La comptine de l’automne

Dur, dur de se lever
Quand la nuit n’est pas finie,
Dur, dur de s’activer
Sous le ciel tout gris.

Mais zou, zou, zou, en avant,
On s’habille en rigolant,
On descend tous les escaliers,
Un, deux, trois, sans traîner !

Quatre, cinq, six, manteaux sur le dos,
Sept, huit, neuf, en route dans l’auto,
Dix, onze, douze, arrêt de bus,
Les enfants s’en vont, et moi, je m’élance en plus.

Bienvenue l’automne,
Avec ton vent frais,
Tes feuilles qui frissonnent,
Tes flaques au détour des allées.

Plic, plac, ploc, la pluie du matin,
Mouille mes chaussures, mes cheveux châtain,
Mais tant mieux, je fais ma balade
Sous la pluie douce, sous le ciel malade.

Et hop ! un rougegorge chante au sol,
Un grand cormoran émerge puis s’envole,
Coin-coin des canards, tout plein, tout plein,
Et le troglodyte qui trille au chemin.

Clic-clac, clic-clac, photos de couleurs,
Feuilles rouge-sang, jaune-or, brun-douceur.
Champignons trempés, petits parapluies,
Bogues et marrons tombés dans la nuit.

Ploc, ploc, ploc, les fruits s’échappent,
Un héron immobile guette et attrape.
Sifflent, s’envolent les bergeronnettes,
Tchic-tchac, voltigent les mésangettes.

Plus loin, dans l’eau, petits paquets d’oies,
Cinq, dix, quinze, vingt, ce sont des Bernaches du Canada !
Battements d’ailes, cris voyageurs,
Un salut d’automne qui réchauffe le cœur.

Deux heures passées, à marcher, à sourire,
À cueillir des images, à rêver, à écrire.
Bienvenue l’automne, saison des merveilles,
Toi qui chantes la vie au creux de mes oreilles.

Ecrire pour pousser l’ombre

Quand l’écriture devient jardin intérieur. Quand l’écriture révèle le mouvement de l’ombre vers la lumière : écrire pour faire exister, pour libérer, pour métamorphoser.

Introduction : Verdombre, la plante que nous portons tous

Quand j’ai inventé Verdombre, je croyais écrire une fiction étrange. Une créature végétale, mobile, quasi mythologique, qui pousse là où la peur s’installe, qui se nourrit des traumatismes d’enfance et des émotions refoulées. Je pensais que c’était une histoire de genre, un récit fantastique. Un jeu d’imagination.

Mais plus j’écrivais, plus j’avançais dans le cœur végétal de cette chose, et plus je comprenais : Verdombre, c’est exactement ce que je cherche à accompagner dans mon métier.
Cette créature, elle n’est pas malveillante. Elle est là pour capter ce que nous n’arrivons pas à dire. Elle absorbe nos non-dits, nos colères rentrées, nos douleurs d’enfance. Elle pousse dans les angles morts de la mémoire. Et plus on la laisse faire, plus on s’allège.

Verdombre, c’est l’image vivante de l’écriture thérapeutique : une plante intérieure qui pousse dès qu’on commence à dire, à déposer, à transformer.
Non, elle ne fait pas peur. Elle fait place.

Dans ce texte, vous rencontrerez une légende, des scientifiques, une photographe ratée, un chevalier un peu saoul, un stage improbable et une petite fille qui ne sait pas lire.
Mais ce que vous croiserez, surtout, c’est une vérité invisible : ce que nous ne disons pas continue de pousser en nous.
Et c’est peut-être le moment, enfin, de faire de la place à Verdombre.


Comment Verdombre a poussé en moi ?

Tout a commencé un vendredi après-midi. Un atelier d’écriture entre amis. Pour le plaisir. Pour ne pas rouiller. Pour continuer à imaginer, à créer, à jouer ensemble avec les mots.

J’avais préparé quelques propositions, des images, des textes à détourner, des cartes à piocher. Rien de sérieux, rien de planifié. Juste une envie de laisser émerger ce qui vient quand on écoute vraiment.

Et ça a pris.

  1. Un extrait de conte, tiré d’un recueil de nouvelles sur Brocéliande. Une histoire suspendue, que j’ai arrêtée net à un moment clé : un chevalier, un tableau, un cri venu d’ailleurs. J’ai proposé qu’on invente la suite. De là est né Philippe, le tableau hanté, et une créature verte, encore floue.
  2. Trois images découpées dans des magazines : un jeune homme dans un train, une adolescente contre des casiers, une maison lumineuse. J’ai proposé de relier un personnage à un lieu. Frédéric est né. Et avec lui, un stage improbable.
  3. Un souvenir d’enfance : “Enfant, je rêvais de…”. Le début était le mien, mot pour mot. Et sans vraiment y penser, j’ai glissé vers mes expériences réelles : aider un vétérinaire, soigner des animaux, vendre des photos à une hostellerie pour rembourser une chambre que je ne pouvais plus payer. J’ai écrit ça, pour de vrai. Et Verdombre s’est invitée dans mes souvenirs en ce dimanche après-midi.
  4. Des cartes Dixit et un jeu de débat, une consigne comme un choc : “Votre ancien voisin était un tueur en série.” Et sur la carte, un couteau caché dans des herbes. J’ai démarré aussitôt. Mon voisin s’appelait Michel. Il tuait des mauvaises herbes… tout est parti de là.

Et puis, Camomille. Elle est apparue aussi ce dimanche. Toute seule. Une fin inattendue. J’avais lu un article sur la puberté précoce. Ma belle-sœur m’en avait parlé. Et ce prénom — Camomille — s’est imposé, comme un lien discret avec le végétal, avec la douceur, avec la transmission.

Tout ça, c’étaient des fragments. Et en relisant mes textes, j’ai senti une liane.
Quelque chose de rampant, d’unifié, de vivant. Verdombre était là depuis le début.
Et je ne l’avais pas inventée : je l’avais révélée.

J’aime consigner. J’aime observer. J’aime inventer des comportements d’animaux — réels ou imaginaires. Et cette créature-là, Verdombre, incarne peut-être ce que je fais depuis toujours : nommer ce qui est tapi, créer du lien entre les choses, transformer l’étrange en matière vivante.

Ce récit est né d’un jeu.
Mais il m’a ramenée exactement là où je voulais aller : à l’endroit où l’imaginaire rejoint la mémoire, où l’ombre se dit enfin, et où l’écriture peut, doucement, panser les racines.


A l’aube, un renard

Comme pour la biche, voici une belle observation du Vivant dans mon quartier.

Comme pour la biche, le fichier texte est à lire sur Atramenta, une petite chanson ici, et une méditation à écouter, également sur Atramenta.

Et moi, sur la route, les yeux encore lourds,
J’ai ralenti… cadeau du jour :
Un renard roux, au museau fin,
S’est approché, puis est parti loin.

🎵 Refrain
Dans la nuit ou le matin,
Quand le monde est encore lointain,
La nature vient me saluer,
Et mon cœur se met à chanter.
🎵

Pas un bruit, pas une voiture,
Juste ce renard, douce nature.
Un clin d’œil sauvage, inattendu,
Et le silence revenu.

(R) 🎵 Dans la nuit ou le matin,
Quand le monde est encore lointain,
La nature vient me saluer,
Et mon cœur se met à chanter.
🎵

Dans mon quartier, y’a des merveilles,
Des renards, des biches, des oreilles
Dressées, curieuses, à chaque pas,
Et la vie qui murmure tout bas.

🎵 Refrain final (tout doux, comme un murmure)
Dans la nuit ou le matin,
Quand le monde est encore lointain,
La nature vient me saluer,
Et mon cœur se met à rêver.
🎵Ils criaient fort, ils faisaient fête,
Sans penser aux autres, ni à la tête
De ceux qui dorment, ou qui se lèvent tôt,
Pas un brin d’écoute, pas un mot.

Ils étaient jeunes, pleins de vacarme,
Le sommeil volé a perdu son calme,
Chez moi, les jeunes sont attentionnés,
Et leurs éclats sont bien placés.

Ma fille, elle, s’est envolée,
Vers un royaume enchanté,
Festival de contes et de dragons,
Loin des cris, près des chansons.


Pour lire le texte sur la biche, clic ici

Avoir des yeux de lynx

La nature est partout autour de nous.

Il faut savoir l’observer. La patience, le calme, le regard affûté et le tour est joué.

Ce week-end, ma fille a utilisé tout ça. Avec son regard de lynx, elle a vu la vie dans la petite mare de sa mamy.

Le jardin de sa mamy est on ne peut plus accueillant pour la faune et la flore. Niché dans un petit village de campagne, au bord de l’Ourthe, le jardin est vivant en toute saison.

Ce couple de Tritons alpestre s’est amusé à jouer à cache-cache avec nous. La femelle était moins timide.

Chez cette espèce, c’est la femelle qui est plus grande et plus grosse.

Longue vie à ce petit couple d’eau. ♥️

Un jour, un matin, à Embourg

Un cri dans le ciel. Je lève la tête.  Héron cendré je pense. Mais je ne le vois pas. À la place, un rapace. Non deux. Un milan royal. Un couple ? Ils sont bas. Vol lent et gracieux. Un cercle plané pour le deuxième. Il se laisse observer. Admirer  Oui, je suis subjuguée. Tête claire, blanche, visible de la terre. Queue échancrée, caractéristique chez cette espèce. Je pars à pied chez le médecin. Je suis malade. Zut, pas de photo.

Ça crie grave. Ça discute sec. Ça fait du potin tintamarre. Au rond-point « Au Passou », dans le marronnier du coin, rassemblement de corvidés. Les corneilles s’expriment, les pies volent de-ci de-là, les geais sont discrets. Une histoire d’oiseaux. Discutent-ils de l’automne ?

Petit papillon se pose devant moi. Vite vite les derniers rayons de soleil. Souvenir  d’un été passé. Dernières chaleurs d’un automne débutant.


En haïkus

Un cri dans le ciel

Couple de milan royal

Migration d’automne

Dans le marronnier

Ça crie et ça discute

Plein de corvidés

Mars en photos et haïkus

Hier, depuis la terrasse dans notre jardin, des observations.

Des observations, de la nature, le printemps, des photos… et des oiseaux.

Et ce matin, des haïkus.

Et deux photos de notre dernière visite au refuge « Animal sans toi…t« . (Il y a beaucoup d’autres animaux dans ce refuge, dont des caprins, des chevaux, des vaches, des poules & des coqs, des moutons, des cochons, des chiens & des chats, des lapins, des cobayes, des perruches, des canaris, des perroquets, etc.)

Séraphin et les animaux de la forêt

Un petit passage dans ma boutique BD, m’a permis de trouver cette superbe bande dessinée, magnifiquement illustrée :

Séraphin et les animaux de la forêt. Scénario : David Chauvel & Jérôme Lereculey. Dessins : Jérôme Lereculey et mise en couleurs par Cédrine Louise. Album paru aux éditions Delcourt, 2008.

Une 60taine de pages où Séraphin le petit lutin nous donne plein d’infos sur la vie de ces animaux en forêt : leur durée de vie, ce qu’ils mangent, comment ils vivent, comment ils chassent, combien certains peuvent courir très vite, etc. Les illustrations sont tout simplement féériques, justes, précises, belles, et les couleurs collent à la réalité. Un très joli ouvrage. Les explications ne sont pas compliquées et adaptées aux jeunes lecteurs (collection jeunesse)

Un vrai coup de coeur pour cette « BD » que je classerais davantage dans les ouvrages d’informations, superbement illustrés.

Merci BD Liège ;-)

BD Seraphin ani (2)BD Seraphin ani (3)BD Seraphin ani (1)BD Seraphin ani (5)BD Seraphin ani (4)