Je reste sur ma lancée. Je progresse bien. J’avance à pattes d’Huitrier-pie :-) (c’est le nom du chti oiseau qui est sur la photo)
Je ne sais jamais ce que je vais écrire le matin. Je prends mon plan avec mon jeu d’écriture du jour J. Le jeu, la contrainte est là pour me donner l’impulsion, la pulsion nécessaire aux images qui vont se succéder dans ma tête afin que mes doigts pianotent tout ça et transforment ces images imaginaires en mots, puis en phrases pour former un bout d’histoire.
Mon jeu d’écriture du matin était « décrire la vie et la mort de légumes ou d’un plat dans mon assiette ». Je n’ai pas écrit la vie et la mort de légumes, mais j’ai décrit un plat, en utilisant quelques sens tels le goût, l’odorat, la vue. Je vais pouvoir rajouter des détails, être plus précise. Mais sur le moment-même, avec la suite de l’histoire et la description – succin – du plat, je suis déjà arrivée à mon petit millier de mots quotidien. Je ne veux rien forcer pour coller à la contrainte. Le but, c’est d’écrire. Si je dévie, si je ne respecte pas à 100 % ce que je me suis « imposée », ce n’est pas grave. Ces jeux ne sont que des guides, des amis. Ils me suivent où que j’aille.
Demain, j’ai choisi d’écrire sur ou partir d’une comparaison et d’une métaphore. Dans le livre que j’ai utilisé pour choisir une dizaine de jeux d’écriture : « Écrire, un plaisir à la portée de tous, 350 techniques d’écriture créative », de Faly Stachak, à la page 92, il est fait référence à une phrase de Le Clézio.
L’écriture, c’est comme un vol d’oiseau au-dessus de la mer »
Je l’ai gardée telle qu’elle, car je reviens justement d’un petit séjour à la mer avec mon amoureux et … j’adore les oiseaux. Voyez les photos que j’utilise pour partager mon avancée dans ce défi… des photos du jour, à la mer du Nord ;-)
Quant à la métaphore, j’ai choisi de partir également d’après un exemple du livre à partir du début de phrase : L’imagination, c’est…
Je vous dis « à demain » !
Les petits badges que je reçois quand j’introduis ma progression sur le site officiel du Nano ! Prochain badge a gagner : la barre des 10.000 mots, écrire pendant 7 jours… à suivre
Je continue sur ma lancée. Le défi d’écriture progresse bien.
Je suis surprise de voir que l’histoire de fond prend davantage de place que je ne l’aurais cru. Les jeux d’écriture que j’ai imaginés n’arrivent qu’en second plan.
Je me demande quand même si demain j’arriverai à poursuivre sur cette lancée, car le 3e jeu d’écriture me demande de décrire la vie et la mort d’un … plat ! C’est un peu décalé et n’est pas dans la continuité du début de mon histoire. Et je n’ai pas envie d’écrire un passage où mon personnage rêve. Faut que ça soit plausible.
Bref ! On verra demain comment ça va se dérouler 😉
Ce matin, j’ai bien commencé le défi d’écriture du Nanowrimo : + 2000 mots.
J’ai suivi mon plan. Et c’est l’introduction qui a pris le plus de place pour le moment.
Je démarre toujours sur une base de réel. Je m’inspire de faits réels. De ma vie. De ma famille. De mes amis. Je prends une partie, puis je change tantôt le nom, l’âge, la date, le lieu. Ensuite, je brode autour de tout ça. Quand je dis « je brode », c’est imagé. J’écris. Je transforme, l’invente, j’extrapole, je minimise ou accentue des faits. Car je suis plutôt une brodeuse médiocre.
Une photo du jour pour officialiser ce premier jour de Nano en ce mois de novembre 2022.
Covid J6. Je suis encore en quarantaine. Je dors sur un matelas, par terre, dans la mezzanine. Nous sommes lundi matin. Je le sais, car je me souviens que mon amoureux m’a dit hier soir « y en a qui travaille demain ». J’avoue que j’ai un peu perdu la notion des jours, du temps qui passe. Mais je suis sûre que ce matin, on est lundi. Malade ou pas, j’ai un réveil automatique, mon rythme biologique peut-on dire, entre 4h et 5h. Et ce, quelle que soit l’heure à laquelle je me couche la veille au soir.
Là, je me suis réveillée à 5h, à cause d’un des chats qui fait du bruit exprès pour me réveiller. Toujours la même. La seule femelle a faire toute une histoire dès qu’elle se réveille, elle estime que tout le monde doit se réveiller, au moins pour lui donner à manger ou pour la faire sortir. D’ailleurs, avec sa petite tache ronde et noire sur le bout du museau qui est blanc, on l’appelle « Madame la Marquise ». Je ne l’accuse pas aveuglément, la preuve, son frère jumeau dort à côté de moi, face à mon visage, couché sur mes vêtements. Le petit jeune, tout noir, me réchauffe les jambes, un véritable et adorable pot-de-colle-bouillotte-ronronnante. Lui aussi, il dort à pattes fermées, roulé en boule, tout contre mes jambes. Le petit dernier, le petit sauvageon qui se laisse apprivoiser, passe encore ses nuits dehors. Malgré la pluie, malgré le vent, il demande toujours à sortir le soir pour dormir à la belle étoile.
Bref, je me lève donc à 5 heures. Me désinfecte les mains à l’alcool, passe mon masque sur la bouche pour ne pas contaminer la toilette. Après la pause pipi, direction cuisine pour nourrir ces quatre affamés. Je tousse et éternue dehors. Je bois un demi-litre d’eau pour réhydrater ma gorge sèche et me fait un chocolat chaud au miel pour adoucir ma gorge abîmée et douloureuse. La porte tout le temps ouverte pour aérer la cuisine, la maison et permettre aux félins de se dégourdir les pattes.
Une heure plus tard, je ferme la porte, je remonte me coucher. 6h15, une belle heure pour me rendormir. D’ailleurs, mon amoureux est réveillé. Les chats ont eu à manger, sont sortis ou sont encore dehors pour certains, les enfants dorment encore. Vive les congés d’automne. Je vais vraiment pouvoir dormir, me reposer encore après une nuit plutôt calme, juste un peu trop courte à cause des quintes de toux qui m’ont empêchées de m’endormir « tôt ».
Rapidement, je parviens à trouver la bonne position dans laquelle je me sens confortable, sans gorge qui gratte, sans écoulements dans l’arrière-gorge. Très peu de temps après, dans le noir encore complet, je sens un poids discret sur le matelas, sur la couette. Un chat va me tenir compagnie.
MIAOU !
Pitié, faites qu’il ne va pas vouloir tailler une bavette avec moi, maintenant ! Mais je l’entends qu’il descend de la mezzanine. Malgré le petit poids, ça devait être le petit Orion, trois kilos deux cents grammes tout mouillé, il descend comme un lourdaud, faisant du bruit tel un éléphant sautant sur ce meuble en bois qui nous sert d’escalier pour atteindre la mezzanine.
Je me retourne sur le dos, puis sur l’autre côté. Flute ! J’allais m’endormir.
TIIIIII TIIII TIII !!
Bon sang, cette andouille est venue m’offrir une souris ou une musaraigne en cadeau. Vivante ! Pas possible !! Tendons l’oreille et la bonne ! (j’entends moins bien suite à la maladie de Ménière). Je n’ose plus bouger. A peine respirer. Mais il n’y a que le vent qui crie par la fenêtre, le vasistas, laissée entr’ouverte. J’attends encore un peu. Rien. Puis j’entends une porte chez mes voisins qui grince. Ouf ! Ce n’était sans doute que ça. Pas de souris ni de musaraigne victime du chasseur de rongeurs. Je suis rassurée. Je vais pouvoir me rendormir.
Installée sur le côté gauche, j’ouvre les yeux momentanément. Il fait vraiment noir ici ! Je perds un peu mes repères (toujours maladie de Ménière, qui me déséquilibre dans l’obscurité) et je ne sais plus si je suis à l’endroit ou à l’envers dans mon lit ! Heureusement, si je puis dire, il y a la petite loupiote d’un appareil (le Wifi ou je ne sais plus quel décodeur ou bazar informatique) qui éclaire faiblement dans mon dos. Je suis dans le bon sens. Je récupère mon oreiller. Je le remets en forme et m’apprête à me rendormir quand, tout à coup, qu’est-ce que je fois là ? Juste en face de mes yeux ? Parmi mes livres disposés en deux piles par terre, livres lus et livres à lire, entre mes bouteilles d’eau, de thé, de sirop pour ma toux un petit insecte bleu ? ou que je crois qu’il est bleu à cause de la loupiote derrière moi ? Je me redresse sur le matelas. Enlève ma couette. La rabats à mes pieds.
Ah ben ça alors ! Une tortue ! Une minuscule tortue, toute plate ! Et elle est bien bleue. Je n’en reviens pas. De voir cet animal ici, à l’intérieur, un animal de cette taille, de cette épaisseur et surtout de cette couleur. Bleu nacré. Comme le papillon, le mâle de l’Argus bleu ! Splendide. Je me lève pour de bon. Cette observation est unique ! Je ne peux passer à côté. Je prends mon téléphone, enlève le mode « avion », branche le wifi, active la position pour pouvoir utiliser l’application « ObsIdentify ». Cette application, bien que lente et instable, est géniale. Grâce à une photo (jusqu’à 4), elle me permet d’identifier la faune et la flore sauvage que je vois. J’active aussi momentanément la lampe torche de mon smartphone afin que je ne me casse pas la figure. Je veux ouvrir le store de la fenêtre car je crois qu’il commence à faire clair dehors, je pourrai mieux voir la bestiole. Je ne voudrais pas l’illuminer et l’aveugler avec le flash de l’appareil photo de mon gsm ! Tout en regardant où je mets les pieds, je continue à détailler l’animal. Elles sont deux à présent ! Deux tortues minuscules, plates et bleues azur. Deux ! L’une monte sur le dos de l’autre ! Un couple ?? Quand je pense qu’on dit qu’il y a plein d’animaux en voie de disparition (et c’est vrai), j’ai toujours dit qu’il y en avait un paquet qu’on n’a pas encore découvert. Oh, et si je découvrais une nouvelle espèce ? Chez moi ! Depuis mon lit ! En plein Covid ! Ce serait trop cool. Une tortue de chambre ? Une tortue de nuit ? La Petite Tortue Azurée de Liège. Ouah ! ça en jette comme nom.
Bon, ne mettons pas la charrue avant les bœufs, n’est-ce pas ? Ouvrons l’œil, faisons la lumière sur cette étrange apparition ! J’ouvre le store, et …
AAAaaah ! Horreur ! Une toile d’araignée, beurk ! Une ? Dix !! La lumière pénètre dans la pièce et je découvre avec épouvante qu’il y a un nombre incalculable d’araignées et de toiles qui s’enchevêtrent les unes aux autres. Bon sang ! D’où viennent-elles toutes ces créatures ? De ma poubelle de mouchoirs emmicrobiotés ? Mes petites tortues ! Elles sont en danger ! Elles vont se faire attraper, elles vont se faire tuer, bouffer !!
Vite, je me dépêtre des fils des toiles comme je peux, ça me colle sur les doigts comme de la barbapapa. Je dirige non sans un dégoût certain ma main vers les deux petites tortues. (Qu’est-ce que je ne ferais pas pour ces petites beautés !) Leur carapace ne doit pas dépasser la taille d’une pièce de cinq centimes, tant en grandeur qu’en épaisseur ! Les dessins sur leur carapace sont des lignes d’une blancheur, d’une pureté éclatante. On dirait presque qu’elles sont phosphorescentes ou bioluminescentes pour reprendre un terme que je viens d’apprendre grâce à ma fille. Elles sont vraiment incroyablement minuscules ces… coccinelles. Bah oui ! C’était trop beau pour être vrai. L’obscurité, la fatigue, peut-être encore un état fiévreux m’ont poussé à croire que j’avais peut-être devant moi une nouvelle espèce animal encore non découverte à ce jour… Ce ne sont bien que des coccinelles. Deux coccinelles bleues aux points blancs. Je les retire quand même de la toile d’araignée, pour les prendre en photo et pour les identifier. Je peux supposer qu’elles sont issues de la famille des Coccinella Schtroumpferae.
Bien sûr, c’est souvent le cas quand je veux faire des photos d’un spécimen rare ou que je n’ai pas souvent l’occasion d’observer, soit l’application foire/bugg/bloque (au choix) soit la mise au point ne se fait pas. Ici, c’est la netteté qui est en grève. Je prends quand même une photo, au cas où l’application super-intelligente parvienne à déterminer l’espèce rien que par sa forme générale et sa couleur. Et c’est précisément à ce moment-là, où je recadre la photo floue pour la centrer correctement, et où j’appuie sur « identifier », que … je… me… réveille !!
Bon sang de bois ! Je m’étais bien endormie. Brrr ! Bon, levons le store, ouvrons plus grande la fenêtre pour que l’air me rafraîchisse et remette mes idées en place. Point de toile d’araignée sur le vasistas, point d’araignées grouillantes partout à mes côtés, ouf ! Je préfère ça ! Mais… mais… deux petites tortues, minuscules, plates et de couleur bleu azur mortes dans une toile d’araignée entre le radiateur et le bureau ! Pas possible !
Second réveil.
Le bon. Le dernier.
Et une histoire à dormir debout que je partage avec vous :-)
Coloriage de l’application Happy Color à laquelle j’ai juste donné une touche de bleue et de blanc à la coccinelle rouge à points noirs :-)
Tout ceci est bien un rêve, et même, à la fin, un rêve dans un rêve !! Je n’ai rien inventé de mon rêve (rire), j’ai juste, après coup, à rendre l’histoire plus agréable à la lecture.
Ma voix Elle n’est plus là C’est comme si on avait mis un sparadrap ou du scotch tape sur les cordes vocales et scratch, qu’on l’avait arraché d’un coup Oui comme ça D’un coup sec Direct Et le timbre, le son il est resté collé sur le collant à l’intérieur Quand je me suis réveillée ce matin, j’ai sursauté, avec de l’air coincé au fond du gosier. Comme quand tu oublies de respirer et que tu te rends compte tout à coup que tu dois faire quelque chose si tu veux pas mourir. Je croyais qu’on avait mis du sable dans ma gorge (je rêve de vacances à la mer), avec ma salive, ça formait un paquet tout dur et avec plein de grain. Ça se pressait à l’intérieur du larynx. Ça poussait. Ça raclait.
J’ai respiré. Bouche sèche, boule au fond de la gorge. Vivante. Bouchée du nez et bouche fermée, pas étonnant que je manquais d’air. Sans ce réflexe pour happer l’air et je serais morte d’une belle mort comme on dit. Mort dans son sommeil… mais à 42 ans, ce n’aurait pas été sympa. Ma vie aurait été trop courte. Je veux voir mes enfants grandir, je veux encore passer du bon temps dans les bras de mon amoureux. Écouter les oiseaux chanter. Me laisser bercer par le ronron de mes chats. Rire avec mes amies. Vivre tout simplement.
Peut-être que c’est ma voix qui voulait revenir, et que les sons se bousculaient aux portes de mes cordes vocales ? Ils se poussaient. Ils formaient un embouteillage. Un bouchon de sons. Pressés de sortir. Aucune politesse. Agressivité et égoïsme, chacun pour soi ? Et comme je dormais, je ne savais pas que ma voix voulait revenir. Et je l’ai bloquée dans le fond de mon gosier, je l’ai aplatie avec le pied de ma langue, je lui ai barrée l’accès à la liberté en gardant mes mâchoires bien serrées, bien fermée…
Dépitée, elle a fait marche arrière et s’est à nouveau carapatée dans les méandres de l’oubli. Ma voix a une dent contre moi. Elle a du mal à dire ce qui ne lui va pas. Elle ne sait pas s’exprimer autrement qu’en fuyant. Pourtant, je ne l’ai jamais battue, je ne l’ai jamais forcée à faire ce qu’elle n’avait pas envie. Elle a certes travaillé un peu plus ces derniers temps, mais est-ce une raison pour se barrer comme ça à la moindre pression ?
Faut qu’on parle elle et moi. Faut trouver un terrain d’entente. Un compromis. Faut qu’on soit sur la même longueur d’ondes !
Il a bien plu cette nuit. De grosses gouttes se sont éclatées sur le vasistas de mon lit de malade. Encore ce matin, les nuages sombres déchiraient leurs enveloppes à grands coups de larmes bruyantes. C’est l’automne. Humeur instable. Envies changeantes. Désirs violents d’en finir. Microbes envahissants. Collants. Dérangeants. C’est la vie.
Cet après-midi, ciel bleu, soleil éblouissant, nuages blancs, filandreux de beau temps. Je respire. J’admire. L’immensité dégagée au-dessus de mon être bouché, boudé. Le contraste m’amuse. Je suis une gosse. Qui sourit aux nuages. Aux formes improbables qui prennent vie dans mon regard fiévreux. C’est la nature.
Un étrange nuage aux contours nettement definis capte mon attention. Trouble ma vue. Trop arrondi. Trop fin. Trop juste. Il me rappelle vaguement quelque chose. Je sors d’une sieste nébuleuse. Peut-être rêvais-je encore ? Un dessin incertain, un destin lointain. Forme inachevée d’un souhait pour de meilleurs lendemains. Caché par des nuages, l’objet de ma curiosité s’efface de ma vue. Il se dissimule. Il simule. Il fuit. Il suit les autres, il n’est pas différent d’eux comme je l’aurais cru. Un nuage, un faux personnage par centaine. Par millier. Mais le voilà qu’il revient. Même forme. Même certitude. Aucun doute. Il s’en est allé pour mieux se remontrer. Pour s’exhiber. Paysage des cieux dégagé pour pouvoir mieux l’observer. Le détailler. L’épier. Le croquer. C’est une fille. C’est une dame. C’est une fée. C’est une larme de lune.
comme un nuage vision éphémère d’un disque de verre
la couronne d’un hippopotame un soupir imaginaire comme un astre impalpable
Deux petites barres La première j’ai bien fait ça La deuxième je suis malade Deux petites barres Comme quand tu es enceinte Deux lignes roses signifient la positivité La couvaison de quelque chose Qui grandit et se développe en toi Deux petites barres Aujourd’hui un CO6D Un chti robot virus Qui te fait tousser Éternuer La fièvre du microbe Deux petites barres Tout un art Une histoire Un chapitre sur une vie.