Les transports publics à Liège : TEC

Chez moi, le transport public est payant. Comme beaucoup ailleurs.

Chez moi, le service de ces transports laisse à désirer.

Entre grève spontanée, mouvement émotionnel et problèmes techniques, le client est toujours perdant dans ces cas-là.

C’est bien la seule entreprise à punir ses clients. Ils entretiennent le stress et font croître les violences urbaines à cause de leur comportement.

Les clients, ce sont eux qui ont abandonné leur voiture pour écouter les encouragements de cette entreprise, ce sont les enfants, les étudiants, les personnes âgées, les travailleurs qui veulent vraiment travailler sans être coincés dans les embouteillages, les personnes avec peu de moyens, et celles qui, comme moi avant aussi, ont envie de croire que circuler en transports publics, ça aide vraiment l’environnement.

Alors j’imagine ce que signifie, pour moi, les lettres T.E.C.

  • Troubles Émotionnels Chroniques
  • Trafic d’Emotions Cachées
  • Terribles Emmerdes à Craindre
  • Tempête d’Ennuis Courants

Il n’y a que dans les rêves que ça arrive

Une personne change soudain de visage.

On a un grave accident, même pas mal.

On sait se déplacer dans les airs en volant ou en faisant quelques brasses.

On sait respirer sous l’eau, comme les poissons, sans artifice, le plus naturellement du monde.

On a la capacité de changer de lieu, d’endroit, d’un simple claquement de doigt.

Notre vue est excellente, digne d’un super héros, jumelles avec zoom automatique intégré à nos rétines.

… ( Complétez la liste)


Cette nuit, mon chat Loki a ramené un mulot tout rond, tout roux, avec de la paille encore accrochée à ses pattes. Je me suis précipitée sur la victime, chassé le chasseur, et tenté un sauvetage. Entre mes mains mises en coupole, de l’eau est apparue, noyant presque la petite bête qui a grandi et grossi pour atteindre la taille d’un hamster. J’évacue l’eau, mais celle-ci revient sans cesse comme par magie. Après un temps indéterminé, enfin, il n’y a plus la moindre goutte d’eau visible. Je dépose le supermulot dans une petite boîte en verre transparente.

Rassurée par l’état de la victime, elle va survivre et retrouver la liberté, je dépose la boîte avec l’animal sur la table en bois de la cuisine. Le coléoptère doré se repose. Je l’admire. Un très bel insecte.


Mes rêves sont vraiment fantastiques. Un mélange de magie, de réalité perturbée, de monde parallèle et de fantaisie extra-ordinaire.

Mots piochés dans une grille de mots mêlés

Une idée d’un soir…

Cherchez et trouvez au moins 5 mots dans cette grille de mots mêlés. Et écrivez une histoire. Peu importe l’ordre dans lequel apparaissent les mots, mais ils doivent rester identiques. Pas de conjugaison, de pluriel, etc.

La grille

Mes mots

Jardin
Traquer
Bibliobus
Fleur
Balle
Cresson
Marcheur

Mon histoire

La première fois que je vis cet étrange bus passer au bout de mon jardin, j’étais à mille lieues de m’imaginer où tout cela m’emmènerais ! C’était en hiver. Confortablement installée dans le fautuil de mon salon, je lisais un roman policier humoristique, face à la fenêtre. Face au jardin. Je souriais intérieurement, car dans mon livre, il était question d’une fleur exceptionnelle qui ne s’ouvrait qu’en hiver. Une fleur bleue, minuscule, aux grands pouvoirs. Méconnue tellement elle était ridiculement minuscule, elle n’en était pourtant pas rare. Mais quel jardinier allait s’amuser à ramper à quatre pattes dans son jardin détrempé par la neige ou par la pluie grésille ? Moi. Je ne suis pas du tout jardinière. Je n’ai pas la main verte, mais je sais encore m’émerveiller de chaque trésor de la nature. Et, quand j’étais allée rechercher la balle du chien du voisin qui était arrivée dans mon jardin, je l’avais vue. Je les avais vues. Elles étaient une poignée. Dix ou douze. Groupir. Rassemblées près du carré de cresson qui viendrait au printemps prochain.

L’un de leurs pouvoirs, est l’équivalent d’un somnifère puissant. Très puissant. À endormir un éléphant. Un éléphant, pas un cheval. Dans mon bouquin, un policier rigolo, un des personnages a utilisé cette fleur pour endormir son facteur. Il était tombé raide dingue de ce facteur et voulait rejouer la scène du baiser qui réveille. Il croyait vivre un véritable conte de fées. Malheureusement, dans sa hâte, l’amoureux a laisser mijoté un peu trop longtemps les pétales de cette minuscule fleur, et le somnifère s’est transformé en poison. Le facteur, ancien marcheur décoré, en est mort et le coupable a eu beau lui donner tous les baisers les plus sincères, les plus fougueux, les plus passionnés, il ne réveilla pas son facteur charmant.

J’avais levé la tête à ce passage, projetant mon regard à ces fleurs qui somnolaient au fond de mon jardin, quand j’avais vu le bus passer dans la rue. Un bibliobus. Le premier. J’habite un quartier très sympa, verdoyant et calme, éloigné de tous commerces et de la bibliothèque communale la plus proche. Ce bibliobus était une belle idée pour moi qui dévore les bouquins à la vitesse de la lumière.
Il ne passait qu’une fois par mois. J’avais droit à emprunter sept livres en une fois. Je prenais mon temps. Le chauffeur et bibliothécaire était aussi craquant que le facteur dans mon livre. Allais-je traquer le chauffeur craquant et croquer au fruit interdit ?

Effet secondaire d’un somnifère

Eh bien non ! Je ne prends pas de somnifère, j’ai toujours eu la chance de pouvoir et de savoir m’endormir très vite, quand je le veux. Et pourtant, je suis en train de me demander ce que mes enfants ou mon compagnon mettent dans mon eau ou dans mes repas du soir pour faire des rêves aussi tordus et bizarres ! C’est flippant !

Si au moins je peux dire que je prends un médicament, quel qu’il soit et qu’il s’agit là d’un effet secondaire ou indésirable, mais que nenni, je prends actuellement juste la vitamine D et mon jus de citron matinal. Ou est-ce une overdose de vitamines qui provoque ces délires nocturnes ?

Le livre que je lisais, et que j’ai fini par abandonner à la moitié (aussi loin, il est rare que je stoppe ma lecture, mais si c’est pour m’ennuyer, ça ne sert à rien) aurait pu en être la cause vu ce qu’il y avait d’étranges bestioles dans cette histoire, mais ça fait deux jours et deux soirs que je ne l’ai plus ouvert et que j’ai commencé un autre livre…

Ou alors, c’est à effet retard. Comme certains médicaments (rires).


Il fait beau. C’est le printemps. Dans le jardin, des fleurs s’épanouissent. Nous sommes plusieurs à être là, à papoter, à regarder les insectes butiner, un verre de jus de pommes à la main.

Nous sommes plusieurs, mais j’ai l’impression d’être la seule à être vraiment là. Une désagréable sensation que les autres, c’est du vent. Une façade. Une image qu’ils se donnent. J’entends un brouhaha de blabla, sans discerner les mots, sans comprendre les phrases, sans entendre les rires faux et superficiels. À bien les regarder, eux ne font attention à rien, fleurs, insectes, papillons, n’existent pas. Uniquement la ou les personnes en face d’eux. Le centre de leur attention est dévié.

J’avance dans l’herbe haute. Le jardin s’est transformé en champ. Immense. Les gens me semblent moins nombreux. Je respire mieux. Par-ci, par-là des bloqués de verre, comme des serres ou des vérandas disposés nonchalamment dans le champ. Une sorte de cuisine ici. Un atelier de menuiserie là-bas.

Tout à coup, je le vois. La voit. Une flèche bleue. En vol. Elle fonce. Le Martin-Pêcheur a vu un poisson nager dans le petit étang, à travers la vitre d’un bloc de verre. Le choc est inévitable. J’assiste impuissante à l’accident. PAF ! J’attends une ou deux secondes qui me semblent interminables. Va-t-il se relever ? S’en remettra-t-il ? Il ne s’envolera pas. Il est sonné. Vite ! Vite ! Je vais le retrouver. Je pousse des coudes. Je demande pardon. Personne ne se soucie de moi. Et encore moins de l’oiseau inconscient qui traîne par terre.

Il est là. Je le prends délicatement dans mes mains. Il semble bien plus grand que dans mon souvenir. Des Martin-Pêcheurs, j’en ai déjà vus. Plein. Taille d’un Rouge-Gorge, un chouia plus grand peut-être, plus robuste, plus « trapu ». Celui que je tiens entre les mains a la taille d’un Pigeon ramier, et encore, plutôt une corneille, mais avec la force des ailes d’un Pigeon. Il s’est à moitié réveillé. Je fais attention à son long bec, comme un poignard, comme celui du Héron, en plus court néanmoins. Je desserre mon étreinte. J’hésite à essayer de le relâcher. Mais pas ici. Pas avec tout ce monde. Le champion de la pêche, se calme aussitôt. Il retombe tout mou dans mes mains. Sous le choc. Ne pas le relâcher immédiatement. Le mettre à l’abri. Dans le noir. Dans le calme. Après on verra. Après, je verrai.

À travers son plumage électrique, je sens son petit cœur battre. Son pouls est rapide. Il galope tel un cheval dans une prairie. Son corps est tout chaud. La température corporelle des oiseaux est plus élevée que la nôtre. Même plus haute que celle du chat. Elle avoisine les 40-41 degrés Celsius, si je me souviens bien.


Saut dans le temps, saut dans l’espace, saut dans le monde onirique. Toujours des gens. Plein de gens. Dans une immense maison à plusieurs étages. Je suis au rez-de-chaussé. Beaucoup d’enfants aussi. Bruyant. Criant. Courant partout. Ma collègue à la librairie est là. Je la retrouve dans une pièce à l’écart. Elle me parle de sa belle-famille. De sa méchante marâtre. Sa belle-mère, je l’ai vue il n’y a pas si longtemps, elle ne me semblait pas terrible, pas méchante. Que du contraire.

« Les gens sont faux » me dit-elle. Elle est en pleurs. Je la console comme je peux. Un peu maladroite, mais remplie de tendresse. Je n’aime pas voir les gens que j’aime, si mal. Je suis une éponge. J’absorbe leur mal-être et je me sens mal à mon tour.

Elle est partie se changer les idées. Dehors. Prendre l’air. Respirer. Me laissant seule. Avec tous ces inconnus. Je mange un biscuit. Avec du chocolat. Le chocolat est réconfortant. Des enfants arrivent. Ils courent autour de moi. Ils rigolent avec force et vie. Je me sens oppressée. Je n’aime pas le bruit. Je déteste les cris. Les rires exagérés. Tout à coup, un enfant me chipe mon biscuit. D’autres ont pris mon pull. D’autres ont caché mes affaires. Mon téléphone portable. Mes clés. J’essaie de récupérer mes affaires. Je maintiens une petite fille. Huit ans maximum. Elle me défie du regard. Elle a une force surhumaine. Je n’arrive pas à lui faire lâcher prise. Elle sourit. Elle se moque de moi. Alors je mord un doigt. Et je la regarde. Elle n’a pas mal ! Je suis démunie. Je veux récupérer mes affaires. C’est à moi. Je me mets à pleurer. Toutes les gosses se moquent de moi. Me montrent du doigt. Quand les mères rappellent leurs rejetons, elles s’en vont, légères, sans se soucier de la souffrance qu’elles ont causé chez moi. Insouciantes. Égoïstes. Mal élevées. Méchantes.


Le réveil est brutal. Subit. Comme un appel d’air. Bouche sèche et pâteuse. Gorge serrée. Besoin de me lever. De marcher. De retrouver mes esprits. À côté de mes pompes. À côté de mes pantoufles. Pas bien. Ailleurs. Déstabilisée.

Je me prépare un chocolat chaud, oubliant mon jus de citron matinal et même mon thé, ma routine. Et je mange un biscuit au chocolat en guise de petit-déjeuner !!

Je ne veux plus me rendormir.

On est dimanche. Il est 6h30 quand je me réveille pour de bon.

La neige

Dans le soleil, sur fond de neige immaculée, une tache orange. Un rouge-gorge sautille de branche en branche. Un deuxième arrive près de lui. Lequel en premier se met à chantillonner ? Siffler doucement. Un roucoulement aigu, qui roule et qui chante. Qui rebondit dans ce silence hivernal. Il n’aurait pas dû. Le chanteur est chassé. Les deux oiseaux sont au sol et des coups de pattes et de bec sont donnés. Ils roulent littéralement dans la neige. J’ai froid pour eux.

Le conflit semble terminé. Ils remontent dans l’arbre, non loin du sol. Mais ils n’ont pas dit leur dernier mot. La scène recommence. Course poursuite dans les airs, se posent au sol, les pattes tendues, les ailes dans la poudreuse fraîche et lumineuse.

Un samedi matin pas comme les autres.

En Belgique, Liège, nous n’avons pas souvent autant de neige. Alors, autant en profiter. Marcher comme sur de la glace. À petits pas. S’arrêter pour observer. S’arrêter pour ne pas glisser. Et sourire aux oiseaux.