L’éthologie ou le comportement des animaux

J’ai toujours été fascinée par les animaux, par leurs comportements, leurs jeux, leur vie.

Mardi soir, je suis allée écouter (et regarder) la conférence de François Verheggen. Oui, celui-là même qui a écrit les deux livres dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici.

Je le dis tout de suite, la conférence était trop courte. J’aurais pu l’écouter quatre heures durant sans jamais m’ennuyer, en apprenant des tas de choses super intéressantes, en rigolant sur des anecdotes incroyables mais vraies.

Il a depuis peu lancé sa chaîne youtube : science bestiale Je fais très rarement de la pub, mais, franchement, si les animaux vous intéressent, vous passionnent, si vous êtes curieuse et curieux de mieux les connaître, allez regarder quelques vidéos là-bas ! Vous ne serez pas déçues ni déçus. Promis.

Ses livres « Un Tanguy chez les hyènes » et « La cigale et le zombie », je les ai déjà lus. Mais dès le début de sa conférence, il nous a parlé des trois éthologues du XXe siècle, dont celui que j’aime particulièrement et dont j’ai lu presque tous ses livres : Gérald Durrell. Et voici un de ses gros ouvrages qui a été réédité il y a peu, qui réunit trois livres : La trilogie de Corfou

  • Ma famille et autres animaux
  • Oiseaux, bêtes et grandes personnes
  • Le jardin des Dieux

Petite, vers 12 ou 13 ans, c’est en lisant un livre de cet éthologue que j’ai eu envie de me spécialiser. Ce que je voulais faire comme métier, quand j’étais petite, c’était vétérinaire. Comme pour beaucoup d’enfants sensibles à la cause animale. Après lecture du titre « Un zoo dans mes bagages », de Gérald Durrell, je m’imaginais devenir vétérinaire volante, c’est-à-dire une vétérinaire qui se rend dans différents pays pour soigner les animaux sauvages dans leur milieu naturel.

Trente ans plus tard, je n’ai toujours pas pris d’avion une seule fois pour voyager ni faire des études vétérinaires. (Rires)

Non, aujourd’hui, je voyage grâce aux livres et aux milliers d’histoires qui m’emmènent dans des pays différents, tantôt avec des animaux, tantôt avec des enfants.

Et ce rêve d’étudier, de suivre, de comprendre et de soigner les animaux sauvages est toujours présent…

Alors bien sûr, la façon de faire de Gérald Durrell pour étudier et sauver les animaux, à sa façon, pourrait être mal vue aujourd’hui, mais n’oublions pas que les moyens d’études de la faune, sa protection et sa sauvegarde n’étaient pas  aussi faciles et abordables qu’aujourd’hui. Surtout, il n’y avait pas toute cette technologie de pointe.

Sans ses recherches personnelles et sans celles d’autres éthologues aujourd’hui disparus, la science des comportements serait peut-être différente.

François Verheggen nous a expliqué que lui, son domaine de recherches et d’études, c’est autour des phéromones et des odeurs ! Comment elles sont émises, perçues, reçues, transmises, etc. Un côté de la science très peu exploité, je trouve, et dont on ne parle pas aussi souvent.

Un Tanguy chez les Hyènes

Un Tanguy chez les hyènes, 30 comportements surprenants des animaux
François Verheggen, illustré par Stéphane Deprée
Éditions Delachaux et Niestlé
2022

Un recueil d’histoires naturelles ? Je dirais plutôt un recueil de comportements d’animaux, des comportements tous intrigants, intéressants, étonnants, mais assurément passionnants.

Des recherches et des écrits menés par François Verheggen, professeur de zoologie à l’université de Liège, Belgique. C’est du local pour moi donc 😊

Des illustrations extraordinaires faits par Stéphane Deprée, artiste belge.

Si je devais choisir entre toutes ces histoires extraordinaires mais réelles, je choisirais non pas une, ni deux, mais… neuf ! Et encore, ce choix a été difficile…

  • Le client est roi : le Labre nettoyeur
  • Entraide chez les vampires : les Vampires d’Azara (chauve-souris)
  • Speed dating : le Tétras des armoises
  • Fake news ! la Sittelle à poitrine rousse
  • L’évolution éclair des anoles : l’Anole vert (lézard)
  • L’habit de fait pas le moine : les Zodarion (araignées)
  • Le serpent travesti : Couleuvre rayée ou Serpent jarretière
  • La danse des abeilles : Abeille mellifère
  • Le baiser des chiens de prairie : Chiens de prairie

Je vais être honnête, je « connaissais » déjà quelques comportements, trois ou quatre, pas davantage. Si j’ai mis du temps à lire ce petit livre d’un peu moins de deux cents pages, c’est uniquement parce que je ne lisais qu’une histoire par semaine. Pourquoi ? Pour bien m’imprégner des informations, des illustrations, du comportement des animaux. Si j’avais tout lu en une fois, j’aurais sans doute ressenti un manque, une sensation de « trop vite ».

Les illustrations sont un véritable « plus ». Elles complètent les histoires, les enrichissent, me permettent de mettre un « visage » sur un animal. Elles sont précises, justes. Tout simplement, magnifiques !

Me réjouis d’apprendre qu’un tome 2 est en préparation et dont la sortie est prévue pour 2023 !


Deux petits points moins appréciés dans le livre. Des points qui n’ont rien à voir avec les histoires ou les illustrations. Question de mise en page.

  • Les textes d’introduction à un chapitre consacré à des comportements précis, sont sur un fond d’illustration en rose/rouge : très difficile à lire, surtout avec une lampe artificielle.
  • Les petits encarts informatifs, en mauve, caractères plus grands, qui sont à côté d’une « histoire », n’apportent strictement rien en plus, car ces infos sont déjà reprises dans l’histoire.

La charmeuse de bêtes, tome 1

Lors de ma visite dans le village du livre, Redu, j’ai trouvé ce livre, une pépite pour moi  :

La charmeuse de bêtes, de Nahoko Uehashi. C’est le 1er tome (sur deux) : Le livre des Toda. Traduit du japonais par Yukari Maeda et Patrick Honnoré.

charmeuse de betes tome1Érin est une petite fille de 10ans qui a perdu son père à sa naissance. Sa mère est une Ahryo (peuple considéré comme des sorciers). Sa mère s’appelle Soyon et elle est la vétérinaire responsable de l’élevage et des soins des Toda, un animal mythique ressemblant à un serpent géant, avec des pattes pour courir très vite sur la terre ferme et avec des cornes que certains « cavaliers » utilisent pour le monter.

Tout bascule la nuit où tous les kiba (autre nom pour appeler un groupe de Toda qui appartient à une « armée »), qui étaient sous la protection de sa mère, meurent ! Soyon, la mère d’Érin est jugée seule responsable de la tragédie et est exécutée sauvagement sous les yeux de sa fille.

Érin s’enfuit du village et est retrouvée inconsciente par un apiculteur, loin de sa région natale. Jôn, l’apiculteur, la soigne, l’adopte et décide de l’élever comme sa propre fille.

Même si Jôn a tôt fait de comprendre qu’il a devant lui une petite fille très spéciale, c’est seulement des années plus tard, qu’Érin va découvrir qu’elle a un don particulier ! Elle sait communiquer avec une certaine espèce d’animal… un animal que jamais personne n’a pu s’approcher.

J’ai eu beaucoup de mal à fermer ce livre, j’ai été complètement absorbée par l’histoire, alors qu’il n’y a pas énormément d’intrigues ou d’énigmes. Les descriptions d’animaux mythologiques sont très bien faites, et j’ai même été embarquée dans la longue, mais agréable, description du métier d’apiculteur ! J’ai un peu moins aimé le passage sur les différentes castes et explications politiques qui en fait est la base de tout ça, mais l’avant et l’après sont tellement intenses que j’ai juste lu, digéré et « oublié » ce passage ennuyeux pour moi, mais indispensable à la compréhension de l’histoire.

Ce premier tome s’arrête brutalement ! Grrrr. Vite je vais essayer de me procurer la suite et fin des aventures d’Érin, car si vous aimez les animaux, si vous aimez les soins et l’étude des comportements animaliers, si vous aimez les contes et le Japon… ce livre est fait pour vous !

Thèmes : amitié, animaux magiques, mythologique, mythique, Japon, conte, légende, politique

L’araignée toute mouillée

L’inspiration vient… quand elle veut. Voici un petit texte écrit un matin très tôt, avant de partir au boulot… Rien de prémédité, mais Mérédith est revenue. Pour ceux qui n’ont pas encore découvert mes courtes histoires de petites bestioles, je vous invite à les lire sur Atramenta (clic). Mérédith a pris quelques années dans les dents, mais elle n’a pas changé, elle aime toujours les insectes et autres créatures minuscules qui n’ont pas froids aux yeux et qui osent s’aventurer dans son cercle très restreint de petites bestioles curieuses et « sympathiques ».

L’araignée toute mouillée

C’est l’histoire d’une araignée qui avançait difficilement sur une vitre mouillée.

Réveillée brutalement par la lumière allumée, miss araignée cligna plusieurs fois ses nombreux yeux et son regard croisa le mien. D’un commun accord télépathique, on allait se laisser tranquille. C’est vendredi, il est 6h15, on ne va quand même pas se chercher des noises… La salle-de-bains est assez grande pour nous deux, elle 1,5 cm à tout casser, pattes écartées et moi avec mon mètre soixante-quatre…

Le hic, c’est qu’en prenant ma douche, pas trop chaude mais pas froide non plus, des gouttelettes d’humidité et d’eau se formaient rapidement sur la vitre fermée (pour info, nous sommes le 23/03/2018, c’est sensé être le printemps et il fait 2 °C dehors). ET c’est précisément au moment où je me dis que la mini bestiole a dû se rendormir, bercée sans doute par le bruit des gouttes d’eau de la douche s’écrasant dans la baignoire, que la bestiole en question glissa.

Ziiiiip !

Fort heureusement pour elle, l’araignée prévoyante, qui ne se sépare jamais de son matériel de bricolage, fut arrêtée dans a chute par un fil invisible à mes yeux. Elle tournoya dans les airs, un instant, mi-recroquevillée, mi-paniquée et fit aller ses huit pattes en tous sens histoire de se stabiliser ; elle devait sans doute avoir eu la trouille de sa vie ! Je me demande si les araignées ressentent vraiment la peur et si elles peuvent souffrir de vertige ? Je poserai ces questions à l’une d’entre elles…

Toujours est-il qu’elle arriva rapidement à se stabiliser. Quand toutes ses pattes touchèrent le plat solide de la vitre, elle grimpa pour retrouver sa position initiale dans les hauteurs et rétablir la distance minimale de séparation / sécurité, obligatoire entre elle et moi. Du moins, elle tenta courageusement de le faire, car oui, elle ne cessa de glisser sur la fenêtre mouillée ! La pauvre ! Quelle énergie perdue dans tout ce travail !

Je souris donc, toujours sous ma douche, et compatis à son calvaire.

Quand j’eus fini de prendre ma douche, je mettais fin à son humiliation en ouvrant la dite fenêtre afin que l’air frais du dehors chassa l’humidité accumulée et responsable de sa délicate situation, position vraiment inconfortable…

Une coïncidence n’arrivant jamais seule, quand je fais une recherche pour m’assurer que les araignées peuvent bien avoir plus que 2 yeux, je tombe sur ce site…  Ce lien est l’adresse du site internet de l’école secondaire où j’ai passé mes 2 premières années en humanités : l’Athénée Fernand Blum, à Schaerbeek, Bruxelles, Belgique. Explications claires et précises grâce à la page consacrée au cours de biologie.

Merci donc au professeur passionné pour avoir réalisé toutes ces photos et explications sur le site : Eric Walravens.