bains de boue, massages …

La journée qui suivit fut un enchantement. Je n’aurais jamais cru ressentir un tel épanouissement en fin d’après-midi même si je me sentais aussi un peu fatiguée.

J’ai donc décidé de prendre le repas du soir à l’hôtel et non pas de manger à l’extérieur comme je l’avais d’abord envisagé.  Les curistes avaient sans doute eu la même idée que moi puisque la salle à manger était quasiment pleine quand j’y entrai. Le serveur s’excusa poliment et me proposa de m’installer en face d’une dame qui était déjà installée à la table.  Je n’avais pas d’autre choix que d’accepter.  La dame semblait avoir à peu près mon âge. Elle était bien coiffée et habillée avec une élégance sobre et discrète.

 Un peu gênée, je me présentai : “Felicity Lemon, désolée de m’imposer mais je crains bien de ne pas avoir eu le choix.”

 Elle me tendit la main avec un léger sourire : “Faisons contre mauvaise fortune bon cœur, Theresa Neele.”

Je me demandais s’il me fallait ou non continuer la conversation : “Faites-vous également une cure thermale ? J’avoue que c’est une première pour moi mais je suis enchantée bien que fatiguée.”

Elle sourit : “J’avais simplement besoin de repos au calme, je marche un peu, j’écoute les oiseaux, je lis, je vais au cinéma…”

Je remarquai qu’elle portait une alliance à son annulaire alors que visiblement elle n’était pas accompagnée et je répondis pour dire quelque chose :

“ Et que lisez-vous ?”

“Essentiellement des romans policiers. Conan Doyle, Agatha Christie et bien d’autres. Je viens de découvrir un jeune romancier belge : Georges Simenon. A force de lire ce type de romans, j’imagine un peu ce qui pourrait arriver… n’importe où… par exemple un meurtre ici dans cet hôtel… Qui serait le coupable ?”

J’étais surprise car mes lectures étaient beaucoup plus classiques, de Jane Austen à Dickens. Je m’apprêtais à lui poser davantage de questions sur cette littérature policière qu’elle affectionnait quand elle me dit en repoussant sa serviette : “Désolée, je dois vous quitter sinon j’arriverai en retard à la séance de ce film policier dont j’ai entendu le plus grand bien et que je ne veux pas manquer. Je vous souhaite une excellente fin de cure miss Lemon.”

Elle me fit encore un léger sourire et se leva. Je la regardai sortir de la salle à manger à pas rapides. Aimable mais distante. Visiblement elle ne tenait pas à parler davantage avec une étrangère.  J’avais pensé l’apercevoir le lendemain matin au petit déjeuner mais ce ne fut pas le cas. Ma seconde journée s’écoula plus vite encore que la première.  En fin de soirée j’étais de retour à Victoria Station ayant peine à croire que le lendemain je retournerais déjà au bureau.  Et la vie reprit son cours monotone habituel.  Un matin, je trouvai Audrey occupée à lire un journal, tout excitée : “Ils ont retrouvé Agatha Christie ! devine où !? A Harrogate, la cité thermale où tu as logé ! Elle avait disparu, on la cherchait partout, on craignait que le pire ne lui soit arrivé !”  Je pris le journal et regardai la photo d’Agatha Christie, je reconnus Theresa Neele la dame avec laquelle j’avais partagé le repas du soir à l’hôtel ! Les questions se pressaient dans ma tête mais je n’en parlai pas à ma collègue.  Que s’était-il réellement passé ? Qu’est-ce qui avait poussé Agatha Christie à disparaître, à s’inscrire sous un faux nom dans un hôtel. Que lui était-il arrivé ?  Je continuai à consulter la presse les jours suivants mais je ne trouvai plus rien à propos de cette curieuse histoire.  Je me pris d’intérêt pour les romans policiers, je lus avec passion les romans d’Agatha. Je me pris de sympathie pour Hercule Poirot et à ma grande surprise je découvris un jour qu’il avait une secrétaire du nom de Felicity Lemon ! Ainsi Agatha avait gardé une trace de notre trop brève rencontre !

 Ma vie ne fut pas beaucoup plus passionnante au quotidien mais je passais mes soirées à lire Agatha Christie ou j’allais au cinéma découvrir un nouveau cinéaste qui ferait beaucoup parler de lui : Alfred Hitchcock !

* * * * * *

Quelques précisions :

– Lors de sa “fugue” en décembre 1926, Agatha Christie a logé à Harrogate à l’hôtel dont il est fait mention dans le texte.

– Thérésa Neele est le nom d’emprunt sous lequel elle s’était inscrite à l’hôtel.

–  Et Felicity Lemon est bien le nom d’un de ses personnages féminins.

– Par contre j’ignore si elle a lu des romans de Simenon et si elle allait voir des films

policiers !


Le texte de Cécile (c’est moi :-) )

Moi, je sais pourquoi Agatha fugua !

Décembre 1930.  Maman, mieux connue sous le nom d’Agatha Christie, est mariée depuis deux ans à l’archéologue Max Mallowan. Moi, Rosalind, sa fille unique, j’ai 11 ans et je n’en peux plus de tenir le secret qui me ronge les sangs depuis quatre ans.

En effet, rappelez-vous : le 3 décembre 1926, maman disparaît sans rien dire à personne. Que l’on croit. Car à moi, elle m’a dit qu’elle partait. Et où ! D’ailleurs, c’est un peu ma faute si elle est partie. C’est vrai, ce n’est pas une plaisanterie.

Plus tôt, pour mon anniversaire, au mois d’août, j’ai reçu un livre de contes d’un certain Heinrich Hoffmann. Je fêtais alors mes sept ans. Ce livre était en allemand. Je ne connaissais pas cette langue, mais maman si ! Maman a toujours été très douée pour les langues. Elle a appris très tôt à lire, toute seule et à écrire l’anglais. Vers 8 ou 9 ans, en six mois, elle parlait même couramment le français ! Durant tout l’été, elle m’avait donc lu et relu un nombre incalculable de fois ce recueil de contes allemand. Elle traduisait pendant qu’elle lisait et moi je regardais les dessins. L’auteur, psychiatre et auteur de contes pour enfants savait aussi très bien dessiner. Un conte plus particulièrement me plaisait, celui que ma mère traduisait « Philippe qui gigote ». Dans cette histoire, l’enfant Philippe me faisait beaucoup penser à Alice, dans le conte « Alice au pays des merveilles ». Le petit héros était un garçon, mais tout comme Alice, il ne pouvait s’empêcher de gigoter, de bouger, de gesticuler et de faire tout un tas de bêtises non pas par méchanceté, mais par manque d’attention, par maladresse. Philippe et Alice débordaient d’énergie et il leur était difficile de la canaliser pour faire les choses calmement.

En réalité, dans ces comportements, je retrouvais un peu de maman et ça me réconfortait. Maman aussi ne pouvait s’empêcher de bouger, de voyager, de faire tout un tas d’activités. Parfois, elle commençait quelque chose et elle le terminait, parfois, trop impatiente, elle abandonnait une activité pour se consacrer aussitôt à une autre.

Petite, elle a étudié le chant et a appris à jouer du piano. Plus tard, mais avant qu’elle soit enceinte, elle a été infirmière puis pharmacienne. Très vite, durant son temps libre quand elle était pharmacienne, elle s’est mise à écrire : des nouvelles, des histoires, des romans, des pièces de théâtre, des poèmes, des contes ! Elle écrivait tant et si bien que plus personne ne pouvait l’arrêter.

Elle a commencé à être publiée très peu de temps après ma naissance, en 1920. J’aime croire que c’est ma venue au monde qui lui a permis de révéler son talent. Mais elle était déjà douée bien avant mon arrivée sur Terre. Cependant, il faut admettre qu’elle était une parfaite inconnue avant de devenir ma mère et d’être publiée.

Il faut que je vous dise que maman était une grande timide. C’est pour ça qu’elle a abandonné le chant et le piano, elle détestait être sous les feux des projecteurs. Quand ses livres ont commencé à faire parler d’elle, après trois ou quatre ans, elle a eu un déclic. Un mauvais déclic. Ça ressemblait davantage à une déflagration. Un choc. Un retournement. Mise ainsi en avant, elle s’est crue obligée d’être redevable de son succès auprès de ses lecteurs fidèles. Elle s’est mise à écrire. Encore plus. Chaque situation à la maison ou dont elle était témoin lui suffisait comme déclencheur d’une histoire. Le matin, elle écrivait. Le midi, elle écrivait. Le soir, elle écrivait. Elle était moins souvent présente pour nous. Les personnages de ses romans prenaient plus de place dans sa vie que sa propre fille ou son mari ! Elle ne me lisait presque plus des histoires, et pour ainsi dire, plus du tout mon livre de contes préféré. Je me rappelle même une phrase qu’elle m’avait dite « Rosalind, tu as sept ans maintenant, tu es une grande fille, il est plus que temps que tu lises par toi-même. Tu connais ce recueil par cœur. Et si tu as oublié un passage, un détail, invente. Fais comme moi. »

Je n’ai rien osé dire après ça.

Quand maman n’écrivait pas, elle était triste. Oui, elle était vraiment de mauvaise humeur et râlait pour un oui ou pour un non. Écrire était pour elle un refuge. Écrire était pour elle un exutoire. La seule façon pour elle de s’exprimer librement. Facilement. Seule avec ses carnets d’écriture. Seule avec ses histoires. Seule avec ses personnages. Elle se sentait bien uniquement durant ces instants. Elle s’était construite une autre vie. Une vie dans laquelle je n’avais pas beaucoup d’importance. Une vie sans moi. Sans papa. Sans personne d’autres que les mots qui vibraient en elle et qui ne demandaient qu’à sortir. Pour vivre. Pour exister. Pour rêver.

Un jour, peu de temps avant la Saint-Nicolas, en 1926, maman avait appris deux mauvaises nouvelles, coup sur coup : sa mère, ma grand-mère, venait de mourir et son mari, mon père, demandait le divorce.

Je n’étais pas étonnée. Grand-mère était malade depuis de longs mois. Quant à papa, pouvais-je vraiment lui en vouloir d’avoir trouvé de l’amour et de l’attention chez une autre femme ?

Ce soir-là, après que papa lui ai fait part de son désir de la quitter, maman est arrivée dans ma chambre. Elle a pris le recueil de contes de Heinrich Hoffmann qui était sur ma table de nuit et a commencé à me raconter une histoire. N’importe laquelle. Au hasard. Mais le cœur n’y était pas. Ses mains tremblaient. Sa voix tremblait. Sa gorge se serrait. Ses yeux se remplissaient de larmes amères. Même ses jambes n’étaient pas tranquilles. Elle n’avait pas remarqué qu’elle avait commencé en plein milieu d’une histoire. Alors, je lui ai pris le livre des mains. Je l’ai fermé. Brusquement. Je l’ai jeté à plat au sol. En tombant ainsi, il a fait un bruit qui l’a fait sursauter. Et je lui ai jeté : « Maman ! Arrête ! Tu lis n’importe comment ! Je ne veux plus de ces histoires. À présent, je veux une histoire à toi. Écris-moi une histoire ! Pour moi ! »

Quand j’y repense, je m’en veux de lui avoir parlé ainsi, mais j’ignorais alors qu’elle allait réagir de la sorte.

Maman m’a murmuré un « merci », m’a plaqué un baiser sur chacune de mes joues et a quitté ma chambre. Elle en est revenue moins de dix minutes plus tard. Un manuscrit et une sacoche en cuir noir sous chacun des bras, elle m’a dit « Je vais essayer, mais je ne te promets rien. » Avant de refermer la porte, elle m’a confié le nom de l’hôtel où elle allait passer quelques jours, en me promettant de n’en rien dire à personne si je voulais lire sa première histoire qu’elle allait écrire « rien que pour toi ma belle Rose, ma belle jeune-fille, ma douce Rosalind ».

Et elle est partie.

Durant 10 jours.

Elle n’a pas écrit une histoire pour moi. Pas une seule. Elle en a imaginé des centaines d’autres : des dizaines de romans, des tas de recueils de nouvelles et d’autres de poésie, des scénarios de feuilleton télévisé et même des pièces de théâtre ! Mais rien, rien de rien pour les enfants. Je ne lui en veux pas. J’en ai déduit qu’elle était incapable de ne pas écrire et j’ai compris que chaque situation qu’elle vivait, stressante, gaie ou triste déclenchait chez elle une poussée d’écriture incontrôlable. Que si elle ne couchait pas par écrit toutes ces idées, ces émotions, ces histoires, ces ressentis, elle pouvait en être réellement malade.

Ma maman est une femme extraordinaire. Intelligente. Vive. Pleine d’idées, avec une énergie inépuisable. Durant ces dix jours où elle est partie, je suis sûre qu’elle n’a fait qu’écrire, sans se soucier une seule seconde de ce que sa fugue allait susciter comme scénarios improbables autour d’elle !

De vous à moi, je crois que maman souffre d’une hyperactivité d’écriture avec trouble déficitaire d’amour paternel causé par le décès de son papa quand elle n’était encore qu’une enfant.

L’auteur et psychiatre de mon recueil de contes, Heinrich Hoffmann, serait sûrement intéressé de connaître mon avis sur cette question.  


Texte de Svetlana, dont le français n’est pas sa langue maternelle. Lisez, appréciez, félicitez :-) Merci & bravo Svetlana pour ta participation !

Saturday, 4th December 1926

Contente d’avoir séjourné dans cet hôtel, ils proposent de nombreux services de cures thermales, je veux tout essayer. Dommage que je n’en aie pas entendu parler avant ! Le chauffeur de taxi qui m’a conduit du Surrey au Yorkshire m’a donné le bon conseil : un endroit pittoresque, c’est ce que je cherchais. Quelques jours de détente et d’agréables découvertes m’attendent ! Et ce n’est pas Capetown ! Alors, Tessa Neele, allez-y !

Sunday, 5th December 1926

Comment cette blonde, Mrs Maslow, a chanté sa romance ! Elle chuchotait un peu, mais que de passion était dans sa voix. Elle a dû vivre quelque chose de similaire à ce qu’elle a chanté.

Aujourd’hui, après le lunch, j’ai été invitée à jouer du piano à quatre mains. Ils ont un magnifique instrument dans le grand hall. Et puis avec Samuel Lynch lui-même ! Cela vaut la peine d’arriver plus tôt et de répéter seule pour s’en tirer tout à mon honneur.

Monday, 6th  December 1926

Des cures thermales m’attendent aujourd’hui. Et j’espère vraiment qu’ils ne me mettront pas dans une caisse en bois pour vaporiser mon corps. Cela m’épuise beaucoup et je n’aime pas suer.

Dieu merci, il n’y avait pas de vapeur. On m’a proposé un massage à l’eau dans une petite piscine gargouillante suivi d’un massage au chocolat. Et le chapeau en forme de petit turban, qui se met ici sur la tête, est tout simplement incroyable !

C’est étrange, mais pour une raison quelconque, je n’ai pas beaucoup de vêtements avec moi. Je vais devoir aller dans la ville et m’acheter quelque chose.

Tuesday, 7th December 1926

Dostoïevski est comme toujours insupportable ! Cette journée aussi pluvieuse, mieux vaut choisir un des auteurs français : Zola ou Maupassant… Ou le bon vieux Dickens. Oui. Pour le mauvais temps anglais – un écrivain anglais. Fauteuil confortable, couverture et thé.

Cet hôtel a absolument tout : en plus d’un magasin de vêtements pour femmes, il y a aussi une riche bibliothèque. Ils ont pensé décidément à tout.

Wednesday, 8th December 1926

Une compagnie agréable s’y est formée. Le colonel Fletcher  qui est retourné d’Afrique, le Dr Rick, les jeunes mariés Mr et Mrs Wochester, et Miss Eleanor Paige, une dame âgée qui joue très bien au bridge. Dommage que Samuel Lynch soit parti. Il n’y a personne d’autre pour m’encourager à jouer du piano.

Ce soir nous dînons tous ensemble et la soirée promet d’être intéressante. Mais je dois acheter une autre robe. Je n’ai certainement pas assez de vêtements.

Thursday, 9th December 1926

J’ai de nouveau oublié la cléf et, pour ne pas revenir, j’ai demandé l’autre à la réception. Ils m’ont bien sûr aidé mais on m’a regardé d’une manière étrange bizzare même. Du calme, cela peut arriver à tout et chacun. Ils m’ont demandé de précider s’il est correctement écrit dans le livre d’enregistrement que je suis venue d’Afrique du Sud. Je pense l’avoir déjà précisé. Ansi que mon nom..

Je vais prendre un taxi et aller me promener dans la ville. Je vais m’acheter des vêtements en plus, des journaux et je vais dîner seule.

Friday, 10th December 1926

Notre joyeuse compagnie s’est dissoute : les jeunes mariés sont partis, le colonel et Miss Paige aussi. Il ne reste que le Dr Rick, mais il projette aussi de partir.

Il me reste des livres et des journaux, dont j’ai acheté une pile entière.

Saturday, 11th December 1926

Ce matin après le lunch, j’ai vu ma photo dans deux journaux, à la fois dans le Times et le Daily Telegraph. Ils ont écrit que ma disparition était due à un mauvais coup publicitaire et ont accusé Archie de mon meurtre…

Je n’ai disparu nulle part… Pourquoi tout le monde m’appelle Miss Tessa Neele ?…

Archie… Après cette querelle atroce où il a annoncé qu’il passerait son week-end avec des amis sans moi, j’ai décidé de passer mon week-end seule. J’ai écrit à mon secrétaire que je partirais seul pour le Yorkshire. J’ai embrassé Rosalind, je lui ai dit où j’allais, elle a promis d’obéir à mademoiselle Dupont, sa gouvernante.

Quel mal de tête… Un étranger qui s’appellei Dr Rick prend soin de moi. Il a promis de m’apporter quelques gouttes. Je ne sais pas si elles vont m’aider, parce que je me suis souvenue d’où je connais le nom de Neele, Nancy Neele. Et la demande de divorce d’Archie cet été…

Archie…

Sunday, 12th December 1926

C’est insupportable. Tout le monde me dérange, me demande de payer la facture de certaines robes achetées, me parle de certains massages commandés… Je ne comprends pas ce que je fais dans cet hôtel et où est ma voiture…

Y a-t-il quelqu’un au monde qui puisse tout m’expliquer ?

Monday, 13th December 1926

Enfin trouvé des journaux d’aujourd’hui. Rien ne les arrête : ils ont publié ma photo avec Rosalind de 5 ans. Ma fille… Elle souffre plus que moi. Elle a besoin de moi. Je dois faire quelque chose pour la protéger.

Tuesday, 14th December 1926

Il y a des journalistes à l’hôtel. L’un d’eux s’est approché de moi alors que je lisais dans le Daily Telegraph des nouvelles sur ma recherche. J’étais prête à leur arrivée et à leurs questions. Ils n’entendront rien de moi au sujet de ma disparition. No comments.

Demain je pars pour Cheadle chez ma sœur, où Rosalind m’attend. Où on me comprendra et on m’aidera. Où on m’aime.

Festival Trolls & Légendes 2023

Bien que je n’aime ni la foule, ni le bruit, le festival de Trolls & Légendes est le seul grand événement auquel je me rends depuis quelques années.

Il y a toujours là une ambiance magique, normal me direz-vous au vu du nom de ce festival 😄 Les gens sont gais, souriants, certains sont déguisés, certains chantent, il y a des spectacles, des tas d’animations et un marché d’artisans exceptionnel.

J’y vais principalement pour les livres et goodies ainsi que pour l’occasion de bavarder un peu avec des auteurs et autrices que je connais un peu.

Bien sûr, il n’y a pas que les livres dans la vie (si ! si ! pour moi, lire, c’est la vie). Ce festival de magie et de féérie, c’est aussi des concerts, des animations pour enfants et adultes (tir à l’arc, lancer de haches, contes, spectacles, etc.), un concours cosplay pour adultes, plein de musiques, un marché féérique avec des dizaines et des dizaines de super artisans de talents, une exposition, des jeux à trolls, une conférence, des jeux de société à tester, des fabrications de figurines et bien sûr, plein de livres, BD, romans, recueils, essais, dessins, peintures et cie sur cet univers extraordinaire. On peut même s’y restaurer et bronzer quand le soleil est de la partie (rires).

J’ai aimé cette 10e édition. Même si nous ne sommes pas restés longtemps, on y va en famille, j’ai bravé ma peur de la foule et je me suis acheté quelques chouettes petites choses !

Un truc super pratique pour mettre de la distance entre le monde, le bruit et ma sensibilité : mettre des écouteurs avec ma musique, au volume souhaité. Première fois que je le fais et j’ai beaucoup apprécié cette aide simple mais efficace.

Cette année a été légèrement différente pour moi. En effet, j’ai encore tellement de livres à lire que j’y suis allée avec la ferme intention de ne pas me laisser tenter par des livres qui ne sont pas de véritables « coup de cœur ». J’ai des accès de folie quand il s’agit de livres, BD, manga, recueils, contes, etc. J’achète par impulsivité : la couverture me plaît, le titre me parle, le résumé m’attire ? J’achète.

Ce qui est aussi pratique, dans ce festival, ce sont ma phobie du monde et ma difficulté à aller vers les inconnus. Le premier ajouté au second me permettent de passer devant des tas de livres sans m’arrêter ! Je suis certaine que je loupe des histoires intéressantes, mais aussitôt l’image de la pile de livres qu’il me reste à découvrir dans ma bibliothèque me rappelle aussitôt que rien n’est urgent. Pour vous dire, l’année passée, à ce même festival, j’ai acheté environ 6 livres et deux de ceux-ci sont toujours dans ma PAL (Pile de livres À Lire) !

Je reviens chez moi avec seulement un livre ! « L’enfant qui murmure à l’oreille des corbeaux », de notre amie Laetitia Reynders. Une histoire avec des corbeaux, de la magie et un enfant différent comme héros, je ne peux qu’aimer ! En plus, voyez le superbe marque-page que j’ai reçu… et la dédicace en prime.

Derrière plusieurs personnes devant un stand de livres, j’ai repéré une autrice que j’aime beaucoup et dont j’attends avec grande impatience la sortie de son 3e tome : Les Chroniques de l’Érable et du Cerisier. Bien que l’on m’ai dit que la sortie de ce livre est prévu pour le mois de mai, j’avais le secret espoir que l’éditeur aurait profité de ce festival pour vendre en avant-première ce 3e tome de cette série que j’ai énormément apprécié. Malheureusement, je n’ai vu que des piles des tomes 1 et 2 sur sa table. Dommage.

L’année dernière, les éditions Ynnis y avaient un stand. Je n’ai pas regardé au préalable qui serait présent cette année. C’était ma petite surprise. Je comptais acheter un de leur livre dernièrement paru, mais ils n’étaient pas là 😔

Alors, je me suis laissée tenter par trois t-shirts et deux objets en bois. 😅

Les t-shirts du studio Ghibli 🤩 trop de choix ! Supers t-shirts

J’ai eu l’idée d’une nouvelle histoire pour enfants : le lapin et l’escargot. Histoire ? Conte ? Fable ? Je ne sais pas encore.

Pour être honnête, j’ai d’abord flashé sur l’escargot, car il m’a rappelé « Scar l’escargot », une histoire que j’ai écrit en 2011 ! Et le lapin, car sur le chemin en voiture pour venir jusqu’à Mons, j’ai vu un lièvre bondir dans un champ et la fable de La Fontaine a repris vie dans ma tête : Le lièvre et la tortue. Il y avait aussi une tortue, en bois, mais il faut savoir faire des choix. Le portefeuille n’est pas sans fond 😂

J’ai été ravie de papoter avec AD Martel, jeune autrice à l’imagination débordante et au talent extraordinaire ! J’ai dévoré, ainsi que ma fille, toute sa série médiévale « Le secret du faucon » ainsi que « Les larmes de Saël ». Revival est à lire si vous aimez les jeux vidéos et que vivre une vie virtuelle vous intrigue. Elle a écrit bien d’autres livres que je vous laisse découvrir.

Katia Lanero Zamora est arrivée un peu plus tard. Je n’ai pas eu l’occasion de la voir cette fois-ci. J’ai toujours son livre « Le monde d’Esver » dans ma bibliothèque pour laquelle j’ai une chouette dédicace faite à ce même festival l’année dernière !

Jeu d’écriture du mois de mars : suite d’une phrase dans un livre

Pour le mois de mars, je vous propose de jouer avec le livre que vous lisez en ce moment.

Ouvrez le livre sur une page au hasard. Prenez la première phrase complète sur la page de gauche et écrivez la suite à votre sauce : texte suivi, poème, dialogue, etc.

Le texte de Fabienne

La phrase est tirée du roman de Simon Mawer, Le palais de verre.

Le bébé se réveille, ses yeux surgissant tels des joyaux au milieu de ses traits fripés.

Ses yeux sont comme des billes
Ses yeux sont comme des lumerottes
Ses yeux sont un feu d’artifice
Ses yeux sont un embrasement 
Ses yeux naviguent au milieu des étoiles
Ses yeux racontent mon histoire
Ses yeux prennent le chemin de mon cœur
Ses yeux sont le début de tout
Ses yeux ne m’abandonneront jamais 
Ses yeux sont comme un cristal de roche
Ses yeux sont un espoir qui se niche dans ma poitrine
Ses yeux ne manqueront jamais à l’appel
Ses yeux me font oublier tout le reste
Ses yeux sont un rappel de chaque instant de bonheur.
Ses yeux  qui quiconque apprivoisent
Ses yeux de loup noir 
Ses yeux à nuls autres pareils
Ses yeux de fripon 
Ses yeux qui m’interpellent 
Ses yeux qui sont une nature vivante
Ses yeux, ses yeux , ses yeux…


Mon texte

Livre : « Mononoke, histoires de fantômes japonais », de Yakumo Koizumi, édition Ynnis. Extrait, phrase, page 98, de la nouvelle « Yuki-onna ».

Les habitants du village trouvaient O-Yuki merveilleuse ; elle était par nature une personne très différente d’eux. Quand elle marchait, des fleurs naissaient de ses empreintes légères. Quand elle parlait, les mots qui sortaient de sa bouche étaient comme des notes de musique, douces, mélodieuses, agréables. Quand il lui arrivait de danser ou de courir, ses gestes étaient si légers qu’on aurait dit qu’elle volait, elle naviguait dans l’air et dans l’espace avec autant de grâce qu’un papillon éphémère. O-Yuki incarnait la différence, la beauté, le calme. O-Yuki était l’amour. O-Yuki était la vie. La passion. La patience. Les habitants du village s’arrêtaient pour la regarder marcher ou parler. Le temps lui-même semblait se figer rien que pour lui rendre hommage. D’ailleurs, la voilà.

Atelier d’écriture : le corps humain

Lors de mon dernier atelier d’écriture créative, les participants ont demandé à écrire sur le thème du corps humain.

Nous avons ainsi appris que nous naissons avec bien plus d’os (350) que nous en avons à l’âge adulte (206). Que nous perdons environ 80 cheveux par jour, mais que ceux-ci peuvent pousser jusqu’à 20 cm sur une année. Que sourire est bien plus facile que de tirer la tronche, en effet, nous mobilisons seulement 20 muscles pour sourire, mais 40 quand on fronce les sourcils ! Mais ce qui nous a surtout surpris, c’est la vitesse à laquelle un éternuement a été enregistré : 165 km/h. Cela dit, nous avons donc ainsi compris pourquoi il est mauvais de se retenir d’éternuer ;-)

Je n’écris pas tout le temps avec eux, car je suis surtout là pour les aider (adultes en situation de handicap – ici psychologique et psychiatrique). Mais jeudi passé, j’ai eu l’occasion d’écrire un petit quelque chose, car tous ont été inspiré pour écrire et ils ont eu moins besoin de mon aide.

J’ai envie de vous partager ce petit texte qui est venu tel quel. Poème, chanson ou texte libre, à vous de choisir ;-)

Je me suis fait renverser à 12 ans

Une déchirure,
à vélo,
du métal dans la cuisse,
un gros bobo qui fait mal.

En plein été,
il fait beau, il fait chaud,
c’est la course des vélos,
avec plein de copains.
Y avait un trophée à gagner
et c’est moi qui l’ai remporté.
Oui, j’ai gagné l’auto,
mais j’ai perdu l’vélo.

Une déchirure dans la cuisse
en forme de V,
comme les oiseaux en vol
en formation dans le ciel,
et dans les yeux une pluie d’étoiles
et dans ma mémoire une absence de choc.
Un oubli, une pluie,
un bruit et c’est fini

Une déchirure dans la cuisse
en forme de V,
9 points de suture ça a nécessité
de peu à la greffe j’ai échappé
la peau racrapotée, ils ont pu récupérer.

Habillée légèrement, j’étais à vélo
et j’ai rencontré une voiture.
Elle était rouge
il était bleu.
La plaque d’immatriculation
dans ma cuisse dénudée
est rentrée sans façon
j’me souviens, c’était l’été.

Jeu d’écriture : expression qui se mange

Pour le mois de février, Fabienne et moi avons joué à un petit jeu d’écriture. Ce mois-ci, je nous lançais comme défi d’écrire un texte à partir d’une expression qui se mange. Fabienne a été bien inspirée, elle en a trouvé des expressions !

Texte de Fabienne

En ce temps-là, nous partagions le même studio mon frangin et moi :  Mon frère Arthur avait un cœur d’artichaut. Il tombait amoureux à peu près chaque semaine et se faisait larguer au bout de quelques jours . C’était vraiment une bonne poire !

Moi j’observais tout ça mi-figue mi-raisin en espérant que ça finirait par lui passer ou plutôt qu’il trouverait l’âme sœur ! J’en avais marre de recoller les pots cassés.

Je rêvais ! un beau jour, Arthur rentra à la maison le cœur en fête. Il avait rencontré la  » femme de sa vie » précisa -t-il. Une fille adorable en tous points mais la pauvre était à la rue s’étant disputée avec ses parents.  Pas bien grave, il allait la ramener chez nous, elle partagerait notre trois-pièces. Alors là, la moutarde me monta au nez, j’étais rouge comme une écrevisse.  J’explosai littéralement de rage :  » Et moi je compte pour des prunes !? il serait vraiment temps que tu mettes du beurre dans les épinards ! N’oublie pas que c’est moi qui paye le loyer, je suis aux petits oignons avec toi. Si tu ramènes cette fille, tu peux être sûr que ça va tourner au vinaigre et vous serez deux  à être à la rue. Tu veux le beurre et l’argent du beurre c’est ça ?  et vivre comme un coq en pâte avec ta dulcinée!  Il va falloir apprendre à ne pas manger ton beurre avant ton pain mon grand ! »  Après une telle tirade je pensais qu’Arthur renoncerait à ses beaux projets. Effectivement il retourna dans sa chambre et je ne l’entendis ni ne le vis guère durant le week-end. Le lundi quand je rentrai du boulot, je trouvai un mot sur la table qui m’était adressé :  » Ma vieille, contrairement à ce que tu crois je ne t’ai pas roulée dans la farine.  Bien au contraire, je t’invite à manger chez mes (futurs) beaux-parents où je me suis installé avec ma fiancée. »  Punaise, c’était la fin des haricots ! Mon frère avait bien tiré ses marrons du feu ! Je me mis à pleurer comme une madeleine, j’étais seuuuule ….


Quant à moi, j’ai eu du mal à démarrer. Je n’aurais pas dû lire le texte de Fabienne avant d’avoir écrit le mien ! Car je me suis retrouvée un peu bloquée. Finalement, ce n’est qu’au début du mois de mars, que l’ampoule s’est allumée dans ma tête : une idée !

Mon texte : avoir les yeux plus gros que le ventre

Je lève les yeux
Dans le ciel un rapace
Bientôt le printemps

Dans le ciel, un rapace. Il vole par à-coups. Périmètre de vol nettement déterminé. Il cherche à manger.

Dans le ciel, un rapace. C’est bientôt le printemps. L’hiver n’est pas parti. Le vent est froid. Mordant. Piquant. Cinglant.

Dans le ciel un rapace. Un rapace diurne. Un rapace affamé. Un rapace à observer.

Dans le ciel, un oiseau. Haut comme trois pommes, rapide comme l’éclair, l’oiseau a l’estomac dans les talons. Son dernier repas, une grive chétive, remonte à la veille.

Dans le ciel, un oiseau. Il est beau. Il est rapide. Il a faim !

Une expression humaine qui lui colle aux plumes : avoir les yeux plus gros que le ventre.

Dans le ciel, un oiseau. Un épervier. Un mâle. Chez cette espèce, les mâles sont plus petits que les femelles. D’habitude, c’est l’inverse. Ici, c’est un mâle. Aussi grand qu’un pigeon. En plus fin. En plus élégant. En plus coloré. Joues rousses. Yeux orange.

Sa spécialité : la chasse aux petits oiseaux. Son régime alimentaire est composé à 98% d’oiseaux ! De petits à moyens, jusqu’à des piafs plus grands que lui ! En matière de vol, de maîtrise du vent, de navigation, de connaissance du gouvernail, il sait y faire.

Pas très haut dans le ciel, le bel épervier a remarqué sa proie. Un pigeon. Domestique. Banal. La future victime est aussi grise que lui. Le pigeon, qui lui est un estomac sur pattes, grignote à tout bout de champ. Ce pigeon-ci ne fait pas le fin bec. Il a trouvé par-là, sur la rue, quelques miettes à manger. Miettes et restes balancés négligemment par la porte d’une voiture.

Au sol, tout à son affaire de nettoyeur de rue, le pigeon ne prête aucune attention au danger qui vient d’en haut. Un œil de chaque côté de la tête, il regarde de temps en temps ce qui se passe à son niveau, tantôt à gauche, tantôt à droite.

Sur les trottoirs, dans un arbre, des pies. Sur les trottoirs, dans un arbre, sur des branches dénudées et coupées, quelques pies observent, curieuses, la scène de la Vie. Les arbres des alentours font d’excellents perchoirs. C’est comme au cinéma, mais en plein air. C’est comme au cinéma, mais en direct. C’est comme au cinéma, mais sans caméra. Et les acteurs et les actrices sont de véritables oiseaux en chairs et en plumes.

Sur les trottoirs, dans un arbre, les pies vont-elles assister à un navet ?

Nous avons dans les airs, un épervier affamé. Nous avons dans la rue, un pigeon glouton. Nous avons dans les arbres, des pies qui jacassent.

Les pies jacassent comme seuls les corvidés savent si bien le faire. Les corvidés, la famille des plus grands passereaux : bec costaud et pattes robustes les caractérisent. Les corvidés, qui vont de la pie, en passant par le geai, jusqu’au corbeau, sont plus d’une centaine d’espèces. Ce sont sans doute les oiseaux les plus intelligents, les plus joueurs, les plus fascinants à observer, à étudier. On pourrait même les apprivoiser.

Dans l’arbre, des pies. Elles sont trois. Elles patientent. Elles attendent. Elles tuent le temps. Elles poireautent et font des pronostics :

  • Trois contre un pour l’épervier, dit l’une.
  • Pour sûre, ce pigeon va bientôt manger les pissenlits par les racines, enchérit une autre.
  • C’est la fin des haricots pour lui, conclut la troisième.

À force de parler nourriture à tout va, une corneille qui passait par là les interrompt le plus poliment du monde :

  • Mesdemoiselles, vous m’en donnez l’eau aux mandibules. De qui, ou de quoi parlez-vous ?

Les pies et les corneilles ne s’entendent pas toujours. Un peu comme « chien et chat ». Parfois, ça cause ensemble, parfois ça se vole dans les plumes. Parfois, c’est pire. Mais ça, c’est une autre histoire.

  • Oh, ça va, l’asperge ! Ne ramène pas ta fraise ici. Cela ne te regarde pas !
  • Ouais, c’est pas tes oignons. Dégage !
  • Du balai, ouste, espèce de charbon de bois mal dégrossi !

Les pies n’ont pas leur langue dans leur bec. La corneille est vexée. La discussion part en sucette. Elle n’a rien vu venir. Elle ne leur a strictement rien fait, si ce n’est leur adresser la parole. Vexée, elle s’en va à tire d’ailes. Elle ne tient pas à pleurer comme une madeleine devant ces pimbêches grossières et mal élevées.

Malheureusement pour elle, la corneille s’est tirée un rien trop tôt. La plus fabuleuse des scènes d’action de ce cinéma en plein air commence… maintenant !

Ni vu ni connu, l’épervier, que rien de tout cela n’a perturbé, a replié ses ailes, a foncé pattes tendues, serres écartées sur son objectif. Aussi vif que l’éclair, aussi précis qu’une calculatrice, aussi déterminé qu’affamé, il n’a laissé aucune chance à sa proie.

PAF ! Les serres pointues se sont enfoncées dans sa nuque et dans son dos.

PAF ! Le bec crochu et puissant a brisé la colonne cervicale. 

PAF ! Le pigeon est mort. Rapidement. Presque sur le coup. Les haricots sont cuits pour lui. Cuic-cuic.

Les pies en restent bec bé :

  • On peut pas repasser la scène au ralenti ? Parce que non, quoi, j’ai pas bien vu, dit l’une, en faisant des yeux de merlan frit.
  • Punaise ! dit une autre, le pigeon n’a pas l’air dans son assiette !
  • Aïe, vlà une bagnole. On remet ça ? Qui parie ? Deux crêpes pour le prix d’une ? dit la troisième qui évalue déjà les chances du rapace de s’en sortir… ou pas.

En effet, une voiture arrive au loin.

Malheureusement pour le spectacle des pies, et pour leur pari, c’est une conductrice amoureuse des oiseaux qui est au volant de l’engin roulant.

Avant que la voiture ne freine, une des bavardes envoie une vanne pas piquée des vers :

  • L’épervier est comme qui dirait tombé sur un os.

Et les trois pies de rires à gosier déployé.

Pendant ce jacassement à casser les oreilles, l’épervier a vainement tenté d’emporter sa proie. Hélas, l’expression « avoir les yeux plus gros que le ventre » se vérifie pleinement ici. Les pattes puissantes du rapace et les coups d’ailes tout aussi puissantes n’arrivent même pas à décoller le pigeon ensanglanté de la rue. La proie est bien trop lourde pour le frêle épervier. Ce dernier est obligé d’abandonner son butin sur place.

Ce n’est pas demain la veille que notre rapace prédateur d’oiseaux prendra de la brioche !


Je voulais vous mettre une photo de l’épervier que j’avais faite après être rentrée et avoir déposé mes affaires. La scène à laquelle mon fils et moi avons assistée pour de vrai (j’étais la conductrice de la voiture dans le texte) s’est déroulée à une trentaine de mètres de notre maison, dans notre rue. J’ai donc mis quelques minuscules minutes à rentrer, déposer mes affaires, prendre mon appareil photo et ressortir à pied. J’ai donc cru naïvement que le rapace qui était dans le ciel à voler en décrivant de larges cercles au-dessus de la proie morte, était « notre » épervier. Comme les photos n’étaient pas géniales, jamais l’oiseau ne s’est posé ou est descendu à un niveau suffisamment bas pour faire une belle prise photographique, je n’ai pas téléchargé les photos sur mon ordi. Jusqu’à ce jour où j’ai écrit le texte. Et là, une grosse surprise m’attendait !! J’ai d’abord cru que j’avais la berlue. Que je m’étais trompée en identifiant le rapace devant ma voiture. Heureusement, je n’étais pas seule. Mon fils m’a dit deux choses quand je lui ai demandé s’il se souvenait du rapace observé quelques jours plus tôt :

  1. c’était bien un épervier (moi je pensais à un mâle à cause de la taille, mais lui me certifie que c’était une femelle à cause des couleurs grises)
  2. il y avait sans doute deux rapaces ce jour-là, deux rapaces différents !

En effet, cette affirmation ne m’a pas effleuré l’esprit. Obnubilée que j’étais sur le rapace dans le ciel, jamais je n’ai pensé une seule fois qu’il pouvait y avoir un autre rapace intéressé par le pigeon, par la proie…

En photo donc, un Faucon pèlerin !

La preuve que je n’y pensais pas, j’ai renommé toute la série des photos « épervier Mehagne » ! Ci-dessous des liens vers un super site d’oiseaux pour vous montrer la différence. En visionnant mes photos, j’ai remarqué en effet le masque noir sur la tête de l’oiseau et la forme de ses ailes, qui ne correspondaient pas à celle de l’épervier !

L’Épervier d’Europe sur le site oiseaux.net

Le Faucon pèlerine sur le site oiseaux.net

Cela me fait penser au conte « L’Épervier et le Vautour » de Allassane Sidibé, que j’ai adapté à ma sauce et conté pour la première fois l’année passé.
Clic ici pour entendre ce conte avec la voix d’Allassane.

Les petits plaisirs

Le plus grand plaisir de la vie est de réaliser ce que les autres vous pensent incapable de réaliser.

Walther Bagehot

En ce dimanche matin, je vous propose de faire une « carte des idées ». Si je vous dis « carte heuristique », ça ne vous parlera peut-être pas beaucoup. « Mind mapping » ? Je préfère le français et le terme « carte des idées » me plaît :-)

Il a été question de mind mapping lors de mon atelier d’art-thérapie avec Valérie Bornet. C’était hier, samedi.

L’atelier de Valérie se situe à dix minutes à pied de chez moi. Chouette. Proximité. Quartier. Voisine. Sympathie. Sourires. Relaxation. Bien-être. Du temps pour soi. Du temps pour moi. Temps pour nous. Petit groupe. Grand moment.

11 mars 2023. Il fait beau. Soleil. Ciel bleu. La fin de l’hiver est-elle là ? Après la neige et les bourrasques de vent, ce bleu et ce jaune, cette lumière et ces couleurs, j’adore ! Mon moral adore. Mes yeux sont amoureux de ce temps. Mes oreilles ne se lassent pas d’entendre chanter le rouge-gorge et le merle à cinq heures du matin, quand est noir, tout est calme, tout est tranquille. Leur chant. Un hymne à la vie. Mes lèvres qui sourient. Détente et bonheur du moment.

C’est mon troisième atelier chez elle. Le premier, le deuxième, j’ai donné vie à des oiseaux; en peinture, en terre, ils ont pris consistance et se sont envolés de mes idées, de mes souvenirs, de ma mémoire. J’ai réalisé en 2D et en 3D des moments passés.

Je me suis dit : jamais deux sans trois. Je vais encore me plonger dans les plumes et les oiseaux. Surtout que j’avais encore en tête la scène extraordinaire de l’épervier de vendredi passé. Dans mon quartier. Sous mes yeux ahuris. Des photos de médiocre qualité pour le prouver. Et puis réaliser avec étonnement que c’est un autre rapace que j’ai capturé dans mon appareil photo ! (histoire à lire un peu plus tard ;-) )

Et puis non ! Les oiseaux, les rapaces étaient là, mais je ne les ai ni dessinés, ni coloriés, ni donnés vie d’une quelconque manière. J’ai personnalisé une petite boîte et j’ai écris. J’ai écris et j’ai fait des cercles. J’ai fait des cercles et j’ai découpé. Découpé et collé. Puis admiré. Raconté. Expliqué le cheminement de mes pensées pour en arriver là !

La petite boîte, mon coffre aux trésors, rempli de choses positives, que j’aime, qui me font du bien : de la nature, des couleurs, des plumes (bah oui ! je n’aurais pas pu ne pas en mettre). Un fond jaune pour représenter le soleil en haut dans le couvercle, en bas à l’intérieur, du vert et du bleu pour le ciel et l’herbe, partout autour du rouge pour l’amour et la passion. Sur le côté les mots « zen » en noir & blanc et blanc & noir et « nature » en couleur bois. Un bouton floral pour illustrer une fermeture imaginaire. À l’intérieur, des coquillages car j’aime la mer et puis des tas de petits morceaux de verre, polis, tout doux, colorés, car j’avais envie de couleurs et de douceur ! Je m’imagine que quand j’ouvre cette boîtes aux merveilles, j’entends le rouge-gorge chanter, je sens la mer iodée, le vent me caresser le visage, le soleil illuminer mes pensées. J’entends aussi les mouettes piailler. Je sens aussi l’humus de la forêt. Je perçois le bruit des vagues chanter.

Aujourd’hui, 24 heures plus tard, je suis là, devant mon ordi à partager avec vous ces trois heures de ressourcement. De déconnexion. De plaisir. De partage. De bien-être. De bonheur.

Du seul mot pioché par hasard dans un livre au hasard (mot = jeunesse), 5 mots sont arrivés. Puis 5 autres mots pour chacun des cinq premiers. 25 mots en tout. 26 si on compte le « déclencheur ». Au choix, j’en prends 7. Et puis j’écris à partir, sur, avec ces 7 mots.

La carte d’idées, c’est ça. C’est partir d’un mot, d’un seul, et d’en terminer avec cinq, dix, vingt fois plus. Un mot en entraînant un autre, une idée arrivant depuis une autre, le chemin se fait, se construit, petit à petit.

Quand je veux écrire, mais que je n’ai pas d’idées, pas trop envie de me « casser la tête », je fais ce genre de carte. Si ce n’est que je préfère les listes. Je fais des listes pour tout. Chez moi, ça vient plus facilement. Les mots qui partent dans tous les sens, comme les bras d’une pieuvre, j’ai davantage de mal. J’ai l’impression que mes idées sont alors comme les mots. Elles m’échappent. Elles volent de-ci, de-là, sans se poser.

Dans cette carte mentale d’hier, un mot est apparu deux fois. Obligée alors de le prendre. Un signe. Ce mot c’était « plaisir« .

Ce matin, je vous invite, vous, mes lecteurs fidèles ou de passage, à faire une carte d’idées à partir de ce mot. Ne réfléchissez pas trop et notez tout ce qui vous passe par la tête. A partir de ce mot, lettres bien mises ou indisciplinées, changées, oubliées, rajoutées, trouvez-en vingt autres. Que ces mots soient libres et voyages sur votre page, qu’ils soient bien dressés sur une liste verticale ou horizontale, peu importe. La créativité arrive de manière différente pour chacun de nous. Certains seront plus à l’aise sur une feuille volante, d’autres sur ordi, ou d’autres encore dans un carnet, sur un post-it ou sur un tableau.
Sur les 21 mots que vous voyez sur votre support, choisissez-en une poignée : 3, 5, 7 ou 9. Et écrivez ! Écrivez ce que vous voulez : texte suivi, poème, chanson, auto-louanges, conseils, questions, etc.

Partagez le fruit de vos idées ou gardez-le précieusement pour vous. C’est vous qui choisissez.

Il y a beaucoup de petits plaisirs dans la vie de tous les jours. Des petits et des plus grands. Des grands et des petits. Ce n’est pas la taille qui compte, mais l’émotion et le sentiment qu’il nous procure quand on le reconnaît.

S’exprimer en silence

Le cerveau qui fonctionne à tout bout de neurones, matin, midi, soir et nuit. Vous connaissez ? Pour une raison ou une autre, il nous arrive de cogiter, de ressasser, de réfléchir, de se poser mille et une questions sur des choses importantes et parfois, cela concerne même des détails, des choses que l’on croit sans importance, mais auxquelles on y accorde justement beaucoup d’importance, beaucoup de temps, beaucoup d’attention. A tort ou à raison, là n’est pas la question ;-)

Je passe souvent par des moments pareils. Et le week-end dernier, j’ai décidé de laisser venir les choses. Comment ? Je me suis assise sur une chaise, devant une table, au salon, face aux fenêtres pour voir les oiseaux qui vont et viennent sur les branches de l’arbre, pile devant moi. J’ai mis de la musique dans mes écouteurs, sur mes oreilles. Un casque qui diminue le bruit ambiant et qui donne un très bon son. Une musique calme. Inspirante et relaxante. A côté de moi, mon compagnon regardait la télévision tout en repassant; les enfants étaient dans leur chambre, à s’occuper chacun de son côté. Mais moi, j’étais dans ma bulle. Bien installée, avec une couverture sur les jambes pour ne pas avoir trop froid. J’ai pris mes deux boîtes de puzzles, vide de pièces, mais remplie tantôt l’une d’un tas d’images différentes, tantôt l’autre de plusieurs centaines de mots. Images et mots ont été découpés dans différentes et nombreuses revues. Ensuite, sans trop réfléchir, j’ai coupé dans des feuilles cartonnées, que j’ai assemblées avec du collant coloré. Enfin, j’ai laissé mon regard s’exprimer au travers des mots et des images. Sans rien dire, ni réfléchir, j’ai choisi plusieurs mots, lettres, images, illustrations. J’ai assemblé le tout, par paquets. J’ai dû trouver des lettres solitaires pour que le mot choisi se mette bien avec le reste, pour que ça fasse un ensemble, une suite que j’aimais bien. Et j’ai collé par-ci, par-là. Sur un côté, puis sur un autre. Jusqu’à remplir toutes les faces de mon « dépliant cart’créative ».

J’ai fait tout ceci en une fois, entrecoupé d’une pause pipi et d’une pause thé, dans l’ordre ou inversement (sourire), en silence, sans me dire « je veux dire ceci, je veux lire cela ». Cela m’a pris près de deux heures ! Mais il y a eu le déclic, le truc qui me fallait, le mot précis, le ressenti libéré ! Je me suis senti libérée d’un poids. Difficile à expliquer. Compliqué à raconter.

Avant de coller tous ces mots, toutes ces images, dans ma tête, c’était le brouillard. Un champ de cotons. Une purée de pois. Un gribouillis d’idées, d’envies. Un ras-le-bol de tout. Une fatigue intense. Une lassitude pesante. Oui, c’était tout ça à la fois !
Après le collage et le résultat observé, admiré, oui, c’était plus clair dans ma tête. Le brouillard s’est dissipé. Les boules de cotons se sont posées. Les idées se sont organisées. Le bol qui était à raz s’est apaisé, n’a pas débordé. La fatigue était toujours là, mais plus de lassitude pesante, plutôt une fatigue légère.

Les nuages qui flottent au-dessus de ma tête ne sont plus annonciateurs de pluie ou de mauvais temps; ils parsèment mon ciel de jolies couleurs au coucher de soleil.
Rabindranath Tagore

Ce sont les livres qui m’ont appris que les choses qui tourmentaient le plus étaient celles-là mêmes qui me reliaient à toutes les personnes existantes ou ayant existé.
James Baldwin

Le temps est un moyen merveilleux de nous montrer ce qui compte vraiment.
Margaret Peters

La sécurité est avant tout une superstition. Elle n’existe pas dans la nature. La vie est une aventure audacieuse ou rien du tout.
Helen Keller

Le meilleur moyen de réussir, c’est d’arrêter de parler et de commencer à faire.
Walt Disney

On ne peut pas changer tout ce que l’on affronte, mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas.
James Baldwin

Nos sentiments sont les chemins les plus authentiques vers la connaissance. Ils sont chaotiques, parfois douloureux, parfois contradictoires, mais ils viennent du plus profond de nous.
Audre Lorde

Des citations de gens connus, célèbres. Des citations qui ont résonné en moi ce samedi-là.


Et puis, après , il y a eu des extraits que j’ai changé, des mots que j’ai assemblés. Voici ceux qui m’ont aidés.

Tout est déjà là, arrête de chercher.

Une envie de bouger de mission, de vivre mon travail autrement.

À la recherche de mes ailes.

Le pouvoir de décider à petit pas.

Être à fleur de page.

La page est mon remède. Quand j’y vais pour méditer, je me sens toujours mieux quand j’en reviens.

Être pas comme les autres.

Prendre le temps d’errer.

La petite bibliothèque pleine de bonheur.

Retour vers la vie passionnante et insaisissable avec mes lectures et bien plus encore…

Les maîtres des voyages intérieurs (les livres)

Au pays des ailes, je me sens comme un oiseau.

La voix, une voie pour un nouvel univers.

L’idée ! Elle était si petite. Si parfaite. Sui légère et si forte à la fois. Là où elle brille, au bord de la rivière.