Portrait chinois : si j’étais …, je serais…

Si j’étais un animal

Si j’étais un animal, je serais un oiseau,
Pour voler bien haut.
Je n’aurais plus peur de rien,
Pas même de me tromper de chemin.
Je planerais grâce aux courants ascendants
Et je voyagerais librement, totalement.

Si j’étais un oiseau, je serais un pétrel,
Celui qui défie la tempête, le sel,
Qui frôle les vagues sans jamais sombrer,
Invisible dans la brume, sauvage, léger.

Si j’étais une aile, je serais l’aile gauche,
Celle qui tient bon quand le doute me fauche,
Qui connaît le vent mieux que la terre,
Et parle aux nuages sans jamais se taire.

Si j’étais un souffle, je serais l’ascension,
Ce frisson d’air qui soulève sans raison,
Qui murmure « encore » quand tout semble fini,
Qui transforme la chute en poésie.

Si j’étais une plume, je serais la plus fine,
Celle qu’on ne sent pas mais qui dessine
Le ciel comme une page infinie,
Et qui garde en silence les secrets de la vie.

Si j’étais un cri, je serais un silence,
Celui qui précède la danse,
Quand le cœur bat fort, juste avant l’envol,
Quand l’inconnu devient mon rôle.

Si j’étais un rêve, je serais l’instant
Où je me découvre dans le vent,
Ni bête ni humain, ni fuite ni retour —
Je serais l’oiseau. Enfin. Pour toujours.


Si j’étais une saison

Si j’étais une saison, je serais le printemps,
Pour me réveiller avec les oiseaux et leurs chants.
J’ouvrirais mes pétales,
Et embrasserais le soleil et son âme.
Je pousserais, je grandirais,
Je ne cesserais jamais de me planter.

Si j’étais un arbre au printemps, je serais un cerisier,
Offrant mes fleurs comme des baisers légers.
J’habillerais l’air de promesses en pluie,
Et chaque branche dirait : « Regarde, la vie ! »

Si j’étais une couleur du printemps, je serais le vert d’eau,
Celui qui danse sur les jeunes roseaux.
Un vert timide, presque transparent,
Mais si vrai qu’il fait battre le sang.

Si j’étais une fleur de printemps, je serais une primevère,
La première à oser, la messagère.
Je sortirais du froid, fragile et fière,
Et dirais au monde : « Voici la lumière. »

Si j’étais un vent de printemps, je serais une caresse,
Pleine d’élan, sans aucune paresse.
J’entrerais par les fenêtres entrouvertes,
Et soufflerais : « Réveille-toi, sois alerte. »

Si j’étais une pluie de printemps, je serais fine et douce,
Juste ce qu’il faut pour nourrir la mousse.
Je ferais briller les feuilles de joie,
Et chaque goutte dirait : « Je suis là pour toi. »

Si j’étais un matin de printemps, je serais rosée,
Déposée sur l’herbe, à peine osée.
Je serais silence et clarté mêlés,
Un secret que le soleil viendrait révéler.

Et si j’étais moi, enracinée dans ce temps,
Je serais le printemps, pleinement.
Je serais graine, sève, bourgeon, chant,
Et l’oiseau nouveau… à chaque instant.


Si j’étais un objet

À moi toutes les histoires imaginées,
Tous les secrets confiés,
Tous les projets élaborés.
Un cahier ou un carnet
Qui me plaît, qui me plaît —
À spirale, à ruban, à dos relié,
À petits points ou grands carreaux serrés.

Je serais un carnet de bord,
Pour suivre les vents, noter les accords,
Coller des souvenirs, griffonner des idées,
Et garder trace de ce qui m’a traversée.

Je serais un carnet de voyage,
Avec du sable entre les pages,
Des noms de villes en lettres penchées,
Des couchers de soleil scotchés.

Je serais un carnet de listes infinies,
De rêves à faire, de choses à dire, à remplir d’harmonie.
De livres à lire, d’étoiles à cueillir,
Et de mots à ne jamais laisser partir.

Je serais un journal de nuit,
Où l’on écrit quand tout s’enfuit,
Quand le silence est plus vrai que le bruit
Et que la main devient abri.

Je serais un carnet d’élan,
Celui qu’on ouvre quand on sent
Qu’il faut écrire pour respirer,
Pour se retrouver, pour exister.

Et si j’étais vraiment moi,
Je serais tous ces carnets à la fois —
Blancs ou pleins, raturés, crayonnés,
Trésors discrets de mes pensées.
Toujours là, jamais pareils,
Comme autant de bouts de ciel.

Ethan l’escargot – jeu de l’alphabet avec la lettre E

Ethan, Emilie et Esther

Ethan est un petit escargot un peu étrange.
Ce qu’il aime par-dessus tout ? Écrire.
Des histoires d’eiders explorateurs, d’espadons géants, de châteaux en Espagne, et même de combats d’escrime entre étoiles !

Mais aujourd’hui, en sortant de l’école, Ethan a mal à l’estomac.
Il a voulu lire son texte devant la classe… et il s’est étranglé.
Une émotion énorme est montée, ses mots se sont enfouis, et il s’est enfui.

— C’est une erreur… Je ne devrais pas écrire, soupire-t-il. Je suis trop nul.

Sur le chemin, il rencontre son amie Émilie, une jeune éléphante pleine d’énergie.

Ethan ? Tu es tout emmitouflé dans ta coquille… Qu’est-ce qu’il se passe ?

— J’ai voulu écrire un texte… mais j’ai fait des fautes, et tout le monde a rigolé. Maintenant, j’ai juste envie de m’enfuir et d’errer loin, loin, loin…

Émilie l’écoute avec attention, puis sourit.

— Tu sais, moi aussi j’ai eu peur une fois, quand j’ai voulu écrire une lettre pour élire la meilleure écrivaine de la forêt. J’ai tellement eu peur de faire une erreur que je l’ai jamais envoyée !

— Et tu l’as envoyée après ?

— Non. Mais j’ai rencontré Esther. C’est une vieille éléphante sage, une vraie écrivaine. Elle m’a dit une chose que je n’oublierai jamais :

« L’écriture, c’est comme monter un escalier : parfois on glisse sur une marche ou un ergot, mais chaque pas compte. »

Émilie entraîne Ethan chez Esther.
Esther est installée dans son fauteuil, avec une écharpe orange et un carnet sur les genoux.

— Oh, Ethan ! J’ai entendu parler de toi. On dit que tu écris exprès pour faire rêver les autres. C’est vrai ?

Ethan rougit.

— J’essaye… mais j’ai peur. J’ai mal à l’estomac quand je me trompe. J’ai envie d’écrire, mais je me sens étouffé par mes fautes.

Esther ferme les yeux un instant, puis dit doucement :

Écoute ton envie. Elle est là pour une raison. Les fautes ? Ce sont des flocons de poussière. On les chasse plus tard, avec un balai magique… ou un dictionnaire.
Mais l’expression, l’émotion, ce que tu ressens : ça, c’est précieux.

Elle tend à Ethan un carnet vide.

— Tiens. Tu vas écrire là-dedans. Tu feras autant de fautes que tu veux. Tu écriras encore, et encore. Et tu verras : un jour, tu aideras d’autres escargots à croire en leurs envies.

Ethan serre le carnet contre lui.

— Merci Esther. Je crois que je vais écrire… une histoire avec un escargot et une éléphante. Et peut-être un espadon !

Et tous trois rient à gorge déployée, jusqu’à s’éreinter de bonheur.


Petite graine pour l’enfant qui lit :

Et toi, quelle est ton envie ?
Et si… tu écrivais un petit bout d’histoire, toi aussi ?
N’aie pas peur des erreurs. Elles font partie du chemin.

Des moineaux sous mon toit : ça piaille

Ça y est, les piafs sont nés,
Depuis des jours, j’les entends piailler.
Une armée de becs qui réclame sans fin,
Du lever du jour jusqu’au prochain matin.

Ils sont nourris à la chaîne,
Par les deux parents, sans peine.
Mais j’vois surtout le papa moineau,
Voler, tourner, ramener du miam miam au nid là-haut.

Et ce nid ? Ah, parlons-en, quelle trouvaille !
Sous la corniche, au ras du toit, c’est la pagaille.
Un amas de mousse, de branches, de vieux bouts de fil,
Un squat aérien, un chantier bien trop fragile.

Pendant ce temps, mon palace reste vide,
Un nichoir 5 étoiles, tout propre, tout solide.
Trois appartements, à l’abri du vent,
Avec terrasse et vue plein sud, franchement !

Je l’ai acheté 45 boules, sans rire,
Pensant accueillir une joyeuse clique à nourrir.
J’avais tout prévu, même l’ancien spot respecté,
Juste à côté, là où l’ancienne chaudière était installée.

Mais voilà, la chaudière a claquée,
Et les moineaux… ont déménagé.
Pas un regard pour mon immeuble solide en bois,
Pas un bec curieux… j’vous jure, quel effroi !

J’ai vu des mésanges bleues, c’est vrai, passer,
Mais plus de bruit, plus rien… tout a déserté.
Pendant que les moineaux hurlent à tue-tête,
Sous mon toit, ça s’entête !

Quel affront ! Quel camouflet !
Ils préfèrent leur trou miteux, aucun respect,
À mon palace cosy, chauffé et ventilé…
Franchement, y’a de quoi enrager.

J’aurais dû leur faire un taudis crasseux,
Avec deux clous rouillés, un vieux rideau crasseux.
Là, peut-être, ils se seraient dit « chouette ! »,
Mais moi, j’ai fait trop bien — c’est bête.

Moineaux, bande de rustres, sans goût ni flair,
Vous rejetez l’hôtel pour un coin de misère ?
Mais allez… volez, vivez, faites votre vie,
Vos cris me réveillent — et pourtant, j’souris.

C’est pas chez moi que vous logez, c’est vrai,
Mais c’est chez moi que vous chantez… et ça me plaît.

Bon… j’vous regarde quand même, avec un brin d’émoi,
Courir nourrir vos petits — sous MON toit.

Papa Moineau domestique

Maman Moineau domestique

Voici le magnifique appartement ***** 3 chambres snobé par « mes » moineaux.

Travail superbement réalisé par Le local à plumes (FB)

Marche avec moi

Au détour d’une balade improvisée, ce petit air, je l’ai presque chanté !

Marche avec moi, le matin se lève,
Les herbes s’inclinent, la lumière est brève.
Un pas après l’autre, laisse fuir les pensées,
Écoute l’eau qui parle aux racines cachées.

Les oiseaux t’accueillent d’un concert sans détour,
Pinson, troglodyte, leur chant est d’amour.
Si petit le mignon, mais si fort son appel,
Il fait vibrer le bois, du tronc jusqu’au ciel.

Le rouge-gorge file, discret et vaillant,
Son œil te regarde, curieux, pétillant.
Là, le goéland brun barbote avec dignité,
Tandis qu’une corneille tente de chaparder.

Le héron en vol déploie son grand silence,
Et les canetons rient, dansent leur innocence.
Le grand cormoran, sur la rive endormie,
Étire ses ailes noires comme pages de nuit.

Le Grimpereau discret, doux grimpeur de l’écorce,
Suit un chemin secret, libre et plein de forces.
La mésange bavarde, l’étourneau papillonne,
Chacun a sa voix, et pourtant l’harmonie résonne.

Le sol, lui aussi, regorge de merveilles,
Un hanneton frissonne sous l’ombre d’une feuille.
Une larve de coccinelle, promesse de couleurs,
Et le bourdon des arbres qui butine de fleur en fleur.

Les Dolerus scintillent, furtifs comme le vent,
Tandis que les chenilles s’étirent, lentement, doucement.
Le Viorne donne fruit sur un arbre voisin,
Et l’ail des ours embaume les creux du chemin.

Les Sceaux de Salomon, secrets entre les pierres,
Murmurent à mi-voix des sagesses de terre.
Marche avec moi, écoute, respire, ralentis,
Chaque souffle t’ancre, chaque pas te bénit.

Tu n’as rien à prouver, rien à faire, juste être,
À l’instant, à la vie, au silence, à la fête.
La nature t’accueille, sans question, sans détour,
Elle te murmure simplement : Sois amour


En images. Les photos sont toutes de moi. La moitié ont été faites avec mon smartphone (insectes, paysages, fleurs) et le reste avec mon appareil photo numérique, soit au même endroit – Parc Hauster à Chaudfontaine, soit ailleurs.

La liste des bestioles et végétaux :-)

  • corneille noire
  • étourneau sansonnet
  • héron cendré
  • grand cormoran
  • grimpereau des jardins (je crois)
  • pinson des arbres (ici un mâle)
  • mésange charbonnière
  • mésange bleue
  • mésange nonnette
  • famille de canards colverts (avec des poussins qui étaient plus grands que sur la photo)
  • troglodyte mignon
  • rouge-gorge familier
  • goéland brun (je crois)
  • larve de coccinelle asiatique
  • chenilles de Phalène brumeuse
  • bourdon des arbres e
  • plusieurs dolerus
  • hanneton des jardins
  • fruits d’un Viorne obier qui poussaient sur un autre arbre
  • Sceaux de Salomon commun
  • ail des ours en veux-tu en voilà

Après les photos, le fichier audio ;-)

Pourquoi c’est une excellente idée d’offrir un animal à un enfant (vraiment) ?


Note pour les lecteurs pressés (et les sérieux au premier degré)

Ce texte est truffé d’humour noir, de second degré, et d’une pointe d’ironie bien appuyée. Rien n’est là pour se moquer des animaux, ni des enfants — mais bien pour secouer les adultes responsables qui pensent qu’un animal, c’est un cadeau comme un autre.

On ne rit pas des animaux.
On rit avec eux (enfin, si on leur demandait, ils auraient sûrement deux mots à dire).

Si tu souris tristement en lisant, c’est que tu as compris.
Si tu grimaces… c’est peut-être que tu connais quelqu’un qui est comme ça, ou que ça fait effet miroir ?


En bref

Offrir un animal à un enfant, c’est bien plus qu’un cadeau : c’est une leçon de vie. Une aventure. Un grand huit émotionnel. Un cadeau pédagogique emballé dans une boule de poils. Allez, soyons honnêtes : quel meilleur moyen d’apprendre la vraie vie à un petit être humain que de le mettre face à une créature vivante dont il ne mesure absolument pas la responsabilité ?

Il va adorer… jusqu’au premier pipi sur le tapis

Parce qu’au début, c’est magique. Il va s’attacher. Il va fondre. Il va lui donner un nom trop mignon que personne ne comprendra jamais. Et il va le suivre partout. Oui, partout. Même aux toilettes. L’amour inconditionnel, quoi.

Et puis, il découvrira la joie de se lever plus tôt que pour aller à l’école. Quelle chance ! Un animal, c’est un réveil avec des pattes. L’enfant apprendra qu’un besoin pressant à 6h du matin, c’est aussi une preuve d’amour.

Il vivra des émotions intenses. Très intenses.

Il va rire, il va pleurer, il va crier. Il va passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel émotionnel. Il apprendra que ce petit être n’est pas un jouet qu’on pose sur une étagère. Et c’est bien : rien ne vaut une belle frustration bien sentie pour forger le caractère. Un chiot qui mâchouille ses jouets préférés ? Une chatte qui griffe les rideaux ? Parfait pour travailler la patience.

Il vivra une rupture, une vraie, dès l’enfance

Car un jour, l’animal deviendra « trop encombrant ». Les vacances approchent. La nounou des bêtes est hors de prix. Et cette charmante boule de poils commence à aboyer quand elle est seule. Il faudra alors faire un choix raisonnable. L’enfant verra ses parents faire ce qu’il y a de mieux pour tout le monde : l’abandon (pardon, la « relocation aimante »). Et c’est bien : il apprendra tôt que même les grandes histoires d’amour finissent parfois en cage.

Il apprendra la mort, la vraie

Mais peut-être que tout se passe bien. Peut-être qu’il garde son animal, qu’il l’aime, qu’il grandit avec lui. Et alors, il vivra une autre expérience précieuse : la perte. Parce qu’un hamster, ça ne vit pas 20 ans. Un chat, ça vieillit. Un chien, ça fatigue. Et là, quelle claque merveilleuse ! Perdre son meilleur ami avant le collège, quelle excellente préparation à la vie adulte.


Bref, offrir un animal à un enfant, c’est une idée géniale

…à condition d’avoir déjà prévu qui ramassera les crottes. Qui paiera le véto. Qui s’en occupera quand il ne voudra plus. Parce qu’au fond, offrir un animal, ce n’est pas offrir un jouet. C’est offrir un être vivant à un autre être… pas encore tout à fait prêt.

Mais bon, l’essentiel, c’est qu’il soit content le matin de Noël, non ?


Le monde merveilleux des maladies

Offrir un animal, ce n’est pas seulement lui offrir un compagnon. C’est lui offrir… un abonnement illimité chez le vétérinaire. Formidable, non ? Une chance inouïe de découvrir que les êtres vivants, ça tombe malade. Oui, même les mignons.

Une petite toux ? Un petit virement ou un QR code à scanner.

Ton enfant va apprendre une chose essentielle dans la vie : l’amour, c’est cher. Et l’amour d’un animal, ça commence souvent par un vaccin (et ça continue avec une castration, un détartrage, une pommade pour les yeux, et une prise de sang « par précaution »). Une occasion unique d’aborder la gestion budgétaire dès le plus jeune âge. Entre deux Pokémons, il pourra suivre l’évolution du compte bancaire familial en temps réel.

Ah tiens, il boîte. Ah non, il saigne. Ah si, il vomit.

Là encore, super occasion d’apprendre que la vie, c’est pas que Netflix et câlins. Un petit accident ? Une patte cassée ? Une otite car il a joué dans la boue ? Génial, ton enfant découvrira les joies de l’anxiété parentale… en version junior.

Et toi, en bonus, tu auras droit à cette fameuse phrase :
« Mais pourquoi il est malade, Maman ? Il mange que ses croquettes, c’est pas juste ! »
Parfait pour amorcer une discussion sur l’injustice de l’existence et la précarité du vivant.

Et les soins obligatoires ? Quelle belle responsabilité !

Stérilisation, vermifuge, antiparasitaires, identification, rappels de vaccins : c’est une liste de Noël rien que pour vous ! Ton enfant apprendra à gérer un vrai calendrier, bien plus utile que celui de l’Avent. Il découvrira que l’amour, c’est aussi penser à faire vacciner celui qu’on aime. C’est mignon, non ?

Et si jamais il oublie ? Eh bien il vivra une autre grande leçon de vie : la culpabilité.


Donc oui, offrir un animal à un enfant, c’est brillant

Parce que quoi de mieux qu’une petite créature à poils pour découvrir :

  • la logistique médicale,
  • le stress vétérinaire,
  • les dépenses imprévues,
  • et ce doux mélange de panique et d’amour quand « il respire bizarrement, tu trouves pas ? ».

Mais rassure-toi, ton enfant en sortira grandi. Peut-être même qu’il voudra devenir véto. Ou allergique. L’un ou l’autre.


Vive les vacances !

Quelle fabuleuse étape dans cette grande aventure éducative ! Un jour, après les bisous, les selfies et les jeux dans le jardin, vient le désintérêt total. L’animal devient… un meuble vivant. Un meuble qui mange, qui perd ses poils et qui attend. Mais c’est beau, parce que ton enfant va apprendre quelque chose de fondamental : revendiquer sans assumer.

« C’est MON chien ! »

… sauf pour le sortir.
… sauf pour le nourrir.
… sauf quand il faut ramasser quelque chose de tiède dans l’herbe.

Mais attention ! Toi, adulte naïf, n’ose pas suggérer qu’on le donne à une famille qui pourrait vraiment s’en occuper. Ton enfant t’expliquera avec des yeux pleins de larmes que c’est son meilleur ami, qu’il l’aime, qu’il promet de s’en occuper cette fois, c’est juré, et que tu n’as pas de cœur.

Quelle merveilleuse manière d’apprendre l’art de la possession émotionnelle. Ça construit l’identité.

C’est qui qui s’en occupe, du coup ? (Spoiler : c’est toi)

Tu te retrouveras donc à promener l’animal que tu n’as jamais voulu, à acheter des croquettes sans sel et sans gluten, à planifier tes week-ends en fonction de son rythme de digestion.

Et pendant ce temps, ton enfant continuera à proclamer fièrement :
« C’est MON animal, je l’ai eu à mon anniversaire/Noël/divorce des parents. » (au choix)

Un chef-d’œuvre de gestion de projet intergénérationnelle.


Conclusion ? Fonce.

Offrir un animal à un enfant, c’est lui apprendre l’art de la délégation affective, la puissance de la culpabilité passive, et le confort de garder sans entretenir. Des compétences très utiles pour devenir adulte plus tard.

Et toi, tu apprendras à dire des phrases que tu ne pensais jamais prononcer comme :

  • “Non, il ne mange pas les restes, il est en régime hypoallergénique.”
  • “Si tu veux dormir chez ton copain, qui s’occupe de ton lapin ?”
  • “Mais pourquoi je fais ça, déjà ?”

Mais ne t’inquiète pas. À la fin, tu aimeras cette bestiole autant que lui. Et quand elle partira, tu pleureras seul pendant que ton enfant dira juste : “Les vacances, c’étaient trop génial ! »


L’un des secrets du vieux puits de mon roman jeunesse


Et si un vieux puits au fond du place de village cachait un passage vers un monde secret ?

Mathieu, le héros de « Le puits aux secrets », est un enfant curieux. Il ose descendre dans l’inconnu, porté par le silence et la lumière d’un étrange oiseau. Dans les galeries souterraines, il découvre un univers qui lui ressemble. Là où il peut être lui-même. Là où il se sent enfin à sa place.

Ce roman s’adresse aux enfants qui aiment rêver, explorer et poser mille questions. Mais aussi à ceux qui, parfois, préfèrent le calme, l’observation et l’imaginaire discret.

Pour les parents, les mamans, les papas, les grands-parents et tous ceux qui accompagnent l’enfance : Le puits aux secrets est une histoire pour grandir en douceur, faire confiance à sa propre lumière intérieure, et comprendre que parfois, le plus beau des voyages commence dans un simple regard vers le fond d’un puits.

À lire à voix haute, à partager sous la couette ou à emporter en vacances.

Extrait :
 » Lisa, dans sa chambre, écrivait avec frénésie. La disparition de son petit frère lui avait donné une idée. Depuis leur déménagement, tout semblait étrange, presque irréel, et cela lui brûlait les lèvres de tout raconter à ses amies. Son esprit débordait d’événements à partager : la fontaine orange, son allergie, et maintenant, la disparition de Mathieu.

Elle griffonnait sur du papier à lettre. (…)

Oh ! Charlotte, si tu savais depuis le temps que je rêvais de ça ! Mon frère a disparu, pfffuiit, il n’est plus là ! Bon, ça n’a pas l’air de faire plaisir aux parents, mais moi, je suis contente. Crois-tu aux rêves prémonitoires ?

Lisa retourna la feuille, poursuivant son récit, détaillant l’histoire de la fontaine meurtrière et accusant même Mathieu d’avoir tout manigancé. Mais plus elle écrivait, plus elle se rendait compte d’une chose : elle parlait surtout de lui. Ses phrases revenaient sans cesse à Mathieu. (…) « 

Secret d’histoire : En 2015, soit un an avant le début de l’écriture de ce roman, nous avons vraiment déménagé… Mon fils, notre fils, avait 7 ans. Huit ans en 2016… tiens, comme Mathieu ! Une coïncidence ? Non, mon fils m’a inspiré le personnage de Mathieu ;-)

Disponibilité :

Atramenta

Amazon

Fnac (France et Belgique)

Et chez moi, Belgique, bientôt ! Pour commander votre exemplaire pour la Belgique, à envoyer ou à venir chercher à Liège, Chaudfontaine et environs : envoyez-moi un message via le formulaire ou par mail à ecrimagineATgmail.com


Je prépare une petite vidéo, mais je n’ai pas la possibilité de la mettre ici. Retrouvez-là sur ma page Ecrimagine de Facebook :-)

En attendant, voici une photo de Minos pendant que j’enregistrais la vidéo (rires)

Un ver, un cri, un chat

Ce matin, j’entends ce que seuls les amoureux des oiseaux reconnaissent tout de suite : l’alarme du merle.
Fenêtre grande ouverte, soleil encore doux.
Je tends l’oreille : ça insiste. Ça crie. Ça râle. Ça… alerte.

Dans l’arbre, face à mon salon, je l’aperçois. Monsieur Merle, tout gonflé de courage, avec un ver de terre dans le bec et de la terre plein les mandibules. Et malgré ce chargement, il crie.
C’est donc grave.

Je me lève. Je cherche la raison de son inquiétude. Et je trouve.

Minos.
Mon fauve domestique. Mon chat-chien. Mon gros bébé. 6 ans et 7 Kg.
Allongé avec toute la nonchalance du monde, à moins de trois mètres de l’arbre.
Il ne bouge pas. Il ne cligne même pas des yeux. Il profite du soleil.

Hum ? C’est pour quoi ? Je ne dors pas, non. Je médite. Oui, ça m’arrive. C’est pas interdit.

Je l’imagine. Il serait capable de me répondre ce genre de répartie.

Le merle continue de s’égosiller. Il l’enguirlande et moi je retiens mon souffle.
Minos, lui… n’en a cure.

S’il savait comme j’en ai rien à faire de son ver et de ses grands airs. Le soleil est à tout le monde. Et ici, c’est chez moi.

Mais voilà : la simple présence du chat, même endormi, même en pleine méditation, suffit à déclencher une panique générale dans le quartier ailé.

Moi, je souris, mi-fière, mi-embarrassée. Le merle est tout autant chez lui ici que mon chat. D’ailleurs, l’arbre appartient aux oiseaux. C’est ainsi. C’est la règle. Monsieur Merle doit sûrement nourrir sa femme au nid ou ses petits qui sont nés dans le sapin, au fond du jardin. Je lui donne raison. On ne peut pas faire confiance à un félin, même avec embonpoint, même en méditation.
Minos est innocent aujourd’hui, mais il ne l’a pas toujours été. Heureusement, il se préoccupe davantage du chat voisin que des oiseaux. Lui aussi doit défendre son territoire et il a fort à faire avec ce mâle « entier ».

Le Merle continue à crier. Un décor qui gronde, qui surveille, qui alerte.
Et qui me rappelle combien chaque geste, chaque présence… a un impact dans le grand théâtre du vivant. Alors, j’appelle mon chat-chien. Un regard suffit à le faire rentrer à l’intérieur. Brave Minos.