Je parle toute seule. Ce n’est pas nouveau. Je parle aussi aux animaux. Et je me parle. Comme je m’écris et j’entretiens des dialogues avec moi-même.

Voir mon article du 10/07/2026 qui a pour titre
« à la découverte de la vie, dialogue dans la nature ».

Pas plus tard qu’hier soir, j’ai ressorti un livre Marcher pour décider, de Chiara Kirschner, paru aux éditions Vuibert. Presque pile poil un an après l’avoir acheté, ouvert et commencé. Et en fait, en écrivant une nouvelle page de garde dans mon cahier spécialement customisé pour ce livre, j’ai commencé à m’épancher. Après quatre pages écrites, au format A5, je me suis dit : « M’enfin, tu as un grand cahier A4 pour déposer toutes tes pensées, réflexions, cogitations, ruminations… pourquoi écrire ceci dans celui-là ? »

-Je ne sais pas, je n’ai pas réfléchi, un mot en amenant un autre, voilà.

-Que vas-tu faire maintenant ? Tu vas couper et coller les feuilles A5 dans ton cahier A4 ?

-Quelle idée ? Bien sûr que non ! J’avais pour but de poursuivre, de reprendre, le cheminement du livre. Et le marque-page indiquait le chapitre consacré à « Préparer sa marche et trouver la bonne question ». C’est une préparation pour l’exercice 3.

-Tu vas me dire que tu ne sais pas quelle question poser ? Je te connais, tu as toujours trente-six mille questions dans ta tête.

(Moi qui souris et lève les yeux au plafond) — Ben si, justement. J’ai trop de questions et je ne sais pas laquelle choisir maintenant. Vois-tu, en lisant le sous-titre du livre Pratiquer la marche d’inspiration et déclencher nos transitions de vie, j’ai compris qu’en effet, j’étais en pleine transition. D’ailleurs, voici ce que j’ai écrit dans mon cahier.

Livre + carnet dédié Marcher pour décider

Ensuite, j’ai continué sur ma lancée. C’était quasi de l’écriture automatique (j’en parlerai ultérieurement dans un autre article). J’avais bien mon stylo plume en main, l’écriture était posée, calme, jolie. Et j’en suis naturellement venue à écrire sur cette transition que je sens en moi mais que j’ai du mal à expliquer, à (me) raconter.

— Je connais ça, tout en écrivant, les mots et les images venaient naturellement dans ta tête et tu ne faisais que noter ce que tu voyais défiler. Un peu comme au cinéma, tu assiste à une projection d’un film, si ce n’est que le film, c’est ta vie, tes pensées.

— Exactement ! Ainsi, j’ai écrit « (…) Je ne sais pas pour quelle raison, je trouve le temps long. (…) Et ici, maintenant, je ne sais même pas quelle question poser pour avancer ou démêler le nœud dans mes pensées. »

— As-tu pu écrire une réponse ou des pistes de réponse ?

— Oui, j’ai repensé à ce qui s’était passé, en moi, à la retraite d’écriture. (voir article du 04/08 : libérer les mo(r)ts). J’ai donc appris que je traverse une phase, un passage, un chemin vers de nouveaux horizons.

— Et donc ?

— Je n’ai pas encore détaillé la réponse, je me suis arrêtée là.

C’est ainsi, à ce stade de mon dialogue avec moi-même que je suis partie faire une petite balade à pied ce matin. J’ai profité que la chaleur n’était pas encore suffocante pour quitter la maison dès 8h. Et c’est au coin de ma rue que tout à coup je me suis dit « Eh ! essaie de faire une marche d’inspiration. Tu trouveras peut-être des pistes sur ton chemin. »

J’ai donc essayé de faire le vide dans ma tête. Vraiment pas facile. Je n’ai pas trouvé le bouton « stop ». Alors, je me suis arrêtée sur le trottoir et je me suis dit « Bon, maintenant, quel chemin je dois prendre ? » Dans ma tête, des dizaines et des dizaines d’images apparaissaient pour disparaître aussitôt : appareil photo, insectes, oiseaux, ma main qui écrit, mes stylos avec leurs encres de toutes les couleurs, le lieu de mon stage, la maison que nous louons, mes chats, mon ordinateur, des contes à raconter et à écrire, mon ancien travail d’accueillante à Bruxelles, les magasins Nature et Découvertes où j’ai aussi travaillé, quelques anciennes collègues. Mais aussi mes yeux, pour lesquels je vais devoir être opérée encore une fois.

Tout ça, c’était trop, tout ensemble. J’ai fermé les yeux, j’ai inspiré un grand coup, lentement, j’ai bloqué quelques secondes puis j’ai expiré lentement aussi. Et je me suis remise en marche.

Le vide était enfin là. Il était tout noir. Dans ma tête, plus une seule image. Et le soleil commençait déjà à chauffer. Pas un oiseau, pas un insecte. Le ciel bleu. Et là, par terre : une plume. Noire et blanche, moitié-moitié. Je l’ai ramassée, je l’ai lissée. Elle était belle et assez grande. Je l’ai mise dans la poche de ma chemise, côté cœur.

Sur mon chemin, j’en ai trouvé plein, des plumes. Des plumettes, du duvet. Beaucoup de noir et blanc en différentes proportions. Des grises aussi. Des toutes blanches également. Et des noires, mais qui n’étaient pas belles, abîmées, celles-là, je ne les ai pas ramassées.

J’ai pensé que je devais voir le vide à moitié rempli. Faire des concessions. Mais pas trop. Trouver un équilibre. Prendre deux choses et les combiner. Ou faire deux choses pour le juste milieu de la balance.

Voilà où j’en suis maintenant, à bientôt midi. Pas beaucoup plus avancée, si ce n’est que je sais désormais que je ne dois pas choisir entre deux « choses », je ne dois pas arrêter ou exclure une activité ou un projet. Je dois doser sans séparer, trouver le juste milieu, ma terre du milieu, le quai 9 3/4 à moi, ma destination, mon but.

plumes trouvées balade du 14/08/2026

C’était donc un article consacré à l’écriture dialoguée :-)


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