Nanowrimo J7 : le carnet secret

YES ! J’ai atteint les 20 K de mots ! Presque la moitié du Nanowrimo. Contente je suis.

Ces derniers jours ont été comme des montagnes russes : deux matinées sans écrire beaucoup et deux autres où mes doigts pianotaient à une allure folle sur le clavier. Toujours sans plan si ce n’est, chaque jour, une idée de conte que je tourne en salade ou que je détourne à ma sauce.

Le chapitre de ce jour est néanmoins plus long que prévu. Chaque chapitre fait plus ou moins quatre pages, sauf celui-ci qui en fait déjà six et pour lequel je rentre tout juste dans le sujet !

Au menu de ces derniers jours, il y a :

  • un carnet mystérieux
  • la cabane de Baba Yaga
  • une grenouille qui doit être embrassée pour pouvoir, enfin, se transformer

L’image que voici a été générée par Chat GPT,

et celle du haut de l’article, par l’Intelligence Artificielle de WordPress.

édit 18h00 : je voulais terminer mon « chapitre du jour ». Alors, j’ai repris le clavier et j’ai rajouté quelques centaines de mots :-)

Quelques images, deux générées par Chat GPT et une capture d’écran des badges que j’ai gagnés depuis le début de ce défi d’écriture.

J’ai improvisé une variante de la fable de La Fontaine avec « La grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu’une pie (et qui la dépassa) »

Nanowrimo J3 : trois salades de contes

Je suis bien mon « plan », je commence chaque jour (le troisième aujourd’hui) avec le thème du conte que je souhaite détourner ou mettre en salade.

J1 : Le petit Prince découvre une nouvelle planète

J2 : Le petit bonhomme en pain d’épices sont sept et se sont transformés en Petits Chats en pain d’épices

J3 : Le Loup et les 7 chevreaux, bref point de vue de la mère des chevreaux qui est partie en forêt pour nourrir sa marmaille pendant que le loup mangeait sa progéniture

Je n’ai fait qu’aborder le conte J3. Il reviendra un peu plus tard dans l’histoire. J’ai été surprise par la tournure que prend ma Salade de Contes. C’est un savoureux mélange de contes et de détournements, d’imagination et de … développement personnel ! Incroyable. Pour rappel, en septembre si ma mémoire est bonne, je voulais écrire le début de mon autobiographie pour le NaNo. Mais pas une autobiographie « standard », pas classique, non, je voulais faire ça de manière positive en répondant à des questions-souvenirs du style « Quel a été ton moment préféré à l’école primaire ? » ou « Enfant, quel était ton plat préféré ? » ou encore « Tes trois meilleurs amis, qui sont-ils ? » et même du genre « Un événement qui t’a joyeusement marqué avec ton père/ta mère/un grand-parent »… Et donc, c’est une agréable surprise de « me » découvrir, de voir comment l’histoire, mon personnage, mon héroïne évolue.

J’ai bien avancé ces trois premiers jours de congé. J’ai pris de l’avance, car je sais que je vais moins écrire quand je vais reprendre le boulot. Mais je suis motivée comme rarement je l’ai été pour un NaNo.

Demain, J4, je jouerai avec Les trois petits cochons :-) Je me demande ce qu’ils vont bien pouvoir faire dans mon histoire.

Dans cette attente, voici une image qui illustre mes quelques 3800 mots écrits ce matin. Image générée avec Chat GPT.

L’image « mise en avant » au-dessus de cet article est générée par l’Intelligence Artificielle de WordPress.

Nanowrimo J19, trois petits cochons

L’histoire continue

J’ai bien écrit ce samedi matin ! Près de 3000 mots. Je ne les compte pas spécialement, c’est automatique quand je me connecte soit à la plateforme Scribbook soit à celle du Nanowrimo

C’est sans surprise que je me laisse porter par mon histoire. Quand je me retrouve devant mon clavier, je ne sais pas ce que je vais écrire, quel chemin va choisir mon héroïne, quelle action va se passer, etc. Je laisse venir les choses telles qu’elles viennent. Aujourd’hui, j’ai parlé de trois cochons. Deux « identiques » et un différent. Ce n’est pas le « Le vilain petit canard » que j’ai revisité en « Le vilain petit cochon », quoique j’aurai pu en y repensant, mais bien une adaptation des « Les 3 petits cochons ».

Et puis, j’ai déjà commencé une « introduction » à ce que je vais écrire après. Demain ou un autre jour, je verrai bien ;-)

A peine ai-je fermé les applications pour le Nano, que d’autres idées me viennent. Vite ! Vite ! Il me faut les noter…

Bon dimanche et à bientôt !

Ma première scène, veillée de contes

Un, deux, trois,
Promenons-nous au théâtre à Denis
Quatre, cinq, six
Écouter plein de contes entre amis
Sept, huit, neuf
Dans nos oreilles, il y en aura bien neuf (des histoires et des contes)


Moment magique !

Apéritif musical en accordéon et en chanson.

Quel accueil, ça me détend immédiatement.

Un premier duo ouvre la scène. On part en Italie, on voyage en Belgique dans les mines. Du soleil, du saucisson, (un saucisson, un pain et un fromage de chèvre fait maison), une mine de charbon et… un pipeau qui sauve une vie. Hymne à la vie, tranche de souvenir, voyage, partage.

Après quelques notes de kalimba, on fait un bon dans le monde et dans le temps. Histoire intemporelle dans un désert en Afrique. Une pause ornithologique où l’on apprend la patience grâce à un vautour bien sage et où l’on découvre l’impatience d’un épervier au destin malchanceux. (mon moment :-) )

Pour rester en compagnie de nos amis les animaux, nous partons dans un étrange pays merveilleux où un lapin-homme ou homme-lapin, perpétue son espèce grâce à la magie, à l’amour et à la musique. Un bout de tissu à découper, des oreilles, un visage à confectionner et à cuire, un corps de tissus à rembourrer, des yeux à coudre… une horloge se sable qui s’égrène, des partitions et un violon et son archet rendent la magie palpable, merveilleuse, accessible.

Et d’où vient cette femme qui a avalé un petit pois et dont le ventre s’est subitement arrondi pour donner naissance à un vaillant petit garçon ? Un petit garçon, un petit frère, le petit dernier de la famille que rien n’effraye, pas même les dragons ni, les plus terribles et effroyables dragonnes ! D’où qu’elle vienne cette maman, d’où il qu’il vient ce petit héros, une chose est sûre, en Ukraine, ce conte encore non traduit en français bat dans le cœur du pays en guerre, et même à ses frontières, loin, très loin, par-delà les fractures des âmes.

Dans une ferme plus loin, c’est la destinée d’une souris, d’un poulet, d’un cochon et d’une vache qui é-meuh le public. Les pièges cruels pour attraper la pauvre petite souris qui n’a rien demandé, qui n’a jamais fait de mal à personne, qui se fait tellement petite qu’elle passe inaperçue dans le placard de la cuisine… et des animaux de la ferme qui ne comprennent pas son problème, pis, qui se moquent d’elle. Un rassemblement d’égoïsme qui finira mal, moi je vous le dis !

Il y en a un pour qui, tout problème trouve une solution. Un petit vieillard wallon a trop chaud en ce jour printanier. Tout ce qu’il cherche, c’est un peu d’ombre, un peu de fraîcheur. Il finira par la trouver d’une ingénieuse façon : grâce à l’ombre d’un arbre. Et ce n’est pas un voisin flamand riche et radin qui va l’empêcher de profiter de ce bien tellement agréable et si bon en cette saison.

Avant de partir, il nous faut revenir en Afrique, au Togo plus précisément. Et nous retrouvons également nos amis les animaux en la personne d’un Tisserin gendarme. Grâce à un champ de coton mûr pour la récolte, nous nous apercevons que l’entente entre espèces vivantes différentes est primordiale pour une vie saine, plaisante, agréable et passionnante. Ne nous fions pas à tout ce que l’on entend, restons ouverts à ce qui nous entoure et la cohabitation n’en sera que meilleure.

C’est déjà bientôt la fin. C’est sans des sous qu’une querelle de voisinage prend le dessus dans cette histoire ! Jeux de mots, jeux de sens, la langue s’en donne à cœur joie et les oreilles ne savent plus où donner de la tête. Un petit dessert unique, exquis, à savourer.

Nous nous disons au revoir, on se quitte dans cette forêt magique et on laisse derrière nous des serpents, des éléphants, des rats et un essaim d’abeilles. Dans cette forêt, derrière nous, il est un homme qui déguste du miel, accroché aux racines d’un arbre étrange. Mais ça, oui, c’est une autre histoire.


Hier soir a été ma première scène. Ma première veillée contée. Ma première rencontre avec le Théâtre à Denis avec Maison du Conte de Liège Verviers.

Un pur bonheur, un moment extraordinaire, un accueil chaleureux, une bienveillance constante, une ambiance magique.

Une nouvelle famille.

Des rires, des émotions, des voyages.

Et j’en suis repartie de là, le cœur battant d’amour pour ces partages, pour cet échange de magie, pour ces nouvelles rencontres. Des bulles d’amitiés contées pétillantes, vivantes, vibrantes.

J’ai été contente de ma prestation, j’étais bien et cela s’est ressenti. Encore l’une ou l’autre petite « correction » et mon 1er conte vivra longtemps. Il grandira avec moi, ne sera jamais le même et c’est ça qui est génial !

Ce premier conte, je le dois à Stéphane Van Hoecke (conteur, animateur et formation aux contes) et à Allassane Sidibe (conteur au Togo). Et bien sûr au site « Contes de sagesse » sur lequel je suis allée sur les conseils de Stéphane et où j’ai trouvé le conte d’Allassane. Merci à toutes et à tous pour ce merveilleux moment inoubliable.


J’espère bientôt pouvoir vous montrer des photos :-)

Le luthier de Venise, Conte

Livre trouvé d’occasion ! Et si je dois recoller quelques pages, je le trouve magnifique !

Le luthier de Venise est un conte de Claude Clément, illustré par Frédéric Clément et édité chez Pastel, collection École des Loisirs.

Tout commence ainsi :

« Il y avait dans une ruelle de Venise une boutique de luthier, dont une porte s’ouvrait sur un canal très animé et l’autre sur un jardin tranquille, à peine plus grand qu’un tapis déployé. Au milieu de ce jardin, un arbre avait poussé. Il était si haut et si large qu’il prenait presque toute la place.

Quand il cessait de modeler le bois de ses instruments, l’artisan aimait à contempler cet arbre.
Ses branches se balançaient dans la brise surgie du fond de la lagune.
Des kyrielles d’hirondelles, de moineaux et de tourterelles venaient se poser sur elles.
Il s’élevait alors du jardin une musique plus ensorcelante que celle qui enchantait les bals et les théâtres de Venise.
(…) »

Ce conte, qui date de 1988, reste intemporel. A sa découverte, à sa lecture, il y a la musique, il y a l’odeur du bois, les chants des oiseaux, le souffle du vent dans les branches de cet arbre majestueux.

3 mots et abracadabra, une histoire arriva ! Explications.

Voici mon texte et mes 3 mots choisis au hasard de ce qui me « parlait » le plus au moment où j’ai décidé de jouer à mon jeu :-)

Je ne vous mets pas toute l’histoire, car elle n’est pas encore finie et elle a déjà trois pages sur libre office !

Comment est-ce que j’écris et comment les idées me viennent-elles ?

Mardi après-midi, j’ai choisi les mots : couleur, bottes et lapin. J’ai entouré ces mots dans ma liste. Le soir, j’ai commencé par écrire dans mon carnet ces trois mots et j’ai essayé d’en faire une phrase, un titre, bref quelque chose de « cohérent ». Cela m’a donné :

Les bottes du lapin coloré.
Les bottes de couleur du lapin.
Bottes perdues / décolorées.
Lapin a perdu ses couleurs, il les cherchent dans des/ses bottes.
Bottes magiques/couleurs = actions/lapin cherche ces bottes uniques.

Puis j’ai écrit ce qui me passait par la tête avec l’une de ces combinaisons :

Un lapin est devenu blanc de frayeur, il a entendu dire que des bottes spéciales pouvaient lui redonner ses couleurs = quête.
Pâle comme la mort, le père lapin ne peut compter que sur son fils cadet pour espérer retrouver ses/des couleurs et en même temps recouvrer une santé de fer.
Ce ne sera pas facile pour le petit lapin.

Puis, la vie de maman et d’épouse m’a absorbé… ce n’est qu’au moment de me coucher que j’ai eu d’autres idées que j’ai notées dans mon smartphone.
Le mercredi matin, je retranscrivais à la main les notes du téléphone dans mon carnet.

J’avais noté qui était le héros. Sa quêtes. Ses péripéties. Son ennemi. Son ami. Ses difficultés. Un objet magique ou une aide magique.

–> J’avais mon idée, mon histoire, mon fil rouge.

Avant de partir pour conduire mes enfants à l’école, je décide de prendre mes notes, mon ordinateur et mon téléphone pour aller petit-déjeuner dans un café, avant de faire les courses. No comment sur le contenu hyper-sucré que je me suis enfilée ha ! ha!

petit dejeuner inspirant

J’étais prête, motivée, j’avais des idées, je voulais vite les écrire et faire naître un début d’histoire. La voici… en partie  :-)

3 mots tirés de mes contes « souvenirs »

couleur – bottes – lapin

Il était une fois un lapin. Un papa lapin. Un père lapin tout ce qu’il y a de plus normal. Il avait treize enfants. Treize enfants nés le même jour ! Pas exceptionnel chez cette espèce animale, mais quand même remarquable, car les treize étaient en pleine santé. Tous, sauf un. Le troisième des garçons. Il était presque au milieu de toute la fratrie : le septième. Il n’était pas malade, mais il ne grandissait pas beaucoup, ne prenait que difficilement du poids. Il avait froid en été et chaud en hiver. Il n’aimait pas les jeux qui lui demandait beaucoup d’énergie. Il aimait les activités calmes, surtout celles-ci se passaient non loin de sa maman.

La vie n’était pas tous les jours un long fleuve tranquille. Treize marmots à nourrir, dont il faut s’occuper jour et nuit, nuit et jour… ça en fait un sacré boulot. Surtout pour la mère. Mais dans cette famille, le père jouait un rôle important. Il n’aidait pas dans le ménage, il n’aidait pas en cuisine. Non. Il nettoyait et faisait à manger parce qu’il aimait ça ! Tout comme s’occuper de ses enfants. Naturel. Tâches faites avec plaisir et envie.

Un jour, alors que le papa lapin travaillait au jardin, grignotant une rangée de carottes orange pour leur donner la même taille, pour pas qu’il y ait de jaloux chez ses enfants, il vit non loin de leur terrier la silhouette des oreilles du Grand Dévoreur : Maître Renard ! Vite, il recracha ce qu’il avait en bouche et poussa un formidable hurlement pour prévenir sa femme et leurs treize enfants. Quand il ne vit aucun mouvement dans le terrier, il prit peur. Vraiment peur. Très très peur ! Terrorisé à l’idée de perdre ses précieux enfants et sa chère femme, ses grandes et hautes oreilles tombèrent et il perdit toute couleur. Comprenez-moi bien, papa lapin était tout gris. Pas gris souris, mais plutôt bleu-gris. C’est d’ailleurs cette teinte particulière qui avait fait fondre le cœur de sa femme quand ils s’étaient rencontrés pour la première fois dans le champ, non loin de la forêt bleue. Et là, il était devenu tout blanc, pâle comme la mort.

Papa lapin avait une voix de ténor. Vous savez cette voix grave et puissante qui peut s’entendre à des kilomètres à la ronde. Aussi, quand il a crié « au renard », le renard-même eut peur et pris ses quatre pattes à son cou pour s’enfuir en toute hâte.

Devant son terrier, papa lapin priait le dieu des lapins pour que sa femme et aucun de ses enfants ne soient là. Il dut marcher longtemps, tourner plusieurs fois dans son labyrinthe de terrier, pour trouver sa femme et sept de ses enfants dans la dernière cavité de leur terrier adoré ! C’était leur cachette en cas d’alerte. Au moindre danger, au premier cri grave et puissant du papa, ils avaient pour consigne de tout s’y cacher.

Quand papa lapin fit le compte de ses enfants et vit qu’il en manqua six, il tomba dans les pommes.

Quelques instants plus tard, une éternité pour les parents, les six enfants manquant apparurent un à un, sortant de leurs nouvelles cachettes. Inspirés par le conte du loup et des sept chevreaux, ils s’étaient dissimulés l’un derrière l’horloge, l’autre dans une armoire, un troisième dans un pouf riquiqui, une quatrième et cinquième derrière la porte de la cuisine et le dernier s’était accroché au lustre qui pendait au plafond et qui tanguait encore quand il avait bondi à terre pour rejoindre ses frères et sœurs.

Heureuse que tout le monde soit saint et sauf, maman lapin gronda gentiment les six petits qui s’étaient – mal – cachés puis embrassa chacun de ses treize enfants.

Malgré l’heureuse fin de cette mésaventure, cela ne rendit pas la couleur à leur papa et époux.

Blanc comme neige, il ne pouvait plus sortir en plein jour sans risquer une insolation. Même la nuit lui était interdit, car clair comme ça, il se ferait vite repérer par le Grand Dévoreur, renard, loup ou chasseur.

Depuis ce jour, papa loup déprima. Il était triste et malheureux comme les pierres.

Son épouse ne pouvait rien pour lui. Il rêvait sans cesse de retrouver sa couleur et de pouvoir sortir au grand jour, prendre l’air frais du matin, patauger les pattes dans une flaque de pluie revigorante, creuser la terre et cueillir les légumes pour toute sa famille.

Le temps passa. Les enfants grandirent. Tous sauf un. Le troisième garçon, le septième arrivé. Il resta plus longtemps près de son papa, car cela lui faisait beaucoup de peine de le voir sans énergie, presque sans vie.

(…) à suivre  (clic)


Bon, au départ, je voulais faire un court texte, et pas spécialement un conte. Oui, mais voilà, je suis plongée dans cet univers jusqu’au cou… c’est venu presque naturellement.

Les ingrédients pour faire un conte :

  • une situation initiale
  • un imprévu, une rupture
  • une quête, un but à atteindre
  • des péripéties
  • situation finale en lien avec celle de départ bien sûr

Les personnages et matériel pour un conte

  • un héros
  • un ami du héros qui va l’aider
  • un méchant
  • un objet magique (ou pas, tout dépend du style du conte)

Ce n’est pas que ça, il faut plusieurs autres petites choses, mais en gros, si vous avez déjà tout ça, votre histoire peut rentrer dans le thème du conte.

Les 3 petits cochons et le chat botté

Je joue avec la proposition 38 de Tisser des Mots  :-) le jeu : faire une salade avec les contes. Les mots en gras sont des mots ou des sujets à « caser » dans le texte.

Les 3 petits cochons et le chat botté

Il était une fois une fée marraine hyperactive qui souffrait d’hyperacousie et d’impatience, on l’a disait faribolistique. On lui avait confié la garde des 3 petites cochonnes qui s’appelaient Lala, Lili et Lali. D’expérience, la fée marraine serait que les élever ne serait pas une tâche facile, elle ne se souvenait que trop bien de leur cousins, les 3 petits cochons Nif Nif, Naf Naf et Nouf Nouf. Mais dynamique comme elle était, elle avait réussi, à force de persévérance, à ce que l’un des trois finisse architecte maçon et influence les autres. Elle avait donc cru qu’elle y arriverait chez ces demoiselles et avait poursuivit ses efforts en se concentrant sur l’éducation de l’aînée qui semblait la plus intelligente, la plus posée et la plus débrouillarde.

Mais les années passant, la fée marraine vieillissant, elle devenait plus sensible au bruit et sa patience fondait comme neige au soleil.

Un jour, Lala et Lili se disputaient en poussant des grognements aigus de petit cochon qu’on égorge. Elles n’étaient pas d’accord sur la façon d’habiller la cadette, Lali, et celle-ci était prise à parti par l’une, puis par l’autre. Et c’est au moment où la salopette rose avec des paillettes mauves se déchira que Lali se mit à pleurer comme une fontaine et que la fée marraine explosa.

– Je n’en peux plus de vos disputes, de vos cris, de vos jérémiades, de votre comportement de vilaines petites cochonnes.

Les mots éclataient dans l’air, grondant, menaçant, et fouettant les oreilles des 3 petites sœurs. La marraine joua de sa baguette magique et en un tour d’étincelles et de poudre magique volante, elle se retrouva au milieu de la forêt bleue* avec les 3 petites cochonnes sous les bras.

HOP ! Elle les jeta à terre, lança un tourbillon de feuilles mortes et disparu aussi vite qu’elle était venue.

Dans la forêt bleue, un silence noir s’abattit sur les 3 petites créatures roses. Plus un cri ne perça, plus une larme ne roula. Lali renifla comme seuls les petits cochons savent si bien le faire et osa un timide « où sommes-nous ? »

Lala, l’aînée réfléchit très vite et lui répondit :

– Nous sommes dans la forêt bleue, en Belgique, la forêt la plus étrange qu’il soit où les arbres sont bleus.

– En quoi est-ce qu’elle est bizarre cette forêt ? demande Lili.

– Les arbres se ressemblent tous ; en journée, ils se confondent avec le bleu du ciel et la nuit, le noir les engloutis, répond Lala d’une voix mystérieuse et envoûtante.

– Ma… Ma… Marraine nous a… a…. abandonnées ! pleurniche Lali.

Nous sommes dans l’après-midi. Le ciel est d’un bleu chaleureux, et les arbres, en tenue de camouflage, sont parsemés de petites taches blanches ressemblant à des nuages de beau temps. De fait, ils se ressemblent tous, certains sont certes un peu plus petits ou un peu plus gros, mais aucun n’a une caractéristique particulière qui fait qu’on pourrait le reconnaître à coup sûr.

C’est pour cette raison que ceux qui pénètrent, de gré ou de force, dans cette forêt, n’en ressortent que très rarement. Ils s’y perdent et par épuisement, par défaite, ils décident de s’installer dans cette forêt pour l’éternité.

Nos 3 petites cochonnes ne savent pas que le peuple de cette forêt est condamné à ne jamais sortir du couvert de ces arbres. Lala s’en doute, mais elle ne veut pas faire peur à ses sœurs et se tait donc. Lili réfléchit à sa nouvelle situation et commence à récolter tout ce qu’elle trouve à terre pour marquer son chemin. Quant à Lali, son groin coulant de morve, c’est comme si le monde s’écroulait sous ses pattes. Elle n’aime pas cette forêt, elle est fatiguée et elle veut rentrer à la maison.

Cinq petites, brèves, minutes s’écoulent avant qu’un nouveau malentendu n’éclate entre les frangines. Chacune se rejetant la faute, accusant l’autre d’avoir crié trop fort et d’avoir provoqué la colère de la fée marraine.

Tout à coup, attiré par les cris et les grognements, une petite créature presque toute de noir vêtue, fait son apparition. C’est un chat, pas très grand, pas très gros, et qui se déplace sur ses deux pattes arrières qui les interrompt :

– Excusez-moi mesdemoiselles, auriez-vous vu mon autre botte ? Mon maître m’a pris pour un chien quand il l’a lancée pour que j’aille la chercher… enfin, je crois, c’est que ces derniers temps, il avait l’air d’en avoir marre de m’avoir entre ses pattes. Enfin bref, je ne vais pas vous raconter toute ma vie, il paraît que je suis trop bavard… Avez-vous donc aperçu une botte comme celle-ci ? dit-il en montrant celle qui lui restait.

A la vue de ce petit chat, trop mignon, trop bavard, on entend d’une seule et même voix :

– Oooh ! Il est trop chou.

Et sans lui laisser le temps de comprendre, les 3 sœurs se jettent sur le petit chat, le prenne dans leur bras, le caresse, lui donne des bisous tout doux. Il en perd sa deuxième botte et sa voix. Finalement, ce n’est pas si mal de se faire dorloter par ces filles… il en oublie la raison de sa venue et se laisse choyer tout le reste de l’après-midi.

Pour une fois que Lala, Lili et Lali sont d’accord sur une chose, personne n’oserait interrompre cet élan d’affection et cette solidarité fraternelle.

C’est le soir, quand les ventres crient famine, que les petits cochonnes se décident à chercher à manger. Emmitouflé dans leurs vêtements qu’elles ont assemblé rien que pour lui, le chat botté qui n’est plus chaussé, attend patiemment qu’on vienne lui apporter à manger. C’est qu’il aime se faire servir le coquin !

Lala, Lili et Lali partent donc dans 3 directions différentes. Aie aie aie, elles se perdent rapidement et ne retrouvent plus leur chemin ! Trois heures passent quand le chat, affamé, décide enfin de bouger un peu son popotin. Il parle, parle, parle… tout seul. Il miaule, miaule, miaule, toujours tout seul. On ne voit pas très bien ce qu’il fait, mais il fait quelque chose. En grattant le sol, il miaule encore et toujours. Puis, après avoir creusé et retourné la terre sur un bon morceau de terrain, il regarde derrière lui, puis à gauche, enfin à droite. Rassuré qu’il n’y ai personne, il lève la patte et se soulage. Il fait pipi partout ! C’est qu’il en a une grande vessie à vider ! Une fois son besoin terminé, il se réinstalle au centre de son nouveau territoire et patiente. Il ne doit pas attendre bien longtemps, car très vite, quelque chose pousse de la terre. Partout où il a gratté (et pissé), un mur se dresse ! Et, étrangement, un parfum épicé (eh-pissé) envahit la forêt.

Au même instant, une note musique perce le silence relatif de la forêt à moitié endormie. Les habitants habitués savent ce que cette mélodie signifie : le grand méchant loup va à la pêche au cochon. Tel un magicien, le loup souffle dans sa flûte enchantée. Attirées par la musique envoûtante tel un moustique par le sang, les 3 petites cochonnes, perdues, marchent dans la même direction : celle du loup ! Mais, mais… le loup s’arrête tout à coup de souffler dans son instrument. Il a senti une odeur bien meilleure que celle des 3 petites sœurs. Une odeur qui lui fait baver, légèrement épicée, légèrement sucrée ; ça fait si longtemps qu’il n’a plus goûté à une telle gourmandise. Il marche un peu, renifle , puis siffle dans la flûte. Il marche, renifle, siffle. Il renouvelle cette combinaison quinze minutes durant. Puis, il s’arrête définitivement. Les 3 petites cochonnes aussi. Sans le faire exprès, il a ramené les sœurs tout près de leur ami botté. Et ce qu’il voit, ce que les filles voient, est ahurissant. Devant cette petite troupe étrange, se dresse un véritable château en pain d’épices !

Lala, qui n’en revient pas, est la première à recouvrer la parole :

– Mais, tu es magicien ? Tu aurais pu nous dire que tu savais faire pousser de la nourriture, cela nous aurait éviter de nous perdre en pleine forêt, rouspète-t-elle l’estomac dans les talons.

Le chat a perdu sa langue (le comble, non ?), il ne répond pas car derrière Lala, Lili et Lali, le grand méchant loup se lèche les babines. Il se serait bien caché sous sa cape d’invisibilité, mais il l’a prêtée la semaine dernière à Harry Potter. Alors, il pointe le loup avec une griffe tremblante et marche à reculons s’enfermer dans son abri délicieux.

Face à face, le loup ne mâche pas ses mots envers les petits cochonnes :

– Le deal est simple. Vos vies sauves à toutes les 3 contre le pont en pain d’épices et ses chaînes en sucette.

– Pardon ? Ose demander Lili. Vous nous abandonnez pour du sucre ? C’est du délire !

Le loup, un peu rouge de honte, avoue :

– Oui, je préfère les friandises à la viande.

– Par mes moustaches, j’ai tout entendu ! Bien sûr que je lui offre volontiers le pont, s’il vous laisse saines et sauves. J’ai besoin de vous mesdemoiselles, j’ai un ronron dans la gorge qui veut sortir… et puis, j’ai plein d’histoires à vous raconter.

*Forêt bleue : elle existe bel et bien ! Il s’appelle plutôt le Bois de Hal, il se situe en Belgique, à 30 min de Bruxelles. Entre le printemps et l’été, le sol se couvre de jacinthes sauvages, donnant le nom féérique de forêt bleue.