Une clé tourne dans la serrure. La poignée s’abaisse lentement. La porte s’ouvre avec douceur, mais les chaussures qui rentrent font tac, tac, sur le parquet, et cette façon de poser les pieds au sol avec ce bruit sec et aigu trahit une certaine autorité. Des chaussures noires, cirées, pas très grandes couvrent des pieds emballés dans un tissu fin, couleur chair. Un parfum floral brise le fumet de la peur. Des sentiments mélangés tourbillonnent dans la tête du garçon. D’habitude, c’est un homme qui vient, toujours le même, souvent seul, parfois accompagné d’un autre homme. Son père ? Ça se pourrait bien. Mais à dire vrai, il n’en sait rien. Depuis qu’il ne sort plus, depuis qu’il est confiné dans cette pièce, jour et nuit, nuit et jour, il a perdu la plupart de ses repères. Il faut dire que sa dernière sortie remonte à très longtemps. A combien de temps exactement ? Il ne le sait plus. A trois ans sans doute. Trois ans ! Et il a quel âge aujourd’hui ? Six, sept ans peut-être ? La moitié de sa vie ! Ils lui ont déjà volé la moitié de sa vie.
Il se souvient de l’angoisse qu’il avait ressentie quand sa mère ou du moins le souvenir d’une femme qui pourrait être sa mère, lui avait dit qu’il allait rentrer en maternelles. Il avait eu très peur car jusqu’ici, enfant unique, il n’avait vu aucun autre enfant.
Il suppose donc que la femme qui rentre est sa mère. Cela fait trop longtemps qu’il n’a plus vu la femme qui était avec lui quand il était bébé qu’il en a oublié son visage. D’ailleurs, elle aussi n’est pas très sûre de ce que l’enfant pense, car elle l’interroge sans détour :
– Bonjour mon ange, tu te souviens de moi ?
Il ne sait même plus comment il s’appelle. Cela fait si longtemps qu’on n’a plus prononcé son prénom. D’habitude, l’homme l’appelle « mon poussin » ou « mon trésor » ou « mon chéri ». Et voilà qu’elle aussi s’y met avec « mon ange ».
Le petit ange n’ose pas parler. Il ne sait pas quelle serait la meilleure réponse. Est-ce que ces grands yeux verts lui rappelle quelque chose ? Pas vraiment. Son nez peut-être ? Non plus. Sa voix ? Bof. Mais la silhouette générale lui est familière. Non ! C’est le parfum qu’il reconnaît. C’est elle !
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Merci Béa, ce sera pour après-demain, une suite, tous les 2 jours… et j’essaie entre les deux, de poster un autre article :-)
bonne soirée,
bizzz
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Merci, ça vient, j’ai programmé la suite, tous les 2 jours :-) bonne soirée,
bisous
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Coucou Cécile
Idem comme Cigalette, j’attends la suite avec impatience…
Bises
Béa kimcat
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Oh! magnifique j’attends la suite avec impatience bonne journée bises
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