Marcher sans but…

…  et rencontrer la bonne personne au bon moment

Et si une simple balade devenait le point de départ d’une belle rencontre ? Parfois, sans chercher, on reçoit exactement ce dont on avait besoin. Ce soir-là, j’ai suivi mon élan, et la vie m’a offert un moment suspendu, inattendu et profondément juste.

Un pas après l’autre…

Ce soir, après le souper, je me suis décidée à marcher. J’essaie d’en faire une habitude. Avant les vacances, j’étais bien partie. Pendant les vacances aussi. Mais depuis la reprise, la pluie s’est invitée et, avec elle, ma motivation a un peu glissé sous la table.

Alors ce soir, sans trop réfléchir, je me suis remise en mouvement. Objectif : 5000 pas. Pas pour une course, ni un défi. Juste pour respirer. M’aérer. Mais marcher sans but précis, ce n’est pas encore évident pour moi. Alors je choisis une direction : la boîte à livres à 2,5 km de chez moi. Un repère.

Je pars sans prendre de photos. Lentement. J’essaie.

Une rencontre inattendue

Arrivée devant la maison communale, où se trouve la boîte, je croise une dame du quartier. Plus âgée que moi. L’âge de ma maman. Nous ne nous connaissons pas, mais nous voilà toutes les deux à fouiller les livres. La boîte est bien garnie ce soir. Ce petit détail suffit pour ouvrir la conversation.

Et puis, naturellement, on parle. Beaucoup. Vraiment beaucoup ! On partage des petits bouts de nos vies. Un peu du passé. Un peu du présent. Un peu de l’avenir.

Et puis, voilà que je lui parle de mes ateliers d’écriture, de mes livres, de ce que j’appelle mon « métier cœur », mon projet, en pleine gestation. Elle m’écoute. Elle partage aussi. Et, sans même qu’on s’en rende compte, une vraie discussion s’installe. Humaine, simple, chaleureuse. Pleine de points communs et de petits échos.

En nous quittant, elle me demande si j’ai toujours été aussi pétillante.

Je souris. Oui, je prends. Merci, Madame, pour cette demi-heure de vie partagée. Vous m’avez offert une vraie bouffée d’oxygène.

En confiance, sur le bon chemin

Ce matin et cet après-midi, j’avais commencé à corriger mon prochain livre, qui devrait sortir en septembre ou octobre. Mon tout premier carnet-guide ornithothérapeutique. C’est du concret. Du vrai. Je sens que je suis enfin là où je dois être.

Moins dans les projections, plus dans l’action. Dans l’écriture, la création, la mise en forme d’outils qui accompagneront mes ateliers. Cette balade sans attente, cette rencontre pleine de douceur, sont venues me confirmer que je suis bien sur mon chemin.

Marcher m’a fait du bien. La vie m’a fait un clin d’œil. Et je l’ai vu.

💬 Et vous ?

Vous est-il déjà arrivé de sortir “sans but” et de faire une rencontre qui a résonné profondément ?

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Ecrire pour pousser l’ombre

Quand l’écriture devient jardin intérieur. Quand l’écriture révèle le mouvement de l’ombre vers la lumière : écrire pour faire exister, pour libérer, pour métamorphoser.

Introduction : Verdombre, la plante que nous portons tous

Quand j’ai inventé Verdombre, je croyais écrire une fiction étrange. Une créature végétale, mobile, quasi mythologique, qui pousse là où la peur s’installe, qui se nourrit des traumatismes d’enfance et des émotions refoulées. Je pensais que c’était une histoire de genre, un récit fantastique. Un jeu d’imagination.

Mais plus j’écrivais, plus j’avançais dans le cœur végétal de cette chose, et plus je comprenais : Verdombre, c’est exactement ce que je cherche à accompagner dans mon métier.
Cette créature, elle n’est pas malveillante. Elle est là pour capter ce que nous n’arrivons pas à dire. Elle absorbe nos non-dits, nos colères rentrées, nos douleurs d’enfance. Elle pousse dans les angles morts de la mémoire. Et plus on la laisse faire, plus on s’allège.

Verdombre, c’est l’image vivante de l’écriture thérapeutique : une plante intérieure qui pousse dès qu’on commence à dire, à déposer, à transformer.
Non, elle ne fait pas peur. Elle fait place.

Dans ce texte, vous rencontrerez une légende, des scientifiques, une photographe ratée, un chevalier un peu saoul, un stage improbable et une petite fille qui ne sait pas lire.
Mais ce que vous croiserez, surtout, c’est une vérité invisible : ce que nous ne disons pas continue de pousser en nous.
Et c’est peut-être le moment, enfin, de faire de la place à Verdombre.


Comment Verdombre a poussé en moi ?

Tout a commencé un vendredi après-midi. Un atelier d’écriture entre amis. Pour le plaisir. Pour ne pas rouiller. Pour continuer à imaginer, à créer, à jouer ensemble avec les mots.

J’avais préparé quelques propositions, des images, des textes à détourner, des cartes à piocher. Rien de sérieux, rien de planifié. Juste une envie de laisser émerger ce qui vient quand on écoute vraiment.

Et ça a pris.

  1. Un extrait de conte, tiré d’un recueil de nouvelles sur Brocéliande. Une histoire suspendue, que j’ai arrêtée net à un moment clé : un chevalier, un tableau, un cri venu d’ailleurs. J’ai proposé qu’on invente la suite. De là est né Philippe, le tableau hanté, et une créature verte, encore floue.
  2. Trois images découpées dans des magazines : un jeune homme dans un train, une adolescente contre des casiers, une maison lumineuse. J’ai proposé de relier un personnage à un lieu. Frédéric est né. Et avec lui, un stage improbable.
  3. Un souvenir d’enfance : “Enfant, je rêvais de…”. Le début était le mien, mot pour mot. Et sans vraiment y penser, j’ai glissé vers mes expériences réelles : aider un vétérinaire, soigner des animaux, vendre des photos à une hostellerie pour rembourser une chambre que je ne pouvais plus payer. J’ai écrit ça, pour de vrai. Et Verdombre s’est invitée dans mes souvenirs en ce dimanche après-midi.
  4. Des cartes Dixit et un jeu de débat, une consigne comme un choc : “Votre ancien voisin était un tueur en série.” Et sur la carte, un couteau caché dans des herbes. J’ai démarré aussitôt. Mon voisin s’appelait Michel. Il tuait des mauvaises herbes… tout est parti de là.

Et puis, Camomille. Elle est apparue aussi ce dimanche. Toute seule. Une fin inattendue. J’avais lu un article sur la puberté précoce. Ma belle-sœur m’en avait parlé. Et ce prénom — Camomille — s’est imposé, comme un lien discret avec le végétal, avec la douceur, avec la transmission.

Tout ça, c’étaient des fragments. Et en relisant mes textes, j’ai senti une liane.
Quelque chose de rampant, d’unifié, de vivant. Verdombre était là depuis le début.
Et je ne l’avais pas inventée : je l’avais révélée.

J’aime consigner. J’aime observer. J’aime inventer des comportements d’animaux — réels ou imaginaires. Et cette créature-là, Verdombre, incarne peut-être ce que je fais depuis toujours : nommer ce qui est tapi, créer du lien entre les choses, transformer l’étrange en matière vivante.

Ce récit est né d’un jeu.
Mais il m’a ramenée exactement là où je voulais aller : à l’endroit où l’imaginaire rejoint la mémoire, où l’ombre se dit enfin, et où l’écriture peut, doucement, panser les racines.


Une histoire née d’un hasard… et devenue un roman

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous annonce la publication de mon roman jeunesse : Le puits aux secrets.

Ce livre est né il y a presque dix ans, en juillet 2016, lors d’un atelier d’écriture animé par Stéphane Van Hoecke. Le thème du week-end était : le village sans (100) histoires.
J’ai pioché sur une une carte, le nom d’un village en France : Le Blondinet. Un portrait dans un magazine : Sean, un homme au regard énigmatique, devenu l’épicier du village. Quelques mots glanés lors de cet atelier : fontaine, orange… Et à partir de là, quelque chose s’est déclenché. Une histoire longue, mystérieuse, avec des personnages qui ont pris vie sous mes doigts, sans que je sache où cela me mènerait.

J’ai continué à écrire après l’atelier, portée par cette étrange énergie qui surgit parfois sans prévenir. Je crois que j’ai terminé la première version vers 2017. Puis, comme tant d’histoires, elle est restée endormie dans une clé USB pendant sept longues années. Aujourd’hui, elle revient à la lumière.

C’est un roman pour les lecteurs de 10 à 110 ans, une histoire de secrets de famille, de légendes oubliées, d’oiseaux étranges, de puits profonds et de liens invisibles entre les êtres. L’atmosphère y est brumeuse, feutrée. Le mystère avance pas à pas, entre inquiétude, curiosité et tendresse.

Ce qu’on m’a dit de ce roman :

« Ton univers est riche, mystérieux et profondément humain.
Les personnages sont crédibles, attachants, et l’ambiance du village du Blondinet nous happe doucement. On y retrouve la peur, la perte, l’attente… mais aussi l’amour, la transmission et une touche de surnaturel subtilement dosée. »

Il est publié aux éditions Atramenta, en version papier ou numérique.
Si vous aimez les histoires où tout semble lié — les silences, les vieilles pierres, les jardins, les oiseaux… — il est peut-être pour vous.

Pour découvrir le roman, je vous invite à écouter son résumé à voix haute.

Disponible dès à présent :

  • en commande dans les librairies (ISBN : 978-952-390-935-9)
  • Bientôt sur Amazon
  • En commande directement chez Atramenta
  • en précommande (chez moi) pour mes ami·e·s belges (envoi des livres en juin)

Sur le site d’Amazon, vous pourrez y lire le premier chapitre en entier.

J’espère de tout cœur que vous aimerez découvrir ce monde aussi étrange que familier.
Et si vous le lisez… j’adorerais avoir vos impressions.

Télécharger le communiqué de presse :

Atelier d’écriture : explorer la pluralité des points de vue

La vie au naturel, version humaine :

L’un des deux est coupable. Et si je devais miser, je mettrais ma main à couper que c’est le petit sauvageon, mon félin explorateur, celui qui passe ses journées à arpenter le jardin comme un détective de l’ombre, à se faufiler entre les pots de fleurs, sous la haie, dans des interstices que même la lumière ignore. Mais je ne l’accuse pas formellement — je n’ai pas de preuve. Pas de flagrant délit. Rien qu’une présence suspecte, hum… visqueuse.

De quoi l’accuser, me direz-vous ? D’avoir ramené ça. Encore une fois. Une intrusion discrète, mais bien réelle. Une invitation glissante à l’intérieur de notre maison, sans mon consentement. Je n’ai rien contre la faune locale, qu’elle soit rampante, volante ou bondissante — à condition qu’elle reste dehors. Surtout ce genre là !

Regardez-moi ça : brun-châtain sur le dos, une teinte gris bleuté sur le ventre, un petit modèle parfaitement standard. Une vraie débutante dans la vie, encore fine comme une brindille d’herbe, mais déjà assez téméraire pour s’aventurer sur le tapis. Et surtout, ces deux tentacules qui oscillent, véritables périscopes sensoriels, captant la lumière, les vibrations, l’odeur du tapis en sisal. Et derrière elle, une traînée luisante. Non, ce n’est pas une crotte — c’est une signature. Une œuvre. Une traînée de mucus, composée d’un mélange complexe de machinchose et d’eau, qui lui permet de glisser tout en s’accrochant au support. Magique, mais franchement pas bienvenue chez moi.

Elle avance lentement, comme mûe par une sagesse antique. Pourtant, je sais bien qu’elle n’a pas pénétré ici par la grande porte. Non, elle a profité d’un transport clandestin. C’est là que mon regard se tourne vers mon suspect numéro un : le chat. Ce petit sauvageon attendrissant, porteur involontaire de gastéropodes. Il fait mine de rien, se lave consciencieusement une patte, l’air innocent, pendant que la limace poursuit sa progression silencieuse au milieu du salon.

Je l’observe avec un mélange de répulsion et de fascination. Le limace commune, Deroceras reticulatum, ou Loche laiteuse ou encore Petite Limace Grise, affectionne les zones humides et sombres, se déplace grâce à un pied en perpétuel mouvement, et peut même détecter les phéromones de ses congénères à plusieurs mètres — ce qui, entre nous, est un sacré talent pour une bestiole sans oreille ni nez apparent.

Mais voilà, ma maison n’est pas une serre botanique ni un hôtel trois étoiles pour invertébrés. Alors, d’un petit coup de papier essuie-tout (pas de violence, juste un service de relocalisation), je la dépose jette délicatement dans la haie, à l’extérieur, loin des coussinets de velours qui l’ont peut-être transportée jusque-là.

Allez, zou, dehors la limace. Va glisser ta vie ailleurs. Et dis à tes copines que mes chats ne sont pas des taxis. Ils ont beau ronronner, ils ne sont pas là pour te faire visiter l’intérieur.


La vie au naturel, version rampante :

Journal intime de Lili la Limace
Jour 3 après l’éclosion – 5h47 du matin, heure de rosée

Cher journal,
Ce matin, j’étais tranquillement planquée sous une feuille de mauvaise herbe, en train de digérer un bout de pissenlit moisi (un vrai festin), quand le sol s’est mis à trembler. Un monstre velu, miaulant, à quatre pattes, a bondi dans le jardin. Encore lui. Il vient souvent par ici. J’aime pas son regard vertical ni ses pattes fourrées.

Mais bon, j’ai pas eu le temps de me replier. Une patte, une seule, a suffi. Pouf. Me voilà agrippée à son pelage, embarquée dans une odyssée totalement hors de mon plan de carrière.

Jour 3, suite – 7h12

Cher journal,
Je ne sais pas où je suis. C’est chaud. C’est sec. C’est même gratouillant, un peu déplaisant. Ça sent bizarre… de l’herbe à chats mélangé à de la poussière. Plus d’herbe tendre. Plus de rosée. Juste une surface dure et pleine de poils sous mon pied encore humide. Et cette lumière… violente ! Un soleil intérieur, peut-être ? Est-ce que je suis… dans l’Antre des Géants ?
Je laisse une trace pour ne pas me perdre. Une belle, bien brillante, bien gluante. J’espère qu’elle impressionnera quelqu’un. Peut-être même que je passerai dans un documentaire.

Jour 3, encore – 7h18

Cher journal,
Une Géante m’a vue. Deux pattes, pas de fourrure, mais un cri strident et un doigt accusateur. Je crois qu’elle me soupçonne de m’être incrustée. Je voulais pas ! C’est le chat qui m’a embarquée, j’te jure ! Il est reparti la queue haute, comme si de rien n’était.
J’ai tenté de négocier, j’ai soulevé mes tentacules pour paraître pacifique. Rien n’y a fait. La Géante m’a glissée sur un papier (quelle douceur tout de même), et hop, exil express par la porte-fenêtre. Bon, le saut a été un peu brutal. J’en ai la tête qui tourne.

Jour 3, 7h38 – retour au sol naturel

Cher journal,
Me voilà de retour dehors, posée sur une feuille indéterminée. Je suis vivante. Je suis libre. Mais je jure solennellement que plus jamais je ne m’approcherai de ce transporteur félin. Les chats, c’est pas fiable. Trop poilus, trop vifs.
Demain, je tente le pied de courgette du voisin. Beaucoup plus sûr.

Signé :
Lili la Limace, aventurière involontaire du plancher.


La vie au naturel, version féline

Carnet très privé de Prince Loki, chat libre à demi et esthète
Note : interdit à toute créature bipède ou gluante.

Jour 1095 de ma vie d’élégance – Matinée fraîche, brise légère

Je rentre d’une inspection minutieuse de mon territoire. Deux pigeons déplacés, une araignée humiliée, une sieste sur le compost. Productif.
En passant à la frontière de mon territoire, j’ai senti une sorte de chatouillis sur la hanche arrière. Rien de grave. Un courant d’air, sans doute. Ou une brindille. J’ai continué mon chemin, impassible. Les grandes âmes ne s’arrêtent pas pour si peu.

Quelques instants plus tard – Entrée dramatique dans le salon

Porte-fenêtre ouverte. Carrelage frais. Essuie-pattes à sa place mais que j’ignore royalement, on est prince ou on ne l’est pas. Odeur de croquettes au poulet (j’aime bien, mais juste les grosses croquettes, les plus foncées). Je fais mon entrée, queue haute, démarche chaloupée.
Et là…
La Grande Humaine pousse un cri théâtral, comme si elle avait vu un basilic. Elle gesticule, regarde le sol. Je jette un œil. Une chose brune et visqueuse progresse lentement, très lentement. Une limace. Encore. Ce n’est pas la première et ce ne sera pas la dernière à rentrer impunément chez nous.

Je ne dis rien. Je suis le silence incarné. J’observe.
Est-ce que je l’ai ramenée ? Possible. Je ne saurais dire. J’ai senti un frisson, plus tôt… Est-ce elle ? Possible. Mais est-ce ma faute si des invertébrés me prennent pour un Uber à pattes de velours ? Impossible !

Je m’étire. Je me lèche une patte avec intensité. C’est important d’avoir l’air occupé.
La Grande Humaine me fixe :
« C’est encore toi, hein ? »
Je cligne des yeux. Très lentement. Je me frotte à ses mollets en miaulant très, très doucement. Un chuchotement. Cela désarme toujours les bipèdes. Surtout la mienne.

Note de fin de matinée

La limace a été expulsée avec sans ménagement.
Moi, je suis retourné dormir sur la pile de linge propre, comme un prince. Puis, j’ai préféré la couverture toute douce du fauteuil. J’aime sentir bon pour ma sieste de trois heures de la matinée.

Je n’ai rien vu, rien senti, rien transporté.
Je suis innocent. Je suis discret.
Je suis Loki, Prince Sauvageon de la maison.


La vie au naturel, version du tapis :

Confidences d’un rectangle en fibres de sisal
(alias le tapis à gratter, fidèle compagnon félin et victime collatérale)

Je suis là pour une mission noble.
Protéger le canapé. Sauver les pieds de table. Canaliser l’instinct sauvage de ces félins domestiques. J’ai du taff, car il y en a quatre !
Je suis le tapis à gratter, tressé avec patience, robuste mais élégant, toujours en première ligne.

Chaque jour, je reçois leurs griffes avec honneur.
Je suis le confident silencieux de leurs frustrations, de leurs élans de joie, de leurs folies passagères de 5h du matin.
Et voilà que ce matin… je sens une fraîcheur inhabituelle sur mes fibres.
Un petit frisson visqueux. Je regarde du coin du coin — bon d’accord, je n’ai pas d’yeux, mais j’ai une sorte de ressenti textile, voyez ? Et là, posé sur moi, bien centré, comme s’il avait réservé la place : une limace.
Une. Limace.
Gris dessous, brun dessus, et des antennes qui s’agitent comme si de rien n’était.
Elle me laisse une trace baveuse, un peu comme un graffiti humide. Comme si elle revendiquait le territoire.

Non mais…
Je suis un accessoire de style ! Un outil éducatif ! Pas un bivouac gluant pour invertébrés égarés !

Je vous le dis, tout fout le camp.
Et le pire ? Le chat — celui qui est censé m’utiliser — passe tranquillement à côté, sans même une griffe, sans un mot. Il a sans doute déposé l’intruse et s’est carapaté. Monsieur joue les innocents, comme toujours. Et moi, me voilà, honorablement souillé, obligé d’attendre qu’on me secoue dehors avec toute la dignité qu’il me reste. Car bien sûr, secouer un tapis comme moi, avec une limace comme elle, ça ne marche pas !
Par pitié, la prochaine fois, qu’elle aille baver sur le paillasson.


Voir autrement : un même fait, quatre regards

Un bruissement dans les buissons.
Un chat qui rentre, l’air innocent.
Une limace sur le tapis.
Un tapis unique : créer pour servir les chats !

Quatre faits. Ou un seul ? Tout dépend de qui raconte.

La figure de style que nous explorons aujourd’hui consiste à raconter un même événement depuis plusieurs points de vue. On l’appelle parfois polyphonie narrative, ou encore variation de focalisation. C’est une invitation à sortir de soi pour entrer dans une autre tête, un autre corps, une autre logique.

Pourquoi c’est puissant ?
Parce qu’un même geste peut être vu comme une offense, une maladresse… ou un acte héroïque. Parce qu’un chat qui ramène une limace dans la maison n’a peut-être pas la même version que vous (et la limace non plus, croyez-moi).

Ce que vous allez explorer :

  • Changer de perspective : humain, animal, objet,…
  • Jouer avec le ton : sérieux, poétique, drôle, absurde…
  • Tisser une vérité plurielle : et si personne n’avait pas totalement raison ou tort ?

Exercice proposé :
Choisissez une situation simple : une tasse cassée, une lettre oubliée, une porte laissée ouverte. Puis, écrivez au minimum deux versions de l’histoire :
– Une du point de vue de la personne concernée
– Une du point de vue d’un témoin inattendu
– Une du point de vue… de l’objet lui-même, pourquoi pas ?

Créer un roman de A à Z : entre passion, patience et persévérance

Mon futur roman jeunesse : Une aventure née d’un atelier d’écriture

L’écriture est une aventure, et ce roman jeunesse en est la parfaite illustration ! Tout a commencé en avril 2016, lors d’un atelier d’écriture dont le thème était : Le village sans (100 ?) histoires. Un atelier imaginé et créé par Stéphane Van Hoecke (grosse pensée pour lui en ce moment, il saura pourquoi). Un concept intriguant qui m’a immédiatement inspirée. La première étape consistait à choisir un nom de village au hasard sur une carte, puis à le décrire en y intégrant un élément étrange et mystérieux. C’est ainsi que sont nés la fontaine orange et le puits interdit, éléments centraux de mon histoire.

Un peu plus tard dans l’atelier, une nouvelle contrainte est venue enrichir mon récit : piocher une photo d’un inconnu dans une revue et en faire un personnage. J’ai décrit cet homme, imaginé son passé… et il est devenu Sean, l’épicier au passé trouble. Ce personnage a pris une telle importance dans l’histoire qu’il est rapidement devenu l’un des piliers du roman.

Un long chemin vers la publication

Si l’atelier d’écriture a été une véritable étincelle créative, transformer ce passage en un roman complet a été un long chemin. J’ai mis énormément de temps à développer l’histoire, à peaufiner l’intrigue, à créer du suspense et des tensions entre les personnages. Puis est venue l’étape des corrections, de la relecture, et enfin de la mise en page… une tâche titanesque, surtout en autoédition !

L’autoédition : un défi passionnant

Le défi, maintenant, est de ne pas oublier toutes ces règles pour le prochain livre… mais c’est une autre histoire !

Une aventure inspirée de la réalité

Comme pour toutes mes histoires, je puise mon inspiration dans la réalité : des scènes auxquelles j’ai assisté, des anecdotes entendues, mais aussi et surtout mes enfants, qui m’inspirent énormément. J’aime mélanger ces éléments du quotidien avec une touche de fantastique, insufflant une atmosphère unique à mes récits. Et bien sûr, les animaux – en particulier les oiseaux – ont toujours une place spéciale dans mes histoires.

J’ai adoré travailler sur ce roman, imaginer ses scènes, son ambiance, ses personnages. Bientôt, il sera entre vos mains, et j’espère qu’il vous fera voyager autant qu’il m’a transportée pendant toutes ces années d’écriture.

L’aventure ne fait que commencer !


Le puits interdit était déjà là, de même que la fontaine orange

Avril 2016, l’atelier d’écriture. Avril 2025 l’impression du livre.
9. Comme 9 mois pour une gestation. 9 comme 9 ans de maturation.
Le chiffre 9 est important pour moi. J’en parle même dans ce livre ;-)

Atelier d’écriture à venir

🅰🆃🅴🅻🅸🅴🆁 🅳’é🅲🆁🅸🆃🆄🆁🅴

𝑫𝒆 𝒍’𝒊𝒎𝒂𝒈𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒂̀ 𝒍’𝒆𝒙𝒑𝒓𝒆𝒔𝒔𝒊𝒐𝒏 : 𝒆𝒙𝒑𝒍𝒐𝒓𝒆𝒛 𝒗𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒆 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝒍𝒆𝒔 𝒎𝒐𝒕𝒔

A𝓿𝓮𝓬 𝓺𝓾𝓲 ?
𝓕𝓪𝓫𝓲𝓮𝓷𝓷𝓮 𝓩𝓾𝓽𝓽𝓮𝓻𝓶𝓪𝓷 & 𝓒𝓮́𝓬𝓲𝓵𝓮 𝓡𝓪𝓶𝓪𝓮𝓴𝓮𝓻𝓼

𝐹𝑎𝑏𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒 𝑎 𝑣𝑒́𝑐𝑢 𝑡𝑟𝑜𝑖𝑠 𝑎𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑛 𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑒𝑛 𝐴𝑓𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒. D𝑒 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑒𝑥𝑝𝑒́𝑟𝑖𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑢𝑛𝑖𝑞𝑢𝑒, 𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑒𝑛 𝑎 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑢𝑛 𝑙𝑖𝑣𝑟𝑒 : 𝐿’𝐴𝑓𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑠𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑑𝑟𝑒

𝐶𝑒́𝑐𝑖𝑙𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑚𝑎𝑟𝑟𝑎𝑖𝑛𝑒 𝑐ℎ𝑒𝑧 𝑌𝑎𝑙𝑙𝑎 ! 𝐸𝑛 𝐴𝑣𝑎𝑛𝑡 ! 𝐿𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑟𝑎𝑖𝑛𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑛 𝑝𝑟𝑒𝑚𝑖𝑒𝑟 𝑓𝑖𝑙𝑙𝑒𝑢𝑙 𝑙’𝑎 𝑏𝑜𝑢𝑙𝑒𝑣𝑒𝑟𝑠𝑒́. 𝐿𝑎 𝑝𝑒𝑡𝑖𝑡𝑒 𝑓𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑢 𝑇𝑜𝑔𝑜 𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑒 𝑟𝑒𝑚𝑝𝑙𝑖 𝑑’𝑎𝑛𝑖𝑚𝑎𝑢𝑥. Il 𝑟𝑎𝑐𝑜𝑛𝑡𝑒 𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑐𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑑𝑖𝑓𝑓𝑖𝑐𝑖𝑙𝑒 𝑑’𝑢𝑛𝑒 𝑝𝑒𝑡𝑖𝑡𝑒 𝑓𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑞𝑢𝑖, 𝑑𝑢 𝑗𝑜𝑢𝑟 𝑎𝑢 𝑙𝑒𝑛𝑑𝑒𝑚𝑎𝑖𝑛, 𝑑𝑒́𝑐𝑜𝑢𝑣𝑟𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑠𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑜𝑛𝑡 𝑑𝑖𝑠𝑝𝑎𝑟𝑢.

D𝐞u𝐱 𝐟e𝐦m𝐞s p𝐚s𝐬i𝐨n𝐧é𝐞s p𝐚r l𝐚 𝐯i𝐞, p𝐚r l’h𝐮m𝐚i𝐧 𝐞t p𝐚r l𝐞s m𝐨t𝐬

𝓠𝓾𝓸𝓲 ?
𝐴𝑡𝑒𝑙𝑖𝑒𝑟 𝑑’𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑑𝑒́𝑐𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑡𝑒. 𝐽𝑒𝑢𝑥 𝑑’𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑡𝑢𝑟𝑒, 𝑖𝑛𝑐𝑖𝑝𝑖𝑡, 𝑑𝑒́𝑚𝑎𝑟𝑟𝑒𝑢𝑟, 𝑙𝑖𝑠𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑜𝑡𝑠, 𝑢𝑛𝑒 𝑖𝑚𝑎𝑔𝑒, 𝑢𝑛 𝑜𝑏𝑗𝑒𝑡…
𝐿𝑎 𝑐𝑟𝑒́𝑎𝑡𝑖𝑣𝑖𝑡𝑒́ ! 𝐸𝑛 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 ! 𝐿’𝑖𝑛𝑠𝑝𝑖𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛, 𝑑𝑟𝑜𝑖𝑡 𝑑𝑒𝑣𝑎𝑛𝑡 !

𝓞𝓾̀ ?
𝒂𝙪 𝙢𝒂𝙜𝒂𝙨𝒊𝙣 𝙝𝒖𝙢𝒂𝙣 𝙨𝒕𝙤𝒓𝙚 𝙙𝒆 𝒍’𝒂𝙨𝒔𝙤𝒄𝙞𝒂𝙩𝒊𝙤𝒏 𝒀𝙖𝒍𝙡𝒂 ! 𝑬𝙣 𝘼𝒗𝙖𝒏𝙩 !

𝓠𝓾𝓪𝓷𝓭 ?

  • 𝚅𝚎𝚗𝚍𝚛𝚎𝚍𝚒 0𝟾/0𝟹/𝟸0𝟸𝟺, 𝚍𝚎 𝟷𝟽𝚑𝟹0 𝚊̀ 𝟷𝟿𝚑𝟹0

𝑪𝒐𝒎𝒃𝒊𝒆𝒏 ?
10 𝖊𝖚𝖗𝖔𝖘 𝖕𝖆𝖗 𝖕𝖊𝖗𝖘𝖔𝖓𝖓𝖊

L’affaire Agatha Christie, lecture coïncidence

Souvenez-vous, vers mars ou avril, j’avais eu l’idée d’un atelier d’écriture au sujet de la disparition de la célèbre romancière Agatha Chrisitie.

Quelle surprise ! Chez mon libraire, regardez ce que j’ai trouvé :

Parution avril 2023 aux éditions « le cherche.midi »

Et c’est tout à fait de cela qu’il s’agit : la disparition d’Agatha. C’est la maitresse du mari de la romancière qui parle (c’est un roman, Nan est le personnage principal). Un roman en « je » qui ne me déplaît pas puisqu’en trois jours, je l’ai déjà quasi terminé.

Tantôt dans la tête du colonel Christie, tantôt dans celle de sa maîtresse et même dans celle d’Agatha, on découvre avec délectation la plus plausible des histoires. Les versions diffèrent, certaines plus probables que d’autres. L’entre deux guerres, la petite fille du couple, le passé énigmatique de Nan, un hôtel spa poir se ressourcer, rien n’est laissé au hasard. Pas même un double meurtre commis devant un policier !

Nina de Gramont s’est inspirée de la disparition réelle d’Agatha Christie pour écrire ici son premier roman. Il faut savoir que cette disparition reste toujours une énigme encore aujourd’hui, 100 ans (ou presque) plus tard. Elle fait partie de l’une des plus grandes affaires jamais résolues du xxe siècle !

Grâce aux descriptions et aux détails, le lecteur est plongé dans une époque qu’il n’a pas connue et tout semble tangible, vrai, palpable. Entièrement prise par l’histoire et le style d’écriture, j’en oublie qui parle, qui raconte. J’ai parfois cette impression d’être une spectatrice de l’Histoire, je fais fi de l’identité du narrateur et m’en souvenir plus tard est… bizarre. Pour vous dire que je suis embarquée, ce n’est qu’arrivée au deux tiers du livre que les changements de temps, les aller-retour dune date à une autre me dérange. Je n’aime pas trop les sauts dans le temps, devant souvent faire appel à ma mémoire pour me remémorer les détails de ce moment précis déjà lu avant.

Je ne vous en dis pas davantage. Si l’intrigue, cette intrigue, vous plaît, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😄