Béa Kimcat participe à des jeux d’écriture sympas :-) Celui de Lady Marianne avec un anagramme me tente particulièrement. Cela fait plusieurs fois que je me dis que je vais jouer le jeu… alors voilà, je me jette à l’eau avec leur jeu n° 55 où le mot le plus long à trouver dans l’anagramme est STENOGRAPHIE.
Participation de Béa Kimcat. Je suis partie de son texte pour faire le mien haha
Et mon texte, enfin, mes idées, avec 2 textes : un long et un très court ;-) Les mots en gras et puis ceux soulignés sont une partie des mots que j’ai trouvé en mélangeant donc les lettres proposées.
L’inspecteur Stéphane est sur une affaire bien spéciale. Une étrange lettre, visiblement codée, a été retrouvée sur le corps mutilé d’un homme en costume gris. A la lecture de cette sténographie sur papier orange, tout laisse à penser qu’il s’agit d’un crime passionnel. Mais cet inspecteur n’est pas dupe. En vingt ans de carrière, on ne la lui fait plus à lui. Les courriers, aussi codés soient-ils, ne sont pas toujours ceux que l’on croit.
L’homme ne vivait pas seul et l’espoir de clôturer rapidement l’affaire en arrêtant la femme de la victime paraît trop beau. Plus tôt dans la soirée, le couple avait été patiner au centre-ville. Juste après, ils avaient dîné avec un gratin fait maison et le dessert, un soufflé aux poires avait été délicieux d’après la voisine qui était venue à l’improviste demander des graines de sarrasins pour son propre plat. Il y avait là paquet d’alibis et, pour l’inspecteur Stéphane, ce couple vivait le parfait amour, pas le moindre mobile à l’horizon pour accuser cette pauvre femme de ce crime horrible.
Pendant que l’inspecteur interrogeait une dernière fois l’épouse de la victime, une araignée courait au plafond du salon, un serpent sifflait dans son terrarium et, sur le coin d’un tapis brodé en points de croix, une éponge vivante mourait d’asphyxie. Tout cela, alors que dehors, un héron se posait maladroitement sur le toit en pente de la maison d’en face. Aucun détail n’échappait à l’inspecteur, sauf peut-être le bloc de correspondances orange qui se dissimulait à peine sous une thèse de géographie à corriger et un peigne posé là par hasard. L’inspecteur se voyait mal mettre l’épouse en prison pour un crime qu’elle n’a pas commis, aussi, il songea à rentrer chez lui non sans une dernière phrase de condoléance à sa maîtresse, épouse de sa victime.
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L’araignée, éprise d’amour pour le serpent, allait lui faire parvenir la plus belle sténographie quand tout à coup, le héron se jeta sur elle et la dévora sans regret. Après avoir passé l’éponge sur ce crime ma foi tout naturel, l’échassier se coiffa avec son plus beau peigne, pour aller patiner avec sa fiancée sous la lumière du phare allumé pour l’éternité.

asperge qui ramenait sa fraise. Elle semblait marcher sur des œufs. Tout en délicatesse et en finesse, elle s’avançait vers moi, avec des cheveux d’ange qui nageaient dans la soupe St Germain et que je ne parvenais pas à bien distinguer. Son gros cœur d’artichaut s’illumina tout à coup, éclaira son chemin et ma vision par la même occasion. Je devais avoir une drôle de tête car elle sortait de sous son jupon une petite cuillère pour me ramasser ! J’en devenais aquastomatomane. Je bavais littéralement devant cette créature, mi-figue, mi-raisin. Malgré tout ça, je ne me sentais toujours pas en grande forme, et je craignais même de bientôt manger les pissenlits par la racine. C’est alors que l’asperge, à la tête de fraise et au cœur d’artichaut, me prit dans ses bras ! Immédiatement, mon malaise s’apaisa. Une étrange sensation envahissait tout mon corps. A ses côtés, entre ses bras, je me sentais comme un poisson dans l’eau. Ses paroles et ses gestes étaient pour moi un bon bol d’air frais. Revigoré par ses petites attentions, j’avais à présent une pêche d’enfer ! Une pêche qui bouscula mes petites habitudes, je ne savais plus où donner de la tête, j’étais euphorique ! Je courais dans tous les sens, de nouvelles idées de menus pleins la tête. Bien sûr, ce qui devait arriver, arriva : avec cette purée de pois dont j’avais oublié l’existence, je ne vis pas les crêpes que j’avais aplatis grossièrement la veille, et je me vianda de tout mon long. Après avoir passé un bon bout de temps dans les pommes, au réveil, j’éprouvais une grande soif et je bus les paroles de l’asperge comme du petit lait grâce à ma maryse. L’appétit venant juste après, quand ma nouvelle amie me raconta toute sa salade, je la dévorai des yeux.