Dans la suite de mes petits délires « covid »
Il a bien plu cette nuit. De grosses gouttes se sont éclatées sur le vasistas de mon lit de malade. Encore ce matin, les nuages sombres déchiraient leurs enveloppes à grands coups de larmes bruyantes.
C’est l’automne. Humeur instable. Envies changeantes. Désirs violents d’en finir. Microbes envahissants. Collants. Dérangeants.
C’est la vie.
Cet après-midi, ciel bleu, soleil éblouissant, nuages blancs, filandreux de beau temps.
Je respire. J’admire. L’immensité dégagée au-dessus de mon être bouché, boudé. Le contraste m’amuse. Je suis une gosse. Qui sourit aux nuages. Aux formes improbables qui prennent vie dans mon regard fiévreux.
C’est la nature.
Un étrange nuage aux contours nettement definis capte mon attention. Trouble ma vue. Trop arrondi. Trop fin. Trop juste. Il me rappelle vaguement quelque chose.
Je sors d’une sieste nébuleuse. Peut-être rêvais-je encore ? Un dessin incertain, un destin lointain. Forme inachevée d’un souhait pour de meilleurs lendemains.
Caché par des nuages, l’objet de ma curiosité s’efface de ma vue. Il se dissimule. Il simule. Il fuit. Il suit les autres, il n’est pas différent d’eux comme je l’aurais cru. Un nuage, un faux personnage par centaine. Par millier.
Mais le voilà qu’il revient. Même forme. Même certitude. Aucun doute. Il s’en est allé pour mieux se remontrer. Pour s’exhiber. Paysage des cieux dégagé pour pouvoir mieux l’observer. Le détailler. L’épier. Le croquer.
C’est une fille. C’est une dame. C’est une fée. C’est une larme de lune.
comme un nuage
vision éphémère
d’un disque de verre

la couronne d’un hippopotame
un soupir imaginaire
comme un astre impalpable

