Incipit début de roman

Nouvelle lecture en cours : Les histoires de Kaede, de Masateru Konishi

La première phrase explique déjà la présence du félin coloré de la couverture.

Sans aller lire le résumé ou les avis de lecture sur ce livre, je vous invite à poursuivre ce début d’histoire.

Amusez-vous bien.

Un tigre bleu est entré ce matin, annonça grand-père.

L’affaire Agatha Christie, lecture coïncidence

Souvenez-vous, vers mars ou avril, j’avais eu l’idée d’un atelier d’écriture au sujet de la disparition de la célèbre romancière Agatha Chrisitie.

Quelle surprise ! Chez mon libraire, regardez ce que j’ai trouvé :

Parution avril 2023 aux éditions « le cherche.midi »

Et c’est tout à fait de cela qu’il s’agit : la disparition d’Agatha. C’est la maitresse du mari de la romancière qui parle (c’est un roman, Nan est le personnage principal). Un roman en « je » qui ne me déplaît pas puisqu’en trois jours, je l’ai déjà quasi terminé.

Tantôt dans la tête du colonel Christie, tantôt dans celle de sa maîtresse et même dans celle d’Agatha, on découvre avec délectation la plus plausible des histoires. Les versions diffèrent, certaines plus probables que d’autres. L’entre deux guerres, la petite fille du couple, le passé énigmatique de Nan, un hôtel spa poir se ressourcer, rien n’est laissé au hasard. Pas même un double meurtre commis devant un policier !

Nina de Gramont s’est inspirée de la disparition réelle d’Agatha Christie pour écrire ici son premier roman. Il faut savoir que cette disparition reste toujours une énigme encore aujourd’hui, 100 ans (ou presque) plus tard. Elle fait partie de l’une des plus grandes affaires jamais résolues du xxe siècle !

Grâce aux descriptions et aux détails, le lecteur est plongé dans une époque qu’il n’a pas connue et tout semble tangible, vrai, palpable. Entièrement prise par l’histoire et le style d’écriture, j’en oublie qui parle, qui raconte. J’ai parfois cette impression d’être une spectatrice de l’Histoire, je fais fi de l’identité du narrateur et m’en souvenir plus tard est… bizarre. Pour vous dire que je suis embarquée, ce n’est qu’arrivée au deux tiers du livre que les changements de temps, les aller-retour dune date à une autre me dérange. Je n’aime pas trop les sauts dans le temps, devant souvent faire appel à ma mémoire pour me remémorer les détails de ce moment précis déjà lu avant.

Je ne vous en dis pas davantage. Si l’intrigue, cette intrigue, vous plaît, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😄

Les fleurs sauvages, avis de lecture – coup de coeur

Les fleurs sauvages
Holly Ringland
Traduction : Anne Damour

Alice est une petite fille pleine d’imagination, de passion, d’amour et … de blessures ! Elle vient tout juste de fêter son neuvième anniversaire quand un drame la touche en pleine figure et l’envoie à l’hôpital.

Une fois rétablie, elle est emmenée chez sa grand-mère qu’elle ne connait pas. Encore sous le choc et en proie à des crises de panique, elle découvre sa nouvelle famille et sa nouvelle vie pleine de promesses et de tendresses. Sa grand-mère est à la tête d’une magnifique entreprise d’horticulture en Australie, à des centaines de kilomètres de l’océan où elle a vécu un début de vie bien mouvementée.

Alice, souffrant d’un mutisme sélectif depuis l’accident, renaît parmi toutes ces fleurs, sa grand-mère et toutes ces femmes qui l’entourent. Hélas, l’enfant découvrira bien vite que derrière tout cet amour, ces sourires et ces marques d’attention se cache de lourds secrets. Ces secrets de famille vont la ronger, la poursuivre et la hanter jusque dans ses rêves les plus sombres.

Arrivée à l’âge adulte, elle découvre l’amour. Un amour sincère et véritable. Hélas, un nouveau mensonge familial va tout faire voler en éclat. Détruite et affaiblie par ce nouvel échec, Alice se reconstruit une seconde, une troisième fois. Petit à petit, elle se redresse, se relève et avance dans le chemin de sa vie jalonné par tant de difficultés. Elle est épuisée, mais elle a toujours l’espoir d’une vie meilleure, ailleurs, plus tard, un autre jour prochain…

Le langage des fleurs lui aura permis bien des choses, mais les fleurs ont un pouvoir limité. Quand la colère, la souffrance et les mensonges s’accumulent, une tonne de fleurs ne suffit plus à contenir l’explosion d’émotions. Alice s’enfuit pour survivre, pour ne pas mourir étouffée par tant de secrets inavoués.

Sa nouvelle vie ne sera pas de tout repos : nouvelles rencontres, relations toxiques, amitiés extraordinaires, souffrance, violence, jalousie, impuissance vont se succéder.

Heureusement qu’au bout, il y a la lumière. Mais Alice ne sait pas encore où se situe l’interrupteur qui va éclairer son destin.

*** *** ***

Un roman bouleversant qui m’a serré le cœur plus d’une fois ! Un rythme éreintant, soutenu, qui ne laisse pas le temps au lecteur de souffler, de s’imaginer, de croire… Et puis, combien de fois ai-je parlé à Alice ? En lui disant « fais gaffe ! Dis non ! Révolte-toi ! Crie. Ne te laisse pas faire ! Courage ! »

A chaque chapitre, il y a un dessin (très réaliste) de la fleur qui explique ce qu’elle signifie, où on la trouve, à quoi elle peut être utile, quand fleurit-elle, à quoi le reconnaît-on … C’est le langage extraordinaire des fleurs !

C’est vraiment la vie d’Alice que l’on suit, depuis sa naissance jusqu’à… la fin de l’histoire. Un happy end. Une boucle qui est bouclée ou presque. Il y a eu tellement d’évènements tristes qui lui sont arrivée que je suis un peu en questionnement sur la fin. Bien sûr qu’elle mérite d’être heureuse… mais que deviennent ces personnages secondaires dont on ne sait plus rien à la fin ? Ils ont pris une part plus ou moins importante à un moment donné de sa vie que je me demande comment ils vont faire pour revenir, car c’est sûr, l’un ou l’autre va finir par revenir et lui pourrir une nouvelle fois sa vie. Ce n’est pas du tout ce que j’ai envie de lire, en fait, j’ai envie d’écrire la fin de ces personnages secondaires et d’écrire une autre fin, rien que pour moi 😊

*** *** ***

« Le cœur d’Alice recommença à tambouriner contre ses côtes. Elle s’efforça de le calmer en respirant les yeux fermés, mais l’effort était trop douloureux. Elle tenta de crier, d’appeler à l’aide, mais sa voix n’était guère plus qu’un souffle d’air. Ses lèvres étaient gercées, ses yeux et son nez brûlaient. Le poids de ses questions accumulées l’oppressait. »

« Thornfield avait toujours été un endroit où s’épanouissaient les fleurs et les femmes. Toutes celles qui venaient à la ferme y trouvaient l’opportunité de se révéler et de surmonter les aléas de la vie qui les avaient meurtries. »

« Les chiens d’assistance sont spécialement dressés pour aider les personnes qui ont besoin d’être rassurées. Les chiens comme Harry peuvent percevoir les émotions des gens. Ils peuvent te réconforter et te distraire quand tu es triste, effrayée ou inquiète. »

« Ces journées consécutives de chaleur sèche et de vents furieux étaient éprouvantes : elles remuaient la poussière et les cendres de souvenirs depuis longtemps oubliés et réveillaient les blessures et non-dits enfouis au creux des rêves ou d’histoires inachevées. »

Marraine, de Emilie Chevallier Moreux

Marraine, de Émilie Chevallier Moreux
Éditions Noir d’Absinthe

Voici un roman sur les contes revisités que j’ai bien aimé ! Merci AD Martel pour la recommandation, tu as eu raison de penser que cela allait me plaire :-)

marraine_emilie chevallier moreuxJ’avoue quand même avoir eu un peu de mal avec les chapitres, tantôt au présent (année 2018), tantôt dans les siècles passés. Ce n’est que vers la moitié du livre que j’ai réussi à switcher de l’un à l’autre sans problème. Et une fois que j’ai réussi cette prouesse (pour moi, c’est une prouesse, car généralement, je décroche rapidement), les pages ont défilé à une vitesse vertigineuse. J’ai été touchée par la boulimie de la curiosité, l’envie de savoir, de découvrir ce qui allait se passer pour Marraine.

Conte moderne, il y a tout dans cette histoire pour plaire aux amoureux des contes : des personnages attachants, une histoire d’amour, de la magie, une vilaine méchante, des complots, des mensonges, des intrigues, des coups de théâtre, etc. On retrouve en personnage principal Marraine, fée de son état. Une parmi d’autres, mais elles sont de plus en plus rares au fil du temps. Une gentille fée, une adorable marraine qui sacrifie sa longue vie quasi éternelle pour ses filleuls dont elle a la garde : Riquet, Peau-d’Âne, Cendrillon et Aurore. La méchante n’est autre que la fée Carabosse.

J’ai vraiment aimé découvrir la vie de Marraine, ses espoirs, son travail, ses projets, ses déceptions, ses peurs. J’ai adoré la façon dont est amené la magie au présent. Et j’ai surtout apprécié les versions modernes de la vie des quatre filleuls.

J’ai un peu moins aimé la fin, non pas pour ce qu’elle est, mais parce que j’ai trouvé le personnage principal tellement changé. J’étais soudainement moins attachée à elle.

En fait, à la fin, il y a trois personnages, les plus importants, qui changent de caractère, de comportement et ça m’a un peu déstabilisée.

J’aurais aussi aimé en savoir un peu plus sur le beau et ténébreux nouvel amoureux de Marraine. On lui donne une certaine importance et puis, il n’intervient presque plus. Je réalise que sa créatrice, l’autrice, a peut-être voulu démontrer ainsi que les femmes peuvent être plus fortes, plus importantes que les hommes dans un couple ;-)

Malgré cela, ça reste un très bon livre que je relirai avec plaisir. Ou que je lirai à voix haute si l’on m’en fait la demande (sourire, je pense à mon fils).

Sérendipité avec deux livres

Le week-end dernier, lors de la première partie de ma formation sur l’art du conte, j’ai appris un mot de vocabulaire jamais entendu : sérendipité.

La sérendipité est le fait de trouver quelque chose tout à fait par hasard alors qu’on cherchait autre chose.

J’ai donc trouvé ces deux livres tout à fait par hasard. J’étais dans un magasin de seconde main (voir troisième main) avec mon papa. Il cherchait une souris sans fil. Derrière le rayon en question, deux meubles remplis de livres… bien sûr, je suis toujours attirée par les livres, qu’ils soient neufs ou d’occasion, que je flâne dans une bibliothèque, chez un bouquiniste ou dans une librairie. Il y avait pourtant là pas mal de livres quand même : des romans, des bandes dessinées, des mangas, des documentaires. Et mon regard est tombé rapidement sur ces deux livres-ci. Pour 90 cents pour l’un et pour 1,90 euro pour l’autre, je n’ai pas hésité :-)

J’ai un petit livre sur les fables de La Fontaine. En voici un plus grand, plus coloré. Vraiment plus grand, avec de belles illustrations.

Ce livre de Claudie Gallay, je ne l’ai pas encore lu. Et le résumé m’emballe ! Me parle. M’attire. Me donne envie…

Izo, de Pascal de Duve

Titre : Izo
Auteur : Pascal de Duve
Édition : Espace Nord
Genre : roman
Année d’impression : 2016
Nombre de pages : 288
Note personnelle : 8/10

Izo est l’homme au chapeau melon noir et au long imperméable, imaginé par le peintre Magritte. Izo est né, telle une goutte de peinture tombant du ciel. Il est là, devant nous et quelqu’un qui l’a vu naître l’accompagne dans cette naissance un peu particulière. Izo est un homme bon, intelligent, curieux. Il apprend très vite et se pose mille et une questions sur absolument tout.

Il m’a fait redécouvrir ce qu’est la vie, l’émerveillement, la simplicité d’une chose simple :-)

IzoCe livre, je l’ai aimé, que dis-je, je l’ai adoré ! Quel imaginaire ! Quelle écriture ! Quel voyage !

Ce livre, je l’ai dévoré, du début jusqu’à la moitié, dépassée de quelques pages. Oui, car, les meilleures choses sont les plus courtes. Même si ce livre n’est pas très épais, à un moment, je me suis retrouvée sur ma faim, on avait fait le tour des surprises, et si la fin est extra (elle a été retravaillée nous confiera l’auteur – décédé – dans un entretien en fin d’ouvrage), pendant une vingtaine de pages, je n’ai fait que survoler l’histoire, car on revenait un peu à des choses – extraordinairement bien racontées et imaginées – qui avaient déjà été abordées.

Un livre riche en instants poétiques, plein de couleurs et d’émotions en tous genres. Les descriptions sont tout simplement, complètement, extraordinairement visuelles, auditives, olfactives qui ont permis à mon esprit de touche à toutes ces sensations faites de mots noirs sur fond de papier blanc, c’est renversant !

Ce livre m’a donné envie de connaître davantage ce peintre surréaliste belge dont j’aime beaucoup les peintures. D’ailleurs, bon nombre de ses œuvres se retrouvent en clin d’oeil dans ce roman.

Et, grâce à ce livre cadeau (merci Val), je découvre cet auteur belge également, qui est malheureusement décédé jeune. Je pense que je vais tâcher de me procurer son ou ses autre(s) livre(s).

Extraits :

« Je m’apprêtai à partir lorsque je remarquai que son nez s’était mis à couler. Un filet bleu joliment marbré de jaune descendait de sa narine gauche. Il s’en rendit compte au moment où la morve atteignait sa lèvre supérieure. Pris de pitié (mais aussi dégoûté par son expédient consistant à tirer la langue pour lécher la zone humectée), je lui tendis un mouchoir en papier dans lequel il éternua aussitôt.

Le résultat me stupéfia. Après avoir déchiffonné le mouchoir, je ne pus que m’émerveiller : Izo éternuait à peu de chose près, du Jackson Pollock en bleu et jaune. »

« Après un silence il lâcha un profond soupir, bizarrement saccadé comme ceux qui expriment l’émotion. Dehors le ciel rouge-soir était devenu noir-orage ; il s’était mis à pleuvoir légèrement et la vitre pleurait des petites gouttes nerveuses. »

cadeau livre : Izo, de Pascal de Duve

Je remercie Val du blog la jument verte pour son cadeau : Izo, de Pascal de Duve. Son coup de coeur pour ce livre mérite un article sur mon blog également, simplement pour vous le présenter et pour remercier encore chaleureusement Val pour ce prix.

Si vous voulez en savoir plus sur ce livre allez rendre une petite visite sur le blog de Val en cliquant sur le lien dans la 1ère phrase de cet article  ;-)

Je ferai mon retour un peu plus tard, après lecture.

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