Mars en photos et haïkus

Hier, depuis la terrasse dans notre jardin, des observations.

Des observations, de la nature, le printemps, des photos… et des oiseaux.

Et ce matin, des haïkus.

Et deux photos de notre dernière visite au refuge « Animal sans toi…t« . (Il y a beaucoup d’autres animaux dans ce refuge, dont des caprins, des chevaux, des vaches, des poules & des coqs, des moutons, des cochons, des chiens & des chats, des lapins, des cobayes, des perruches, des canaris, des perroquets, etc.)

Je suis ivre de livres

Quand je suis fatiguée, quand je n’ai pas le moral, quand je me sens bien, quand j’ai la pêche… d’euphorie en déprime, tous les prétextes sont bons pour m’inonder de livres !

Alors que je n’ai jamais lu aussi lentement depuis janvier 2022, cela n’arrête pas ma boulimie de livres : des romans en papier, en format numérique, des revues, BD, mangas, documentaires, tout y passe.

L’année dernière, j’étais si fière du rangement de ma bibliothèque… aujourd’hui, je peux recommencer. Mon casier de Pile À Lire est rempli à un point tel que j’ai dû en ranger – non encore lus – dans leur casier adhoc : contes, mangas, BD…

Samedi, j’ai reçu des caisses de livres en don pour Livr’Ensemble. Et j’ai un peu discuté avec le monsieur… il va partir en voyage pour une durée indéterminée et vers des destinations pas encore fixées ! Lui et sa compagne ont dû faire un tri dans leurs livres et ils se sont arrêtés sur un chiffre : 50 livres à garder 😱 Oufti ! J’ai été surprise. Je suis, pour le moment, incapable d’en faire autant; je crois que rien dans ma PAL, j’en ai déjà 25… ou alors, je garde 50 livres de contes, 50 BD, 50 romans 😄

Aujourd’hui, 8 mars 2022, j’ai reçu un livre par la poste et j’en ai acheté deux autres. Je pourrais vous en parler et je vais vous en parler de bien d’autres, mais pour ce soir, voici mes 3 coups de coeur du jour.

« Un Tanguy chez les hyènes, 30 comportements surprenants des animaux », par le professeur de zoologie de l’université de Liège, François Verheggen et illustré par le belge Stéphane Deprée. Éditions Delachaux et Niestlé.

 » Là où les arbres rencontrent les étoiles », de Glendy Vanderah, ornithologue spécialiste des espèces menacées en Illinois, traduit de l’anglais par Laura Bourgeois. Éditions Charleston.

 » Petites boîtes, par Yôko Ogawa, traduit du japonais par Sophie Refle. Éditions Actes Sud.

Ma première scène, veillée de contes

Un, deux, trois,
Promenons-nous au théâtre à Denis
Quatre, cinq, six
Écouter plein de contes entre amis
Sept, huit, neuf
Dans nos oreilles, il y en aura bien neuf (des histoires et des contes)


Moment magique !

Apéritif musical en accordéon et en chanson.

Quel accueil, ça me détend immédiatement.

Un premier duo ouvre la scène. On part en Italie, on voyage en Belgique dans les mines. Du soleil, du saucisson, (un saucisson, un pain et un fromage de chèvre fait maison), une mine de charbon et… un pipeau qui sauve une vie. Hymne à la vie, tranche de souvenir, voyage, partage.

Après quelques notes de kalimba, on fait un bon dans le monde et dans le temps. Histoire intemporelle dans un désert en Afrique. Une pause ornithologique où l’on apprend la patience grâce à un vautour bien sage et où l’on découvre l’impatience d’un épervier au destin malchanceux. (mon moment :-) )

Pour rester en compagnie de nos amis les animaux, nous partons dans un étrange pays merveilleux où un lapin-homme ou homme-lapin, perpétue son espèce grâce à la magie, à l’amour et à la musique. Un bout de tissu à découper, des oreilles, un visage à confectionner et à cuire, un corps de tissus à rembourrer, des yeux à coudre… une horloge se sable qui s’égrène, des partitions et un violon et son archet rendent la magie palpable, merveilleuse, accessible.

Et d’où vient cette femme qui a avalé un petit pois et dont le ventre s’est subitement arrondi pour donner naissance à un vaillant petit garçon ? Un petit garçon, un petit frère, le petit dernier de la famille que rien n’effraye, pas même les dragons ni, les plus terribles et effroyables dragonnes ! D’où qu’elle vienne cette maman, d’où il qu’il vient ce petit héros, une chose est sûre, en Ukraine, ce conte encore non traduit en français bat dans le cœur du pays en guerre, et même à ses frontières, loin, très loin, par-delà les fractures des âmes.

Dans une ferme plus loin, c’est la destinée d’une souris, d’un poulet, d’un cochon et d’une vache qui é-meuh le public. Les pièges cruels pour attraper la pauvre petite souris qui n’a rien demandé, qui n’a jamais fait de mal à personne, qui se fait tellement petite qu’elle passe inaperçue dans le placard de la cuisine… et des animaux de la ferme qui ne comprennent pas son problème, pis, qui se moquent d’elle. Un rassemblement d’égoïsme qui finira mal, moi je vous le dis !

Il y en a un pour qui, tout problème trouve une solution. Un petit vieillard wallon a trop chaud en ce jour printanier. Tout ce qu’il cherche, c’est un peu d’ombre, un peu de fraîcheur. Il finira par la trouver d’une ingénieuse façon : grâce à l’ombre d’un arbre. Et ce n’est pas un voisin flamand riche et radin qui va l’empêcher de profiter de ce bien tellement agréable et si bon en cette saison.

Avant de partir, il nous faut revenir en Afrique, au Togo plus précisément. Et nous retrouvons également nos amis les animaux en la personne d’un Tisserin gendarme. Grâce à un champ de coton mûr pour la récolte, nous nous apercevons que l’entente entre espèces vivantes différentes est primordiale pour une vie saine, plaisante, agréable et passionnante. Ne nous fions pas à tout ce que l’on entend, restons ouverts à ce qui nous entoure et la cohabitation n’en sera que meilleure.

C’est déjà bientôt la fin. C’est sans des sous qu’une querelle de voisinage prend le dessus dans cette histoire ! Jeux de mots, jeux de sens, la langue s’en donne à cœur joie et les oreilles ne savent plus où donner de la tête. Un petit dessert unique, exquis, à savourer.

Nous nous disons au revoir, on se quitte dans cette forêt magique et on laisse derrière nous des serpents, des éléphants, des rats et un essaim d’abeilles. Dans cette forêt, derrière nous, il est un homme qui déguste du miel, accroché aux racines d’un arbre étrange. Mais ça, oui, c’est une autre histoire.


Hier soir a été ma première scène. Ma première veillée contée. Ma première rencontre avec le Théâtre à Denis avec Maison du Conte de Liège Verviers.

Un pur bonheur, un moment extraordinaire, un accueil chaleureux, une bienveillance constante, une ambiance magique.

Une nouvelle famille.

Des rires, des émotions, des voyages.

Et j’en suis repartie de là, le cœur battant d’amour pour ces partages, pour cet échange de magie, pour ces nouvelles rencontres. Des bulles d’amitiés contées pétillantes, vivantes, vibrantes.

J’ai été contente de ma prestation, j’étais bien et cela s’est ressenti. Encore l’une ou l’autre petite « correction » et mon 1er conte vivra longtemps. Il grandira avec moi, ne sera jamais le même et c’est ça qui est génial !

Ce premier conte, je le dois à Stéphane Van Hoecke (conteur, animateur et formation aux contes) et à Allassane Sidibe (conteur au Togo). Et bien sûr au site « Contes de sagesse » sur lequel je suis allée sur les conseils de Stéphane et où j’ai trouvé le conte d’Allassane. Merci à toutes et à tous pour ce merveilleux moment inoubliable.


J’espère bientôt pouvoir vous montrer des photos :-)

Perdre la tête

Comme l’explique le titre de mon recueil numéro trois « Démarrer au quart de tour », je suis capable de démarrer très vite un texte créatif. Parfois, il ne me faut vraiment pas grand chose pour que le déclencheur se mette en route directement à la cinquième vitesse !

Le seul problème avec ce démarrage rapide, c’est que parfois, paf, ça bloque, ça coince et je rame, je rame, pour la suite.

Comment expliquer cela ? Je n’en ai aucune idée. Quand j’écris, je ne fais jamais de plan. Des images naissent spontanément, et sans douleur, dans ma tête. Tout ce que j’ai à faire, c’est de décrire les images. Parfois, une histoire entière, complète, avec queue et tête, prend vie sous les doigts qui pianotent mon clavier. Parfois, « la sauce » ne prend pas. Mais je sens qu’il y a quelque chose d’intéressant. Alors, j’arrête d’écrire quand je bloque. Je fais tout autre chose, je change d’activité.

Certaines de mes inspirations sont vraiment étonnantes. J’aime dire que je pars toujours de quelque chose de vrai, un souvenir, un fait réel, une scène à laquelle j’ai assisté, quelque chose que l’on m’a raconté (ou que j’ai compris de travers), une info que j’ai lue dans un livre, une image vue à la télévision, etc.

Pareil pour ici, je suis partie d’un fait réel, à savoir la lecture d’un livre. Mais, comment dire ? Au bout d’un moment, je ne savais plus si ce que j’écrivais c’était ce qui s’est réellement passé ou ce que j’ai imaginé.

Vous avez sûrement déjà entendu parler certains auteurs qui disent qu’ils se sont laissés faire par leur personnage. Qu’ils ont été surpris par un comportement, par une action, par un choix de leur personnage. Ou qu’un personnage secondaire a tout à coup pris plus de place que prévu. Ou qu’un passage ne s’est pas déroulé tout à fait comme l’auteur l’aurait voulu.

C’est une sensation à la fois grisante et affolante. Cela peut faire sourire ou faire peur. Eh bien, pour ma part, j’ai eu cette désagréable impression que je perdais la tête.

Cet album est : Le dessin magique de BAO, de Marie Tibi et Aurélia Fronty, paru aux éditions Gautier Languereau


Le mystère de l’album magique

Il était une fois un livre magique. L’histoire parlait de magie. Les images étaient vivantes, colorées, animées. C’était un livre sur un conte, un conte illustré, un conte japonais, avec, pour héros, un jeune garçon. Le garçon était pauvre et survivait grâce à la générosité et la pitié d’un aubergiste de campagne. Le garçon, pas encore un homme, pour remercier son bienfaiteur de lui donner à boire et à manger, lui offrait en retour de magnifiques dessins qu’il peignait sur les nappes de papier qui protégeaient les tables en bois de l’auberge.

L’histoire raconte comment, un jour, le garçon décide de partir. Le jour de son départ, il offre à l’aubergiste une peinture magique. Sur cette nappe de papier, il a dessiné un oiseau.

  • Dès que vous frapperez trois fois dans vos mains, l’oiseau dansera pour vous, pour vos clients. Il égayera l’auberge de ses plumes colorées, de sa danse magnifique. Mais attention, il ne peut faire ça qu’une fois par jour.

Le conte, bien connu, explique comment l’oiseau prend vie et pourquoi il s’en va un jour après le passage d’un empereur égoïste et méchant.

Eh bien moi, hier soir, j’ai découvert qu’il y avait un autre secret dans ce livre. Une autre magie ! Dans ce livre. Dans cet album illustré, coloré, magique !

Confortablement installée dans mon fauteuil, j’entame la lecture du conte, il faut le dire, magnifique. Dès la première page illustrée, je remarque qu’il y a quelque chose d’étrange en haut du livre. Comme un trou d’un côté, comme une bosse de l’autre ! De mon index, je frôle chacun des endroits pour constater que ce n’est pas une crasse qui est collée ou qui a abîmé les pages du livre, car il n’y a rien qui colle, qui gratte, qui sent. Un peu comme si un minuscule caillou se serait glissé à l’intérieur et aurait marqué les premières pages de ses bords durs et pointus.

Je reviens donc en arrière pour chercher l’origine de ce « défaut ». Et là, à l’intérieur de la couverture, avant même la première page, une bosse, quelque chose de dur est caché entre la couverture et la feuille qui est collée à l’intérieur ! La feuille est épaisse, résistante. Elle ne s’est pas déchirée, mais est désormais marquée ad vitam æternam !  Du bout d’un ongle, je gratte pour voir si je peux l’enlever et, une feuille lisse, retrouver. Mais je crains d’abîmer le livre, plus que ce qu’il n’est pour le moment, c’est-à-dire en excellent état si ce n’est ces petites bosses et petits creux que l’objet en question a formé sur les quatre premières pages de l’album. Bosses et creux que je n’avais pas remarqué avant, ni à ma première lecture, ni à ma seconde !

J’ai chez moi, tout le matériel pour relier, coller des feuilles, pour créer un carnet fait DIY de mes petites mains. Souvenirs d’un atelier de reliure à Redu. Alors, je me lève du fauteuil, je dépose l’album sur la table du salon et je prends mon cutter à la lame fine et aiguisée comme un bistouri de chirurgien. Là, d’une main quelque peu tremblante, je fais une incision aussi fine et petite que possible.

  • Aïe ! Non mais ça ne va pas à la tête ! Me hurle une voix aigüe au fort accent oriental.

Je lâche tout et me recule de la table. Je regarde mes enfants qui sont un peu plus loin, face à la télévision. Soit, ils sont absorbés par le film de super héros qu’ils regardent, soit ils n’ont rien entendu et ce n’est que mon imagination qui me joue un vilain tour. Mes mains tremblent. Je les mets ensemble pour qu’elles se rassurent l’une l’autre. J’ose jeter un regard furtif sur l’album qui n’a pas bougé, qui est toujours là, grand ouvert, couverture intérieure exposée à mon étonnement.

Mes yeux scrutent la chose qui est encore sous la feuille bleue. Ils passent de cette bosse qui bouge subrepticement à la pointe de mon cutter. Pas de sang, ouf ! Mais un liquide d’une autre couleur brille sur la pointe de la lame. Une goutte jaune or entoure l’objet du crime. Pour être sûre que je ne rêve pas ou que je ne suis pas sujette à une crise hallucinatoire, je me pince alternativement la joue d’une main tout en appuyant sur le lieu du crime.

  • Mais aïheu ! Qu’est-ce qu’il ne tourne pas rond chez toi ? Au lieu de me torturer, si tu essayais de me sortir de là. Parce que je dis ça, je ne dis rien hein ! Tu me réveilles brutalement en m’écrasant puis tu me coupes et après tu t’étonnes que je rouspète !

Bon, j’avoue. Ce ne sont pas ces mots précisément qu’il ou qu’elle m’a dit. Mais ça y ressemblait très fort dans l’intonation de sa voix. D’abord une plainte, puis un point d’interrogation accusatif suivi d’une série de cris et de cras se terminant par un mot d’exclamation je dirais. Je ne parle pas le chinois, ni le japonais, pas plus que le thaïlandais ou le coréen. Je ne sais même pas en quelle langue la chose a parlé. Oui, la chose. Ça lui va plutôt bien.

Tout en m’assurant que mes enfants ne vont pas me prendre pour une folle en me surprenant en train de parler à un livre, je dépose un doigt, l’index droit, juste à côté de la bosse qui continue à rouspéter. Je prendrais bien une loupe, mais ma curiosité est tellement grande que l’idée de fait que traverser mon esprit embrumé. Alors j’approche mon visage de l’album. Mes yeux sont à une petite vingtaine de centimètres de mon doigt qui lui-même est à un demi-centimètre de l’étrange bestiole, de la chose bizarre qui parle un langage inconnu. Mon cutter a effectué un travail propre, délicat. Un trait, un seul, une ligne unique, si fine que j’ai dû m’y reprendre à deux fois avant de la trouver. De mon autre main, je pose l’index à gauche de la créature, de l’animal miniature, de la chose riquiqui. Aussi doucement, aussi lentement, aussi délicatement que possible j’écarte le papier. Et là ! Croyez-le ou non, mais un fil doré, une fine patte précieuse, un cheveu d’or, que sais-je, est sorti du livre !! Je cligne plusieurs fois des yeux pour me persuader que l’hallucination n’est pas fausse. La tige, la patte, le fil, le cheveu ou je ne sais toujours pas quoi s’allonge et touche mon doigt ! Je ne sens rien. Ni chaleur, ni froidure, ni morsure, ni décharge électrique. Rien. Je retire ce doigt et le papier se remet en place, aspirant par la même occasion l’extension qui était occupée à sortir.

A ce moment-là, il faut que je vous dise que j’ai paniqué. J’ai pris peur. Oui. Mettez-vous à ma place Qu’auriez-vous fait ? Je n’arrive pas à croire à ce que j’ai vu. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Un E.T. ? une toute toute petite araignée ? une créature vivant exclusivement dans les pages des livres ? (de vous à moi, j’en ai déjà entendu parler de ces bestioles, mais les versions diffèrent tellement les unes des autres que je n’y crois pas pour la simple et bonne raison que je n’en ai jamais vu) Un Yokaï ?

Votre version : à venir ;-)

conte japonais
qu’est-ce qui se cache en-dessous ?

Je compte les jours avant de conter

Je vous avais dit qu’en 2022, je souhaitais me lancer dans les contes (voir article vision board 2022). Eh bien, je ne peux plus faire marche arrière à présent. J’ai enfin pris la décision de me mettre en avant, de monter sur une scène réelle ou imaginaire, pour … conter !

Être sous les projecteurs, ce n’est vraiment pas mon truc. Donc pour sortir de ma zone de confort et pousser la porte de tous les possibles, je vais commencer par conter dans un … théâtre ! (au secours) Ensuite, je redescends d’un cran mon trouillomètre pour suivre une formation en perfectionnement des contes avec un groupe et un conteur-animateur que je connais déjà. Et le week-end juste après, on remonte le stress avec une animation en plein air !

Grâce à La Maison du Conte et de la Parole de Liège dont certains membres ne cessent de m’encourager en m’invitant à conter avec eux, je dis « oui ». Oui, je vais oser parler en public, face à des inconnus, porter ma voix, faire vivre mon imaginaire, le mettre en bouche, en sons et en présence. Ce sera un peu ma manière d’épicer ma vie (rires).

Dans le dépassement de soi, il y a du stress. Du bon et du moins bon. Ici, je ne suis obligée à rien, c’est uniquement moi et moi seule qui me force à sortir de ma zone de confort pour un mieux, pour un bien. Les contes, je les aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, entièrement ! Lire des contes, je le fais tous les jours. Écrire des contes, je le fais régulièrement. Utiliser ma voix et tout mon être pour partager des contes, je ne le fais vraiment pas souvent, pour ne pas dire … jamais !

Et si j’ai dans l’idée de créer une animation entièrement centrée sur les contes (lecture, écriture, oralisation), je ne peux le faire sans conter un petit peu, de temps en temps :-) Je dois arrêter de me cacher. Je dois me surpasser. Dépasser cette peur du regard critique des autres. Oser m’exprimer d’une autre façon, accepter mon corps, ma voix, m’accepter tout entière telle que je suis.

Je me lève avec un conte en tête que je répète et répèpète. Je me douche en contant et en répétant. Je conduis en pensant aux contes, en parlant toute seule dans ma voiture. Je conte devant mes chats. Je conte en cuisinant. Je ne me couche pas sans répéter un conte. Pour l’instant, ce sont toujours les deux mêmes que je travaille, qui tournent dans ma bouche, qui glissent sur ma langue, qui sortent de ma gorge. Quand je me sentirai prête, quand je saurai que je maîtrise ces deux-ci, je passerai au troisième. Puis au quatrième. Puis au cinquième… J’aimerais en connaître sept. Comme les sept jours de la semaine. Comme les sept chevreaux dans le conte des frères Grimm. Comme les sept corbeaux (Grimm). Comme la botte de sept lieues. Comme les sept nains de Blanche-Neige. Comme les sept fils dans le Petit Poucet (qui a sept ans).

Dans cette attente, car toutes ces prochaines activités de contes se déroulent durant le mois de mars, je dois absolument m’occuper l’esprit et penser à autre chose (clin d’œil qui rigole)

Parce que j’en ressentais l’envie et le besoin, j’ai fait ces deux petits collages. Grâce aux magazines « Respire« , je m’exprime par des images et des mots qui ne sont pas les miens, mais qui font écho en moi.

Interprète chat-humain

Encore une chose incroyable qu’il m’est arrivée au potron-minet :

Mon chat Orion, dont les yeux brillent sur son visage comme des étoiles dans un ciel nocturne dégagé, se tenait sur ses pattes arrière et me présentait, le plus naturellement du monde, un livre.

Orion me racontait que l’auteur de ce livre extraordinaire était un spécialiste du palindrocomique.

Il ne m’a pas donné davantage d’explications, car une véritable patte féline aux coussinets tout frais (froid) me touchait le visage en miaulant « debout ! j’ai faim ! ».

Je me suis donc réveillée avec un mystère de plus à résoudre…

Lune, photo, haïku

En ce samedi 19 février 2022, l’ouragan baptisé Eunice est en Belgique depuis la veille. Des rafales soufflant à plus de 120 km/h font des dégâts. La dernière tempête de ce genre, avec des vents aussi violents, datait de 1990. Je me souviendrai toujours de cette époque, car un petit camarade d’école est mort écrasé par un arbre qui est tombé sur la voiture. Ses parents, lui et sa petite sœur… tous morts. J’avais 10 ans…

Ce samedi matin, une tête presque entièrement ronde et lumineuse apparaît derrière le sapin du fond du jardin. Le vent fait danser les branches. Un jeu d’ombres et de lumière, de contrastes, me fascine. Petite série de photos tantôt dehors, le nez au vent, tantôt à l’intérieur, bien à l’abri et bien au chaud.

Le soir, on ressort l’appareil photo pour visionner les images. Et la technologie actuelle me surprend encore. Séparées de milliers de kilomètres, la lune m’apparaît aussi proche qu’un visage familier. L’on peut voir ses cratères. L’on devine ses rêves. Un appareil photo, un bridge, avec un super zoom et voilà que j’avale la distance et le ciel d’un simple « clic ».