Atelier d’écriture créative : inventer un nouveau métier

Toujours lors de mon atelier d’écriture de décembre, au château du Sartay avec Stéphane Van Hoecke, j’ai aimé écrire sur ce nouveau métier.

Il fallait, à partir d’un métier associé à deux métiers existants, écrire une offre d’emploi et une recherche d’emploi.

Mon métier : Professeur pour fleurs sauvages

Annonce d’emploi : je cherche

Grand jardin de château cherche professeur particulier pour l’éducation des fleurs sauvages (semer, propager, protéger, nourrir, soigner). Connaissance en botanique exigée. Diplôme en expérimentation florale sauvage demandée. Formation en chuchoteur de pollen appréciée. (possibilité de suivre cette formation sur place).

Contrat à temps partiel, en toutes saisons, du lever au coucher du soleil, trois jours par semaine.

Petit plus : si vous connaissez et pratiquez la langue des insectes.

Vous vous reconnaissez dans ce profil ? Envoyez votre candidature sous pétale fermé à l’adresse du château ci-dessous

Annonce d’emploi : j’offre

Professeur pour fleurs sauvages, né dans un parterre de coquelicots, je vous propose mes services de spécialiste.

Fraîchement diplômé il y a trois hivers, je partage mes connaissances florales et mon savoir-faire avec grand plaisir. Je butine aisément, parle six langues entomologistes couramment. Je vis et virevolte avec la lumière du soleil.

Ayant fait ma thèse sur les butineuses sauvages à six pattes en Asie, les fleurs étrangères ne me font pas peur, je sais quand et comment les remettre dans leur droit chemin, les inviter à aller voir ailleurs.

Doctorat en cours de finalisation : chuchoteur-fumeur pour enfumer les frelons asiatiques.

Master complémentaire : Savoir remettre les points sur les i chez les coccinelles qui ne sont pas endémiques.


PS : l’image et le livre en couverture de l’article, n’ont rien à voir avec mon texte, c’est juste qu’à la lecture de ce métier, j’ai aussitôt repensé à ce livre que j’ai lu il y a pourtant plus d’un an !

Raconter des salades… de contes, recueil de contes détournés

Aujourd’hui, 01/08/2020, je vous présente mon dernier-né en livre papier :
Raconter des salades… de contes.

Cette idée de recueil est venue grâce au challenge du Nanowrimo, où nous, « nanobes », essayons, par plaisir, par goût du jeu, par défi, d’écrire 50.000 mots sur le seul mois de novembre. Personnellement, j’aime les histoires courtes et j’adore les contes. Et cette idée faisant son petit bout de chemin, je me suis procuré le livre de Mireille Pochard Écrire des contes, 200 propositions d’écriture. Ce livre m’a été d’un grand secours, car j’ai pu piocher, par affinité, une bonne dizaine de propositions pour écrire, tous les jours, un conte différent. Au 30 novembre, mon compteur de mots affichait près de 45.000 mots pour 21 nouvelles. Je me suis arrêtée là, assez fière de moi.

Après avoir choisi quinze histoires, Stéphane Van Hoecke m’a donné son avis et son retour sur toutes mes histoires. Stéphane a fait un travail remarquable sur mon recueil. Non seulement, il m’a donné un regard critique et constructif sur mes histoires, mais il m’a aussi donné d’excellents conseils. Ce livre ne serait pas tel qu’il est là, sans lui.

Je lui cède donc la place. Stéphane Van Hoecke a écrit la préface de mon livre avec des mots si justes, si doux, si vrais.

Il faut dire que c’est lors de son stage d’initiations aux contes (novembre et décembre 2019) que j’ai pu trouver les ingrédients nécessaires à la fabrication de trois des quinze nouvelles !


Préface

Dès qu’on parle de « salade », on pense à un mélange, un ensemble de choses très diverses assemblées de façon un peu hétéroclite, apparemment désordonnée. On entend aussi des histoires, des mensonges racontés…

Et ici, l’on trouvera bien des « contes » en salade, des histoires racontées avec pour vinaigrette un imaginaire et un merveilleux bien particuliers. Et plus encore…

Un livre de recettes ?

On pourrait dire : prenez un conte traditionnel, connu, classique. Ouvrez-le, retirez-en les personnages, séparez-les, placez-les dans un autre plat, avec d’autres ingrédients, mélangez le tout, assaisonnez de multiples petites épices émotives et… observez le résultat. Et bien, c’est comme de la magie…

C’est ce que nous présente Cécile Ramaekers, l’auteure de ces pages nées au détour de divers jeux d’écriture.

Amoureuse de l’écriture, des livres, des animaux, des histoires, Cécile nous livre là un recueil d’histoires étonnantes de force et d’émotions.

Des histoires, des contes, oui !

Les contes parlent de nous tous, de nos peurs et de nos joies, de nos rêves et de nos désirs. En cela, ils se placent dans la tradition des contes classiques, ces paroles universelles qui disent l’homme au-delà du temps et de l’espace. Et ici aussi, ils sont ancrés dans notre réalité de vie sociale autour d’un village de campagne.

Vous allez être pris dans le rythme de chacune de ces histoires, où se mêlent le goût du souvenir, le plaisir du reconnu dans cette matière des contes de notre enfance et ces nouveautés, ces tours et détours neufs qui créent la surprise et un émerveillement nouveau.

L’écriture se fait tour à tour rivière et torrent, gouttelette et vapeur, et coule et glisse, légère, sauvage, réaliste et poétique tout à la fois.

Mais il y a un plus dans ce recueil.

Chaque histoire est l’occasion d’informer, d’apprendre et aussi et surtout de revendiquer, dénoncer, défendre certaines causes.

L’auteure manifeste, à travers chacune de ses histoires, sa sensibilité et son souci pour la cause animale. Le pauvre animal, si grand et fort dans les histoires, peut se révéler petit, bafoué, rejeté, pourchassé et maltraité dans la vraie vie. En lui donnant une place, un rôle, une force, une humanité pourrait-on dire, l’auteure nous le présente comme un être vivant qui a droit à tout notre respect et égard.

Je crois même que « certaines petites bêtes poilues » — des petits chats pour ne pas les nommer — ont participé à la création des histoires : leur regard, leur mouvement, leur souffle ont aidé l’auteure dans le choix des idées et des mots.

Et au-delà du genre animal, plaçons aussi le genre humain avec toutes ses difficultés, blessures et pauvretés : les personnes âgées, les malades, les enfants, les étrangers, les sans-abris, tous ces « laissés pour compte » sont devenus sous la plume de la conteuse, des « pris en conte » : reconnus, justement remis en considération.

Écrire des contes, c’est plus que raconter des histoires : c’est comprendre que les mots ont le pouvoir de nous entraîner dans un grand voyage au fond de nous-mêmes. C’est rêver, éveiller ce bonheur de vivre en chacun. Tout simplement, célébrer la beauté de la vie. Ensemble.

L’invitation est faite…

Le livre de recettes de contes est ouvert, la table est dressée, les contes sont maintenant à déguster…

Stéphane Van Hoecke


L’idée de vendre ce livre au profit de l’association Rêve d’Enfants n’est pas récente. Généralement, dans la mesure du possible, j’essaie de soutenir une association, belge, qui me tient à cœur.

Mon premier roman jeunesse Faire pousser des oiseaux, a soutenu Make a Wish (de Bruxelles). Le recueil de nouvelles « nature » Démarrer au quart de tour, m’a permis d’aider L’Aquascope de Virelles et son centre Creaves, hôpital pour les animaux sauvages.

J’aimerais pouvoir aider bien plus d’associations que ça, surtout avec la pandémie que nous connaissons actuellement, mais il me fallait faire un choix. Cette année, j’ai donc décidé de participer financièrement au rêve d’un enfant malade ou hospitalisé.

Si vous aussi, vous souhaitez m’aider dans ce projet, achetez un livre 😊

Pour mes amis qui sont en Belgique, sachez que j’aurai une réserve de ces livres à votre disposition et que si vous passez par moi, votre contribution à Rêve d’Enfants, sera doublée ! En remerciement à vos encouragements et soutiens, je glisserai un marque-pages personnalisé à l’occasion de votre achat. Dédicace offerte sur simple demande.

Mais vous pouvez bien sûr le commander dans toutes les bonnes librairies, en Belgique, en France ou ailleurs ! Pour ce faire, il vous suffit de mentionner le numéro ISBN. Un marque-page envoyé par la poste pourra toujours être d’actualité, les frais d’envois seront moins chers pour une simple lettre que pour un livre 😉

Sachez que pour ceux et celles qui habitent en France, si vous n’avez pas une librairie tout près de chez vous ou que celle-ci ne sait pas passer commande, vous pouvez toujours passer par Atramenta, les frais de port seront gratuits aussi !

Les dessins qui séparent le livre en 4 parties + la partie « explication » de mon imaginaire, on les doit à Venita Oberholster de Artsy Bee Digital.

Les illustrations du conte « La Princesse et l’Araignée », viennent de la magnifique, poétique et douce plume de Julie Koch.

Raconter des salades

Vous le savez, j’adore les histoires. En lire, en écrire, en raconter.

Aujourd’hui, je suis heureuse. Contente. Impatiente. Je me sens légère (malgré ma prise de poids, c’est un comble). Je me sens bien. Gaie. Souriante. Un bouquet de bonheur épanoui ses pétales dans mon cœur.

Ce matin, j’ai vu, regardé, admiré un fichier sur mon ordinateur. Du texte. Plein de texte. Des histoires. Des contes. Mes histoires. Mes contes. Mon imagination. Et des illustrations de Julie Koch et de Artsy Bee Digital. Ce fichier, c’est mon dernier recueil à paraître en autoédition chez Atramenta.

Vous le savez, j’aime écrire et démarrer au quart de tour avec des jeux d’écriture. Hélas, je ne suis pas aussi rapide pour me corriger ou revoir mes histoires. Et si j’ai beaucoup hésité avant de terminer ce recueil, hésité à le faire éditer, voir le résultat final avant impression balaye tous mes doutes !

Qu’est-ce que cela sera quand je tiendra mon livre entre mes mains ? 😄

Cette année, ce livre sera vendu au profit de l’association belge « Rêve d’enfants ». Une petite ASBL liégeoise qui aide les enfants malades et hospitalisés en réalisant leur rêve.

Le livre tient entre ses feuilles une dizaine de contes. Il fait 160 pages et est agrémenté de quelques illustrations en couleurs. Je ne connais pas encore le prix de vente, mais je pense qu’il ne devrait pas excéder 15 euros.

Dès ce week-end, je vais préparer un marque-page pour vous qui souhaitez acheter le livre et ainsi contribuer au don que je remettrai à l’association d’ici la fin de l’année.

Plus de détails prochainement.

dans ma main, atelier d’écriture

Avant le confinement, j’avais commencé un atelier d’écriture à la bibliothèque de mon quartier. L’animatrice, Jacqueline Leyder a poursuivi et motivé « sa troupe » sur la plateforme padlet. Malheureusement, j’ai énormément de mal à me faire à cette plateforme et je n’ai plus poursuivi nos échanges là-bas.

Néanmoins, j’ai adoré écrire ce petit texte ci-dessous. Il y a deux versions :
La première, grâce à un poème pioché au hasard parmi d’autres, on devait choisir un petit extrait (quelques mots, une ou deux phrases) et démarrer un texte en incluant cet extrait, au commencement ou en intégrant comme on préfère les mots ou les phrases.
La deuxième version consistait à jouer avec notre premier texte, mais en y enlevant tous les verbes. Cela a été un vrai challenge pour moi et je suis plutôt contente du résultat :-)
Malheureusement, je ne retrouve plus ma feuille avec tous les poèmes pour identifier leurs auteurs.
J’ai donc mis en rouge, les mots et phrases que j’ai choisis… dans 2 poèmes.

VERSION 1

Ce matin, j’avais mis quelques miettes de poèmes dans ma main, comme on attire les pigeons. Attiré par cette promesse de trésor roucoulant, un vers s’était posé naturellement dans ma paume.

Mon autre main était venue par-dessus et formait ainsi un dôme, un bouclier pour vers naissant. Un bouclier ou une armure en peau de mots, renforcée, pour le préserver. Le préserver, le nourrir, le voir grandir, mais aussi pour le protéger. Le protéger de tous les doutes, de tous les jugements, de tous les dangers assurément.

Je n’avais pas encore terminé de l’admirer, qu’un premier ennemi venait d’arriver. Celui-ci émergeait de ma manche ! Ma manche qui couvrait mon poignet et d’où sortait, comme par magie, un insecte étrange.

C’était un insecte minuscule, qui dépassait de mon pull. Une bestiole ridicule, un atome, une molécule. C’était un point rouge doté de pattes, couleur d’hémoglobine, infime goutte de sang, odeur putride d’urine. Avec ses iris noires comme la mort, l’insecte semblait me défier du regard. Il avait levé une patte, fermé ses mandibules et sous mes yeux étonnés, il s’était carapaté.

Un instant plus tard, une patte levée en l’air, comme figée dans le temps, l’insecte à présent recroquevillé semblait ne plus vouloir bouger. Il était comme absent, mais néanmoins bien présent, comme lorsque nos pensées se perdent dans la voûte du ciel étoilé.

Dans ma paume, sous le dôme, le vers n’était pas fier. Il connaissait cette bestiole minuscule, cet insecte ridicule. Il n’était pas le seul de la sorte. Le vers, sans en avoir l’air, l’avait déjà mis à la porte. La frontière entre leur deux mondes était fine. Tapis dans l’ombre, l’insecte pourpre se régalait des hésitations du vers gringalet. Plus le vers était incertain, plus l’insecte prenait de l’embonpoint.

Ce matin-là, j’avais fait un choix : quand le vers s’était blotti au creux de ma main, d’un revers j’avais envoyé valdinguer la bestiole minuscule, loin. Très loin. Une chiquenaude avait suffi à clore ce curieux épisode.

Dans le brouillard de ma mémoire, la lumière avait fini par me donner un espoir certain.

VERSION 2 : sans verbe

Quelques miettes de poèmes dans ma main. Dans ma paume, un vers.
L’autre main par-dessus. Un dôme, un bouclier pour vers naissant, pour un nouveau-né.
Armure en peau de mots. Renfort, préservation, cocon pour évolution.
Nourriture, abri, protection.

Non aux doutes. 
Non aux jugements.
Non à tous les dangers.

L’ennemi puissant. Insecte étrange. Ravageur. Insecte minuscule. Bestiole ridicule. Un atome. Une molécule. Un point rouge sur des pattes. L’ennemi de l’imaginaire.
Le grand-méchant, tout puissant, du vers. Couleur d’hémoglobine, infime goutte de sang, odeur putride d’urine. Des iris noires comme la mort. 
Puis, un regard, un défi. Une réaction à l’opposé ; yeux étonnés, mandibules fermées. Statue. Immobilité bien gardée. Étrangeté.

Pas de confiance, mais de l’espoir.
Pas de l’espoir, mais de la volonté.
Pas de volonté, mais de la réaction.

Le choix du matin, le vers au creux de ma main, la bestiole minuscule, d’un revers de l’autre main, chiquenaude au loin. Très loin. Plus d’ennemi. Ouf !

Dans le brouillard de ma mémoire, illumination d’un espoir certain.

Le loup masqué, atelier d’écriture

Encore un petit texte écrit après un atelier d’écriture à distance via l’application zoom, et avec Christian Schaubroeck.

Je dois préciser que j’ai écrit cette histoire une semaine après l’atelier. Durant l’atelier, j’étais partie complètement ailleurs. La consigne était d’écrire un conte à partir du point de vue du méchant d’un conte traditionnel. Immédiatement, j’ai pensé au conte « Le loup et les 7 chevreaux », mais pour une raison que j’ignore, je suis partie sur « Le vilain petit canard », où il n’y a, à priori, pas de véritable méchant. Je n’ai pas terminé cette histoire, car je me suis retrouvée coincée, à ne plus savoir comment développer mon texte.

Si l’envie me prend, je terminerai la première histoire et la partagerai ici.

Le loup masqué

Voilà presque deux mois que le loup est confiné dans son bois. Depuis l’annonce de la pandémie, il pense être atteint de folie ! Il a peur d’attraper la maladie et, pour l’anniversaire de sa mère, de ne plus être en vie. Alors, il a décidé d’appliquer, à son niveau, les mesures de sécurités qui ont été recommandées pour les Pasbeaux, ces vilains humains, ces idiots de voisins.

Hélas, la faim arrive sans crier gare. Voilà deux mois, depuis le confinement, qu’il n’a plus mangé d’enfant, il commence à en avoir marre. Pour ne pas tourner en rond et surtout pour changer de la nourriture de cochon, sa maman l’envoie immédiatement chez sa mère-grand pour lui apporter un masque et des gants afin qu’elle aussi puisse se protéger du virus, sans être contaminée. Trop heureux de se dégourdir les pattes, le loup accepte la mission avec hâte et sans poser de question.

Il est à peine sorti de son territoire (toujours dans la forêt, vous pouvez me croire), qu’il doit se frotter les yeux à la scène qu’il vient de voir. Devant lui, à treize longueurs de queue de souris, il découvre un paradis appétissant et très tentant. Pas moins de sept chevreaux jouent à cache-cache.

– Oh ! La vache, heu, la chèvre ! dit le loup en salivant. J’ai bien l’impression qu’ils sont seuls et isolés, ça va me changer du cochon que maman fait toujours brûler. Oui bon, même si ce sont des sangliers que nous n’arrêtons pas de dévorer, de tendres petits chevreaux, c’est tellement meilleur, surtout avec leur peau caramélisée au beurre salé.

Le loup a une pensée pour sa mère-grand qui ne s’est plus mis de chèvre sous la dent depuis tellement longtemps !

-Il y en a sept si j’ai bien compté. C’est plus qu’assez, on aime bien partager. Il suffit de bien réfléchir, de ne pas être impatient ou trop gourmand, et je vais tous les occire, pense-t-il en rigolant.

Malheureusement pour lui, le loup a été repéré. Trop fort, il a rigolé.

-Eh ! Loup masqué ! T’es pas futé de rire à gorge déployée. Toi qui espères nous manger, c’est raté, lui dit la petite chèvre qui est sorti de sa cachette en prenant la poudre d’escampette.
-Qui te dit que c’est raté, petite effrontée ? grogne-t-il à son encontre en sortant sa montre.

Il est sept heures du soir. Le loup déteste être en retard. Le souper chez lui, vers vingt-heures est servi. Le territoire de la mère-grand n’est plus très loin assurément. Mais s’il doit passer du temps à courir après ces sept garnements, il n’est pas certain d’être à l’heure pour le festin.

-Youh ! hou ! Loup est-tu là ? chantonne un autre petit repas.
-Que fais-tu ? Nous entends-tu ? lui crie un autre avec un chapeau pointu.
-Laissez-moi réfléchir à la façon dont je vais vous cuire, leur répond le loup qui s’est caché à son tour dans un trou.

Le loup et les sept petits s’amusent à jouer au chat et à la souris.

Ce petit jeu se prolonge bien trop tardivement pour le loup qui y songe rapidement.

L’obscurité arrive bien vite dans ce bois enchanté. Le loup masqué abandonne sa mission et pense qu’il est temps pour lui de s’émanciper sans condition. Ce petit jeu lui a ouvert l’appétit. Son ventre crie famine, il se lèche et relèche ses babines. Son masque jeté à terre, il respire un bon bol d’air et bondit sur sa victime sans un cri.

Sa mâchoire se referme brusquement dans un claquement de dents. Il l’a ratée, loupée, il est passé à côté ! Trop futées pour lui, le loup qui n’est plus masqué a abandonné la chasse aux sept petites chèvres. Il n’est finalement pas si bête. Car des amis avec lesquels il pourra jouer durant des années, n’a pas de prix. Jouer ou occire, il faut choisir. Et le loup préfère jouer que manger.

Dans son nouveau territoire, entre celui de sa maman et de sa mère-grand, le loup a beaucoup d’espoir. Pas plus tard qu’hier, il a entendu des cris crever l’air : bientôt, il va pouvoir manger trois petits cochons que leur mère a chasser dans un sermon.

-Hum, de la viande de cochon, c’est trop bon, dit-il en salivant à ses nouveaux amis.
-Nous on préfère l’herbe, allons voir si elle n’est pas plus verte ailleurs, lui répond la petite chèvre, futur tailleur de bonheur.
-Moi, j’aime aussi les fruits d’ici, des fruits, des fruits, encore des fruits, chantonne une autre petite chèvre, future cuisinière.

Et ensemble, ils chantent. La voix du loup est la plus grave, mais dans cette histoire qui n’est pas un conte, ce n’est pas ça qui compte.

Un, deux, trois, promenons-nous dans les bois. (c’est le loup qui commence)
Quatre, cinq, six, cueillir des cerises. (ici, c’est la chèvre, future cuisinière)
Sept, huit, neuf dans mon panier neuf (à ce refrain, le petit chaperon rouge les a rejoints)
Dix, onze, douze, elles seront toutes VERTES comme l’herbe (crie tout sourire la petite chèvre tailleur de rire – et créateur de bonheur)

mon conte médiéval, à lire et à écouter

Grâce à Christian Schaubroeck qui, durant le confinement, a offert à plusieurs personnes la possibilité de participer à ses ateliers d’écriture via vidéo, j’ai écrit mon premier conte médiéval.

Après avoir reçu différents liens sur le vocabulaire de l’époque et 10 mots à intégrer dans le texte, voici mon histoire.

Elle est un peu longue, c’est pourquoi après les premières lignes d’introduction, je vous donne la possibilité de télécharger mon conte en version PDF ou de l’écouter.

Belensaire, en l’An 1393

Arthur est un gringalet de dix ans. Fils de forgeron, il doit rentrer en
apprentissage auprès de son père en fin de saison. Le jeune garçon a un visage ovale, un corps tout en os, des mains douces aux longs doigts fins et un regard pétillant d’intelligence. Il a beaucoup d’énergie, de curiosité et de volonté. Il aime prier et rendre service aux aînés. Depuis qu’il est en âge de marcher tout seul, le fillot rend visite à un gentilhomme qui vit au monastère. Ces visites sont occasionnelles et de courtes durées. C’est son plus grand secret.

Son frère de lait, Basile, est fils de la meilleure amie de sa mère qui est décédée en couches. Mais Basile, mis à part les seins de sa mère, n’a jamais rien partagé avec lui. Basile a grandi avec son père et les garçons se sont perdus de vue depuis fort, fort longtemps.

Constance, l’aînée d’Arthur, doit bientôt se marier. Constance est tout l’inverse d’Arthur : grande, dégingandée, à la longue, très longue chevelure de feu et à l’ossature robuste. Constance ne sait peut-être pas lire ni écrire, comme la plupart, si pas la majorité des paysans, mais elle aime faire ses propres expériences et retient absolument tout grâce à une mémoire exceptionnelle. C’est ainsi qu’elle se fait remarquer dans le village avec ses soins étranges préparés uniquement à base de tout ce qu’elle trouve à portée de main. Les avis la concernant sont partagés, assurément elle a une réputation à protéger.

Disons-le sans respit[1] : Arthur et Constance ne s’apprécient pas ! Arthur, fils de forgeron, va devoir succéder à son père. Or, il n’est pas du tout bâti pour maîtriser feu et métal. Depuis que le monastère lui a fait découvrir le plaisir de la lecture et l’écriture, il rêve de gagner ses éperons et souhaite ardemment travailler, outre les prières, le métier du livre !


[1]Sur le champ

Aurevoir janvier, bonjour février

Ce mois de janvier, je ne l’ai pas vu passer !

L’énergie, c’est comme l’humeur, parfois elle est bien haute, lumineuse et belle, parfois, il vaut mieux passer son chemin et ne pas l’attendre ou espérer qu’elle revienne. Elle finit toujours par revenir…

Tout vient à point à qui sait penser à autre chose  :-)

Il ne faut pas croire que quand je ne publie rien sur le blog, je ne fais rien chez moi.

J’ai été à deux doigts de supprimer ecrimagine. Car cela me demande beaucoup de temps, et de connexion à Internet, aux écrans… et je suis dans un passage où j’ai envie de limiter ces dépendances.

Alors, en attendant, je me suis amusée à découper et coller des mots et des images. Comme ça, sur une page blanche…

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J’ai d’abord fait des trucs à ma manière, après avoir lu un chouette livre, pour mes envies de réalisations pour 2020, comme ça, au petit matin, dans le silence de la maison encore endormie.

Puis, j’ai trouvé le livre de Josette Carpentier. Et j’y ai trouvé une certaine liberté, des idées et j’ai continué.

Ensuite, j’ai lu des articles intéressants dans diverses revues comme « Flow » et « Happinez« . Et j’ai décidé de ne pas supprimer ecrimagine. Et j’ai décidé de ne pas me mettre la pression. De faire ce que j’ai envie, quand j’en ai envie. Et d’y aller à mon rythme, sans pression, sans résultats attendus si ce n’est juste le bonheur de me faire plaisir.

Et j’ai lu. Beaucoup.* (1)

Enfin, entre divers moments, j’ai rangé ma maison. J’ai donné des affaires. Un peu, beaucoup ! J’ai fait le tri, j’ai jeté, j’ai recyclé, j’ai fait plaisir. Et même si ça ne se voit pas, en moi, dedans, je me sens plus légère. Pas de beaucoup, mais ça me suffit pour le moment.

J’ai revu une amie : Sandrine. On a parlé, un peu, beaucoup, énormément. Elle m’a écouté, un peu, beaucoup, énormément. Par un soin énergétique, j’ai lâché-prise, je me suis « abandonnée », je n’ai pas pensé une seule fois à l’heure. J’étais bien. Sereine. Apaisée. En confiance. Le trajet du retour a été sans stress, sans crainte, sans peur ! Le bonheur !

Vicky sep2019

Durant ce premier mois de janvier, notre vieille chatte Vicky (15 et demi) a failli ne plus être des nôtres. Mais j’ai su écouter les signes du destin : une violente migraine subite m’a fait comprendre que ce n’était pas son heure. Elle passait juste un mauvais moment, mais ça allait aller mieux après. Et de fait. Elle est toujours là parmi nous, sans souffrance, avec un appétit fluctuant et une langue bien pendue. Elle bavarde beaucoup plus qu’avant, sans doute a-t-elle réalisé qu’elle devait faire quelque chose si elle voulait qu’on la comprenne et qu’on l’écoute un peu plus…

Son vétérinaire a aussi été à mon écoute : merci Daniel !

En janvier, j’ai aussi participé à des ateliers d’écriture : Laurent et Jacqueline.

En janvier, j’ai aussi décidé de développer mon activité bénévole de lecture aux tout-petits.

En janvier, j’ai fait l’école à la maison pour mes enfants durant toute une journée (suite à une grève des transports publics chez moi). Et j’ai adoré. Et mes enfants aussi ont apprécié, même si ma grande est tout à fait autonome…

Enfin, dans les derniers jours de janvier, j’ai fait connaissance d’une personne adorable. En parlant avec elle, j’ai eu envie de continuer sur cette voie que je me trace tout doucement, la mienne, qui est belle et que j’ai envie de partager avec des gens comme cette dame. Merci d’être venue vers moi ! Et merci à Chantal, conteuse, souffleuse de rêves d’être là et d’être notre amie, notre formatrice, notre confidente :-)

Janvier, c’est terminé.

Aujourd’hui, commence février.

Pas de projets arrêtés et décidés. Juste des envies à partager.

En février, j’ai corrigé mon recueil (merci Pascale, sans toi, cela aurait été autrement plus difficile et long). Normalement, je devrais pouvoir envoyer le fichier définitif à Atramenta courant ce mois. L’association qui va pouvoir bénéficier du produit de la vente de ce livre sera liégeoise, elle aide les enfants hospitalisés. Plus de détails dans un prochain article.

En février, j’ai eu l’idée du prochain projet de livre. Un recueil de photos et de poèmes (Haïkus) de trois générations : ma maman, moi et ma fille. Ce n’est que l’ébauche d’une idée, tout doit encore être discuté, imaginé, travaillé, examiné. Mais on a le temps… je vous parlerai bientôt d’un livre que j’ai découvert et qui est tout simplement merveilleux dans ce domaine.

En février, je vais jouer sur un gros travail scolaire de mon fils. En lien avec un livre et la lecture ! Prochain article également à découvrir tout bientôt.

En février, je vais aussi vous parler de mon activité bénévole en développement.

Février ne fait que commencer et pourtant il est déjà rempli de belles promesses d’amusement.

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* (1) mes livres de fiction lus dernièrement. Lus et appréciés, un peu, beaucoup, passionnément :

  • Trilogie BD : Yin le dragon, de Marazano et Xu Yao, éditions Rue de Sèvres
  • BD, tomes 1 et 2 : Léonid, les aventures d’un chat, de Brémaud et Turconi, éditions Soleil
  • Manga : Magus of the Library, de Mitsu Izumi, éditions Kioon Kizuna
  • Les ombres de Brocéliandes, de Lynda Guillemaud. Lu en numérique. (montage mots, images et coloriage après lecture de ce livre)
  • Au petit bonheur la chance + Minute papillon, de Aurélie Valognes, éditions Le livre de poche
  • Ne vous disputez jamais avec un spectre, de Gudule (emprunt bibliothèque)
  • Firmin, autobiographie d’un grignoteur de livres, de Sam Savage, éditions Babel
  • Contes merveilleux chinois, de Hsou Lien-Tuan et Simone Greslebin, éditions La petite ourse Lausanne (emprunt bibliothèque)
Tous les montages de mots et d’images proviennent des revues que j’ai chez moi, un petit mélange de revues zen, bien-être, relaxation.