Cette nuit, aux alentours de 3h33, j’ai entendu du bruit. Léger. Ténu. Bref. Comme quelque chose qui tombe. Sans se briser. Sans éclater. Sans se casser. Juste assez pour me réveiller. Et puis, plus rien. Phase de sommeil léger, je me suis rendormie aussitôt.
D’étranges petites créatures ont peuplé mes rêves. Boules de poils de la taille d’une demi-pomme, en plus allongée, courtes sur pattes courraient dans tous les sens. À m’en faire tourner la boule. Dans ce songe animalier, je devais les attrapper. Elles étaient trois, comme les trois mousquetaires. Comme les trois formes de la matière : solide, liquide, gazeux. Comme l’écoulement du Temps : passé, présent, avenir. Comme les trois règnes de la Nature : minéral, végétal, animal.
Le chiffre 3 est, pour une raison que j’ignore, mon chiffre préféré.
Donc trois boules de poils. Trois bestioles courtes sur pattes qui n’ont pas besoin de se faire la courte échelle pour grimper partout. Absolument partout : rideaux, fauteuil, mur. Spideranimal !! Trois créatures absolument mignonnes mais résolument espiègles qui ont décidé de jouer à « attrape-nous si tu peux ». Elles vont me rendre chèvre. Je ne sais plus pourquoi je devais les attraper. La raison s’est échappée à mon souvenir. Elle a pris la fuite comme ces petite créatures croquantes. Donc je m’arrête de courir. Je les observe. Elles sont marrantes. Malgré leur morphologie ramassée, compacte, elles sont souplesse. Légèreté. Vitesse. Rapides comme des musaraignes qu’elles ne sont pas, elles savent même faire des bonds. Grimper. Courir. Bondir. Elles ont tout pour plaire… Boules d’énergie poilues. Adorables. En les regardant s’activer et filer comme l’éclair, je remarque qu’elles ont, toutes les trois, trois couleurs différentes. L’une est noire, blanche et grise. L’autre est rousse, blanche et noire. La dernière est noir et blanche. Flûte, elle n’a que deux couleurs. Pas trois. C’est le yin et le yang.
Le rêve m’emmène quelque part. Ailleurs. Dans un autre univers. Parallèle. Nouveau. Inexistant. Fantastique. Rêvé.
Un temps plus tard. Un temps certain. Un certain temps dans le temps réel. Ici et maintenant. Aujourd’hui. Ce matin.
Mes paupières se lèvent avant le jour. Brouillard dans le regard encore ensommeillé. Je frotte mes volets. Et la lumière se fit : esprit des ampoules éclairantes, merci d’être là, bien vaillant, alerte, vif et lumineux.
Le mode automatique est enclenché :
Pieds à terre. Redressement du corps à la verticale. Pression de vessie. Vidange obligatoire. Ne pas écraser un chat. Ne pas tomber dans les escaliers en voulant éviter la queue ou la patte d’un chat. Faire abstraction d’éventuelles taches mouvantes ou fixes sur le mur (araignées). Couper l’alarme. Ouvrir la porte aux chats vadrouilleurs. Donner à manger à tout ce petit monde. Et bla bla bla.
Après d’autres rituels et aides à la mise en route de la journée, ça y est, je sors.

Je ferme la porte. Je tourne le dos à la porte de la maison. J’ouvre celle de ma voiture. Et là, devant moi, une plante. Une grande plante. Une très grande plante. Vraiment immense. Géante. Hallucinante. Je me frotte les yeux. Mes volets sont bien ouverts. Bien propres. Bien éveillés. Un flash soudain percute mon cerveau. Cette nuit. À 3h33. Un bruit. Et puis plus rien. Quelque chose est tombé. Cela ne m’a pas inquiétée. Il est 7h30. Le ciel est bleu. Le soleil va aveugler ma conduite automobile. Le ciel est bleu. Et blanc. Un nuage. Une forme. Une sorte de nuage avec une forme. Une forme de nuage en quelque sorte. Un doute. Une question. Un délire. Délire ? Non ! Une vérité. Une trouvaille plutôt. Jack et le haricot magique est passé par ici ! Jack existe. Pour de vrai. Une vraie fausse histoire ! Une vraie fausse magie ! Mais ce n’est pas un haricot qu’il a fait tomber. Non. Autre chose. Autre plante. Autre fruit ?
À votre avis ?
