Marraine, de Emilie Chevallier Moreux

Marraine, de Émilie Chevallier Moreux
Éditions Noir d’Absinthe

Voici un roman sur les contes revisités que j’ai bien aimé ! Merci AD Martel pour la recommandation, tu as eu raison de penser que cela allait me plaire :-)

marraine_emilie chevallier moreuxJ’avoue quand même avoir eu un peu de mal avec les chapitres, tantôt au présent (année 2018), tantôt dans les siècles passés. Ce n’est que vers la moitié du livre que j’ai réussi à switcher de l’un à l’autre sans problème. Et une fois que j’ai réussi cette prouesse (pour moi, c’est une prouesse, car généralement, je décroche rapidement), les pages ont défilé à une vitesse vertigineuse. J’ai été touchée par la boulimie de la curiosité, l’envie de savoir, de découvrir ce qui allait se passer pour Marraine.

Conte moderne, il y a tout dans cette histoire pour plaire aux amoureux des contes : des personnages attachants, une histoire d’amour, de la magie, une vilaine méchante, des complots, des mensonges, des intrigues, des coups de théâtre, etc. On retrouve en personnage principal Marraine, fée de son état. Une parmi d’autres, mais elles sont de plus en plus rares au fil du temps. Une gentille fée, une adorable marraine qui sacrifie sa longue vie quasi éternelle pour ses filleuls dont elle a la garde : Riquet, Peau-d’Âne, Cendrillon et Aurore. La méchante n’est autre que la fée Carabosse.

J’ai vraiment aimé découvrir la vie de Marraine, ses espoirs, son travail, ses projets, ses déceptions, ses peurs. J’ai adoré la façon dont est amené la magie au présent. Et j’ai surtout apprécié les versions modernes de la vie des quatre filleuls.

J’ai un peu moins aimé la fin, non pas pour ce qu’elle est, mais parce que j’ai trouvé le personnage principal tellement changé. J’étais soudainement moins attachée à elle.

En fait, à la fin, il y a trois personnages, les plus importants, qui changent de caractère, de comportement et ça m’a un peu déstabilisée.

J’aurais aussi aimé en savoir un peu plus sur le beau et ténébreux nouvel amoureux de Marraine. On lui donne une certaine importance et puis, il n’intervient presque plus. Je réalise que sa créatrice, l’autrice, a peut-être voulu démontrer ainsi que les femmes peuvent être plus fortes, plus importantes que les hommes dans un couple ;-)

Malgré cela, ça reste un très bon livre que je relirai avec plaisir. Ou que je lirai à voix haute si l’on m’en fait la demande (sourire, je pense à mon fils).

Le Pays des contes, Le sortilège perdu de Chris Colfer

Titre : Le pays des contes : Le sortilège perdu (tome 1)
Auteur : Chris Colfer
Traducteur : Yan Brailowsky
Édition : Michel Lafon Poche
Genre : roman jeunesse
Année d’impression : 2013
Nombre de pages : 465
Note personnelle : 9/10

pays des contes chris colferAlex et Conner sont des jumeaux de 10 ans. Alex, très douée à l’école adore les contes de fées que lui racontait leur père et aujourd’hui, leur grand-mère. Conner est différent, il s’ennuie à l’école et dort souvent en classe. Un jour, Alex découvre que le gros livre des contes de grand-mère est particulier. Il émet des bruits, de la lumière et semble vivant ! Alex, trop curieuse est vite happée par le pouvoir de ce grimoire familial. Quand elle disparaît de sa chambre, son frère décide de la suivre. Ici, commence leur incroyable aventure ! En effet, les jumeaux vont vite se rendre compte qu’au pays des contes, plus rien n’est comme avant ; les différents royaumes regorgent autant de bonnes que de vilaines choses. Les héros de leurs contes ont évolués et pas toujours comme ils le croyaient : Blanche-Neige semble cacher un lourd secret, Boucle d’Or est recherchée dans tout le pays pour des crimes et méfaits qu’elle a commis, la Reine Petit Chaperon Rouge n’est qu’une jeune adulte pourrie gâtée qui n’a même plus peur du Grand Méchant Loup et Jack, malgré son haricot magique, sa richesse et sa bonne réputation semble malheureux comme les pierres. De plus, ils arrivent au pire moment, celui où la Méchante Reine s’est échappée de sa prison ! Entre gobelins, trolls et autres créatures méchantes, ils vont devoir faire preuve de bon sens et d’ingéniosité s’ils veulent un jour retourner chez eux, dans leur monde. Pour cela, il n’existe qu’un seul moyen : réunir 8 objets magiques… mais ils ne sont pas les seuls à vouloir ces objets, la Méchante Reine a bien des amis elle aussi.

J’aime un peu, beaucoup, passionnément les contes… les originaux, comme les édulcorés. Ici, je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison avec la série que j’ai déjà lue : Les sœurs Grimm, détectives de contes de fées, de Michael Buckley. Bien que ces 2 séries soient le résultat d’un même travail : détournement des contes, les histoires n’en sont pas moins différentes. Je dirais que cette série-ci est moins « magique », mais plus « psychologique ». Beaucoup de détails ont été gardés, et tous les contes les plus connus se retrouvent dans ce pays. Il y a plusieurs royaumes avec plusieurs rois et plusieurs reines. Il y a des amours, des amitiés improbables, de la jalousie, de la haine, de la vengeance, mais aussi des liens familiaux attendrissants et des rebondissements assez appréciés.

J’ai beaucoup aimé découvrir l’univers de cet auteur, héros d’abord de la série Glee (si, si c’est lui, Kurt !) La fin de ce 1er tome est vraiment bien imaginée, un retournement de situation, où l’on découvre pas mal de secrets et d’histoires inédites. Je me tâte pour voir si je lis le 2ᵉ tome tout de suite ou non… mais cette lecture me donne envie de relire l’autre série dont j’ai parlé plus haut.
Admirative du travail d’écriture, de l’évolution des personnages, de la création de ce monde fantastique. Je pense néanmoins que cette série s’adresse aux jeunes lecteurs de plus de 11 ans qui connaissent bien les contes (alors que l’autre est accessible aux 9 ans et plus).

La clé du bonheur

La clé du bonheur, revu et corrigé. C’est une petite suite à « Faire pousser des oiseaux ».

Grand merci à ma maman qui a imaginé, et travaillé sur cette magnifique couverture. Illustrations de la fée Iris et de Monsieur le papillon d’origine, dessinés par La Ninette, et mis en couleurs par ma maman.

Et je remercie aussi encore Danielle pour l’inspiration qu’elle m’a donnée quand elle m’a dit d’écrire une histoire « plus gaie » à propos d’une clé qui ne portait malheur  :-)

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, car si j’aime l’idée, je trouve que le fond de l’histoire est moins travaillée, moins aboutie, moins jolie, moins rythmée que Faire pousser des oiseaux ! Je ne devrais pas comparer… je sais…

Clic sur l’image pour commencer la lecture.

couverture.diminué

La clé du bonheur (5 et fin)

— Voici la clé de ton bonheur, lui dit Iris sur le ton de la confidence en pointant le doigt sur la feuille morte qu’elle a replacée pour faire croire à la fleuriste qu’elle n’y a pas touché.

Myosotis roule des yeux, ne voit rien de particulier et commence à perdre patience : elle n’aime pas ce ton rempli de sous-entendus que la fée a utilisé. Comme si la réponse était là sous les yeux et qu’elle n’a jamais été capable de le voir.

— Je ne vois rien. Il n’y a aucune clé, tu me fais marcher et je n’aime pas ça, lui reproche-t-elle en croisant les bras.

Iris réalise à quel point la fleuriste est triste et désespérée. Elle est aveuglée par la colère, à un point tel qu’elle prend tout au pied de la lettre.

— Bien sûr, il n’y a pas de clé à proprement parler. Je voulais dire que nous pensons avoir trouvé une partie du mystère qui t’empêche de sourire à la vie. Regarde cette feuille morte, la vois-tu ? Qu’en penses-tu ?

La fleuriste ravale un sanglot, réfléchit à toute vitesse, et lâche d’une voix tremblotante :

— Il n’y a plus aucune feuille sur un arbre, nous sommes en plein hiver malgré des températures très douces pour la saison. Cette feuille ne devrait pas être là…

— Tout à fait exact ! s’exclame Iris. Donc si elle est là, c’est qu’elle a quelque chose à te dire… rapproche-toi d’elle et examine-la plus attentivement. Quand je parle de clé du bonheur, il faut comprendre que la solution est là.

Myosotis s’approche davantage par curiosité que par certitude. Elle a raison, il n’y a plus de feuille sur les arbres. Comme tout ceci est étrange ! Une petite bise l’accompagne sur le chemin de la vérité. Le vent qui souffle à présent est aussi doux que les températures du jour, et ce malgré la froidure qui va s’abattre, plus tard, dans la nuit. La fleuriste s’accroupit comme l’ont fait nos amis un minute plus tôt. C’est à cet instant que le soleil décide de jouer à cache-cache. Un rayon arrive entre les branches du noyer et vient illuminer la feuille morte. La fleuriste découvre par transparence l’image d’une clé un peu particulière ! Puis, le soleil disparaît derrière un nuage et la vision de la clé se volatilise aussitôt. Le temps s’est arrêté. La fleuriste ne bouge pas d’un centimètre et garde la position qui devient vite inconfortable. Iris et son compagnon se regardent et pensent passer à côté de quelque chose car eux n’ont pas vu le jeu de lumière qui s’est joué là juste sous les yeux de Myosotis. Puis, tout là-haut, le nuage passe. Le soleil revient. La clé réapparaît aussi, en ombre chinoise, sur la feuille morte du noyer. Alors la fleuriste, aussi délicatement que possible, soulève la feuille et découvre une tige avec une fleur esseulée de myosotis ! Surprise doublement, et par la présence de cette fleur, de SA fleur, ici, et par la disparition du dessin de clé. Elle repose aussi vite la feuille sur la fleur et la magie recommence. Par quelque effet d’optique ou de lumière et de coïncidence, notre Myosotis perçoit à nouveau la silhouette éphémère d’une clé, une vraie clé avec une tige, une sorte d’anneau végétal et même des formes qui ressemblent étrangement à des rouets destinés au moule d’une serrure particulière… cette serrure, son image vient percuter les idées de notre fleuriste aussi soudainement qu’une idée jaillit de notre tête.

« Mais oui ! Bien sûr ! La petite fleur, la clé, c’est moi et la feuille du noyer, la serrure, c’est mon ami le Journal que j’ai mis de côté ! L’un ne va pas sans l’autre. Nous sommes unis comme les deux doigts d’une main, nous sommes les meilleurs amis, nous sommes inséparables ! » pense-t-elle.

Notre fée, son ami et sa conseillère essayent de percer les pensées de Myosotis. Iris voit aussi dans la présence de la petite fleur bleue, la jeune fleuriste, elles portent le même nom, c’est facile à deviner. Myosotis a donc la solution en elle, ou avec elle, mais Iris n’a pas encore tout deviné. Elle ne sait pas que le meilleur ami de la fleuriste, c’est un journal où elle note toutes ces idées, tous ses sentiments et tous ses secrets.

Myosotis redépose la feuille sur la fleur. Elle est souriante, lumineuse. Elle se dirige vers la cabane avec une idée précise. Elle en ressort tout aussi vite avec son journal entre les mains et déclare :

— Mes amis, je vous présente Monsieur Journal, c’est mon ami, mon meilleur ami. On s’est disputé, c’est pour ça que je ne vous l’ai pas présenté, j’en suis désolée. Je réalise maintenant queje lui demandais de résoudre tous mes problèmes alors que c’est moi qui avais la solution.

— Tu crois que c’est lui qui a saccagé ton carré de muguets ? Lui demande alors le papillon d’un air étonné.

Myosotis ne répond pas tout de suite, car Iris lui demande de regarder discrètement sur la tranche de Monsieur Journal… une belle tache, couleur chocolat, s’étale jusque sur l’arrière de la couverture. Il n’y a donc aucun doute sur le rôle qu’il a joué, mais la fleuriste répond quand même :

— Je ne sais pas, peu importe celui qui a fait ça, j’ai enfin trouvé ma potion magique pour innover mes bouquets de fleurs. En été ou en hiver, j’ai chez moi tout ce qu’il vous plaira !

Ce slogan, Myosotis va l’afficher tout en haut de sa porte d’entrée. Sur cette nouvelle pancarte, sont dessinées des fleurs uniques, petites, parfois fanées mais toujours colorées et parfumées. Elles sont enrobées d’une feuille morte ou de deux ou de trois… Trempées dans une sorte de colle naturelle et transparente, les feuilles mortes se transforment en support magique, solide mais pas rigide, noir, jaune ou brun, idéal pour faire ressortir les petites fleurs qui ont peur du froid et même les plus grandes qui ont une tendance à pencher sur un côté. Et grâce à la forme que la fleuriste leur donne, ils gardent le parfum de la fleur bien plus longtemps !

— Bon, et bien, mon ami… nous devons repartir. Je crois que Myosotis a trouvé sa clé du bonheur, claironne Iris en faisant quelques petits pas de danse tellement elle est heureuse de voir la fleuriste épanouie.

La clé du bonheur (4)

Chapitre 2

La visite du jardin est précieuse. Iris et son papillon observent tout avec grande attention. Il est vrai que ce jardin ressemble un peu à celui d’Iris, autrefois, quand Monsieur Boudin ne se sentait pas bien. Aussi discrètement que possible, nos deux compères regardent discrètement chaque coin et un regard échangé leur permet de comprendre le nœud du problème.

Le papillon, tout beau, tout blanc, pose sa question avec un accent charmant :

— Myosotis, tout se passe bien avec les voisins ? Il n’y en a pas un qui est jaloux de toutes ces belles fleurs, de cette explosion de couleurs dans ton jardin ?

La fleuriste trouve cette question étrange, car jamais personne ne lui a fait la moindre remarque, pas même un voisin car tous profitent de son superbe jardin.

— Non, j’ai d’excellents contacts avec eux, répond-elle d’un ton très sérieux.

À ces mots, la coccinelle s’envole pour se poser plus loin, à l’entrée de la cabane où Myosotis travaille. Tout de suite, Iris et son ami y découvrent là un signe. Ils demandent à leur hôte s’il leur serait possible de visiter la cabane en bois, tout là-bas.

Chemin faisant, Iris se demande qui pourrait faire du mal à cette fleuriste bien sympathique ? Tout à coup, la coccinelle virevolte au ras des pâquerettes et notre fée manque de peu de l’écraser. Elle s’arrête tout net, observe sa conseillère et tente de donner un sens à ce vol en zigzag.

— Oh ! Eh ! Wouah ! Du calme belle conseillère, tu voles trop bas pour moi, je ne peux pas lire ton message, aide-moi à l’interpréter !

Le petit insecte s’arrête. Il souffle un peu et sautille sur une toute petite fleur bleue. Enfin, la fleur est cachée sous un tas de feuilles mortes, si bien qu’Iris ne comprend pas tout de suite le message codé. C’est son compagnon, le grand, le majestueux papillon qui lui révèle la solution. Dès qu’il vient se poser à côté de la fée il fait s’envoler le petit tas de feuilles. Iris s’accroupit et soulève le coin de la dernière feuille restée couchée, pour découvrir une splendide fleur, une seule, minuscule mais oh combien extraordinaire ! Une fleur qui d’habitude se retrouve en grappe avec d’autres, une fleur qui a toute sa raison d’être ici, une fleur commune, mais qui, par sa seule présence ici donne toute son importance.

Grâce à la coccinelle, grâce à son ami aussi, Iris est sur le point de découvrir le fin mot du mystère qui empêche notre délicieuse fleuriste d’être heureuse et joyeuse. Elle attend que Myosotis arrive à son niveau pour lui prendre la main et l’emmener vers la réponse à son destin.

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La clé du bonheur (3)

— Bonjour Myosotis. Je me présente, je m’appelle Iris et lui ce mignon papillon, c’est mon meilleur ami. Nous avons entendu tes pleurs et venons voir si nous pouvons t’aider dans ton malheur.

À cet instant, pile à ce moment, une petite bête avec des ailes vient se poser sur l’épaule de la fleuriste. Étonnée par cet atterrissage, Myosotis soupire en pensant que les coccinelles sont, dit-on, des porte-bonheur mais que ces derniers temps, de bonheur, elle en manque cruellement.

Iris reconnaît sa conseillère de coccinelle, et lui sourit. La fleuriste tente d’expliquer la situation, sans trop dramatiser.

— Les saisons changent, en fait, il n’y a plus de saison. Il neige en automne, la douceur en hiver, et moi je perds la boule car mes fleurs perdent le nord. La semaine dernière, j’ai dû jeter mes roses trémières, hier ce sont mes coquelicots qui ont éclot alors qu’on prévoit des gelées nocturnes la nuit prochaine et aujourd’hui, je ne sais pas qui, m’a joué un vilain tour en saccageant ma plantation de mes muguets… Je ne pense pas que vous puissiez m’aider. Il faut que j’invente de nouvelles fleurs, plus résistantes aux changements de temps, plus parfumées pour les nez bouchés, plus colorés pour ceux qui ont les yeux fatigués. Mais je ne trouve pas de recette miracle.

La fleuriste a parlé presque d’une traite. Iris et son compagnon se sont regardés, bouche bée. Y a rien à dire d’autre, Myosotis en a gros sur la patate.

« Il faut l’aider » pense notre fée. Elle ne s’attendait pas à une tâche aussi ardue, aussi, sa proposition est donnée avec précaution.

— Je comprends, je ne suis pas magicienne, mais j’ai un certain don pour faire pousser un peu tout ce que je veux. Fais-moi visiter ton magnifique jardin, et dès demain, nous reviendrons pour t’offrir, je l’espère, un bouquet de solutions.

Les iris de Myosotis se sont mis à briller, à pétiller de joie et d’espoir.

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La clé du bonheur (2)

Iris caresse le cou du papillon et lui chuchote à l’oreille ces quelques mots tout ronds :

— Cela ne te rappelle pas le travail de quelqu’un de spécial ?

Le papillon, un peu confus, rougis un peu.

— Tu n’as aucune honte à avoir de ton comportement passé. Regarde aujourd’hui, grâce à ce que tu as fais dans mon jardin, nous sommes devenus inséparables ! Pour rien au monde, je ne voudrais changer le passé, car s’il nous a posé quelque difficulté, il nous a permis de nous rencontrer et ensemble, nous avons surmontés nos petits soucis respectifs, n’est-ce pas ? Tu n’es pas d’accord avec moi ?

Ce papillon, ce voisin qui se faisait appeler autrefois Monsieur Boudin, retrouve le sourire et, de sa trompe, pousse un cri de joie, un cri qui pète la forme.

Notre fée Iris rigole sans retenue, elle se fait remarquer par la petite Myosotis toute éplorée.

— Allons, descendons, nous allons nous poser ici mon ami, dit Iris en désignant un parterre florissant.

La fleuriste essuie vite ses larmes, frotte ses mains sur son tablier et se dirige d’un pas chancelant vers ces visiteurs venus des hauteurs.

Dans le coin de son jardin, il y a aussi un voisin, un autre Monsieur Boudin. Différent, mais pas moins charmant. Il est fait de papier recyclé, se cache toujours au lever du jour et pourtant, la fleuriste en a fait son confident. Ce Monsieur Boudin s’appelle en réalité Monsieur Journal. Myosotis écrit dans son journal toutes ses pensées, ses questions, ses réflexions, ses doutes. Elle attend de lui qu’il lui révèle le secret pour que ses fleurs ne fanent jamais. Mais il ne connaît pas ce secret, et Myosotis, par dépit, l’a abandonné à son triste sort de journal inutilisé. Alors, pour se venger, Monsieur Journal a donné vie à ses écrits cachés, à ses rêves oubliés, à ses cauchemars récurrents. Tout ça pour qu’elle lui revienne, qu’elle s’occupe de lui comme avant. Il ne peut pas décrocher la lune, mais il peut la faire briller dans son cœur. Comment lui faire comprendre que c’est elle qui a la solution à ses questions ?

Il en est là, à épier l’arrivée d’Iris et de son complice, quand Myosotis lui passe sous le nez, sans un seul regard pour lui.

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