Moments magiques dans la nature : observations et apprentissages

Une matinée d’émerveillement : quand la nature devient une leçon vivante

Je me suis amusée hier matin. À marcher, à observer, à être attentive à tout ce qui m’entourait : la nature, les animaux, les végétaux et les champignons. Une balade transformée en exploration grâce à ce que j’avais appris la veille.

Vendredi justement, lors de ma formation, le directeur des CNB était venu partager ses connaissances avec nous. Deux petites sorties sur le site, un jeu pour comprendre qui mange quoi dans la nature le matin, puis l’après-midi, la théorie : biocénose, biotope, fabrication du carbone… Des mots nouveaux qui résonnaient encore dans ma tête.

La biocénose, c’est quoi au juste ?

C’est l’ensemble des êtres vivants – animaux, végétaux, champignons, micro-organismes – qui vivent dans un même milieu et interagissent entre eux. Imaginez une forêt comme une immense colocation où chacun a son rôle, ses relations, ses alliances et parfois ses conflits !

Durant ma balade, j’ai porté un autre regard sur tout ce qui m’entourait. Ces arbres, ces champignons, ces végétaux… sont-ils en concurrence ? En coopération ? En symbiose avec leur « hôte » ? Peut-être sont-ils prédateurs ? À moins qu’il n’y ait là que du commensalisme ou de l’amensalisme (ces mots si savants pour décrire les relations du vivant).

Le mutualisme de la Sittelle

Quand j’ai entendu la Sittelle donner son cri d’alerte pour prévenir les autres habitants de la forêt de ma présence, je me suis aussitôt souvenue de cette technique dite du mutualisme. Comme le geai et le merle, elle joue les sentinelles au bénéfice de toute la communauté. Le martin-pêcheur aussi, que je n’ai repéré qu’à son cri lancé en vol, participe à cette chaîne d’information.

Tac tac tactactactactac. Le martellement du pic épeiche. Il cherche à manger et fait des trous dans les arbres : de la prédation sur les insectes. Tout comme ces bourgeons grignotés, œuvre du chevreuil. Encore de la prédation.

Le grand air qui fait du bien

Il faisait beau, très agréable pour se promener. Quasi toute seule sur une grande partie de ma balade. Cela m’a fait le plus grand bien après avoir joué au taxi et roulé presque deux heures chaque jour, mobilisant mon attention et ma mémoire lors de la formation. Le grand air, il n’y a que ça pour m’aider à prendre du recul, à souffler, à respirer. Je me détends tellement en observant tous ces vivants.

Et c’est étrange comme je parviens à ne plus entendre la route à côté. Je me fonds littéralement dans le bois. Je suis tantôt orite à longue queue, tantôt mésange bleue, ou encore champignon, ou même grèbe, cormoran ou buse !

Premier moment extraordinaire : le pic épeiche

Je l’entends, j’imagine son bec cogner avec force et vivacité le tronc d’un arbre. Je le cherche du regard. Je le vois, tout là-haut, pas bien loin, à l’intérieur du bois.

(C’est fou comme l’Humain est sale – des déchets un peu partout, ça m’écœure. La prochaine fois, je prendrai un sac poubelle. Même si ça me dégoûte de ramasser la crasse des autres, je le fais pour la nature.)

Revenons à quelque chose de plus gai : le pic. Pour une fois, j’ai pris avec moi ma paire de jumelles 8×42 et mon appareil photo bridge. Dans la forêt, par temps magnifique, les jumelles sont vraiment géniales, plus lumineuses. Je peux m’émerveiller des détails de cet oiseau noir, blanc et rouge. Avec le zoom de l’appareil, impossible de déterminer le sexe, mais les jumelles sont formelles : pas l’ombre d’une tache rouge à la nuque. C’est une femelle.

Après l’avoir observée durant un peu plus de cinq minutes, je continue mon chemin. Un chant puissant et caractéristique me fait tourner la tête : un rouge-gorge ! Je le repère immédiatement grâce à son plastron orange. Mais dès que je vise Robin avec mon appareil, zou, il descend d’un étage végétal et devient invisible. Il continue à chanter… Je patiente derrière un arbre, espérant qu’il remonte, mais en vain.

Et là, un oiseau passe littéralement sous mon nez. Le pic épeiche se perche à deux arbres de moi, un peu plus bas que la première fois. Cache-cache réussi, mais j’arrive quand même à lui tirer le portrait encore une fois !

Deuxième moment : les Bernaches affamées

Sur le chemin du retour, toujours le long de l’eau sur le Ravel, je commence à avoir faim. Il est midi passé, cela fait deux heures que je flâne. Je sors de quoi sustenter ma faim – j’en ai encore pour une heure minimum avant de rentrer. Mes biscuits salés sont écrasés dans la boîte. Des miettes tombent sur mon appareil qui pend à sa lanière. D’un geste, je secoue l’appareil, frotte mon pull et ma main.

Tout à coup : Kwa kwa kwa ! Quatre Bernaches du Canada déploient leurs ailes, décollent de l’eau et volent… pile dans ma direction ! Elles restent très bas, à même pas un mètre de l’eau, et se laissent glisser jusqu’à cinquante centimètres de moi.

Pendant quelques courtes secondes, je ne comprends pas. La première, la plus proche, me fixe de ses yeux :

— Tu as à manger pour nous ?

— Ah non ! Désolée, ce n’est pas pour vous, ce n’est pas bon pour vous.

Elles étaient à une dizaine de mètres au début, calmes au bord de l’eau. Mon geste de nettoyage a été le signal : feu vert pour manger ! Hélas, elles ont dû se contenter de me regarder m’éloigner. Elles devaient être très déçues…

Troisième moment : le lézard caché

Quelques cyclistes et joggeurs passent. Heureusement, ça reste calme. Je reconnais le chant de la sittelle et celui du troglodyte. L’application BirdNET m’informe qu’elle a identifié « presque certain » un Grimpereau des jardins, que je finis par apercevoir furtivement grimper le long d’un arbre : brun contre brun. Heureusement que ma vue de loin est excellente !

Je ralentis ma marche. Je longe un mur de pavés et pierres, haut d’un mètre vingt environ, colonisé par toutes sortes de végétaux qui ont profité des interstices. Je distingue une grande toile d’araignée. Une grosse mouche se pose. Aussitôt, je pense à « eux ». Avec la météo printanière en avance, je me demande si les lézards seront de sortie pour se dorer le museau au soleil.

Certains joggeurs ralentissent, tentent d’apercevoir l’objet de ma curiosité. Ils ne voient rien. Mais moi, si ! Un lézard des murailles est là, qui crapahute et trottine en se dandinant comme seuls les lézards savent si bien le faire. Photo. Jumelles. Photo. Jumelles. S’il n’avait pas bougé, je l’aurais sûrement loupé. Ils savent si bien se fondre dans le décor !

Je suis ravie ! Quelle magnifique journée !

Quatrième moment : le ballet des buses

Je suis près de chez moi. Enfin, à deux kilomètres. Cette fois, pas question de passer par la lande – à chaque fois que je grimpe dans ce bois à onze pour cent de dénivelé, j’ai mal au dos pendant quarante-huit heures. Je prends la rue à sens unique qui grimpe bien, mais à mon aise. Pour une fois, je mangerai plus tard, ce n’est pas grave.

Les mésanges donnent de la voix. Elles chantent, chantent, c’est inouï. Je bascule la tête en arrière pour voir, entre les arbres qui bordent la rue, le ciel bleu. Je me dis que ce serait sympa de photographier l’épervier que j’ai déjà croisé plusieurs fois dans les parages.

Sans mentir, je n’ai pas le temps de terminer ma réflexion qu’une large silhouette traverse mon champ de vision : une buse variable ! Elle est plutôt basse. Vite, clic-clic, je tente le tout pour le tout sans passer par les jumelles. Le rapace décrit des cercles de plus en plus larges, de plus en plus haut.

Hé ! Elle n’est pas toute seule ! Deux buses dans le ciel ! Un couple ? J’aurais aimé faire d’autres photos des deux ensemble, mais elles étaient trop éloignées l’une de l’autre pour mon appareil.

« Incroyable ! » Je le dis tout haut. Il n’y a personne pour m’entendre. Tout le monde doit manger à cette heure.

Cinquième moment : la mésange mystérieuse

En parlant de manger, je passe devant une maison qui borde la forêt, sans jardin à proprement parler. En hiver, les habitants donnent toujours à manger aux oiseaux : mangeoires et filets avec cacahuètes. (Bon, je n’aime pas ces filets – les griffes peuvent rester accrochées et l’oiseau piégé peut en mourir.)

Malgré le beau temps et les températures clémentes, il y a du monde au restaurant : mésanges bleues et charbonnières principalement, une dizaine, qui font des allées et retours entre le restaurant suspendu et les arbres de l’autre côté de la route.

J’avise d’abord un arbre envahi par le lierre. Du commensalisme parfait : le lierre profite du support de l’arbre pour grimper vers la lumière sans le déranger ni le blesser, et l’arbre ne reçoit rien en retour. Je fais une photo pour illustrer ce que j’ai appris en formation, pour retenir ces mots nouveaux.

Et puis là, pile devant moi, se pose une mésange différente. Je fais le vœu que ce soit une mésange huppée ou une mésange noire, que je n’ai pas encore immortalisées. Ce ne sera ni l’une, ni l’autre : une mésange nonnette ou boréale. Bien que j’aie lu des articles et visionné des vidéos sur leurs différences, je ne sais toujours pas les identifier avec certitude quand elles sont devant mon nez !

Les vas-et-viens sont si rapides que j’appuie sur le déclencheur sans viser. La mésange avec son « casque » noir, une charbonnière et deux bleues virevoltent entre les branches en ne se posant que deux ou trois microsecondes ! Quand la petite troupe est hors de portée, je regarde si j’ai au moins une photo nette.

Bingo ! Je suis trop contente !

Le bilan d’une balade magique

Je n’en reviens pas d’avoir eu la chance de vivre ces moments uniques, merveilleux et tout simplement naturels. En trois heures et demie, j’ai fait mes 10 000 pas, environ 7,5 km, sans me perdre, en profitant énormément du calme, du soleil, des vivants vibrants tout autour de moi.

Sans être précise, j’estime avoir observé une trentaine d’espèces différentes – animaux, végétaux et champignons confondus.

Bonus : les champignons orange

Une dernière anecdote ? Tout près de chez moi, j’avise au loin des boules orange sur le haut d’un tronc coupé à environ un mètre soixante. Je le sais car je mesure à peine plus et je n’arrivais pas à voir sans me mettre sur la pointe des pieds, bras levés pour faire la photo. C’est sur cet arbre que j’ai déjà identifié un champignon : une pleurote des huitres !

Ici, la couleur est vraiment orange et de loin, ça ressemble à des billes de différentes tailles. Je pense d’abord à un oubli – quelqu’un a oublié ses affaires qu’une autre personne a posées là pour éviter qu’elles traînent dans la boue. Je monte quand même la petite butte : encore des champignons ! La couleur m’étonne vraiment, donc je touche pour être sûre de ne pas confondre avec un objet humain. Mais non.

Grâce à l’appareil photo en mode macro, je peux voir d’autres minuscules champignons tout autour du rassemblement. Il s’agirait d’une Flammulina (peut-être Flammulina velutipes, le collybie à pied velouté, qui pousse souvent en hiver sur le bois mort). Le site observations.be n’est pas sûr à 100 %, donc je doute aussi un peu.


Les interactions du vivant : un enchevêtrement de relations

Durant ma formation, j’ai découvert que la nature est un immense réseau de relations. Chaque être vivant interagit avec les autres, et ces interactions ont des noms bien précis :

Le parasitisme : Une espèce vit aux dépens d’une autre. C’est le cas du gui que j’ai observé en « boules » dans les arbres. Cette plante s’accroche aux branches et puise l’eau et les nutriments directement dans l’arbre hôte. Elle peut l’affaiblir, surtout si plusieurs touffes de gui colonisent le même arbre. Contrairement au lierre qui ne prend rien à l’arbre, le gui est un vrai parasite !

La prédation : Un animal en chasse un autre pour se nourrir. Les traces de Castor que j’ai vues – ces arbres rongés avec les marques de dents bien visibles – témoignent de cette relation. Le castor abat les arbres pour manger l’écorce tendre et les jeunes pousses, et aussi pour construire son barrage. C’est un ingénieur de la nature qui transforme tout le paysage !

Et ces galeries creusées dans le bois mort par les larves d’insectes xylophages ? C’est du parasitisme : les larves se nourrissent du bois. Mais ensuite, le pic épeiche que j’ai observé vient les chercher pour s’en nourrir : voilà la prédation qui s’enchaîne ! Un même arbre mort accueille toute une chaîne alimentaire.

Les cavités que j’ai repérées – probablement creusées par les pics pour nicher – seront peut-être réutilisées plus tard par les sittelles ou d’autres oiseaux cavernicoles. C’est magnifique : le pic travaille, et d’autres en profitent les années suivantes !

Le commensalisme : Le lierre que j’ai photographié en est le parfait exemple. Il grimpe sur l’arbre pour atteindre la lumière, mais ne lui prend rien. Il ne le parasite pas, ne l’étouffe pas. C’est une relation à sens unique : le lierre gagne un support, l’arbre n’y gagne ni n’y perd rien.

Le chèvrefeuille grimpant, lui, c’est plus complexe : en s’enroulant si serré autour du tronc, il peut parfois gêner la croissance de l’arbre, voire le déformer. C’est entre le parasitisme léger et la compétition pour l’espace.

L’amensalisme : Imaginez un grand chêne majestueux qui fait de l’ombre. En dessous, les petites plantes ne peuvent plus pousser par manque de lumière. Le chêne ne gagne rien à leur nuire, il ne fait que… exister. Mais son existence empêche les autres de prospérer.

Le mutualisme : Quand deux espèces s’entraident. Comme la Sittelle qui donne l’alerte et prévient tous les habitants de la forêt d’un danger. Tout le monde en profite, elle aussi !

La compétition intraspécifique :des individus de la même espèce en concurrence pour les mêmes ressources. Ici, vous avez là une véritable colonie de champignons décomposeurs (Stereum subtomentosum) qui colonise ce tronc mort. Tous de la même espèce, ils se disputent l’espace et les nutriments.

La symbiose : deux espèces qui collaborent pour leur bénéfice mutuel. Sur cette photo, le lézard des murailles guette, immobile. Autour de lui, les lichens (taches blanches sur les pierres) ; ces étonnantes associations symbiotiques entre un champignon et une algue qui vivent ensemble et s’entraident.  (et pour rappel, le lézard exerce de la prédation sur les insectes, mouche décrite dans mon texte, pour se nourrir.

La compétition interspécifique : cela se passe avecdes espèces différentes qui rivalisent pour un espace ou une nourriture.  Sur cette photo (où j’ai entouré le Pic épeiche), regardez les arbres. Ils sont en compétition pour la course vers la lumière. Ces arbres de différentes espèces s’élancent vers le ciel. Dans cette forêt dense, seuls les plus hauts peuvent profiter pleinement de la lumière.

Toutes ces relations s’entremêlent dans la biocénose – cette communauté de vivants qui habitent un même milieu. Et moi, ce matin-là, j’étais une observatrice émerveillée.

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Dynamique de groupe : de la théorie à la pratique !

Après six ans à mi-temps, je suis tombée au chômage. Et en dépression. La dépression était là bien avant, mais je ne l’ai pas vue. Adepte du journaling, cette thérapie par l’écriture me trompait. Il m’a fallu vouloir quitter ce monde pour me rendre compte que je n’allais pas bien !

Les oiseaux, les balades, la marche et l’écriture – en plus de suivis thérapeutiques et d’un traitement – m’ont sauvée. J’ai appris à écouter mes propres saisons intérieures et compris qu’en hiver, je dois suivre ma météo personnelle autant que celle de la nature.

C’est ainsi que j’ai débuté fin janvier une formation intensive à temps plein qui se terminera fin novembre. Le thème me parle profondément (comment n’y ai-je pas pensé avant ?), le lieu est idéal – un petit bois loin du centre-ville – et je connais certains formateurs pour avoir suivi avec eux une autre formation il y a huit ans.

Mais voilà : nous sommes treize. Moi qui me sens mal à l’aise au-delà de six personnes ! Heureusement, les activités se font en sous-groupes de trois à cinq. Grâce au cadre, à l’organisation et au rythme qui allie théorie et pratique, après cinq jours, je suis toujours là.

Après une semaine, nous avons été invités à écrire un petit mot « sur le dos » de chaque participant·e. J’avais déjà reçu cette feuille de compliments il y a huit ans. J’étais très curieuse du résultat :

  • Enthousiasme !
  • Pleine d’idées
  • Sans toi, je n’aurais pas pu être là cette semaine, merci 😊
  • Merci pour ta passion communicative
  • Énergique
  • Merci pour le partage de tes connaissances ornitho
  • Merci pour ton sourire et ta bonne humeur
  • Pop-corn naturel
  • Enthousiaste et amoureuse des animaux

Ces mots illustrent ma présence entière durant ces journées partagées.

Je me suis toujours présentée comme effacée, timide, en retrait. Est-ce ma dépression qui m’a transformée, ou les années qui forgent mon caractère ? Lors d’une activité en sous-groupe où j’étais « actrice », je me suis imposée sans le vouloir comme leadership ! Parce que le sujet me touchait, parce que l’affect a pris le dessus, j’ai tenu le crachoir bien plus souvent qu’à mon tour ! Une vraie pie bavarde 😉

Ces activités m’ont fait comprendre que j’avais changé. Pas entièrement, mais oui : même adulte, on peut changer. Grâce ou à cause d’expériences vécues, nos idées et nos actions se modifient.

Hier, nous avons eu la surprise d’entendre que notre groupe de cinq avait été « au-delà de la proposition », que nous avions « dépassé la consigne » ! Sans nous connaître vraiment, après une quinzaine d’heures « ensemble », nous étions sur la même longueur d’onde. Une sorte de jeu de rôles où chacun s’est fondu dans son personnage sans se poser de questions.

Le lendemain matin, ce samedi, le réveil était tôt (merci les chats !). Je n’ai pas réussi à me rendormir : je voulais écrire l’histoire de cette activité.

Moins de deux heures pour écrire cette nouvelle. Tout était déjà là, dans ma tête, dans ma mémoire. Je n’avais plus qu’à arranger les phrases et ajouter des détails pour que tout colle.

J’ai pris un immense plaisir à me replonger dans mon rôle pioché au hasard – un rôle qui ne pouvait pas être plus opposé à mon profil : espionne pour un diamantaire !

Écrire, c’est dans mes veines. Ça coule de source.

Bonne lecture !

Image de couverture imaginée grâce à l’application Stellarium

Voyage sensoriel : une journée de formation avec la nature à mes côtés

Lundi matin, 7h30. Grève des transports en commun. Je me suis proposée d’aller chercher deux personnes près de la gare. Il y avait quelques trains épars. Un peu d’embouteillages, mais pas trop. Arrivée à 8h20. Trop tôt, la formation commence à 9h. Mais ainsi, ma nouvelle collègue et moi-même pouvons découvrir les locaux à notre aise. Je feuillette quelques livres dans la bibliothèque. Il y a des fauteuils. Un petit frigo dans lequel je range ma soupe patates douces et poires.

Les autres arrivent doucement. Je ne tarde pas à quitter la salle de repos pour la salle des cours, car je ne veux pas être coincée, j’aime choisir ma place, toujours face à la fenêtre (des arbres et donc des oiseaux), à un bord ou une extrémité de table. Tables en U pour que nous puissions tous nous voir.

Présentation du staff des formateurs. Présentation des stagiaires. Nous sommes treize. Une personne a annulé sa présence la veille ! Une autre est absente. Un homme pour douze femmes. Entre 25 et 60 ans. D’horizons différents. D’études et de parcours professionnels différents.

Le groupe a l’air sympa, comme ça, à vue de nez. Je suis étonnée du nombre de personnes ayant connu ou traversant encore en ce moment des difficultés émotionnelles (burn-out principalement, épuisement, dépression), dont je fais partie… Ce sont toutes des personnes demandeuses d’emploi.

La pièce est petite, vraiment étroite. Trop petite pour le groupe. Petite pause au milieu de la matinée. Je quitte la salle pour aller me faire un thé. Je papote un peu à gauche et à droite, mais je n’arrive pas à me connecter aux autres. Il fait étouffant pour moi dans ces locaux et la proximité est trop importante pour moi. Aucune circulation ou très difficilement entre les tables et les murs. Je suis tout près de la porte. Je dois la fermer pour pouvoir quitter ma place.

L’heure de midi arrive rapidement. Je ne suis pas les autres pour découvrir la cafétaria ou les autres locaux. Je sors, sans veste, juste avec les gants et mon smartphone. Car j’attends une réponse de mon organisme de chômage et du « pôle emploi ».

Aucune réponse. Mais dehors, je respire enfin.

Il fait froid. Moins un degré. Il y a même quelques rares flocons épars qui flottent comme des pensées perdues. Et surtout, il y a un brouillard qui suspend le temps entre les arbres.

L’organisme de formation est installé dans un petit bois, coincé entre différentes routes, il fait partie du campus universitaire. Pleins de petits et de moyens bâtiments de formations, de recherches, d’études.

Ce brouillard rend l’ambiance du bois très particulière. Un peu comme s’il y avait des fantômes tout autour de moi. De gentils fantômes du froid. Qui soufflent sur mes joues et sur mes doigts. Qu’est-ce qu’il fait froid quand même ! Le monde semble enveloppé dans du coton, les contours s’estompent, les sons se feutrent. Je pourrais être seule au monde dans cette blancheur ouatée.

Deux corneilles noires croassent non loin de moi. Je vois leur silhouette en vol se poser au sol à une petite dizaine de mètres de moi, comme deux ombres mises en lumière par le brouillard. Surtout, j’entends un pépiement aigu que je ne reconnais pas. Je ne m’en formalise pas, je reconnais à l’audition très peu de chants d’oiseaux. J’enlève mon gant droit et j’ouvre l’application « BirdNet ». Au moment où j’enregistre le petit passereau bavard, discret mais bavard, une corneille s’égosille. Je crains un instant que cette voix grave et puissante surpasse, couvre l’autre toute petite et toute légère. Mais l’application identifie quand même « presque certain » un Tarin des aulnes. Il est de l’autre côté de la route, invisible dans la brume, mais je l’entends fort bien, comme une confidence glissée entre les branches. Je ne vais pas traverser la route, je vais un peu continuer mon chemin, car je ne connais absolument pas l’endroit et je veux découvrir un peu tout ce qu’il y a à proximité directe de ma formation. Sans trop m’éloigner (car je risque vraiment de me perdre, je n’aurai pas l’air bête le premier jour hihi).

Je continue à faire des photos des arbres habillés de leur voile opaque et léger, un voile brumeux et silencieux. Les branches se dessinent comme des encres de Chine sur un papier blanc. J’adore le résultat, un peu mystérieux, un peu étrange. Chaque arbre devient une présence, une silhouette presqu’impalpable mais solide.

Au moment où je décide d’aller me réchauffer en allant manger ma soupe et mes sandwiches, je croise une collègue de formation et un formateur. Nous échangeons quelques mots et, au-dessus de nous, passe une poignée d’Orites à longue queue. De brefs sons aigus s’échappent de ces minuscules boules de plumes qui traversent le brouillard comme de petits esprits ailés. Elles sont cinq, six, peut-être sept. Un autre petit oiseau, avec une queue courte, se mêle aux Orites. Je ne l’identifie pas tout de suite, il est trop haut. Pouillot ou mésange bleue ? Un « tiit », un seul, m’aide : c’est une petite Bleue.

J’ai vraiment froid. Je rentre, je réchauffe ma soupe, je mange mes sandwiches, j’échanges quelques mots avec d’autres nouveaux collègues de formation.

Vingt minutes plus tard, je sors à nouveau. Cette fois, avec ma veste. Un merle pousse un cri d’alerte. Je suis démasquée ! Une corneille donne encore de la voix. Et, à ma droite, mon regard capte un oiseau qui se pose au sol. Sur le parking. Près d’une voiture. De dos, il est tout brun. Il se retourne. Un rouge-gorge. Sa tache orange est comme un feu rouge. Je m’arrête.
Il s’arrête aussi. Il m’observe. Le feu toujours rouge devant moi, je ne bouge pas, et je l’observe à mon tour. Je souris. Je ne fais rien d’autre. Je l’observe et je souris. Nous sommes là, lui et moi, dans ce moment suspendu. Il me regarde encore une demi-seconde puis, il se déplace. Lentement. Sans se presser. Il marche en sautillant, comme s’il dansait sur les briques froides du sol. Il va se réfugier sous une voiture à l’arrêt, garée. Devenu quasi invisible à mes yeux, je me retourne lentement et me dirige à l’opposé. Pour découvrir un autre parking.

Une Sittelle torchepot se fait remarquer par son petit cri caractéristique. Celui-là, je pense pouvoir le reconnaître à coup sûr. Je ne sors pas mon téléphone portable pour l’identifier, j’écoute. Tout simplement.

Je suis là en cet instant, entièrement absorbée par les chants chuchotant de tous les vivants, par les voix criardes des plus grands et par les sifflotements ondulants des moins présents.

Tout à coup, un bruit sec, un claquement. La magie de l’instant, brisée. Un oiseau s’envole en faisant cogner ses ailes. Pigeon ramier ? Eh non ! Je me suis trompée ! C’était encore une corneille. La même ou une autre ? Je ne saurais dire.

Clac clac, deux portières de voitures se ferment. Vroum une voiture s’en va. ….. le silence revient.

Je reviens à mon tour, je descends du brouillard, de mes rêves éveillés, et je m’en retourne en « classe ». Nous sommes de bons élèves, on est déjà tous là, installés avec de nouvelles dispositions de tables. On a essayé plusieurs « formes », en L, en U, des ilots, etc. Rien ne convient vraiment. On est resté avec un L, où je suis et les autres tables sont disposées comme à l’école traditionnelle : une table de deux côte à côte, sur trois rangées.

J’ai vraiment trop chaud, j’enlève mon pull.

La soupe chaude, ma petite balade revigorante suivie de la chaleur du local a raison de mon attention. Il doit être environ quatorze heure trente, quand mon regard capte un mouvement au-delà de la fenêtre qui me fait face. Un Geai des chênes. Une apparition soudaine de couleur dans le gris du jour. J’aime beaucoup ce corvidé avec ses couleurs vieux rose, une petite partie de son plumage bleu et blanc, sa moustache noire et ses yeux clairs. Ma vue de loin est excellente. De près, ça y est, la presbytie est arrivée, je ne sais plus lire les petits caractères sans mes lunettes… Heureusement que je vois encore très bien de loin.

C’est marrant, le geai est arrivé presque pile plume au moment où la formatrice disait « vous pouvez vous déconnecter de temps en temps, tant que vous êtes là physiquement ». Il ne fallait pas me le dire deux fois. J’ai loupé quelques phrases que la formatrice a dit. J’étais avec le geai. C’était bien gai (rires).

Formation aux contes et l’Abbaye d’Orval

À Orval, entre contes et tourments

Il y a deux semaines, j’étais en formation « contes » avec mon ami Stéphane Van Hoecke, à l’abbaye d’Orval, en Belgique.
C’est l’une des seules activités que j’ai gardées, vu mon état émotionnel du moment.
Ce qui m’a décidée ? Plusieurs choses :

D’abord, Stéphane. J’aime sa façon d’animer, sa manière de nous transmettre les ficelles du conte et de l’écriture. J’aime sa présence, sa voix, et même son écharpe rouge, sa fidèle compagne de toutes ses formations (clin d’œil).
Ensuite, le lieu : l’abbaye d’Orval. Je n’y étais jamais allée. Les repas y étaient donnés dans une véritable cérémonie de silence et de prière.
Et puis, l’automne, ce somptueux automne flamboyant qui se voyait partout : dans les forêts, dans la cour et les ruines de l’abbaye, dans chaque feuille qui tombait.
Enfin, le groupe : je savais qu’il me porterait. J’allais y revoir une ou deux personnes rencontrées lors d’une précédente formation. Et puis, j’avais besoin de voir du monde, mais pas trop. De bouger, mais pas trop. De prendre l’air… mais pas trop non plus.

Le débordement

J’étais venue pour conter. J’avais préparé deux contes personnels et un conte traditionnel que j’avais adapté à ma manière, 48 heures avant la formation.
Mais je n’en ai raconté aucun.

Mes émotions m’ont submergée. Je n’ai rien compris, mais j’ai pleuré tant et tant que j’ai donné à boire à toutes les feuilles mortes de la forêt avoisinante.
Je me suis éclipsée, perdue, puis retrouvée, en bonne compagnie : les oiseaux, les écureuils, le silence.

L’animateur et tout le groupe ont été d’une immense bienveillance.
Je suis restée, j’ai écouté beaucoup de contes. C’était beau, fort, bouleversant. Mais je n’étais pas tout à fait là. Ailleurs.

Dimanche après-midi, encouragée avec douceur, j’ai finalement pris la parole… non pas pour conter, mais pour raconter quelques anecdotes avec des animaux.
Et là, miracle : je n’ai pas pleuré. Les mots sont venus facilement. Ce n’était pas ma « voix de conteuse », mais ma voix, simplement. Trois anecdotes, racontées avec le cœur.

Le retour

La route du retour m’a semblé interminable. 1 h 44 de route, sous la pluie, avec le jour qui tombait. Je n’aime pas conduire, et ce trajet m’a paru une éternité. Je ne me reconnaissais plus. Je me faisais peur. Peur de mes idées noires, peur de mes pensées sombres, peur surtout de ne pas comprendre pourquoi j’étais dans cet état : si mal, si « loin ».

Mais je suis revenue saine et sauve.
Deux jours plus tard, dans mon bureau, mon refuge, mon cocon, j’ai voulu remercier le conteur et tous les participants. Alors j’ai fait ce que je sais faire : j’ai écrit. Un conte. Un conte sur leurs contes. Et sur mes émotions.

Garder des traces

J’ai pris des centaines de photos. Mon appareil photo numérique, mon smartphone… Je voulais garder la lumière, les couleurs, les arbres, la pierre, les reflets. Pour m’en souvenir. Pour pouvoir y revenir, un jour, pleinement.
Je dois encore réduire les images, les trier, les partager. Bientôt.

L’ambivalence

Les contes, c’est une véritable histoire d’amour pour moi. Mais je me sens ambivalente.

D’un côté, j’aime la magie, l’imaginaire, la féérie. Ce monde secret dans lequel je peux me perdre des heures.
De l’autre, je sais que le conte permet aussi de raconter les blessures, de transformer la douleur par la magie des mots.
Je pensais que conter mes blessures, à ma manière, m’aiderait à me libérer.
Mais, trop à fleur de peau, je n’ai pas pu. Trop sensible. Trop difficile.

Je suis davantage dans l’écrit. Écrire mes contes m’a apaisée, m’a permis de trouver les mots justes. Et si, en les racontant, je perdais ces mots ? Si je perdais mes « maux » ? Qui serais-je alors, dans l’histoire ?

Je me suis déjà posé la question, en 2021. À l’époque, j’avais pu retrouver ma force et conter une histoire née sur place, inspirée du lieu, peuplée d’animaux.
Cette fois-ci, c’était la même chose… mais puissance 10. Et mes forces m’ont abandonnées.

Ma décision (du moment)

Alors, deux semaines plus tard, j’ai décidé (jusqu’à ce que je change encore d’avis) de continuer à conter, mais autrement. Je ne raconterai plus « moi », pas directement. Je conterai la nature, les animaux, la magie, la féérie. Ce monde où tout respire, tout se transforme, tout se relie.

Et je vais rassembler tous mes contes personnels, ceux qui racontent ma vie par petits morceaux, dans un recueil que j’imprimerai.
Peut-être rien que pour moi.


Souvent, les contes disent plus qu’on ne croit.
Ils guérissent doucement, même quand on ne s’en rend pas compte.
Et peut-être qu’un jour, au détour d’un nouveau sentier, ma voix reviendra.

Formation en écriture thérapeutique


Ma première journée de formation en écriture thérapeutique : une évidence, un élan, une certitude

Hier, j’ai vécu une journée forte. Intense. Lumineuse.
Ma toute première journée de formation pour devenir praticienne en atelier d’écriture thérapeutique.
Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre, mais ce que j’ai trouvé a dépassé mes espérances.

Nous étions six participant·es, accompagné·es par un duo de formateurs bienveillants, dans une atmosphère où les cœurs étaient à nu. D’entrée de jeu, nous avons écrit. Écrit sur nous-mêmes, sur nos émotions, nos blessures, nos ressentis du moment. Des textes bruts, sincères, parfois déchirants. Il a été très difficile de ne pas pleurer avec les autres.

Mais je ne suis pas restée en surface pour autant.
Je suis venue avec autre chose. Non pas un masque, mais une détermination nouvelle.
Je n’étais pas là pour revivre mes anciennes douleurs, je n’avais pas besoin de replanter encore mes souvenirs les plus lourds. Non, cette fois, j’étais venue pour autre chose : pour apprendre à accompagner, à comprendre comment aider les autres à s’élever à travers les mots, à se réparer doucement, à leur rythme.

Et ce que j’ai compris hier, c’est que je suis tout à fait à ma place et que j’ai déjà des outils en main pour aider mon prochain ! Je peux aider, à se libérer, à aller mieux. Lui, elle, eux, nous, vous. Chacune, chacun, avec ses histoires, ses failles, ses cicatrices.
J’ai été frappée par cette réalité simple : nous avons tous besoin de mots pour guérir. Et aussi différents que nous soyons, nous sommes unis par nos épreuves, liés par un fil invisible d’humanité.

L’un des exercices de la journée m’a profondément touchée.
Il fallait écrire une sorte de « carte d’identité émotionnelle » d’un·e autre participant·e. Sans se connaître. Sans se parler. Juste en observant, en écoutant ce qui se dégage.
J’ai choisi la femme assise à ma gauche. Une femme qui pourrait être de la génération de ma mère, et qui dégageait une aura douce, chaleureuse, enveloppante. Même quand elle s’éloignait, je la « sentais » encore à mes côtés.
Les mots sont venus sans effort. Et ce qui m’a bouleversée, c’est que toutes les cartes écrites par le groupe ont résonné juste, profondément, puissamment.
Comme si chacun·e de nous avait vu au-delà des apparences, au-delà des peaux.

Je suis rentrée chez moi le cœur gonflé. Avec cette joie silencieuse, profonde, presque sacrée, de me dire :
« Je suis à ma place. C’est ici. C’est ça. C’est moi. »

L’écriture a été ma boussole, mon refuge, ma lumière depuis tant d’années.
Hier, elle est devenue aussi ma voie.
Pas juste un outil, pas seulement une passion. Une mission de vie.

Et même si je n’ai pas encore tous les outils pour guider les autres, même si je ne suis qu’au début du chemin, je ressens déjà la puissance du lien, de la présence, de l’écoute.
Et je suis prête.
Prête à apprendre, à transmettre, à semer à mon tour.

Merci, la vie, pour ce cadeau.


Aujourd’hui, dimanche soir, deuxième et dernière journée de formation

Parfois, la vie nous invite sans faire de bruit.
Elle place un mot sur une page, une main sur une épaule, un regard dans le miroir…
Et tout change.

Ce week-end, j’ai vécu une expérience transformatrice, une révélation douce et puissante. Deux jours de formation à l’écriture thérapeutique, deux jours hors du temps, hors du doute. Deux jours à écrire nos douleurs, nos espoirs, à déposer ce qui pèse, ce qui vibre, ce qui cherche encore à se dire.

Et ce que j’ai trouvé là…
Ce que nous avons créé là…
C’est une alchimie de cœurs, une danse de mots et d’âmes.

Ce groupe, c’était plus qu’un groupe.
C’était un cercle. Un cercle vivant. Un cercle de guérison.

Des connexions immédiates, intimes, profondes.
Des histoires partagées comme des éclats de vérité, des reflets de soi dans les parcours des autres.
Des miroirs tendres qui ne jugent pas.
Des regards qui comprennent.
Des silences pleins.
Des larmes qui soignent.
Des mots qui rassemblent.

La magie était là. Vraiment. Pas une magie de spectacle.
Une magie terrestre, enracinée, lumineuse.
Le lieu lui-même vibrait différemment, comme si les murs et les arbres s’étaient mis d’accord pour nous protéger, pour que l’on puisse se dire, se déposer, se révéler.

J’ai été accueillie comme jamais.
Et j’ai accueilli, moi aussi. Avec tout ce que je suis.
J’ai vu la beauté dans chaque blessure.
J’ai vu l’amour dans chaque faille.
J’ai vu la lumière dans chaque voix tremblante.

Et ce que j’ai compris…
Ce que j’ai ressenti dans chaque cellule de mon corps, c’est que je suis à ma place. Je suis exactement là où je dois être. Au moment juste. Entourée des bonnes personnes. Sur le bon chemin.

Je ne cherche plus ma voie. Je la marche.

Mon appel a été entendu. Mon énergie, reçue. Mon engagement, reconnu.
Même mon offre d’emploi décalée a touché quelqu’un.
Les astres sont alignés.
L’univers me répond. Et moi, je réponds présente.
Je n’ai plus peur.
Je n’ai plus à prouver.
Je suis là. Je suis en vie.
Et je suis prête à offrir, à transmettre, à accompagner.

Je rentre boostée comme jamais.
Ma confiance en moi vient de franchir un palier.
Ma mission se précise : écrire, soigner, relier, avec des mots vrais, avec des mots doux, avec des mots puissants.

Et toi qui me lis, toi aussi tu portes des graines de lumière en toi.
Tu as peut-être peur, des doutes, des douleurs anciennes.
Mais crois-moi : tout peut changer.
Une rencontre. Une heure. Un mot. Un regard. Un silence.
Et c’est toute une vie qui s’ouvre.

À vous, mes formateurs, mes compagnons et compagnes de route,
à vous tous qui passez par ici, je vous envoie une brassée d’amour, d’énergie, de courage.
Recevez ces mots comme un sortilège de soins. Qu’ils s’enracinent en vous. Qu’ils vous fassent du bien. Qu’ils vous rappellent que vous aussi, vous avez votre place dans ce monde. Et que vos mots, même les plus discrets, peuvent tout changer.

À bientôt pour la suite du voyage,

Cécile
Un merci tout particulier à l’Asbl Racont’Art, à Béa et à Joël, mais aussi à Edwige et Patrick, à Sabine, à Noémie, à Elodie sans oublier Sanji (il saura se reconnaître)

PS : pour l’image de couverture, il faut lire le texte de haut en bas, d’abord. Puis, de bas en haut. C’est cadeau ;-)

Il n’y a pas d’âge pour apprendre, se former et partager

Des études disent que le cerveau est moins souple, qu’il apprend moins facilement et qu’il commence même à se dégrader à partir de… 25 ans !

En 2023, personnellement, j’ai certaines réserves quant à ces études et recherches qui datent de plus de 15 ans. Les technologies et le savoir ne cessent d’augmenter, on le sait. Peut-être pas toujours dans le bon sens ou dans celui que l’on voudrait, mais c’est indéniable, on progresse. Ne pensez-vous pas que ces recherches et études devraient être réexaminées aujourd’hui ?

Depuis combien de temps nous dit-on que nous utilisons une infime partie de notre cerveau, soit 10 % ? J’ai envie de croire que j’utilise quotidiennement ces 10 petits pourcents de mon cerveau et j’ai envie d’essayer de voir si je peux débloquer quelques pourcentages en plus 😄

À 40 ans passés, j’ai décidé donc de reprendre une formation. Reprendre car je l’avais démarrée fin 2020. Une formation à distance : assistante bibliothécaire.

Grâce à un échange d’emails et plusieurs lectures de romans plus tard, j’ai repensé ma façon d’agir. Trouver le positif dans chaque événement difficile, tirer le bon d’une mauvaise nouvelle, remercier l’univers pour un imprévu qui ne me plait pas, etc. Eh bien! Croyez-le ou non, penser « positif », ne pas ruminer ou s’appitoyer sur soi, ne plus maudire l’univers et penser autrement, prendre du recul et sourire à la vie comme elle se présente, c’est… cool ! 😄 Je me sens plus légère, moins stressée, plus enthousiaste.

Cette formation à distance, bien qu’elle soit qualifiante et reconnue chez nous en Belgique, reste une formation « éloignée » ; elle a été préparée il y a près de 10 ans, et comme tout le monde le sait, il y en a des choses qui changent en 10 ans ! Mais elle est intéressante encore sur bien des points qui eux ne changent pas ou si peu. Elle détaille surtout les nombreuses tâches qui incombent aux assistantes bibliothécaires dans les bibliothèques publiques en Belgique, mais elle aborde aussi, brièvement, d’autres points comme les centres de documentation et les librairies.

Il y a quelques années, j’avais hésité à suivre une formation en librairie. Mais de 1) j’avais déjà un travail et l’horaire des cours ne se mettait pas bien avec celui-ci. Et de 2) j’ai immédiatement pensé qu’avec mes problèmes de dos, je ne pourrais pas réceptionner les caisses de livres qui pèsent un âne mort !

Donc cette formation, que j’avais déjà chez moi, qui était déjà payée, m’attendait les pages ouvertes :-)

Même si je réalise que retenir des informations précises, du par cœur, est une tâche ardue pour mon petit cerveau fatigué, je tâche de m’appliquer avec sérieux.

Grâce à cette formation, je vais pouvoir faire plusieurs stages et je compte bien profiter de cette occasion pour essayer le métier d’assistante bibliothécaire dans une bibliothèque de ma région et essayer aussi celui de libraire spécialisé. Et en y pensant, j’ai des tas d’idées et de projets qui arrivent dans ma tête. Une excitation de changement de carrière. Une réorientation professionnelle qui me donne des papillons dans mon ventre.

Et si… et s’il m’était donné la possibilité de travailler avec les livres. Avec/pour/dans la nature. En compagnie des mots écrits, des mots lus, des mots dits à voix haute, des mots doux et chantants comme ceux des oiseaux ? Ce serait un nouveau chapitre dans le livre de ma vie. Et quel chapitre mes amis 🤩

Reprendre une formation, qui plus est à distance, pour moi, est un vrai défi. Non pas à cause de mon âge, car j’ai l’impression de retrouver ma jeunesse en étudiant et en devant emmagasiner des tas d’infos que je ne trouve pas toujours utiles 😅, mais par le fait que ce soit sans professeur direct. Je sors de ma zone de confort. Je dois là aussi me surpasser et prendre cet inconfort comme opportunité ! Je peux gérer aussi bien mon temps et mon travail comme je le souhaite. Je dois mieux m’organiser afin de continuer à apprendre. Je dois trouver de nouvelles techniques d’apprentissage car en effet, mon cerveau n’est plus aussi malléable qu’il y a 20 ans !

Si je n’essaye pas ça, si je ne vais pas au bout, jamais je ne pourrai dire que ce n’est pas pour moi.

Prendre des décisions et oser, cela nous bouscule, nous fait peur. Mais au final, la plus grande peur que l’on puisse avoir, ce sont les regrets de ne pas avoir osé le faire. Chrystal Marcel

Conter, c’est…

Je suis en plein week-end de contes. Oui, avec Stéphane Van Hoecke, me voici dans mon quatrième et dernier jour de stage « initiation aux contes »

Et j’ai conté ! À deux reprises ! Deux minis contes sur les animaux.

Pour moi, conter, c’est…

Et pour vous, c’est quoi conter ?

En texte ou image, en mot ou en photo, exprimez-vous 😉