Rêves, signes et autres coïncidences (2)

Deuxième partie consacrée aux rêves, aux signes et autres autres coïncidences…

Souvenez-vous, je vous parlais il y a peu de la fanfiction, eh bien, croyez-le ou pas, l’univers entier fait tout pour que je rentre dans ce nouveau milieu littéraire ! Le lendemain où je programmais l’article sur la fanfiction, je découvrais sur facebook un atelier d’écriture – gratuit – dans ma région : Réinventez vos fictions fantastiques préférées !! Il y a 6 ateliers et les thématiques de 3 me parlent énormément ! Je me suis inscrite pour 2 ateliers (peut-être même 3) et cela commencera au mois de mars.

Et le lendemain de ce jour, donc le surlendemain de mon article, paf, encore un signe qui m’oblige à aller voir de plus près ce qu’est ce Mooc « Il était une fois la littérature jeunesse« . Et que lis-je dans le programme de cette formation gratuite on-line ? Dans le 6ème et dernier module ?

Module 6 : Les fictions hors du livre

  • Introduction : le continent de la sphère de grande diffusion. Comment l’approcher autrement que par l’économique
  • Univers fictionnel vs. récit
  • Définition d’une fanfiction : reprise d’un univers existant et narration de nouvelles aventures
  • Objets et produits dérivés

Bon, eh bien ! Vous vous en doutez… je me suis inscrite à ce Mooc qui débutera dans 1 mois, le 03/03 !

Je pense donc que le mois de mars 2017 sera pour moi un très bon mois. Il ne peut en être autrement… vous n’êtes pas d’accord ?  :-)

Projet recueil n°3 : encore des zanimos !

Pour mon projet de recueil de textes n° 3, j’ai créé une nouvelle page sur mon blog, c’est ICI

Cette page sera consacrée à chaque nouveau projet d’écriture. Je suis motivée pour compiler, créer et terminer ce nouveau recueil de textes. Après, peut-être que j’aurai envie de changer de style et de me pencher sur mon roman écrit en juillet… qui sait ? :-)

Et je viens d’ouvrir une nouvelle catégorie pour suivre, presque au jour le jour, l’évolution de ce projet.

En ce 24 septembre, j’ai choisi le thème de ce recueil : animaux ! Eh oui, encore et toujours les bêbêtes… pour ne pas que mon livre soit trop gros, j’ai dû couper dans le nombre de textes. Étant donné la qualité du papier (bonne qualité, comme j’aime, agréable dans les mains, au toucher et à la lecture, papier bouffant, couleur crème), si je gardais mon idée de départ, cela faisait plus de 300 pages pour 2,2 cm d’épaisseur… même si ce nouveau livre sera différent des 2 autres recueils par son côté « pédagogique » où j’explique mon travail d’écriture, la plupart des nouvelles sont pour les enfants et donc je ne veux pas d’un livre trop gros, mais plutôt petit et pratique.

 

Léa-Marie

Je joue avec Tisser les Mots pour la proposition d’août-septembre 2016.

Cette histoire parle d’elle-même, tout à fait inventée pour l’occasion, mais c’est suite aux mots de ma maman, son ressenti par rapport à son ancienne voisine âgée qu’elle aime beaucoup et qu’elle va voir régulièrement au home. Marie existe. Francine aussi. Léa aussi, elle se reconnaîtra ;-)

Léa-Marie

Léa-Marie est âgée. Mais elle ne le sait pas, elle l’a oublié. Elle passe le reste de son temps dans une maison de retraite, avec d’autres comme elle que le Temps n’a pas épargné, jetant des rides aux visages et aux mains sans se soucier du quand dira-t-on. Chez les femmes, le Temps est particulièrement méchant avec elles, plombant leur poitrine tombante, rendant flasque tout ce récipient de lien maternel, toute cette chose pourtant aimée et désirée, caressée et soignée par l’Amour. Et puis, la Maladie est venue en renfort, chassant dans les mémoires fatiguées les souvenirs, les noms et le Savoir.

Dans cette maison de repos, il est admis que les pensionnaires, tant chez les mesdames que chez les messieurs, portent un bijou, un seul. Il est étonnant comme le Temps peut changer les choses. Au début de leur arrivée, chaque pensionnaire, veut faire bonne et belle impression. Il faut dire que le cadre de l’établissement est magnifique et encourage les gens, même les gens affaiblis et esseulés, à sourire à la vie, à ouvrir les bras à cette nouvelle vie qu’est la vieillesse, cette dame âgée au grand cœur auquel nul ne peut échapper.

Alors, au début, tous portent un bijou souvenir, souvent en or : une alliance, un pendentif, un bracelet. Parfois ces bijoux sont en argent, mais tous ont la puissance d’un moment heureux qui perdure au travers ce métal précieux. Souvent, au cours des semaines qui suivent ce choix, ils ne se rendent plus compte qu’ils portent un bijou, alors leurs yeux taquinent leur voisin et des échanges s’effectuent en toute simplicité, sans un voile de vol ou de mensonge planant autour de cette action. Pour d’autres moments heureux partagés.

Dans cette maison de retraire, qui n’est pas de tout repos malgré les oui-dire des familles, travaille Francine, une aide soignante particulière, qui dès son arrivée à bouleverser la vie de ces personnes qui ont été déposées tantôt par un parent, tantôt par un enfant, tantôt par un amant, tantôt par un médecin, tantôt par un taxi. Elles ont toute une histoire différente à vous raconter. Et ça, Francine l’a bien compris.

Francine, la quarantaine dynamique, a toujours un sourire jusqu’aux oreilles, une voix douce et des gestes tendres. Malgré son travail difficile où on lui demande parfois de véritable prouesses professionnelles, malgré la mauvaise humeur de certaines collègues qui ne lui facilitent pas la vie et malgré les comportements de certaines gens soignées ici qui lui compliquent la tâche, Francine continue à sourire et à venir en fin de service rendre une dernière visite à ces personnes que la vie n’a pas aidé.

Ce soir, c’est Léa-Marie qui est la dernière à qui Francine dit aurevoir. L’aide-soignante ne sait jamais qui ne sera plus là le lendemain. Alors, elle prend son temps, quitte à faire des heures supplémentaires non payées, pour souhaiter une bonne soirée à tous ceux et à toutes celles qui lui font gagner son salaire. C’est un peu comme un remerciement, en un peu différent. Et tous l’attendent avec impatience, même les plus en forme, juste pour recevoir ces mots gentils, avant la nuit. Francine souhaite, sincèrement, à tous les 29 pensionnaires, de faire de beaux rêves. Et pour accompagner cette phrase pourtant banale, pourtant usée, Francine prend la main de la personne, ce soir, nous accompagnons Léa-Marie, et lisse un peu les doigts durs, rigides, tordus de sa patiente préférée. Même si elle les aime tous, Francine ne cache pas ses sentiments plus forts pour celle qui fut autrefois sa grand-mère. A 99 ans, Léa-Marie a oublié qui elle était, elle ne sait plus comment elle s’appelle, ni où elle est, elle a jusqu’à oublié qu’elle avait des enfants et une petite-fille qui s’appelle Francine et qui vient la voir et prendre soin d’elle, tous les jours. En réalité, personne ne connaît leur lien de parenté, car l’aide-soignante est arrivée dans cet établissement de soins une semaine avant Léa-Marie. C’était il y a déjà quelques années. Et comme il arrive parfois que les pensionnaires n’aient aucune visite, personne ne s’était étonnée que Léa-Marie n’en reçoive aucune. Elle était arrivée avec une ambulance, avec pour tout bagage une mémoire passée à la moulinette. Dans cette passoire, elle avait oublié l’origine de sa chute en rue et le traumatisme crânien avait déjà effacé le lien qui existait entre son unique petite-fille et elle. Pourtant, c’était un lien fort, un lien unique, un lien éternel. Alors, Francine a joué son rôle habituel, accueillant cette nouvelle pensionnaire comme une autre : avec un sourire, peut-être juste un peu plus long que ceux qu’elle offre aux autres, avec des gestes tendres peut-être juste un peu plus longs que d’habitude, avec une voix douce peut-être juste un peu plus douce encore.

Et puis, dès le premier soir de son arrivée, Francine l’avait « réparée », elle lui avait prodigué son soin magique qui permet au cerveau d’oublier la peine, la tristesse, les doutes, les questions et d’accepter le changement aussi bouleversant qu’il soi. Francine écoutait, parlait, touchait les gens, même les plus fatigués, même ceux qu’on a oublié. Elle était maître dans son art, un vrai aficionado, passionnée par sa mission qu’elle appelait sport. Car c’était bien de ça qu’il s’agissait : un sport. Courir après le temps, une course contre la montre du vieillissement. Mais faire tout ça dans la sérénité, sans montrer de stress, sans faire paraître sa peine à elle, son inquiétude grandissante pour Léa-Marie. Francine aimait réparer la douleur invisible, celle du Temps, celle des souvenirs oubliés, abîmés, déchirés, jetés… Elle réparait tout, même les blessures faites par de vilaines cicatrices mentales.

Oui, il n’y a pas que les jeunes et moins jeunes qui peuvent souffrir du passé, d’une vie mal contrôlée, d’un geste déplacé.

Ce soir, Francine chante une berceuse à sa grand-mère, à cette patiente qui devrait fêter ses 100 ans le mois prochain. Francine a toujours su que sa Mamychérie ne voulait pas souffler autant de bougies. Pour elle, cent ans, représentait le stade après la vieillesse, soit la mort. Alors, elle lui chante ces mots qui réconfortent, elle lui murmure cette invitation à passer la frontière, celle que l’on ne voit pas, celle que l’on imagine mais dont on a peur, tous, un peu, beaucoup.

Léa-Marie a survécu à bien des choses : elle a perdu un enfant très jeune, elle a vu son mari s’en aller, puis son frère, elle a combattu bon nombre de maladies, elle a lutté contre le Temps et les trous dans sa mémoire. Alors, oui, aujourd’hui, elle peut souffler.

La voix de Francine tremble, mais personne n’est là pour l’entendre. Sa gorge se serre car, au fond d’elle, elle sait que sa grand-mère ne sera plus là demain. Ce soir, elle est là, demain, elle sera ailleurs.

Demain et tous les autres soirs, elle aidera un grand-père, une grand-mère, un homme, une femme sans famille, un frère, une sœur, une tante, un oncle. Car Francine a cette particularité d’être un enfant, un petit-enfant, une sœur, une tante de qui veut. Un jour, elle s’appelle Francine, un autre jour Louise. Elle prend tous les prénoms et tous les noms que les patients lui donnent.

Elle est quelqu’un, elle est personne.

Les légendes

Qu’est-ce qu’il se trame dans mon village ?

Il existe une légende sur la disparition d’un petit garçon. Une légende qui raconte qu’un enfant, tout blond, pas plus grand que 6 ou 7 ans, apparaît dans le puits interdit par temps de brume…

Cet enfant a-t-il vraiment disparu ? A-t-il d’ailleurs jamais un jour existé ?

Pourquoi le puits est-il interdit ?

Huuumm, que de questions… que d’étranges choses se passent là-bas… Là-bas pourtant n’est pas si loin d’ici.

J’aime les légendes, et vous ? En avez-vous de belles ou d’intrigantes à me raconter ?

Vivre dans un autre monde

Voilà, je reviens avec un « petit » mot à propos de mon week-end d’écriture… oooh c’est déjà fini, snif, snif.

Stéphane Van Hoecke, conteur et animateur d’atelier pour ces 2 jours est à connaître ! Il sait échauffer notre imaginaire, nous fait travailler sans en avoir l’air, et avec ça, toujours dans la bonne humeur, bref une ambiance extra ! Avec moi, il y avait 7 autres participants, de toute âge, d’horizons différents. Comme Stéphane jouait le jeu avec nous, ça a donné 9 imaginaires, 9 écritures, 9 styles, 9 villages tous différents mais oh ! combien intéressants.

Durant 2 jours, j’étais ailleurs, complètement plongée dans mon village. J’avoue en avoir rêvé la nuit de dimanche à lundi et que même la journée du lundi me fut un peu bizarre. Il me reste donc une chose à faire : le terminer. Oui, continuer à construire ce village bizarre, avec ses histoires et ses personnages, faire monter la sauce pour qu’elle prenne bien afin qu’un jour, je puisse vous la servir sur plateau de mots.

Alors, pour vous donner un peu l’eau à la bouche, je vous retranscris ici, mes premières idées quant à la consigne suivante :

Dans mon village, il y a :

  • un puits interdit
  • une fontaine orange
  • l’Impasse des Mésanges
  • un arbre aux branches immenses
  • une épicerie tenue par un ancien détenu
  • un facteur sourd qui cultive des crevettes
  • un cimetière d’animaux
  • et il y aura aussi ça (voir photo ci-dessous)

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Et bien d’autres choses encore, mais chuut, je ne vais pas trop en dévoiler pour le moment…

Plongée dans un univers ailleurs, j’ai beaucoup rigolé durant ces 2 journées, j’ai aussi cogité, et j’ai même failli pleurer (de tristesse). J’ai été emmenée dans des mondes extraordinaires, j’ai été étonnée, surprise, embarquée. J’ai écouté, j’ai aimé, j’ai été transportée.

Il me faut à présent revenir à la réalité… mais je peux toujours rêver, de temps en temps…

Où trouver l’inspiration pour écrire ?

Fiston, 8 ans, a la bonne idée de présenter mon petit livre « Faire pousser des oiseaux » en classe. Il est adorable (mon fils, hein, mais mon livre aussi hihi)

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J’en profite pour le relire entièrement, pour mieux « coller » la suite que je corrige (oui oui, ça ne fait que 4 ou 5 pages à l’ordinateur et il me faut des jours pour corriger, je n’ai pas l’habitude de me relire, comme vous le savez maintenant:-)  ) et que je pourrai bientôt vous proposer en téléchargement libre et lecture complète sur Atramenta : la clé du bonheur. (avec une superbe couverture imaginée par ma maman grâce à son talent et à celui de La Ninette qui a illustré Faire pousser des oiseaux)

A relire mon livre, écrit depuis un atelier d’écriture avec Evelyne Wilwerth en 2011-2012, je suis étonnée de lire certains passages, mais où est-ce que j’ai bien pu trouver l’inspiration ?

Le thème était « tout un bazar », avec bien sûr, à chaque rencontre avec Evelyne, une contrainte à respecter pour pouvoir poursuivre l’écriture de notre nouvelle. C’est grâce à elle, grâce à ces rencontres, à ces contraintes que mon histoire tient la route, qu’il y a un fil rouge, qu’il y a des onomatopées, des retournements de situations, etc.

Dans les coulisses de l’histoire :

  • La relation difficile, conflictuelle mais néanmoins d’amitié qui se tisse entre la fée et son voisin = l’entente entre mes enfants
  • le surnom du voisin en Monsieur Boudin = vient de ma fille âgée de 6 ans qui ne cessait de bouder quand on le lui faisait une remarque
  • le titre et le fond de l’histoire = un article paru sur le blog d’Emma (clic) où l’on voyait son petit-fils planter une plume pour… faire pousser des oiseaux :-)
  • Iris qui a peur du coin noir où se cache Mr Boudin = une de mes peurs d’enfance
  • Les petites phrases qu’Iris chantonne quand elle est gaie et qu’elle plante ses plumes = inspiré par Carla Bianca, la petite chouette d’un livre de la série « Bientôt je lis, avec Marlène Jobert »
  • Le fait que Mr Boudin devient tout petit et plus clair quand on fait attention à lui = inspiré par le livre « Les dragons ça n’existe pas », de Jack Kent
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  • Les lierres qui n’arrêtent pas de dire des mots gentils à Mr Boudin = inspiré par la fable « Maître Corbeau » de La Fontaine
  • Les graines de gros mots plantés par Mr Boudin = inspiré par « La ballade de Cornebique », de Jean-Claude Mourlevat
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  • La réplique : « Aujourd’hui, je mangerais bien un soleil », est tiré du livre pour enfant « Je mangerais bien un enfant », de Dorothée de Monfreid
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Bon, si je comprends bien, je devrais relire des petits albums illustrés pour enfants si je veux que la suite de cette histoire soit aussi chouette que la première ;-)

Depuis cette année scolaire, septembre 2015, mes enfants lisent tout seul le soir. Mais parfois, je lis encore pour eux, avec eux. Mais ce ne sont plus des albums car ils veulent de plus grandes histoires…

Inspiration ? tu as compris ? tu dois te débrouiller pour trouver d’autres idées, ailleurs !

Les 3 petits cochons et le chat botté

Je joue avec la proposition 38 de Tisser des Mots  :-) le jeu : faire une salade avec les contes. Les mots en gras sont des mots ou des sujets à « caser » dans le texte.

Les 3 petits cochons et le chat botté

Il était une fois une fée marraine hyperactive qui souffrait d’hyperacousie et d’impatience, on l’a disait faribolistique. On lui avait confié la garde des 3 petites cochonnes qui s’appelaient Lala, Lili et Lali. D’expérience, la fée marraine serait que les élever ne serait pas une tâche facile, elle ne se souvenait que trop bien de leur cousins, les 3 petits cochons Nif Nif, Naf Naf et Nouf Nouf. Mais dynamique comme elle était, elle avait réussi, à force de persévérance, à ce que l’un des trois finisse architecte maçon et influence les autres. Elle avait donc cru qu’elle y arriverait chez ces demoiselles et avait poursuivit ses efforts en se concentrant sur l’éducation de l’aînée qui semblait la plus intelligente, la plus posée et la plus débrouillarde.

Mais les années passant, la fée marraine vieillissant, elle devenait plus sensible au bruit et sa patience fondait comme neige au soleil.

Un jour, Lala et Lili se disputaient en poussant des grognements aigus de petit cochon qu’on égorge. Elles n’étaient pas d’accord sur la façon d’habiller la cadette, Lali, et celle-ci était prise à parti par l’une, puis par l’autre. Et c’est au moment où la salopette rose avec des paillettes mauves se déchira que Lali se mit à pleurer comme une fontaine et que la fée marraine explosa.

– Je n’en peux plus de vos disputes, de vos cris, de vos jérémiades, de votre comportement de vilaines petites cochonnes.

Les mots éclataient dans l’air, grondant, menaçant, et fouettant les oreilles des 3 petites sœurs. La marraine joua de sa baguette magique et en un tour d’étincelles et de poudre magique volante, elle se retrouva au milieu de la forêt bleue* avec les 3 petites cochonnes sous les bras.

HOP ! Elle les jeta à terre, lança un tourbillon de feuilles mortes et disparu aussi vite qu’elle était venue.

Dans la forêt bleue, un silence noir s’abattit sur les 3 petites créatures roses. Plus un cri ne perça, plus une larme ne roula. Lali renifla comme seuls les petits cochons savent si bien le faire et osa un timide « où sommes-nous ? »

Lala, l’aînée réfléchit très vite et lui répondit :

– Nous sommes dans la forêt bleue, en Belgique, la forêt la plus étrange qu’il soit où les arbres sont bleus.

– En quoi est-ce qu’elle est bizarre cette forêt ? demande Lili.

– Les arbres se ressemblent tous ; en journée, ils se confondent avec le bleu du ciel et la nuit, le noir les engloutis, répond Lala d’une voix mystérieuse et envoûtante.

– Ma… Ma… Marraine nous a… a…. abandonnées ! pleurniche Lali.

Nous sommes dans l’après-midi. Le ciel est d’un bleu chaleureux, et les arbres, en tenue de camouflage, sont parsemés de petites taches blanches ressemblant à des nuages de beau temps. De fait, ils se ressemblent tous, certains sont certes un peu plus petits ou un peu plus gros, mais aucun n’a une caractéristique particulière qui fait qu’on pourrait le reconnaître à coup sûr.

C’est pour cette raison que ceux qui pénètrent, de gré ou de force, dans cette forêt, n’en ressortent que très rarement. Ils s’y perdent et par épuisement, par défaite, ils décident de s’installer dans cette forêt pour l’éternité.

Nos 3 petites cochonnes ne savent pas que le peuple de cette forêt est condamné à ne jamais sortir du couvert de ces arbres. Lala s’en doute, mais elle ne veut pas faire peur à ses sœurs et se tait donc. Lili réfléchit à sa nouvelle situation et commence à récolter tout ce qu’elle trouve à terre pour marquer son chemin. Quant à Lali, son groin coulant de morve, c’est comme si le monde s’écroulait sous ses pattes. Elle n’aime pas cette forêt, elle est fatiguée et elle veut rentrer à la maison.

Cinq petites, brèves, minutes s’écoulent avant qu’un nouveau malentendu n’éclate entre les frangines. Chacune se rejetant la faute, accusant l’autre d’avoir crié trop fort et d’avoir provoqué la colère de la fée marraine.

Tout à coup, attiré par les cris et les grognements, une petite créature presque toute de noir vêtue, fait son apparition. C’est un chat, pas très grand, pas très gros, et qui se déplace sur ses deux pattes arrières qui les interrompt :

– Excusez-moi mesdemoiselles, auriez-vous vu mon autre botte ? Mon maître m’a pris pour un chien quand il l’a lancée pour que j’aille la chercher… enfin, je crois, c’est que ces derniers temps, il avait l’air d’en avoir marre de m’avoir entre ses pattes. Enfin bref, je ne vais pas vous raconter toute ma vie, il paraît que je suis trop bavard… Avez-vous donc aperçu une botte comme celle-ci ? dit-il en montrant celle qui lui restait.

A la vue de ce petit chat, trop mignon, trop bavard, on entend d’une seule et même voix :

– Oooh ! Il est trop chou.

Et sans lui laisser le temps de comprendre, les 3 sœurs se jettent sur le petit chat, le prenne dans leur bras, le caresse, lui donne des bisous tout doux. Il en perd sa deuxième botte et sa voix. Finalement, ce n’est pas si mal de se faire dorloter par ces filles… il en oublie la raison de sa venue et se laisse choyer tout le reste de l’après-midi.

Pour une fois que Lala, Lili et Lali sont d’accord sur une chose, personne n’oserait interrompre cet élan d’affection et cette solidarité fraternelle.

C’est le soir, quand les ventres crient famine, que les petits cochonnes se décident à chercher à manger. Emmitouflé dans leurs vêtements qu’elles ont assemblé rien que pour lui, le chat botté qui n’est plus chaussé, attend patiemment qu’on vienne lui apporter à manger. C’est qu’il aime se faire servir le coquin !

Lala, Lili et Lali partent donc dans 3 directions différentes. Aie aie aie, elles se perdent rapidement et ne retrouvent plus leur chemin ! Trois heures passent quand le chat, affamé, décide enfin de bouger un peu son popotin. Il parle, parle, parle… tout seul. Il miaule, miaule, miaule, toujours tout seul. On ne voit pas très bien ce qu’il fait, mais il fait quelque chose. En grattant le sol, il miaule encore et toujours. Puis, après avoir creusé et retourné la terre sur un bon morceau de terrain, il regarde derrière lui, puis à gauche, enfin à droite. Rassuré qu’il n’y ai personne, il lève la patte et se soulage. Il fait pipi partout ! C’est qu’il en a une grande vessie à vider ! Une fois son besoin terminé, il se réinstalle au centre de son nouveau territoire et patiente. Il ne doit pas attendre bien longtemps, car très vite, quelque chose pousse de la terre. Partout où il a gratté (et pissé), un mur se dresse ! Et, étrangement, un parfum épicé (eh-pissé) envahit la forêt.

Au même instant, une note musique perce le silence relatif de la forêt à moitié endormie. Les habitants habitués savent ce que cette mélodie signifie : le grand méchant loup va à la pêche au cochon. Tel un magicien, le loup souffle dans sa flûte enchantée. Attirées par la musique envoûtante tel un moustique par le sang, les 3 petites cochonnes, perdues, marchent dans la même direction : celle du loup ! Mais, mais… le loup s’arrête tout à coup de souffler dans son instrument. Il a senti une odeur bien meilleure que celle des 3 petites sœurs. Une odeur qui lui fait baver, légèrement épicée, légèrement sucrée ; ça fait si longtemps qu’il n’a plus goûté à une telle gourmandise. Il marche un peu, renifle , puis siffle dans la flûte. Il marche, renifle, siffle. Il renouvelle cette combinaison quinze minutes durant. Puis, il s’arrête définitivement. Les 3 petites cochonnes aussi. Sans le faire exprès, il a ramené les sœurs tout près de leur ami botté. Et ce qu’il voit, ce que les filles voient, est ahurissant. Devant cette petite troupe étrange, se dresse un véritable château en pain d’épices !

Lala, qui n’en revient pas, est la première à recouvrer la parole :

– Mais, tu es magicien ? Tu aurais pu nous dire que tu savais faire pousser de la nourriture, cela nous aurait éviter de nous perdre en pleine forêt, rouspète-t-elle l’estomac dans les talons.

Le chat a perdu sa langue (le comble, non ?), il ne répond pas car derrière Lala, Lili et Lali, le grand méchant loup se lèche les babines. Il se serait bien caché sous sa cape d’invisibilité, mais il l’a prêtée la semaine dernière à Harry Potter. Alors, il pointe le loup avec une griffe tremblante et marche à reculons s’enfermer dans son abri délicieux.

Face à face, le loup ne mâche pas ses mots envers les petits cochonnes :

– Le deal est simple. Vos vies sauves à toutes les 3 contre le pont en pain d’épices et ses chaînes en sucette.

– Pardon ? Ose demander Lili. Vous nous abandonnez pour du sucre ? C’est du délire !

Le loup, un peu rouge de honte, avoue :

– Oui, je préfère les friandises à la viande.

– Par mes moustaches, j’ai tout entendu ! Bien sûr que je lui offre volontiers le pont, s’il vous laisse saines et sauves. J’ai besoin de vous mesdemoiselles, j’ai un ronron dans la gorge qui veut sortir… et puis, j’ai plein d’histoires à vous raconter.

*Forêt bleue : elle existe bel et bien ! Il s’appelle plutôt le Bois de Hal, il se situe en Belgique, à 30 min de Bruxelles. Entre le printemps et l’été, le sol se couvre de jacinthes sauvages, donnant le nom féérique de forêt bleue.