L’amitié à travers les mots: Zineb et Ali

Il est des rencontres qui ne passent pas par les regards mais par les mots.
Des amitiés qui naissent à distance et pourtant se tiennent tout près du cœur.

C’est ainsi avec Zineb Mokhtari. Ses poèmes, ses pensées, sa présence silencieuse et fidèle sont devenus un fil précieux que je garde « ouvert », comme une page toujours prête à accueillir ses écrits et notre amitié.

Il y a quelques jours, le grand poète Ali Massou, dont je vous ai déjà parlé ici, a écrit un texte et me l’a adressé. Zineb, messagère lumineuse, m’en a envoyé la photo. Ce geste, si simple et si tendre, a traversé les frontières pour venir jusqu’à moi.

Preuve que l’adage « loin des yeux, loin du cœur » n’a pas lieu d’être. Nous ne nous sommes jamais vues, et pourtant nous pensons souvent l’une à l’autre. Les mots abolissent la distance et tissent des ponts invisibles.

Pour entrer dans leur univers, il vous suffit de cliquer sur leur nom et de vous laisser porter.

Zineb Mokthari

Ali Massou

Photo prise par Zineb Mokhtari 09/2025

la nature en photos et en poésie

J’aime faire rimer les mots ou donner naissance à des images qui dansent sur une musique de mots.

J’aime aussi la photo. Et la nature. Alors pourquoi ne pas, parfois, combiner les deux.
Parmi toutes ces images, un haïku de ma fille une partie de jeu d’échecs et un petit haïku de moi (sur mon fils) à partir d’un coloriage d’une application « Happy Color ».

Quelques photomots, d’avant et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, d’hier et de demain.

Et encore deux autres petites photos prises ce midi, dans le jardin, à mon travail.

Lever de soleil, photos et rimes d’avril

Ce matin, j’ai assisté à un étrange spectacle :
La cheminée de mon voisin d’en face
A éjecté, sous mes yeux, le soleil,
C’était une vraie merveille !
Sûre que personne n’allait me croire,
Alors j’ai sorti mon appareil photo du tiroir
Pour capturer cet instant unique,
Que d’aucun pourrait dire féérique.
Regardez bien cette série,
Sur l’astre, reste encore des traces de suie.
Non, je n’ai pas rêvé, halluciné ou inventé,
Pour preuve, ces images dont je suis le témoin avéré.

Haïku sur photo de pleine lune

Un jour ma maman m’envoie une belle photo qu’elle a faite de la pleine lune… et voici ce que cela m’a inspiré :-)

haiku sur photo de lune

Ma maman écrit beaucoup d’haïkus. Ma fille aime beaucoup en faire (et lire ceux de sa mamy). Pas d’autre choix que de m’y mettre moi aussi :-)

Une personne qui écrit des haïkus peut s’appeler un haijin ou haïkiste.

Un haïku est un poème court, composé généralement de 17 syllabes, coupé en 3 vers de 5/7/5 syllabes.

Poésie d’une autre vie

Un petit rangement s’est imposé ce week-end… et j’ai retrouvé des poèmes que j’avais écrits peu de temps avant de connaître mon compagnon.
Des petits poèmes qui venaient du cœur, à un moment où je ne connaissais pas le bonheur.

***

A l’aube de mes 22 ans,
En ce début de printemps,
J’avoue ne pas être stable ;
Ma vie n’est construite que sur du sable.

Je ne sais rien garder,
Travail, amour ou amitié.

Je me pose toujours des questions,
Il me faut absolument des raisons.

Et quand quelqu’un pense m’aimer,
Il ne sait pas dans quoi il va s’engager.

Entre les doutes et les certitudes,
Il risque d’en prendre l’habitude.

Entre mes rires et mes pleurs,
Son cœur balancera entre bonheur et malheur.

* * *

On peut tout oublier !
Même celui que l’on a aimé.

Oublier son enfance,
Et oublier ses souffrances.

Faire tout disparaître,
Et ne plus rien reconnaître.

Commencer une nouvelle vie,
Se refaire des amis.

Avoir de nouvelles passions,
Pour de nouveaux horizons.

Se refaire une santé,
Réapprendre à aimer.

Rouvrir son cœur,
Pour connaître le bonheur.

Ne plus regarder derrière soi,
Suivre le chemin de ses pas.

 

Poésie après la pluie

Il pleut, un peu, beaucoup,
C’est la sortie des animaux tout mous.

Ils sont petits, parfois vraiment riquiquis,
Mais tous, ont déjà leur coquille.

 Ils peuvent être fille ET garçon,
Vraiment, quelle étrange façon.

Ils n’ont qu’un pied,
Pour se déplacer.

Ils ont deux yeux,
Mais ils ne voient guère mieux.

Ils sont entièrement végétariens,
Ils mangent de tous, ils ne gaspillent absolument rien.

Ils ont une détente extraordinaire,
Certains d’entre nous, ne pourrait pas le faire.

Si mes enfants et moi, on adore les observer,
Beaucoup de gens préfèrent les manger !

Ne touchez pas à nos escargots,
Ce sont nos copains quand il ne fait pas beau.

Poésie, mon amie

Voici le texte que j’avais écrit pour le concours lancé par la Maison de la Francité. Le thème était : « si j’étais magicien ».

Poésie mon amie

Les vacances commencent mal. Mon petit frère, William, qui va bientôt avoir six ans, a dû rentrer à l’hôpital.

Cela fait maintenant cinq jours qu’il ne dort plus à la maison. Maman non plus, elle reste avec lui là-bas. Je suis seule avec papa et nous allons lui rendre visite tous les après-midi.

Cinq jours, c’est peu et très long à la fois. Ne plus le voir, ni lui, ni maman, fait un grand vide en moi.

Je m’appelle Noémie et j’ai neuf ans. Plus tard, je voudrais être poète, car j’aime donner le sourire aux gens, même quand ils sont tristes. Maman dit que je suis très douée.

Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire quelque chose pour mon petit frère, mais les mots n’arrivent pas. Ils doivent pleurer eux aussi.

À la maison, j’aime me disputer avec lui, William. On joue souvent à la bagarre, même si maman préfère qu’on s’occupe autrement. Je suis toujours la plus forte, la plus grande !

À l’école, je le protège, je fais attention à lui, j’épie tous ceux qui l’embêtent. Après tout, c’est mon PETIT frère.

À l’hôpital, quand je le vois dans son lit, j’ai envie de me cacher. J’ai peur et je suis trop triste pour le regarder.

Je ne sais pas quoi lui dire, ni quoi faire pour qu’il n’ait plus mal, pour qu’il ne souffre plus.

Je ne suis pas un médecin, je ne suis que sa grande sœur… une grande sœur qui se sent horriblement inutile.

Le septième jour, j’ose parler à maman :

–          Mais qu’est-ce qu’il a ? C’est quand qu’il rentre à la maison ? Il va mourir ?

Je vois dans son regard qu’elle ne veut pas me répondre, ses larmes sont de nouveau là et elles vont bientôt inonder ses joues.

C’est papa qui réagit, tout bas, presque comme s’il avait peur de réveiller William :

–          Ton frère a un très gros microbe dans les poumons. Il ne peut presque plus respirer. On ne sait pas quand… quand

Papa ne finit pas sa phrase, il a trop mal, il pleure aussi beaucoup tout à coup.

Je comprends que c’est très grave. Et c’est là que je m’en veux d’avoir été si méchante, avant, avec lui, mon petit frère adoré que j’aime très fort.

Soudain, je sens quelque chose en moi. De minuscules papillons volent dans mon ventre. Des hérissons piquent tous les bouts de mes dix doigts. Le sol n’arrête pas de bouger de place. Mon cœur déborde de sentiments indescriptibles.

Je dois écrire, je veux mettre par écrit toute cette tristesse, cette peur, cette douleur.

Dans mon petit carnet que j’ai toujours avec moi, mon stylo-plume traduit mes idées bousculées :

William est à l’hôpital,

Il souffre, ça lui fait très mal.

On ne le dirait pas, car il semble sage

Mais des tuyaux défigurent son visage.

Il a un vilain microbe dans ses poumons,

Qui empêche de respirer ce gentil garçon.

S’il vous plait, il doit guérir,

Je veux retrouver son sourire.

C’est mon petit frère,

Donnez-lui de l’air !

Puis, dès que je relis ce poème qui est sorti de mon cœur en peine, je suis prise de colère quand je vois le mot « microbe ». Alors, de mon bic à quatre couleurs, j’appuie sur le rouge et je barre, je barre, je griffonne, j’écrase, j’efface, j’enlève ce vilain mot, celui qui est responsable de tous ces maux.

Lorsque mes larmes mouillent mon carnet et qu’un trou se forme à la place du microbe, je m’arrête. Je me sens plus légère. J’ai l’étrange impression d’avoir été libérée de quelque chose. Le sol a cessé de tanguer, les hérissons sont partis et les papillons se sont posés sur le tapis de mon estomac endolori. Je transpire, une vague de chaleur monte en boule jusque dans ma gorge. J’ouvre grande ma bouche pour aspirer une goulée d’air frais.

Au même instant, William tousse. Immédiatement, il enlève le masque qui lui donne de l’oxygène, et de sa voix essoufflée demande :

–          Maman ? Pourquoi tu pleures ? Où ce qu’on est ?

Alors qu’il était inconscient, assommé par une forte fièvre, mon petit frère revient à lui ! Subitement, il est dans notre monde… Or, tous les médecins pensaient qu’il n’allait jamais se réveiller parmi nous !

Juste après, maman crie de joie, et papa cherche une infirmière.

Dans le couloir, j’entends des pas pressés. Papa entre dans la chambre avec la dame qui nous a accueillis à notre arrivée.

Celle-ci prend la température de William et jette des regards sur les chiffres de l’écran. Et c’est précisément sur cette machine que mes yeux sont rivés, comme hypnotisés par l’image d’un petit cœur qui bat encore rapidement, mais régulièrement.

–          On dirait qu’il va s’en remettre, répond l’infirmière soulagée d’annoncer une bonne nouvelle.

Elle indique que le médecin ne va pas tarder à venir examiner complètement William, car son rétablissement est si soudain qu’elle ne voudrait pas nous donner de faux espoirs.

Le soir, on nous promet que nous pourrons à nouveau être quatre à la maison, très bientôt. Les spécialistes le gardent encore une nuit et une journée pour simple contrôle, et en attente des résultats de la dernière prise de sang.

Demain, je reviendrai à l’hôpital et je me faufilerai dans une autre chambre pour voir si mes mots ont vraiment ce merveilleux pouvoir de guérison.