Un bain de nature à Cointe

La nature nous annonce la fin de l’hiver : les perces-neige et crocus sont de sortis, ouvrant leurs pétales aux rayons du soleil, les oiseaux chantent, la température est à plus de dix degrés en journée !

Une petite balade sur l’heure de table à midi.

Texte du jour et photos mélangées, de moi, faites à Liège (dans notre jardin à Embourg, dans les parcs à l’île aux corsaires et Hauster ou dans les rues de Chaudfontaine)


Bain de nature à Cointe


Des mésanges, des mésanges, des mésanges
Qui chantent, qui chantent
C’est bientôt la fin de l’hiver
Dans le parc de Cointe, j’ai le nez en l’air
Le nez en l’air, les yeux dans les arbres, les pieds dans la gadoue
Et j’écoute, j’écoute, j’écoute.

Je vois des mésanges bleues,
Elles ne sont qu’une ou deux.
Et puis des longues-queue
Celles-là, elles sont plus nombreuses.
Je devrais les appeler autrement,
Des « orites » que je dois dire maintenant
Mais je n’y arrive pas
Je ne veux pas.
Ces minuscules mésanges ont la bougeotte
Ça vole, ça se pose, ici et là-bas
Ça chantonne, ça siffle, ci et là.
Sur une branche pas loin, une charbonnière
Qui détalle sans faire la fière
S’échappe à mon regard
Ne veut pas me voir. Ne veut pas me voir.

Le chant reconnaissable du rouge-gorge
Qui déploie ses notes mélodieuses
Un sourire au printemps, un espoir des beaux jours
Lui, tout ce qu’il fait, c’est défendre son territoire
D’ailleurs, j’en entends un second
En chant qui lui répond
De l’autre côté du chemin, se faisant face
Face à face, séparés par des arbres et des broussailles
Et puis, il y a moi entre les deux
Les yeux pétillants et joyeux
De les entendre tous chanter, s’égosiller, crier.
Il y a moi entre les deux, seule parmi eux.
Seule parmi eux parce que je le veux

Sur un autre tronc, près du sol, une boule de plumes
Toute petite, toute arrondie, elle est toute brune
Ou presque. Son ventre clair, couleur blanc cassé
Contraste avec le reste.
Un grimpereau, qui grimpe, qui grimpe
Qui fait le beau et qui tourne autour du tronc
De bas en haut, il tourne, il avance, il progresse.
De son long bec fin, des insectes, il en recherche
Sous l’écorce dissimulés, il fouille, il cherche.

Une note flutée, une note, seule et aiguisée
C’est la sittelle qui l’a lancée.
Une note flutée et répétée
Mais elle est bien dissimulée, camouflée, cachée
Je ne la vois pas, mais je l’entends.
Je ne la trouve pas, mais dans mon cœur, elle est là.
Je ne la vois pas, mais je sais qu’elle est là.
Je progresse à mon tour, à pas de velours
Pour ne pas les effrayer, les faire s’envoler.

Le miaulement d’un chat éclate
En plus clair
En plus net
En plus aigu
Nez en l’air
Aucun visu
Je cherche une buse
Mais ça n’en est pas une.
Un imitateur
Un trompeur
Un petit malin,
C’est le geai des chênes
Et ça me plaît ! Sans gêne !
Pas de rapace dans ce parc
Pas ce midi, pas pour aujourd’hui
Mais un corvidé coloré
Qui sait chanter, qui sait tromper

Le temps passe, les nuages s’effacent
Le soleil arrive avec sa lumière vive.
Demi-tour amorcé
Au travail, je dois y retourner
Et sur ce retour, je perçois le tambourinement d’un pic
A dix mètres de moi, je le vois, oui ! je le vois !
Un pic épeiche, en noir et blanc avec le derrière rouge
Tape tape tape du bec et éclate l’écorce
Et creuse des trous
Tape tape tape du bec
Et cherche sa pitance
Et creuse des trous.

Merles et pigeons ramiers
Je ne les ai pas comptés
Ils étaient bien là, avec moi
À distance raisonnable
Sans oser trop se rapprocher
Sans oser trop conter
Sans oser me raconter des salades
Égayant simplement ma balade
Par leur présence fidèle et assurée
Pas timides, ils se laissent observer.

Enfin, sortant du parc, longeant un autre
Sur la dureté du trottoir,
Au loin, un oiseau noir, tout noir
Silencieux et majestueux
Obscurité tout en haut,
Contraste sur le ciel clair
Une corneille fait le guet
M’observe, m’observe
Une corneille fait le guet
Sans réserve, sans réserve.


Maria, une fée des contes merveilleux

Voici l’interview que j’ai rédigé pour le mensuel de La Maison du Conte et de la Parole de Liège.

Maria Estalayo est une fée

Un jour d’automne, j’ai rencontré une fée des contes merveilleux. Merveilleux, car ces contes nous démontrent que tout le monde est capable de surmonter n’importe quel obstacle ; qu’il y a toujours quelqu’un pour nous aider même si, à la fin, c’est toi, moi, chacun de nous, qui dois faire le dernier pas tout(e) seul(e).

Une fée qui nous arrive d’Espagne, mais elle est aussi une fée américaine, japonaise, belge. Une liégeoise polyglotte. Cette fée, traductrice de métier, est aussi une conteuse merveilleuse.

Cette fée s’appelle Maria. Comme Obélix, Maria est tombée dans une marmite quand elle était toute petite. Mais c’est tout ce qu’ils ont en commun. Maria, c’est dans une marmite de contes qu’elle est tombée. Sans s’y noyer, elle a bu les paroles de son père qui lui racontait des histoires. Très vite, la potion l’a aidée à lire, très vite elle a été accro aux mots. Et oui, tel Obélix, la fée Maria a toujours été une grande gourmande, puisque depuis qu’elle sait lire, elle ne cesse de dévorer des histoires, avec une préférence pour les contes à la sauce merveilleuse. Les contes merveilleux et les belles illustrations qui accompagnent tantôt un recueil de contes traditionnels, tantôt un album de contes d’ailleurs.

Née en Espagne, la fée Maria baigne dans les livres et la littérature grâce à un super papa passionné de littérature, d’histoires et de poésie, et grâce à une super maman qui lui a offert sa passion pour la transmission des poèmes dits avec le cœur. Son super papa est aussi un amoureux des langues. En autodidacte, il change de langue comme il change de chemise. Et la fée Maria, eh bien ! Elle prend le pas. C’est grâce aux contes qu’elle a commencé à apprendre les langues. Son super papa les enregistrait avec sa voix et elle, la fée Maria, elle ne cessait de les écouter, encore et toujours. Et comme, avec le temps, la machine était cassée, elle modifiait la voix et ça donnait au super papa une voix très rigolote.

La fée Maria n’a pas dix ans qu’elle part vivre aux États-Unis. Elle y grandira durant cinq années. Non seulement, elle découvrira, aimera, parlera anglais, mais c’est à la fin de ses primaires qu’elle va faire connaissance avec le Japon. Le pays du soleil levant, sa culture, ses traditions, ses contes, ses histoires grâce à une personne native qui viendra à l’école pour partager ses savoirs en matière de kamishibaï (théâtre de papier), de haïkus (poème bref qui tient sur trois lignes, en 17 syllabes), de calligraphie, d’origamis, etc. Cette langue riche et ses syllabaires intéressants lui permettent de se familiariser avec une nouvelle langue, langue qu’elle a choisie à l’université comme 3e langue. Maria finira par y partir une année entière.

C’est en pleine adolescence que la fée Maria est attirée par les contes d’auteurs et les histoires courtes. Un peu plus tard, à la fin des années ’90, à l’université, il y a un boom pour les contes pour adultes. Grâce à un petit café, Libertad 8, je me passionne pour le conte conté. Ce lieu connu et reconnu à l’époque – et qui a tenu pas moins de vingt ans – organisait le vendredi ou samedi soir, des spectacles contés, avec une minuscule scène. Les yeux de la fée Maria pétillent. Elle me raconte que c’étaient uniquement des conteurs professionnels ; que cela ressemblait plutôt comme une veillée qu’un spectacle. La fée Maria allait boire un verre en écoutant des contes (pour adultes), avec des contes d’auteurs (Roald Dahl), parfois en lien avec des contes traditionnels Cela durait environ une heure, avec un entracte. J’adorais ces moments magiques. Même les fées ont des rêves. Celui de Maria, c’était d’être un jour sur la scène de ce café.

Là-bas, en Espagne, il y a un conteur extraordinaire, qu’elle apprécie énormément : Héctor Urién. Depuis plus de dix ans, Héctor raconte comme personne les contes des 1001 nuits. Il s’est mis comme défi de raconter les 1001 nuits et il les raconte une à une, les 1001 nuits, une fois par semaine ! Il fait beaucoup de recherches, il adapte les classiques tel Don Quichotte qu’il raconte passionnément pendant une heure entière. Il met à l’aise et ça a l’air très facile pour lui, naturel. Maria me raconte, toujours avec de la poudre de magie qui volette partout autour d’elle, que ce conteur est très proche de son public. Poésie et tendresse passent dans sa voix, dans son regard, dans ses gestes. Il manie tous ces ingrédients habilement, il soupoudre le tout d’un zeste d’humour et il peut tout dire.

J’ai retrouvé cette tendresse, cette proximité, cette ambiance familiale et familière à la première veillée donnée par La Maison du Conte et de la Parole de Liège à laquelle j’ai assisté. C’était en 2018 je crois. Aux Retrouvailles, Maria a rencontré une autre fée : Chantal Devillez. Notre fée Maria a immédiatement vu que la fée Chantal donnait des formations sur les contes, comme celles auxquelles elle n’avait jamais osé y aller en Espagne ! Oh, si ! Bien sûr que Maria avait un peu peur d’y aller, car n’oublions pas que le français n’est pas sa langue maternelle. Mais entre fées, elle s’est tout de suite sentie à l’aise et elle a sauté le pas : formation, histoires contées aux veillées de La Maison du Conte, formation, contes adaptés…

Et c’est ainsi que petit à petit, notre fée Maria s’est constitué un répertoire de contes bien à elle. A son image. A son dynamisme. A sa multiculturalité. Les contes traditionnels hispanophones y tiennent une grande place. C’est assez universel me dit-elle. Elle aime aussi beaucoup les contes traditionnels japonais : Issunbôshi par exemple. Ce petit samouraï fort et courageux inspire beaucoup notre petite fée qui n’est pas bien grande, mais qui comme Issunbôshi – et sa version espagnole – elle a un grand cœur, elle est courageuse et sa volonté pour réussir est très forte.

Le merveilleux, me précise-t-elle, je le sens comme une deuxième nature, j’en suis très proche, je rentre très facilement dans la métaphore.

Maria, la fée conteuse, à l’accent merveilleux, réfléchit à une question que je lui pose. Je lui demande si elle peut m’expliquer la façon dont elle a de se préparer à une représentation. Maria (a) fait beaucoup de théâtre ; la scène, la parole véhiculent beaucoup d’émotions, de messages, d’histoires. Si elle aime écrire, elle attache beaucoup d’importance à l’oralité. Que ce soit dans son travail ou dans les contes, l’oralité y tient une place privilégiée. Sacrée. Elle n’a pas envie de « travailler un conte » en commençant par l’écrit, car elle craint d’être trop littéraire. Pour elle, elle fait une première lecture du conte, pour elle, silencieusement. Une fois qu’elle connaît l’histoire, elle laisse de côté le texte, elle garde en tête la structure, elle s’assure qu’elle l’identifie bien, puis elle voyage dans le conte, elle fait le cheminement de l’histoire visuellement, par des images. Pour ces images, parfois, elle les dessine, mais très peu. Elle trouve plus intéressant de visualiser le storyboard pour avoir ses propres images. Visualisation et réflexions quant au sens du conte.

La fée Maria, quand elle se préparer à conter, elle fait des recherches. Oui, elle cherche toutes les version possibles et imaginable sur ce conte. Par curiosité d’abord, puis pour les langues, pour les cultures, les traditions, les messages. Elle peut ainsi choisir des morceaux de différents versions. Elle a ainsi sa propre version sur laquelle elle travaille. Une fois visualisé entièrement, le conte est prêt pour être oralisé par la fée des contes.

Je l’oralise, une fois ou deux devant quelqu’un. Après il faut peaufiner. Ça prend du temps. Les gens ne se rendent pas compte du temps que ça prend. Pas de mémorisation, pas d’écriture. Je reste dans la visualisation et dans l’oralité.

Une fée, ça se forme. Un peu. Beaucoup. Toujours. Passionnément. Maria n’a jamais cessé de se former, car elle aime les formations en tous genres. Elle adore l’enseignement des deux côtés : être formée et former, transmettre mes connaissances. Depuis toujours ! Des formations en contes, en Belgique, Maria a commencé et progressé avec Chantal, puis durant la pandémie, elle a eu l’occasion de se former avec des conteurs et des conteuses espagnols et latino-américains, en ligne ! Comme tout était à l’arrêt, on a eu l’occasion de faire une formation très complète. C’était, me dit-elle, d’une richesse incroyable, très international, une magnifique expérience. Et depuis 2020, après la formation d’initiation à l’art du conte au Théâtre de la parole, à Bruxelles, Marie poursuit cette aventure avec la formation longue, sur une durée de 3 ans !

Dernièrement, j’ai eu l’occasion de suivre une mini formation avec Pep Bruno « comment conter avec un album jeunesse ? » Le livre est comme un partenaire sur scène, c’est comme si c’était un jeu à deux avec le public.

Maria a comme toutes les fées, une mémoire exceptionnelle. Et elle se souvient d’un conte, de deux contes exactement, qui l’ont marqué : « Blancaflor ou La fille du Diable » et « La morte marraine ». Deux versions espagnoles de contes traditionnels. Ils m’interpellent beaucoup parce que le premier est l’un de mes contes merveilleux préféré, il m’attire beaucoup par la figure de la fille du Diable, et l’autre, c’est un peu le sujet de la mort, le regard de ce conte sur la mort.

Ce sont ces deux contes qu’elle continue encore et encore à travailler. Elle n’est pas au bout du processus, car il y a beaucoup à approfondir.

Notre fée est polyglotte, vous l’avez compris. On pourrait dire qu’elle est quadrilingue. Elle conte en espagnol et en anglais de préférence, mais aussi en français. Les comptines et les chansons du folklore ont particulièrement la cote en anglais. Elle se sent plus à l’aise dans la langue de Shakespeare (une grande fan de Shakespeare) que dans celle de Molière. Quant au japonais, je suppose qu’elle ne conte pas dans cette langue, car il n’y a pas de public chez nous pour l’écouter.

Notre fée est aussi maman. Deux adorables filles qui lisent beaucoup, comme elle, mais qui sont son premier public également. Elles aiment bien écouter les contes, elles m’accompagnent aux veillées, elles aiment inventer leur propre conte, tant à l’oral qu’à l’écrit. Elles ont de très bonnes idées je trouve, très structuré. La plus grande, n’est pas vraiment une passionnée de lecture, mais elle a toujours écrit des histoires, même des BD. Maintenant, elle lit davantage, mais elle continue d’écrire.

Le message de notre fée conteuse ? Rendez-vous aux veillées et scènes ouvertes ! En tant que public ou pour conter, ce que vous préférez. Je ne dirai pas le contraire, car autant pour Maria que pour moi, c’est grâce à ces rendez-vous où il fait beau conter, où l’on est écouté et conseillé et bien entouré qu’elle et moi avons pu nous lancer, faire nos débuts sur scène ! Et puis je retrouve cette ambiance particulière du café de mon époque. Cela me manque un peu cette familiarité, cette proximité dans les cafés.

Des projets en cours ? Je travaille pour l’instant des contes traditionnels espagnol sur le thème de Noël. Je veux rendre accessible certains contes et certaines traditions qui me sont chères, comme la veillée de Noël (en Espagnol = Nochebuena (la bonne nuit)) qui nous montrent que c’est possible de « traverser la nuit », de « rendre la nuit bonne » en y retrouvant à nouveau la lumière. Ce n’est pas pour tout de suite, mais j’y travaille.

Atelier d’écriture créative : inventer un nouveau métier

Toujours lors de mon atelier d’écriture de décembre, au château du Sartay avec Stéphane Van Hoecke, j’ai aimé écrire sur ce nouveau métier.

Il fallait, à partir d’un métier associé à deux métiers existants, écrire une offre d’emploi et une recherche d’emploi.

Mon métier : Professeur pour fleurs sauvages

Annonce d’emploi : je cherche

Grand jardin de château cherche professeur particulier pour l’éducation des fleurs sauvages (semer, propager, protéger, nourrir, soigner). Connaissance en botanique exigée. Diplôme en expérimentation florale sauvage demandée. Formation en chuchoteur de pollen appréciée. (possibilité de suivre cette formation sur place).

Contrat à temps partiel, en toutes saisons, du lever au coucher du soleil, trois jours par semaine.

Petit plus : si vous connaissez et pratiquez la langue des insectes.

Vous vous reconnaissez dans ce profil ? Envoyez votre candidature sous pétale fermé à l’adresse du château ci-dessous

Annonce d’emploi : j’offre

Professeur pour fleurs sauvages, né dans un parterre de coquelicots, je vous propose mes services de spécialiste.

Fraîchement diplômé il y a trois hivers, je partage mes connaissances florales et mon savoir-faire avec grand plaisir. Je butine aisément, parle six langues entomologistes couramment. Je vis et virevolte avec la lumière du soleil.

Ayant fait ma thèse sur les butineuses sauvages à six pattes en Asie, les fleurs étrangères ne me font pas peur, je sais quand et comment les remettre dans leur droit chemin, les inviter à aller voir ailleurs.

Doctorat en cours de finalisation : chuchoteur-fumeur pour enfumer les frelons asiatiques.

Master complémentaire : Savoir remettre les points sur les i chez les coccinelles qui ne sont pas endémiques.


PS : l’image et le livre en couverture de l’article, n’ont rien à voir avec mon texte, c’est juste qu’à la lecture de ce métier, j’ai aussitôt repensé à ce livre que j’ai lu il y a pourtant plus d’un an !

Les fables de La Fontaine revisitées au château du Sartay (Liège)

Le week-end des 10 et 11 décembre, j’ai eu le plaisir de jouer avec les mots lors de l’atelier d’écriture de Stéphane Van Hoecke, au château du Sartay, à Embourg, Liège.

La coïncidence a voulu que mes textes préférés soient liés aux fables de Jean de La Fontaine.

Il fallait apporter deux objets de notre choix. J’avais apporté deux petites figurines en plastique représentant un renard habillé d’une salopette et d’un gilet et d’un corbeau avec un chapeau de paille et aux pattes et bec bleus. Surprise : il fallait intégrer l’un de ces objets à un texte dont la proposition d’écriture m’a bien surprise. Et lui donner un titre.

Proposition N°4 : J’ai tué mon voisin. L’objet apporté doit se retrouver dans l’histoire. Expliquer le comment et pourquoi de ce meurtre.                      

Je n’ai rien vu venir

  • Maître Corbeau qui pêchait sur un arbre, …
  • Non ! Non ! Et non ! « Maître Corbeau sur un arbre perché tenait en son bec un fromage »
  • Oh ! ça va hein ! te fâche pas. Je recommence : « Maître Fromage sur un arbre perché tenait dans son bec un corbeau » Ha ! Ha ! Ha !
  • Dis, tu te fou de moi, là ? Sérieux ! Recommence et dans le bon ordre.
  • Pffff ! « Maître Corbeille sur un arbre perché, tenait dans son bec des groseilles. »
  • Vas-y, marre-toi ! Et tu sais quoi ? Puisque tu le prends ainsi, débrouille-toi tout seul ! Moi, je jette l’éponge. J’abandonne. Tu m’énerve !

Lui, c’est Joris, mon petit voisin de douze ans. Voisin dans la rue et voisin dans la classe. Oui, je sais, j’ai pas de bol ! C’est un Je-m’en-foutiste pas permis ! Doublé d’un égoïsme. Si le bonnet d’âne existait encore, il l’aurait en permanence sur sa tête. Je suis trop méchante… avec les ânes, je suis sûre qu’ils sont plus intelligents que ce bêta.

Je ne sais pas ce qui me retient de lui faire bouffer cette fable qu’on est censés connaître par cœur pour demain.

  • Attends Zoé ! Ne pars pas steuplait ! Me supplie-t-il en me retenant maladroitement par la manche. Promis, j’suis sérieux cette fois.
  • C’est la dernière fois que je t’écoute, si t’arrives pas à aligner la première partie sans faire le crétin, je la dirai toute seule cette fable et c’est moi qui aurai tous les points !

Joris ne dit plus rien, mais je suis sûre qu’il doit se moquer de moi. L’avantage, quand on est aveugle, c’est qu’on ne voit pas les grimaces, les insultes et les menaces faites avec les mains. Le gros inconvénient dans notre cas, c’est que parfois on ne sait pas éviter les coups, volontaires ou non.

Le silence est pire. On peut s’imaginer des tas de choses. En pire ou en mieux.

Après quelques secondes de silence mortel, où je me vois alternativement lui tordre le cou à ce voisin pas malin, et le pousser du balcon, Joris revient avec un paquet de chips. Je déteste les sachets de chips. Ce bruit est infernal pour mes oreilles sensibles. Pire que des acouphènes. Son désagréable, bruit irritant. Ça m’agace. Ça m’énerve.

« Je vais le tuer ! Je vais le tuer ! »

  • Maître Corbeau skrountch skrountch sur un arbre perché skrountch skrountch skrountch tenait dans un son bec skrountch skrountch un fromage. skrountch skrountch skrountch skrountch skrountch skrountch Maître Renard skrountch skrountch par l’odeur alléchée skrountch skrountch lui tint à peu près ce skrountch skrountch skrountch skrountch…

“Bordel de merde ! Pardon maman pour le gros mot, faites qu’il s’étouffe avec ses foutus chips. Ou je ne sais pas moi, qu’il avale de travers. Qu’il s’étouffe. Qu’il avale de travers. J’en sais rien moi, mais faites quelque chose pour qu’il se taise à jamais ! »

Je prie en silence, tout en tordant un coussin entre mes mains. Ah non ! Ce n’est pas un coussin. Trop mou. Le ballon du chien ? Son cartable ? Je devrais écouter maman. Je devrais toujours avoir une balle anti-stress avec moi. Pour malaxer. Pour me déstresser. Pour me calmer. Pour passer mes nerfs quelque part. Bon sang, c’est quoi ce truc que j’écrase depuis des plombes ?

  • Joris, c’est quoi ce truc que m’as donné pour m’apaiser ? Joris ! J’te cause. Joris ? Et mec, tu pourrais au moins répondre. Joris ! Réponds !

« Bordel de merde, pardon maman pour le gros mot, l’enfoiré, il s’est barré ! »

Zoé ne le voit pas, normal pour une non-voyante, mais elle vient de tuer son voisin de ses propres mains !

L’avantage quand on a ce handicap, c’est qu’on ne sera pas, enfin Zoé ne sera pas hantée par cette image horrible d’yeux exorbités, de bouche ouverte avec sa langue bleue qui dépasse et de bave qui a coulé sur le cou. Elle ne fera pas des cauchemars sur cette vision de meurtre à l’insu de son plein gré. Mais l’inconvénient dans ce cas-là, dans son cas, c’est qu’elle risque bien de ne plus jamais osé manger de chips.


Proposition N°6 : décrivez le rituel du petit-déjeuner de, au choix :

Fumée de fruits
Odeur d’orange
Ustensiles uminscules (synonyme de minuscule)
Repas de reine
Montagne de miel
Ivresse intérieure

C’est petit. C’est rapide. Vite avalé.
Sans fioriture, tout est dans la nature.
Fraîcheur, diversité, tout est consommé. Rien n’est laissé. Rien n’est jeté.
Partagé, apporté ou volé, tout est bon à manger.
Sur place ou à emporter, aucune ne va râler.
Dégusté, avalé, absorbé, le petit-déjeuner se prend en équipe, dès que le soleil s’est levé.
Aucune cuisson. Aucune transformation. Les aliments ne subissent aucun changement.
Stock possible. Réserve souhaitée. Approvisionnement exigé. Travail particulier, bien déterminé.
Chacune à sa tâche. Du travail pour tous les âges.
Il faut mériter sa pitance à tout moment. Contribuer au ravitaillement à tout bout de champ.
Pas bien difficile de faire la file. Tout le monde sera servi, là-bas, ailleurs ou ici.
Quand tout a été vidé, le dépôt peut être alors visité. Uniquement par mauvais temps, intempérie et grand vent.
Rien à se mettre sous les mandibules ? Inventer des bidules, des brols, qu’importe, il n’y a pas de ridicule.

Le petit-déjeuner est le moment le plus important de la journée : énergie, dynamisme, intelligence et force sont partagées tout au long des heures écoulées.


Proposition N°7 : écrire la lettre d’amour d’une tortue à un lapin (mon choix) + 3 mots imposés :

Rouge – Cresson – Tambour

Mon cher petit Lapin au Cresson,

Si tu savais comme mon cœur tambourine encore et toujours au rythme de ta course folle contre moi.
Quand je pense à toi, mon cœur fait : Boum ! Boum !
Boum ! Boum !

Mon cher petit Lapin au Cresson,

Si tu savais comme je rougie encore et toujours à la pensée de ton amour pour moi.
Quand je pense à toi, mon bec fait : Smack ! Smack !
Smack ! Smack !

Mon cher petit Lapin au Cresson,

Si tu savais comme mon sang bouille, comme mes pattes tremblent encore et toujours quand tu joues à saute-mouton avec moi.
Quand je pense à toi, quand je pense à tes grandes oreilles au vent, à tes bonds étonnants, mon amour pour toi galope comme un lièvre qui file dans un champ : Je t’aime ! Je t’aime !
Je t’aime ! Je t’aime !

Signé : Ta tendre Tortue Tourbillonnante

Il était une fois… une femme, une passeuse d’histoires

Interview de Marie-Claire Desmette,
de La Maison du Conte et de la Parole de Liège

Il était une fois une petite fille qui était née à Soignies. Cette petite-fille s’appelait Marie-Claire.

Marie-Claire avait un rêve : conter, raconter, partager une histoire ; monter un spectacle qui serait applaudi, qui serait plébiscité, qui serait reconnu, apprécié à sa juste valeur. Un spectacle, une histoire, un partage qui la ferait voyager. Qui la ferait rêver. Qui la ferait aimer. Un spectacle, une histoire qui serait nourrie d’une cause qui lui tient fort à cœur : la place de la femme dans la société, dans la vie. Une place parfois non reconnue à sa juste valeur, une place parfois trop éloignée de la réalité de la vie, une place parfois mal défendue, mal reconnue, mal racontée. Une inégalité qui est en progrès. Progrès trop lent.

Un jour, Marie-Claire s’inscrit à une formation sur l’art oratoire. Elle découvre Hamadi El Bousbi et les contes. Révélation. À plus de 50 ans, elle se sent enfin libre de partager ses valeurs, ses convictions, ses rêves. Qu’est-ce qu’elle aime cette place : en scène, devant un public, avec juste elle, son corps et sa voix. Comme elle aime dire « rien dans les mains, rien dans les poches ». Être elle, entièrement, pleinement. Transmettre et partager une histoire personnelle ou une cause qui lui tient à cœur avec uniquement sa présence, sa voix, ses gestes, son regard.

Avec des amies conteuses et amis conteurs, elle fonde « Parole Active », puis quelques temps après, après, « La Maison du Conte et de la Parole de Liège ». Nous sommes en 1992.  La petite fille a bien grandi, devenu femme, devenue épouse, devenue maman, devenue grand-mère.

De voyage en voyage, de conte en conte, d’histoire en histoire, Marie-Claire partage. Marie-Claire parle. Transmet. Donne. Elle écrit des poèmes, des contes, des histoires. Elle monte des spectacles. Elle donne vie à un livre.

Elle chemine dans cet art de la parole avec douceur, détermination et plaisir.

Copyright : ? (Si l’auteur.e de la photo se reconnaît, qu’il/elle me le signale pour que je puisse mettre son nom. Merci)

Durant toutes ces années, elle a vu la place du conte et du conteur évoluer, changer. Avant, il y avait beaucoup de demandes et peu de conteuses, peu de conteurs. Avant, il y avait davantage d’argent pour cet art, pour cet outil oratoire. Avant, il y a plus de demandes et moins de professionnels, donc plus de travail pour eux. Si aujourd’hui, le conte est davantage reconnu par le ministère de la culture (au côté du théâtre dans la rubrique « spectacle vivant »), s’il y a même bien plus de conteuses et de conteurs, il y a moins de subsides et les enveloppes prévues pour le conte, moins grosses. L’évolution du conte et des conteuses et des conteurs, en Belgique, reste encore assez mal déterminé.

Pour Marie-Claire, le conte traditionnel reflète assez bien la société : le héros est souvent de sexe masculin qui doit résoudre une quête et qui vit plein de péripéties. Quand il y a une fille, celle-ci est uniquement récompensée parce qu’elle est charitable. On en revient à la place de la femme. Un sujet très important pour elle : la grossesse de la femme et son accouchement. Pour elle, c’est la plus belle chose et le plus incroyable travail que peut faire la femme, uniquement la femme. Pendant longtemps, elle a cherché un conte qu’elle pourrait s’approprier et qui raconterait cette incroyable histoire, l’histoire d’une femme, histoire d’un travail, histoire de naissance. Une véritable histoire d’une femme enceinte, d’une héroïne qui accouche, qui donne la vie. Longtemps, elle a cherché. Des accouchements symboliques, ça ne manque pas. Mais le véritable enfantement, elle n’a pas trouvé. Alors, elle a écrit. Oui, elle l’a écrit. Son histoire, son héroïne.

Marie-Claire est marquée par ce conte qu’elle n’a pas trouvé. (Si vous en connaissez, surtout, n’hésitez pas à partager avec elle !) Alors, entre temps, elle a écrit Almeya. Almeya qui a du mal à tomber enceinte. Qui se voit conseiller de donner son premier enfant à la mer. Almeya qui attend finalement un heureux évènement a peur à présent de l’accouchement. Alors, la peur se transforme en travail. Ce conte personnel, Marie-Claire l’a eu en gestation, l’a porté en voix, l’a mis au monde, sans douleur, comme pour ses trois enfants auxquels elle a donné vie.

Un autre jour, ailleurs, du côté de Chiny, Marie-Claire présente un spectacle plus long, d’environ une heure : La genèse en gros sabots. Entre ses conteries, ses veillées contées, son travail dans diverses associations de contes et les formations qu’elle donne, Marie-Claire était là, à Chiny lors d’une journée professionnelle. Et là, son rêve s’est réalisé ! Dès le départ La Genèse en gros sabots est bien accueillit, remarqué, plébiscité. On lui demande de revenir, d’aller de-ci, de-là, ici et là-bas. C’est le conte qu’elle a le plus partagé, qui la fait le plus voyager. Marie-Claire a une préférence pour un public varié, d’adultes. La genèse en gros sabots ne s’y trompe pas. Interdit aux plus jeunes oreilles, la conteuse est en joie quand elle entend les rires du public. Elle est heureuse de voir l’air embarrassé de certaines personnes, entre autres les curés et les pasteurs. Son spectacle raconte la genèse d’Abraham à Joseph. Il parle entre autres de la fécondation de femmes ménopausées et de bien d’autres sujets délicats. C’est raconté avec dérision et raison, mais aussi pour dénoncer l’absurdité de certaines paroles qui n’ont jamais été remises en cause. Et elle le raconte avec l’accent picard pour honorer ses origines.

Des contes et des histoires, Marie-Claire en raconte et elle en écrit. Parfois grâce à une inspiration savamment dosée, parfois sur commande. Les lieux et les publics ne sont pas toujours bienveillants, plaisants, agréables. Si pour la plupart des présentations, elle prend beaucoup de bon temps et de plaisir à conter et à transmettre, parfois, un petit caillou vient briser l’instant magique. Comme cette fois où une bande d’adolescents est arrivée pour jouer les perturbateurs. Ça a tout gâché. Mauvais souvenir. Parfois, en maison de repos, ce n’est pas de tout repos non plus. Entre jongler avec l’un ou l’une résidant.e qui n’a plus toute sa tête et les interruptions des soignants pour venir en chercher d’autres, il n’est parfois pas aisé de tirer son épingle du jeu. Heureusement, il y a bien plus de bons moments que de mauvais.

Marie-Claire chemine dans les contes comme une abeille butine dans les fleurs. Si ce n’est que Marie-Claire tient la forme bien plus longtemps qu’une abeille ! Des contes et des histoires, elle en a adapté, s’en est approprié, un bon nombre ; elle en a écrit d’autres nombreux également. Elle avoue qu’elle en a même « volé » un à un ami conteur. Le conte d’origine était de Henri Gougaud. Mais au début, elle n’en savait rien. C’était l’histoire d’un lapin : « Comment le lapin fait bouger son nez ». Elle en a fait une ballade, elle a remplacé pas mal de mots par des sons.

Marie-Claire a bon pied bon œil ! Si les dates se mélangent quelques peu dans sa mémoire, elle se souvient d’énormément d’évènements, de moments particuliers, de temps partagés. Comme ce merveilleux moment dans la capitale. Invitée au Festival du Conte de Bruxelles « ô tour des contes » par l’organisateur Apollinaire Djouomou, elle était là en tant la conteuse doyenne de Belgique. Beaucoup de rencontres, beaucoup d’amitiés. Elle s’est sentie entourée, avec une affection et une bienveillance typique de l’Afrique :  de l’amour, de l’amour, de l’amour.

Copyright : Philippe Evrard

Marie-Claire va fêter ses 92 printemps à la mi-juillet 2022. Sa vie est un conte à lui tout seul. Elle pourrait être l’héroïne de sa propre histoire tant elle a vécu, elle a donné, elle a reçu, elle a offert. Qu’elle a inspiré la vocation de certaines conteuses, qu’elle a soufflé l’invitation à d’autres d’oser se lancer dans les contes, n’est point étonnant. Marie-Claire est énergie, partage, enthousiasme contagieux.

Aujourd’hui encore, elle reste toujours active dans le domaine des contes. Elle gère, seule, le mensuel de La Maison du Conte et de la Parole de Liège. Entourée d’une équipe de choc, elle poursuit ses aventures contées à travers toute la Belgique et même au-delà ! Entre spectacles, contes, poésie, chansons et dessins, Marie-Claire pétille la joie de vivre.

Parce que Marie-Claire est d’Or, j’ai choisi ce poème d’elle pour clore cet article-interview un peu particulier.

Cloisonnés

Rouge et or

                somptueuse volupté

                beauté des corps et des gestes

                tumultueux plaisir

                conscience inconscience

Bleu et or

                lagune paresseuse

                orteils en éventail sous les palmes

                soleil et sable

                ruisseau flânerie

Vert et or

                désirs souhaits projets

                courir devant soi

                caprice humour

                four-rire farce

Blanc et or

                liberté solitaire

                joie de sa force

                loin respirer

                sommet orgueil

Noir et or

                voile de fureur

                colères recuites

                justes injustes

                vengeance cruauté

et encore bien d’autres choses

derrière le front des respectables mères de famille

Si vous souhaitez découvrir davantage Marie-Claire / Marie-Conte sous d’autres plumes, je vous invite à faire la demande à votre moteur de recherche préféré, vous trouverez assurément votre bonheur.

Cécile (12/06/2022)


Mon cheminement dans les contes

Interview de La Maison du conte et de la Parole de Liège-Verviers

L’interview de Marie-Claire Desmette, de la Maison du Conte et de la Parole de Liège-Verviers, retrace mon cheminement dans les contes, depuis mes débuts. L’article complet est paru dans leur mensuel du mois de mars 2022.

Deux courts textes de ma plume font suite à cet interview : « Plus tard, je serai … libre ! » et « La petite Mamie aux boules de laines ». Ce dernier, conte revisité de « La petite fille aux allumettes », est paru dans mon recueil « Raconter des salades … de contes ».

Avant cette interview, je n’avais jamais réfléchi à la source de cet attrait pour les contes. Et il est vrai, qu’adolescente, je devais déjà baigner dans cet univers magique, puisque ma rédaction créative à partir du cadavre exquis « Un miroir sème gaiement une carte sale » était inspirée du célèbre conte de Lewis Carroll « Alice, de l’autre côté du miroir ». Ce qui est marrant, c’est que je ne me souviens pas très bien de cette suite d’Alice au Pays des Merveilles, mais très bien du moment où j’ai fait ce devoir pour le cours de français. J’avais 14 ou 15 ans et je vivais à ce moment-là chez ma maman et son deuxième mari. J’avais écrit le premier jet, le brouillon, sur une table et ses chaises en plastique rouge, sur la terrasse de l’appartement situé au troisième étage d’un immeuble HLM. Je me souviens du plaisir que j’avais eu à écrire, à imaginer cette histoire fantastique. Ensuite, avec mon stylo plume, sur du papier spécial (format A5, double page lignée, avec une ligne verticale rosée à gauche qui faisait office de marge pour le professeur), je m’étais appliquée à écrire correctement, au propre, toute cette histoire. Elle était un peu longue et j’avais eu du mal à garder une écriture lisible vers la fin. Mais cette histoire, ce devoir de français, a été le déclencheur, le tout début, de ma passion exagérée pour l’écriture créative. Le plaisir que j’avais eu à écrire, mon univers particulier, avait tellement plu à ma professeuse de français, que j’avais été « sélectionnée » pour lire mon histoire à voix haute devant toute la classe. J’avais eu une très belle note pour ce devoir ; le fond primant sur la forme, m’avait donné des ailes. Hyper timide, renfermée et n’appréciant à cette époque presque aucun camarade de ma classe, je me souviens avoir lu mon histoire pour mon professeur, pour elle seule. D’habitude, mes camarades étaient bruyants, chahuteurs, moqueurs, mais là, je me souviens du silence qui s’était fait… Un silence difficile pour moi, mais un silence respectueux pour mon travail avec, quand je m’étais rassise (j’avais lu, debout à côté de ma chaise), des applaudissements ! Nous avions été deux ou trois à avoir adoré ce devoir et à nous être impliqués à fond.

Un excellent souvenir ! Je ne me souviens plus du nom de ma prof de français, mais je me rappelle qu’elle donnait aussi cours d’espagnol.

Je n’ai pas retrouvé (si jamais, je l’ai eu en retour) ce devoir. Quel dommage !

De cette époque, j’en parlais déjà sur mon blog : ici

Après ça, une autre passion est arrivée : l’ornithologie. Et là aussi, je m’y suis impliquée à du 200 % pendant un certain nombre d’années. C’est donc tout naturellement que mes écrits, mes histoires imaginées, se sont tournées vers les oiseaux, la nature, les animaux.

Aujourd’hui, tout cela se mêle et s’assemble encore. Les contes, le fantastique, les oiseaux, la nature, l’évasion… Jusqu’il y a peu, je pensais (je crois que je me répète, c’est l’âge 😉) que je devais « choisir » l’un ou l’autre, l’autre ou l’un : l’écriture ou la lecture, l’ornithologie ou la littérature. Mais en réalité, je peux faire tout cela à la fois. La preuve avec les contes que j’aime détourner & adapter, les livres qui me choisissent, les histoires que j’écris.

Mon cheminement dans les contes avance. Tout doucement. Lentement mais sûrement.


Après vous avoir partagé cette extraordinaire interview de La Maison du Contes et de la Parole de Liège-Verviers, je travaille sur une autre interview, d’autres interviews, sur des conteurs et des conteuses de ma région, d’ici et d’ailleurs.

Je réfléchis également à une animation, à des rencontres régulières, autour de cet univers conté. Partages, échanges, discussions, oralisation, lectures, écritures, répétitions, etc.

Et si j’arrive à gérer mon temps libre comme je le souhaite, je pense même à terminer d’écrire mon histoire commencée grâce au défi du camp d’avril du Nanowrimo 2022. Avril n’est pas encore terminé, il n’en est qu’à la moitié. Bien sûr, il s’agit là d’un conte. Bien sûr, il y a des animaux dans cette histoire. Bien sûr, c’est une enfant qui est l’héroïne principale.

Alors, on se dit à bientôt !

Journée Mondiale du Conte

Un moment particulier hier soir, dans mon quartier. Avec une conteuse extraordinaire, et moi-même apprentie conteuse, nous avons conté dans une plaine de jeux à l’occasion de la Journée mondiale du conte.

Nous avons eu un public, très réduit, mais oh ! combien magnifique, exceptionnel.

Pour et avec La Maison du Conte et de la Parole de Liège-Verviers, nous allons récidiver ce genre d’événement.

Pour mon livre « La petite fille du Togo« , c’était un moment fort, car Michelle et moi-même avons raconté chacune un conte issu de mon livre et, dans le public, il y avait la talentueuse Lili et sa maman. Lili qui a illustré tous les dessins d’animaux dans le livre et sa maman qui m’a fait découvrir Yalla ! En Avant !

Livre disponible sur Atramenta ou directement chez moi. Tous les bénéfices de ventes sont directement reversés à l’association qui s’occupe d’aider les enfants en grande précarité d’ici et d’ailleurs.