Incipit début de roman

Nouvelle lecture en cours : Les histoires de Kaede, de Masateru Konishi

La première phrase explique déjà la présence du félin coloré de la couverture.

Sans aller lire le résumé ou les avis de lecture sur ce livre, je vous invite à poursuivre ce début d’histoire.

Amusez-vous bien.

Un tigre bleu est entré ce matin, annonça grand-père.

Extrait d’un livre, à vous d’écrire la suite

Une lecture distrayante, amusante, sans prise de tête, pleine d’humour et de clins d’œil :

Les enquêtes d’Agatha Raisin, tome 3 : Pas de pot pour la jardinière,
de M-C. Beaton.

Contexte : un policier interroge un pasteur, au sujet d’une confession.

– (…) mais le fond de l’histoire est très simple. Cela amusait Mrs X de voir si elle pouvait se faire un homme d’église.
– Vous voulez dire que … ?
– Oh ! oui. Comme dit-on de nos jours ? Elle m’a dragué.
– Vous êtes sûr ?
– Je ne suis pas, je pense, un homme vaniteux à cet égard. Nous étions dans mon bureau. Elle s’est assise sur mes genoux, a enroulé ses bras autour de mon cou, et elle a essayé de m’embrasser.
– Et qu’avez-vous fait ?

J’adore la suite dans le bouquin, la réponse du pasteur.

Et vous, qu’auriez-vous écrit ? Quelle aurait été votre réaction ? Quel aurait été le ton de votre réponse ?

  • humour
  • mystérieux
  • respectueux
  • décalé
  • violent
  • journalistique

Si cela vous tente, écrivez votre réponse avec trois tons résolument différents.

Bon amusement !

Incipit avec un livre

– Mademoiselle Bertignac, je ne vois pas votre nom sur la liste des exposés.

Première phrase du livre  » No et moi », de Delphine de Vigan.

Que vous ayez lu le livre ou non (ou vu le film), jouez le jeu et écrivez la suite.

Pourquoi l’adolescente n’a-t-elle pas mis son nom sur la feuille de papier qui précise les sujets des exposés qui vont être travaillés ?

  • Pas envie
  • Pas trouvé de sujet
  • Elle avait noté mais un ou une camarade a effacé son nom (et mis le sien à la place)
  • Pas le temps
  • N’ose pas dévoiler son sujet
  • Elle trouve que les exposés, c’est pour les bébés
  • Etc.

Les idées et les raisons ne manquent pas.

Bon amusement.

Et si vous n’avez pas lu le bouquin, je vous le recommande vivement !

Une lettre change tout

Livre ❤️

Delphine De Vigan : No et moi.
Page 137.


Lecture du soir, trop tard.
 » (…) Assise à côté d’elle je découpe des morts dans les journaux pour les coller sur mon cahier, (…) »

Une lettre change tout le sens de la phrase. Une lettre, une seule, et l’histoire entière change.

Lancée dans ce délire, à la nuit tombée, je fabule une suite à ma sauce.

Des morts dans les journaux. Découper des morts. Des cadavres. Tout froid. Tout rigide. Ou pas. J’en sais rien en fait. De la rigidité cadavérique. Je sais juste qu’elle arrive vite après le décès, mais c’est pas instantané, immédiat. Y a un délai. Et puis après, elle est plus là. Partie.
Découper des morts, ça doit quand même pas être facile. C’est comme de la viande. Un gros morceau de viande. Et moi, j’suis végétarienne. Heureusement, ces morts, ils sont dans les journaux. En toutes lettres. Parfois, déjà encadré, un cercueil de papier, sans épaisseur, sans vie, froid. Le papier est froid. Le journal est froid. La mort est froide. Les mots morts sont froids.
C’est l’hiver. Alors, pour me réchauffer, je vais brûler le cahier des morts. Le papier sera chaud. Brûlant. Fiévreux. Comme les morts avant de mourir.


Il faut bien sûr lire « … je découpe des mots dans les journaux… »

Des livres et des dessins

Un dessin chaque matin, au réveil, ça m’éveille.

Et puis quelques livres, que je me suis fait offrir 😄

Bien sûr, il y a des tas de photos d’oiseaux. Près d’un millier à trier !

Et dans ce beau carnet plus haut, avec un dessin de vanneau, j’écris tous les après-midi.

Enfin, des plumes et des coquillages, j’en recolte sur la plage. D’autres photos plus tard.

Mais un coucher de soleil qui m’émerveille et que je partage avec joie.

Où vont les mots quand ils s’en vont ?

Entre jeu d’écriture, avis de lecture et métier rêvé, loupé, je vous pose cette question :

Où vont les mots quand ils s’en vont ? Quand ils nous échappent, quand ils nous fuient, où se cachent-ils ? Que font-ils ?

Après la lecture de « Gratitudes », de Delphine de Vigan, j’ai une certitude : j’ai loupé un coche, un métier, des études. Aujourd’hui, je me vois bien logopède ou orthophoniste. J’y pense aujourd’hui, mais ce n’est clairement pas un métier, une vocation à laquelle j’ai pensée quand j’étais ado. J’y pense aujourd’hui parce que le syndrome de Ménière avec ses vertiges, acouphènes et déficits d’audition m’ont pourri la vie pendant plusieurs années, parce que la Covid m’a rendue aphone durant de longues semaines m’empêchant de m’exprimer oralement (j’ai été suivie par une logopède extraordinaire pendant des mois), parce que les mots perdus, ceux qui trainent sur le bout de la langue mais qui ne veulent pas sortir sont de plus en plus fréquents.

Dans Gratitudes, Delphine de Vigan appuie là où ça fait mal. Une dame d’un certain âge, ancienne correctrice dans un grand magazine, rentre dans une maison de repos et de soin après que « tout s’en va », « je perds tout ». Des troubles de la mémoire spécifiques liés à la perte de mots la dévaste. Marie a beau lui rendre visite régulièrement ainsi qu’un orthophoniste passionné ar son métier, cela n’empêche pas la vieille dame de dépérir. À quoi bon continuer de parler quand les mots s’en vont, changent, se travestissent, s’effacent ?

Un livre, une histoire poignante écrite avec justesse, émotions, amour.

Où vont les mots quand ils vous échappent ?

Les mots s’en vont, ils volent, ils fuient en silence. Ils vont se cacher, se reposer, se libérer. Les mots fourchus, ceux qui butent sur la langue, ceux qui tombent et se cognent contre les dents sont envoyés à l’infirmerie des mots. On leur fait faire des exercices d’assouplissement, d’étirement. Ils doivent pouvoir sortir d’une traite, sans trébucher pour recouvrer la santé. Ceux qui s’oublient, ceux qui s’étiolent à force de ne pas être utilisés régulièrement, ceux-là sont envoyés dans un camp de travail. Un camp où la vie des mots n’est pas facile. Ceux qui arrivent là-bas sont faibles, presque transparents mais on leir demande quand même toute leur attention. Ils doivent parler fort, marcher longuement, dessiner de manière précise leurs lettres, épeler distinctement chacune des parties de leur corps, et ce plusieurs fois par jour. Le soir, ils peuvent jouer, ils sont libres d’intégrer une classe de rédaction créative à la seule condition de savoir se présenter en utilisant le plus de mots possibles les caractérisant. Les mots travestis, ceux qui se font passer pour d’autres, sont difficiles à attraper ! Ils glissent entre les doigts, ils se faufilent entre les lèvres, ils passent en coup de vent dans les conduits auditifs. Ceux-ci rient sous cape, bien heureux d’avoir ce super pouvoir de transformation. Ils ont plusieurs vies et en profitent bien.


Extrait du livre « Gratitudes » de Delphine de Vigan

Tout le bleu du ciel, Mélissa Da Costa, lecture bouleversante

En cherchant un livre dont on m’a parlé, j’en ai découvert un autre. C’était il y a quelques jours, avant que je me lance le défi de ne plus acheter de livres. Heureusement qu’avant ce défi rigolo, je venais d’en acheter trois, inclus celui dont on me parle depuis plus d’un mois et celui-ci : Tout le bleu du ciel, de Mélissa Da Costa.

Une histoire bouleversante, attendrissante, une histoire d’amours, d’amitiés, de tendresse, mais aussi une terrible histoire de maladie. De la vie, des vies joyeuses et heureuses et la mort. Des morts. Des accidents, la vieillesse, la maladie. Une histoire de jeunesse envolée, d’enfance différente, de famille incomprise. Des tragédies. Des petits bonheurs. De la résilience. De l’absence. De la jalousie. De la différence.
Une histoire de parents aussi, des enfants partout, des amis ici et là-bas, des anciens et des nouveaux. Oui, au fond, il s’agit de ça, de plusieurs histoires de familles et d’amitiés. Des liens qui s’unissent, qui se créent, d’autres qui se déchirent, qui s’enfuient. Des liens forts d’amitié que l’on choisit, des liens que l’on subit, qui nous meurtrit mais dont on sort toujours grandit.

Des citations qui m’ont amené à des moments de réflexions. Arrêt sur les mots, sur une phrase. Yeux levés dans le vague, dans le vide. Un sourire. Un mouvement de tête. Un accord. Et la lecture se poursuit. Avide. Inquiète. Cœur pincé.

Et des larmes. Des larmes de tristesse. Des larmes d’émotion. Des larmes de vie.

Des personnages attachants, émouvants, précieux.

Une lecture bouleversante, mais oh ! combien passionnante.

Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient. (Charles Caleb Colton)

Si nous pleurons parce que le soleil n’est plus là, nos larmes nous empêcheront de voir les étoiles. (Mélissa Da Costa)

Puisqu’on ne peut pas changer l’orientation du vent, il faut apprendre à orienter les voiles. (James Dean)