Jefferson, le hérisson de Jean-Claude Mourlevat :-) roman jeunesse

Titre : Jefferson
Auteur : Jean-Claude Mourlevat
Édition : Gallimard Jeunesse
Genre : roman jeunesse
Année d’impression : 2018
Note personnelle : 10/10

jeffersonJefferson Bouchard de La Poterie est un hérisson pas bien grand. Mesurant moins d’un mètre, c’est un animal gentil, poli, correct et qui a parfois beaucoup de courage. Son meilleur ami, Gilbert un jeune cochon qui a son âge, le suit partout où qu’il aille, unis par une amitié indéfectible. Tous les deux habitent un pays tranquille. Le petit hérisson adore lire les romans, surtout d’aventures, et son meilleur pote préfère étudier le code de la route…

À quelques kilomètres de là vivent les humains.

Un jour Jefferson se rend chez son coiffeur préféré, un brave blaireau qui commence à prendre de l’âge et qui est secondé dans son salon de coiffure par sa nièce, la belle Carole. Mais ce jour qui devait pourtant être un jour comme tant d’autres, va marquer le début de l’aventure la plus incroyable, la plus dangereuse et la plus terrifiante de toutes les aventures de hérisson et… de cochon !

M. Edgar, le coiffeur, est retrouvé mort et toutes les apparences (trompeuses) laissent croire que c’est Jefferson le coupable.

Que le lecteur ou la lectrice qui ne s’attache pas à ce petit hérisson se montre tout de suite ! L’auteur sait y faire pour raconter des histoires et mettre en scène des animaux (voir son génialisime autre roman jeunesse qui ne contient que des bêtes : la ballade de Cornebique). Les quelques dessins en noir et blanc présents sont tout simplement la prolongation des mots, c’est tout à fait comme ça que je m’imaginais les scènes représentées ! Merci à Antoine Ronzon pour ces belles illustrations.

Dans ce livre, Jean-Claude Mourlevat nous dévoile son engagement contre une activité que tout le monde connaît, que certaines personnes essaient de dénoncer tant bien que mal et que d’autres s’en foute complètement. Je ne dévoilerai pas cette activité sous peine de révéler le cœur de l’histoire de ce roman jeunesse à nouveau superbement bien écrit !

J’admire, je respecte et j’encourage ces auteurs jeunesse qui parviennent à parler de sujets délicats, à expliquer des faits difficiles de façon telle que ceux-ci ne paraissent pas comme une horreur alors que c’est justement tout à fait ça dont il est question. Le « message » passe, le lecteur aussi jeune soit-il comprend ce qu’il se déroule sous ses yeux, et pris par la plume de l’auteur poursuit la découverte de son histoire, parce qu’il veut savoir, parce qu’il sait que le bien triomphera du mal, car c’est comme ça que ça doit être !

4ème de couverture :

« Une histoire qui ne manque pas de piquants.

En ce radieux matin d’automne, le hérisson Jefferson décide d’aller chez son coiffeur se faire rafraîchir la houppette. Comment pourrait-il imaginer, alors qu’il arrive plein d’entrain au salon Défini-Tif, que sa vie est sur le point de basculer ? Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, le brave Jefferson, 72 cm de frousse et de courage, est jeté dans une aventure qui le mènera, pour le meilleur et pour le pire, au pays des êtres humains.

Dans un polar haletant, parfois féroce, mais où dominent la tendresse, l’amitié et le bonheur de vivre, Jean-Claude Mourlevat aborde de façon inédite la question de notre apport aux animaux. »

Site internet de l’auteur

La sonate oubliée, Christiana Moreau, avis

Titre : La sonate oubliée
Auteur : Christiana Moreau
Édition : Préludes Editions
Genre : roman
Année d’impression : 2017
Nombre de pages : 256
Note personnelle : 10/10

 

Extraits :

(…) Lionella installa l’instrument contre elle en une parfaite symbiose et attaqua le largo, tout en nuances tendres. De l’archet en équerre sur les cordes, elle tirait les soupirs et les sonorités d’un chant quais humains qui planait dans l’atmosphère (…)

Le plaisir de communiquer un souffle de vie à la partition oubliée semblait la galvaniser (…)

(…) Toutes ces choses folles ne sont pas pour une fille de l’ospédale, je vais m’y brûler les ailes… Un papillon de nuit n’est pas fait pour la lumière. Mon destin est derrière une grille de fer d’où seule la musique que je joue a le droit de s’envoler. (…)

(…) Cette parenthèse dans le temps avait atténué ma passion (…) Ainsi, la création avait le pouvoir de délivrer ? (…)

(…) Intriguée, je détaillai cet homme, coiffé d’un grand chapeau. Il portait un batarro – une grande cape noire – et un seau dans chaque main. (…)

la sonate oublieeMon avis

Lionella et Kevin sont deux amis qui se connaissent depuis l’enfance. Tous deux habitent à Liège, en Belgique, dans un quartier de Seraing.

Elle, 17 ans, d’origine italienne évolue dans la musique grâce à sa famille qui est douée dans cette discipline depuis des générations. Si elle adore la musique, Lionella est en plein questionnement à ce sujet. En effet, depuis que sa mère l’a inscrite à un prestigieux concours, elle est remplie de doutes et de craintes, car elle ne trouve pas le morceau qu’elle veut jouer. Lionella n’est pas une jeune fille comme les autres, elle refuse de participer à ce concours si c’est pour jouer un morceau hyper connu que tout le monde connaît. Doté d’un sacré caractère, elle n’hésite pas à le montrer à quiconque se dresse sur son chemin, même à son professeur de musique.

Lui, a le même âge. Kevin a arrêté l’école et travaille désormais dans un commerce comme « petite main ». Il passe ses journées à trier des boulons et ses soirées à éviter son frère aîné qui rentre la plupart du temps complètement bourré de ses soirées. Les garçons ont été abandonnés par leur père alors que Kévin n’était même pas encore né. Il vit avec une mère qui ne cesse de travailler pour joindre les deux bouts et son frère au chômage avec lequel il ne s’entend plus depuis longtemps. Passionné par les insectes, Kevin, jeune homme discret et timide, aime aussi les fossiles et les vieux objets qui portent en eux une histoire secrète, mais passionnante.

L’un et l’autre sont différents des autres jeunes par leur comportement et leurs hobbies.

Un jour, Kevin qui aime farfouiller dans les brocantes et marchés aux puces trouve un petit coffret avec des partitions écrites en italien ! Il n’y comprend rien, mais habité par une certaine sensibilité, il sent immédiatement que ça va plaire à son amie Lionella. Fin négociateur, il repart avec cet objet sous le bras pour l’offrir à la fille qu’il a toujours aimé.

Un cadeau qui va à jamais bouleverser leur destin et changer le cours de l’Histoire de la musique.

Je pourrais arrêter là le résumé de ce livre, mais je ne peux pas !! Je ne peux passer sous silence l’histoire incroyable d’un troisième personnage qui, pour moi, a pris toute la place dans mon cœur de lecteur : Ada.

Ada est une jeune italienne, orpheline, qui vit au XVIIIe siècle, en plein Venise. Recueillie par l’Ospédale della pietà, Ada va grandir entourée d’autres pauvresses et de musique. En effet, les destins de ces enfants abandonnés vont être écrits selon leurs aptitudes à chanter ou à jouer d’un instrument de musique. Ada sera vite amenée à être éduquée musicalement par un certain Antonio Vivaldi.

L’auteure, Christiana Moreau, a écrit ce livre de telle façon que le lecteur, une fois plongé dans son écriture, ne peut plus faire autre chose ! J’ai voyagé dans une Italie de 300 ans depuis mon fauteuil ! J’ai découvert un univers musical passionnant et … envoûtant. Les descriptions de la musique, des instruments, des sentiments portés par ces jeunes gens, tantôt italiens des années 1700, tantôt par liégeois des années 2000, m’ont permis de tout comprendre et de rêver grâce aux nombreuses images qu’elles portaient en elles.

Je n’ai pas eu, pas une seule fois, un problème de Temps entre l’histoire d’Ada et celle de Lionella qui sont pourtant séparées par 3 siècles !

Ce premier livre de l’auteur me fait penser à un autre artiste belge dont j’ai tout autant dévoré 2 de ses livres : Bernard Tirtiaux. L’un comme l’autre me permette de plonger corps et âme dans leurs univers respectifs que j’admire !

–> site internet de l’auteure

Le bazar des mauvais rêves, Stephen King

bazar-des-mauvais-reve-st-kingTitre : Le bazar des mauvais rêves
Auteur : Stephen King
Traduction : Océane Bies et Nadine Gassie
Édition : Albin Michel
Genre : recueil de nouvelles
Année d’impression : septembre 2016
Nombre de pages : 600
Note personnelle : 7/10

20 nouvelles se partagent les 600 pages ! Il y en a certaines que j’ai moins bien aimées, d’autres adorées… je vous mets ici mon avis sur mes préférées. Avec un petit extrait « clin d’oeil » pour la passionnée des oiseaux que je suis :-)

Ces avis ne sont pas dans l’ordre des nouvelles dans le livre. Petit détail sur ce recueil : avant chaque nouvelle, l’auteur nous raconte comment il en est arrivé à écrire cette histoire ! J’aime ça.

UR : un prof de lettres reçoit par la poste une liseuse pas comme les autres. Et pour montrer qu’il n’est pas hasbeen, il décide de montrer à ses élèves et à son ex petite copine qu’il n’est pas un dinosaure en se promenant partout avec cette machine. Mais celle-ci s’avère être très spéciale et unique. Comment va réagir ce professeur quand il découvrira que son auteur préféré a écrit un autre livre qu’il n’a jamais lu ? Et si le monde littéraire était bien plus vaste qu’on veut bien nous le faire croire ?

Une nouvelle écrite au lancement des Kindle (liseuse d’Amazon)… un passage moins aimé, mais histoire fort appréciée.
Extrait bref  » Il lui vient à l’esprit que la rancune était une sorte de méthadone pour amants, mieux en tout cas que le sevrage brutal et le manque ».

Necro : un journaliste pas fort doué pour ce métier parvient un jour à décrocher un job pour un journal on-line. Il est rédacteur de la rubrique On dit du Mal des Morts. Et là, il excelle dans cette rubrique même si lui pense l’inverse. Un jour, suite à un conflit, il écrit avec colère la nécrologie de la personne avec laquelle il s’est disputé… et celle-ci décède !

Le petit dieu vert de l’agonie : un riche homme d’affaire se fait soigner depuis 18 mois suite au crash de son avion. Il est le seul survivant de cet accident. Son infirmière particulière ne supporte plus ses plaintes et surtout le fait qu’il ne fasse aucun effort pour aller mieux. Elle s’est tue jusqu’ici, trouvant qu’elle est plutôt bien payée. Mais le jour où le malade fait appel à un prêtre qui prétend pouvoir le libérer du démon de la douleur qui l’habite, l’infirmière crie au charlatan… pourtant la bestiole qui se repaît de la douleur de son patron est bien réelle…

Plus jamais, vous ne verrez une balle de tennis de la même façon :-)

À la dure : un publicitaire coach un stagiaire sur leur nouvelle campagne quand il se rappelle tout à coup un détail sur les post-it qu’il a laissés à la maison comme autant de messages d’amour à sa femme. Sa femme souffrant d’une vilaine bronchite, il ne veut pas qu’on la dérange pour un stupide rat crevé qui pue. Et ce n’est pas parce qu’il a un odorat déficient que le concierge peut se permettre de rentrer chez lui n’importe quand.
Super bien tourné ! J’ai presque été bernée jusqu’à la fin.

Batman et Robin : un 60tenaire et son père atteint de la maladie d’Alzheimer vont dîner tous les dimanches dans un petit restaurant. Un jour, en sortant de ce resto, sur la route, il y a un accident impliquant père et fils. L’autre conducteur n’est pas très gentil, et il s’en fout de ne pas avoir d’assurance…
Le père a peut être des trous de mémoires, mais il n’a pas tout perdu !

Mile 81 : Pete 10 ans ne peut pas accompagner son grand frère dans un circuit à vélo « de la mort qui tue »… alors il va s’amuser tout seul sur une ancienne aire d’autoroute, fermée aujourd’hui. Cet endroit abandonné sera la scène de crimes aussi horribles qu’incroyables, impensables et irréels.
Une nouvelle genre de la voiture Christine, du même auteur…

La dune : un vieux juge de 90 ans se rend encore tous les matins en kayak jusqu’à sa petite île, sa dune. Il y est accro. Il ne peut pas s’en empêcher malgré les terribles souvenirs qui y sont liés. Un jour il presse son avocat de rédiger son testament. Pourquoi ce soir et pas demain ou la semaine prochaine ?

Fin géniale ! 😊
Mots de l’auteur pour introduire cette nouvelle : l’esprit d’un écrivain est un dépotoir d’informations bizarres
Extrait : « Ouste ! » s’écrie-t-il de cette voix qu’à présent il déteste – cassée et tremblotante, la voix d’une vieille mégère en robe noire. « Ouste, ouste, salopiot de malheur ! Va t’occuper de tes affaires ! »
Après avoir brièvement ébouriffé ses ailes déguenillées, le vautour reste exactement où il est. Ses yeux perçants semblent dire : Mais, monsieur le Juge… aujourd’hui, c’est vous mon affaire.

Je sais pas, de Barbara Abel

Titre : Je sais pas
Auteur : Barbara Abel
Édition : Belfond
Genre : roman
Année d’impression : 2016
Nombre de pages : 304
Note personnelle : 9/10

je-sais-pas-barbara-abelLors d’une journée en forêt, des enfants de 5 ans s’amusent à construire une cabane avec leurs instituteurs et accompagnateurs. Au moment où cette belle journée se termine, les enfants se rassemblent pour monter dans le car. Mais le compte n’est pas bon : il manque un enfant. Une petite fille répondant au nom d’Emma manque bien à l’appel. Des recherches sont organisées, la police est appelée et l’enfant est retrouvée quelques heures plus tard… mais c’est au tour de son institutrice de ne plus se montrer. Pourtant, elle était partie à sa recherche, elle ne devrait pas être bien loin.
Doit-on s’inquiéter d’une adulte qui a disparu depuis seulement 2 heures et demie ? Oui, car elle est diabétique et sans insuline, sa vie est en danger.

Dans ce roman où le suspense est présent du début jusqu’à la fin avec pas mal de rebondissements et de coups de théâtre, l’auteure décortique les sentiments, les réactions et les comportements hallucinants que l’homme peut avoir. Mais il n’y a pas que les adultes qui sont bizarres dans certaines actions dans ce bouquin… La question qui se pose d’emblée est « la responsabilité d’une môme de 5 ans peut-elle être engagée dans certaines conditions ? »

Entre rêve et cauchemar, entre réalité et mensonge, de terribles histoires s’enchaînent et s’imbriquent rapidement jusqu’à ce que le lecteur manque de souffle. Aucune envie de lâcher le livre…
« Je sais pas », de Barbara Abel… mais moi je crevais d’envie de savoir la fin !

Comme pour dans un autre de ses livres « L’innocence des bourreaux », Barabara Abel nous montre une fois de plus qu’elle sait manier la plume (le clavier) avec brio, nous tenant en haleine sur une longue période, nous menant à des réflexions sur le genre humain. Dans ces deux livres, j’ai retrouvé cette angoissante sensation du « c’est pas possible ! » avec une crainte et une certaine envie de découvrir la vérité, même si je pressentais à la fin que ça allait être terrible. C’est en fait une curiosité malsaine…

Archives sur Sherlock Holmes, Conan Doyle

Titre : Archives sur Sherlock Holmes
Auteur : Conan Doyle
Édition : Livre de Poche / Robert Laffont
Genre : nouvelles
Année d’impression : 1956
Nombre de pages :446
Note personnelle : 8/10

Bildergebnis für archives sur sherlock holmesPlusieurs petites nouvelles (12) dans ce recueil. La plupart du temps, c’est ce cher Watson qui relate les événements, mais parfois Holmes prend aussi la plume pour nous narrer ses souvenirs d’enquêtes. Au passage, on apprend quelques infos sur la vie privée de Holmes et un peu aussi du médecin, compagnon fidèle et indispensable. Je pense que celle qui m’a la plus marquée, c’est la nouvelle intitulée « crinière de lion ». Car ma fille a la même couleur de cheveux ! Ha ! Ha !

Il arrive à Sherlock de faire de petits commentaires à Watson, mais c’est dans ses habitudes et notre cher ami ne se vexe pas pour autant, car il sait que Holmes avoue volontiers ses erreurs quand cela lui arrive. Oui, cela lui arrive aussi, comme dans « La crinière de lion » où, s’il n’avait pas été trop vite dans ses recherches, il aurait élucidé cette mort mystérieuse plus tôt et aurait peut-être pu éviter la mort du chien et l’accident suivant qui aurait pu être mortel également…

J’adore le personnage tout à fait original de ce détective. Il n’a peur de rien, pas même de mourir, et n’hésite pas à se mettre en danger pour résoudre une affaire et montrer qu’il sait toujours tout, avec une longueur d’avance, même sur les suspects.

C’est une caricature, mais les sourires, les rires, les surprises et les moments où je suis tout à fait étonnée ne sont pas rares. Sherlock Holmes et son assistant le docteur Watson sont parfaits pour mes trajets en train où j’ai pu lire une nouvelle par trajet et où grâce à ces nouvelles courtes, j’ai pu varier mon plaisir de lecture avec un autre recueil commencé simultanément (le bazar des mauvais rêves de Stephen King).

L’image « photo mystère » de novembre-décembre 2016 correspondait bien à la couverture de ce recueil :-)

Jardin fatal, de Patrick Cauvin

Titre : Jardin fatal
Auteur : Patrick Cauvin
Édition : Albin Michel / Le Livre de Poche
Genre : roman
Année d’impression : 2005
Nombre de pages : 314
Note personnelle : 8/10

jardin-fatal-patrick-cauvinAlan est biologiste pour une multinationale. Hélène est sa femme. Ils ont un petit garçon nommé Max-Max qui a 4 ans. Hélène et Alan sont un couple vraiment pas comme les autres. Ils aiment vivre des tas d’aventures pour pimenter leur quotidien et renforcer leur complicité. Ils sont loin de s’imaginer que les histoires qu’ils montent de toutes pièces vont être dépassées, et de loin, par la réalité.

Un jour, Antoine, un jeune chercheur, collègue d’Alan, demande à ce dernier s’il veut bien vaporiser un produit de sa fabrication sur un rosier de sa maison. Alan accepte de bon cœur, mais il ignore qu’il signe là un contrat avec l’Horreur !

Si on m’avait dit qu’un jour, je pourrais avoir peur des plantes… d’inoffensifs végétaux dit-on… c’est ce qu’on essaie de nous faire croire, de vous faire croire !

L’auteur sait faire durer le suspense et sait nous emmener en bateau avec brio. On croit d’abord une chose, puis on se trompe de chemin… jusqu’au bout, Patrick Cauvin m’aura eue ! J’ai adoré le rythme qui décrit les passages les plus effroyables : d’une lenteur et d’une douceur telle que l’événement m’a toujours surprise, me faisant tantôt sourire, tantôt rire aux éclats, tellement la chose était grosse et que je n’ai rien su voir venir.

Un passage un peu trop détaillé, à la fin, auquel je n’ai pas accroché, car pour moi cela m’intéressait moins.

Quelques extraits :

« – Des cauchemars ?
– Pas vraiment, avait répondu Hélène, simplement tout ce bordel verdâtre est sorti toute la nuit du bocal, a bouffé la moquette, une partie de l’escalier, aspiré Max-Max et Olibrius et commencé à me dévorer vivante (Olibrius étant leur chat).
– Et ça s’est terminé comment ?
– Je me suis réveillée.
– Dommage, avait ricané Alan, j’aurais aimé savoir ce que tu serais devenue après digestion. Il est fort probable que, transformée en spores, tu aurais essaimé par un jour de grand vent lorsque les capsules se seraient ouvertes. »

« Le coup de génie ressemble à s’y méprendre au coup de folie. »

« J’ai cru percevoir chez la laborantine incriminée dans l’affaire une attitude de je-m’en-foutisme qui m’a rebroussé les nerfs plus que de raison. »

« Mais la folie n’était pas la débilité, on pouvait toujours penser que dans le cerveau le plus inventif, au cœur de la raison et de la pensée la mieux constituée, une fissure pouvait naître, dont personne n’était capable de mesurer les conséquences. »

J’adore cette description d’un personnage :
« …. l’usage quasi quotidien du marteau ayant peu à peu conféré à la sexagénaire une musculature qui l’apparentait plus à Sylvester Stallone qu’à Julia Roberts. »

Encore un mot lu de travers, mais qui correspond tout à fait à l’histoire :

Le rosier… celui que j’avais apprivoiséau lieu du rosier... celui que je vaporisais.

Demain les chat, de Bernard Werber

Titre : Demain les chats
Auteur : Bernard Werber
Édition : Albin Michel
Genre : roman
Année d’impression : 2016
Nombre de pages : 305
Note personnelle : 8/10

Un chat femelle vit avec sa servante humaine. Un nouveau chat mâle emménage en face de chez elle. Ce chat est bizarre. Cette chatte est curieuse. Ils vont se rencontrer et leur vie va à tout jamais être bouleversée.

Dehors, des conflits éclatent un peu partout dans leur territoire, des actes terroristes sèment la panique chez les humains.

Comment 2 chats intelligents, mais chats seulement, peuvent-ils espérer changer la vie de l’Homme ? Comment et pourquoi vont-ils aller jusqu’à sauver certains bipèdes ?

demain-les-chats-b-werberUne nouvelle race de chat va-t-elle naître grâce à ces deux chats ?

Une réflexion autour de nos agissements et de nos comportements vus par des chats, sur fond de 3ᵉ guerre mondiale…

Quand le mode de communication est vu par un chat curieux et un autre chat qui est ce qu’il est grâce à une expérience scientifique, ça donne un roman plein de suspens que j’ai aimé malgré le thème de la guerre omniprésent.

Livre bourré d’infos sur le comportement du chat et sur l’espèce humaine.

Le fait que ce soit les chats, les héros, qui ont la parole et qui dirigent le livre, ne m’a absolument pas gênée, car je suis une habituée des lectures jeunesse où la parole est souvent donnée aux animaux.

Ce livre m’a fait réfléchir sur le mode de vie que j’inflige à mes boules de poils. Bon, mes filles (je parle de mes chats, pas de mes enfants ha ha) sont déjà âgées et je pense que je les écoute et que je les gâte bien. Mais aujourd’hui, c’est sûr que lorsque ma Chouna se couche sur ma poitrine le soir avant de dormir, ce n’est plus un acte anodin pour moi… par ce geste, elle communique avec moi, elle essaie de me dire quelque chose, si si, elle ne cesse de ronronner quand je ne la caresse pas :-)

Il faut juste passer outre l’image de ce chat siamois particulier… au début, l’image m’a choquée, après, je m’y suis habituée… l’homme est ainsi fait, on s’habitue, malheureusement, à tout…

Extraits choisis :

 » … est un monstre distribuant la mort avec souplesse et élégance. Ses gestes sont lents, précis, désinvoltes, efficaces. Il débarrasse ceux qui le narguent du poids de l’existence. »

 » J’avertis … que, pour l’instant, il vaut mieux éviter de dévorer les enfants humains car ils sont nos alliés contres … « 

 » Comme c’est agaçant d’avoir une rivale si sympathique »