Atelier d’écriture dans la forêt

Atelier d’écriture ce mercredi soir, dans les bois, pas trop loin de chez moi.

Un vrai plaisir d’allier balade dans la nature et écriture, en compagnie d’un petit groupe bien sympathique et d’une animatrice douce et souriante.

Mes traces à moi, en mots et en photos :-)

La nature et l’écriture
Ce sont des bulles d’air,
C’est mon oxygène, ma liberté.

Par beau temps,
En ce printemps fleurissant,
J’aime entendre les oiseaux chanter,
Les feuilles des arbres murmurer.
Faire abstraction du bruit.
Marcher, me ressourcer dans le vert
Gazouillis et pépiements au grand air
Profiter de l’instant présent
Ici et maintenant.
Voir un héron cendré
Haut dans le ciel et le photographier
Croiser une grive draine à l’entrée du bois
Et tout oublier de sa journée, oui, j’y crois

  • Le pinson pousse la chanson
  • La toile au sommet des fines branches à une histoire d’araignées à nous raconter
  • Au croisement des feuilles, il y a un secret à trouver.
  • Dévoile la toile et perce le mystère.
  • Entrelacs de branches
    des nœuds naturels
    lianes montantes
    grimpantes
    des liens
    un tricot de liens de bois
    un tissage a l’air très sage
  • Jeux de lumière
    chemin du soleil
  • Angle à 90 degrés
    petit arbre tout cassé
    que s’est-il passé ?
    que t’est-il arrivé ?
  • Champignon blanc esseulé
    solitaire, isolé, abandonné
  • Cric
    Crac
    ça crique et ça craque
    sous nos pas, des traces
  • Deux petits sapins
    deux frères
    deux Noëls oubliés
    perdus, à sauver !
  • Chemin tout tracé
    autour, partout, de la vie !
    Vie discrètes
    parmi elle, une note différente
    se fait entendre
  • Invitation à grimper les échelons du bonheur
  • Au bout du fil, il y a la vie qui pétille

Toile
Des maisons, un toit, un refuge, un garde-manger.

Toile
Elle se tisse, elle se hisse, elle se fixe.

Toile
Pour la vie, pour la mort, elle se tricote, elle se défait, elle se peaufine, elle se répare.

Toile
Témoignage de présences, de vies grouillantes, trépidantes, galopantes.

Toile
Des visages, des corps, des pattes et des yeux dissimulés, cachés, à l’affut, à l’abri.

Toile
Comme un voile, une protection. Comme une arme, une sécurité.

Toile
Tissage, métissage, la broderie d’une vie ; d’une leçon à apprendre

Toile
C’est la patience, c’est le travail, c’est un piège, c’est un foyer.

Toile
Rapidité, précision, ingéniosité si simple, si naturelle.

Toile
Solidité, finesse, délicatesse, géométrie à reproduire.

Toile
Ressemblance et différence. Fascination et répulsion

Observer, photographier, scribouiller

Boule jaune et noire
En suspension
C’est un nid d’araignées
Elles sont nombreuses
Je ne peux les compter
Que les admirer.

Après l’orage
Après la pluie
Après le vent
La boule jaune et noire semble inanimée.
Compacte
Aucun mouvement
Inquiétude
La nichée est-elle morte ?
Du bout du doigt
Le bout de la vie !
Déploiement dans un bel ensemble
Chacun son rôle
Quelle chorégraphie
Fascinée !


Deux tourterelles dans l’arbre
L’amour depuis mon salon
Roucoulements et gestes d’affection
La nature ne ment pas
Le printemps est là
Tardif, mais bien présent
Émerveillement constant.


Dans le ciel, à la mi-mai
Volent les martinets
Longtemps, je sais les admirer
Mais sans jamais réussi à les photographier
Alors, je ne fais que les regarder
Sans jamais m’en lasser.


Ils sont quatre
Et je suis là
Chacun sa place
Près de moi
L’un s’en va
Un autre s’installe
La ronde des chats

Le chat sur la barrière
Parcours d’équilibriste
La pie arrive par derrière
Et frôle le dos de l’artiste
L’oiseau sur sa branche
Le chat évalue ses chances
La pie a bonne mémoire
De toutes les couleurs, elle va lui en faire voir
Scène en blanc et noir
Le chat, sot, garde espoir
Mais la pie est plus expérimentée
Et, surtout, elle aime jouer
Elle s’avance encore un peu
Le félin, lui, n’y voit que du feu
Et d’un bond, il s’élance
Loupe la branche
Loupe la pie
Mon histoire n’est pas finie
L’oiseau s’est envolé
Il n’y a plus rien à regarder
Le chat revient penaud
À la maison, sans un seul bobo
Demain, ils recommenceront
Car le chat n’a pas retenu la leçon.

Le petit chat est blessé
Sa patte arrière, il ne sait plus la poser
Il boîte, il souffre, il saigne
Sa patte est énorme, toute gonflée
Toute seule, je ne peux le soigner
Chez la vétérinaire, il est allée
Des soins et quelques points de suture
Le voir endormi a été très dur
Demain, le pansement je devrai enlever
Et des médicaments lui administrer
Pauvre petit chat à moi
Sois fort et bats-toi
Pour que l’infection s’en aille
Et que tu n’aies plus si mal

Le chat a attrapé un oiseau
Le pauvre, c’est un jeune moineau
Course folle après le chat
« Tu ne m’auras pas »
La victime est encore vivante
Entre mes mains, elle tremble
Après du repos, on tente de la libérer
Mais, envolée vers le sapin, elle est rejetée
Poussé par ses propres parents
Le moineau tombe de la branche
Et s’écrase dans le buisson plus bas
Je le cherche, mais ne le trouve pas
Quand une heure plus tard, ma fille le repère
Pour la deuxième fois, je le récupère
Retour dans son abri, au calme, dans le noir
Petit à petit, je perds espoir
Entre les crocs, les griffes, les épines
Elle en a subit des blessures la victime.
Bien plus tard, le soir, quand tous les chats sont rentrés
Je tente une nouvelle fois de la libérer
Dans sa boîte ouverte, au milieu du jardin
Elle ne tente plus de s’envoler et pépie, sans fin, en vain
Personne ne veut l’aider
Car ses parents savent qu’elle ne peut plus être sauvée
L’oiseau passera la nuit au chaud, dans le noir, au calme
Pour le repos de son âme.

La nature en déplacement

Être attentive
Rouler dans l’obscurité
Gare aux crapauds

18 mars 2023

Rouler prudemment dans l’obscurité.  C’est le soir. Je me rends à une veillée de contes dans mon quartier. Au château du Sartay. Embourg. Chaudfontaine. Liège.

La nature est présente autour de moi. Des  bois, un parc, des arbres et plein d’oiseaux qui chantent.

Il est 20h. La petite montée qui m’amène à destination, faut pas la louper. Discrète. Un peu dissimulée. Pas bien éclairée. Normal pour un samedi soir. Les écoles dans ce parc sont fermées.

Limitation de la circulation automobile limitée à 30km/h. Même à proximité d’enfants, d’écoles, ça roule souvent trop vite.

En haut de la petite montée, j’y suis arrivée.

Et là, dans les phares de ma voiture qui éclaire mon chemin, je vois des choses sur le bitume. Choses figées. Ça ne bouge pas. C’est épais. Jaunâtre.  Verdâtre. Difficile d’identifier comme ça. Du volume et de couleur semblable à des feuilles mortes recroquevillées. Y en a entre 8 et 10 à vue d’œil rapide. Pas un poil de vent.

A ma gauche, un bois. À ma droite un rond-point énorme avec en son centre une petite mare, de l’herbe, de la terre, quelques bancs. Je dois faire le tour du rond-point pour me garer. C’est ma destination. De la lumière au rez-de-chaussée. La formation aux contes. Un stage de perfectionnement. Une veillée de conte pour clôturer la première journée de formation.

Les petites choses ne bougent toujours pas. Je crois avoir reconnu une grenouille. Ou un crapaud. Autant ? C’est bientôt le printemps. Possible. En été, j’en ai entendu chanter dans la mare du rond-point. Je freine tout à fait. À l’arrêt.

Un regard dans mon rétroviseur intérieur.  Personne derrière moi. Je laisse le contact. Pour garder la lumière. 4 feux clignotant qui annoncent quelque chose d’important. Je sors de la voiture.

Avant d’aller vers la 1ere chose tétanisée, un mouvement vers la gauche, à 50-70 centimètres de moi, me fait tourner la tête. Les phares éclairent partiellement cette zone du bas-côté. Juste avant la rigole, encore sur la terre, un amas difforme, bizarre, bouge maladroitement. Peut-être un rongeur qui a été renversé ? Je n’ose pas trop m’approcher, car j’ai clairement identifié les petites choses jaunâtres, verdâtres : des crapauds. J’en compte 11 sur ma route. 11 que je sais compter grâce à mes phares. Et mon pied marche juste à côté d’une tache noire épaisse : une victime.

Moteur toujours allumé, insouciante des risques, mon attention entièrement tournée vers le danger que courent ces petites créatures, normalement bondissantes.

12 degrés dehors à 20h10, en ce 18 mars 2023. La transhumance des amphibiens a commencé sous mon nez. Une migration risquée, truffée de dangers mortels.

Je commence le sauvetage. Sans trop réfléchir, je prends un crapaud à la fois et le dirige vers là où sa tête pointe : la mare. L’un ou l’autre émet un « croa » sonore dont je ressens la vibration dans mes doigts, dans mes mains. 1,2,3,4 hors de danger de mes roues. J’avance un peu la voiture pour éclairer plus loin. Y en a encore d’autres, c’est impressionnant !

Cette fois, je coupe le contact, laisse les 4 feux clignotants et prends mon smartphone pour éclairer mes pieds.

J’en profite pour aller voir la grosse masse qui était sur ma gauche, près de la rigole : un amas de crapauds indénombrable. Un tas de petits mâles sur une seule pauvre femelle. Elle a du mal à avancer, je la laisse là pour le moment et vais aider les autres, individuellement, à traverser la rue.

4, 5, 6, …  sans les phares, j’y vois moins bien. J’avance encore de deux mètres et je relaisse le contact, les phares allumés. 

13 crapauds que j’aurais aidés !

Je me gare plus loin car il y a un autre événement à côté du château. Le reviens à pied, avec la lampe torche de mon téléphone toujours allumé. Une voiture arrive et emprunte la même route que moi ! Ouf ! Quel soulagement que je sois arrivée pile au bon moment pour les mettre à l’abri.

Je fais le tour du rond-point pour m’assurer qu’il n’y a pas d’autres victimes ni d’autres imprudents. Rassurée, j’entre et je salue les personnes que je connais puis je raconte ce que j’ai vu. L’une des personnes m’a dit « ah ! C’était toi qui étais là ! Je croyais que tu avais perdu un rétroviseur ou autre truc ». On me demande de leur montrer les bestioles.

On s’émerveille de la nature. On est triste pour les 3 victimes mortes écrasées avant mon arrivée.  Et puis on va voir le paquet grouillant. Il est sur la route. Dans la rigole. Comme personne n’osait les toucher, j’ai ouvert mes deux mains en grands et j’ai pris tout ce petit monde ensemble, groupir, pour les déposer non loin de la mare.

Quelle aventure mes amis !

Je me suis bien lavé les mains et tout est bien qui finit bien. Enfin, je l’espère pour les crapauds !

Info sur les crapauds sur le site de Natagora !

Un peu d’ornitho : A comme ardéidés

Un nom un peu savant qui regroupe plusieurs espèces d’oiseaux : Hérons et Aigrettes que vous devez sans doute connaître et que vous avez sûrement déjà aperçu, vu, observé. Les ardéidés sont de taille moyenne à grande. Ce qui les caractérise : 3x « long » :
Un long cou (en vol et au repos, il est « replié », comme un « S »)
Un long bec (on dit qu’il a un bec en forme de poignard, long et robuste)
De longues pattes (qui sont tendues quand il vole).
Leur cou replié en « S », quand ces grands échassiers volent, permet de les différencier des cigognes et grues qui volent avec le cou tendu.
Dans cette famille, il y a aussi les Butors, Blongios, Bihoreaux et Crabiers, qui sont un peu moins connus.
Certains peuvent vivre une dizaine d’années. Certains sont hélas en net déclin chez nous et ailleurs.

Je vais parler brièvement des quelques échassiers que j’ai déjà pu observer, que je connais un peu. Mes observations se sont faites en Belgique et dans le Sud de la France.

Le Héron cendré est un échassier familier, redouté et mal aimé des pêcheurs car excellent chasseur de poissons. J’en vois parfois un qui se perche sur les toits des maisons de mes voisins. J’en croise souvent lors de mes balades le long d’un cours d’eau.


Son cousin, le Héron pourpré, j’ai eu la chance de l’observer brièvement lors d’un séjour en Camargue, début des années 2000. Ses couleurs chaudes sont magnifiques. Je me souviens qu’arrivée là-bas, j’ai « prié » pour en voir au moins un. Et c’est alors que je n’étais pas du tout préparée à le rencontrer qu’il a croisé mon chemin et qu’il s’est envolé devant mes yeux ! Évidement, c’est toujours durant ces moments que l’appareil photo n’est pas prêt !

L’Aigrette garzette et la Grande Aigrette sont aussi assez communes. La petite est parfois confondue avec le Héron garde-bœuf, mais une fois qu’on a vu les deux, on ne peut plus se tromper :-)

Voici quelques dessins et coloriages. Les beaux coloriages, sont d’une application que j’ai sur mon téléphone. Les dessins plus « maladroits » sont de mes doigts, de ma plume d’amateur. J’ai donc dessiné un héron cendré qui pêche et un héron garde-bœuf qui se trouve sur le dos d’un hippopotame. Ce dernier est bien plus petit que les autres hérons.

Dans les « B », je n’en ai vu qu’un seul. J’aimerais vous parler un peu plus du Butor. De son nom complet Butor étoilé ! Cet ardéidé, je l’ai d’abord entendu avant de le voir. C’était aussi début des années 2000, à Virelles Nature (aujourd’hui nommé Aquascope de Virelles). Je me souviens « comme si c’était hier », avec un étudiant en agronomie, nous avions reçu l’autorisation de naviguer sur l’étang en barque. Une première pour moi. C’était la nuit. Une nuit de septembre. La lune éclairait la rosière et cette lumière naturelle nous suffisait pour nous orienter. On entend un chouette hulotte. J’en entends souvent, mais ne les vois guère. Je souris. Cette petite sortie nocturne promet de belles rencontres auditives et je l’espère visuelles. L’étudiant me dit qu’on a des chances d’observer le butor. Ouah ! Je ne l’ai jamais vu ni même entendu celui-là. Je sais à quoi il ressemble grâce à mon guide d’identification, mais mes connaissances sur lui s’arrêtent là. On est discrets. Calmes. C’est à peine si on chuchote. Nos oreilles sont grandes ouvertes. Des pipistrelles volent au-dessus de nous. La chouette hulule. Mes yeux ont du mal à s’habituer à l’obscurité et en réalité je ne distingue pas grand chose au-delà le bout de la barque ! Mais je n’ose rien dire. Soudain, un « gnou » retentit. Pas la bête mais le bruit ressemblant, phonétiquement à un étonnant et vibrant « gnou ». La voyelle grave s’étire brièvement et s’étale à de nombreux mètres à la ronde. (Ce son, par temps dégagé peut s’entendre à près de 5 km !).

– C’est lui, me dit-il. Le butor. Il n’est pas bien loin. Vraiment tout près. Dans la roselière. Tu vois quelque chose ?

Comment répondre que je n’y vois goutte ?

Je ne réponds rien et sens les battements de mon cœur cogner dans mon corps, toute surprise encore par le son extraordinaire que je viens d’entendre. Je sais le butor ressemblant au héron, donc silhouette plutôt élancée. Comment un son pareil peut-il sortir de ce cou allongé, de ce corps si fin, si fragile j’ai envie de dire ?

Plus de 20 ans plus tard, ce souvenir auditif, ce souvenir de ma première rencontre avec cet oiseau est toujours très présent et précis dans ma mémoire ! J’ai voulu lui rendre hommage par la création de ma première forme en terre, lors d’un atelier d’art-thérapie avec Valérie Bornet.

Dès que j’aurai un peu de temps, je vous mettrai des photos et des illustrations, souvent des peintures, de ces différents oiseaux. D’auteurs connus ou moins connus, mais qui ont su arrêter le temps par leur talent.

Un bain de nature à Cointe

La nature nous annonce la fin de l’hiver : les perces-neige et crocus sont de sortis, ouvrant leurs pétales aux rayons du soleil, les oiseaux chantent, la température est à plus de dix degrés en journée !

Une petite balade sur l’heure de table à midi.

Texte du jour et photos mélangées, de moi, faites à Liège (dans notre jardin à Embourg, dans les parcs à l’île aux corsaires et Hauster ou dans les rues de Chaudfontaine)


Bain de nature à Cointe


Des mésanges, des mésanges, des mésanges
Qui chantent, qui chantent
C’est bientôt la fin de l’hiver
Dans le parc de Cointe, j’ai le nez en l’air
Le nez en l’air, les yeux dans les arbres, les pieds dans la gadoue
Et j’écoute, j’écoute, j’écoute.

Je vois des mésanges bleues,
Elles ne sont qu’une ou deux.
Et puis des longues-queue
Celles-là, elles sont plus nombreuses.
Je devrais les appeler autrement,
Des « orites » que je dois dire maintenant
Mais je n’y arrive pas
Je ne veux pas.
Ces minuscules mésanges ont la bougeotte
Ça vole, ça se pose, ici et là-bas
Ça chantonne, ça siffle, ci et là.
Sur une branche pas loin, une charbonnière
Qui détalle sans faire la fière
S’échappe à mon regard
Ne veut pas me voir. Ne veut pas me voir.

Le chant reconnaissable du rouge-gorge
Qui déploie ses notes mélodieuses
Un sourire au printemps, un espoir des beaux jours
Lui, tout ce qu’il fait, c’est défendre son territoire
D’ailleurs, j’en entends un second
En chant qui lui répond
De l’autre côté du chemin, se faisant face
Face à face, séparés par des arbres et des broussailles
Et puis, il y a moi entre les deux
Les yeux pétillants et joyeux
De les entendre tous chanter, s’égosiller, crier.
Il y a moi entre les deux, seule parmi eux.
Seule parmi eux parce que je le veux

Sur un autre tronc, près du sol, une boule de plumes
Toute petite, toute arrondie, elle est toute brune
Ou presque. Son ventre clair, couleur blanc cassé
Contraste avec le reste.
Un grimpereau, qui grimpe, qui grimpe
Qui fait le beau et qui tourne autour du tronc
De bas en haut, il tourne, il avance, il progresse.
De son long bec fin, des insectes, il en recherche
Sous l’écorce dissimulés, il fouille, il cherche.

Une note flutée, une note, seule et aiguisée
C’est la sittelle qui l’a lancée.
Une note flutée et répétée
Mais elle est bien dissimulée, camouflée, cachée
Je ne la vois pas, mais je l’entends.
Je ne la trouve pas, mais dans mon cœur, elle est là.
Je ne la vois pas, mais je sais qu’elle est là.
Je progresse à mon tour, à pas de velours
Pour ne pas les effrayer, les faire s’envoler.

Le miaulement d’un chat éclate
En plus clair
En plus net
En plus aigu
Nez en l’air
Aucun visu
Je cherche une buse
Mais ça n’en est pas une.
Un imitateur
Un trompeur
Un petit malin,
C’est le geai des chênes
Et ça me plaît ! Sans gêne !
Pas de rapace dans ce parc
Pas ce midi, pas pour aujourd’hui
Mais un corvidé coloré
Qui sait chanter, qui sait tromper

Le temps passe, les nuages s’effacent
Le soleil arrive avec sa lumière vive.
Demi-tour amorcé
Au travail, je dois y retourner
Et sur ce retour, je perçois le tambourinement d’un pic
A dix mètres de moi, je le vois, oui ! je le vois !
Un pic épeiche, en noir et blanc avec le derrière rouge
Tape tape tape du bec et éclate l’écorce
Et creuse des trous
Tape tape tape du bec
Et cherche sa pitance
Et creuse des trous.

Merles et pigeons ramiers
Je ne les ai pas comptés
Ils étaient bien là, avec moi
À distance raisonnable
Sans oser trop se rapprocher
Sans oser trop conter
Sans oser me raconter des salades
Égayant simplement ma balade
Par leur présence fidèle et assurée
Pas timides, ils se laissent observer.

Enfin, sortant du parc, longeant un autre
Sur la dureté du trottoir,
Au loin, un oiseau noir, tout noir
Silencieux et majestueux
Obscurité tout en haut,
Contraste sur le ciel clair
Une corneille fait le guet
M’observe, m’observe
Une corneille fait le guet
Sans réserve, sans réserve.


Deux petits chats-d’orage

23h48.
Deux petits chats dehors.
Par temps d’orage, je compte les crocodiles comme d’autres comptent les moutons.
Le rose, le bleu et le blanc se disputent le ciel tandis que les coups de tonnerre grondent au dessus de ma tête.
Ça grogne, ça éclate. Dehors, les éclairs illuminent tant le jardin que les intérieurs.
Deux.
Deux petits chats dehors.
Deux autres à l’intérieur.
Une heure passe et repasse. Couchée, je ne dors pas. Et je compte les crocodiles comme d’autres comptent les moutons.
25, un paquet de crocodiles… je pense à me rendormir.
20, 15, 10. Ils reviennent. Les crocodiles se rapprochent. Menaçants. Gueules ouvertes. Gorges déployées. Dents acérées.
Deux petits chats dehors.
7, 5, 3. Je ne me rendors pas. Impossible.
Minuit dix. Ils sont là tout proches. Flash et crack ! Il est là pile au dessus de nous. Le crocodile est un monstre. Un monstre bruyant. Il est en colère. Il pleure. Il crie. Il hurle. Sa queue fouette les arbres. Immensité, il trône et maîtrise les éléments en fureur. À grands coups de zebrures, il nettoie les extérieurs, il déchire le silence.
Flashs et éclats lumineux à répétition. Les crocodiles sont regroupés et dansent parmi les étoiles apeurées. Ils chantent à tue-tête, couvrent mes appels.
Deux petits chats dehors.

Un chat à l’intérieur. Tout contre moi, sursaute. Il se décolle de mes jambes alors que ça claque au-dehors.
L’autre est couché en bas, face à la porte vitrée. Besoin d’être rassurée. Câlins et ronrons dedans, valse de lumières dehors.
Le bruit assourdissant vibre dans mes tympans.
La pluie, le vent frappent les fenêtres, secouent les parasols, inondent mes pensées, fouettent mes craintes.
2 petits chats dehors.
Je ne compte plus les crocodiles mais égraine le temps violent.

Il pleut, il cogne sur les vitres comme autant de sanglots libérés, expulsés, déchirés.
00h41 les mots frottent ma tête dans un froufrou désordonné. Ils chuchotent et se bousculent gentiment. Ils demandent à sortir. À vivre. À exister de leur côté.

Deux petits chats dehors poursuivis par des crocodiles juvéniles.
Les petits chats ne sont pas là. Ils ne se montrent pas. Je ne leur en veux pas. C’est leur choix.
Bientôt une heure du matin. Vont-ils bien ?
Les petits chats ne sont toujours pas ici.
Les crocodiles sont partis aussi.
Ne laissent derrière eux qu’une trace imaginaire. Un rêve. Des images. Des mots.
Et la pluie. Leurs sanglots longs et bruyants.

L’orage est terminé. La pluie continue à tomber. Il est temps de se recoucher. Et de ne plus compter. De ne plus penser. De ne plus rêver. Il faut à présent me poser. Me reposer. Ne plus rien imaginer. Me fermer aux doutes et aux espoirs pour laisser le sommeil me gagner.

Je compte les moutons quand les crocodiles reviennent ! Pas le temps de les voir arriver ni de les compter. Subitement. Soudainement.
00h58 ça recommence ! Les crocodiles sont roses et reviennent pour la dernière danse effrénée… endiablée.
1h00.
Deux petits chats dehors et un crocodile à la traîne.

Photo personnelle de l’année dernière

La Tourterelle turque : en mots et en images

Avant-hier, j’ai eu le grand plaisir de voir en direct, le nettoyage minutieux et attentionné d’un couple de Tourterelle turque. J’étais assise sur ma chaise, au salon, devant les fenêtres. Devant les deux fenêtres qui se trouvent juste au-dessus de la porte d’entrée, un arbre. Devant l’arbre, l’avenue. Devant l’avenue, d’autres maisons.

L’épisode m’a tenu émerveillée durant une bonne demi-heure. Je ne me lassais pas de les observer, à moitié cachés parmi les feuilles, avec une fenêtre entre nous et quelques deux ou trois mètres tout au plus.

Les dix premières minutes, je n’ai rien fait d’autres que les regarder. Puis, comme je voyais qu’ils restaient là, tranquillement, j’ai sorti mon appareil photo, un hybride avec un grand zoom. C’est là que je me suis félicitée d’avoir enfin nettoyé mes fenêtres pour pouvoir prendre des photos sans trop de crasses (rires) sur les images.

Les Tourterelles font partie de la famille des colombidés, famille qui regroupe les pigeons et les tourterelles avec quelques 350 espèces. Ce sont d’ailleurs mes « pigeons » préférés. Je les appellent toujours « belles demoiselles », qu’ils soient mâles ou femelles. Elles sont délicates, un plumage doux, unis, de magnifiques yeux rouges hypnotiseurs, un roucoulement agréable, un vol que j’aime contempler…

L’on confond souvent la Tourterelle avec une colombe. Pour faire un peu d’étymologie, voici ce que dit mon livre de chevet « L’étymologie des noms d’oiseaux », de Pierre Cabard et Bernard Chauvet :

 » Le nom tourterelle vient du latin turtur d’origine onomatopéique (il faut prononcer tourtour). (…) En vieux français, on trouve tortre, tourte et tourtrelle. Signalons qu’en latin, turturella signifie « homme efféminé ». De turtur, outre tourterelle, sont nés l’anglais turtle, l’allemand Turtel et l’espagnol tortola.
L’anglais turtle désigne non seulement les tourterelles mais encore les tortues marines (…). Tortue vient du bas latin tartaruca (qui appartient au Tartare), c’est-à-dire l’enfer !
Comme on le sait, les tourterelles (confondues avec les colombes) sont symboles de fidélité du couple.

Streptopelia decaocto –> Tourterelle turque
Streptopelia vient des mots grecs stréptos (collier) et péléia (le pigeon ramier). Il s’agit du demi-collier noir.
Decaocto signifie dix-huit. L’origine de l’attribution de ce chiffre remonte à un mythe grec. Une servante, accablée de travail et payée dix-huit pièces par an, suppliait d’être débarrassée de sa tâche. Les dieux l’entendirent et la changèrent en tourterelle. Depuis, elle fait retentir à tous les échos sa lugubre plainte : « hou, hou, hou« . Quand elle chante ainsi, on dit en français que la Tourterelle gémit. (…) cri de l’oiseau, trisyllabique avec accentuation de la deuxième syllabe (…)
Turque, car la Turquie est son origine. Elle est protégée en pays musulman car on pense qu’elle dit ses prières en chantant à heures fixes comme un bon croyant.
On sait que cette tourterelle a envahi l’Europe depuis 1930, où elle est maintenant sédentaire. Seul l’anglais n’indique pas sa provenance et préfère tourterelle à collier. L’italien choisit une voie complète avec tourterelle orientale à collier. »

Février 2019, au fond de notre jardin, de l’autre côté de la maison

Pour en savoir plus sur la belle demoiselle qu’est la Tourterelle turque, clic pour aller sur le super site de oiseaux.net.

Photos ci-dessus, au refuge Animal sans toi…t

Voyez la construction de son nid : un enchevêtrement (sommaire) de branches et de brindilles. Ce nid peut être construit n’importe où : entre des câbles, dans une jardinière sur une terrasse, au-dessus de lampadaires de rues ou plus classiquement, dans un arbre :-)