Jeux d’écriture au château de Sartay (suite)

Suite de mes petits textes, de l’empreinte laissée par mon imaginaire envoûté par la dynamique de ce groupe extraordinaire, guidé par Stéphane Van Hoecke

Réponses à un questionnaire (je ne mets pas tout, juste ce que j’ai aimé « trouver » sur le moment même)

Q. Que voudriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?

R. Je ne veux ni un âne, ni un ver, ni un cerf, mais je veux des sourires (âne-ni-ver-cerf = anniversaire)

Suite de phrases après le début imposé « Quand j’écris, … »

Quand j’écris, je ne fais pas pipi.
Quand j’écris, je pense, donc je suis.
Quand j’écris, je vis.
Quand j’écris, j’aime me laisser surprendre par mon clavier.

Idem mais avec « je suis comme »

Quand j’écris, je suis comme envoûtée par la gentille sorcière des rêves imaginaires.
Quand j’écris, je suis comme un arrosoir (mot imposé) qui déverse, goutte à goutte, mot à mot, le contenu de son cerveau.
Quand j’écris, je suis comme un pirate (mot imposé), qui a peur du « tic tac », un pirate sympathique qui fuit les bruits du temps et les silences vert-crocodile.

 

Se ressourcer avec l’écriture

Oui, je me suis ressourcée grâce de supers moments partagés avec un groupe d’écriture extraordinaire, lors d’un atelier organisé par le tout aussi extraordinaire Stéphane Van Hoecke :-)  (clic)

Voici ma modeste contribution à cet atelier qui m’a laissé plein de souvenirs bien agréables. C’était là où j’étais le week-end passé, à cet endroit que j’ai découvert en avril 2016… au château de Sartay, à Embourg, Liège, Belgique. (les photos extérieures datent de mon 1er atelier d’écriture là-bas, en avril 2016. La photo intérieure = février 2018)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Écrire un texte qui parle de l’écriture à partir de mots choisis dans différents textes reçus + à partir des mots qui ont été imaginés en regardant des dessins illustrant « la page blanche » + un mot choisir avec la 1ère lettre de nos 6 prénoms (Amélie, Carine, Dominique, Charles, Stéphane, Cécile)

–> À partir de ces mots et dans l’ordre :

Illusion – Se libérer – Penser-panser – Groupe – Paupières – Frontières – Capacité – Déclamation – Création – Apprendre – Stylo

L’écriture n’est qu’une illusion, faut pas se leurrer ! Se libérer de nos pensées ou comment panser un groupe qui écrit sous leurs paupières ? L’écriture n’a aucune frontière ; elle fait grandir dans ses entrailles la capacité à élaborer quelle que déclamation que ce soit. L’acte de création n’est que le reflet de nos apprentissages, de nos désirs enfouis sous la délicatesse du trait de notre premier stylo tenu entre nos doigts enfantins.

Texte à écrire suite à 10 mots imaginés : aïe – maisheu (mais) – aimer – partage – oiseau (oie + zoo) – bleu – journée (jour + née) – voler – lumière – fantastique

Aïe ! Cette lumière fantastique, ce bleu si puissant, réverbère une illusion sur la vitre et un oiseau amoureux de l’image irréelle la heurte en plein vol ! C’est ainsi que sa journée s’est achevée, mais non sans mal, il l’a quand même partagée.

D’autres textes disséminés dans les prochains jours… :-)

Les disparus de la 58 explications

D’abord, un lien pour chaque texte afin que chaque auteur de « départ » puisse retrouver la suite que j’ai imaginée pour leur personnage.

Dominique   –   Dorothea   –   Josée   –   Lilyne   –   Lyn   –   Martine   –   Michel   –   Odile   –   Paul Eric   et   Ginette

Une petite explication supplémentaire à propos de ces textes, de ces 10 textes, que vous avez lus.

J’ai démarré l’écriture très vite, parfois l’histoire venait rapidement, parfois non. C’est quand j’ai commencé à être bloquée que j’ai eu l’idée de prendre des contraintes (du livre d’Eva Kavian) pour m’aider à terminer le défi que je m’étais imposée ;-)

Donc pour les premiers textes qui étaient déjà écrits, je suis revenue un peu en arrière, et je les ai retravaillé légèrement afin de coller à la contrainte. Mais, comme l’a si justement bien expliqué Stéphane Van Hoecke lors de l’atelier d’écriture, les contraintes existent pour nous aider à démarrer, à approfondir notre texte, notre histoire, elles ne doivent en aucun cas être un frein à l’imaginaire. Donc, on peut, parfois, s’écarter légèrement de la contrainte, c’est ce qu’il m’est arrivé 2 fois je pense, pour 2 textes différents.

Comme je ne suis pas quelqu’un qui écrit de longues histoires, bah, oui, j’avoue qu’à la fin, pour le dernier texte (désolée Ginette), j’en avais un peu marre. J’ai voulu faire court en racontant que tout cela n’était qu’un rêve, mais en lisant le tome 2 du livre d’Eva Kavian (oui encore et toujours elle, hihi), j’apprends que clôturer un suspense par l’explication d’un rêve, c’est d’un banal horrible sans parler que l’effet tombe à plat, bref, c’est nul.

Donc, je ne l’ai pas fait… et j’ai essayé d’écrire vite fait 3 minis versions pour ce personnage. Pourtant, ce jeu, cette contrainte d’écrire plusieurs versions d’un même événement, vu par différents protagonistes est super intéressant… je le referai donc une prochaine fois avec un autre texte :-)

Enfin, je remercie Nicole, de Tisser les mots et tous les auteurs des 10 textes pour leurs imaginaires et leurs histoires…

Les disparus de la 58 – 9

Texte de Paul Eric, contrainte empruntée du livre d’Eva Kavian.

Contrainte page 70 : raconter une journée dans l’agenda d’un personnage, avec un moment imprévu… (ce personnage m’a inspiré pour le week-end d’écriture de Stéphane Van Hoecke. Ce facteur, un peu différent, se retrouve dans « mon village ») Un facteur, l’un de mes personnages de mon petit village)

Roland, en ce mardi 19 avril 2016, n’a pas envie de se lever. Pensionné depuis quelques brèves années, il a pris l’habitude de profiter du bien-être qu’il éprouve à rester dans son lit. Avant, il devait se lever tous les jours à 5 heures du matin pour pouvoir être prêt pour la première distribution du courrier. Aujourd’hui, son agenda est quasi vide, le matin, il n’a absolument rien de prévu. Peu avant midi, il devrait, pour s’obliger à sortir un peu et à aérer son esprit, rejoindre son café préféré, celui qu’il connaît depuis qu’il travaille. Même s’il garde cette visite quotidienne dans son planning, c’est davantage pour écouter les ragots et autres rumeurs qui circulent dans son petit village que pour vraiment tisser des liens. S’il mange souvent un petit quelque chose, un croque-monsieur ou une omelette à midi, dans ce même café, il part généralement juste après, car rester trop longtemps fini par user, par fatiguer, par s’énerver.

Il rentre donc souvent sur les coups de quinze heures, à pieds. C’est qu’il est juste à la sortie du village, au bord, à la limite, et à son âge, marcher un kilomètre et huit cents cinquante-trois mètres lui demande presque une heure pleine. Quand il était jeune, il s’amusait à se chronométrer, à comparer, à jouer avec le temps. Il reliait sa petite maison et son café en vingt-sept minutes, parfois même moins, mais il ne s’est jamais pressé.

Ce mardi, il décide donc de refermer les paupières pour un réveil définitif reporté, plus tard.

Ce matin, c’est ce qu’il se disait quand, pour la première fois de cette journée, il a ouvert les yeux. Mais ça c’était avant d’entendre un bruit particulier. Roland avait à peine refermé ses yeux que le glissement d’une feuille l’a alerté. Il connaissait ce bruit, ce chuchotement, ce murmure pour l’avoir tant de fois fait chez les autres. Glisser une enveloppe sous une porte, discrètement, secrètement, il adorait ça. Il s’imaginait alors la tête du conjoint, ou de l’enfant qui découvre l’enveloppe.

Aujourd’hui, maintenant, tantôt, tout à l’heure, ce matin, c’est à lui que c’est arrivé.

A présent, sur cette île, Roland, qui a aussi l’âge d’être grand-père, mais qui ne l’est pas car il est sans enfant, continue à marcher sans se préoccuper de tous ces gens qui sont apparus tantôt à sa gauche, tantôt à sa droite. Dans sa tête d’ancien facteur, il se remémore chaque indice qui lui permettait d’identifier tous ces voisins, ces habitants, ces destinataires de courriers. Dans sa barbe qu’il n’a plus rasé depuis 10 jours, il sourit d’une bouche édentée. Combien de secrets il a déjà percé rien qu’en observant attentivement les courriers de ses voisins ? Une enveloppe légèrement colorée par ici, une autre parfumée par là-bas, et une troisième décorée d’une belle écriture, fine, onduleuse, précise, calme.

Puis ces petits colis, venant parfois d’un autre pays. Ou ces enveloppes plus grandes, plus lourdes, qui faisaient parfois des petits bruits quand il les secouait. Mais, jamais, il n’a montré qu’il savait. Car, parfois, quand même, il avait des doutes. Ce ne serait pas juste d’accuser à tort… alors, il attendait d’autres indices, d’autres visites, d’autres courriers mystérieux. Et ça ne manquait jamais.

Puis, une nuit, alors qu’il était déjà retraité depuis quelques années, il reçut du courrier. En pleine nuit, oui ! Il était occupé à écrire dans son journal de correspondances quand l’enveloppe a glissé sous la porte. Légère, elle volait presque au ras du sol, poussée par un vent invisible. Chaussé de ses lunettes à double foyer, Roland avait examiné, pesé, reniflé l’enveloppe avant de l’ouvrir avec son coupe papiers préféré, à manche de fausse ivoire représentant, tout au bout, une tête de fouine. Car, oui, malgré toutes ces années à rester aussi discret que possible, le facteur s’était fait une réputation de fouineur discret, silencieux et mystérieux.

Dans cette enveloppe qui ne devait peser guère plus de 25 grammes, un seul feuillet, épais, ligné légèrement, et 4 phrases écrites par une main inconnue de lui, jusqu’ici. Le petit mot, signé « La Fouine », lui donnait rendez-vous à la sortie de son village, le lendemain matin, assez tôt, avant que le soleil ne se lève. Aucune heure n’était précisée, et Roland, toujours curieux, et surtout avide de connaître certains secrets dont la lettre promettait de dévoiler la vérité sur quelques voisins, n’avait pas hésité une seule seconde. La décision de rejoindre « La Fouine » s’était imposée naturellement à lui. Il allait enfin pouvoir terminer son carnet de correspondances, son roman caché. Même si la moitié des villageois qu’il a connu avait déménagé ou étaient morts, révéler des secrets, petits ou grands, a toujours été un rêve qu’il a soigneusement cultivé tout au long de ces années.

Il ne veut pas faire du mal à qui que ce soit, d’ailleurs, il a changé les noms dans ses correspondances, mais voir les gens ahuris, les faire rire, les surprendre, les faire peur aussi parfois, l’excite depuis toujours.

Et le voilà ici, sur cette île, sans un regard pour les autres personnes, en train de cogiter, de faire des suppositions sur le dénouement de certaines histoires passées… il ne sait même pas qui il doit voir, il ne sait même pas quand… mais, et lui, quel est son secret ? Écrire un livre en cachette, tout le monde le fait ou tout le monde peut le faire… Non, Roland, fait partie de ces gens dont l’expression « il faut se méfier de l’eau qui dort » lui colle à la peau.

Lui qui pensait vivre encore une journée ennuyeuse, est ravi à l’idée de celle qui va passer aujourd’hui et peu lui importe où il se trouve. Partout, tout le temps, il y a des secrets, des secrets qui ne restent pas longtemps secret avec lui…

Vivre dans un autre monde

Voilà, je reviens avec un « petit » mot à propos de mon week-end d’écriture… oooh c’est déjà fini, snif, snif.

Stéphane Van Hoecke, conteur et animateur d’atelier pour ces 2 jours est à connaître ! Il sait échauffer notre imaginaire, nous fait travailler sans en avoir l’air, et avec ça, toujours dans la bonne humeur, bref une ambiance extra ! Avec moi, il y avait 7 autres participants, de toute âge, d’horizons différents. Comme Stéphane jouait le jeu avec nous, ça a donné 9 imaginaires, 9 écritures, 9 styles, 9 villages tous différents mais oh ! combien intéressants.

Durant 2 jours, j’étais ailleurs, complètement plongée dans mon village. J’avoue en avoir rêvé la nuit de dimanche à lundi et que même la journée du lundi me fut un peu bizarre. Il me reste donc une chose à faire : le terminer. Oui, continuer à construire ce village bizarre, avec ses histoires et ses personnages, faire monter la sauce pour qu’elle prenne bien afin qu’un jour, je puisse vous la servir sur plateau de mots.

Alors, pour vous donner un peu l’eau à la bouche, je vous retranscris ici, mes premières idées quant à la consigne suivante :

Dans mon village, il y a :

  • un puits interdit
  • une fontaine orange
  • l’Impasse des Mésanges
  • un arbre aux branches immenses
  • une épicerie tenue par un ancien détenu
  • un facteur sourd qui cultive des crevettes
  • un cimetière d’animaux
  • et il y aura aussi ça (voir photo ci-dessous)

20160414_173641.jpg

Et bien d’autres choses encore, mais chuut, je ne vais pas trop en dévoiler pour le moment…

Plongée dans un univers ailleurs, j’ai beaucoup rigolé durant ces 2 journées, j’ai aussi cogité, et j’ai même failli pleurer (de tristesse). J’ai été emmenée dans des mondes extraordinaires, j’ai été étonnée, surprise, embarquée. J’ai écouté, j’ai aimé, j’ai été transportée.

Il me faut à présent revenir à la réalité… mais je peux toujours rêver, de temps en temps…