Contes dérivés, revisités, ré-imaginés

Il y a quelques années, j’ai lu les 6 livres des Soeurs Grimm, de Michael Buckley. Il en existe 9, mais les 3 derniers n’ont jamais été traduits ni publiés je pense en français.

Les soeurs Grimm sont les arrières-arrières petites filles, fictives, d’un des frères Grimm. Dans ces livres, elles se retrouvent confrontées à un monde particulier où vivent des Findétemps, des personnages de contes à l’apparence humaine. Pour en savoir plus, je vous invite à aller sur Wikipedia.

Mon papa vient de m’offrir 2 livres, une nouvelle série sur les contes : Le pays des contes, écrit par Chris Colfer et édité chez Michel Lafon Poche. Le nom de l’auteur vous dit quelque chose ou pas ? Au début, il ne me disait rien, mais sur la 4ème de couverture, un indice m’a guidé : « La série best-seller de la star de Glee » ! Je connais cette série et j’ignorais que cet acteur était aussi auteur pour la jeunesse !  Si la couverture est typiquement pour les jeunes lectrices (heureusement que je ne me suis pas arrêtée sur la couverture comme à mon habitude ha! ha!), le résumé semble intéressant. Et si je vous en parle, c’est uniquement parce que je suis en plein dans la réécriture de contes…

Voici le résumé du 1er tome : Le sortilège perdu

« Au pays des contes, rien n’est comme on l’imagine : Boucle d’or est une criminelle recherchée, Blanche-Neige dissimule un lourd secret, et le Petit Chaperon Rouge n’a même plus peur du loup. Projetés dans cet univers par un grimoire enchanté, Alex et Conner n’ont qu’un seul moyen de rentrer chez eux : rassembler huit objets magiques, si possible en évitant les foudres de la Méchante Reine. Car cette dernière a un plan machiavélique qui pourrait bien les y enfermer. A tout jamais. »

Ici aussi, il y a 2 enfants, deux frères (des jumeaux je crois) qui sont les héros de ces contes revisités. J’espère que ces livres vont me plaire autant que ceux de Michael Buckley… je vous le dirai bientôt.

cadeau livre : Izo, de Pascal de Duve

Je remercie Val du blog la jument verte pour son cadeau : Izo, de Pascal de Duve. Son coup de coeur pour ce livre mérite un article sur mon blog également, simplement pour vous le présenter et pour remercier encore chaleureusement Val pour ce prix.

Si vous voulez en savoir plus sur ce livre allez rendre une petite visite sur le blog de Val en cliquant sur le lien dans la 1ère phrase de cet article  ;-)

Je ferai mon retour un peu plus tard, après lecture.

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Mot-valise, mot d’enfant

Un mot-valise, est un mot formé par la fusion de deux mots (ou plus) et qui forme un « nouveau » mot. Généralement c’est le début du premier mot et la fin du second mot, comme le titre de mon blog Ecrimagine = écriture & imagine. Il en existe une centaine je pense qui sont reconnus par la langue française (couriel, apéricube, autobus, docufiction, bisounours, Eurasie, franglais, fanfiction, etc), je me demande donc pourquoi, autrefois, certains de mes professeurs n’acceptaient pas mes réponses-valises lors d’interrogations ou examens. Mon cerveau allait si vite qu’il mélangeait les mots et parfois, la faute étant au choix du mot à écrire, je créais sans le savoir des mots-valise.

Le mot-valise est utilisé dans les jeux d’écriture pour pousser l’imagination à créer de nouveaux mots ainsi que leurs définitions.

Et aujourd’hui, grâce à ma fille, je sais d’où vient le mot-valise qui n’en est pas : écureuil.

A table, Loulou, Cacahuète et moi, parlons du menu de l’école, et plus précisément de la diversité des soupes.

Lui : Moi, j’aime bien la soupe aux épinards

Moi : Petite, j’aimais beaucoup la soupe au cerfeuil.

Elle : Quoi ? vous aimez la soupe aux écureuils ?

Loulou et moi ensemble : Oh ! Non ! Quelle horreur, on ne mangerait jamais des écureuils !

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Alice au pays des miroirs

Et voici ma petite fanfiction autour d’Alice au pays des merveilles. Je n’ai toujours pas fini la lecture d’Alice de l’autre côté du miroir, mais ce texte est venu avec une telle facilité, que j’ai envie de vous en faire profiter. J’espère que vous l’aimerez autant que moi il m’a plus de l’imaginer.

Alice au pays des miroirs

Alice était bien embêtée. Voilà des heures qu’elle cherchait la carte du lapin qu’elle avait égarée. Pourtant, elle se souvient très bien du moment où elle jouait encore avec son jeu de cartes préféré. Oui, elle se souvient, elle était assise sur le chemin qui borde le champ de maïs, chemin qu’elle emprunte tous les jours pour aller et revenir de l’école. Comme nous étions mercredi, elle avait l’autorisation de sa grand-mère de traîner un peu plus en route si le temps permettait du vagabondage. Et c’est exactement ce qu’elle avait fait. Vers deux heures de l’après-midi, passée de vingt-deux minutes précisément, elle s’était subitement arrêtée au milieu du chemin lorsqu’un petit lapin sauvage, tout brun clair, tout doré de soleil printanier, avait croisé son chemin. Dès qu’elle avait vu ce petit lapin, Alice avait sourit et s’était dit :

« En voilà un petit lapin que je n’ai pas encore dans mes cartes ». Et disant cela, de la poche de sa robe, elle avait sorti son petit paquet de cartes… C’était un jeu des 7 familles avec comme thème : « Les animaux que j’aime ». Alice aimait presque tous les animaux et elle avait eu l’idée de fabriquer son propre jeu pour être certaine que cela lui plaise tout le temps. Elle changeait donc les membres des 7 familles quand cela lui chantait. Dans la famille des lapins, elle avait déjà le lapin blanc qui courait sans cesse après le temps, elle avait aussi un petit lapin gris qui tapait souvent de la patte arrière pour se faire entendre. Elle n’avait pas encore de lapin brun. Quand elle s’était assise sur ce chemin de pierres, la jeune Alice avait tout de suite parlé au petit lapin avec sa voix la plus douce, la plus mielleuse :

— Oh ! Bonjour adorable petit lapin. Comme tu es beau ! Comme tu as l’air doux ! Et gentil ! Ne voudrais-tu pas jouer un peu avec moi ?

Alice savait comment s’y prendre pour amadouer les animaux. Le petit lapin, aux oreilles bien droites et bien grandes, s’était assis sur son petit derrière et laissait son petit ponpom blanc gigoter comme bon lui semblait. Dans cette voix cristalline de petite fille, il ne décelait pas l’ombre d’une méchanceté ou d’un mauvais coup caché. Gardant néanmoins une certaine distance, le museau frémissant de questions, il lui avait répondu :

— Bonjour petite demoiselle. Merci pour tous ces compliments, c’est très gentil de ta part. Mais dis-moi comment puis-je jouer avec toi ?

Alice avait frappé dans ses mains tellement elle était contente. Pour ne pas effrayer davantage le petit lapin qui avait bondi en arrière, l’enfant lui avait sourit et dit :

— C’est très facile. J’ai ici une petite feuille magique.

Alice déplia une feuille qui d’origine devait être blanche et qui ne semblait pas du tout magique. Après cela, elle avait poursuivit son explication :

Si tu veux bien t’asseoir sur cette feuille, puis te rouler dessus comme si tu te frottais le dos dans la terre, ton image sera imprimée sur cette feuille. Je découperai ensuite autour de ton image et je collerai cela sur la carte blanche que voici. Cela ne te fera pas mal et moi j’aurai un souvenir de toi dans mon jeu de cartes. Vois-tu, je fabrique des jeux de société. Et ici, ce que tu vois, c’est mon nouveau jeu des 7 familles. Et dans la catégorie des lapins, je n’ai pas encore d’adorable petit lapin brun.

Le lapin se frotta le museau de ses deux petites pattes de devant. Ses moustaches frémissaient et ses dents allaient dans tous les sens comme si elles mâchaient une fleur. C’est comme ça que le petit lapin réfléchissait. Il avait été bon joueur. Il avait accepté de faire ce que la petite Alice lui demandait si gentiment. Après qu’il ait vu son portrait et même plus, son corps, ses pattes et son popotin sur la carte, il avait mis sa tête de côté et questionné l’enfant sur la suite des choses.

— Oh ! Mais pour toi, c’est fini. Je ne vais pas te retenir plus longtemps. Tu as sûrement une famille ou des amis à retrouver. Je te remercie infiniment pour ton aide. Je te libère.

— Y a pas de quoi ! C’était sympa. À la revoyure.

Et voilà, après avoir joué toute seule à son propre jeu avec sa nouvelle carte, Alice s’était relevée, époussetée et elle avait repris le chemin de la maison.

C’est en arrivant en haut de la colline, à deux pas de chez elle, qu’elle avait remarqué le trou dans la poche de sa robe. Oh ! Ce n’était qu’un petit trou de rien du tout, mais quand même, assez grand pour que la carte, pliée, tordue ou enroulée sur elle-même, puisse prendre la poudre d’escampette. Alice réfléchissait à la façon dont la carte s’y était prise pour partir ainsi, tout en jetant des regards partout autour d’elle. Elle avait fait le chemin inverse pour être sûre de la retrouver. Elle avait marché à reculons, posant ses pieds comme elle pensait l’avoir fait quelques instants plus tôt.

— Ce n’est vraiment pas facile de marcher à reculons dans cette montée. Je risque à tout moment de me casser le nez, ou de rouler en arrière jusqu’au pied de la colline.

Alice regardait tantôt à gauche, tantôt à droite. Parfois, elle s’arrêtait et se mettait sur la pointe de ses pieds comme elle le faisait souvent pour mieux voir ce qui se trouvait à portée d’un regard d’adulte.

— ça alors ! Je n’avais pas vu ce parterre bizarre tout à l’heure. Y était-il seulement ? Ne vient-on pas, là, de me jouer un vilain tour ?

De fait, le petit parterre bizarre qu’Alice contemplait avec fascination à présent était rose. Pas de la couleur rose, mais de la forme d’une rose. Rose, la fleur, avec ses pétales bien dessinés, sa forme globale ronde, épanouie et parfumée. Oui, le parterre sentait bon. Alice pouvait le sentir avec son nez. Elle s’approchait de cette jolie rose géante, toujours à reculons, quand tout à coup elle vit quelque chose briller devant elle. C’était un miroir sur pieds, un grand miroir comme on en faisait autrefois, comme celui qui trônait dans la chambre de sa grand-mère. Et ce miroir s’abaissait à intervalle régulier pour planter quelque chose dans le sol dessiné. Plus elle s’approchait du miroir, mieux Alice pouvait discerner l’objet que tenait en main de métal le miroir souriant.

— Alors ça ! s’exclamait-elle. Alors ça ! Nom d’une fleur biscornue, mais c’est ma carte que tu tiens là entre tes doigts, mon beau miroir !

— Comment ? Plaît-il ? Qui me cause ? Est-ce vous jeune demoiselle ?

Alice n’en revenait pas de voir sa belle carte, son beau lapin enfoncé de la sorte, tête la première dans la terre parfumée ! Elle regarda plus attentivement le miroir qui lui en faisait voir de toutes les couleurs. Elle se demandait comment elle devait parler à ce miroir si élégant mais tellement méchant. Elle ne prit pas de pincettes et lui jeta à la figure tout ce qui lui passait par la tête. La colère ne la rendait pas belle, et elle s’en fichait bien en cet instant dramatique.

— Tu n’es qu’un miroir qui ne reflète que la méchanceté, pourquoi écrases-tu donc ma belle carte ? Elle ne t’a rien fait ! Relâche-là immédiatement, espèce de miroir débutant !

Tout ce qu’elle disait n’avait pas beaucoup de sens, mais le miroir avait compris le message et regarda la carte qu’il venait de trouver. Il se rendit compte qu’il y avait un petit lapin dessiné sur la carte, un petit lapin tout brun, avec un pompon blanc qui souriait à la vie.

— Ne t’emporte pas ainsi petite fleur ignorante. Tu es dans le pays des miroirs et moi je suis un miroir qui sème tout ce que je récolte et que je trouve sur mon chemin. Ta carte, je ne l’ai point volée, je l’ai trouvée, abandonnée. Je sème du vent pour que la chaleur ne soit pas suffocante, je sème des gouttes d’eau pour donner à boire à la terre, je sème des graines diverses et variées pour égayer ta planète de mille couleurs, je sème des fleurs pour nourrir les insectes. Je voulais semer ta carte pour récolter un nouveau jeu et me distraire durant mon travail intéressant certes, mais répétitif.

À ces mots, Alice baissa la tête. Elle ne s’était rendu compte de rien, pas même qu’elle avait franchi le pays des miroirs. Elle voulait retrouver sa carte pour jouer, car elle se sentait seule, et à présent, elle se retrouvait devant un miroir qui voulait lui aussi s’amuser un peu.

Elle s’excusa de s’être emportée de la sorte et lui répondit d’une voix plus douce :

— Peut-être que nous pouvons jouer ensemble si tu n’es pas trop occupé. J’ai le reste du jeu de cartes avec moi et celle que tu as en mains a été faite grâce à un petit lapin bien sympathique.

— Avec grand plaisir. Peux-tu juste patienter une petite minute que je termine de planter un peu de ta gentillesse ? Je vais égrainer et planter quelques minutes également afin que nous puissions avoir un de peu de temps rien que pour nous.

— Oh oui ! Avec plaisir. Merci mon beau miroir de ne pas m’en vouloir. J’ai un nouvel ami et je pourrai t’aider à planter une bonne dose d’amitié afin que les méchancetés cessent sur notre belle petite planète.

Écrire des contes, de Mireille Pochard

Emprunt à ma bibliothèque : écrire des contes, de Mireille Pochard, paru en 2012 aux éditions Eyrolles. Avec dans ce livre, 200 propositions d’écriture autour des contes, légendes, mythes & épopées.

écrire des contes, M. Pochards

J’aime beaucoup les contes, mais aussi les histoires dérivées des contes. Tout comme les légendes, les contes transmettent non seulement des valeurs, parfois des morales, et toujours de belles choses concernant la vie au travers des personnages imaginaires (ou pas !), ou animaux fantastiques. La magie, le rêve, la réflexion, tout ça se retrouve dans les contes et bien plus encore.

Je n’en suis qu’au début, mais déjà je souris à la mention d’Alice au pays des merveilles…

On peut analyser les contes, c’est super intéressant. Personnellement, je m’occupe actuellement à décortiquer une bande dessinée que j’aime particulièrement : Bob et Bobette. Dans le numéro 85, Lambique au bois dormant, on va traverser plusieurs contes connus. Il me faut apprendre à lire cette BD autrement, sous un autre angle, m’arrêter plus longtemps sur des détails, revenir sur une expression, étudier davantage une illustration en la décortiquant, etc.

Bon, j’ai du pain sur la planche, ma maison en pain d’épice ne s’est pas construite en un seul jour  ;-)

Je vous laisse avec la 4ème de couverture de ce livre :

« Nés à une époque où l’écriture n’existait pas encore, les contes nous sont parvenus à travers les siècles, preuve qu’ils sont universels et indémodables.

Vous trouverez dans cet ouvrage tout ce qu’il faut savoir pour vous lancer dans l’écriture de tous les types de contes:  merveilleux, étiologiques, philosophiques, fantastiques, facétieux… et des fables, comptines, devinettes, charades et blagues…

Vous pourrez également jouer avec d’autres genres issus de la littérature orale : mythes, épopées, légendes, et poursuivre par des détournements parodiques.

Que vous écriviez seul ou que vous animiez des ateliers de création, cet ouvrage vous offrira une mine de pistes individuelles et collectives et les techniques indispensables pour explorer les nombreux aspects de ce patrimoine universel issu du folklore populaire.

Les contes ont un avenir littéraire, vous avez d’illustres prédécesseurs, Lewil Carrool, Andersen… suivez la piste ! »

Mireille Pochard, médiatrice lecture jeunesse et formatrice, anime des ateliers d’écriture auprès de publics variés.

Le chien fait la loi dans la maison de…

Samedi passé, je me suis amusée avec la Fabrique à Histoires de Bernard Friot. Je voulais écrire quelque chose, mais je ne savais pas très bien quoi… alors j’ai pioché ceci.  Ceci est mon second texte, car je n’aimais pas le 1er…

jeu Bernard Friot

Une phrase de début, en gras, et une phrase de fin, aussi en gras pour vous indiquer les contraintes que j’ai choisies pour commencer et terminer l’histoire. Avec une ligne de conduite avec la carte  » Le chien fait la loi dans la maison de Monsieur Longuet« .

Bonne lecture  :-)

Il était une fois un chat, caché derrière un rideau, qui guettait l’arrivée du chien. Dans cette maison, celle de Monsieur Longuet, c’était le chien qui faisait la loi. C’est lui qui disait quand il devait sortir, quand il fallait préparer à manger, quand il fallait enfermer le chat dans la pièce à l’autre bout de la maison gigantesque. Oui, c’était lui qui dictait tout. Son maître se pliait en quatre pour satisfaire les moindres volontés de son ami canidé.

Quant au félin, qui était considéré comme trois fois rien. Il n’était là que pour décorer, et parfois chasser quelques souris indésirables et riquiquis qui ne satisfaisaient jamais son appétit insatiable.

Donc quand le chien était parti, le chat dansait sur sa tête, et faisait ce que bon lui semblait. C’est-à-dire à la fréquence de deux à trois par jour, selon l’humeur de chien de son ennemi juré.

Un jour pourtant, durant un sale week-end pluvieux, un étrange bruit était apparu dans le grenier. Sourd comme un pot, le chien dont l’ouïe ne faisait que se dégrader au fil des années, ne remarqua rien. Le chat, un peu rond mais toujours en grande forme pour faire les quatre cents coups, n’avait pas été dupe. Il y avait bel et bien un fantôme sous le toit de la maison. Pourquoi et comment n’y avait-il pas fait attention plus tôt, c’est un autre mystère. Toujours est-il que ce week-end, le chat s’arrangea pour embêter le clebs afin que celui-ci aboie trois fois. Trois aboiements signifiaient au maître qu’il était temps d’enfermer cette stupide boule de poils.

Ce que chat veut, le chien le veut aussi. C’est de la sorte que le chat se retrouva enfermé toute une journée et toute une nuit dans la pièce la plus sombre de la maison.

De la maison… la maison ? Du château vous voulez dire ! En effet, Monsieur Longuet avait racheté ce vieux château. Comme dans les bons livres et les bons films, personne avant lui n’avait voulu de ce bien immobilier en raison, paraît-il, de la présence d’au moins un fantôme. Mais voilà six mois qu’ils habitaient là à présent, et ni Monsieur Longuet, ni le chien et ni le chat n’avaient eu affaire à quelque fantôme que ce soit. Jusqu’à ce matin…

Le matou n’avait pas prévu de rester aussi longtemps dans ce cagibi, mais il ne pouvait plus voir ce chien en peinture.

Tic, tic, tic. L’étrange bruit bizarre était à nouveau là. Cette pièce était idéalement située pour entendre parfaitement tout ce qui pouvait se passer au grenier.

RRRRRrrrr. Rrrr. Un autre bruit, plus doux, comme un minuscule moteur, se mit en fonction.

De plus en plus bizarre…

Aussi, rusé comme un chat énervé par un chien, le félin qui avait décidément plus d’un tour dans ses pattes, avait rapidement compris d’où venaient ces bruits mystérieux.

Oui, il y avait bien un fantôme, mais pas n’importe lequel, celui d’un chat ! Celui du Chat Botté ! Oh, pas celui des contes de fées, non, un autre. Oui, tu as bien lu. Il existe bel et bien plusieurs chats bottés. Celui-ci, enfin, le fantôme, était chaussé de bottes de cow-boy vertes. Le vert lui allait très bien d’ailleurs, car c’était aussi la couleur de ses iris. Il avait été tué dans d’horribles circonstances, voilà déjà plus de trois ans et demi. Durant tout ce temps, il n’avait vu pas âme qui vive, tout le monde avait déserté ce vieux château suite aux nombreux et mystérieux décès qui s’étaient succédés chez les animaux du manoir. Au début, les maîtres des lieux n’avaient vu là qu’une étrange coïncidence, mais quand le nouveau poisson rouge du Prince avait disparu à peine deux heures après son arrivée, toute la grande famille avait déménagé, loin, très loin du château qui portait malheur.

Notre chat, le pauvre qui était enfermé dans cette pièce juste sous les toits, s’emballa immédiatement.

— Eh ! Oh ! Oui, toi le fantôme ! Tu ne voudrais pas devenir mon ami, ici ?

Au début, le Chat Botté, son fantôme, s’immobilisa et cessa de respirer. Bien qu’il ne respirait déjà plus depuis longtemps, il faisait toujours comme s’il était vivant car c’était bien la première fois qu’il rencontra un camarade qui croyait aux fantômes. Il ne savait pas que penser de la question. Un ami ? Pourquoi faire ? C’était ça sa mission ? Se faire un ami ou aider un ami ?

Comme il ne répondit pas immédiatement, notre chat reposa la question, d’une autre façon :

— Bon, je ne sais pas qui tu es, ni comment tu es parti au paradis ou plutôt resté coincé ici, mais si tu aimes autant les chats que moi, par pitié, réponds-moi !

Le Chat Botté savait qui avait posé la question, lui, il voyait tout, et savait à peu près tout également de ce qui se passait sous son toit. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs qu’il s’était amusé à faire un peu de bruit afin d’attirer l’attention du matou vivant, afin qu’il sache qu’il n’était pas tout seul ici. Mais entre le fait de savoir et de soutenir moralement un copfélin et communiquer avec celui-ci, il y avait une différence pour notre Chat Botté. Surtout que personne ne lui avait expliqué comment il devait faire pour travailler en tant que fantôme ? Quelle était sa fonction ? Et comment devait-il s’y prendre ?

Pour ne pas griller sa couverture, il émit un petit miaulement digne d’une chatte qui gémit quand on l’embête un peu trop.

— Un chat ?! Tu es le fantôme d’un chat ? demanda notre chat bien vivant qui écarquilla les pupilles comme seuls les chats savent si bien faire dans la pénombre. Même s’il s’en doutait, savoir qu’il avait raison lui donna confiance en lui.

— Ben oui, ch’suis pas un chien quand même ! rétorqua tout de go le Chat Botté qui en avait oublié sa timidité passagère.

— Oh, me parle pas de chien, ou plutôt si, parlons d’un chien, d’un seul : celui de cette maison !

Le Chat Botté, interloqué qu’on lui parle sans peur ni reproche, qu’on ne lui pose pas 36 mille questions sur son état, son passé, son avenir, se prit rapidement d’amitié pour le poilu vivant.

— Je sais tout ce qu’il te fait subir ! Je suis là depuis le début, mais bon, il est quand même grand et gros ce clebs. Même si je t’aide, à deux, on ne fait pas le poids, surtout moi avec mon poids plume…

— Bon, si tu es au courant de tout, tu sais que je suis un adepte de Tom et Jerry ? Eh bien, figure-toi qu’on pourrait appliquer toutes ces farces à ce gros bêta de clébard.

Et c’est ainsi que nos deux compères rendirent la vie impossible à ce gros chien qui voulait toujours faire la loi.

Après quelques mésaventures et visites chez le vétérinaire, Monsieur Longuet décida de déménager. Le chien suivit bien sûr, c’était le conseil du vétérinaire, mais le chat qui s’était caché pour ne pas se faire attraper, resta donc là, trop heureux d’être enfin débarrassé du chien.

Plus aucun humain n’osa visiter ce vieux manoir, car il était désormais habité par des centaines de chats heureux et désireux de rester les maîtres de ces lieux.

Le Chat Botté accepta sa situation de fantôme aidant les vivants et s’envola pour d’autres cieux secourir de nouveaux chats persécutés.

Depuis ce jour, que plus aucun fantôme n’est venu hanter le vieux château, ce vieux château.

Le Livre des débuts d’histoires

Et voici la réponse à la photo mystère de ce mois-ci :

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Le livre des débuts d’histoires, de Kristin Kladstrup.

Un grand format, pour 360 pages environ avec une couverture souple et très attractive. Le titre est en relief et de couleur or. L’illustration est tel un rêve, où les images sortent littéralement du livre ouvert. Des couleurs vives (jaune, orange et rouge), attractives avec plein d’animaux tels ces chats, cygne, rouge-gorge, oiseaux dans le ciel et autre félin bondissant.

Un résumé, énigmatique, qui m’a immédiatement parlé * (même si ce livre est recommandé pour les 9-12 ans).

4ème de couverture :
Prenez garde, vous qui écrivez dans ce cahier, prenez garde aux histoires que vous commencez, car chaque histoire qui possède un commencement pourrait bien avoir aussi une suite et un dénouement. Pensez également, avant d’écrire pour de bon, que si un jour succède immanquablement la nuit, tous les débuts d’histoires ne font pas de bons récits ; Certains y parviennent, d’autres non. Que ce livre rende son jugement souverain pour dire si et comment l’histoire prendra fin.

* Il faut savoir qu’auparavant, j’avais lu la trilogie captivante de « Coeur d’encre » de Cornelia Funke (ils en parlent sur Babelio). Ce genre d’histoires pour enfants me fascine encore aujourd’hui car tout le monde sait que dans mon âme, je suis restée une enfant  ;-)