Noir. Noir comme une nuit sans lune.
Noir. Noir comme un four éteint.
Noir. Noir comme un tunnel sans éclairage.
Dans l’obscurité de la nuit, tu te faufiles discrètement. Tu nous suit partout sans que nous le sachions.
Dans le silence de la nuit, tu glisses sans un bruit. Tu furètes dans tous les moindres coins.
Dans le calme de la nuit, tu te tais, tu te fais tout petit.
Tu es invisible ! Personne ne te voit. Ouvre donc grand tes phares verts qui se cachent sous tes paupières abaissées. Montre ta présence, dis que tu es là, sinon, sans le vouloir, on t’enfermera : salle-de-bains, toilette, garage… des tas d’endroits qui attisent ta curiosité, des tas d’endroits que tu aimes aimes explorer dès la nuit tombée.
C’est étrange que tu descendes les escaliers tel un hippopotame, boum-boum-boum, alors que tu es le plus petit, le plus léger.
C’est étrange que toi, l’hippopotame des escaliers, te transformes en une plume minuscule aussitôt enfermé.
Tu es un magicien. Tu disparais quand ça te plait ! Tu es un hippopoplume !
Orion, chat noir, s’est encore une fois fait enfermé dans la toilette. Un récidiviste. C’est la deuxième fois en dix jours que cela se produit. Alors que d’habitude, il sort la nuit, voilà que quand il décide de roupiller à l’intérieur, il joue aux explorateurs !
