Un après-midi, alors que le petit lapinou était rentré en pleurs au terrier, car ses frères et sœurs s’étaient moqués de lui en le traitant de « lapin mouillé », son père lui raconta une histoire. Une histoire ou plutôt une légende où il paraîtrait qu’une paire de bottes colorées magique s’était égarée dans la forêt bleue, il y a de cela bien longtemps. Ses bottes appartenaient à un chat spécial, un chat polyglotte, un chat malin, super intelligent. Leur seul défaut qu’il pouvait connaître, ce super chat, c’était sa distraction. Il avait toujours la tête ailleurs, tant et si bien qu’un jour il oublia où il avait rangé, caché plutôt, ses bottes colorées. Elles étaient magiques ces bottes. Magiques, car elles permettaient au chat de faire des bonds prodigieux pour se rendre n’importe où en un minimum de temps. Magiques, car elles pouvaient réchauffer le chat en hiver, et le rafraîchir en été. Magiques, car elles changeaient de couleurs au gré de son humeur et tout ce qu’elles touchaient se coloraient de la même couleur qu’elles.
Papa lapin demanda alors à son petit lapinou tout fragile, tout fin et tout peureux, s’il ne voulait pas essayer de les trouver dans les bois. Chercher ses bottes magiques, pour lui, pour que son papa retrouve des couleurs et par la même occasion une joie de vivre.
Voyant que le petit lapin hésitait, il lui confia cette mission secrète et précisa que seul lui pouvait réussir. Les autres sont trop foufous, trop impatients, trop turbulents pour chercher les bottes.
Une étincelle s’alluma alors dans le regard du petit lapinou.
Un peu emballé, son papa continua à lui faire des compliments et des éloges sur son caractère et son tempérament.
Quand il était certain que le petit lapin allait partir à l’aventure pour lui sauver sa couleur, le papa puisa dans ses dernières forces et lui prépara un petit pain aux carottes, le préféré de son tout petit, et mixa une soupe aux légumes qu’il mit dans une gourde qui tiendrait le liquide au chaud pour au moins trois jours.
Tenue au courant de cet événement pour le moins anodin, la maman donna à son petit chou de lapinou un médaillon avec sa photo pour qu’il l’ait toujours près de lui, près de son cœur.
Encouragé de la sorte, le petit lapinou parti en direction du bois. Il traversa le champ où il rencontra la plupart de ses frères et sœurs. Certains se moquèrent encore de lui, d’autres, en guise d’aurevoir, lui dirent de vilaines choses qui lui fit petit à petit perdre confiance en lui. En tout cas, aucun ne l’empêcha de partir vers cette destination inconnue et un peu loufoque.
Heureusement, très vite, il fit la connaissance d’autres animaux, encore plus petits que lui, souris, musaraignes et écureuils, qui lui dirent qu’il était bien courageux et gentil de faire ça pour son papa.
Un écureuil, avec un pelage encore mouillé, s’approcha du petit lapin et lui donna quelques poils de sa queue en panache.
– Pour te remercier de m’avoir sauvé d’une noyade certaine tout à l’heure, je te donne ces quelques poils. Si tu es perdu ou que tu te sens menacé, souffle sur un poil et je viendrai aussitôt.
Le lapinou se remémora alors l’accident de tout à l’heure, celui qui lui a valu le sobriquet de « lapin mouillé ». L’écureuil sautait de branches en branches au-dessus du lac quand tout à coup l’une d’elles se brisa net. L’écureuil chuta brutalement dans l’eau. Il ne savait pas nager. Mais petit lapin, si ! Lapinou n’a pas hésité une seule seconde à venir en aide à l’écureuil. Ses pattes arrières fonctionnant telles des palmes géniales, il était vite arrivé au niveau de la boule rousse et l’avais hissé sur son dos.
Fort de ce cadeau extraordinaire, Lapinou déposa délicatement les quelques poils de l’écureuil dans sa besace en feuille de chou. Il pénétra dans le bois plus serein.
Hélas, il n’a pas fait dix petits bonds, qu’il tomba museau à museau avec le vilain voisin. Le voisin est aussi un lapin. Mais un lapin méchant et jaloux. Depuis qu’il avait appris que le père des treize enfants ne sortait plus de chez lui, il n’hésitait plus à faire la cour à la maman de Lapinou. Il avait toujours été amoureux d’elle, mais cette attirance n’avait jamais été réciproque.
Quand il apprit ce que Lapinou faisait dans ce bois, le voisin fit tout son possible pour l’empêcher de trouver les bottes colorées.
Le voisin avait de vilaines dents. D’horribles longues dents pointues et de travers. Il essaya de mordre Lapinou et le chassa au fond des bois pour le perdre à jamais.
Le petit lapin avait eu très peur. Et malgré le fait qu’il soit petit, plus faible, grâce à la nage il avait de puissantes pattes arrières et il était de ce fait bien plus rapide que le vilain grincheux de voisin. Lapinou le sema rapidement, mais tout aussi vite, il se sentit perdu dans cette forêt immense.
(suite et fin à trouver, à écrire, à imaginer)

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