Le bazar des mauvais rêves, Stephen King

bazar-des-mauvais-reve-st-kingTitre : Le bazar des mauvais rêves
Auteur : Stephen King
Traduction : Océane Bies et Nadine Gassie
Édition : Albin Michel
Genre : recueil de nouvelles
Année d’impression : septembre 2016
Nombre de pages : 600
Note personnelle : 7/10

20 nouvelles se partagent les 600 pages ! Il y en a certaines que j’ai moins bien aimées, d’autres adorées… je vous mets ici mon avis sur mes préférées. Avec un petit extrait « clin d’oeil » pour la passionnée des oiseaux que je suis :-)

Ces avis ne sont pas dans l’ordre des nouvelles dans le livre. Petit détail sur ce recueil : avant chaque nouvelle, l’auteur nous raconte comment il en est arrivé à écrire cette histoire ! J’aime ça.

UR : un prof de lettres reçoit par la poste une liseuse pas comme les autres. Et pour montrer qu’il n’est pas hasbeen, il décide de montrer à ses élèves et à son ex petite copine qu’il n’est pas un dinosaure en se promenant partout avec cette machine. Mais celle-ci s’avère être très spéciale et unique. Comment va réagir ce professeur quand il découvrira que son auteur préféré a écrit un autre livre qu’il n’a jamais lu ? Et si le monde littéraire était bien plus vaste qu’on veut bien nous le faire croire ?

Une nouvelle écrite au lancement des Kindle (liseuse d’Amazon)… un passage moins aimé, mais histoire fort appréciée.
Extrait bref  » Il lui vient à l’esprit que la rancune était une sorte de méthadone pour amants, mieux en tout cas que le sevrage brutal et le manque ».

Necro : un journaliste pas fort doué pour ce métier parvient un jour à décrocher un job pour un journal on-line. Il est rédacteur de la rubrique On dit du Mal des Morts. Et là, il excelle dans cette rubrique même si lui pense l’inverse. Un jour, suite à un conflit, il écrit avec colère la nécrologie de la personne avec laquelle il s’est disputé… et celle-ci décède !

Le petit dieu vert de l’agonie : un riche homme d’affaire se fait soigner depuis 18 mois suite au crash de son avion. Il est le seul survivant de cet accident. Son infirmière particulière ne supporte plus ses plaintes et surtout le fait qu’il ne fasse aucun effort pour aller mieux. Elle s’est tue jusqu’ici, trouvant qu’elle est plutôt bien payée. Mais le jour où le malade fait appel à un prêtre qui prétend pouvoir le libérer du démon de la douleur qui l’habite, l’infirmière crie au charlatan… pourtant la bestiole qui se repaît de la douleur de son patron est bien réelle…

Plus jamais, vous ne verrez une balle de tennis de la même façon :-)

À la dure : un publicitaire coach un stagiaire sur leur nouvelle campagne quand il se rappelle tout à coup un détail sur les post-it qu’il a laissés à la maison comme autant de messages d’amour à sa femme. Sa femme souffrant d’une vilaine bronchite, il ne veut pas qu’on la dérange pour un stupide rat crevé qui pue. Et ce n’est pas parce qu’il a un odorat déficient que le concierge peut se permettre de rentrer chez lui n’importe quand.
Super bien tourné ! J’ai presque été bernée jusqu’à la fin.

Batman et Robin : un 60tenaire et son père atteint de la maladie d’Alzheimer vont dîner tous les dimanches dans un petit restaurant. Un jour, en sortant de ce resto, sur la route, il y a un accident impliquant père et fils. L’autre conducteur n’est pas très gentil, et il s’en fout de ne pas avoir d’assurance…
Le père a peut être des trous de mémoires, mais il n’a pas tout perdu !

Mile 81 : Pete 10 ans ne peut pas accompagner son grand frère dans un circuit à vélo « de la mort qui tue »… alors il va s’amuser tout seul sur une ancienne aire d’autoroute, fermée aujourd’hui. Cet endroit abandonné sera la scène de crimes aussi horribles qu’incroyables, impensables et irréels.
Une nouvelle genre de la voiture Christine, du même auteur…

La dune : un vieux juge de 90 ans se rend encore tous les matins en kayak jusqu’à sa petite île, sa dune. Il y est accro. Il ne peut pas s’en empêcher malgré les terribles souvenirs qui y sont liés. Un jour il presse son avocat de rédiger son testament. Pourquoi ce soir et pas demain ou la semaine prochaine ?

Fin géniale ! 😊
Mots de l’auteur pour introduire cette nouvelle : l’esprit d’un écrivain est un dépotoir d’informations bizarres
Extrait : « Ouste ! » s’écrie-t-il de cette voix qu’à présent il déteste – cassée et tremblotante, la voix d’une vieille mégère en robe noire. « Ouste, ouste, salopiot de malheur ! Va t’occuper de tes affaires ! »
Après avoir brièvement ébouriffé ses ailes déguenillées, le vautour reste exactement où il est. Ses yeux perçants semblent dire : Mais, monsieur le Juge… aujourd’hui, c’est vous mon affaire.

Mon livre pour l’Aquascope de Virelles

Je reviens enfin avec des nouvelles sur la parution prochaine de mon recueil « Démarrer au quart de tour ». Ce livre, dont l’entièreté des bénéfices sera reversé au C.R.E.A.V.E.S. de l’Aquascope de Virelles, sera édité chez Atramenta.  (mon recueil à vendre devrait apparaître sur cette page d’ici une semaine je pense)

Après plusieurs corrections pour une meilleure mise en page, je peux enfin vous dire qu’il va être imprimé tout bientôt. J’ai changé de photo de couverture car sur la première photo, la coquille de l’escargot était trop « brûlée », on ne voyait pas les détails de sa coquille. Ici, l’escargot démarre au quart de tour lui aussi, car il ne faudrait pas qu’il loupe son superbe saut !

escargot-recueil-2

A quoi servira l’argent récolté ? Le Centre de Revalidation de l’Aquascope de Virelles héberge depuis plusieurs mois maintenant un rapace magnifique, puisqu’il s’agit d’un Grand duc d’Europe, le plus grand rapace nocturne de nos régions. Vilainement blessé par des fils de fer barbelés, il ne retrouvera jamais ses pleines facultés de prédateur, le tendon de son aile droite ayant été irrémédiablement atteint. Pourtant, personne ne veut prendre la décision d’euthanasier cette superbe femelle. Pourquoi ne pas lui construire un nouvel abri, à sa mesure, à l’entrée du Centre de Revalidation ? Sa présence renforcerait l’action de sensibilisation de l’Aquascope Virelles auprès du public jeune et nul doute qu’elle deviendrait la mascotte du Centre de revalidation, de par sa beauté altière et son envie de vivre. C’est à cette construction et ce projet que nous voulons consacrer le bénéfice de la vente de ce livre.

Pour que cet espace puisse voir le jour, je vous encourage à partager mon action en faveur de ce centre de revalidation.

Le livre (format A5 – 196 pages) sera vendu au prix de 12 euros (hors frais d’envoi). Pour chaque livre acheté directement chez Atramenta, 3 euros seront reversés au CREAVES de l’Aquascope Virelles. Si vous souhaitez passer par moi (Belgique) (dédicace et marque-pages sur demande) et si j’obtiens plus de 25 pré-commandes, je pourrais reverser 4 euros par livre ! Si, sait-on jamais, j’ai 50 commandes et plus, le bénéfice pour ce Centre de Revalidation sera de 5 euros par livre ! Pour cela, il faut que j’ai vos commandes et paiements avant de pouvoir recevoir puis vous renvoyer le(s) livre(s). Le délai sera donc un peu plus long, mais l’argent récolté sera aussi plus rapidement important.

Je mettrai sur ce blog l’évolution des commandes, des paiements et des bénéfices reçus.

Pour vos commandes, infos, ou autres : une adresse mail (clic clic)

Un tout grand merci pour votre confiance, votre lecture, votre encouragement, votre participation.

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Au menu de mon prochain recueil, il y aura…

Derniers jours de relecture/correction/mise en page avant lancement de la « machine » .

Voici les titres ci-dessous, plus bas dans l’article.

Expliquer comment j’écris, n’est pas si évident que cela. Je peux dire quels sont les mots, la phrase ou l’image qui m’a fait me lancer sur le thème, mais de là à raconter « tout », il y a de la marge. Néanmoins, noter les consignes et les contraintes des jeux d’écriture permet au lecteur de se faire déjà une petite idée du « sujet » dont je vais parler. Et comme j’aime partager, je glisse parfois des informations intéressantes sur les animaux rencontrés dans mes histoires.

Au menu de mon prochain livre donc, il y aura des oiseaux, des petits cochons, des poissons, des ours, un loup, mais aussi un rat, un adorable écureuil, des escargots, des insectes et d’autres animaux doués de parole.

  1. Tisser les Mots
    La sterne de l’île de Pâques
    Les 3 petits cochons et le chat botté
    Un bar bizarre
    Je dis lecture… et…
    L’ours colère
    Un indien dans la forêt
  2. Bernard Friot et sa fabrique à histoire
    Avoir une dent contre quelqu’un
    Le four à double fonction
    Le Roi de la forêt
  3. Made by Ecrimagine
    Textes libres

    Nougatel, le super béluga
    Poème du matin
    Meurtre dans la baignoire
    Neige de Feu
    les expressions
    Montrer pattes blanches
    Il y a de l’eau dans le gaz
    Mettre les points sur les i
    Avoir les yeux plus gros que le ventre

Et la couverture avec le titre… pas encore finalisée mais elle devrait ressembler à quelque chose comme ça :

couverture3

Aphone

Je remets ici une histoire écrite il y a déjà quelques années, mais qui, pour moi est tout à fait d’actualité car j’ai été aphone durant 4 jours, la semaine dernière.

Cette histoire peut être lue et téléchargée sur Atramenta (clic clic)

Cette histoire est incluse dans mon livre « Un oiseau peut en cacher un autre » (clic clic). Livre en vente sur Atramenta.

 

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Aphone

Aphone : extinction momentanée de la voix.

    –         Ouf ! se rassure un petit oiseau brun en lisant la définition de ce mot au dictionnaire, ce n’est que provisoire. Voyons voir ce que dit le livre des remèdes naturels pour ce problème de voix :

« Laissez reposer votre voix, buvez du thé avec du miel et du citron et prenez patience, d’ici deux ou trois jours, vous devriez retrouver votre timbre. »

    –         Boire du thé ? Est-ce que j’ai une tête à boire ça ? Et puis du citron et du miel, où est-ce que je vais bien pouvoir en trouver, râle Troglo Dite.

En effet, c’est bien embêtant pour lui, le plus grand séducteur de la forêt, de ne plus avoir de voix. Comment va-t-il faire pour séduire les filles ? Il n’y a que son chant envoûtant pour les attirer à lui. Il n’a pas une splendide gorge rouge comme son voisin ni de ventre jaune comme ces demoiselles les mésanges. Il n’est pas grand comme un hibou ni rapide comme le faucon. Il ne sait pas nager, il ne sait pas pêcher.

Il sait chanter ! Enfin, il savait…

L’oiseau doit à présent faire de gros effort pour se taire. Il n’a pas l’habitude de ne rien dire, mais s’il veut récupérer sa voix d’ici deux jours, il n’a pas d’autre choix.

Trois jours passent…

Le petit oiseau brun n’en peut plus. Il tourne en rond. Il réfléchit. Il racle sa gorge. Rien n’y fait, il ne peut toujours pas chanter, ni même parler ! A peine sait-il chuchoter.

Comme la saison des amours a déjà débuté, il cherche une idée pour draguer une femelle. Il a acheté, dans la maison du Pêcheur, un livre sur l’art de la pêche. Comme il est écrit, il observe avec grande attention Martin en action. L’oiseau bleu et orange se pose sur une branche, penche la tête, examine, attend et plonge d’un coup. Puis, il remonte à la surface tout aussi vite, un petit poisson dans le bec. Un autre oiseau, pareil que lui mais avec un bec tout noir, se pose à ses côtés. Martin lance le poisson en l’air et le récupère par la queue. Il présente son offrande, tête la première, à son amoureuse. Celle-ci accepte avec joie le cadeau et l’avale goulûment.

    –         Fastoche, chuchote Troglo Dite.

Notre petit oiseau, tout de brun vêtu, va se percher sur une branche surplombant l’étang. Il se positionne, met sa tête sur le côté, observe (pas très bien car il n’a pas une vue aussi bonne que Martin) et décide de plonger !

    –         Le pauvre malheureux, il est fou ! crie un grèbe qui passe par là.

    –         Au secours ! A l’aide ! Je ne sais pas nager, pleurniche Troglo qui n’a toujours pas de voix.

Le grèbe, de son bec, l’attrape par une patte et le met sur son dos, entre ses deux ailes comme si c’était un de ses propres petits qu’il protégeait. Il nage ainsi jusqu’au bord et le petit oiseau est déposé, délicatement, sur l’herbe. Celui-ci se réveille rapidement en crachant de l’eau.

Le grèbe qui l’a sauvé lui dit gentiment :

–         Les canards, c’est fait pour nager, les martin-pêcheur pour pêcher et les oiseaux comme toi sont faits pour chanter, alors chante mais n’essaie pas de nager !

Troglo Dite ne répond rien et baisse la tête. Il a envie de pleurer. Alors le grèbe, qui devine ce dont souffre le petit oiseau, ouvre une aile et l’enlace de ses plumes chaudes et confortables.

En haut d’un arbre, des rires étouffés éclatent tout à coup. Quatre femelles troglodytes se moquent du malade. Elles ont tout vu de la scène. Elles sont jeunes, jolies et célibataires. Elles sont sœurs et n’attendent qu’une seule chose : qu’un beau mâle chante rien que pour elles.

    –         Ce ne sera pas celui-là, ha ! ha ! rigolent-elles sans retenue.

Troglo Dite a beaucoup de peine. Il remercie le grèbe et s’en va se cacher dans un buisson touffu, loin dans la forêt.

De sa cachette, il entend un chant qu’il reconnaîtrait entre mille. Celui d’un rouge-gorge. Il le regarde, l’envie d’avoir un si joli timbre de voix et réfléchit à la manière dont lui, aphone et mauvais nageur, pourrait quand même trouver une femelle. De ses petites pattes vigoureuses, il fouille le sol à la recherche de chenilles ou de coccinelles écrasées. Et, très vite, il repère non pas une bouillie d’insectes mais la blessure d’un arbre. Le tronc est abîmé et d’une fissure, coule un liquide orange, la sève.

    –         Chic, juste ce qu’il me faut, se dit-il en s’agrippant sur l’écorce.

De quelques coups de bec trempé dans la sève, il se peinture les flancs. Déguisé de la sorte, il espère attirer une femelle qui succombera à ses nouvelles couleurs. Hélas, cette fois-ci non plus, l’astuce ne fonctionne pas. Au lieu d’attirer un oiseau, c’est un écureuil, qui, par l’odeur envoûtante, est venu jusqu’à ses pattes, lui lécher les ailes !

    –         Hum, trop bon, ce parfum de sève, il a un arrière goût de noix, exquis ! dit le petit mammifère en se léchant le museau.

    –         Mais arrêtez, je ne suis pas un arbre ! Allez vous délecter ailleurs que sur moi ! essaie de crier Troglo…

A nouveau, des gloussements moqueurs se font entendre en haut d’un arbre. Les quatre sœurs l’ont suivi.

    –         Tu fais un spectacle génial ! Quel divertissement, ricanent-elles ensemble. A défaut de nous séduire, tu nous fais bien rire !

C’en est trop. Blessé au plus profond de lui, Troglo décide de quitter son territoire.

Les sœurs ne le suivent pas cette fois-ci. Elles aiment trop cet endroit pour l’abandonner.

Trois kilomètres plus loin, dans un petit parc, notre petit oiseau aphone repère un nouveau territoire. Ici, il ne connaît personne et il a bien l’intention de ne pas se montrer tant qu’il n’aura pas retrouvé sa voix.

Alors, il décide de ne plus faire le sot. Il n’essaie plus d’attirer une femelle.

Il s’occupe à présent à construire ses nids. Oui, il travaille dur. Les heures passent et lui il continue à ramasser de la mousse et des brindilles. Il les placent tantôt dans ce nid sous le buisson tantôt dans un autre, un peu plus haut, ou tantôt dans un troisième, plus à l’abri des regards. En tout, il aménage cinq nids ! Un tout près d’un mini cours d’eau, pour avoir toujours à boire, un autre à l’abri du soleil en cas de fortes chaleurs, un autre près d’un champ où de nombreux criquets ont élu domiciles, pour la musique continue, un autre un peu plus en hauteur pour la superbe vue et enfin un dernier où il est sans doute le seul à comprendre la raison pour laquelle il l’a choisit : il y a une plume rousse d’un grèbe qui décore le nid, en mémoire à celui qui l’a sauvé d’une noyade certaine.

Après plusieurs jours de travail, il est enfin satisfait de ses cinq nids. Tous ont une particularité, il y a un magnifique, un confortable, un très doux, un très spacieux et un pratique pour élever bon nombre de petits.

Depuis qu’il est arrivé, il est surveillé. Son petit manège intrigue un oiseau, tout aussi petit que lui. Elle, car c’est une femelle, porte un bien étrange collier autour du cou. Sur l’avant, au niveau de sa gorge, une goutte d’eau est enfermée entre deux écailles de poisson.

Mais de tout ceci, notre ami ne remarque rien. Pendant qu’il continue à travailler sur ses nids, la petite brune l’observe avec sa loupe spéciale baptisée : « goutte d’écaille », un appareil très performant pour les animaux qui sont atteint d’une myopie sévère.

Le lendemain après-midi, notre drôle d’oiseau attend que Troglo Dite parte à la chasse pour se rapprocher du nid à la plume de grèbe. Elle regarde furtivement à l’intérieur  du cocon et y dépose un objet pour repartir aussi vite.

Quand Troglo revient le ventre plein, il vole jusqu’au nid à la plume rousse et décide de se reposer. Tout à coup, alors qu’il pense sentir la douceur de la plume sous ses pattes, il découvre à la place une rondelle de citron et un message : « pour ta gorge »

    –         Mais qui ? Comment ? ne dit-il pas de sa voix mais le fait-il comprendre par des regards interrogateurs.

Il tourne la tête pour voir si un intrus se cache dans son nid. Comme il ne trouve personne, il sort et cherche dehors. Il ne voit rien. Prenant l’invitation au pied de la lettre, il enfonce son bec dans le fruit acide et recommence jusqu’à ce que son bec grince et que les plumes de sa gorge le piquent.

Naïvement, il essaie de chanter aussitôt. Une seule note claire sort de sa gorge encore enrouée. C’est un bon début…

Le lendemain, à la même heure, au même moment, après la chasse à l’insecte, il s’en va se reposer dans un autre nid, celui près du petit ruisseau car il éprouve le besoin de boire. Manger les bêtes à la carapace dure, c’est bon, c’est craquant sous la mandibule, mais ça donne horriblement soif !

Là, une nouvelle surprise l’attend : une vieille coquille de noix remplie de miel ! Et une autre carte : « Tu as une jolie voix, il faut que tu la retrouves ! » Il ne cherche même pas à savoir qui a déposé ce merveilleux et délicieux cadeau, il suce ce liquide épais et sucré avidement.

Second essai de chant : triiiii liii tuiiiii tuiiiii.

    –         Yahouu ! crie-t-il de victoire… mais crie-t-il trop tôt, car après ça, il n’a de nouveau plus de voix.

Le lendemain, dans le troisième nid, une noisette de miel avec un quart de citron !

Dans le quatrième nid, un insecte chaud entouré de miel au citron.

Dans le dernier nid, rien ! Sauf, une petite carte parfumée aux ailes de coccinelles, l’invitant à retourner au premier nid.

    –         Hum, j’adore tout ce mystère et ce parcours, dit-il en sifflotant de plaisir.

Dans ce premier nid, que Troglo a baptisé « Plume de héros », il n’y trouve aucune carte ni aucun cadeau de dégustation. A la place, une très jolie femelle de son espèce l’attend, calmement. Subjugué par tant de beauté, Troglo Dite en perd sa voix ! Il ne fait même pas attention à son étrange collier qui ne passe pourtant pas inaperçu.

    –         Oh non, vous n’allez pas me dire qu’après tout ce que je vous ai donné, vous n’avez pas encore retrouvé toute votre voix ?! Dit la jeune demoiselle, pleine de malice.

    –         C’est que, c’est que… vous êtes, si, si belle, chante-t-il gaiement.

    –         Oh merci ! Vous me trouvez vraiment belle ? rougit-elle.

    –         Très certainement, celui qui vous dirait le contraire, doit certainement avoir des pattes d’insectes dans les yeux !

 –         C’est que, justement, je suis mal voyante, c’est pour cela que je ne me sépare jamais de ma loupe.

    –         Oh, pardon, toutes mes excuses. Mais dites-moi, pourquoi m’avoir choisi, moi ?

    –         Quand vous êtes arrivé ici, j’ai tout de suite remarquée que quelque chose n’allait pas. Vous ne chantiez pas et vous travailliez très dur pour vos nids. D’habitude, les mâles chantent, surtout en pleine saison des amours. Vous sembliez si seul, tout comme moi à cause de mon problème d’yeux. Alors, j’ai demandé à mon ami le grèbe s’il savait quelque chose sur vous… Et c’est là qu’il m’a appris que sa sœur, dans l’étang voisin, plus loin, vous a sauvé la vie. Vous deviez être désespéré pour avoir osé tenter cette folle expérience !

    –         En effet, sans ma voix, j’ai l’impression que je ne suis personne. Et donc, sans m’avoir entendu chanter, vous vous êtes intéressé à moi ?

    –         C’est cela même. Voyez-vous mon bon monsieur, je n’ai pas beaucoup d’amis de mon espèce, tous pensent que je suis une erreur de la nature ! Pensez donc ! Avez-vous déjà croisé un oiseau malvoyant ?

    –         Non, enfin, je ne pense pas.

    –         C’est bien ce que je craignais. C’est pour cela que je ne me suis pas tout de suite montrée à vous. Connaissant votre problème de voix, je savais ce qu’il fallait pour que vous la retrouviez. Et comme vos nids sont magnifiques, j’en ai déduis que vous étiez un grand travailleur. Lorsque j’ai vu que vous aviez une préférence pour le nid avec la plume de mon ami le grèbe, j’ai tout de suite pensé que l’on pourrait s’entendre… N’ais-je pas eu raison ?

    –         Tout à fait très chère demoiselle.

Troglo Dite et sa nouvelle amie continuent à faire connaissance. Petit à petit, l’espace qui les sépare se réduit et ils se retrouvent très vite, bec contre bec.

Les aventures de Mérédith

L’été passé, je me suis amusée à écrire 9 petites histoires sur les aventures d’une certaine Mérédith… cette femme a, malgré elle, connu des déboires avec le monde des Insectes.

Toutes ces histoires (les 3 premières sont sur ce blog) peuvent être lues et téléchargées sur Atramenta. (clic)

Au menu :

Meurtre dans la baignoire (1)

Baignoire maudite (2)

Mérédith :3 — Insectes : 0 (3)

Entre deux ongles, la mort (4)

Le guetapan ou la guêpe tapée (5)

La tique (6)

La vengeance d’une mouche (7)

Inspecteur Hexapode (8)

C’est la fin, mais pour qui ? (9 et fin)

Princesse Clématite, histoire pour enfant

Voici une des 13 histoires qui compose mon dernier recueil : Un oiseau peut en cacher un autre (et autres contes pleins d’animaux).

Pour 8 euros (hors frais d’envoi), vous pouvez commander mon livre directement chez Atramenta ou, si vous êtes de Belgique, contactez-moi ! Une séance de présentation, d’information et de jeux d’écriture pour enfants est prévue bientôt, à Bruxelles. clic sur l’image pour découvrir le sommaire.

Princesse Clématite

Il était une fois une fleur très spéciale qui n’avait pas le moral. C’était la Princesse Clématite. Un jour de grand soleil, celle-ci expliqua à Dame Rose (une fleur voisine très gentille, mais aussi très curieuse) le pourquoi de sa tristesse :

— Je ne sais plus très bien à quoi je sers ni si je suis encore utile. Personne ne sait que j’existe, aucun bourdon, aucun papillon ne vient jusqu’à moi. Même le jardinier n’a pas un regard envers ma petite troupe de sépales.

La jeune Princesse pleurait son sort. Elle était l’unique survivante de sa famille et malgré sa petite taille, elle résistait encore et toujours aux aléas de la vie florale. Ses parents avaient établi leurs racines à côté de l’abri de jardin, derrière un imposant et magnifique rosier. À cette époque, ils devaient se cacher, car un fougueux mangeur de Clématites sévissait dans les environs. La bête en question n’était autre que la légendaire Limace Géante ! Depuis la dernière saison de pluie, ce gastéropode hors normes avait décimé toutes les fleurs bleues, clématites ou non, mais principalement celles-ci.

Ses parents avaient succombé alors qu’ils protégeaient leur unique enfant. L’assassin était passé juste à côté de la princesse, la trouvant trop chétive pour s’arrêter pour elle. Princesse Clématite cessa de grandir depuis ce terrible jour.

— Oh ! C’est terrible ce que vous me racontez là, Princesse ! Il est vrai que grâce à nos piquants, la Terrible Limace Géante ne s’intéresse pas à nous, lui dit Dame Rose en essayant de la réconforter.

Les épines de Dame Rose frissonnaient de tristesse. Et dans ses pétales, une certaine agitation commençait. Un bourdon qui butinait son pollen avait tout entendu. Ce dernier, indigné par l’histoire, s’empressa de s’envoler pour raconter le malheur de la princesse des Fleurs.

— Pardon, pardon, laissez-moi passer. J’ai un message urgent à transmettre au peuple des ailes. L’insecte au gros ventre jaune orangé poussait de son corps massif ses autres congénères à qui il avait demandé de se rassembler.

— Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, papa, maman, belle-maman, beau-papa, et cetera, j’ai une importante mission à vous confier. Pas plus tard qu’à l’heure où le soleil était entre nos deux arbres préférés, j’ai entendu une terrible histoire que je dois vous conter.

Le bourdon, chef de sa colonie, imposa le silence. Il expliqua en détails toute la mésaventure de la Princesse Clématite. Après quelques bourdonnements de stupéfaction, tous étaient d’accord pour venir en aide à la princesse. Chacun avait pour mission de raconter l’histoire à une autre famille d’insectes. C’est ainsi, qu’après bien des distances parcourues, bon nombre de papillons, d’abeilles et autres butineurs avaient vent de l’affaire en cours.

Le Chef Bourdon élabora un plan diabolique pour exterminer la Limace Géante.

— Que les membres de ma colonie continuent à travailler. Il ne faut surtout pas montrer que nous nous occupons d’autre chose, ça pourrait éveiller des soupçons. Vous les papillons, vous irez vous poser – et butiner si vous le souhaitez – sur toutes les roses de la cabane pour veiller sur la Princesse Clématite et enfin, vous les guêpes, vous assurerez notre protection à tous. Une guêpe par insecte devrait suffire. Je répète, il ne faudrait pas éveiller les soupçons du Tueur de Clématites. Enfin, quand je décrirai trois cercles au-dessus de la Fleur Solitaire, ce sera le signal pour dire que le jardinier arrivera. Seuls les papillons resteront près de la Princesse pour guider le Grand Maître du jardin. Est-ce clair ? Des questions ? Non ? Alors au travail mes amis !

Bien dissimulée par les mauvaises herbes et par un tas d’orties, la Limace Géante a tout capté du plan.

— Ainsi donc, la Princesse Clématite vit toujours, quelle délicieuse nouvelle ! dit la plus terrible des créatures rampantes en se léchant la bouche gluante.

Le monde ailé est en ébullition et chacun se met en place, prêt à tout pour sauver la dernière Clématite de cette propriété.

Quelques instants plus tard, le Chef Bourdon décrivit trois cercles au-dessus de la Fleur Solitaire. Le soleil se coucha lorsque le jardinier ouvrit la porte de la maison de briques et sortit avec son arrosoir pour donner à boire à tout végétal en terre ou en pot. La journée avait été chaude et sèche, tous attendaient avec impatience cette eau divine.

Dans le jardin, un doux bourdonnement éveilla la curiosité du Grand Maître du jardin.

— Tiens, que font ces insectes encore debout à cette heure tardive ?

Quand il s’approcha des rosiers, il stoppa net et déposa l’arrosoir. Devant lui, sur chacune des treize roses se tenaient trois papillons ! Ce ne fut pas tant le nombre d’espèces différentes de ces papillons qui l’étonna, mais bien leur comportement. Tellement surpris par ce spectacle, il ne prit pas la peine d’aller chercher son appareil photo et voulut comprendre la raison de ce soudain regroupement. Aucune aile ne bougea quand il toucha une tige du rosier. Puis, tout à coup, les roses qui entouraient la Princesse Clématite bougèrent, poussées par certains papillons qui avaient ouvert leurs ailes. Dame Rose encourageait ses sœurs à fournir un dernier effort et à ne pas crier alors que les pattes des insectes tiraient leurs pétales. Petit à petit, une minuscule fleur bleue apparue au regard du jardinier qui gardait des yeux immensément ouverts devant une telle volonté de la nature !

— Oh ! Mais que fais-tu là toute seule, Petite Fleur ? Tu es bien trop jolie pour te cacher. Même un ciel bleu dégagé de nuages n’a pas autant de lumière que toi. Ne sois pas timide, montre-toi, je ne te ferai aucun mal, bien au contraire !

Pendant ce temps-là, l’horrible créature tueuse en série rampait doucement, mais sûrement vers sa victime convoitée. Mais c’était sans compter sur une jeune coccinelle qui admirait le spectacle depuis l’envers d’une feuille de rose.

Alors que le Grand Maître du jardin rentrait en vitesse chez lui pour aller chercher tout le matériel nécessaire à la protection de sa dernière Clématite (ficelle pour attacher certaines tiges des rosiers afin que La Petite puisse avoir du soleil, tuteur pour lui permettre de garder la tête bien droite, purin d’amour pour une bonne croissance,…), la Limace Géante arriva au pied de la Princesse !

Miss la coccinelle avait des contacts dans tous les rangs d’insectes. C’est ainsi qu’elle eut l’idée de contacter Tica, une amie de longue date. Cette amie, élevée au rang de Tique Solitaire, a élu domicile sur un aimable hérisson. Lequel ne doit plus faire sa réputation d’amateur de limaces ! Et à l’instant même où la Terrible Limace commença son ascension sur la tige de la Princesse Clématite, la terre se mit à trembler et une forte odeur de mammifère affamé arriva rapidement dans toutes les narines.

— Hum, je sens un fumet puissant de limace ! Le festin va être exceptionnel, car l’odeur est forte et… exquise ! Elle est où ? Elle est où ? dit le hérisson hors d’haleine qui arriva en courant et en regardant de tous côtés.

Personne ne dut lui préciser le chemin. En moins de temps qu’il ne faille à un papillon pour s’envoler, la Limace Géante fut dévorée ! D’aussi grande taille fut-elle, la Terrible Créature n’a pu faire face devant une bouche si immensément gourmande.

Le jardinier arriva juste après, se désolant de ne pas avoir été plus rapide. Lorsqu’il aperçut la tige abîmée de la Princesse Clématite (elle avait été un peu écrasée par la patte puissante du hérisson), il se retourna, arracha une toile d’araignée proche et entoura la blessure du doux filet apaisant.

— J’espère que cela suffira. Je suis désolé pour toi l’araignée, mais c’est pour la bonne cause !

Lorsque le jardinier dévoila la Princesse Clématite à tous les habitants du jardin, un magnifique papillon aux reflets azuré, inconnu jusqu’ici, arriva et posa ses pattes délicates sur la petite fleur rayonnante de bonheur.

— Princesse Clématite ? Comme je suis heureux d’enfin vous trouver ! Laissez-moi me présenter : Prince Argus pour vous servir. Mes ailes ne doivent leur couleur qu’à votre pollen. Accepteriez-vous ma trompe ?

Princesse Clématite ne sut que dire… Si ce n’est que pour toute réponse, elle ouvrit davantage ses sépales pour offrir son cœur tendre au Prince.

Monsieur Rouge-gorge a froid

– Papa, tu as vu ? Il neige ! Il neige pour Noël ! Ça, c’est la fête.- Oui, fiston, j’ai vu. Si tu veux, on peut faire un petit bonhomme de neige !

–  Oh oui, chouette alors ! »

 Alors que Pierre s’apprête pour sortir, un petit oiseau brun et orange se pose sur la table du jardin et, de ses petits yeux, regarde sur la table et par terre s’il n’y a rien à se mettre dans le bec. Dehors, il fait froid et les flocons de neige tombent et fondent sur le petit corps de l’oiseau.

– Tu es prêt, Pierre ? Je t’attends

– Oui mais, papa, tu as vu à la fenêtre ? Un Rougegorge. Il a l’air d’être malade, il ne bouge pas beaucoup.

– Oui, en effet, il a certainement froid…et peut-être aussi faim ! Tu veux l’aider ou tu préfères ton bonhomme de neige ?

– Je veux l’aider, papa ! Dis je peux ?

– Bien sûr ! Tiens, demande à maman si elle a quelques graines pour les oiseaux. Elle doit sûrement avoir fait des provisions en pensant à eux, à présent que le froid est là.

Petit Pierre revient bien vite, les mains remplies de graines et autres boules de graisse. 

– Et maintenant, qu’est-ce que je fais ?

– Tu vas déposer quelques graines par terre, tout doucement. Lentement, pour ne pas l’effrayer. Moi, je vais accrocher les boules de graisse.

Le petit oiseau ne bouge pas d’une plume, frigorifié. Il regarde attentivement la nourriture qu’on lui offre. Les graines rebondissent à terre. La porte se ferme et le petit oiseau, réchauffé à l’idée qu’il va manger, a le regard plus vif.

Après que l’enfant soit rentré, le Rougegorge bouge une, puis les deux pattes. Trois petits bonds et le voilà à terre picorant les premières graines, puis s’envolant sur la boule de graisse.

Sans le faire exprès, petit Pierre a jeté les graines tout près de la grille d’évacuation pour le sèche linge. La vapeur chaude réchauffe par la même occasion le Rougegorge. La chaleur et la nourriture étant là, il retrouve bien vite toutes ses forces.Un sourire immense illumine le visage du petit garçon.

– Joyeux Noël à toi aussi, monsieur Rougegorge.

Pour le remercier de sa bonté, l’oiseau ouvre le bec et lui chante une douce mélodie.

Toute la famille observe avec plaisir ce petit volatile et les oreilles se laissent aller au gré de cette musique si naturelle, si pure.

Et pour le plaisir des yeux, une autre petite photo :-)