Atelier d’écriture : explorer la pluralité des points de vue

La vie au naturel, version humaine :

L’un des deux est coupable. Et si je devais miser, je mettrais ma main à couper que c’est le petit sauvageon, mon félin explorateur, celui qui passe ses journées à arpenter le jardin comme un détective de l’ombre, à se faufiler entre les pots de fleurs, sous la haie, dans des interstices que même la lumière ignore. Mais je ne l’accuse pas formellement — je n’ai pas de preuve. Pas de flagrant délit. Rien qu’une présence suspecte, hum… visqueuse.

De quoi l’accuser, me direz-vous ? D’avoir ramené ça. Encore une fois. Une intrusion discrète, mais bien réelle. Une invitation glissante à l’intérieur de notre maison, sans mon consentement. Je n’ai rien contre la faune locale, qu’elle soit rampante, volante ou bondissante — à condition qu’elle reste dehors. Surtout ce genre là !

Regardez-moi ça : brun-châtain sur le dos, une teinte gris bleuté sur le ventre, un petit modèle parfaitement standard. Une vraie débutante dans la vie, encore fine comme une brindille d’herbe, mais déjà assez téméraire pour s’aventurer sur le tapis. Et surtout, ces deux tentacules qui oscillent, véritables périscopes sensoriels, captant la lumière, les vibrations, l’odeur du tapis en sisal. Et derrière elle, une traînée luisante. Non, ce n’est pas une crotte — c’est une signature. Une œuvre. Une traînée de mucus, composée d’un mélange complexe de machinchose et d’eau, qui lui permet de glisser tout en s’accrochant au support. Magique, mais franchement pas bienvenue chez moi.

Elle avance lentement, comme mûe par une sagesse antique. Pourtant, je sais bien qu’elle n’a pas pénétré ici par la grande porte. Non, elle a profité d’un transport clandestin. C’est là que mon regard se tourne vers mon suspect numéro un : le chat. Ce petit sauvageon attendrissant, porteur involontaire de gastéropodes. Il fait mine de rien, se lave consciencieusement une patte, l’air innocent, pendant que la limace poursuit sa progression silencieuse au milieu du salon.

Je l’observe avec un mélange de répulsion et de fascination. Le limace commune, Deroceras reticulatum, ou Loche laiteuse ou encore Petite Limace Grise, affectionne les zones humides et sombres, se déplace grâce à un pied en perpétuel mouvement, et peut même détecter les phéromones de ses congénères à plusieurs mètres — ce qui, entre nous, est un sacré talent pour une bestiole sans oreille ni nez apparent.

Mais voilà, ma maison n’est pas une serre botanique ni un hôtel trois étoiles pour invertébrés. Alors, d’un petit coup de papier essuie-tout (pas de violence, juste un service de relocalisation), je la dépose jette délicatement dans la haie, à l’extérieur, loin des coussinets de velours qui l’ont peut-être transportée jusque-là.

Allez, zou, dehors la limace. Va glisser ta vie ailleurs. Et dis à tes copines que mes chats ne sont pas des taxis. Ils ont beau ronronner, ils ne sont pas là pour te faire visiter l’intérieur.


La vie au naturel, version rampante :

Journal intime de Lili la Limace
Jour 3 après l’éclosion – 5h47 du matin, heure de rosée

Cher journal,
Ce matin, j’étais tranquillement planquée sous une feuille de mauvaise herbe, en train de digérer un bout de pissenlit moisi (un vrai festin), quand le sol s’est mis à trembler. Un monstre velu, miaulant, à quatre pattes, a bondi dans le jardin. Encore lui. Il vient souvent par ici. J’aime pas son regard vertical ni ses pattes fourrées.

Mais bon, j’ai pas eu le temps de me replier. Une patte, une seule, a suffi. Pouf. Me voilà agrippée à son pelage, embarquée dans une odyssée totalement hors de mon plan de carrière.

Jour 3, suite – 7h12

Cher journal,
Je ne sais pas où je suis. C’est chaud. C’est sec. C’est même gratouillant, un peu déplaisant. Ça sent bizarre… de l’herbe à chats mélangé à de la poussière. Plus d’herbe tendre. Plus de rosée. Juste une surface dure et pleine de poils sous mon pied encore humide. Et cette lumière… violente ! Un soleil intérieur, peut-être ? Est-ce que je suis… dans l’Antre des Géants ?
Je laisse une trace pour ne pas me perdre. Une belle, bien brillante, bien gluante. J’espère qu’elle impressionnera quelqu’un. Peut-être même que je passerai dans un documentaire.

Jour 3, encore – 7h18

Cher journal,
Une Géante m’a vue. Deux pattes, pas de fourrure, mais un cri strident et un doigt accusateur. Je crois qu’elle me soupçonne de m’être incrustée. Je voulais pas ! C’est le chat qui m’a embarquée, j’te jure ! Il est reparti la queue haute, comme si de rien n’était.
J’ai tenté de négocier, j’ai soulevé mes tentacules pour paraître pacifique. Rien n’y a fait. La Géante m’a glissée sur un papier (quelle douceur tout de même), et hop, exil express par la porte-fenêtre. Bon, le saut a été un peu brutal. J’en ai la tête qui tourne.

Jour 3, 7h38 – retour au sol naturel

Cher journal,
Me voilà de retour dehors, posée sur une feuille indéterminée. Je suis vivante. Je suis libre. Mais je jure solennellement que plus jamais je ne m’approcherai de ce transporteur félin. Les chats, c’est pas fiable. Trop poilus, trop vifs.
Demain, je tente le pied de courgette du voisin. Beaucoup plus sûr.

Signé :
Lili la Limace, aventurière involontaire du plancher.


La vie au naturel, version féline

Carnet très privé de Prince Loki, chat libre à demi et esthète
Note : interdit à toute créature bipède ou gluante.

Jour 1095 de ma vie d’élégance – Matinée fraîche, brise légère

Je rentre d’une inspection minutieuse de mon territoire. Deux pigeons déplacés, une araignée humiliée, une sieste sur le compost. Productif.
En passant à la frontière de mon territoire, j’ai senti une sorte de chatouillis sur la hanche arrière. Rien de grave. Un courant d’air, sans doute. Ou une brindille. J’ai continué mon chemin, impassible. Les grandes âmes ne s’arrêtent pas pour si peu.

Quelques instants plus tard – Entrée dramatique dans le salon

Porte-fenêtre ouverte. Carrelage frais. Essuie-pattes à sa place mais que j’ignore royalement, on est prince ou on ne l’est pas. Odeur de croquettes au poulet (j’aime bien, mais juste les grosses croquettes, les plus foncées). Je fais mon entrée, queue haute, démarche chaloupée.
Et là…
La Grande Humaine pousse un cri théâtral, comme si elle avait vu un basilic. Elle gesticule, regarde le sol. Je jette un œil. Une chose brune et visqueuse progresse lentement, très lentement. Une limace. Encore. Ce n’est pas la première et ce ne sera pas la dernière à rentrer impunément chez nous.

Je ne dis rien. Je suis le silence incarné. J’observe.
Est-ce que je l’ai ramenée ? Possible. Je ne saurais dire. J’ai senti un frisson, plus tôt… Est-ce elle ? Possible. Mais est-ce ma faute si des invertébrés me prennent pour un Uber à pattes de velours ? Impossible !

Je m’étire. Je me lèche une patte avec intensité. C’est important d’avoir l’air occupé.
La Grande Humaine me fixe :
« C’est encore toi, hein ? »
Je cligne des yeux. Très lentement. Je me frotte à ses mollets en miaulant très, très doucement. Un chuchotement. Cela désarme toujours les bipèdes. Surtout la mienne.

Note de fin de matinée

La limace a été expulsée avec sans ménagement.
Moi, je suis retourné dormir sur la pile de linge propre, comme un prince. Puis, j’ai préféré la couverture toute douce du fauteuil. J’aime sentir bon pour ma sieste de trois heures de la matinée.

Je n’ai rien vu, rien senti, rien transporté.
Je suis innocent. Je suis discret.
Je suis Loki, Prince Sauvageon de la maison.


La vie au naturel, version du tapis :

Confidences d’un rectangle en fibres de sisal
(alias le tapis à gratter, fidèle compagnon félin et victime collatérale)

Je suis là pour une mission noble.
Protéger le canapé. Sauver les pieds de table. Canaliser l’instinct sauvage de ces félins domestiques. J’ai du taff, car il y en a quatre !
Je suis le tapis à gratter, tressé avec patience, robuste mais élégant, toujours en première ligne.

Chaque jour, je reçois leurs griffes avec honneur.
Je suis le confident silencieux de leurs frustrations, de leurs élans de joie, de leurs folies passagères de 5h du matin.
Et voilà que ce matin… je sens une fraîcheur inhabituelle sur mes fibres.
Un petit frisson visqueux. Je regarde du coin du coin — bon d’accord, je n’ai pas d’yeux, mais j’ai une sorte de ressenti textile, voyez ? Et là, posé sur moi, bien centré, comme s’il avait réservé la place : une limace.
Une. Limace.
Gris dessous, brun dessus, et des antennes qui s’agitent comme si de rien n’était.
Elle me laisse une trace baveuse, un peu comme un graffiti humide. Comme si elle revendiquait le territoire.

Non mais…
Je suis un accessoire de style ! Un outil éducatif ! Pas un bivouac gluant pour invertébrés égarés !

Je vous le dis, tout fout le camp.
Et le pire ? Le chat — celui qui est censé m’utiliser — passe tranquillement à côté, sans même une griffe, sans un mot. Il a sans doute déposé l’intruse et s’est carapaté. Monsieur joue les innocents, comme toujours. Et moi, me voilà, honorablement souillé, obligé d’attendre qu’on me secoue dehors avec toute la dignité qu’il me reste. Car bien sûr, secouer un tapis comme moi, avec une limace comme elle, ça ne marche pas !
Par pitié, la prochaine fois, qu’elle aille baver sur le paillasson.


Voir autrement : un même fait, quatre regards

Un bruissement dans les buissons.
Un chat qui rentre, l’air innocent.
Une limace sur le tapis.
Un tapis unique : créer pour servir les chats !

Quatre faits. Ou un seul ? Tout dépend de qui raconte.

La figure de style que nous explorons aujourd’hui consiste à raconter un même événement depuis plusieurs points de vue. On l’appelle parfois polyphonie narrative, ou encore variation de focalisation. C’est une invitation à sortir de soi pour entrer dans une autre tête, un autre corps, une autre logique.

Pourquoi c’est puissant ?
Parce qu’un même geste peut être vu comme une offense, une maladresse… ou un acte héroïque. Parce qu’un chat qui ramène une limace dans la maison n’a peut-être pas la même version que vous (et la limace non plus, croyez-moi).

Ce que vous allez explorer :

  • Changer de perspective : humain, animal, objet,…
  • Jouer avec le ton : sérieux, poétique, drôle, absurde…
  • Tisser une vérité plurielle : et si personne n’avait pas totalement raison ou tort ?

Exercice proposé :
Choisissez une situation simple : une tasse cassée, une lettre oubliée, une porte laissée ouverte. Puis, écrivez au minimum deux versions de l’histoire :
– Une du point de vue de la personne concernée
– Une du point de vue d’un témoin inattendu
– Une du point de vue… de l’objet lui-même, pourquoi pas ?

Marcher sur des œufs et voler comme un aigle

J’ai voulu rejouer avec un zeugme. Le titre n’est pas tout à fait un zeugme. Pour correspondre davantage à cette figure de style, j’aurais plutôt imaginé, au choix :

  • Marcher sur des œufs comme un aigle
  • Qui vole un œuf, vole comme un aigle
  • On ne fait pas d’omelette sans casser les pattes d’un aigle
  • Mettre tous ses œufs dans le même aigle

Un truc du style. Mais voilà, j’étais partie sur « marcher sur des œufs et voler comme un aigle », suite à la lecture d’une histoire partagée sur FB par une amie. Cette histoire et tout ce qu’il y a derrière elle, m’a beaucoup parlé. Elle m’a inspirée. Je l’ai retrouvée, dans un article, sur un autre blog, cette histoire. Je vous la partage à mon tour en vous invitant à aller la lire sur ce blog.

Donc le zeugme. Donc une nouvelle chanson ou petit poème, comme vous préférez. Je n’ai pas relu. Ceci a été écrit d’un trait, presque d’un souffle.

Marcher sur des œufs et voler comme un aigle

Faire attention, faire attention,
Ne pas bousculer les préjugés;
Dans les rangs, restons, restons,
Soyons des petits moutons bien éduqués.

Marcher sur des œufs,
Polir et admirer son précieux,
Marcher sur des œufs,
Sans regarder le ciel bleu.

Voler comme un balbuzard,
Ruer dans les brancards,
Voler comme un balbuzard,
Porter haut et fier son regard.

Ne pas prêter attention aux paroles envenimées, non, non
Ecraser les idées reçues, en faire une boule de papier
Sortir du cadre et osons ! Oui ! Osons
Vivre notre vie de passionnée et … aimer ! Aimer la liberté !

Écrire un texte à partir de son prénom

Rien qu’avec les lettres de son prénom, on peut en faire des jeux d’écriture :

  • Acrostiche : chaque lettre de votre prénom, mises verticalement, commence un mot débutant par cette lettre. Avec ces mots, dans l’ordre, vous pouvez en faire une phrase, la première phrase de votre texte. Vous pouvez aussi écrire plusieurs mots par lettre et, au final, choisir ceux que vous préférez pour les intégrer dans un texte, dans l’ordre ou non.
  • Lettres mélangées : mélangez les lettres de votre prénom et trouvez au moins dix à quinze nouveaux mots. Écrire un texte en intégrant autant de mots que les lettres qui composent votre prénom. (Désolée pour toutes les « Marie-Christine » et autres « Jean-Sébastien » 😄)
  • Mon prénom, une phrase : écrivez une phrase en respectant l’ordre des lettres de votre prénom. Exemple avec mon prénom « Cécile » : Cette École Carmin Inspecte Les Escargots. Écrivez ensuite un texte à partir de cette phrase
  • Étymologie : cherchez sur le net l’étymologie de votre prénom. Écrivez une histoire avec un.e héros, héroïne, qui porte votre prénom.
  • Couper les cheveux en quatre : écrivez un texte dont chaque  phrase débute par la première lettre de votre prénom. Ou, pour compliquer encore plus la chose, votre texte doit comporter autant de phrases que de lettres dans votre prénom ET chaque phrase commence, par suite logique, une lettre après l’autre de votre prénom. Explications avec mon prénom : le premier mot de ma première phrase commencera par un « C ». Le premier mot de ma seconde phrase aura un « E »comme première lettre. Le premier mot de ma troisième phrase commencera par  un « C », etc.
  • Tautogramme : exercice de style où tous les mots de votre texte ont la même première lettre de l’initiale de votre prénom. Exemple : ça coince carrément, cette cabane complètement crado cache cette cabillaud-centaure. Coin-coin cancane ce canard centenaire…
  • Rime : écrire un poème avec des rimes semblables à la dernière syllabe de votre prénom.
  • Phonétique : avec un peu d’imagination, trouvez cinq mots (ou groupe de mots)  qui ressemblent, phonétiquement, à votre prénom. Et … Bonne chance pour écrire un texte avec ces mots. Exemple avec le mien : Ces cils – C’est si – Cessez – Ces ciels – Ce sil

Sombres sentiments (textes issus de jeux d’écriture)

Les 16 et 20 février, je vous proposais de jouer à deux jeux d’écriture.

J’ai fait ma part. Voici mes textes un rien tarabiscotés :-)


Ma liste de mots trouvés avec les 25 lettres , en 3 minutes :

Nuage – Joie – Plage – Lavage – Rien – Nuée – Baie – Vais – Jour – Mission – Animal – Luge – Neige – Poire – Poil – Laver – Casser – Caisse – Mois – Place – Race

Kathy aime rêver. Elle a souvent la tête dans un nuage. Oui, dans un seul. Dans le nuage. Son nuage. Tout là-haut, elle aime s’y réfugier. Ce petit réceptacle d’humidité, tout en rondeur, tout en douceur reçoit uniquement ses peines. Gonflé, rempli jusqu’à en craquer de toutes ses joies, de tous ses souvenirs gais comme ceux passés avec ses parents sur la plage de la mer durant chaque vacance d’été, Kathy s’y réfugie quand elle est triste. Quand elle est seule. Quand elle veut s’échapper du quotidien douloureux et pénible. Selon son humeur, en bas, le nuage est tantôt gris souris, tantôt vert perruche Alexandre. Et son humeur sombre est aussitôt lavée de tous ses côtés négatifs quand elle monte rejoindre son nuage, son ami, son confident. Rien ne peut lui enlever cet ami imaginaire. Il a commencé à voir le jour quand, toute petite, elle regardait par le petit espace laissé disponible par la porte ouverte de sa chambre, la télévision allumée dans le salon. Son père, grand homme sec, mais jamais méchant ni violent avec elle, avait lui aussi son petit nuage secret : la télévision. Chaque jour, quand il rentrait de son travail, après avoir préparer à manger à sa fille et l’avoir bordée dans son lit, il s’installait dans le fauteuil, au salon, et s’endormait devant un anime bien connu avec un petit garçon super fort doté d’une queue de singe et… et d’un nuage comme ami et moyen de transport. Kathy est persuadée que chacun, ici, sur cette terre, et bien au-delà, elle, son père, vous, eux, moi, nous avons tous une mission bien spécifique. Une mission qui nous est tombée dessus à notre naissance. On ne la découvre pas tous en même temps. Celle de Kathy, c’est de sauver les animaux. Elle a découvert sa mission, un jour d’hiver, quand elle se trouvait sur la luge dans la neige, à dévaler la pente de la rue derrière sa maison. Elle était tombée de sa luge, à cause d’une poire surgelée par l’hiver, qui n’avait rien à faire là. Une poire couverte de poils. Kathy l’avait ramassée. Frottée. Lavée. Elle n’était pas cassée et encore bonne à manger une fois qu’elle l’aurait réchauffée. Elle avait alors retourné sa luge, une simple caisse de bois sur deux lattes allongées, et en ce mois d’hiver particulièrement blanc et rayonnant, l’avait ramenée chez elle. Kathy était sûre que cette poire serait délicieuse. Particulière. Au goût de l’hiver. Elle ignorait que ce fruit juteux et sucré à souhait ne poussait pas normalement dans son pays, à cette saison. Kathy a toujours fait un jour à la fois. Elle ne pense pas à l’avenir et a oublié le passé. Seul le présent compte pour elle. Ce n’est qu’à la cuisine, quand elle eu réchauffé sa poire dure à l’eau chaude pour la décongeler, qu’un étrange animal est paru entre ses mains : une sorte de tortue, à la carapace toute lisse, d’un brun de terre humide. D’abord surprise de ne pas pouvoir goûter à cette poire unique, la joie de découvrir cet animal avait fait sourire Kathy. L’enfant avait entre ses mains, un nouvel animal de compagnie du XXIe siècle ! Son premier animal vivant. Qu’elle avait sauvé d’une mort certaine. C’était ça sa mission : sauver les animaux. A animal spécial, mission spéciale bien sûr : Kathy ne peut intervenir et sauver uniquement des animaux qui ne ressemblent pas, à première vue, à des animaux. Une mission particulière pour une enfant particulière.


Tautogramme avec la lettre « S » :

  1. Soleil
  2. Synthèse
  3. Souris
  4. Sommet
  5. Sympathique
  6. Souvent

Souvent, au coucher du soleil, je pouvais observer la sagesse de la sympathique souris rayonner comme une synthèse au sommet de mes sombres pensées.

Lorsque la pluie martelait sans cesse la ville de ses grosses gouttes dégoulinantes, la sympathique souris s’invitait chez moi. Elle savait qu’en cas de sombres nuages, mes pensées s’enfonçaient encore davantage dans la sphère de mes songes sévèrement souillés. Elle s’installait dans le sofa de mon cerveau somnolant, souriait spontanément et sa sagesse, faisait le reste : suintements et ressassements étaient sans ménagement conduits vers la sortie, sans retour possible. C’était une sensation sensas. La souris me faisait sourire et sans souhaiter qu’elle reste, elle s’immisçait souvent dans le creux secret de mes sentiments sensibles.

Figure de style : la comparaison

La comparaison est une figure de style que j’aime imaginer, lire, écrire, inventer, …

J’aime lire ce genre de jeu de mots dans mes romans et même les bandes-dessinées.

Qu’est-ce une comparaison ? Ce sont deux idées qui ne se ressemblent pas et que l’on met « en couple » grâce à un outil comparatif. Vous avez le comparant et le comparé. Entre eux, le lien qui les unit.

Je vous propose deux exercices :

1) trouvez 3 comparaisons dans un livre. Recopiez-les en y mentionnant le titre du livre et le nom de l’auteur

2) écrivez un court texte en y mentionnant 3 comparaisons originales

Voici une liste d’outils de comparaison pour vous aider :

  • Comme
  • Tel que
  • Pareil à
  • Semblable à
  • Ressemble à
  • Avoir l’air
  • Plus … que, moins … que, autant … que

Dans le livre que je lis actuellement (Le parfum de l’impératrice, de Leslie Tanguy), il y en a autant que de pépins dans un melon.

Dans la longue rue principale, les voyageurs se dispersèrent comme les aigrettes volatiles d’un pissenlit.

L’odeur âcre  et persistante manqua de faire tousser Nimué et lui brûla la gorge comme un caramel trop cuit.

(…) était un bon bougre, mais il avait la cervelle poreuse comme une éponge.

L’on partagera nos trouvailles à la fin du mois de septembre.

Hercule Poirot dirait : Faites travailler vos petites cellules grises comme si vous étiez dans un roman d’Agatha Christie.

Ne soyez pas avare d’imagination comme Picsou l’est avec son argent !

Chacun son style : mon chat Orion est aussi souple qu’un spaghetti bien cuit. J’aurais pu le comparer à une anguille, mais il l’a déjà mangée !

Aphérèse, apocope et syncope : jeux d’écriture & vocabulaire

Je vais être un peu plus intelligente : en préparant cet article, je découvre des noms pour des jeux d’écriture, qui sont à la base des figures de style. Nous allons donc élargir un peu notre vocabulaire, en tout cas pour moi avec ces trois termes que nous utilisons presque quotidiennement !

Aphérèse, apocope et syncope ont de ça en commun : ils « mangent » une partie des mots, tantôt le début du mot, tantôt la fin et enfin « au milieu » avec un raccourci plutôt utilisé dans le langage oral ou à l’écrit pour rendre un rythme au parlé.

Aphérèse grignote le début du mot. Comme BUS qui vient du mot AUTOBUS. Pour être plus précise, on dira que l’aphérèse enlève, supprime, retire, ôte la ou les syllabe(s) initiale(s) du mot. C’est ainsi que le prénom Bastien est arrivé (Sébastien) et Toine pour… Antoine.

Demain, je prendrai le bus pour un cours sur le net, il paraît que ça se donne dans un car.

Apocope est beaucoup plus utilisé. Lui, il dévore la fin du mot; la ou les dernière(s) syllabe(s) sont avalées goulument. On en retrouve et on en utilise plus facilement dans notre quotidien. Cela nous donne TELE pour TELEVISION par exemple.

Lili, la kiné de la famille, fait de la récup avec tout. Pas plus tard qu’hier, grâce à sa petite auto, elle est allée prendre une vieille télé au resto de la fac de sa coloc ; elle va la transformer en aquarium pour l’annif de son ado qui veut devenir véto !

Mes collègues sont des mégés. Comprenez des « médecins généralistes » :-)

Syncope fait tomber l’une ou l’autre lettre à l’intérieur du mot. Dans le langage parlé, ça peut donner « M’man » pour maman.

T’ention P’pa, v’la M’man qui s’ramène avec les courses.


Quand j’écris, même dans les emails et les textos et autres courts messages instantanés, il est rare que j’écrive en raccourcissant les mots. Sauf quand je dois prendre des notes en vol, comme j’ai tout oublié de mes cours de sténo(graphie), j’écris volontiers « bcp » pour beaucoup, « tt » pour « tout », « ns » pour nous, « nbe » pour nombre et le petit rond des « degrés » (°) pour tous les mots terminant par « tion » :-) Cela dit, il devient rare que je prenne encore des notes manuscrites, car j’ai la dactylo(graphie) très rapide et j’écris sur un clavier comme Lucky Luke tire plus vite que son ombre Ha ! Ha !

Et vous comment écrivez-vous dans vos habitudes ? Écrivez-vous encore à la main ? Utilisez-vous régulièrement des aphérèses, apocopes et autres syncopes ?

Dites-moi tout. Ne soyez pas timides.

À bientôt pour d’autres figures de style et jeux de mots.