Pierre l’aventurine

Il y a bien longtemps, une ancienne collègue m’avait fait découvrir la lithothérapie où le pouvoir de se soigner grâce aux propriétés particulières des pierres. C’était fascinant ! J’ai envie de m’y remettre à cette étude de pierre, trop intéressant ha ha

Avec cette proposition 19 de Tisser les mots, je me suis un peu remise dans la peau d’une pierre, enfin, comment vous expliquer ? Difficile à dire… donc lisez  ha ha :-)   Et si d’aventure, une illustration vous tente, n’hésitez pas à me l’envoyer pour que je la mette en dessous de mon texte, ça me ferait plaisir, car je suis assez mauvaise pour dessiner.

Pierre, l’aventurine

On l’appelait Pierre, pourtant c’était une femme. Telle une étoile filante, à chacun de ses passages, elle apportait chance et espoir.

Mais un jour, après une semaine de pluie, et de soleil dissimulé, elle devint terne, elle perdit tout son éclat, toutes ses belles couleurs vertes. Alors, Pierre se dissimula, elle se cacha, elle n’osa plus se montrer. Elle ne répondit plus aux invitations des habitants de ce petit village. Elle disparut. Tout le monde la cru morte. Alors, tous les villageois sombrèrent dans une étrange dépression. Les plus jeunes devinrent à cran, survoltés, déchaînés, les plus âgés, à fleur de peau, s’enfoncèrent dans la tristesse. Quant aux artistes, les plus joyeux, les plus divertissants, ils dépérissèrent aussi vite qu’une fleur surprise par le premier gel de l’hiver.

La vie pourtant continua son petit bonhomme de chemin. Malgré tout, contre tout. La saison des pluie n’en finissait plus. Puis vint un terrible orage où un éclair creva le ciel et percuta une flaque de pluie. C’est à ce moment précis que le monstre naquit. Quand les gouttelettes retombèrent à terre, on pouvait voir une forme émerger de la flaque, une forme vert très foncé, un genre de corps tranchant comme un lame de rasoir, une bouche déformée et des yeux zébrés. Dépourvu de membres, la chose renversa tout sur son passage, aspirant toutes les ondes, engloutissant toutes les courants électriques, goba toute la pollution, et souffla toues les idées noires. Après cette tornade verte indéfinissable, le village devint étrangement silencieux, et toutes les habitants, horrifiés par l’aspect du monstre, semblaient néanmoins apaisés !

Quelques étincelles plus tard, la pluie s’arrêta enfin, laissant place à un large soleil lumineux. Le monstre s’ébroua comme un chien, la couleur de sa peau devint plus claire, plus nette. Puis, comme un lézard profitant des rayons solaires, il ne bougea plus. Le monstre devint statue. Petit à petit, au fur et à mesure que l’astre chauffait son corps, le monstre changea d’aspect. Pas de beaucoup, mais assez pour que les villageois reconnurent Pierre, en plus belle, plus énergique, plus lisse, plus douce. Les nuages l’avaient fait disparaître, l’éclair l’avait fait renaître et le soleil l’avait amélioré !