Extrait d’une rencontre

Je lis un roman trouvé sur le site de Merciki, plateforme gratuite d’échanges d’objets et de services contre des « mercis », en Belgique.

Voici un extrait de ce livre, l’histoire d’une rencontre, d’un coup de foudre.

Mon petit cœur a fondu à cette lecture. Tellement original et romantique 😄

Je ne peux m’empêcher de vous le partager.

Et puis il y a aussi cet extrait, ces extraits où je souris, où je rigole… j’adore la façon d’écrire, de décrire ces moments, de dessiner ces instants fugaces, ces souvenirs d’un moment inoubliable.

Ce que je kiffe grave, ce sont ces petites notes en italique qui décrivent la scène dessinée, imaginée, illustrée mentalement…

Ce livre, c’est « Dans les prairies étoilées », de Marie-Sabine Roger. Avis de lecture bientôt.

Même les méchants rêvent d’amour

Même les méchants rêvent d’amour, de Anne-Gaëlle Huon.

« Jeannine a 89 ans passés. Elle aime : les bals musette, les costumes des patineuses artistiques et faire un six aux petits chevaux. Elle n’aime pas : le sucre sur le pamplemousse, les films d’horreur et les gens qui postillonnent. Le jour où on lui annonce que sa mémoire s’apprête à mettre les voiles, Jeannine est déterminée à ne pas se laisser faire. Alors elle dresse des listes. Et elle consigne dans un carnet tous les bonheurs qui ont marqué sa vie. Quand Julia, sa petite-fille, la rejoint en Provence, elle découvre ce que sa grand-mère n’a jamais osé raconter. L’histoire d’un secret, d’un mensonge. Julia va tenter de faire la lumière sur les zones d’ombre du récit. Et s’il n’était pas trop tard pour réécrire le passé ? »

Des personnages « entiers » que j’ai pris plaisir à découvrir et avec lesquels j’ai aimé passer un bon moment de lecture. Ce sont ces personnes faites de lettres et de mots qui m’ont donné envie de tout savoir sur leurs histoires, leurs secrets, leurs amours et leurs peines.

C’est pourquoi, j’ai eu envie de vous les présenter ici avec des extraits du livre qui les présentent tour à tour.

Il y a d’abord le personnage principal, Jeannine, la grand-mère de presque 90 ans :
« Sa mémoire, Jeannine se la figure comme une falaise attaquée par les vents. Un rocher qui s’érode à chaque assaut des vagues. Alors depuis un mois, chaque matin après avoir fait un brin de vaisselle et tiré la courtepointe, Jeannine écrit. Devant un portrait de Julia, sa petite-fille, lumière de sa vie. Elle écrit pour qu’elle sache d’où elle vient Et surtout, pour lever le voile sur ces secrets qui la grignotent de l’intérieur. Pour témoigner, transmettre, pardonner aussi peut-être, si tant est que cela soit possible. »

Puis, il y a l’autre personnage principal, Julie, la petite-fille de Jeannine :
« – Et toi, tu as grandi ici ?
– Oui et non, j’ai grandi à Paris. Mais je venais passer toutes mes vacances chez ma grand-mère.
Elle repense à tous ces souvenirs que lui a fabriqués Jeannine, à grand renfort de fous rires et de caresses.
– J’habite à Paris maintenant.
– Tu fais quoi ?
– Elle baisse les yeux vers la table, chercher quelque chose à grignoter.

J’écris.
Ces derniers temps, le moelleux des biscuits et le croquant du chocolat sont les seuls remparts contre ce mal-être un peu diffus qui s’est installé en elle. Une sorte dinquiétude sans objet, un bruit de fond désagréable que seule le sucre semble apaiser. »

Ensuite, il y a Félix, l’assistant de vie de Jeannine :
« – Salut, je suis Félix, l’assistant de vie de Jeannine, dit-il en enlevant son blouson.
Il est jeune, songe Julia en bafouillant son prénom. Et franchement mignon. Un assistant de vie ?
– Ah ! Jeannine m’a beaucoup parlé de toi !
Puis, se penchant vers la vieille dame :
– Je suis passé au marché ! Mme Abello vous a mis de côté un camembert à la truffe, vous m’en direz des nouvelles ! dit-il en ouvrant son sac à dos. Et ça, c’est le saucisson aux olives du vieux Flavio.
Se tournant vers Julia, il chuchote :
– Il a le béguin pour Jeannine, le vieux Flavio !
 »

Et puis il y a aussi cet homme :
« Une fourgonnette s’avance alors. Une vieille 2 CV rafistolée au fil des années et des pots de peinture, un capot vert, un toit bleu ciel. Alors qu’elle s’attend à en voir sortir un vieux boulanger ou un paysan à casquette, la portière s’ouvre sur une barbe de trois jours et deux yeux bruns illuminés par une large fossette. L’homme, quarante ans à peine, fait un signe de tête au vieux Flavio.
(…)
– Je vous fait goûter ?
Elle sursaute. Les yeux bruns et la fossette se sont matérialisés à ses côtés. Si proches qu’il lui semble sentir la caresse de ces longs cils noirs sur sa joue. (…) Julia remarque alors les ongles noirs. La peau mate. Les mains terreuses. Elle n’a vu que des brouillons de mains avant celles-là. Elle lève les yeux et toute la place fait silence, du primeur jusqu’aux tourterelles. Même les cloches de l’église, le vent dans les arbres, jusqu’à l’eau dans la fontaine. »

Mais autour, avec, en accompagnant de-ci-de-là, il y a aussi Eliane, l’infirmière de la maison de repos :
« Une infirmière s’approche, la cinquantaine ronde et joyeuse. On peut entendre pétiller ses yeux. (…)
– Ne vous excusez pas, c’est humain le chagrin, la réconforte Éliane. Le plus dur, c’est pas pour les malades, c’est toujours pour leurs proches. Ils voient cette maison comme une gare avant le grand voyage. Un quai où il faut faire ses adieux. Heureusement, nos résidents ont souvent l’air plus joyeux que leurs visiteurs !
Éliane dégage quelque chose de rassurant, de lumineux. Côtoyer la vieillesse lui a conféré une sagesse, une sérénité que Julia lui envie. »

Et Lucienne, la meilleure amie de Jeannine. Elle est là en second plan, personnage distillé tout au long de l’histoire. Une vieille dame qu’on apprend à connaître depuis qu’elle a trois ans, dont on parle par petites doses, jamais très longtemps, mais qui pourtant l’histoire ne serait rien si elle n’était pas là.

N’oublions pas Madeleine, Gisèle, Pierrot et tous ces autres résidents et soignants de la maison de repos. Nous devons le titre de ce livre grâce à une super Mamie tricoteuse hors pair et philosophe à temps plein !

Ce roman est-il l’histoire d’un secret ?  Non, une histoire de secrets, au pluriel. Une histoire, des histoires d’amour. De la jalousie. De la guerre. De l’amitié. De la famille. Une histoire vivante que je compare un peu avec les deux livres que j’ai lus de Valérie Perrin : Les oubliés du dimanche et Changer l’eau des fleurs. Car dans ces trois livres, on retrouve des histoires fortes qui parlent de la vie, de la vieillesse, de la famille, d’amour, de secrets. D’un temps passé et d’un présent chamboulé, d’un futur incertain.

Mémoires de lady Trent, tome 2, avis de lecture & extraits

Le 2e tome des mémoires de lady Trent (Le Tropique des Serpents) a été, pour moi, presque aussi passionnant que le 1er ! Je découvre donc pour la seconde fois la plume de Marie Brennan, l’autrice, et … j’apprécie de plus en plus :-)

Marque-page que j’ai fait avec
les couvertures des 5 livres

Veuve, Isabelle Camherst, chercheuse en devenir, a 23 ans. Pour partir à la recherche d’une espèce de dragons qu’elle n’a pas encore vu, elle « abandonne » son fils de 2 ans à sa nounou.

Son voyage en Érigie durera presque une année entière ! Cette expédition, elle le savait, n’allait pas être facile en ces temps de guerre. Mais elle ne s’imaginait sûrement pas à devoir risquer sa vie plus d’une fois et dans de telles circonstances.

Bien que l’on parle un peu moins de dragons, ce livre reste très intéressant à lire, car l’autrice invente tout un monde, des peuples, des langues, des traditions, des religions, des saisons, des façons de vivre et des époques tout à fait extraordinaires et fascinants.

Son rang de femme, dans ces années 5600 n’est pas facile. Elle doit se battre pour expliquer qu’une femme peut aussi s’intéresser à la science, à la recherche, aux dragons.  Habituée dans son pays à porter des robes ou des jupes longues, elle va découvrir que crapahuter en pantalon est quand même bien plus aisé.

Faire changer les mœurs et les mentalités, chez Isabelle, c’est presque une seconde nature !

Maladroite, franche et parfois inconsciente, la jeune femme se moque bien des ragots et n’a pas peur de défier l’autorité d’un père ou même d’un prince ! Elle se moque d’elle, se reconnait idiote par moment, mais tellement « vraie » qu’elle parvient à ne pas se faire tuer et à sauver sa peau de manière, parfois, tout à fait incongrue.

Amenée à vivre autrement, Isabelle ne mâche pas ses mots et parle de menstrues comme elle parle de politique.

Féministe sans le vouloir, elle est à l’ère du changement !

… Et je peux enfin savourer les magnifiques illustrations dans ces livres que j’ai en papier.

Quelques extraits choisis au risque de dévoiler un peu quelques intrigues…

La courtoisie des fourmis :-)
Des dragons ! Ils sont là ! Et il y a même des œufs !
Bon, oui, d’accord, ça fait mal sur le moment-même. Mais être mordue par un dragon, ça n’arrive pas tous les jours (morte de rire)

Jardin fatal, de Patrick Cauvin

Titre : Jardin fatal
Auteur : Patrick Cauvin
Édition : Albin Michel / Le Livre de Poche
Genre : roman
Année d’impression : 2005
Nombre de pages : 314
Note personnelle : 8/10

jardin-fatal-patrick-cauvinAlan est biologiste pour une multinationale. Hélène est sa femme. Ils ont un petit garçon nommé Max-Max qui a 4 ans. Hélène et Alan sont un couple vraiment pas comme les autres. Ils aiment vivre des tas d’aventures pour pimenter leur quotidien et renforcer leur complicité. Ils sont loin de s’imaginer que les histoires qu’ils montent de toutes pièces vont être dépassées, et de loin, par la réalité.

Un jour, Antoine, un jeune chercheur, collègue d’Alan, demande à ce dernier s’il veut bien vaporiser un produit de sa fabrication sur un rosier de sa maison. Alan accepte de bon cœur, mais il ignore qu’il signe là un contrat avec l’Horreur !

Si on m’avait dit qu’un jour, je pourrais avoir peur des plantes… d’inoffensifs végétaux dit-on… c’est ce qu’on essaie de nous faire croire, de vous faire croire !

L’auteur sait faire durer le suspense et sait nous emmener en bateau avec brio. On croit d’abord une chose, puis on se trompe de chemin… jusqu’au bout, Patrick Cauvin m’aura eue ! J’ai adoré le rythme qui décrit les passages les plus effroyables : d’une lenteur et d’une douceur telle que l’événement m’a toujours surprise, me faisant tantôt sourire, tantôt rire aux éclats, tellement la chose était grosse et que je n’ai rien su voir venir.

Un passage un peu trop détaillé, à la fin, auquel je n’ai pas accroché, car pour moi cela m’intéressait moins.

Quelques extraits :

« – Des cauchemars ?
– Pas vraiment, avait répondu Hélène, simplement tout ce bordel verdâtre est sorti toute la nuit du bocal, a bouffé la moquette, une partie de l’escalier, aspiré Max-Max et Olibrius et commencé à me dévorer vivante (Olibrius étant leur chat).
– Et ça s’est terminé comment ?
– Je me suis réveillée.
– Dommage, avait ricané Alan, j’aurais aimé savoir ce que tu serais devenue après digestion. Il est fort probable que, transformée en spores, tu aurais essaimé par un jour de grand vent lorsque les capsules se seraient ouvertes. »

« Le coup de génie ressemble à s’y méprendre au coup de folie. »

« J’ai cru percevoir chez la laborantine incriminée dans l’affaire une attitude de je-m’en-foutisme qui m’a rebroussé les nerfs plus que de raison. »

« Mais la folie n’était pas la débilité, on pouvait toujours penser que dans le cerveau le plus inventif, au cœur de la raison et de la pensée la mieux constituée, une fissure pouvait naître, dont personne n’était capable de mesurer les conséquences. »

J’adore cette description d’un personnage :
« …. l’usage quasi quotidien du marteau ayant peu à peu conféré à la sexagénaire une musculature qui l’apparentait plus à Sylvester Stallone qu’à Julia Roberts. »

Encore un mot lu de travers, mais qui correspond tout à fait à l’histoire :

Le rosier… celui que j’avais apprivoiséau lieu du rosier... celui que je vaporisais.