Fragments de temps, Virelles et sa région au fil des saisons

Voici un superbe livre que j’ai reçu, en remerciement du projet que j’ai de vendre mon dernier recueil « Démarrer au quart de tour », pour le Creaves de l’Aquascope Virelles. Grâce à ma visite, j’ai même eu droit à une jolie dédicace de l’auteure des textes : Anne Sansdrap :-)  Il ne me faudra plus que rencontrer Yves Fagniart, peintre animalier belge, pour lui demander aussi une petite dédicace et ce livre sera personnalisé par les 2 personnes qui lui ont donné vie ! Merci Anne !

Fragments de temps, Virelles et sa région au fil des saisons
Aquarelles et croquis : Yves Fagniart
Texte : Anne Sansdrap
Pages : 127
Année d’impression : 2012
Préface de Claudine Brasseur.

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Extrait de plume de Anne :

« (…) une femelle de harle bièvre. Elle quitte le repos pour une séance de pêche mais a sans doute les yeux plus grands… que le bec ! Très rapidement, elle capture un gros gardon mais il lui est impossible de l’avaler. Elle le retourne, le laisse s’échapper, (…) Rien n’y fait… Elle le perd à plusieurs reprises (…) L’air de rien, en quelques coups de pieds palmés, une silhouette noire (…) s’approche de la rouquine ébouriffée. (…) Il n’a pas fallu deux secondes pour que ce grand cormoran vienne la lui chaparder et l’engouffrer de sitôt. Je l’ai sentie comme un peu vexée… »

Anne Sansdrap a les mots d’ambiance, des mots d’observation, des mots doux et justes qu’on lit, comme on entend une poésie, musique naturelle et tellement belle. Les aquarelles et croquis d’Yves Fagniart, délicatesse et finesse , accompagnent ses textes si bien qu’on ne sait pas qui a fait quoi avant. Ce duo fonctionne à la perfection, ils nous emmènent avec eux depuis n’importe quel lieux de lecture.

Émotions, souvenirs, sourires et bonheur garantis tout au long de ce voyage magnifique, dans cette région de mon pays. Un moment agréable, plaisant qu’il est bon de s’offrir, encore et encore.

Site d’Yves Fagniart

Anne Sansdrap

Une affaire de moustique

Ou comment écrire une petite histoire sans en avoir l’air ? Voici le 10ème titre des aventures de Meredith by … moi :-) (clic ici pour lire les 9 autres textes)

Une affaire de moustique

Meredith pensait être quitte avec les moustiques. Après les tiques, les mouches, les guêpes, les poux, les fourmis, les araignées et les moustiques, voici donc, tout naturellement, le retour triomphant de ces dernières petites bêtes pas sympathiques. Normal pour des moustiques !

L’histoire commence ainsi :

Calmement posée sur le mur de la salle-de-bains, Dame Moustique observe l’humaine qui rentre dans son repaire, l’air insouciant. Meredith n’a pas encore vu la petite bête, il faut dire qu’elle ne regarde pas systématiquement au plafond étant donné que sa crainte habituelle est, hélas toujours, de voir une énorme araignée se planquer au fond du bain. Mais, voilà que son geste mécanique est d’attraper le pommeau de la douche qui est accroché en hauteur, à l’endroit même où son mari de 25 centimètres plus grand qu’elle, l’a laissé hier. (25 centimètres de différence entre eux, ce n’est pas grand-chose, pourtant son mari ne cesse de lui répéter sa taille quand elle ose ranger des choses un peu trop bas pour lui… Dernièrement, elle lui a fait la même remarque, mais en précisant sa taille à elle ; lui, il peut s’abaisser, elle, ne voit carrément parfois pas l’objet en question vu son emplacement hors de portée de ses yeux) La hauteur du pommeau de douche nous importe peu, sauf que cette information au départ sans importance va s’avérer capitale pour la suite étant donné que Meredith doit, sur la pointe des pieds et en râlant quelques peu, étirer complètement son bras et pencher sa tête en arrière pour l’attraper et que, en toute logique, son regard périphérique capte une tache noire juste à droite, un peu plus haut, que le pommeau. La tache aurait pu être banale, une tache d’humidité ou… Ou une bête ! Car soyons réaliste, il n’y a pas grand choix dans une salle-de-bains, à cette hauteur, qui peut correspondre à une tache noire.

L’histoire se répète donc. Meredith aurait dû flairer le danger à l’instant même où elle a repéré le moustique, mais malgré son âge, elle reste naïve et pense bêtement que le moustique va se tenir tranquille s’il tient à sa vie. En effet, au début, le comportement de la bestiole, aurait presque pu donner raison à Meredith. Encore ensommeillée par une nuit courte, Dame Moustique ne bouge pas une patte, profitant un maximum du spectacle qui s’offre à elle, à savoir une belle et grande superficie de peau délicieusement parfumé à l’odeur de sang sucré. Elle a l’embarras du choix, n’est-ce-pas ? Qu’auriez-vous fait à sa place ? Hein ? Affamé, car vous n’avez rien mangé depuis des plombes, voilà qu’un repas vous est servi sur un plateau d’argent, enfin une baignoire qui n’est pas en argent, mais qui est là, devant vous, à portée de vos dents…

Tous les sens de Dame Moustique se réveillent. Tel un chat, elle étire ses pattes, nettoie ses antennes, secoue ses ailes sans s’envoler. Meredith peut même interpréter le désir du moustique par une certaine excitation palpable. Fébrile, l’humaine peut même voir l’appendice buccal frétiller de plaisir ! Oui, Dame Moustique fait vibrer sa bouche pour préparer son proboscis allongé (sa trompe quoi, comme les éléphants, si j’avais utilisé le terme de rostre, ma fille m’aurait dit que le moustique n’est pas un dauphin…) à piquer et sucer… après une longue période d’extrême disette, il lui faut bien la nourrir elle, mais aussi ses œufs. Le sang est primordial pour les œufs, il contient plein de protéines, si, si…

Serait-ce donc ici de l’extrapolation ? Meredith ne se préoccupe même pas de cette question car l’insecte bouge à présent de tous ses membres.

Si nous avons bien suivi les aventures de Meredith, cette histoire devrait, pour équilibrer un peu le score, donner Dame Moustique grande gagnante. Mais, toujours si nous avons bien lu les histoires de Meredith, nous pouvons dire que cette humaine-là, bien qu’elle soit compatissante avec les petites bêtes, n’en est pas moins une redoutable combattante. Têtue, pensant à ses enfants (dont le fiston a déjà été dévoré à de nombreuses reprises par on ne sait quelle vilaine et exécrable bête), on peut supposer que l’affaire ne va pas s’arrêter là… sinon, il n’y aurait tout simplement pas d’histoire !

Meredith ne s’affole pas malgré ses poils qui commencent à se redresser sur sa peau découverte. Elle a comme l’impression d’un déjà-vu… avec raison ! Vu l’heure matinale, et étant donné que la maisonnée dort encore à poings fermés, l’humaine chuchote à son agresseur quelques mots d’avertissements du style : « Ne sois pas stupide, j’ai la douche comme arme fatale. Sauf si tu es suicidaire, je ne te conseille pas d’avancer plus que ça. » Mais ces menaces n’ont aucun effet sur le moustique. En effet, si Meredith est têtue, elle n’est pas la seule. Ce que Meredith ignore c’est que cette espèce de Dame Moustique a besoin de son sang pour ses œufs, sans sang, pas d’œufs. Le nectar des fleurs ne suffit plus à cette bestiole. Tous les moustiques n’ont pas cette particularité, il fallait bien sûr que celui-ci tombe sur Meredith ! Et comme pour cette jeune femelle, c’est sa première ponte, elle a toute la fougue et le tempérament nécessaire à cette épreuve oh ! combien périlleuse.

Appâtée par le fumet de l’humaine, Dame Moustique a du mal à se contrôler, ses mouvements sont saccadés, son vol imparfait. Rasant le mur du mieux qu’elle peut, l’insecte a tellement d’énergie et de volonté qu’elle finit par prendre des risques et à se rapprocher dangereusement du visage de Meredith. Erreur fatale ! Sans plus réfléchir, Meredith, tout à fait consciente de son geste meurtrier, oriente le jet de la douche directement sur le moustique. Mais que se passe-t-il ? Le moustique est toujours là, il vole toujours maladroitement, mais il évite les centaines, les milliers de gouttes ? Impossible ! Meredith n’en croit pas ses yeux ! Cette moustique, est une pilote de Formule1, elle évite les projectiles comme aucun moustique n’a fait avant elle ! Finalement, après un temps qui a paru abominable à Meredith, et qui a dû paraître autant interminable à Dame Moustique, l’incroyable phénomène se pose au plafond, presque dans le coin, le cœur battant à mille pulsations à la minute, au moins ! Meredith peut voir tout le corps de la petite bestiole reprendre son souffle. Intrépide et courageuse, Dame Moustique n’est pas moins stupide. Elle s’est posée hors de portée de main, et Meredith n’a pas l’intention d’asperger son plafond pour si peu… Elle pense bien à prendre l’essuie pour en finir une bonne fois pour toutes, mais d’expérience, elle sait que le moustique peut s’emmêler les pattes dans l’essuie et qu’il lui faudra l’enlever de là avec les doigts. Chose impensable pour elle.

Alors, elle le laisse tranquille… enfin pour le moment, car Meredith, avant de quitter la maison, informe sa famille de l’intruse. Avec un mari sans peur ni remords pour la gente Culicidé, elle sait que la vilaine, bien que remarquable par sa vitalité et son audace, a peu de chances de s’en sortir vivante.

Quelques heures plus tard…

Le soir arrive. Meredith revient de son travail, sans aucune pensée pour la pauvre moustique. Alors qu’elle se revêt de vêtements plus confortables, Meredith croit halluciner : ELLE est toujours là ! ELLE est devant elle, à sa hauteur, plus fraîche qu’un gardon, ayant recouvré toute son énergie et son désir de sang ! Les insecticides ne sont pas présents dans la maison… Mais Meredith a trouvé une alternative toute aussi efficace qui sied parfaitement à la situation trouve-t-elle : le spray du parfum « nectar de nature » !

Non seulement, elle asphyxie la moustique, mais elle parfume la salle-de-bains. D’une pierre, deux coups.

Lorsque Meredith pensait s’en être enfin débarrassée, quel ne fut pas son étonnement de la voir agonisante à ses pieds. Là, sans aucun remord, elle l’écrase avec sa pantoufle. Elle lui épargne ainsi une fin de vie longue, difficile et cruelle.

Pour lire sur Atramenta, c’est ici, clic, clic, clic.

FIN.
Fin ? Vous êtes sûrs ? Je n’ai pas encore parlé des puces… :-)

Aposématique – vocabulaire

Même en jouant avec les enfants, on apprend des mots de vocabulaire. Grâce au jeu « défi nature – les insectes« , voici un joli mot typique scientificonature :-)

Aposématisme : Quand un animal n’est pas bon à manger, il peut le signifier par différentes façons : visuelle avec des couleurs particulières connues dans tout le règne animal comme étant un poison (le rouge et noir, ou le jaune et noir), chimique avec une odeur particulière, ou même sonores.

Ce moyen de défense (comportement de protection) sert aussi bien la « proie » que le « prédateur », l’un pour ne pas se faire manger, l’autre pour savoir que ce qu’il convoite n’est pas comestible, toxique, voir mortel.

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Bien sûr, certains animaux, rusés, peuvent utiliser le mimétisme en « utilisant » cette méthode d’avertissement pour faire croire qu’ils ne sont pas bons à manger. Ceux-là, sont… intelligents ha ha ha

Les autres, qui ne savent pas « mentir » sur leur goût, ont d’autres ressources pour essayer d’échapper à leur destin de repas : camouflage ou comment se fondre dans le décor, « faire le mort », déstabiliser l’adversaire par des bonds prodigieux, la fuite, la tromperie (faire croire qu’ils sont blessés, empoisonné), et j’en passe.

 

Aux bord du lac Baïkal, de Christian Garcin

Titre : Aux bords du lac Baïkal
Auteur : Christian Garcin
Édition : Medium, école des loisirs
Genre : roman, jeunesse
Année d’impression : 2011
Nombre de pages : 133
Note personnelle : 9/10

aux bords du lac baikal chr garcinVoyageons un peu, reconnectons-nous à la nature le temps de la lecture de ce livre et même un peu plus car son histoire remplie de belles images coule encore dans mes veines, bien après que j’ai refermé cette malle aux trésors.

Quelque part en Russie orientale, dans le sud de la Sibérie pour être plus précise, existe un endroit paisible avec un lac qui a la plus grande superficie d’eau douce … au monde ! ( lien site de l’Unesco avec description du lac qui fait partie du patrimoine mondial), c’est le lac Baïkal.

Dans ce lac, autour de ce lac, à proximité de ce lac, il y a aigle, oui, une famille d’aigles, c’est la famille de Lelio Lodoli. Et tout commence avec cet aigle et aussi avec une marmotte. Cette marmotte, c’est Stavroula Spassiba. Mais l’histoire ne serait pas la même sans bien sûr l’Esprit du Grand Lac qui n’est autre que la grande, la divine Dianda, ni non plus sans Pandolphe Popovitch, l’ours, ni sans Anoushka Petzoula la taupe, et encore moins sans Malmousque Gourbi, le 48ème glouton. Et puis que serait devenue cette histoire si Opatija Domoul, mouette de toutes les mouettes, n’était pas là ? Peut-être que Dwayne Dodo s’en serait porté mieux ? Qui sait ? Avec cet escargot, tout est possible. Mais vous ai-je déjà parlé de Maximilian Oblomov ? Oui ? Quand ça ? Ah oui, dans l’extrait, où avais-je la tête ? Mais je suis sûre que vous connaissez pas Nastiouchka Pilipili, la pie medium qui m’inspire une histoire ? Aaaah, je le savais !

Je crois que je vais arrêter là cette liste de présentation. Comment ? Que dites-vous ? Je n’ai pas nommé le vieux couple de rats ? Raïssa et Sacha Borchtch ne m’en voudront pas, j’en suis sûre, car voilà, maintenant, vous connaissez leur nom :-)

Toujours est-il que dans tout ce livre, pas le moindre humain pour interférer dans cette paisible nature. Enfin, presque pas… car il y a Geirg Dordjé, jeune chaman, quasi muet et très peu sourd, mais comme il ne parle à aucun autre animal humain, ou juste à son frère, il n’y a aucun souci à se faire.

J’ai lu ce livre très vite. Chaque chapitre raconte le moment M où un évènement se passe. Mais durant cet évènement, d’autres ont lieu, même si on ne le voit pas, même si on ne l’entend pas, ça bouge, ça vit sur terre, dans la terre, dans les airs, dans l’eau… la vie est partout !
L’auteur fait parler Chen Wanglin qui semble-t-il soit le héros d’un autre de ses livres (que je n’ai pas lu). Ses phrases sont écrites comme si on écoutait cette histoire racontée. Il y a des liens partout, entre tous les animaux, c’est fantastique ! Je pensais que le seul humain présent dans cette histoire aurait plus de poids, mais c’est tout l’inverse et c’est parfait comme ça. On sait qu’il existe, on sait qu’il est en communion avec les animaux et que rien ni personne ne pourra interférer dans cette relation particulière.

Étrangement, tout à la fin, les 3 dernières pages, sont mise en page de telle manière que ce n’est qu’à la fin de la première page que je me suis rendu compte qu’il n’y a aucun point, sauf le point final qui termine l’histoire. Ce qui fait une phrase un peu longue mais pas indigeste contrairement à ce que j’aurais pu le croire. Est-ce un « jeu » d’écriture que l’auteur s’est donné ou un défi ou je ne sais pas quoi d’autre ?? Mystère, on n’en parle pas dans le livre  :-)

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Stavroula Spassiba ?? c’est toi ??  ;-)

La rupture

Un petit texte sur le thème « la rupture ». 

–          Je constate qu’il y a une rupture, dit le médecin à son patient.

–          Ah bon ? s’étonne Monsieur Robin.

–          Oui, poursuivit le thérapeute. Jusqu’il y a peu, à chacune de nos rencontres, vous me parliez de votre voisin. Pas un jour, me semble-t-il, il ne vous laissait tranquille. Ce comportement aurait pu être décrit comme du harcèlement.

–          Je suis tout à fait d’accord avec vous, docteur.

–          Mais alors, que s’est-il passé, il y a quinze jours, pour que vous n’abordiez plus ce sujet ?

 Monsieur  Robin réfléchit. Il regarde le plafond, à gauche, comme si le coin pouvait subitement lui donner la réponse. Dans sa tête, défile d’étranges images, mais il n’arrive pas à faire le lien entre ce voisin malsain et son calme presque olympien depuis sa disparition.

 –          Si vous parveniez à trouver ce qui vous rend si détendu depuis deux semaines, reprend le médecin, vous parviendrez à vous soigner plus rapidement.

 Monsieur Robin se rend en effet compte, lui aussi, de cette cassure. Avant, il était tendu, nerveux, agressif. Il ne chantait presque plus. Et là, depuis que son voisin n’est plus là, il se sent tout autre, plus serein, plus heureux. Il a même envie de repousser la chansonnette. Cela se peut-il que la nature reprenne le dessus ? Est-ce que son instinct seul a-t-il suffit à calmer sa faim ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de nourriture !

Voilà des mois qu’il écoute son cœur. Des semaines entières, où, pour faire plaisir à sa nouvelle fiancée, il ne touche plus le moindre ver ! Il est sobre depuis si longtemps que son appétit d’oiseau s’est modifié. Son régime a changé, et son caractère aussi par la même occasion.

À y réfléchir encore plus intensément, le patient dit qu’en effet tout a commencé quand Monsieur Farine, grand ver de sa famille, a emménagé à côté de son nid. Le voisin se tortillait tous les jours, sous ses yeux, pour sortir de son trou. Il s’étirait et ondulait d’une façon ! Cela en était dégoûtant ! Provoquant même ! À force, ben oui ! Il l’a fait retrouver son appétit.

 –          Je ne suis pas un rouge-gorge pour rien, dit Robin en baissant les yeux. Tout le monde sait que le plat préféré de mon espèce, c’est le ver. Quel culot, il avait eu de venir s’installer juste sous mon bec. C’était de la provocation, n’est-ce pas docteur. De la légitime défense, non ?

Le médecin, dans son élégant costume blanc et noir, ne répondit pas tout de suite. Dans sa tête à lui dansait une scène délicieusement horrible où il se retrouvait, l’été passé, à dévorer les œufs d’un nid de rouge-gorge…

« Moui, sûrement, il me pardonnerait si je lui disais tout. Après tout, pondre des œufs juste sous mes yeux de pie, ça aussi c’est de la provoc’ »

 

Jeu – questions sur mon recueil un oiseau peut en cacher un autre

Je me suis amusée à inventer 3 questions pour chacune des 13 histoires de mon dernier recueil pour enfants : Un oiseau peut en cacher un autre.

Une question de « lecture » et de compréhension de l’histoire, et deux autres plus générales sur la nature et les animaux que l’on rencontre dans mon livre (mésanges, moineaux, rapaces, martinets, mouettes, goélands et autres oiseaux de mer, pics, hérissons, escargot, fleurs, etc.)

Questionnaire que je peux vous envoyer par e-mail sur simple demande, en commentaire.

  • Pourquoi la mésange bleue ne peut-elle plus quitter son nid ?
  • Que veut dire dimorphisme sexuel ? Aide : chez les mésanges, il n’y a pas de dimorphisme sexuel entre le mâle et la femelle.
  • Remets dans le bon ordre O R I N H I C
  • Comment s’appelle l’oiseau qui sauve Troglo Dite de la noyade ?
  • D’où vient le nom Troglodyte ?
  • vrai ou faux : aphone veut dire éternuer.
  • Pourquoi Scar a-t-il peur de l’hiver ?
  • Est-ce qu’une limace, c’est un escargot sans sa coquille ?
  • Remet dans le bon ordre : D T A S R E O O P E G
  • Qui sont les PUB ?
  • Que veut dire « indigène » ? Aide : chez nous, les perruches vertes ne sont pas des oiseaux indigènes.
  • vrai ou faux : les sittelles nichent dans les arbres?
  • Comment fait le coucou pour tromper la rousserolle avec son oeuf ?
  • Quel est le chant du coucou ?
  • Remets dans le bon ordre : A A I P S R E T
  • Comment reconnait-on l’épervier qui a tué le petit moineau ?
  • Il existe deux espèces de moineaux chez nous, cites-les.
  • vrai ou faux : les pies sont des rapaces
  • Pourquoi le Prince est-il pressé de se marier ?
  • Que veut dire pélagique ? Aide : le pétrel (ou fulmar boréal ) est un oiseau pélagique.
  • Remets dans le bon ordre : G E N R U E R V E
  • Qu’est-il arrivé aux autres clématites ?
  • De quoi le hérisson aime-t-il se régaler ?
  • vrai ou faux : le papillons sont de petits oiseaux.
  • Pourquoi Valéria hésite-t-elle à manger le lapin ?
  • La buse variable est diurne ou nocturne ?
  • Remets dans le bon ordre : I O P N S O
  • Quelle catastrophe naturelle est à l’origine dans l’histoire du petit Dio ?
  • Pourquoi est-ce que les albatros ont-il tant de difficultés à se déplacer sur la terre ferme ?
  • vrai ou faux : l’albatros de Laysan existe vraiment.
  • De quels mammifères est-il question dans l’histoire des maisons-pomme?
  • Pourquoi est-il dangereux de réveiller un hérisson qui hiberne ?
  • Remets dans le bon ordre : E I N T O S T E
  • Qui aide les oiseaux à trouver un toit ?
  • De quoi se nourrit exclusivement un martinet ?
  • vrai ou faux : le martinet est capable de dormir en volant.
  • Quelle est la particularité des pierres d’Olonne ?
  • Que veut dire « limicole » ? Aide : le chevalier fait partie de cette famille.
  • Remets dans le bon ordre : A A R I M S

Promenade sur le lac

J’ai essayé de vous décrire ma première rencontre avec cette créature extraordinaire :-)  je n’ai pas réussi à vous faire passer la magie de l’instant passé… il faut y être pour pouvoir ressentir toutes les émotions qui m’ont parcourues cette nuit-là.

Noémie participe à un stage en pleine nature. Avec trois autres camarades et leur moniteur, ils avancent silencieusement sur un étang appartenant à une réserve naturelle. L’ornithologue qui les accompagne mène la barque sans la moindre difficulté.

Le ciel est dégagé, et certaines étoiles, les plus lumineuses, sont visibles à l’œil nu. Noémie n’aime pas le noir mais depuis l’été passé où elle a fait connaissance avec une chouette effraie, elle se sent intriguée par ces animaux nocturnes. Une autre chouette, toute brune, aux gros yeux ronds et sombres a déjà salué son courage lorsqu’elle s’embarquait dans le petit bateau de bois. L’ornithologue a identifié sans le moindre doute l’oiseau, il s’agit d’une chouette hulotte u chat huant. Le petit surnom qu’on donnait parfois à ce rapace l’avait intriguée et ils avaient commencé leur petite expédition par un cours d’étymologie.

Noémie ne voit rien à l’horizon mais ses oreilles sont toutes ouvertes. Petit à petit, ses pupilles s’habituent à l’obscurité. Après un quart d’heure à naviguer sur l’eau, elle peut enfin discerner la silhouette des arbres. Le quart de lune éclaire certains endroits. L’ado perçoit la limite de la roselière.

Une grenouille croasse et tous les enfants sursautent tellement ce bruit se répercute dans le silence. Tous sont attentifs. L’ornithologue, guide depuis cinq ans dans cette réserve sait quand il faut se taire ou quand il faut tourner la tête.

Ce soir, ils devraient pouvoir le voir ou du moins l’entendre. Il n’a rien dit, ni au moniteur, ni aux élèves. Il aime que les visiteurs découvrent par eux même la richesse d’une faune méconnue.

Le vent léger qui souffle parvient à faire dresser les oreilles du plus distrait des élèves. Les adolescents réalisent que la nuit, dans la nature, le silence n’existe pas. La chouette de tout à l’heure chante à nouveau. Noémie devine qu’elle s’est déplacée car le son qu’elle a entendu ne parvient pas de l’endroit où elle avait aperçu le rapace.

Des mouvements désordonnés et de petits cris perçants font lever les cinq têtes.

– Des pipistrelles, les chauves-souris les plus communes dans notre pays. Il existe…

L’ornithologue continue son explication à voix basse mais Noémie est déconcentrée. Elle a cru percevoir un étrange son sourd. « Un son sourd » s’interroge-t-elle d’elle-même, ça ne veut rien dire ! » La jeune fille tâche de faire abstraction des chuchotements près d’elle, ferme les yeux et oriente son oreille droite vers le son qu’elle a cru entendre. Mais il n’y a plus rien. Ses yeux se réouvrent automatiquement, comme pour mieux voir ce que l’ornithologue raconte.

« J’ai du rêver ».

Le guide, tout en continuant la description de la pipistrelle, sourit à Noémie. Noémie ne comprend pas la signification de ce sourire. A-t-il cru qu’elle s’était endormie ? Avant même qu’elle ne lui pose la question, il enchaîne avec :

– Tu l’as entendu n’est-ce pas ? Tu as une ouïe fine.

Ses camarades la dévisagent. Son moniteur également. Noémie rougit mais heureusement, dans cette obscurité, personne ne le voit.

Voumb

Le rugissement est nettement plus clair à présent ! Tout le monde l’a remarqué mais personne ne sait l’identifier clairement.

– C’était quoi ça ? un boeuf ? ose le petit rigolo du groupe.

– Un boeuf, ici, t’es bête ou quoi ! lui répond son copain.

Noémie est la seule fille qui a osé accompagner les garçons à cette sortie nocturne. Elle reste silencieuse. Elle observe les roseaux. Il lui semble avoir vu bouger quelque chose dans ce coin là bas.

L’ornithologue lui a fait signe de changer de place pour se rapprocher de lui. Il lui chuchote : « Son cri peut faire écho jusqu’à cinq kilomètres à la ronde ! Il faut avoir de bons yeux et savoir où chercher. »

Noémie a soudain des frissons qui lui court sur tout son dos, sa nuque et jusque dans ses cheveux. Un cri qui peut s’entendre sur des kilomètres, elle n’ose pas y croire. Quelle bête gigantesque peut fournir un pareil son ?

L’animal ne renouvelle pas ses vocalises. Noémie reste intriguée.

La barque se dirige lentement vers le fond de l’étang. La rame ne fait aucun bruit lorsqu’elle brasse l’eau. Les gestes se font au ralenti. Le guide tend un bras et pointe du doigt un endroit précis à une dizaine de mètres d’eux. Il donne un monoculaire à vision nocturne à Noémie. La jeune fille tremble un peu, de froid, d’incertitude. Les images en vert et noir sont floues mais elle remarque quelque chose d’étrange dans les lignes de la roselière. Un dessin particulier semble bouger au rythme d’une respiration ! Sans s’en rendre compte, Noémie retient son propre oxygène dans ses poumons, pour ne pas bouger, pour ne pas effrayer. Soudain, une volumineuse masse, aussi grande qu’une buse, décolle! De larges ailes se déploient et peinent à faire monter le corps de l’oiseau dans les hauteurs du paysage. Les battements sont mous et silencieux. Les yeux de l’adolescente n’arrivent que très difficilement à se réhabituer à la noirceur de la nuit. Ses copains, qui ne se doutaient de rien, son recroquevillés dans la barque, les genoux ramenés à leur menton, la tête repliée dans leur cou, le regard interrogateur.

– Messieurs, vous venez de faire connaissance avec le Butor ! Magnifique échassier de la famille des hérons. C’est lui que vous avez entendu, il y a quelques instants. Jolie bête n’est-ce pas ?

Ne s’attendant à aucune réponse de la part des gamins, l’ornithologue fait un plus large sourire à Noémie et à son moniteur. Ce dernier, intrigué ose demander s’il y a encore d’autres animaux de la sorte à être aussi dissimulateur, invisible, et surprenant.