Qu’est-ce que vous faites en ce moment ?

Dimanche 9 février 2025. Il est 9h05 quand je commence à écrire cet article.

Je suis chez moi. Au salon. Dans ma partie cocoon que je me suis installée il y a quelques semaines, quelques mois, en septembre ou octobre dernier. Une grande bibliothèque Ikea sépare la pièce de vie en deux. Je suis assise dans mon nouveau fauteuil acheté d’occasion dans une brocante. Les jambes tendues reposent sur la chaise de bureau achetée au même endroit que le fauteuil. Sur mes jambes un grand châle en laine que mon amoureux m’a offert lors de notre dernier séjour à la mer où j’avais froid (novembre). Sur le châle, mon chat. Minos, mon « petit dernier », mon gros bébé qui me suit comme un petit chien. Un super pot de colle d’amour félin.

Je fais face à la fenêtre. Mon fils s’est réveillé et est venu nous dire bonjour. Il a ouvert les tentures à ma demande. Le salon donne côté rue. Devant la fenêtre, un arbre aux branches nues de l’hiver. Il fait clair, il fait nuageux. Vers 7h30, j’ai fermé les fenêtres du salon et j’ai mis un peu de chauffage. 17 degrés Celcius, c’est frisquet quand on ne bouge pas. Mais Minos le chat est une véritable bouillotte. Surtout avec le châle en laine sur les jambes, sous lui.

9h15, deux petites mésanges bleues se posent dans l’arbre. Je les regarde. Je les admire. De si minuscules boules de plumes qui survivent dehors à des températures nocturnes vraiment basses. Le gros câble électrique derrière l’arbre bouge légèrement. Je ne vois pas ce qui peut le faire bouger. La Tourterelle turque qui vient de se poser ne les touche pas, elle est perchée sur le poteau en béton qui fixe les câbles. J’aime les oiseaux. La vue de la tourterelle me fait penser à sa visite de l’été dernier. Elle ou une autre avait construit son nid dans cet arbre. Elle et son compagnon, ou un autre couple, avaient eu deux petits. Le nid sommaire était installé en bout de branches. Le nid sommaire me semblait bien petit. Un nid à cet endroit me semblait bien risqué avec la famille de Pies bavardes qui nichait là autrefois et le passage fréquent d’un Épervier… Les deux œufs ont éclos. Les deux petits sont nés. Les deux petits ont grandi. Puis, après dix ou onze jours, les deux petits ont été dévorés par l’épervier. Je pense qu’ils étaient déjà morts avant. Des mouches tournaient autour d’eux. Les parents avaient déserté le nid, sans le quitter du regard puisqu’ils étaient posés sur le câble derrière cet arbre.

Le câble en question bouge encore et un Pigeon ramier arrive en vol, se pose sur le câble. Un autre le suit. Ils jouent à se suivre. L’un décolle, l’autre le suit. Des vas et viens à trois reprises. Ça sent le printemps. Ça sent la fin de l’hiver.

Les pigeons partis, les petites mésanges volent à leur tour. Trois, quatre. Quatre Mésanges bleues. Puis deux Charbonnières. Enfin, le gang des Moineaux domestiques arrive à son tour. Ils sont tous dans l’arbre. Les plus petits. Les plus grands, les plus gros sont partis de leur perchoir. Tout ce petit monde va et vient. 

Mon compagnon est réveillé. Ma fille est réveillée. La maison se réveille complètement. Minos quitte mes jambes, lesquelles dorment à leur tour. Contentes d’être libérées, elles fourmillent de plaisir. À leur tour, mes jambes ont la bougeotte. Elles s’activent, se détendent, se plient et déplient.

La tourterelle n’est plus là. Les pigeons sont partis. Les mésanges jouent ailleurs. Les moineaux sont chez les voisins. Minos s’est recouché, collé au chauffage. Quant à moi, je vais aussi m’activer.

Il est 9h40, et je vous souhaite un bon dimanche.

Ça tombe à pic

Pic vert

Pic épeiche

Pic mar

Pic épeichette

Pic noir

Pic cendré

Pic de Levaillant

Pic à dos blanc

Pic tridactyle

Pic et Pic et collegram

Bourre et bourre et ratatam

Am stram gram


Près de chez moi, c’est là-bas, il est là, je le vois. En fait, ils sont trois. Je n’en reviens pas. Ils sont là à quelques pas de moi. J’en suis complètement baba. Je suis gaga.

Grands, grands, ils sont. Beaux, beaux, ils sont. C’est merveilleux. Merveilleux.

Je me promène. Je ne suis pas seule. Les autres autour de moi n’existent pas vraiment. Je suis dans ma bulle. Comme dans un rêve. Je longe un chemin bordé d’arbres de toutes sortes. Dans un sapin, immense sapin, tout en haut, il y a du monde. Ça vole, ça vit, c’est le vivant qui fait battre mon cœur : des oiseaux. Plein d’oiseaux. Ça chantonne, ça siffle, ça gazouille, ça crie, aussi. Tout à coup, un oiseau, long et grand, grand et long, noir et blanc, blanc et noir, se distingue des autres. Jumelles aux yeux, je le repère sans difficulté. Il ressemble à un pic épeiche, en cinq, non, en six fois plus grand. Hallucinant. Gigantesque. Un nom me vient en tête « pic royal ». Mais je crois que je l’ai inventé. Pourtant, ça lui va comme un gant. Je fouille l’endroit du sapin où je l’ai vu. Il a plein de copains avec lui : mésanges de toutes sortes, moineaux, pigeons, tourterelles, roitelets, fauvettes, et ainsi de suite. Puis, je vois d’autres comme lui. Longs et grands. Grands et longs. Noir et blanc. Blanc et noir. Ils sont trois. Et même quatre. J’imagine un couple avec deux enfants. Je me demande s’ils ont des différences. Souvent, chez les oiseaux, il existe un dimorphisme sexuel. Mâle et femelle sont différenciés tantôt par les couleurs de leur plumage, tantôt par leur taille. Les jeunes aussi sont différents. Mais ici, les quatre se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Je n’en reviens pas de la diversité que je vois. Je n’arrive cependant pas à mettre un nom sur ces quatre-là. Ils ressemblent vraiment au Pic épeiche (+/- 24 cm) , mais les rayures noires et blanches sont plus nombreuses, plus régulières. Et puis, la taille. Ils sont grands, grands comme le Pic noir (+/- 50 cm). Une nouvelle espèce ? Un croisement ? Autant en une fois ? À un seul endroit ?

Stop ! Personne d’autre ne doit le savoir. Ce sera mon petit secret. Rien qu’à moi.

Pourtant, je ne suis pas seule. Près de moi, autour de moi, devant moi, derrière moi, d’autres gens. Des promeneurs. Des hommes et des femmes qui passent. Qui marchent. Aucun ne lève le nez. Tout ce qu’ils ne voient pas !

Je prends du recul. Je recule. Quelques pas en arrière. Je rêve sûrement. je m’assieds cinq minutes sur un banc en bois. Je laisse flotter mon regard partout. Devant moi. loin devant. À gauche. À droite. Je reprends mes jumelles et je balaie l’horizon. Doucement, tout doucement, je dirige mes mains et mes yeux vers le sapin. Je pars d’en bas, du tronc puis, je monte doucement. À chaque étage, il y a du monde, il y a des becs, il y a des couleurs. Les Quatre sont toujours là. Avec des tourterelles à côté d’eux, je compare leur taille. Ils sont encore plus grands que le Pic noir. À vue de nez, mais je n’ai pas le compas dans l’oeil ni une bonne notion des distances et des mesures, ils doivent s’approcher des 70 centimètres, du sommet de la tête au bout de la queue. Pic Royal. Ça leur va bien.


Ce que je vois, ce que j’observe est tellement incroyable que je me réveille. J’aimerais bien que la réalité dépasse mon rêve.

Mon rêve s’explique par la réalité. C’est une douce continuité de ma réalité, de ma vie. Ils font souvent ça les rêves : poursuivre le quotidien vécu. Souvent en bien, parfois en mal. Quand ils tournent mal, on les appelle des cauchemars.

Certains rêves deviennent réalité. Ils faut pour cela qu’ils soient suffisamment grands pour qu’on ne les perde pas de vue. Ils faut qu’ils se répètent. Ils doivent marteler nos songes, imprimer notre conscience endormie pour marquer. Ils faut qu’ils soient forts. Il faut que nous croyons en eux. Alors, seulement, ils pourront se réaliser.


Belle journée

Et ce soir, cette nuit, faites de beaux rêves.


N.B.

Je crois que le Pic royal n’existe pas. Il est le fruit de mon imagination endormie.

Cette observation m’a permis de faire un beau rêve. Un rêve marquant. Un rêve plein de promesses. Un rêve d’avenir.

Mais chuuuut, c’est un secret. Je n’en dis pas plus.

Un haïku en passant

17 juin 2024

Il est 7h35. Je suis bien tôt au travail. Ciel gris, mais ligne ensoleillée quelque part. Arbres verts, mais troncs bruns. Nuages blancs, mais bas. Percée bleue, je ne vois que ça. Un arc-en-ciel de nature qui me donne envie de faire quelques pas autour du parc. Car oui, il fait peut-être nuageux, mais il fait sec. Sec ! Il faut savoir profiter de ce répis. Chaque minute avec le chant des oiseaux est une minute de douce musique. Zen. Chaque minute sans pluie est bénie.

Ce gris souris constant, cette pluie et ces averses régulières, ces bourrasques de vent, tout ça, pfff, c’est déprimant.

Je marche dans cette montée raide. À mon aise. Je progresse à mon rythme. Un pas. Une respiration.

Une limace sur le bord du trottoir.

Une corneille dans le ciel est repérée.

Le chant d’un petit oiseau que je n’arrive pas à identifier, perché et caché dans l’arbre rempli de feuilles vertes. Un beau vert pétant. De belles feuilles dentelées.

Et puis, mon regard revient au sol. Ne pas écraser un escargot, un gendarme, un insecte. Là, à trois mètres de moi, une tache brune que je prends par erreur comme un paquet de terre, de boue… Qui bouge ! Un oiseau. Un rouge-gorge.

Je ne bouge plus. Immobilisme. Observation. Sourire. Regards qui se croisent.

Naissance de quelques mots, en passant.

Balade dominicale, choix de jumelles, sans APN

Savez-vous qu’il est bon de s’autogratifier de temps en temps ?

Non seulement, ça fait un bien fou, mais cela renforce notre confiance en nous.

Le week-end dernier a été un peu particulier. Tout a commencé samedi matin. J’ai osé prendre une petite araignée sur ma main, pour la sauver d’une mort certaine par noyade impitoyable (douche). Bon, j’ai tendu une main et elle a voulu prendre tout le bras, j’ai donc du y mettre le hola ! Mais une fois qu’elle était en sécurité et que, ma peau, elle a quitté, je me suis sentie fière et forte ! Ancienne arachnophobe, je n’avais jusqu’ici osé inviter une araignée de plus d’un millimètre à me grimper dessus. Oh ! Celle-ci n’était pas bien grande et s’approchait d’un bon demi centimètre, mais elle était si légère que je n’ai même pas senti ses pattes courir sur ma paume.

Ce n’était pas celle-ci, mais elle lui ressemblait. Alopecosa spec.

Ma première victoire du week-end. « Bravo, Cécile ! »

Mon second bonheur a été de recevoir, cet après-midi là, un livre que j’avais commandé à ma librairie naturaliste « Regards Nature » : La trilogie de Corfou, de Gérald Durrell. La libraire l’a tout spécialement commandé pour moi et elle voulait me faire la surprise. Adorable Marie ! Merci !

Enfin, ce dimanche matin. J’allais voir une amie et j’avais prévu de faire une balade près de chez moi, à Chaudfontaine. En ce moment, je porte une attention particulière à la migration des batraciens. Je souhaitais profiter de cette promesse d’un dimanche lumineux grâce au magnifique lever de soleil auquel j’ai pu assister peu après 7h, pour aller découvrir l’endroit de passage, en plein jour. En effet, ces animaux se déplacent quand il fait nuit, quand il fait noir.

Je prépare mes affaires en pensant à la remarque qu’une copine m’a fait dernièrement quand on s’est baladées au printemps dernier. C’était au même endroit : « Je n’ai jamais vu quelqu’un faire autant de photos en si peu de temps ». Oui, j’ai le clic compulsif. J’avoue que ce tic, ce toc, ce tic-toc s’est accentué avec les années. Et ces derniers temps, je ne fais franchement pas de belles photos. Je privilégie la quantité à la qualité. C’est l’inverse que je devrais faire. Alors, pour cette balade dominicale, j’ai laissé l’appareil photo à la maison et j’ai enfin ressorti ma paire de jumelles ! Magnifique outil d’observation que je n’avais plus utilisé depuis que j’ai super zoom à mon APN (50X optique + le numérique !). Il va de soi que comme c’est un bridge, le zoom poussé au-delà de 10x donne une qualité de photo médiocre, on voit le grain, c’est sombre, parfois flou, bref, c’est moche ! Néanmoins, année après année, à chacune de mes sorties, il ne m’a jamais quittée. A la visualisation de mes nombreuses photos, je soupirais à chaque fois, tellement la qualité laissait à désirer, mais j’étais quand même « contente » d’avoir pu immortaliser cette espèce d’oiseau, cette autre là, ou encore celle-ci.

A la librairie « Regards Nature », il y a tout un rayon avec des jumelles. Des jumelles, des loupes, des binoculaires, des longues-vues, des harnais et adaptateurs pour GSM. J’ai donc pensé à ces jumelles en ressortant la mienne : une paire de Bushnell, une 8X42, qui doit avoir plus de 20 ans ! Je l’avais déjà lors de ma formation ornitho en 2004. De mémoire, je pense que j’ai dû l’acheter quand je travaillais pour le magasin Nature & Découvertes du Woluwe Shopping Center (Bruxelles), soit entre 2000 et 2003 ! Tout cela ne me rajeunit pas !

L’on voit que la technologie a bien avancé. La morphologie de mes jumelles est différente. Elle n’est pas droite, mais tout en courbes. Elle a de belles formes, pour une agréable prise en main. Le chiffre « 8 » indique le niveau de grossissement. Pour un oiseau à 80 mètres, je le vois donc comme s’il était à 10 mètres.
L’autre chiffre, le « 42 », c’est le diamètre de l’objectif. Plus ce chiffre est grand, plus il laisse entrer la lumière. Pour moi qui aime observer les oiseaux et mammifère un peu partout, dont en forêt où, au printemps et en été, les feuilles donnent de l’ombre au paysage, au regard, ce compromis est excellent. Je peux aussi observer par temps couvert.

Bref, ce dimanche 17 mars 2024 est annoncé ensoleillé et sec au début de la matinée et couvert avec un risque de pluie dans le courant de la journée. Nous n’avons prévu une balade que la matinée.

7h57, fin prête, je ferme la porte de la maison à clé. Dedans, toute ma famille encore endormie. J’avance de deux mètres en me demandant si je vais aller en voiture jusque là où à pied. Il y a entre 30 et 40 minutes pour descendre jusqu’au point de rendez-vous, mais pour le retour, la montée en lacet avec une pente de 11 % a refroidi mes envies ce matin-là. Je range mes clés de maison, je sors celle de la voiture. Et je le vois ! Lui ! Un épervier ! Il devait être derrière ma voiture, je ne l’ai pas vu décoller, mais il s’est envolé et s’est perché sur le toit de mes voisins d’en face. Vite, mais avec des gestes délicats, mesurés, sans le quitter du regard, je sors ma paire de jumelles de son étuis. Il est toujours là. Les jumelles vissées à mes yeux, j’ai le temps de l’observer deux secondes pleines avant qu’il ne reprenne son envol et disparaisse derrière les maisons, dans la vallée. Deux secondes c’est très court et à la fois assez long pour avoir pu voir les iris orange de l’oiseau, son pelage plutôt gris cendré et son poitrail ligné de roux et de blanc. De la taille d’un pigeon, c’était un beau mâle d’Epervier d’Europe ! Les rapaces me fascinent, mais bien d’autres espèces plus petites et non crochues me fascinent tout autant.

Je vis là un signe. Je devais partir à ce moment-là et être pile à cet instant dehors, pour le voir. Vu la balade prévue, je serai certainement déjà sur les rotules et c’est sans regret que je prends la voiture, les jumelles sorties posées sur le siège passager. Je suis tout sourire. Il n’y a personne pour me voir, mais je continue à afficher un grand sourire de pur bonheur. Les jumelles, c’est vraiment toppisime pour les observations ornitho ! Pourquoi et comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Sur la route, je suis déjà occupée à imaginer une épitaphe pour mon appareil photo, le remerciant pour ses bons et loyaux services rendus durant ces dernières années. J’en suis là dans mes pensées quand, fenêtres ouvertes et radio muette, j’entends un Geai des chênes avant de le voir voler au-dessus de moi.

Il est 8h03 quand j’arrive à l’entrée du Parc Hauster, à Chaudfontaine. Il fait 5°C. Tour de cou, gants et veste coupe-vent, un carnet et un crayon dans une poche et mon téléphone portable dans l’autre, j’entame le début de ma balade. Celle-ci sera d’abord en solitaire. Mon amie arrivant vers 9h30, j’ai tout le temps pour découvrir le réveil du parc et de ses habitants ailés.

Trois canards colvert, deux mâles et une femelle, tournent en cercle au-dessus du pont. Ils descendent après le troisième passage. L’un d’eux a hésité où atterrir ! Avant ou après le pont ? Choix difficile. Descente amorcée. Il se posera dans un grand splash sous le pont.

Il fait calme. Peu de monde à cette heure matinale, un dimanche. Quelques chiens font leur première balade. L’un ou l’autre joggeur aussi. Le soleil brille. Je commence même à en ressentir sa chaleur. Un petit chant me fait lever la tête et je marche … dans une énorme déjection d’oiseau (oie ou canard). Est-ce que marcher dans une merde d’oiseau porte autant la chance que les merdes canines ? Je veux le croire.
Je suis assez nulle à l’identification des chants d’oiseaux. Au visuel, j’ai un bon niveau d’amateur avancé, mais à l’ouïe, c’est une catastrophe. Heureusement, la Sittelle coopère et se pose non loin, à portée de jumelles. Je vois très clairement son petit derrière roux avec des taches blanches. A moins que ça ne soit un derrière blanc avec des taches rousses ? Toujours est-il que je suis agréablement surprise de la qualité d’observation. Je ne pense même plus à mon appareil photo, aucun regret, aucune triste pensée pour lui. Le petit bec de ce passereau s’ouvre, je vois les plumes de sa gorge vibrer, le son qui en sort, mélodieux.

D’autres petits chants l’accompagnent. Un vrai concert en plein air. Gratuit et sublime. Je devine un rouge-gorge, des mésanges de toutes sortes, un merle, un étourneau et sans doute d’autres que je n’ai pas vu ou que je ne connais pas.

Deux pigeons ramiers sont discrets. Tout comme une corneille dans le ciel, qui vole et qui passe au-dessus de moi, tout simplement.

Ah oui ! Bien sûr ! Ce magnifique chant appartient au Pinson des arbres. Je vois Monsieur et Madame, côte à côte, qui s’en vont, qui viennent, qui volent, qui se posent après avoir fait des figures improbables dans les airs.

Un petit son bref, aigu, répétitif. Une, puis deux Bergeronnettes des ruisseaux. Gris et jaune, avec un peu de blanc, je ne peux pas les confondre. Le mâle a le ventre et dessous de la queue jaune vif, la femelle a des couleurs plus pâles, plus ternes à ce niveau là, mais elle garde néanmoins de belles couleurs. Monsieur a aussi une bavette noire bien large, absent chez Madame. Leur deuxième nom, « Hoche-queue », leur colle bien à la peau. Posé, en marche, leur queue ne cesse de monter et de descendre. Avec leurs fines griffes, elles s’agrippent aux pierres qui contiennent La Vesdre. Cette même eau et d’autres, qui en juillet 2021 a débordé de son lit et a fait de nombreuses victimes et nombreux dégâts. Presque 3 ans plus tard, des stigmates sont encore visibles ici.

Quelques mètres plus loin, une mésange me réjouit de sa présence. Pas n’importe laquelle. Ce n’est pas la toute petite « bleue », ni la bien connue « charbonnière ». Ce n’est pas la « noire » que j’espère un jour revoir. Pas plus que la longue-queue qui a changé de nom (Orite à longue-queue). Celle qui est là, devant moi, est en réalité, je ne sais pas exactement. J’ai toujours confondu et je n’ai pas réussi à retenir les différences visuelles pour les Mésanges nonettes et les Mésanges boréales. Je croyais me souvenir que c’était une histoire de taille de calotte ou de niveau de celle-ci, noire : est-ce qu’elle englobe les yeux et descend jusqu’à la nuque ? Eh ben, flute et zut ! Car les deux ont une calotte identique… Il est question ici d’une brillante de cette calotte ou d’une tache plus chamois sur les flancs ! Je crois que je vais me fier à cet article (merci Ornithomedia) qui dit que l’espèce « boréale » est plus rare.

Après mon petit schéma que je ne partagerai pas vu mon niveau médiocre de dessin, mes observations continuent avec plusieurs individus de Bernaches du Canada : sur l’eau, sur le bord de l’eau, en vol, en cancanant, etc. Je ne les ai pas comptées exactement, mais en nombre, elles remportent la patte palmée d’or !

Un autre Geai des chênes me salue de son cri rauque et caractéristique. J’aime les couleurs de cet oiseau : chamois, rose, roux, noir, bleu et blanc ! Et avec de ces yeux bleus hypnotisant !

Le long de l’eau où les inondations ont charrié un koï blanc, je rencontre furtivement le splendide Martin-pêcheur. Il ne fait que passer et je l’admire donc de mes simples yeux émerveillés d’humain. Au loin, j’entends le rire tout aussi caractéristique d’un Pic-vert. Je ne le verrai pas du tout ! Son rire continuera à me narguer durant dix à douze bonnes minutes.

Il est 9h. J’arrive presqu’au bout de ce deuxième tronçon, au-delà du parc Hauster, non loin du Grand Casino de Chaudfontaine. Un bras de La Vesdre, qui était quasi à sec il y a moins de deux mois, déborde légèrement. Elle n’est pas encore sur le chemin, mais elle a déjà pris le dessus du petit passage en bois qui est installé dans l’eau et au-dessus de celle-ci. Il y a eu beaucoup de précipitations il y a 3 à 4 semaines et un orage avec de la grêle et des trombes d’eau, de courtes durées heureusement, 48 heures plus tôt.

Ce sont donc les pieds dans la boue, enfin les chaussures de marche qui en ont déjà vu d’autres, qui avancent prudemment pour ne pas me faire glisser. Plic ploc, je verrai d’autres Bergeronnettes des ruisseaux, un autre Pinson des arbres mâle et une poignée de Bernaches du Canada. Et un miaulement me fera lever les jumelles vers une Buse variable qui plane et décrit de larges cercles, haut dans le ciel.

Au sol, des traces de la visite d’un ou des castor(s) !

9h30, mon amie est là. Zou, je vais à sa rencontre, heureuse de la revoir après tout ce temps et nous débutons notre jolie promenade tout en papotant gaiement, un peu comme les oiseaux gazouillant.

Nous aurons l’occasion de voir une Gallinule poule d’eau solitaire, 3 mouettes ou goélands ? (bien trop haut pour les identifier), 2 Goélands NonIdentifiés ainsi qu’un Grand cormoran en vol et deux autres posés sous un pont. Dans le Parc Hauster quand on revient, un Grimpereau (des bois ou de jardin ? encore une colle pour moi) ne cessera de se jouer de moi à la fin de notre balade. Mais Vanessa a pu le voir brièvement avec les jumelles, et rien que pour ça, j’en suis déjà contente.

Pour les animaux, autres que les oiseaux, sans le voir en chair et en poils, nous avons vu les traces du Castor sur quelques arbres qui n’étaient pas (pas encore) protégés par un grillage.

Enfin, grâce à l’application ObsIdentify, j’ai pu identifier des champignons sur les arbres. On en voit régulièrement, mais jamais je n’avais poussé ma curiosité à chercher à leur donner un nom.

De haut en bas et de gauche à droite : Daldinie concentrique, Amadouvier et Crepidotus mollis à deux stades différents

Mars en photos et haïkus

Hier, depuis la terrasse dans notre jardin, des observations.

Des observations, de la nature, le printemps, des photos… et des oiseaux.

Et ce matin, des haïkus.

Et deux photos de notre dernière visite au refuge « Animal sans toi…t« . (Il y a beaucoup d’autres animaux dans ce refuge, dont des caprins, des chevaux, des vaches, des poules & des coqs, des moutons, des cochons, des chiens & des chats, des lapins, des cobayes, des perruches, des canaris, des perroquets, etc.)