Jeu de société sur la cuisine et les monstres japonais

Yokai Ippai est un jeu de société sur la cuisine et les monstres au Japon.

Avec ma fille, nous y avons joué 2x. La première fois, ce fut un peu long, le temps de lire le mode d’emploi et de nous familiariser avec le jeu, ses possibilités et ses trucs et astuces.

La deuxième fois, ce fut un peu plus court, mais nous y avons joué entièrement comme il faut, c’était encore plus gai. Et cela nous a donné envie d’y rejouer bientôt encore. (Je ne suis pas mauvaise perdante, à chaque fois, ma fille me bat, mais j’ai tellement de plaisir à jouer que je ne râle pas trop ! :-) )

Le but du jeu : Préparer des recettes de cuisine avant que tous les yokai (monstres) ne dévorent les ingrédients et gâchent a fête du Royaume.

C’est un jeu qui a été imaginé par une française et dont la fabrication et commercialisation à durée déterminée a pu être possible grâce à la plateforme de soutien « Ulule ».

Le jeu est très bien pensé, imaginé, fabriqué. Dans des matériaux solides, l’auteure a elle-même illustré le plateau, les cartes et le livret. Le jeu est accessible pour les enfants dès 8-10 ans, sans problème. Tant sur les cartes que dans le livret, on découvre aussi la langue japonaise.

Quelques photos de la mise en place et du jeu.

Retrouvez Yuzumi sur Facebook :-)

Atelier reliure japonaise à Redu

Comme il y a deux ans, ma fille et moi sommes allées à un atelier à Redu. L’atelier Double Page nous a encore une fois permis de passer un excellent moment. Après quatre heures, à notre aise, sans pression, avec beaucoup de bienveillance, de patience et de sympathie, nous sommes reparties chez nous avec quatre carnets faits de nos petites mains. Quatre carnets reliés selon une technique qui nous vient du Japon.

Rétrospective 2021, partie 2

Je continue ma petite rétrospective 2021. Les livres tiennent une grande place dans ces souvenirs récents, car je suis de plus en plus souvent plongée dedans 😊

Grâce à Françoise qui se reconnaîtra, qui partage ses nombreuses et génialissimes lectures sur Facebook, j’ai découvert un auteur extraordinaire : Ito Ogawa, avec deux de ses livres que j’ai dévorés : La papeterie Tsubaki et sa suite, La République du bonheur.

« Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres.
Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues. »

« La vie est douce à Kamakura. Amis et clients se pressent dans la petite papeterie où Hatoko exerce ses talents d’écrivain public. Tendres, drôles ou tragiques, les destins se croisent sous son pinceau. Hatoko s’est mariée et découvre, en compagnie de Mitsurô et de sa petite fille, les joies d’être mère au sein de leur famille recomposée : elle enseigne à l’enfant l’art de la calligraphie comme le faisait sa grand-mère et partage avec elle ses recettes des boulettes à l’armoise ou du thé vert fait maison. Mais si Hatoko excelle dans l’art difficile d’écrire pour les autres, le moment viendra pour elle d’écrire ce qui brille au fond de son coeur. Après La Papeterie Tsubaki se dévoile une fois de plus tout le talent d’Ogawa Ito pour nous révéler les sources invisibles du bonheur. »

Ce premier livre, après lecture, a fait l’objet d’un petit collage créatif dans l’un de mes magnifiques carnets de Marujito Books (à lire dans un prochain article, et en attendant, vous pouvez déjà retrouver un premier article consacré à lui, ici). Ces deux livres font partie de ces rares que j’ai envie de relire une seconde fois. Dans ce livre, j’ai tout aimé, tant l’histoire que la façon dont elle est écrite, que l’ambiance qui est rendue. Et bien sûr les personnages sont attachants. Les thèmes du Japon, de la calligraphie, des traditions, du papier, de l’écriture, de la plume, tous ceux-ci me parlent, attisent ma curiosité, mon envie de découverte, d’apprentissage. Les personnages sont décrits de telle façon que j’ai pu m’identifier rapidement à la principale, l’encourageant par la pensée à faire ceci ou cela, la félicitant pour telle action, la « grondant » pour une autre.

C’est sûr, une fois que j’aurai un peu épuisé ma pile de lectures à lire, je tâcherai de me procurai un autre livre de cet auteur.


Le sumo qui ne pouvait pas grossir, d’Eric-Emmanuel-Schmitt. Ce livre, je l’ai trouvé dans une boîte à lire dans mon quartier. Ce livre s’est également retrouvé dans la liste des livres proposés à la lecture dans l’école de mon fils, l’année dernière. Il ne l’a pas choisi, mais a choisi un autre livre du même auteur (L’enfant de Noé).

« Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d’une famille dont il refuse de parler.
Sa rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un « gros » en lui malgré son physique efflanqué, l’entraîne dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux. Avec lui, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l’intelligence et de l’acceptation de soi.
Mais comment atteindre le zen lorsqu’on n’est que douleur et violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ?
Derrière les nuages, il y a toujours un ciel… »

Nous revoici au Japon, dans la grande ville de Tokyo ! Ce livre m’a appelée, oui ! Non seulement pour le pays dans lequel l’histoire se déroule, mais aussi parce que le héros principal est un garçon de 15 ans qui est tout maigrichon et qui va devenir sumo. Au moment de la lecture, mon fils avait presque 14 ans et il a toujours été assez mince, pour ne pas dire aussi maigre que Jun, le garçon du livre. Loin de lui l’idée de devenir sumo, mais la force mentale de l’enfant du livre qui vit dans les rues de Tokyo est quelque peu semblable à celle de mon « petit » garçon.

Ce livre, cette histoire est vraiment un livre à mettre entre les mains de tous les ados et toutes les adolescentes pour « l’intelligence et l’acceptation de soi ».


Ici, c’est grâce à mon papa que j’ai lu et découvert avec grand plaisir ce recueil : Fables et légendes japonaises, de Ippei Otsuka.

« Aussi nombreux que fascinants, les contes du Japon et leurs enseignements traversent les âges. La sagesse, mais aussi la bravoure, la sincérité ou encore l’amitié y sont centrales. Découvrez dans cet ouvrage ces récits porteurs de valeurs, qui mettent en scène les personnages emblématiques des légendes nipponnes : Son Goku, Momotaro, Kintaro, Hanako et tant d’autres. »

Tant que je suis sur ma lancée, je reste dans le pays du soleil levant 😊

Rien que pour la couverture et les petits dessins sur la quatrième de couverture valent le détour. Je suis fan (rires). Ces illustrations sont l’œuvre de Keiko Ichiguchi et de Jean-René Derosas.

Dans ce recueil, vous pourrez lire ces délicieuses histoires :

  • Daidarabotchi, le géant tyrannique
  • Son Goku et le voyage en Occident
  • Ikkyu-san, le petit bonze de génie
  • Issunboschi, le plus petit samouraï du monde *
  • Kintaro, l’enfant d’or
  • La bande des tanuki de Shoo
  • La princesse porte-vase *
  • Momotaro, l’enfant-pêche
  • Tanabata
  • Taro Urashima *

Les contes avec une petite astérisque à côté du titre, je les ais également dans les superbes albums des éditions nobi-nobi (voir cet autre article)


Côté BD, en 2021, j’ai trouvé en occasion (chez BD Liège, à … Liège, mais aussi chez Livr’Ensemble, à découvrir également dans un prochain article consacré à ma petite rétrospective) deux titres de la série des Schtroumpfs : L’œuf et les Schtroumpfs et La flûte à six Schtroumpfs.

Petit à petit, ma collection pour cette série grandit et l’envie d’avoir tous les titres, en ce comprenant les hors-série ou les autres publications spéciales, grandit avec.

C’est ainsi qu’en 2021, j’ai acheté également le quatrième titre des Schtroumpfs et le village des filles, Un nouveau départ (paru fin 2020) ainsi que le Méga Spirou spécial sur les Schtroumpfs ! Les Spirou, ma maman et moi en offrons régulièrement à mon fils qui est fan de cette revue. Pour l’occasion et vu le prix (5,90 euros pour 192 pages de BD et de jeux), j’en ai acheté deux cette fois-ci, un pour lui et l’autre rien que pour moi 😊 Et coïncidence, dans ce Méga Spirou, je retrouve l’histoire complète de… « La flûte à six Schtroumpfs ». Mais ici, ce sont les dessins originaux. Dans l’ancien livre trouvé en occasion, ce sont les images du dessin animé, livre publié en 1975 aux éditions Dupuis.

En 2021 est paru également un nouveau titre, le numéro 39, « Les Schtroumpfs et la tempête blanche ». Je suis toujours admirative de ces illustrateurs et scénaristes qui parviennent à sortir des titres d’une série au fil des ans. Pour les petits lutins bleus, j’ai aimé cette idée de faire apparaître de nouveaux personnages et une nouvelle série « Le village des filles », tout en gardant le même graphisme pour les héros. Il faut sans cesse se renouveler, faire preuve d’imagination pour garder une fidélité dans les fans et les collectionneurs tout en attirant un nouveau lectorat. Ce sont là des prouesses que je salue et respecte, c’est un travail colossal de rester dans la course après tout ce temps.

Alors que chez certains auteurs/illustrateurs ce sont les enfants qui ont repris le flambeau, chez d’autres, ce sont de nouveaux duos, de nouveaux talents qui poursuivent les aventures de nos amis en bande dessinée.

Chapeau mes amis. Et merci de toujours m’emmener loin dans ces pays imaginaires extraordinaires.


En manga, faut-il le rappeler, c’est ma fille qui m’a fait découvrir ces BD orientales en noir et blanc. Si je me suis adaptée rapidement au sens de la lecture différente, je n’ai pas encore appris à « fouiner » dans les milliers de mangas qui existent pour en découvrir d’autres. C’est donc ma fille qui me conseille et qui me propose des lectures (rires).

En 2021, elle a découvert et moi aussi donc par la même occasion, la série Deep Sea Aquarium MagMell, de Kiyomi Sugishita. Le tome 6 est paru il y a peu et jusqu’ici, on les aime tous 😉

« Ouverture d’un aquarium dans la baie de Tokyo, à 200 m sous l’eau !

Le Deep Sea Aquarium MagMell est un lieu unique au monde où la faune abyssale peut être observée de près. Kôtarô Tenjô, jeune balayeur timide, adore les créatures sous-marines. Sa rencontre avec Minato Osezaki, directeur de l’établissement, va changer sa vie.

Ce que j’apprécie dans cette série, ce sont l’histoire bien sûr, mais aussi les dessins justes, précis, détaillés. À chaque fois que l’on rencontre une espèce animale abyssale, il y a une petite fiche descriptive et scientifique. Il y a tout un tas de personnages qui gravitent autour de Kôtarô, et beaucoup sont intéressants.


Mon deuxième dessin que j’aime beaucoup est celui-ci. Un calmar en noir et blanc.  Je ne l’ai pas colorié, par crainte qu’il soit moins joli. Je ne maîtrise pas encore toutes les techniques du coloriage et du dessin, mais je trouve cet animal bien réussi. Je l’aime beaucoup, pas vous ?

Les outils qui m’accompagnent sur le chemin du dessin, sont deux livres de Anne Kubik, trois petits livres « dessiner des… super mignons » de Ai Kakikusa, différentes revues sur le dessin et les aquarelles ainsi que des photos personnelles. (livres que vous pourrez découvrir dans un prochain article)

En septembre 2021, c’était mon anniversaire. Et j’ai reçu un superbe carnet de la part de ma belle-maman. C’est dans ce carnet que je dessine depuis tous mes dessins 😊  

Merci belle-maman.


Alors, oui, la pandémie mondiale a eu un impact sur ma vie, sur la vie de tout le monde. Et si j’avoue en avoir ras-le-bol d’entendre parler Covid à tout bout-de-champ, (je suis secrétaire médicale dans un cabinet de médecins généralistes et donc mon « record » d’appels téléphoniques Covid a explosé en ce dernier trimestre 2021 avec une centaine d’appels en quatre heures !!), il faut dire que certaines choses découlant de ce changement de vie, sont positives !

D’abord, c’est grâce à ce ras-le-bol que j’ai eu l’idée de faire cette rétrospective. Car oui, il n’y a pas que ce virus dans la vie, même s’il bouleverse nos habitudes, même s’il nous a arraché des vies.

Grâce au confinement, j’ai parlé davantage par Internet. Grâce à ma maman, grâce à Françoise (dont je vous ai parlé plus haut avec ses partages de lecture), j’ai découvert les haïkus, leurs bienfaits, la zenattitude qu’ils offrent en les lisant ou en leur donnant vie. Ces petits poèmes japonais (encore ce pays ! 😉 ) ont plein de propriétés bénéfiques. Si je ne maîtrise pas entièrement toutes leur subtilité, j’aime me perdre dans cette magie créatrice et j’aime profiter de ces instants « sur mon petit nuage », entièrement déconnectée du monde stressant tout en restant connectée à la force et l’apaisement de la nature.  

Faisant suite au confinement de 2020, j’ai ouvert et animé un petit atelier virtuel consacré aux haïkus. Nous étions 5 dans le groupe et durant toutes ces semaines, ça a été un vrai bonheur pour moi de lire l’univers des autres et d’imaginer les thèmes.

1000 Mercis gigantesques à ma maman, à Françoise, à Fabienne et à Christine d’avoir été présentes tout au long de cet atelier avec votre imaginaire, votre sensibilité, votre enthousiasme et vos partages.

Un petit recueil d’haïkus et de quelques dessins personnels verra le jour en 2022.

La langue des oiseaux, livre et photo poème

Un article double entrée, dans deux catégories je vais le classer : « un dimanche, un oiseau », et « avis de lecture pour plus grands ».

Je parlerai davantage de l’oiseau de ma photo, un peu plus tard. Pour le moment, juste un avis de lecture, des extraits, et une photo-poème.


La langue des oiseaux, de Claudie Hunzinger

Lecture étrange, curieuse, passionnante, intéressante et un peu, oui, un peu déroutante pour moi. Des oiseaux oui, des chants et leur langue oui, mais il y a autre chose derrière. Derrière ce langage, il y a deux femmes étrangères l’une pour l’autre, mais qui vont se rencontrer sur la Toile, et puis, plus tard, le destin. (avis plus complets ici et ailleurs sur la blogosphère)

Passages courts, extraits d’oiseaux, chapitres d’une vie, hasard d’une rencontre.

Deux femmes perdues, qui se cherchent, des questions sur la vie et sur la mort, des réponses au fond d’elles et parfois ailleurs, graines semées sur leur chemin.

Des fuites, des fugues, de la fumée de fantaisie.

Des mots et des phrases bien encrées dans la réalité d’un monde réel qui paraît se passer là-haut, quelque part dans les nuages.

Pas sûr de m’en souvenir dans 6 mois, m’a paru éphémère. Pourtant, apprécié, différent, livre en point d’interrogation.

Mots choisis, passages percutants, envie de partage, là maintenant tout de suite… sur les oiseaux bien sûr !

« (…) Là ! Plus là ! Re-là ! Je l’attrape. Il ne pèse vraiment pas grand-chose, quelques grammes, et soudain d’entrevois sous ses blancs sourcils courroucés, son regard rieur. Un troglodyte.

Le troglodyte que j’avais relâché faisait à présent le tour de l’abri en sifflant encore, malgré novembre bien entamé, sa petite phrase toujours la même, cinq syllabes en prélude, suivie d’une éclaboussure de trilles, close par une syllabe en suspension. J’en dessinais le sonogramme et je m’essayais à en siffler la ritournelle, l’autre façon de dialoguer ave mon père. Donc, bientôt les Chinois, tantôt les oiseaux.  

« Des oiseaux, « là-bas », il n’y n avait presque pas. Pas même de corneilles. Encore moins de corbeaux. Alors, j’ai décidé de les faire venir. J’ai acheté des graines. Et ils ont débarqué, en plein hiver, comme des extra-terrestres. Ils n’avaient pourtant rien de mirifique. Ce n’était pas des merles indigo, des rolliers turquoise ou des guêpiers azur. Pas du tout. Mais chacun transportait une cargaison de voyelles, a e i o u, et des concisions, des ellipses, des métoynmies. ET malgré leur petititesse et leur grisailleire, on aurait dit les terribles oiseaux de l’Apocalypse qui venaient se recharger d’énergie ici, dans cette clairière, façon d’attendre l’heure, où, en un grand banquet, ils s’envoleraient là-bas pour aller manger la chair des rois et des forts et des puissants et des puissances de la société, et des vieux roués, et venger les horreurs, tellement ils me semblaient impatients, guerriers, durs. J’ai vu apparaître toutes sortes de mésanges, des verdiers, un bec-croisé, des sittelles, et les premiers bouvreuils, et d’autres dont je n’étais pas sûre du nom, trop rapides, trop condensés, trop petits, trop gris. Explosifs. »

« (…) J’étais la mélodie hurlée du vent. J’étais la chute de la neige qui enfouissait jusqu’au crépitement du feu en elle. J’étais le chant des lérots, ces sortes de souris qui sifflent, et qui persiflaient la nuit autour de moi, museau masqué de noir, prunelles noires, saillantes, deux gouttes d’encre, queue terminée d’un pinceau bicolore pour calligraphe chinois. J’étais le délicat et lancinant cri d’épouvante d’une guêpe, survivante de l’été, en train de se faire vider par une araignée. J’étais l’araignée, son silence, celui du crime. (…) »

« (…) Des trucs passionnants comme ça. Soudain, un oiseau commençait à dialoguer avec un autre au loin. Je notais les séquences sur un carnet. Et leurs tons. Je n’avais pas oublié mon projet initial, pas si éloigné de mon roman que ça, car avec les oiseaux on est à la fois dans la grammaire et la musique. Si la langue de troglodyte est un lancer de cinq à six graines de cristal, celle du rouge-gorge est faite de courtes phrases entrecoupées d’un tremblement entre les graves et les aigus qui leur donne une tonalité de désolation qui me ravageait, comme un poème de Du Fu, mon préféré des préférés. »


La grande traversée, Shion Miura

grande_traversee_Shion_MiuraTitre : La grande traversée
Auteur : Shion Miura
Traductrice : Sophie Refle

GROS COUP DE CŒUR !

Majimé travaille au service commercial d’une maison d’édition. Après 3 ans, il est muté au service des dictionnaires. En réalité, cette mutation non recherchée lui convient très bien. Dès le début, il s’interroge sur la compréhension réelle des mots surtout quand il n’a jamais été dans le cas que précise la définition. Comme « amour », il ne sait pas ce que c’est… il a beau approcher la trentaine, il n’a jamais été amoureux.

Majimé est posé, réfléchi, lunatique diront certains, excentrique et maladroit diront d’autres. Il a du mal à faire la conversation et ne sait pas tailler un crayon avec un couteau. Par contre, il connait plusieurs sens aux mots et s’attache toujours à utiliser les mots justes quand il doit écrire ou parler.

Un jour, il entend son chat miauler sur la terrasse de sa logeuse. Il va le retrouver, mais celui-ci ne sera pas seul… la petite fille de la logeuse est venue vivre avec sa grand-mère vieillissante. Et la vie bien tranquille de Majimé va se retrouver différente; toujours aussi calme et tranquille, mais différente.

Les mots me manquent (je vais aller étudier mon dictionnaire 😊) pour décrire avec justesse, précision et sincérité tout ce que cette histoire m’a apportée.

J’ai découvert et apprécié une tranche de vie au Japon, mais j’ai surtout beaucoup appris sur la conception d’un dictionnaire, depuis son contenu en passant par le type de feuille jusqu’à la recherche de la couverture, et sans oublier le développement de ce projet, sa gestion et sa publicité !

Évidemment, les personnages, leurs histoires, leurs évolutions, leurs interactions sont tout aussi importants et superbement bien écrits, décrits, racontés, narrés, travaillés, façonnés.

De plus, on parle brièvement d’un conte avec une femme et une grue (l’oiseau), d’animal légendaire, et autres récits fantastiques et extraordinaires du Japon.

Je me suis même retrouvée dans l’un des personnages principaux. Dans sa façon de penser, de réagir, de travailler, de se remettre en question.

 Extrait du livre :

« Au cours des vingt derniers mois, elle s’était efforcée de toucher le papier du plus grand nombre possible de dictionnaires, en espérant pouvoir aider Miyamoto, et aussi permettre au nouveau dictionnaire d’avoir le meilleur papier possible. Quand elle n’était qu’une simple utilisatrice de dictionnaires, elle n’avait pas remarqué à quel point la qualité du papier, son toucher et sa couleur variaient selon les ouvrages et les maisons d’édition. Ses doigts étaient aujourd’hui tellement expérimentés qu’elle pouvait reconnaître tous les dictionnaires présents dans son bureau les yeux fermés, en posant simplement un doigt sur un page. »

Le point de vue des éditeurs (4ème de couverture)

Majimé, jeune employé d’une maison d’édition, se voit confier la réalisation d’un nouveau dictionnaire du japonais, un projet titanesque baptisé La Grande Traversée. L’un des premiers termes sur lesquels il est amené à travailler n’est autres que le mot « amour ». Mais comment définir ce dont on n’a pas fait l’expérience ? A vingt-sept ans, aussi maladroit avec les gens qu’il est habile avec les mots, Majimé n’a jamais eu de petite amie. Quand il rencontre la petite-fille de sa logeuse, il tombe immédiatement sous le charme. Passionnée de cuisine et apprentie-chef, la jeune femme travaille la matière de ses ingrédients comme lui celle des mots, dans le même but : tenter de les fixer en un moment d’éphémère perfection. Cette fois-ci, Majimé entend bien ne pas laisser passer sa chance. Aidé par ses nouveaux collègues, il va tout faire pour vaincre sa timidité et ouvrir son coeur à celle dont il s’est éperdument amouraché, tout en se consacrant corps et âme à sa mission première : éditer le plus grand dictionnaire de tous les temps.

Amour, gastronomie et lexicographie : tels sont les ingrédients de ce roman léger et attachant, devenue un véritable phénomène éditorial au Japon, où il s’est vendu à 1 300 000 exemplaires.

Née à Tokyo en 1976, Shion Miura est l’auteur d’une vingtaine de romans et recueils d’essais. Prix des Libraires japonais en 2012, La Grande Traversée a été adapté au cinéma et sous forme de dessin animé.

La légende des 1000 grues

En commençant à travailler sur le conte « Le secret de la grue blanche », j’ai appris qu’il existait une autre légende fort intéressante : celle des mille grues.

La légende raconte qu’un vœu se réalise si on parvient à faire mille grues en origami, dans un délai d’un an. Si on pense très fort à une personne, si on prie pour elle à chaque confection de grue en papier alors le vœu se réalisera. Moins de personnes font ces origamis, plus de chances a le vœu de s’exaucer.

Au Japon, à Hiroshima, en 1955,  Sadako, une jeune fille atteinte de leucémie, n’a malheureusement pu voir son rêve se réaliser, car elle décéda de sa maladie avant. Ses camarades de classe et toute son école achevèrent la confection des grues et depuis, les grues en origami sont devenues le symbole de paix au Japon.

Pour plus d’infos sur ce symbole de paix –> blog La légende des 1000 grues.

J’ai envie d’inclure cette légende dans le conte que je souhaite travailler pour mon travail. Et comme j’ai chez moi un livre sur les origamis et que la grue y est naturellement présente, voici ma réalisation. (vous pouvez trouver les explications en dessins sur le blog de la légende des 1000 grues.

 

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Manga : A silent voice

Alors que je suis dans la série Maître des livres dans les manga, voici que ma fille qui est une fan des manga, a pris ce livre à la bibliothèque.

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4ème de couverture :

« Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule.
Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible.
Psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. À cet instant, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusque-là ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable… »

Voici le premier tome qui rentre vite au cœur du harcèlement et de la violence dans l’école. Un manga que je recommanderais en lecture obligatoire dans la première année secondaire de notre enseignement tellement il décrit, malheureusement bien, la souffrance de la jeune Shoki et même celle de l’un de ses camarades, auteur, des faits !

Cela se termine, pour ce premier tome je le rappelle, déjà par une leçon de morale et une prise de conscience de la part de Shoya.

J’ai lu ce manga avant ma fille. Je suis curieuse de connaître son avis également  :-)