Le chat du dalaï-lama et l’art de ronronner

art de ronronner chat du dalai lamaVoici le livre que je viens de terminer… je crois que je m’en souviendrai toute ma vie, car la coïncidence a voulu que je le commence il y a 2 semaines environ et que je le termine après le décès de mon chat Chouna… Ce livre parle d’un chat, bien sûr, mais pas n’importe lequel : celui du dalaï-lama ! Un roman plein de sagesse, de conseils, de bonheur. Un vrai plaisir de lecture malgré ce qu’il s’est passé avec Chouna.

Voici ce qu’il y est écrit sur le dos du livre :

« Quand un adorable petit chaton recueilli par le dalaï-lama vous raconte ses aventures en vous transmettant de magnifiques leçons de sagesse, c’est original et inspirant » (Nicole Korchia, Femme Actuelle)

Notre chaton a grandi, et reçoit de nouvelle leçons de sagesse du dalaï-lama et des moindes de Dharamsala.

Comment trouve-t-on le bonheur profond
qui vient du cœur,
et vous fait ronronner ?

De toutes les questions que l’on se pose, c’est la plus importante, car nous sommes tous à la recherche du « bonheur »… Notre esprit n’est-il que notre cerveau ? Comment fonctionne l’intuition, et quelle est la nature de nos pensées ? Comment s’ouvrir à l’amour et faire confiance à la vie ? Et enfin quels sont les secrets qui conduisent à une paix intérieur plus grande ?

Apprendre à calmer son esprit grâce à la méditation, pratiquer le lâcher-prise et être plus dans l’instant présent, ne pas juger mais accueillir ce qui est : voilà les découvertes que fera notre chat malicieux…

David Michie est spécialiste du bouddhisme et de la méditation de pleine conscience. Il donne des conférences sur ces sujets dans le monde entier. Il est l’auteur du Chat du dalaï-lama. »

J’ai commencé par le deuxième livre… ce n’est pas grave, c’est juste que je découvre un chat déjà adulte… un roman qui m’a fait beaucoup réfléchir et dont je vais partager avec vous quelques extraits dans les jours qui viennent.

Ce livre a été traduit par Martin Coursol.

 

La fin d’une souffrance

Petite boule de poils d’un certain âge,
Tu t’apprêtes pour ton dernier voyage.

Les maladies et les accidents tu les accumulés
Tout au long de ces deux dernières années.

La décision m’est pénible, très difficile,
Mais ta vie ne tient vraiment plus qu’à un fil.

Un fil noir, une fil fragile, un fil affaibli
Qui te fait miauler sans cesse, tels de petits cris.
Cris de détresse, cris de douleur, cris de peur,
Que je comprends et me rempli de frayeur.

Aujourd’hui, j’accepte ce choix de t’aider,
De t’accompagner aux portes du ciel étoilé.

Chouna, toi qui viens d’une SPA, qui a été abandonnée,
Et que j’ai aimé dès le premier regard échangé,
Tu sais que je n’ai cessé de te porter dans mon coeur,
Durant ces treize années de bonheur.

Tu as partagé ta vie à nos côtés,
Et pour tous ces instants de complicité, sois-en remerciée.

03 février 2018

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Rêve ou réalité ?

Généralement, quand je fais des cauchemars ou des rêves pénibles, c’est dans le cadre d’une indigestion ou d’une fièvre… Il y a quelques nuits, je ne sais pas ce qui a causé ce sentiment de vivre un rêve éveillé, mais je soupçonne les pommes de terre que j’ai cuisinées et qui étaient un peu germées. Pour éviter l’intoxication, je les ai pourtant cuites en les faisant bouillir durant 30 minutes, mais il semblerait que ce n’était pas suffisant… Le goût de la purée de chou-fleur n’était pas différente ou mauvaise et pourtant, dans mes rêves, ça été un vrai cauchemar…

Je vous raconte :

J’ai 2 chats, dont l’une est devenue aveugle suite à un AVC et qui dort désormais toute seule au salon (je la rejoints une nuit par semaine), l’autre est donc sur le lit, à mes pieds et tout à coup, en pleine nuit, j’ai la certitude qu’un troisième chat est rentré chez nous, car je sens subitement comme si une bête sautait sur le lit, au niveau de mes pieds !! Il est évident que je crains une bagarre entre ces chats, le mien et l’intrus. J’attends qu’un souffle, qu’un grondement émane de mon chat, ou de l’autre… Je serre les dents en me disant que mes pieds vont en souffrir, et je croise les doigts pour qu’un chat ne me saute pas au visage, toutes griffes sorties… J’attends… J’attends. Rien ne vient ! J’ose bouger un peu mes pieds pour « provoquer » le départ de l’autre, pour lui dire qu’il n’y a pas que mon chat qui est là, que je veille aussi ! Mais je ne sens que la lourdeur de ma Vicky (4 kilos et demi) sur mon pied gauche et qui dort comme une bienheureuse. Je pourrais la « retourner » comme une crêpe qu’elle ne bougerait pas. Puis, une réflexion me vient me à l’esprit : si Vicky ne bouge pas, c’est qu’il n’y a pas d’intrus, sinon elle défendrait son territoire (son lit) comme une vraie lionne.
« Ah bon, elle est donc seule ? Aurais-je rêvé ?? Cela me paraît pourtant si vrai… » Tellement vrai que je me réveille pour de vrai ! Il fait noir, c’est la nuit, Vicky roulée en boule à mes pieds, sur la couette ne bronche pas d’un poil…

Je me rendors (ou je ne m’étais pas réveillée ??) et mon rêve continue. Je raconte à mon compagnon que j’ai fait un drôle de rêve dans lequel je croyais qu’un chat « extérieur » était entré chez nous, avait grimpé les escaliers en bois, avait passé la porte de notre chambre pour sauter précisément sur notre lit pour attaquer Vicky… Il me répond que je fais toujours des rêves tordus… Je lui tire la langue et je sors de notre chambre pour raconter ce rêve… à ma maman !
Nous sommes dans notre appartement à Bruxelles, mon compagnon n’est pas là, plus là et j’ai les cheveux mouillés. Je dis à ma maman que j’ai envie de me couper les cheveux, qu’ils sont trop longs et que si E. (mon compagnon) n’est pas d’accord, tant pis pour lui, je lui dirai que ça repousse. Cela fait près de 3 ans que je ne coupe moi-même que les pointes, j’en ai marre. Je sais que ma maman pourrait me couper les cheveux, elle ferait ça mieux que moi, plus droit… je n’ai pas envie de le lui demander expressément, j’ai envie qu’elle propose de le faire. Au bout d’une discussion qui n’en finit plus, elle finit par comprendre que j’ai envie que ce soit elle qui me les coupe. Elle le fait « rapidement », car elle doit cuisiner après… Son mari, son deuxième mari est au salon, à côté, et regarde la TV… il me taquine en disant que ma mère coupe toujours trop court, mais je hausse les épaules. Tout à coup, ça y est, c’est fini. Mes cheveux sont coupés… et une fois sec, effectivement c’est plus court que prévu, car maman a coupé à l’endroit où je lui ai dit, mais mes cheveux étaient toujours mouillés… en séchant, mes cheveux ondulés sont « remontés ». J-P se marre à côté « J’te l’avais dit, j’te l’avais dit ». Je me moque que ce soit plus court, je trouve ça pas si mal finalement.

Ce rêve, ces rêves se déroulaient dans le nuit de dimanche à lundi passé.

Il y a des détails, des idées, des pensées qui sont tirées de faits réels, donc je ne vais pas m’attarder sur ceux-ci (je vais ce jour chez la coiffeuse :-) )

Les événements qui m’ont le plus dérangés c’est l’appartement de Bruxelles que j’ai connu lorsque je vivais avec ma maman et mon beau-père, il y a 20 ans !! Et aussi, surtout, l’apparition de mon beau-père qui est décédé il y a bientôt 8 ans ! Néanmoins, ce qui m’a fait plaisir, ce qui a fait que ce n’est qu’après le réveil définitif et réel celui-là, que j’ai compris la raison pour laquelle je n’ai pas cru tout de suite à un vilain rêve : mon beau-père était tel que je l’avais connu avant sa maladie : souriant, jovial et un peu moqueur. J’ai assisté à son dernier souffle, j’étais là, devant cet homme malade, dont le cancer avait rendu son physique presque méconnaissable tant la douleur et la souffrance avaient creusé son sourire, effacé ses yeux rieurs, rongé sa joie de vivre. Pourtant, dans mon rêve, dernièrement, il était bien, heureux… c’est comme ça dont je veux me souvenir de lui.

Et j’ai vécu ce rêve, ces rêves, comme s’ils étaient la réalité ! Je me suis retrouvée dans un passé tout en gardant mon âge d’aujourd’hui. Le retour au réveil a été assez éprouvant… un bond de 20 ans en avant, avec des repères différents et un grand vide quand même.

Et si tout ceci n’était qu’un signe… mais comment l’interpréter ?

Je vous laisse cogiter :-) bonne journée et… faites de beaux rêves ha!ha!

L’écriture et les chats

En peu de temps, j’ai reçu plusieurs signes qui me poussent à croire que mon prochain projet d’écriture sera consacré… aux chats !

D’abord bien sûr, l’état de santé de ma petite Chouna qui me préoccupe et qui me fait penser que depuis que j’ai un appareil photo numérique, c’est-à-dire depuis que je l’ai adoptée (13 ans), je n’ai plus consacré un album à mes chats !! Certes, ils se retrouvent dans les albums photos des enfants que je fais imprimer une fois par an environ, mais ce n’est pas la même chose. Je dois avoir des centaines de photos d’eux, mais toutes dorment dans mon ordinateur ou dans mon téléphone !

Ensuite, sur une durée très courte, j’ai appris la prochaine ouverture de non pas un, mais de deux bars à chats, et ce, dans ma région !

2 mecs et des chats

Merlix – the cats café

L’idée commune à ces 2 projets : proposer un endroit convivial où les gens pourront se reposer, se relaxer, boire une tasse de café/thé/chocolat le tout en compagnie de chats. Mais il ne s’agit pas de n’importe quels chats puisque ceux-ci proviendront d’une SPA et seront proposés à l’adoption selon des règles très strictes. L’un d’eux (chatman – 2 mecs et des chats) a le soutien et l’aide de l’association Poils et Moustaches pour la procédure « adoption ».

Enfin, cette semaine, je rencontre dans le bus une voisine âgée qui a élu domicile – avec son époux – dans la Résidence Services près de chez moi. Sur le trajet, elle me redit combien elle a apprécié mes livres (lus cet été) et me demande quand sort le prochain ? C’est la première fois qu’une « inconnue » m’encourage d’une telle façon dans mon passe-temps qu’est l’écriture créative. Elle me parle alors des chats et des chiens du quartier et me dit qu’elle aimerait bien que j’écrive un recueil sur les chats !

Alors, oui, je veux bien, ça me tente pas mal, car je n’ai pas souvent écrit de fiction sur les chats, alors que j’aime ces félins ! Que dis-je ? Je les adore ! Je ne sais pas encore de quoi sera composé ce projet : nouvelles, roman, documentaire ? Connaissant mon style d’écriture, je serais plutôt tentée pour un recueil de nouvelles. Avec toujours le même procédé : reverser la récolte des ventes à une association s’occupant de chats bien sûr !

J’aimerais tant retrouver un atelier d’écriture sympa et pas trop cher près de chez moi. J’ai besoin de l’énergie d’un(e) animateur(trice) pour écrire régulièrement et correctement, l’ambiance d’un groupe est aussi important, l’univers des uns et des autres est toujours enrichissant et intéressant. J’ai beaucoup de mal à avancer dans mon cours de rédaction créative, car seule, chez moi, je ne démarre plus au quart de tour…

Alors, en attendant de le trouver, je fais un petit tour dans ma bibliothèque, car cha me parle ;-)

Merci à Babelio et à tous ses lecteurs/rédacteurs de fiches et de chroniques de lectures ;-)

Cécité subite chez mon chat

Chouna, mon chat de 14 ans traverse une mauvaise période. Un soucis de santé a causé une cécité quasi totale, subite, mais peut-être réversible.

Une thrombose est à l’origine de cet aveuglement impressionnant.

Mardi soir, après le travail, je l’ai retrouvée miaulant, affolée, complètement paniquée, car elle n’avait plus aucun repère visuel : elle se cognait partout, n’osait plus grimper ou sauter sur une chaise ou sur le fauteuil. Elle soufflait, grognait sur tout et n’importe quoi, se redressant sur ses pattes arrières pour toucher les vitres de ses pattes avant.

Sa queue était énorme, de peur… j’ai cru qu’elle allait mourir et qu’elle sentait sa fin approcher, une fin causée par une perte totale de vision.

Visite d’urgence chez notre vétérinaire qui diagnostique un espoir dans un test oculaire, car tout au fond de son oeil, « ça » réagit encore quand il passe une lumière…

Piqures, médicaments à donner par voie orale et d’ici 3 jours, on saura si ce traitement est efficace ou s’il est trop tard…

Une nuit passée ensemble, à même le sol : sécurité retrouvée, nuit agitée, frayeur diminuée.

18 heures après la visite chez le vétérinaire, dans la lumière d’un début d’après-midi neigeux, Chouna y revoit un peu. Ses pupilles ne prennent plus toute la place de ses yeux, elles sont moins dilatées, je retrouve un certain espoir et je remercie l’optimisme et le travail de mon super vétérinaire.

Hélas, une heure après que je lui ai donné sa viande préférée, son comportement change à nouveau.

Quand la nuit est tombée, juste après qu’elle ai mangé, le noir a de nouveau envahi son regard. 😢 ses pupilles ont mangé ses iris, ne laissant apparaître qu’un rayon de couleur dans l’obscurité de la peur. Ce n’est pas encore gagné et le doute absorbe mes pensées.

Demain, est un autre jour…

Déterrer un… mini texte

Mes yeux parcourent les entrailles de mon ordinateur. Par cette matinée déjà bien chaude (21°C sur la terrasse à 9h00), voici deux petits textes écrits début mai… quand il faisait frais, ha ! ha!

Je sens les pattes chaudes de mon chat sur mes jambes empyjamatées. La vibration de son ronron est apaisant et réchauffe le salon refroidi par une nuit glaciale et humide. Le félin se couche enfin sur mes genoux sans pour autant trouver sa position préférée : il veut encore une petite dose de câlin. Repus par ce moment de complicité, dans un nouveau sommeil, il va pouvoir enfin sombrer.

L’agenda était bien chargé, tant et si bien qu’elle n’a rien écrit de la journée. Pas su se poser, pas su se reposer, pas deux lignes, elle a su aligner.

Le chien fait la loi dans la maison de…

Samedi passé, je me suis amusée avec la Fabrique à Histoires de Bernard Friot. Je voulais écrire quelque chose, mais je ne savais pas très bien quoi… alors j’ai pioché ceci.  Ceci est mon second texte, car je n’aimais pas le 1er…

jeu Bernard Friot

Une phrase de début, en gras, et une phrase de fin, aussi en gras pour vous indiquer les contraintes que j’ai choisies pour commencer et terminer l’histoire. Avec une ligne de conduite avec la carte  » Le chien fait la loi dans la maison de Monsieur Longuet« .

Bonne lecture  :-)

Il était une fois un chat, caché derrière un rideau, qui guettait l’arrivée du chien. Dans cette maison, celle de Monsieur Longuet, c’était le chien qui faisait la loi. C’est lui qui disait quand il devait sortir, quand il fallait préparer à manger, quand il fallait enfermer le chat dans la pièce à l’autre bout de la maison gigantesque. Oui, c’était lui qui dictait tout. Son maître se pliait en quatre pour satisfaire les moindres volontés de son ami canidé.

Quant au félin, qui était considéré comme trois fois rien. Il n’était là que pour décorer, et parfois chasser quelques souris indésirables et riquiquis qui ne satisfaisaient jamais son appétit insatiable.

Donc quand le chien était parti, le chat dansait sur sa tête, et faisait ce que bon lui semblait. C’est-à-dire à la fréquence de deux à trois par jour, selon l’humeur de chien de son ennemi juré.

Un jour pourtant, durant un sale week-end pluvieux, un étrange bruit était apparu dans le grenier. Sourd comme un pot, le chien dont l’ouïe ne faisait que se dégrader au fil des années, ne remarqua rien. Le chat, un peu rond mais toujours en grande forme pour faire les quatre cents coups, n’avait pas été dupe. Il y avait bel et bien un fantôme sous le toit de la maison. Pourquoi et comment n’y avait-il pas fait attention plus tôt, c’est un autre mystère. Toujours est-il que ce week-end, le chat s’arrangea pour embêter le clebs afin que celui-ci aboie trois fois. Trois aboiements signifiaient au maître qu’il était temps d’enfermer cette stupide boule de poils.

Ce que chat veut, le chien le veut aussi. C’est de la sorte que le chat se retrouva enfermé toute une journée et toute une nuit dans la pièce la plus sombre de la maison.

De la maison… la maison ? Du château vous voulez dire ! En effet, Monsieur Longuet avait racheté ce vieux château. Comme dans les bons livres et les bons films, personne avant lui n’avait voulu de ce bien immobilier en raison, paraît-il, de la présence d’au moins un fantôme. Mais voilà six mois qu’ils habitaient là à présent, et ni Monsieur Longuet, ni le chien et ni le chat n’avaient eu affaire à quelque fantôme que ce soit. Jusqu’à ce matin…

Le matou n’avait pas prévu de rester aussi longtemps dans ce cagibi, mais il ne pouvait plus voir ce chien en peinture.

Tic, tic, tic. L’étrange bruit bizarre était à nouveau là. Cette pièce était idéalement située pour entendre parfaitement tout ce qui pouvait se passer au grenier.

RRRRRrrrr. Rrrr. Un autre bruit, plus doux, comme un minuscule moteur, se mit en fonction.

De plus en plus bizarre…

Aussi, rusé comme un chat énervé par un chien, le félin qui avait décidément plus d’un tour dans ses pattes, avait rapidement compris d’où venaient ces bruits mystérieux.

Oui, il y avait bien un fantôme, mais pas n’importe lequel, celui d’un chat ! Celui du Chat Botté ! Oh, pas celui des contes de fées, non, un autre. Oui, tu as bien lu. Il existe bel et bien plusieurs chats bottés. Celui-ci, enfin, le fantôme, était chaussé de bottes de cow-boy vertes. Le vert lui allait très bien d’ailleurs, car c’était aussi la couleur de ses iris. Il avait été tué dans d’horribles circonstances, voilà déjà plus de trois ans et demi. Durant tout ce temps, il n’avait vu pas âme qui vive, tout le monde avait déserté ce vieux château suite aux nombreux et mystérieux décès qui s’étaient succédés chez les animaux du manoir. Au début, les maîtres des lieux n’avaient vu là qu’une étrange coïncidence, mais quand le nouveau poisson rouge du Prince avait disparu à peine deux heures après son arrivée, toute la grande famille avait déménagé, loin, très loin du château qui portait malheur.

Notre chat, le pauvre qui était enfermé dans cette pièce juste sous les toits, s’emballa immédiatement.

— Eh ! Oh ! Oui, toi le fantôme ! Tu ne voudrais pas devenir mon ami, ici ?

Au début, le Chat Botté, son fantôme, s’immobilisa et cessa de respirer. Bien qu’il ne respirait déjà plus depuis longtemps, il faisait toujours comme s’il était vivant car c’était bien la première fois qu’il rencontra un camarade qui croyait aux fantômes. Il ne savait pas que penser de la question. Un ami ? Pourquoi faire ? C’était ça sa mission ? Se faire un ami ou aider un ami ?

Comme il ne répondit pas immédiatement, notre chat reposa la question, d’une autre façon :

— Bon, je ne sais pas qui tu es, ni comment tu es parti au paradis ou plutôt resté coincé ici, mais si tu aimes autant les chats que moi, par pitié, réponds-moi !

Le Chat Botté savait qui avait posé la question, lui, il voyait tout, et savait à peu près tout également de ce qui se passait sous son toit. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs qu’il s’était amusé à faire un peu de bruit afin d’attirer l’attention du matou vivant, afin qu’il sache qu’il n’était pas tout seul ici. Mais entre le fait de savoir et de soutenir moralement un copfélin et communiquer avec celui-ci, il y avait une différence pour notre Chat Botté. Surtout que personne ne lui avait expliqué comment il devait faire pour travailler en tant que fantôme ? Quelle était sa fonction ? Et comment devait-il s’y prendre ?

Pour ne pas griller sa couverture, il émit un petit miaulement digne d’une chatte qui gémit quand on l’embête un peu trop.

— Un chat ?! Tu es le fantôme d’un chat ? demanda notre chat bien vivant qui écarquilla les pupilles comme seuls les chats savent si bien faire dans la pénombre. Même s’il s’en doutait, savoir qu’il avait raison lui donna confiance en lui.

— Ben oui, ch’suis pas un chien quand même ! rétorqua tout de go le Chat Botté qui en avait oublié sa timidité passagère.

— Oh, me parle pas de chien, ou plutôt si, parlons d’un chien, d’un seul : celui de cette maison !

Le Chat Botté, interloqué qu’on lui parle sans peur ni reproche, qu’on ne lui pose pas 36 mille questions sur son état, son passé, son avenir, se prit rapidement d’amitié pour le poilu vivant.

— Je sais tout ce qu’il te fait subir ! Je suis là depuis le début, mais bon, il est quand même grand et gros ce clebs. Même si je t’aide, à deux, on ne fait pas le poids, surtout moi avec mon poids plume…

— Bon, si tu es au courant de tout, tu sais que je suis un adepte de Tom et Jerry ? Eh bien, figure-toi qu’on pourrait appliquer toutes ces farces à ce gros bêta de clébard.

Et c’est ainsi que nos deux compères rendirent la vie impossible à ce gros chien qui voulait toujours faire la loi.

Après quelques mésaventures et visites chez le vétérinaire, Monsieur Longuet décida de déménager. Le chien suivit bien sûr, c’était le conseil du vétérinaire, mais le chat qui s’était caché pour ne pas se faire attraper, resta donc là, trop heureux d’être enfin débarrassé du chien.

Plus aucun humain n’osa visiter ce vieux manoir, car il était désormais habité par des centaines de chats heureux et désireux de rester les maîtres de ces lieux.

Le Chat Botté accepta sa situation de fantôme aidant les vivants et s’envola pour d’autres cieux secourir de nouveaux chats persécutés.

Depuis ce jour, que plus aucun fantôme n’est venu hanter le vieux château, ce vieux château.