Ecrire pour pousser l’ombre

Quand l’écriture devient jardin intérieur. Quand l’écriture révèle le mouvement de l’ombre vers la lumière : écrire pour faire exister, pour libérer, pour métamorphoser.

Introduction : Verdombre, la plante que nous portons tous

Quand j’ai inventé Verdombre, je croyais écrire une fiction étrange. Une créature végétale, mobile, quasi mythologique, qui pousse là où la peur s’installe, qui se nourrit des traumatismes d’enfance et des émotions refoulées. Je pensais que c’était une histoire de genre, un récit fantastique. Un jeu d’imagination.

Mais plus j’écrivais, plus j’avançais dans le cœur végétal de cette chose, et plus je comprenais : Verdombre, c’est exactement ce que je cherche à accompagner dans mon métier.
Cette créature, elle n’est pas malveillante. Elle est là pour capter ce que nous n’arrivons pas à dire. Elle absorbe nos non-dits, nos colères rentrées, nos douleurs d’enfance. Elle pousse dans les angles morts de la mémoire. Et plus on la laisse faire, plus on s’allège.

Verdombre, c’est l’image vivante de l’écriture thérapeutique : une plante intérieure qui pousse dès qu’on commence à dire, à déposer, à transformer.
Non, elle ne fait pas peur. Elle fait place.

Dans ce texte, vous rencontrerez une légende, des scientifiques, une photographe ratée, un chevalier un peu saoul, un stage improbable et une petite fille qui ne sait pas lire.
Mais ce que vous croiserez, surtout, c’est une vérité invisible : ce que nous ne disons pas continue de pousser en nous.
Et c’est peut-être le moment, enfin, de faire de la place à Verdombre.


Comment Verdombre a poussé en moi ?

Tout a commencé un vendredi après-midi. Un atelier d’écriture entre amis. Pour le plaisir. Pour ne pas rouiller. Pour continuer à imaginer, à créer, à jouer ensemble avec les mots.

J’avais préparé quelques propositions, des images, des textes à détourner, des cartes à piocher. Rien de sérieux, rien de planifié. Juste une envie de laisser émerger ce qui vient quand on écoute vraiment.

Et ça a pris.

  1. Un extrait de conte, tiré d’un recueil de nouvelles sur Brocéliande. Une histoire suspendue, que j’ai arrêtée net à un moment clé : un chevalier, un tableau, un cri venu d’ailleurs. J’ai proposé qu’on invente la suite. De là est né Philippe, le tableau hanté, et une créature verte, encore floue.
  2. Trois images découpées dans des magazines : un jeune homme dans un train, une adolescente contre des casiers, une maison lumineuse. J’ai proposé de relier un personnage à un lieu. Frédéric est né. Et avec lui, un stage improbable.
  3. Un souvenir d’enfance : “Enfant, je rêvais de…”. Le début était le mien, mot pour mot. Et sans vraiment y penser, j’ai glissé vers mes expériences réelles : aider un vétérinaire, soigner des animaux, vendre des photos à une hostellerie pour rembourser une chambre que je ne pouvais plus payer. J’ai écrit ça, pour de vrai. Et Verdombre s’est invitée dans mes souvenirs en ce dimanche après-midi.
  4. Des cartes Dixit et un jeu de débat, une consigne comme un choc : “Votre ancien voisin était un tueur en série.” Et sur la carte, un couteau caché dans des herbes. J’ai démarré aussitôt. Mon voisin s’appelait Michel. Il tuait des mauvaises herbes… tout est parti de là.

Et puis, Camomille. Elle est apparue aussi ce dimanche. Toute seule. Une fin inattendue. J’avais lu un article sur la puberté précoce. Ma belle-sœur m’en avait parlé. Et ce prénom — Camomille — s’est imposé, comme un lien discret avec le végétal, avec la douceur, avec la transmission.

Tout ça, c’étaient des fragments. Et en relisant mes textes, j’ai senti une liane.
Quelque chose de rampant, d’unifié, de vivant. Verdombre était là depuis le début.
Et je ne l’avais pas inventée : je l’avais révélée.

J’aime consigner. J’aime observer. J’aime inventer des comportements d’animaux — réels ou imaginaires. Et cette créature-là, Verdombre, incarne peut-être ce que je fais depuis toujours : nommer ce qui est tapi, créer du lien entre les choses, transformer l’étrange en matière vivante.

Ce récit est né d’un jeu.
Mais il m’a ramenée exactement là où je voulais aller : à l’endroit où l’imaginaire rejoint la mémoire, où l’ombre se dit enfin, et où l’écriture peut, doucement, panser les racines.


4e de couverture et jeu d’écriture

Soupe de jeu d’écriture à partir d’une lecture de livre.

Prenez votre livre en cours de lecture. Retournez-le pour voir la 4e de couverture. Choisissez un mot par ligne, celui qui vous parle le plus à cet instant précis. Mélangez-les et racontez (écrivez) la première histoire, les premières images qui vous passent par la tête en relisant cette série de mots.

Au petit matin, j’ai commencé ce texte, mais avec les 13 mots piochés, j’en avait des choses à raconter ! Je devais aller travailler, je n’ai donc pas terminé. Mais demain, sur mon blog, revenez, tous mes textes, je vais les dactylographier et … les terminer.

En attendant, si le cœur vous en dit, amusez-vous ! Jouez à imaginer n’importe quelle histoire… et partagez à votre tour 😉

Voici ma petite liste de 13 mots piochés dans le résumé de « Né sous une bonne étoile », de Aurélie Valognes.

  • École
  • Radiateur
  • Oiseaux
  • Notes
  • Collectionne
  • Travailleur
  • Camarade
  • Sœur
  • Leçon
  • Grippe
  • Entendre
  • Imaginer
  • Choses

Frère et sœur, ennemis pour la vie

Les radiateurs de l’école fondamentale de mon quartier étaient bien particuliers. En fonte, ils étaient façonnés en forme d’oiseaux : un long corps rectangulaire et plat, des pattes en guise de tuyaux et chaque vanne représentait la tête d’un oiseau avec son bec, tantôt court et pointu, tantôt long comme un poignard tel celui du héron, ou encore plat comme celui du canard.

Dans chacune des classes, c’était un oiseau différent. Et cet aspect physique n’était pas la seule bizarrerie de ces radiateurs. Dès que la température ambiante baissait en-dessous des dix-sept degrés, des chants et des sifflements étaient émis par les becs des oiseaux métalliques. C’était le signal qu’il fallait commencer à chauffer les locaux.

Dans la classe de mon fils, il y avait une petite fille qui adorait les animaux et particulièrement les oiseaux. Sa saison préférée était, comme vous pouvez vous en doutez, l’automne, car les oiseaux-chauffages se mettaient alors à chanter leurs douces mélodies. Cette enfant, à 7 ans, commença ainsi à collectionner les notes de chauffages, les classant par mélodie, par timbre, par durée ainsi que par ordre de température. 

Mon fils que rien ni personne n’impressionnait, se rapprocha néanmoins de cette fille, car s’il y a bien une chose que Quentin adore, ce sont les listes, les catégories et les collections. Ensemble, ces deux-là travaillaient dur, tant à l’école que dans leur classe. Et il ne leur fallut pas une année scolaire pour monter un projet de cours de musique basé sur les chants des oiseaux-radiateurs. Un cours d’éveil aux sciences par la biologie et le classement des animaux couplé à une leçon d’histoire sur la musique, les instituteurs n’en demandaient pas tant, mais ce projet enthousiasma tous les élèves, toutes classes confondues.

Quentin et sa nouvelle camarade (devenue meilleure amie pour la vie entre-temps) sont rapidement devenus les nouveaux chouchous de l’école primaire. Ils étaient tellement appréciés que leur popularité faisait de l’ombre à la sœur de Quentin, ma fille, qui venait de passer chez les très-grands, en humanité. Elle était tellement jalouse de lui, de son petit frère qui faisait la moitié de son poids, qu’elle se jura de le battre à son propre jeu. Elle aussi était très intelligente et elle aussi allait monter un projet dans son école qui allait faire parler d’elle. Quentin ne s’imaginait pas que sa sœur allait le prendre en grippe pour si peu. Lui, il n’était pas compétiteur pour un sou. 

Ces deux-là ne s’entendaient pas à mon grand désespoir… et le reste de l’année s’annonçait chargé pour l’arbitre que j’étais devenue malgré moi.

voici mon texte écrit avec 9 mots « imposés » : rédaction sur le confinement

La semaine dernière, je vous invitais à choisir l’une des listes de mots que je vous proposais et d’écrire un petit ou grand texte à partir de ces mots.

Voici mon texte. Que mon fils me pardonne. Il m’a très largement inspiré pour cette petite histoire ! Histoire qui pourrait être vraie, mais qui ne l’est pas ;-)

Ecole – blanc – feuille – tête – forêteau – fille – une invitation – m’appelle

Je m’appelle Lucie. Je suis une fille. J’ai douze ans. J’aime me perdre dans la forêt, la tête remplie de chants d’oiseaux, des arbres tout autour de moi, des écureuils qui sautent de branche en branche ou qui traverse le chemin devant moi. C’est comme une invitation à me perdre dans un voyage extraordinaire, qui me change de l’ordinaire.

Comme j’aime pas trop l’école, dès que je peux, je retrouve cet endroit, mon refuge, mon paradis à moi, dans ma tête. Certains profs disent que j’ai la tête dans les étoiles, mais ils se trompent, elle est dans une forêt, c’est pas la même chose, c’est plus réel, plus vrai.

Depuis que l’épidémie, la pandémie du Coronavirus, alias Covid-19 est arrivée dans mon pays, je ne peux plus aller physiquement dans mon petit paradis. La forêt est à trente minutes à pieds de chez moi, j’aurais juste le temps d’y aller, de lui dire bonjour de loin et il sera déjà temps pour moi de revenir dans mon foyer. Je ne peux pas faire ça, y aller, la voir, l’avoir du bout du regard et puis la quitter sans enlacer un arbre entre mes petits bras, sans m’arrêter pour observer mon ami l’écureuil, ou écouter le chant si mélodieux du rougegorge, ni même avoir l’occasion de prendre une photo du soleil qui joue avec les branchages et qui donne une belle image qui mélange ombre et lumière. Je ne peux pas faire ça. Ni rendre visite à mamy qui est toute seule chez elle. Ni aller chez mon meilleur ami qui habite à moins de six maisons de chez moi. Ni aller dans la bibliothèque pour emprunter un tas de bandes dessinées. Je ne peux rien faire de tout ça.

« Faut vous occuper autrement », nous disent-ils, tous. Tous ces adultes qui ne sont pas des enfants. Ils croient savoir ce qui est bien pour nous, enfants et étudiants, mais ils n’ont jamais connu ça, ils ne savent pas se mettre à notre place. Pour nous occuper, certains profs nous donnent des trucs à faire par internet, mais via l’ordinateur, c’est pas pareil pour moi. Je n’aime pas ma classe surchargée des vingt-sept autres élèves dans un si petite pièce, que l’on change à chaque fois, toutes les cinquante minutes. Trop de bruits. Trop de bousculades. Trop de promiscuité. Trop de changements. Trop de choses à porter. Trop de choses à changer. Trop d’informations à retenir. Tous les jours. Et là, je suis chez moi, chaque heure des vingt-quatre heures que fait une journée. Et je n’aime pas non plus. Mes parents me laissent dormir plus longtemps, ça par contre j’apprécie. Je peux manger quand je veux, à des heures correctes quand même. Ça aussi je préfère. Mais je préfère apprendre de nouvelles choses par moi-même que continuer à remplir des lignes et des lignes, des pages et des pages de calculs tous identiques (trente pages de maths !) ou lire un livre que je n’aime pas du tout.

Au final, je me rends compte que j’apprends bien des tas de choses, pas spécialement des choses pour l’école, qui se trouve dans leur programme, mais je découvre la programmation, le latin, le français, l’histoire, l’anglais grâce à mes recherches sur internet et des cours on-line gratuits.

Mais je n’ai pas ma forêt.

Je n’ai pas mon refuge.

Je n’ai pas ma bulle d’air.

Ça  me manque.

Pour la fin de la semaine, il faut rendre un devoir, une rédaction sur mon ressenti durant ce confinement. Et je n’ai vraiment pas envie d’écrire à la main. J’aime pas écrire à la main. Mais j’ai pas envie non plus de rendre une feuille blanche à ma prof ! Maman, elle aimerait pas. Ma maman, que j’aime beaucoup, adore lire et écrire. Pas comme moi. Alors rien que pour lui faire plaisir, j’aimerais écrire quelque chose. Mais j’sais pas quoi.

Voilà, ça fait trente minutes que je suis assise à mon bureau. J’ai découvert que je pouvais parler à ma page word. Ouais ! En haut, à droite, il y a une image d’un petit micro bleu et dessous il est écrit « dicter ». Alors j’ai essayé et ça marche !! Je suis devant mon ordi que j’ai reçu pour mon annif et les mots s’affichent tout seul les uns après les autres ! Il est écrit exactement ce que je dis. Bon, je dois bien articuler, mais ça m’fait aussi un exercice, car j’ai un problème de prononciation avec ma langue qui se colle parfois tout contre mes dents, ou entre elles qui fait qu’il écrit « che » au lieu de « je ». Me souviens, la logopède parlait de chuintement. J’ai ça depuis que je suis toute petite. Quand je suis fatiguée, ça s’entend fort. C’est extraordinaire, c’est de la magie. C’est maman qui m’a dit d’écrire sur l’ordinateur, que ce serait plus facile pour moi qui suis dysgraphique. Je fais d’une pierre, trois coups : je fais la rédaction pour l’école, je parle en faisant attention à ma prononciation puis je corrige les erreurs qui sont soulignées en bleu ou en rouge. Cool.

Bon parler ainsi, ça m’a donné soif. Vite, je vais boire un grand verre d’eau avec de la grenadine et puis j’enverrai ma rédac par email à ma prof.

Je vois, je vois…

Vous avez vu des animaux dans cette racine d’arbre. Mais d’autres créatures ont aussi fait leur apparition dans votre imagination ! C’est génial :-)  Peut-être est-ce cette pancarte vue à quelques mètres avant cette racine qui a fait pencher ma balance de l’imaginaire. Ces deux photos ont été faite dans une petite forêt, à Spa, en province de Liège, en Belgique.

pancarte forêt

Dès lors, moi j’y ai tout de suite vu… un cheval. Et j’ai aussitôt pensé à toi, Valentyne :-)

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En effet, moi, en regardant cette image (mais en vrai, ça m’a encore plus frappé), je vois clairement la tête d’un cheval, vue de profil avec le museau et la bouche, tout à gauche, la narine un peu plus haut, l’œil clair et bien dessiné, et puis sa crinière verte sur le front. Certes, il manque les oreilles, mais là je les retrouve dans la tête d’un cochon, avec au niveau de la gorge de mon cheval, les oreilles dressées (mais mon cochon a la tête à l’envers), l’œil rond et le groin large.

Vous avez vu :

maman : 2 poissons
Béa : 1 animal ou plusieurs, mais identité incertaine
Universsan : 1 chien
Lesfaitsplumes : 2 humains et un hybride de poisson avec des oreilles (j’adore la description qui en est ressortie)
Scoobydu41 : trois animaux : une sorte de tête de dinosaure avec son cou,
une tête de girafe et un petit singe pelotonné

Je me suis dit que je pourrais faire une petite histoire rien qu’à partir de cette image. J’imagine assez facilement l’aventure d’un cheval à la crinière verte qui est sourd et suite à cet handicap, il trouve en la compagnie d’un petit cochon bien sympathique l’ami idéal qui serait ses oreilles. Le petit cochon est vraiment petit et pour ne pas se faire tout le temps marcher dessus, il a trouvé que l’encolure du cheval lui donnait la hauteur suffisante pour découvrir le monde sous un autre angle. Ainsi, les deux comparses devenus inséparables s’entraident et vivent des aventures extraordinaires.

Un jour, lors d’une balade en forêt, ils rencontrent plusieurs personnages :
Deux poissons bruns, la silhouette d’un animal indéfinissable, un chien bizarre, un dinosaure brun, une girafe tout aussi brune que le dinosaure, un petit singe pelotonné, ainsi que deux humains et leur animal de compagnie unique : le poissons aux oreilles dressées…

Si cela vous tente, écrivez votre suite ou votre histoire  :-)

 

Le pouvoir de l’imagination la nuit !

Cette nuit, il était 2 heures du matin quand ma fille de 11 ans a reçu de ma part une médaille pour avoir réussi à me faire marcher dans son imagination.

Il est donc 2 heures du matin, mais je ne le sais pas encore. Dans mes rêves, j’entends une porte qui s’ouvre, une clinche qui fait du bruit et puis un sanglot… ça ne colle pas à mon rêve, donc je me réveille immédiatement (instinct maternel, quand tu nous tiens !). Bingo, sur le palier de l’escalier, ma fille de 11 ans pleure de frayeur.

  • Il,… il y a une grosse araignée dans ma chambre, près… près de mon lit, elle est très, … très grosse, j’ai peur.

Faut-il préciser que ma fille est arachnophobe et que cela s’empire avec le temps ? Faut-il préciser que je l’étais moi-même enfant et adulte également ? Qu’il a fallu attendre une trentaine d’années pour que ma curiosité envers l’espèce animale à 8 pattes, poussée par le désir de faire des photos parfaites pour ces petites bêtes, m’aide dans cette terreur vivante ?

Courageusement, je me dirige vers sa chambre, ouvre sa porte et lui demande quand même où est-ce qu’elle a vu cette araignée ? Quand j’allume, il me vient à l’esprit qu’elle était peut-être sur l’interrupteur : horreur ! mais trop tard, j’ai allumé et la réalité m’a sauvé, point de bestiole sur le carré en plastique.

  • Là, près de mon lit, à côté de ma tête. Je l’ai vue, elle bougeait. Elle était grosse et poilue. J’ai même vu son croupion !

Bon, là, mon courage diminue un peu et j’enlève les nounours et autres bazars qui se trouve par terre, à la tête de son lit. Je retourne quand même vite fait les nounours, car on sait que ces bestioles peuvent se cacher et surgir sournoisement… mais je ne vois rien. Puis, il y a un mouchoir, ouvert, non utilisé semble-t-il. Elle se cache sûrement en-dessous. Je prends ce que je trouve, c’est-à-dire la patte d’un nounours qui n’est pas mou et qui vierge de toute araignée, et je l’utilise pour retourner le mouchoir… Brrrr… Mais rien, nada, quedal !

Rassurée, je prends sa lampe de chevet amovible et je dirige le faisceau derrière le lit, derrière l’armoire, sous le lit, partout où je n’ai pas encore regardé.

  • Elle est vraiment grosse.

Bon, visiblement, je ne la vois pas. Puis, une réflexion lumineuse me frappe en cet instant :

  • Mais ma chérie, tu dormais, tu avais les yeux fermés. Il fait noir de chez noir. Tu n’as pas pu la voir. Tu as du rêver. C’était un vilain cauchemar.
  • Mais non, j’ai même regardé l’heure. Je t’assure, ce n’était pas un rêve, elle est là. Regarde encore.

2h25 du matin.

  • Tu sais, certains rêves peuvent sembler très réel. Tu as pu rêver de ta chambre, de ton réveil et de l’araignée. Regarde, j’ai tout enlevé, tout soulevé, tout fouillé. Je n’ai rien vu. Mets ta tête de l’autre côté du lit et essaie de te rendormir s’il te plait.

Je la vois hésitante. Peut-être que j’ai réussi à la convaincre qu’elle avait rêvé.  Je termine mon sauvetage nocturne par une plaisanterie, histoire de détendre l’atmosphère :

  • Tout ça pour avoir un bisou de maman la nuit. Ils sont chers ces bisous tu sais.

Et je lui en colle 2 sur chaque joue, des biens bruyants, bien gros, bien rassurants.

Elle mettra du temps avant de se rendormir, mais elle y est arrivée.

Elle a vraiment presque réussi à me convaincre qu’elle a pu voir une araignée la nuit, car au petit matin, elle me dit :

  • Tu sais, la nuit, nos yeux s’habituent à l’obscurité. Le noir devient gris et je peux voir les ombres… j’ai vu l’araignée…
  • Quand même, à deux heures du matin, tu devais certainement dormir…

Alors, pour vous, pour moi, vous pensez que c’est quel genre d’araignée qu’elle a vu/rêvé ?

C’est la saison où elles sortent, où elles osent se montrer… et ici, chez nous, dans le jardin, il y en a quelques-unes. Va falloir qu’on travaille sérieusement à cette phobie si nous ne voulons pas être réveillés trop souvent :-)

Telle mère, telle fille ?

Je me souviens d’une réflexion que je me suis faite quand mes enfants étaient âgés de 6 et 8 ans : est-ce que je vais un jour pouvoir partager l’une de mes passions avec eux ?

J’adore marche, j’adore observer la nature, les oiseaux principalement, mais aussi tous les autres animaux sauvages, et avec appareil photo en mains. J’aime aussi beaucoup lire, bien sûr, mais aussi écrire quand l’envie m’en prend :-)

Durant nos vacances, il y a quelques années, j’ai eu l’envie de « mélanger » mes enfants, de les secouer pour voir si l’un d’entre pourrait en ressortir et avoir les mêmes envies que moi car, en effet : mon fils adore marcher, mais il n’est pas patient pour l’observation, les animaux l’intéresse que moyennement, il lit trop vite et n’aime pas écrire. Et ma fille adore les animaux, mais déteste marcher, veut bien observer mais faut que ça soit devant elle et qu’on ne reste pas « planté là comme une statue » et elle aime bien la photo mais n’écoute pas les conseils ou ne lit pas le mode d’emploi.

Mais à présent, oui, ça y est, puis-je espérer ? Notre puce qui grandit (10 ans) aime lire, si si, peu importe le support mais faut que l’histoire l’intéresse rapidement, de préférence avec des animaux (ouah, elle tient vraiment ça de moi ha ha) et depuis peu, elle s’est attardé sur un texte de sa propre invention, suite au concours dont je vous ai parlé (Plumes et Talents). Comme elle a eu une période où elle dessinait les personnages de ses BD préférées, je l’encourage donc maintenant à créer sa propre BD à partir de ses mots, de son histoire et de ses photos ou de ses dessins… mais ce n’est pas encore ça (rires)… faut pas trop en demander quand même haha

Mais qu’est ce que j’ai aimé l’aider à travailler sur la fin de son texte, je lui donnais les idées, lui suggérais une piste, etc. C’était vraiment chouette.

Du coup, je pense que je vais programmer un jeu d’écriture par mois, pour elle, pour moi, pour vous, que je mettrai ici sur mon blog.

Et puis, petit clin d’oeil à ma môman : pourquoi pas un jour imaginer une histoire à trois générations : grand-mère, mère, et fille ? des mots, des photos, des dessins à 6 mains !