Incitation à l’écriture de WP 6/12/23

Do you ever see wild animals?

Un rêve quand j’étais petite. Un rêve qui m’a marqué durant des années. Qu’en est-il vraiment de ce rêve ? Une invention ? Une histoire que j’ai brodé ? Une scène qui, au fil des années, a évolué ? Ou est-ce la trace d’un souvenir réel qui s’étiole et que je corrige à ma sauce de l’adulte que je suis devenue ?

Ce Hibou grand-duc a-t-il vraiment survolé le centre-ville de Bruxelles, tard un soir d’été, frôlant mes bras levés au ciel dans l’ espoir de le toucher ? Je me souviens, il y avait des bus garés en file, au terminus. Je me souviens qu’il pleuvinait et que cela ne me dérangeait pas le moins du monde. Moi, petite fille de dix ans environ, je me tenais debout sur le trottoir quand j’ai vu ce rapace nocturne survoler la rue. Un regard autour de moi, une personne avec ses écouteurs en casque sur ses oreilles, une autre plus âgée qui se collait à la vitrine d’un magasin pour éviter d’être mouillée par les gouttes de pluie. Et puis moi, regardant à gauche puis à droite et traversant la rue pour m’y planter en plein milieu en priant pour que je sois bien sur le trajet du hibou et pour qu’il repasse par ici. Je veux le voir de plus près. Le toucher du bout de mes doigts tendus au-dessus de ma tête.

Un rêve. Assurément. Peut-il en être autrement ?


Des oiseaux sauvages, libres, oui j’en ai vu quantité et j’en vois encore aujourd’hui. Tél ce Faucon crécerelle que je me suis amusée à photographier et à suivre au refuge Animal sans Toi…t dimanche dernier.

J’ai déjà vu des écureuils, des hérissons, des sangliers, des biches et des cerfs, bien vivants, bien sauvages, bien libres.

J’ai toujours espéré croiser un jour la route d’un Lynx. Un très grand et très beau chat sauvage. Majestueux. Félinement extraordinaire.

Et vous, avez-vous déjà vu des animaux sauvages ?

Des images pour le dire

Les dés sont lancés. Rien ne va plus. Les jeux sont faits. Aucun moyen de retour en arrière.

Je vous invite à écrire un texte à partir de ces quatre images. Les conditions à respecter : 2023 caractères précisément, espaces et titre inclus 😉

personnage heureux – stéthoscope – clé – haltère

Votre histoire est à envoyer soit en commentaire de l’article soit par email à : ecrimagineATgmail.com

Pour la fin du mois, pour la fin de l’année 2023.

Amusez-vous bien et essayez de sourire pendant que vous réfléchissez.

Dés issus de l’application « story dice », version 1.02

Mettre la charrue avant les bœufs

Hier, j’ai fait une erreur. Une bêtise. J’ai mis la charrue avant les bœufs ( Français, Belgique, Italien, Portugais). Oui, j’ai commencé la maison par la cheminée ou par le toit (Espagnol) si vous préférez. La tête est baissée (Chinois), j’ai foncé. Je suis allée trop vite. La charrette devant le cheval (Anglais, Polonais), je n’ai pas réfléchi. Un acte qui a eu une conséquence dramatique pour moi, insignifiante pour d’autres. On apprend de ses erreurs. Il n’y a que ceux qui ne font rien qui n’avancent pas.

Comme on dit chez nous, mais peut-être aussi chez vous, j’ai dormi dessus la nuit. Le sommeil a eu du mal à s’installer. Je ruminais ma bêtise.

J’ai perdu, effacé, détruit, fait partir en fumée, supprimé toutes mes notes dans mon téléphone portable.

Mes notes, mes rêves, mes listes, mes « to do », mes idées, mes textes créatifs et éphémères, mes haïkus en balade,… Dont ma liste des livres lus depuis janvier 2023. J’avais envie de vous parler de certains livres dans un article typique « rétrospective ». Cette année, j »ai beaucoup partagé, prêté, donné des livres. Sans faire de sauvegarde sur le cloud comme me l’avait recommandé et conseillé mon amoureux.

Ce qui va le plus me manquer, ce sont mes haïkus en balade, car si j’ai eu la présence d’esprit d’en noter certains dans un article sur mon blog ou dans un carnet, plein attendaient sagement de naître par l’encre de mon stylo-plume. Et puis, le temps me manque pour faire tout ce dont j’ai envie, quand j’en ai envie.

Et puis tous ces titres de livre, ces coups de cœur ❤️❤️❤️… Je ne dois m’en prendre qu’à moi-même.

Écrire une lettre au Père Noël

Écrire une lettre au Père Noël ou à Saint-Nicolas ? Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai déjà joué à ce jeu d’écriture. Aussi, je vous propose un autre point de vue : écrivez une scène dans laquelle Saint-Nicolas ou Père Noël reçoit votre lettre.

Il va ouvrir sa boîte aux lettres et découvre une lettre étrange : la vôtre. Il l’ouvre pour la lire. Il est curieux.

Décrivez la scène. Détaillez le personnage. Le lieu. L’ambiance. Sa réaction… sans jamais faire mention au contenu de votre lettre.

Si le cœur vous en dit, faites-le dialoguer avec lui-même ou avec une autre personne présente dans la pièce.

Joyeux jeu festif.

Se mettre en boule comme chat

Laissez-moi défaire une expression. La dérouler. L’étendre. L’aplatir.

Se mettre en boule veut dire se fâcher très fort, se mettre dans une colère explosive. Pour imager la colère, je préfère utiliser une autre expression avec des couleurs « rouge de colère », « rentrer dans une colère noire ».

La colère est mauvaise conseillère. Sur le coup de la colère, on peut faire des choses que l’on regrettera ensuite. Un geste / un mot / une réaction lancée, jetée, crachée sous le coup de cette émotion n’est jamais bon signe. Vous n’obtiendrez rien de bon ainsi. S’il faut exprimer sa colère et surtout ne pas la cacher ou la garder au fond de soi, il est intéressant de connaître certains trucs pour la libérer :

  • Taper dans un coussin ou punching-ball
  • Crier dans la forêt, en haut d’une montagne, sur la plage face à la mer, au sommet d’un toit, etc.
  • Casser de la vaisselle (par terre, pas la lancer sur une personne)
  • Courrir ou faire une activité physique intense
  • Presser une balle anti-stress, de la plasticine, une balle de tennis
  • Faire péter les petites bulles du plastique de protection (ou du jeu en vogue, coloré, réutilisable à l’infini)

Car, si je veux utiliser « se mettre en boule » en vous montrant cete photo de mon chat, je ne vois nulle colère ☺

Jeu d’écriture : écrire un conte avec des éléments précis

Souvenez-vous, début novembre, je vous invitais à écrire un conte, avec tous les éléments pour le composer. C’était grâce à la revue « Virgule » et à un site Internet. (clic ici pour lire cet article)

Fabienne a joué le jeu en donnant les éléments à ChatGPT. J’avoue que je n’y avais même pas pensé. C’était la première fois qu’elle « jouait » avec l’Intelligence Artificielle. Je dois vous dire que je n’ai pas lu ce texte avant d’écrire mon histoire, car je ne voulais pas être influencée. Ensuite, je dois aussi vous dire, qu’en préparant cet article, je fais juste un copier-coller de l’histoire créée artificiellement, et que j’en suis restée baba (rires). Tous les éléments y sont et le conte est tout à fait correct, bien écrit, bien imaginé. Simple mais efficace. Incroyable mais vrai ! J’en reste un peu curieuse et un peu amer en même temps. J’ai mis deux bonnes heures à écrire mon histoire, je suis sûre que Chat machin chouette en a mis un dixième, trente secondes peut-être ? Mais je ne suis pas jalouse, moi j’ai pris plaisir à écrire mon histoire et à voir ces images qui défilaient dans ma tête et que j’ai réussi à donner vie par des mots… Je ne suis pas certaine que Chat machin chose ai pris du plaisir, lui (éclat de rires svp)

Voici le texte « pondu » par ChatGPT :-)

Merci Fabienne ;-)

Texte de ChatJPT

Il était une fois une chatte blanche du nom de Neige qui vivait paisiblement dans une petite maison au bord de la forêt. Pourtant, malgré sa beauté et sa douceur, Neige était ensorcelée par un sortilège qui l’empêchait de rester longtemps au même endroit. La nécessité de fuir ses conditions de vie actuelles la poussa un jour à quitter sa maison bien-aimée pour entreprendre un voyage à travers un pays inconnu.

Son périple était semé d’obstacles, car une énigme mystérieuse pesait sur elle. On lui avait dit qu’elle ne devait jamais prononcer le mot « blanc » en cours de route, et son objectif était de retrouver un anneau d’or, dont le pouvoir pourrait briser le sortilège qui la retenait.

Pendant son voyage, Neige rencontra une Hirondelle rustique du nom d’Aurèle, qui devint son ami fidèle. Aurèle lui enseigna les secrets de la nature et la guida à travers les contrées inconnues, l’aidant à éviter de prononcer le mot interdit.

Cependant, tout n’était pas aussi idyllique. Un terrible lézard nommé Dragan s’opposa à Neige. Il désirait l’anneau d’or pour lui-même, afin d’accroître son pouvoir maléfique. Neige et Aurèle durent faire preuve de ruse et de courage pour échapper aux griffes du lézard.

Heureusement, Neige avait un objet magique : elle avait le mot de la fin, et elle pouvait s’en servir trois fois pour se sortir de situations délicates. Grâce à cette magie, elle réussit à tromper Dragan à plusieurs reprises et à échapper à ses pièges.

Au terme de nombreuses épreuves, Neige et Aurèle arrivèrent dans une sombre forêt de champignons rouges, un endroit mystérieux et envoûtant. C’est là que Neige découvrit l’anneau d’or caché au cœur de cette forêt magique. En le portant, le sortilège qui la retenait se brisa, et elle put enfin retrouver sa liberté.

La morale de cette histoire est que l’avenir appartient à ceux qui le construisent. Neige, en dépit des obstacles et des épreuves, avait réussi à briser le sortilège qui la retenait prisonnière et à trouver la liberté. Elle n’était plus jamais seule, car elle avait gagné un ami fidèle en Aurèle, et elle avait appris que la persévérance et la détermination pouvaient triompher de n’importe quel sortilège.


Mon texte, le voici, le voilà :

Izi le petit chat blanc

Izi, est le diminutif pour Isabelle. Isabelle était une jeune chatte toute blanche. Chez les chats entièrement blanc, il y a souvent un handicap : la surdité. Izi n’échappait pas à cette règle. Toute blanche aux yeux vairons, un œil noisette et l’autre chocolat, Izi était une jeune chatte sourde, mais très intelligente. Autrefois, on disait que les chats blancs nés avec des yeux de couleurs différentes étaient des chats « chercheurs d’or ». Cette légende, qui a vu le jour au XIIe siècle, avait la peau dure. Encore aujourd’hui, en 2023, il n’était pas rare de voir des humains se promener avec un chat blanc aux yeux vairons, en laisse, et houspiller le pauvre petit chat pour qu’il trouve de la poussière d’or comme le chien spécialiste dénicherait des truffes royales !

Revenons à notre petite Izi. La jeune chatte était née au XVe siècle. A cette époque, les naissances de tels chats comme elle ne passaient pas inaperçues et étaient même fort recherchées. Heureusement, la maman d’Izi avait eu un sixième sens quand elle a senti l’accouchement arriver. Sur ses sept chatons, seule Isabelle était entièrement blanche. Toutefois, la caractéristique des yeux vairons était dans toute la portée ! Chose encore plus rare. Est-ce sans doute sa couleur  immaculée ajoutée à cette caractéristique rare des yeux différents qu’Izi a été dès son arrivée au monde un chat spécial, unique, différente. Malheureusement, à cause de cette tare qui ne touchait qu’elle, la petite Isabelle a dû rapidement grandir pour vivre en toute autonomie.

Dissimulée au cœur d’une forêt depuis son premier cri de chaton apeuré, Izi a été nourrie par tout le petit peuple de la forêt, depuis une laie allaitante et prévenante, en passant par une maman hérissonne albinos et aveugle, puis par un jeune écureuil intrépide et amoureux d’elle jusqu’au Grand Maître de la nuit : un Hibou des bois.  Tout ce petit monde se relayait jour et nuit, nuit et jour afin que le petit chat malheureux n’aie jamais froid, jamais faim, jamais seul.

La maman d’Isabelle venait régulièrement la voir, pour s’assurer que son petit trésor, sa petite fille chérie, aille bien.

Un jour pourtant, en plein hiver, quand le sol de la forêt était recouvert d’une fine couche de neige, Izi, pensant que personne ne la remarquerait dans le blanc de la neige, quitta son foyer et ses amis de toujours pour s’aventurer dans la clairière qui borde le bois qui l’avait vu naître. Elle avait quatre mois, peut-être cinq. Elle n’était pas bien grande, mais elle était forte et intelligente. Elle connaissait les risques de son aventure, mais ses pattes voulaient tellement voir autre chose que les quatre arbres de son refuge et ses quatre « parents » adoptifs. La laie n’allait jamais à découvert, elle avait bien trop peur des chasseurs ! La maman hérissonne albinos et aveugle ne dépassait jamais son périmètre de sécurité qu’elle connaissait du bout de ses pattes. Son papa hibou dormait à poings fermés. Quant à son ami l’écureuil, qu’elle considérait davantage comme un grand frère protecteur que son amoureux, il n’était tout simplement pas là, affairé qu’il était à trouver des cachettes top secrètes pour ses réserves de glands et de noisettes.

Pour Isabelle, ce fut sa première grande sortie et malheureusement aussi sa dernière en tant que chat libre. A peine avait-elle fait une dizaine de pas dans l’immensité blanche et froide de la clairière qu’elle fut aussitôt attrapée par un filet à papillon dans lequel elle rentrait tout juste !

  • Te voilà toi ! Depuis le temps que je t’attendais, tu es à moi maintenant. A moi et à tout mon or que tu vas trouver ! Ha ! Ha ! Ha !

L’horrible bonhomme qui rigolait à gorge déployée ressemblait à un sorcier. En fait, il ressemblait à Gargamel, ce vilain sorcier qui passe sa vie à chasser ces petites créatures bleues que l’on appelle « Schtroumpfs » ! Tout comme lui, il avait un long, très long gilet noir qui pendait jusqu’à ses pieds. Comme lui, il avait des petites bottines rouges. Comme lui, il avait une sale tête dégarnie avec trois poils sur le caillou !

Isabelle avait beau se démener, essayer de grignoter le filet, rien n’y faisait, elle était prise au piège.

Non heureux de ressembler à l’horrible Gargamel, le méchant bonhomme était un véritable sorcier ! Contrairement au personnage de cette bande dessinée, il semblait s’y connaître en sorts et sorcellerie. Aussitôt rentré dans sa chaumière, le sorcier jeta Izi dans un petit coffre en bois, ouvrir une main devant elle puis souffla au-dessus du coffre une poussière étrange. Dès que la poussière toucha notre petit chat, dès qu’Isabelle respira cette magie noire, elle se sentit comme possédée. Non, plutôt ensorcelée.

Désormais, Izi est à la merci du sorcier. Il peut tout faire avec elle et ne s’en prive pas. Sans plus aucune envie, volonté ou désir, privée de ses souvenirs et de ses rêves, notre petite chatte adorable obéit au doigt et à l’œil de son maître.

Durant des jours et des jours, des semaines et des semaines, des mois et des mois, Isabelle sillonne le pays et ses frontières, attachée au bout d’une laisse, à renifler tous les sols possibles et imaginables. La légende disait vrai, ces chats entièrement blancs aux yeux vairons, excellent dans la détection de l’or : bijoux perdus, colliers volés, feuilles d’or dissimulées, Izi n’a pas son pareil pour les trouver. Enfouis sous terre, cachés entre les racines d’arbres, enterrés dans des endroits improbables ou inaccessible, rien ne résistait au talent de la petite chatte blanche.

Le sorcier tient Izi par le ventre. C’est bien connu, pour qu’un chat reste chez vous, il faut le nourrir et mieux vous le nourrissez, avec de la nourriture de qualité, variée, avec des friandises et des récompenses, plus il reste chez vous sans même que vous l’y forciez. Dans les repas qu’Isabelle recevait, trois fois par jour, son maître y dissimula lui aussi une poussière. Point d’or là-dedans, mais un sort. La poussière magique qui parsemait les repas d’Isabelle fonctionnait comme une balise de sécurité. Quand Izi en mangeait, elle était incapable de se perdre ou de faire une fugue au-delà d’un certain périmètre. Le sorcier, il faut le reconnaître, était aussi intelligent qu’elle. Il excellait en mathématiques et corrigeait la surface du périmètre, en changeait les frontières en ajoutant un peu de ceci, en diminuant un peu de cela.

Sa vie était devenue monotone, insipide, incolore. A force de chercher de l’or, à force de manger ces mixtures – qui étaient franchement délicieuses – ensorcelées, Izi ne voyait plus qu’en blanc et noir. Il n’y avait que l’or qui gardait sa couleur et qui lui permettait de faire son travail, d’être félicitée et récompensée. Elle était capable de discerner un bijou à des centaines de mètres à la ronde, rien que par le halo doré qu’il renvoyait à ses pupilles.

Heureusement, l’absence d’Isabelle dans la forêt n’est pas passée inaperçue. Tout le petit peuple de la forêt s’est réunis et a tenu conciliabules le soir, au creux du nid entre les quatre arbres qui a vu naître le petit chat tout blanc.

Du Hibou des bois à la Corneille des sapins, du Geai des chênes au Pic des écorces, tous les oiseaux ont été mis à contribution pour retrouver leur petite Izi. Et c’est l’énergique et la pétillante Hirondelle rustique qui a retrouvé la trace du petit chat, dans la chaumière du sorcier, à l’opposé du royaume, tout au bout de la clairière qui marque la frontière.

Il a fallu attendre le printemps et le retour de l’Hirondelle pour retrouver leur petite protégée. Mais le sauvetage n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît :

  • Elle a été enlevée par le sorcier Gasganil , l’idole de Gargamel, vous savez ce sorcier raté dans la BD des Grands Hommes ? Si ce n’est que Gasganil, lui, est un véritable et effroyable sorcier. Il n’est pas à la recherche de petits lutins bleus, lui tout ce qu’il veut, c’est de l’or. Et pas n’importe lequel, il paraît que ça fait cent dix-huit ans qu’il cherche l’Anneau d’Or. Il l’appelle « son précieux ». Je crois que c’était la bague de fiançailles qu’il avait offert à sa bien-aimée, quand il n’était encore qu’un sorcinet en apprentissage.

L’hirondelle est bavarde. Il faut la comprendre, cela fait des milliers de kilomètres qu’elle vole pour revenir ici et qu’elle n’a causé à personne. Alors quand elle a eu vent de la disparition d’Izi, elle a quitté son groupe de vol pour partir à la recherche du petit chat blanc. Comme c’est le printemps, une tache blanche parmi la nature verdoyante et fleurissante, ne lui a pas posé problème.

  • Cela me paraît logique, répond le Hibou, Maître des bois. La maman d’Isabelle la mise en sécurité ici, avec nous, car elle savait que sa fille risquait d’être utilisée pour la recherche d’or. Hirondelle, pourrais-tu retourner là-bas et surveiller ce qu’il s’y trame ? Nous allons envoyer une équipe la récupérer.

Le Hibou a parlé. Ainsi fut fait. Mais le trajet étaita long et il a fallu demander à d’autres animaux, des villages et des bois voisins, du renfort. De fil en aiguille, l’information principale se perdait, se déformait. Il était toujours question d’un sauvetage et d’un sorcier. Mais Izi s’est vue changer de sexe et de couleur, les animaux qui traînaient aux abords de la frontière, tout près de l’endroit où elle était retenue prisonnière et esclave, cherchaient désormais un chat mâle, noir et blanc, aux yeux vairons. Heureusement, dans tout ce chmilblick, des sorciers dans les environs, il n’y en a pas trente-six. Ni vingt. Ni dix. En réalité, Gasganil doit être le seul sorcier à dix kilomètres à la ronde. Le seul sorcier à se vanter d’être sorcier et de ne pas craindre le bûcher.

Pendant tout ce temps, qui dure, qui dure, Izi cherche de l’or.

Pendant tout ce temps, qui dure, qui dure, un plan pour la libérer s’échafaude. Même si les sauveurs cherchent un chat mâle, noir et blanc, le plan établit fonctionne pour libérer un chat prisonnier d’un sorcier.

Tout semble se mettre en place. Hélas, c’est sans compter que le grand sorcier Gasganil, idole ne l’oublions pas de Gargamel, a lui aussi son propre chat. Azraël, qui a donc le même nom du chat dans la bande dessinée, est… je vous donne en mille : noir et blanc ! Cet Azraël est malheureux. Contrairement à Izi la prisonnière, son maître ne le nourrit pas. Il doit trouver lui-même sa pitance. Quand il traîne trop dans ses jambes, il reçoit même des coups. Azraël se demande souvent à quoi il sert, surtout depuis qu’Izi est là. Il ne cherche plus l’or – qu’il n’a jamais trouvé, il ne reçoit pas à manger et il est maltraité ! Cela fait tellement longtemps qu’il est avec le sorcier qu’il ne sait même plus l’âge qu’il a. Il sait qu’il est âgé, car il a de l’arthrose aux pattes et il n’entend plus très bien. Sa mémoire lui fait aussi défaut, parfois. Surtout quand il est fatigué ou affamé. De temps à autres, dans ses rêves, il croit se souvenir qu’il n’a pas toujours été un chat, mais au réveil, il ne se souvient plus de rien.

Et le sauvetage réussit. Ou presque. Azraël, le chat noir et blanc, est libéré. Il ne comprend pas très bien la raison de ce « sauvetage », il ne connaît pas les animaux qui lui ont dit de le suivre, mais il les a suivis, trop content qu’on lui daigne la parole. Et puis, sur le chemin, il y avait des pommes, des fraises et d’autres fruits qui lui ont donné l’eau aux babines. Et de fait, c’est quand il s’est délecté de ces fruits abandonnés que certains ont eu la puce à l’oreille.

  • Flute et rezut ! Z’êtes sûrs que c’était ce chat qu’il fallait sauver ? demande une grenouille qui était aussi grosse qu’un bœuf.
  • C’est ce qu’on m’a dit, enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre, lui répond une cigale qui n’arrête pas de chanter quand elle prend la parole.

Tout ce brouhaha attire l’attention de deux animaux : notre sympathique, vaillante et bavarde Hirondelle rustique et un lézard qui semble aussi terrible et effroyable que laisse penser sa cicatrice qui lui barre son œil gauche !

Le lézard comprend plus vite que l’hirondelle ce qu’il se passe. Il court à une vitesse hallucinante prévenir son copain le sorcier que son stupide chat Azraël s’est fait la malle et que des animaux cherchent à libérer en réalité la prisonnière.

L’hirondelle décide de suivre le lézard car il semble se diriger vers la hutte du sorcier. Et c’est arrivée là-bas qu’elle comprend l’erreur.  Elle n’a pas le temps – ni la carrure – de prévenir Izi, ni de bousculer le lézard. Le reptile secoue les graviers sous ses pattes et projette de la poussière dans les yeux du pauvre chat. Gasganil a tout compris.

  • Abracadabra, chat blanc, jamais tu ne pourras plus prononcer le mot « blanc » ni même l’entendre au risque de te transformer à tout jamais, lui dit-il tandis que la poussière retombe doucement.

Izi n’est plus un petit chat tout blanc, mais, couleur poussière, un gris cendré, sale et terne.

L’hirondelle est revenue dard-dard et vole nerveusement, en décrivant des cercles de plus en plus concentrés, au-dessus d’Azraël et de l’équipe des sauveurs.

  • J’ai tout vu, j’ai tout vu ! Izi n’est plus toute blanche, le sorcier l’a coloré, le lézard lui a tout raconté, vous vous êtes trompés ! dit-elle d’une traite, en haletant.
  • Oh là ! Du calme petite hirondelle ! Qui es-tu et que dis-tu ? Nous n’avons rien compris, dit posément Goupil le renard.

L’hirondelle se pose sur le sommet de la tête d’une vache, car elle n’ose se rapprocher d’Azraël. Elle reprend son souffle, inspire, expire, doucement. Elle remet ses idées en place et raconte tout ce qu’elle sait, tout ce qu’elle a vu, tout ce à quoi elle a assisté.

  • Crotte de bique et purée de mouches, on s’est vraiment gourrés sur toute la ligne, rouspète un chien errant qui a rejoint l’équipe des sauveteurs parce qu’il s’ennuyait.

Azraël qui n’a plus moufté depuis que l’hirondelle est arrivée, ronronne. Mais ce n’est pas un ronronnement habituel. Plus grave, par à-coup, ça ressemble plus à une toux humaine qu’à un ronronnement de chat.

  • Beurp ! dit-il en recrachant une boule de pépins et de trognons. Pardon, désolé, mais ça devait sortir.

Azraël est transformé ! Ce n’est plus le chat noir et blanc, maigrichon et rempli de puces qui est là avec les animaux, mais un homme ressemblant comme deux gouttes d’eau à …

  • Gasganil ?! Viiite, mettez-vous tous à l’abri, c’est le sorcier, c’est le sorcier ! hurle un écureuil gris et noir.
  • Oh là ! Du calme ! Du calme ! Je ne suis pas Gasganil, mais son frère. Son petit frère ! Voilà bien des années qu’il m’a transformé, sans le vouloir, sans le faire exprès, quand il étudiait les sorts de transformation. J’ai toujours dit qu’il était mauvais, mais je me suis moi aussi trompé. Il est doué, malheureusement, très doué.
  • Le … le frère ? Gasganil a un frère ? Et… tu es aussi un … un sorcier ? demande timidement l’écureuil gris et noir qui s’est réfugié en grimpant dans un arbre.
  • Oui, j’ai quelques notions de sorcellerie, mais je n’aime pas m’en servir. Toutefois, j’aimerais rendre la monnaie de sa pièce à mon frère ! La vengeance est un plat qui se mange froid. Et puis, votre petite Izi, elle a toujours été gentille avec moi, me laissant les restes de l’une ou l’autre de ses gamelles, quand elle le pouvait. J’aimerais l’aider, vous aider à la sauver, elle mérite de retrouver la liberté.

Un autre plan se prépara avec cette fois toutes les bonnes données en mains, en pattes.

Alors que certains s’occupaient de trier la nourriture de la poussière de sort dans les gamelles que recevaient Izi, d’autres surveillaient les allées et venues du lézard, ses moindres faits et gestes étaient enregistrés et restitués fidèlement au groupe, à la veillée.

Il a fallu sept jours et sept nuits pour que le plan soit prêt et que notre petite chatte blanche devenue grise ne soit plus sous l’emprise de sortilèges divers et variés.

La grande surprise du sauvetage était l’arrivée d’Azraël, sous forme humaine. Le grand sorcier, s’il n’avait pas oublié l’existence de son frère, avait complètement occulté le fait qu’il était responsable de sa transformation en chat ! Voilà plus de cinquante ans que le sorcier Gasganil croyait son frère disparu. La surprise de sa visite était donc de taille. Le temps pour Azraël – continuons à l’appeler ainsi si vous le voulez bien – de jeter discrètement un sort positif à Izi qui dormait dans son panier :

  • Petit chat tout gris a toujours le mot de la fin. Petit chat tout gris n’aura plus jamais faim. Petit chat tout gris reviendra chez elle dès demain.

Libérée de sa prison invisible, Izi recouvra très rapidement une volonté de liberté et, tandis que les deux frères palabrèrent joyeusement du passé, de la pluie magique et du beau temps maléfique, le petit chat tout gris s’en alla sur la pointe de ses coussinets. Une fois dans la cour, elle pris ses quatre pattes à son cou et gambada joyeusement droit devant elle. A chaque kilomètre passé, elle rencontra un nouvel ami à deux ou à quatre pattes qui lui donna la bonne direction pour retrouver son foyer. Deux ou trois fois, elle se heurta a un lézard à la langue de vipère, mais grâce au sort reçu d’Azraël, elle pu répondre vertement et avoir le mot de la fin dans ses joutes verbales pas piquée des vers.

Arrivée, enfin, chez elle, Izi ralenti sa course. Sa forêt est devenue sombre et d’étranges champignons rouges ont poussé à chaque mois qu’il s’est écoulé sans elle.

Deux ou trois amis rencontrés en chemin l’avaient suivie. Dans ces nouveaux amis, il y en avait un tout gris souris, un chat pacha très sympa, aux yeux ambre.

Comme l’avait prédit Azraël, Izi resta tout gris, ne connu jamais la faim et avait le fin mot de cette histoire.

  • L’avenir appartient à ceux qui le construisent. Qui veut construire son avenir avec moi ? demanda-t-elle en faisant les yeux doux au chat pacha à la robe gris souris.

La légende ne raconte pas comment Izi finit par découvrir un anneau magique, en or massif. Toujours est-il que si vous croisez un couple de chat gris, dont l’un des deux à des yeux vairons et l’autre des yeux couleur ambre, ne soyez pas surpris qu’ils laissent sur votre chemin une parole bienveillante d’or et d’argent.

Faire du sport avec les animaux de la ferme

Visite habituelle à notre refuge préféré : Animal sans toi…t.

Mi-novembre. Le froid arrive. La prairie des moutons est spacieuse, mais l’entrée commence sérieusement à être boueuse.
Les petits, les grands, les blancs, les bruns, tous les moutons vont être déplacés vers leur abri d’hiver où il fait bon bêler.
On ferme l’ouverture du 2e enclos dans lequel les animaux aiment se réfugier et gambader à l’abri des regards. La remorque est manoeuvrée de façon à ce que la porte colle à l’entrée de l’enclos. Il y a des « trous » sur les côtés, mais les moutons, s’ils sont habiles à nous éviter ne pensent pas toujours à s’échapper par les petits espaces non gardés.

Ils sont une bonne vingtaine, peut-être trente.
Ils sont tous appâtés avec une belle quantité de foin frais. La présidente les appellent, certains par leur prénom. Elle les encourage à la suivre et leur donne à manger. Le foin frais pour les moutons et les chèvres, c’est comme la carotte qui fait avancer un âne.  Il suffit d’un seul, un seul mouton doit montrer le chemin, passer la grille et marcher sur la porte de l’engin pour que d’autres le suivent.
La plupart des jeunes sont dans cette première partie. Une petite corde est attachée à leur cou, cela suffit pour les guider vers leur nouvel abri. Un gros mouton brun avec de belles cornes à réussi à s’échapper, le coquin. Il a trouvé la faille, un trou sur le côté. Oh ! Il n’ a pas été bien loin, il a brouté de l’herbe fraiche et a attendu qu’on essaye de le rattraper. Ce que Fabrice a rapidement maîtrisé en le prenant par ses cornes.
Un 2eme et 3e trajet seront nécessaires pour déplacer tout ce petit monde laineux.
Ça bêle et ça court.

Le 2eme groupe met un tout petit plus de temps à monter dans la remorque. À nouveau un tiers des bêtes est acheminé tranquillement un peu plus loin dans le refuge.
Le 3e et dernier groupe est encore là.  Il sont sept. Comme les 7 chevreaux dans le conte du loup. Mais nous ne sommes pas des loups, et ça les moutons ne l’ont pas entièrement accepté. À mon avis, ils ont compris. Ils ne sont pas si bêtes.  Bon d’accord, ils ne comprennent pas que c’est pour leur bien et pour les mettre au chaud. Mais ils voient bien que ceux qui sont partis, ne reviennent pas.
Il y a une bonne ambiance, pas de stress, pas d’énervement. Beaucoup de patience et gestes attentionnés. Mais après 10 minutes, force est de constater que du renfort est nécessaire. Cinq ou six moutons étaient entrés mais pour vite en ressortir car personne n’était là pour fermer la porte derrière eux. On a vu un petit en resortir aussitôt qu’il était entré, avec du foin dans sa bouche. Un seul est resté à l’intérieur.
3 personnes ne suffisent pas à regrouper et à diriger ce petit troupeau de six moutons désormais, pas dans cette vaste prairie. La présidente appâtait avec la nourriture, Fabrice bloquait une sortie latérale et Véronique la bénévole s’était mise de l’autre côté pour boucher le second trou latéral.


Et malgré 4 paires de bras supplémentaires, nous n’arrivons toujours pas à réduire l’espace et à conduire les 6 moutons dans la bonne direction.
Un long filet orange et solide est alors apporté. Il est grand mais pas assez pour aller d’un bout à l’autre de la prairie. Mais ensemble, on va y arriver !
Zou, un jeune et fin mouton blanc parvient quand même à se glisser sous la barrière qui sépare l’autre partie de la prairie, il a trouvé la bonne planque. Tranquille qu’il est ! Un de moins. On s’occupera de lui en dernier lieu.
Il en reste donc 5. Vingt à trente minutes seront nécessaires pour coincer les cinq têtes, moins une (qui s’est fait avoir ha ! ha !) = 4 dans leur petite cabane en bois. 1, 2 puis 3 y entrent presque spontanément (ils n’ont plus le choix, ils sont encerclés par notre super équipe + le filet). Je reserre le filet en avançant prudemment; le dernier mouton, un brun avec de belles cornes n’a plus le choix non plus : il doit rentrer dans la cabane lui aussi. Vite on ferme la cabane avec le filet solide en guise de porte. Ouf ! Enfin !
Une personne est restée dans le camion avec le 1er mouton, attaché avec une corde et l’autre mouton qui est entré également. Il reste deux cordes.


Deux cordes pour cinq moutons, dont les quatre ici dans la cabane. Heureusement, 2 des 4  ont des cornes. N’oublions pas celui sans corne qui est encore à rattraper et qui se trouve encore dans l’autre prairie. Véro la bénévole attache un « sans corne » avec une corde. Fabrice en porte un dans ses bras ! Et les deux avec cornes… ben on les guidera en les prenant par leurs cornes ! On garde une corde pour le dernier mouton à attrapper à coté. J’aide Fabienne avec un mouton qui a des cornes, chacune de nous tient une corne. Mais le petit est sacrément costaud et puissant. Il est aussi très fâché. Il se cabre, donne des ruades, se dévisse le cou pour tordre nos mains qui tiennent ses cornes. Incroyable, je n’en reviens pas de sa force et de sa détermination. On n’est pas trop de deux pour le maintenir ! Voilà qu’il se couche par terre. Je dois le remettre debout sur pattes et me fâcher à mon tour. Il doit y avoir 20 mètres environ entre la cabane et la remorque. Dans la boue, avec un mouton remonté sur ressorts ! C’est du sport ! Mais on y arrive. Ouf. Il est dedans. Les quatre courreurs de fonds sont dans le camion. Nous avons à peine le temps de souffler qu’il est temps d’aller chercher le petit dernier. Il est rapidement libéré afin qu’l ne se fasse pas mal. Il a maintenant toute la prairie pour lui tout seul. Il s’en donne à cœur joie ! Qu’est-ce qu’il nous fait courir celui-là ! Il nous balade littéralement à gauche, à droite. À droite, à gauche. D’un bout à l’autre de la prairie, en longueur, en largeur. Il tient à nous prouver qu’il est le plus rapide à la course. Et il est têtu. Il croit qu’on n’a pas compris la première fois et il nous le démontre à de multiple reprises, le bougre ! Mais là, je sens qu’on va l’avoir. On est un peu fatigués et notre patience commence à s’étioler. Il doit deviner notre détermination. Il s’arrête. Il juge l’espace libre par lequel se faufiler. Il nous jauge. Il est tout au bout de la prairie. Il est arrêté et j’ai vraiment l’impression qu’il calcule ses chances de passer entre nous. Et puis, là, une étincelle dans son regard. Il pique un superbe sprint du bout de la prairie pour… pour…  je n’ose pas y croire… foncer vers la sortie, et monter directement dans la remorque ! À mon tour de piquer un sprint, je suis « la plus proche » de lui, à une quinzaine de mètres. J’hésite un quart de seconde : va-t-il rester dans la remorque avec ses potes ou en ressortir ? Dois-je y aller doucement, prudemment ou à fond ? L’on me crie alors « cours ! cours vite fermer la porte ». Je lâche le filet et… je cours. Le sprint de ma vie, dans la boue, pour refermer le plus vite possible la porte ! Il est dedans. On a réussi… et moi je souffle comme un bœuf ! Je n’ai plus 20 ans.

C’est là qu’on se dit que le refuge devrait avoir un chien de berger. Il aurait été vachement plus efficace et plus rapide que nous. (Rires)

Les photos, ces moutons stars, sont bien du refuge, mais les images ne datent pas d’hier. Elles ont été faites tantôt en été tantôt en hiver, déjà dans leur abri. Entre-temps, certains ont été adoptés, d’autres sont arrivés au refuge.