La Princesse qui n’avait plus rien : lecture coup de coeur

La Princesse qui n’avait plus rien
Shannon Hale
Traduit de l’anglais par Cécile Moran
Edition Pocket jeunesse (octobre 2005)

Partie de la 4è de couverture qui m’a poussé à acheter ce livre dans une brocante, dans une église, au centre de Liège.

« Héritière du trône de Kildenrie, la princesse Anidori-Kiladra grandit sans jamais voir sa mère. Sa mystérieuse tante prend soin d’elle et lui apprend à parler aux oiseaux et, notamment, aux cygnes du palais. Mais il n’y a pas de place, à la cour, pour les contes merveilleux ! (…) »

Pourtant, il s’agit bien de ça : d’un conte merveilleux ! Et comment ! J’ai adoré ce livre, je l’ai aimé à un point tel qu’il a réussi à me faire quitter mon corps et ma tête. L’histoire m’a emportée, emmenée avec elle dans un voyage extraordinaire, à mille lieues du présent. Un voyage, une déconnexion totale, un moment de pur plaisir et bonheur.

Anidori-Kiladra, appelée plus simplement Ani est une princesse différente. Aînée d’une fratrie de quatre enfants, elle est contrainte de quitter le palais pour se marier à un prince d’une autre contrée qu’elle ne connaît pas. Un mariage arrangé comme il s’en passe encore aujourd’hui, ailleurs que chez nous ! A dix-huit ans, rejetée depuis toujours par les siens parce qu’elle est un peu bizarre (elle parle aux oiseaux), Ani commence un voyage de plusieurs mois à dos de cheval. Et quand le convoi arrive à un peu plus de la moitié du voyage, elle va découvrir la trahison, la haine, la convoitise.

La Princesse échappe de peu à un assassinat et elle se réfugie dans la forêt. Une forêt qu’elle ne connaît pas, avec un paquet d’ennemis à ses trousses. Heureusement pour elle, Ani va se faire de nouveaux amis, pas beaucoup, mais assez pour survivre. Déterminée à faire éclater la vérité, elle va changer d’identité, devenir quelqu’un d’autre, dormir par terre, manger de la soupe froide, …

Cette histoire est un conte. Avec une Princesse. Un ennemi terrible. Des amis, anciens et nouveaux, mais aussi des amis des ennemis… et puis une quête principale et des obstacles, des coups de théâtre, des rebondissements. Et de la magie aussi. Mais ce dernier élément est tellement distillé avec parcimonie qu’elle passe presque comme étant naturel, normal. Et c’est ça que j’ai fort apprécié. J’ai lu/bu toute l’histoire comme un délicieux petit thé. En me brûlant parfois, mais en la dégustant avec plaisir, à mon aise pour mieux m’en imprégner.

Ce conte avec une Princesse ne serait rien sans l’amour. Et de l’amour, il y en a. D’abord un méchant qui aime un autre méchant ; c’est cet amour qui va permettre à l’ennemi d’être effroyable, sanguinaire, violent, horrible. Mais il y a aussi un doux, un interdit, un mystérieux, un vrai. Celui-là, il est pour la Princesse, mais il faudra attendre presque la fin de l’histoire pour qu’il soit révélé au grand jour.

Je me suis attachée au personnage principal dès le début. Tout est fait bien sûr pour qu’on l’aime : La Princesse est belle, douce, attentionnée et… elle parle aux oiseaux !! (rires) Mais pas que…

Ensuite, j’ai aimé ce pouvoir qui naît en chacun de nous dès la naissance et qui nous permet d’avancer dans la vie une fois qu’on le connaît et qu’on le maîtrise. Ce pouvoir peut, s’il est utilisé à bon escient, nous faire déplacer des montagnes. Malheureusement, ce pouvoir peut aussi aider les méchants et les mauvaises personnes mal intentionnées.

Du début, à la fin, j’ai aimé lire, découvrir, avancer dans cette histoire. J’ai versé une larme. J’ai été surprise d’encourager la Princesse à ne pas baisser les bras. J’ai crié à la victoire à la fin…

Même si j’ai pu deviner deux retournements de situation (à 40 ans, il serait temps, après tout ce que je lis, d’anticiper certaines choses dans des livres, surtout quand il s’agit ici d’un livre jeunesse ha ! ha !), ce livre fait partie des rares que j’ai envie de relire !!

Que du bonheur et du plaisir dans cette lecture que je recommande vivement à tous les amoureux de contes, d’histoire avec une Princesse, et à toutes celles et tous ceux qui aiment les animaux.

Et oh ! Je viens de découvrir, en faisant une recherche sur cette auteure, que celle-ci a écrit bien d’autres livres « merveilleux ». Dont un avec une couverture similaire à « La Princesse qui n’avait plus rien » et qui raconte l’histoire d’un autre personnage du livre que je viens de terminer.

nouvelle bannière du côté de mes amis

Les contes de Myrtille : contes et spectacles pour les petits (et les plus grands aussi) en Belgique, du côté du Brabant Wallon :-)

J’ai eu le grand plaisir de rencontrer Myrtille à l’occasion d’une formation sur les contes, ici à Liège. Une conteuse, musicienne, chanteuse à la voix magnifique qui emporte son public dans un univers féérique.

Vous pouvez la retrouver en cliquant sur l’image ci-dessus, mais aussi bien sûr dans la page « Du côté de mes amis« 

Le conte de la cravate

Il y a quelques temps, une amie me demanda de l’aider à écrire un conte. C’est-à-dire qu’elle avait connaissance d’un conte, mais qu’elle ne le trouvait nul part. En quelques phrases, elle me le raconta et en quelques phrases, j’écrivis ce conte.

Conte de la cravate

Dans le désert, un homme seul, entre deux âges, avance péniblement. Il est assoiffé. Ça fait des heures qu’il marche sans savoir où il va, où il doit aller, où se diriger. Sa gourde est vide. Sa gorge, en feu. Ses idées ne sont plus très claires et la seule qui revient en boucle, dans sa bouche pâteuse, est :

-Quand est-ce que je vais enfin pouvoir boire ? J’ai soif ! Je meure de soif ! À boire. À boire !

Un peu plus loin, toujours dans le désert, un bédouin. Cet habitant du désert n’est pas seul. Il a tout un troupeau de chameaux à ses côtés. L’homme assoiffé lui fait des signes. Le bédouin arrive vers lui, doucement. Lentement. Rien ne presse ici.

A boire. Tu as à boire ? Donne-moi de l’eau ! J’ai soif. Très soif. Gourde vide. À boire !

Le bédouin lui dit qu’il n’a pas cela sur lui, mais… une chose inestimable dans sa valise. Il peut lui offrir cette chose, c’est un cadeau.

-Gratuit ! Cadeau pour notre rencontre, dit le bédouin en sortant une magnifique cravate à pois.

L’homme qui n’est pas un homme du désert, ricane. Il rit avec ses yeux fous, arrache la cravate des mains du bédouin et la lance derrière lui.

-Rien à faire de ton cadeau. Tout ce que je veux, c’est à boire. Tu comprends ça ? BOI-RE !

En disant cela, il mime le geste de sa gourde qu’il porte à ses lèvres.

Entre nous, franchement, que va-t-il faire avec une cravate ? Il a soif et il va mourir s’il ne reçoit pas d’eau !

Le bédouin, un peu vexé quand même, est désolé pour l’homme assoiffé. Il ramasse la cravate, la frotte, souffle dessus et il s’en va.

L’homme aux yeux fous poursuit sa route imaginaire. Bientôt, il trébuche. Ses jambes ont du mal à porter le poids de son corps. Il continue néanmoins, mais en rampant cette fois…

Et là-bas, quelques centaines de mètres plus loin, il rencontre un autre bédouin…

En ouvrant péniblement la bouche, il n’a plus de salive, ses lèvres collent entre elles, sa langue est pâteuse, il s’accroche à la robe du bédouin et crie :

– OOOOO ! OOO ! EAU !

Il demande de l’eau bien sûr. Hélas, il n’y a rien à faire, ce bédouin n’en a pas non plus ! Néanmoins, celui-ci parlant mieux sa langue que le premier, lui dit :

– Je n’ai pas d’eau, mais je suis marchant. Un bon marchant ! Je t’offre pour le prix d’une, deux jolies cravates. Ou si tu préfères un joli nœud papillon ? Que désires-tu ? Que choisis-tu ?

Si l’homme assoiffé avait assez de force, il marcherait, écraserait ces cravates de malheur. Au lieu de quoi, il pousse un étrange bruit guttural, un grognement, un râlement.  Il est très fâché, mais tellement épuisé et déshydraté, qu’il ne fait rien d’autre que continuer sa route imaginaire.

Enfin, il voit au loin une oasis. Il frotte ses yeux et regarde autour de lui. Il se dit qu’enfin la chance tourne et qu’il va pouvoir étancher sa soif. Aussi vite que ses forces le lui permettent, il rampe, il rampe, il rampe jusque-là…

Ce n’est pas un mirage !

Il y a une oasis.

Un homme est devant cette oasis. L’homme assoiffé veut rentrer dans l’oasis, maintenant, tout de suite, immédiatement. Mais il est stoppé par le gardien. On le lui en interdit l’accès !

L’homme ne comprend pas.

Le gardien s’accroupit, d’une main douce mais ferme lève le menton de l’homme pour le regarder dans ses yeux et il lui dit alors : « sans cravate, on ne rentre pas dans l’oasis. Où est ta cravate ? »

J’ai aussi cherché l’origine de ce conte que je trouve très chouette. Je n’ai malheureusement pas eu plus de chances que mon amie. Sûrement doit-il faire partie d’un recueil de contes…

Et vous le connaissez-vous ? Cela vous dit-il quelque chose ?

Merci Teresa de m’avoir fait découvrir ce conte :-)

Le rêve d’un enfant, micro histoire de mon fils

Mon fils voulait écrire un texte « pour moi », pour le challenge Nano :-)  Il avait reçu comme proposition d’écrire une histoire sur un héros qui a une quête, un objectif précis, qui rencontre un « méchant » et dont la fin est en lien avec le début.

Il a rempli le « contrat », n’est-ce pas ? C’est court, mais sympa.

J’adore l’humour de mon fils, j’espère que vous aussi :-)

Bonne lecture.

Le rêve d’un enfant

C’est l’histoire d’un enfant orphelin qui vit dans une citée sous-marine et qui a un rêve étrange : devenir riche.

Pour réaliser son rêve, il participe chaque lundi au loto espérant gagner.

Un jour, il en a marre d’attendre ! Il décide d’aller voir une voyante. Celle-ci lui dicte les chiffres gagnants.

Il se hâte pour acheter un billet.

Cependant, un robot avait tout entendu et comme c’était lui le créateur du loto, il ne voulait pas que cet enfant gagne. Sinon, il devrait payer l’enfant et cela le rendrait pauvre.

Malheureusement pour le robot, il arrive trop tard, car l’enfant a déjà acheté le billet.

Ce que l’enfant ne savait pas, c’est que la récompense était très spéciale : ce sont des coraux !

Avec ces coraux il s’achète des lunettes pour mieux lire le billet la prochaine fois.

 

Maximillian, 12 ans
Poitrine, Corail, Or, Océan, Pirate, Récif, Mer

Image : Pixabay / Open Clipart-Vectors

Prochain recueil : salade mixte de contes

Que je suis heureuse de vous annoncer mon prochain recueil autopublié !
Ce sera pour 2020, avril si tout va bien.

Suite au challenge Nanowrimo 2019, je suis occupée à relire la vingtaine de contes que j’ai écrit. Après lecture de mon dernier livre, j’ai décidé de m’arrêter sur 13 contes. En fait, il y en aura un peu plus, mais c’est bien sur la base de 13 contes traditionnels que j’ai détourné les histoires et que j’en ai fait une salade mixte de contes.

+ un conte de sagesse ! Je devais le prendre. Première fois que j’écris quelque chose de ce style (rires).

Le livre que j’ai utilisé pour m’inspirer de ces détournements, n’est autre que celui que je vous ai déjà présenté : écrire des contes, 200 propositions d’écriture, par Mireille Pochard.

Mon livre sera « coupé » en 4 parties :

  1. Changer le titre d’un conte connu (9 histoires)
  2. Imaginer le passé ou expliquer le comportement d’un personnage de conte (6 histoires)
  3. Conte de sagesse sur base de deux contes (1 seule histoire)
  4. Jeux d’écriture divers : la météo, des offres d’emploi, des avis de recherche

Les 13 contes qui m’ont inspiré :

  • Le loup et les sept chevreaux
  • Le joueur de flûte de Hamelin
  • Le vilain petit canard (2 contes)
  • Les trois petits cochons
  • Hansel et Gretel
  • La petite fille aux allumettes
  • La chèvre de Monsieur Seguin
  • Barbe Bleue (2 contes)
  • Baba Yaga
  • Raiponce
  • Le petit bonhomme en pain d’épice
  • Alice au pays des Merveilles
  • La Belle et la Bête

Les contes qui m’ont inspiré le conte de sagesse : la poule rousse pour la « phonétique » du titre + la course de grenouille.

Comme dans chacun de mes textes que j’écris, il y a beaucoup d’émotions, je vais dans ce prochain livre expliquer brièvement chacun des thèmes que j’aborde. En effet, je me suis beaucoup basée sur des choses vécues ou qui me touche beaucoup (en positif ou en négatif). En vrac, j’aborderai :

La vie active, le régime alimentaire « carnivore », la chasse et la tenderie, le home jacking, l’abandon, les chats « libres », les personnes âgées, la famille, les orphelins, l’entraide, l’amour, l’amitié, les agressions sexuelles et psychologiques, la vie d’un jeune couple de parents, les enfants nombreux, les différences, le haut-potentiel, la pauvreté, les contes, etc.

Je ne vais pas en profondeur de ces thèmes, mais pour chacune des histoires, je ferai mention de ce qui me touche, m’horripile, me fait peur, me motive, me pousse à aller de l’avant, à réagir.

J’écris pour libérer mes émotions, pour dénoncer, pour dévoiler, pour réparer, pour soigner, pour pardonner, pour avancer.

J’écris parce que j’aime.

J’écris parce que je vis.

Fantaisie, Conte De Fées, Elve, Jeune Fille, Chouette

Illustration PIXABAY by  ArtsyBee

Je trouve ses illustrations magnifiques ! Je dois encore voir si je vais en utiliser une pour la couverture ou pour illustrer le début de chaque conte ;-)

Travailler avec un chat

Heureusement que je venais de finir d’écrire toutes mes annotations, car Monseigneur Minos ne voulait pas me rendre mon bic !

Je travaille sur mon dernier conte écrit à l’occasion de ma formation « l’art du conte ». Pour moi, je suis obligée de passer par l’écriture (adaptation d’un conte déjà publié ou création de mon imagination) avant de pouvoir oraliser l’histoire.

Ici, j’ai fait les 2 :

  • Adapter un conte existant
  • Écrire une histoire

Je me suis basée sur un conte très très court et je l’ai mis à ma sauce 😉

J’ai même ma formulette d’entrée et de sortie ! Avec le début d’une comptine.

Y a plus qu’à conter, raconter et reraconter 😆

Un conte de Stephen King

Après la délicieuse lecture du recueil de contes d’Amélie Nothomb, voici un autre conte, bien plus long, d’un autre auteur que j’aime beaucoup : Stephen King.

Si j’ai aimé le style des petits contes d’Amélie Nothomb, je découvre celui de Stephen King.

Ce conte fait près de 400 pages ! L’auteur parle à son lecteur comme s’il contait l’histoire à voix haute.

Ici il est question d’un Roi, de ses deux fils et de dragons. Le méchant est d’emblé identifié : c’est le magicien du Roi.

Le Roi n’est plus tout jeune et il a dû prendre une épouse sans attendre celle qu’il attendait, car à cinquante ans, s’il n’a pas encore trouvé ma future Reine, c’est que celle-ci n’existe pas… La tendre, douce et intelligente Sasha lui a donné deux fils. Hélas, elle est morte en couche lors de la naissance du deuxième.

Logiquement, ce serait au fils aîné de prétendre au trône, mais le vilain magicien ne l’entend pas de cette oreille.