Observer, photographier, scribouiller

Boule jaune et noire
En suspension
C’est un nid d’araignées
Elles sont nombreuses
Je ne peux les compter
Que les admirer.

Après l’orage
Après la pluie
Après le vent
La boule jaune et noire semble inanimée.
Compacte
Aucun mouvement
Inquiétude
La nichée est-elle morte ?
Du bout du doigt
Le bout de la vie !
Déploiement dans un bel ensemble
Chacun son rôle
Quelle chorégraphie
Fascinée !


Deux tourterelles dans l’arbre
L’amour depuis mon salon
Roucoulements et gestes d’affection
La nature ne ment pas
Le printemps est là
Tardif, mais bien présent
Émerveillement constant.


Dans le ciel, à la mi-mai
Volent les martinets
Longtemps, je sais les admirer
Mais sans jamais réussi à les photographier
Alors, je ne fais que les regarder
Sans jamais m’en lasser.


Ils sont quatre
Et je suis là
Chacun sa place
Près de moi
L’un s’en va
Un autre s’installe
La ronde des chats

Le chat sur la barrière
Parcours d’équilibriste
La pie arrive par derrière
Et frôle le dos de l’artiste
L’oiseau sur sa branche
Le chat évalue ses chances
La pie a bonne mémoire
De toutes les couleurs, elle va lui en faire voir
Scène en blanc et noir
Le chat, sot, garde espoir
Mais la pie est plus expérimentée
Et, surtout, elle aime jouer
Elle s’avance encore un peu
Le félin, lui, n’y voit que du feu
Et d’un bond, il s’élance
Loupe la branche
Loupe la pie
Mon histoire n’est pas finie
L’oiseau s’est envolé
Il n’y a plus rien à regarder
Le chat revient penaud
À la maison, sans un seul bobo
Demain, ils recommenceront
Car le chat n’a pas retenu la leçon.

Le petit chat est blessé
Sa patte arrière, il ne sait plus la poser
Il boîte, il souffre, il saigne
Sa patte est énorme, toute gonflée
Toute seule, je ne peux le soigner
Chez la vétérinaire, il est allée
Des soins et quelques points de suture
Le voir endormi a été très dur
Demain, le pansement je devrai enlever
Et des médicaments lui administrer
Pauvre petit chat à moi
Sois fort et bats-toi
Pour que l’infection s’en aille
Et que tu n’aies plus si mal

Le chat a attrapé un oiseau
Le pauvre, c’est un jeune moineau
Course folle après le chat
« Tu ne m’auras pas »
La victime est encore vivante
Entre mes mains, elle tremble
Après du repos, on tente de la libérer
Mais, envolée vers le sapin, elle est rejetée
Poussé par ses propres parents
Le moineau tombe de la branche
Et s’écrase dans le buisson plus bas
Je le cherche, mais ne le trouve pas
Quand une heure plus tard, ma fille le repère
Pour la deuxième fois, je le récupère
Retour dans son abri, au calme, dans le noir
Petit à petit, je perds espoir
Entre les crocs, les griffes, les épines
Elle en a subit des blessures la victime.
Bien plus tard, le soir, quand tous les chats sont rentrés
Je tente une nouvelle fois de la libérer
Dans sa boîte ouverte, au milieu du jardin
Elle ne tente plus de s’envoler et pépie, sans fin, en vain
Personne ne veut l’aider
Car ses parents savent qu’elle ne peut plus être sauvée
L’oiseau passera la nuit au chaud, dans le noir, au calme
Pour le repos de son âme.

Jeu d’écriture : chevaucher un dragon

Imagine que tu as la possibilité exceptionnelle, unique, de chevaucher un dragon gigantesque !

Raconte cet instant du point de vue que tu souhaites, dans les détails ou de la façon que tu préfères, mais en insérant tous tes sens. (odorat, vue…) Attention, n’en oublie aucun.

Fabienne

Pour les uns c’est un rêve exceptionnel, pour les autres dont moi le pire cauchemar.

J’ai reçu un bon Bongo pour mon anniversaire. Croyez-vous qu’ils m’auraient offert ce que j’aime ? Un bon restau par exemple, un soin thermal, un séjour dans les îles ?

Je n’en ai pas cru mes yeux en ouvrant l’enveloppe :

« Pour toi, rien que pour toi la concrétisation d’un rêve exceptionnel ! l’apogée d’un souhait mirifique, une rencontre à nulle autre pareille…un voyage dans les airs avec Multidragobos ! Le super, hyper dragon qui va t’amener dans les cieux ! Viens vite nous retrouver. il y a déjà une file d’attente ! »

La file d’attente ils pouvaient se la garder. J’étais prête à laisser les autres passer avant moi, à leur céder la place, bref à tout faire pour éviter le moindre contact avec Multidragobos !

Pourquoi pas plutôt un voyage en montgolfière ? Et même en hélicoptère !

Multidragobos attendait son public en pavoisant un maximum, son énorme queue faisait des tourniquets, sa gueule d’enfer crachait du feu, l’écorce verte de ses écailles me donnait le frisson.

Même pas de selle ou quelque chose du même acabit ! Il fallait grimper sur son dos à califourchon, en s’accrochant à son cou rugueux. Beurk !

« Allez Fabienne tu y vas » ??? J’ai grimpé sur son dos, je claquais des dents, mon poil se hérissait…

Multidragobos gratta férocement la terre des pattes, poussa un hurlement féroce (selon moi) et s’envola…d’un coup de queue qui se voulait gracieux.

Nous sommes montés en flèche dans les airs, là en-dessous, le monde était déjà tout petit petit. Je voyais les carreaux multicolores de la gare des Guillemins, La pointe de la Tour des Finances, la Meuse et la navette fluviale toute petite toute petite… Là-dessus Multidragobos opéra un looping sur le pont de Fragnée et manqua d’emporter au passage la perle noire (une des quatre) qui venait d’être placée sur un des tritans. Au secours… !

Mes oreilles bourdonnaient, j’avais des acouphènes, le vent sifflait épouvantablement et le dragon aussi ! j’avais mes bras autour de son cou et je sentais ses écailles me transpercer l’épiderme. Je n’osais pas le caresser de peur de me blesser plus encore et son contact m’était odieux. Et cette odeur qu’il répandait autour de lui pareille à du souffre. Je sentais ma bouche se dessécher. Je pris dans ma poche la petite fiole de péket que j’avais emportée à toutes fins utiles. Ma gorge s’enflamma comme un brasier, je toussai, crachai …Ce cauchemar allait-il finir un jour ?! et Raahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh, Boum ! Aie ! Je me suis redressée dans mon lit le cœur battant. J’ai empoigné ma peluche verte, mon dragounet qui m’accompagne depuis ma plus tendre enfance, et j’ai respiré !


Cécile

L’évènement est exceptionnel ! Je viens d’apercevoir, par la fenêtre de mon salon, un dragon ! Il volait bas. J’ai d’abord cru que c’était un héron, un grand, un gros héron !

Le soleil se levait. Le ciel était encombré de nombreux nuages blancs. L’animal m’est d’abord apparu en contre-jour. Pour moi, il était tout gris, d’où ma confusion avec le héron cendré. Puis, l’oiseau a tourné légèrement et c’est précisément à ce moment-là que j’ai remarqué l’absence du long bec de l’échassier. A la place, un museau épais et large.

J’ai réalisé immédiatement mon erreur d’identification. Comment ai-je pu penser observer un héron cendré alors que cette espèce est éteinte officiellement depuis une cinquantaine de saisons !

Le retour des dragons a été annoncé sur tous les réseaux sociaux. Telle une trainée de poudre, cette information a littéralement fait exploser le nombre de réactions tant dans les communautés scientifiques que chez les fanatiques de fantastique.

On n’a pas encore pu, à ce jour, tous les dénombrer ni les identifier clairement. Toujours est-il que cinq espèces différentes ont déjà pu être photographiées dans deux régions distinctes. J’habite dans l’une d’elles et je crois que le dragon qui a survolé ma maison en est une sixième !

Beaucoup de mystères entourent encore leur retour si soudain. On ne sait pas encore grand-chose d’eux, car la majorité de la population ne croyait pas en leur existence. Moi-même, étudiante en sciences naturelles passionnée par les créatures fantastiques en tous genres, je n’y croyais pas trop. Jusqu’à ce jour.

Si je peux penser que certains romans de fiction édités au siècle dernier ont été écrits sur base de faits réels, j’ai bon espoir que l’individu vu ce matin revienne vers moi. En effet, certains ouvrages d’autrefois mentionnent la grande intelligence des dragons. Certaines espèces auraient même un sens plus développé qu’un autre. Si le dragon est né sourd, par exemple, il développe aussitôt une super-vue lui permettant de voir et de se déplacer dans l’obscurité totale. Encore mieux que la vue des chats qu’on dit nyctalope. Si le dragon est incapable de voler, il nage alors aussi rapidement que les dauphins d’avant.

Avant de vous expliquer la raison qui me pousse à croire que je vais revoir ce dragon, il faut que je précise que ces animaux n’ont jamais craché du feu. C’est un mythe ! aucun animal n’a jamais eu la capacité physiologique pour pouvoir émettre la moindre flamme.

Mais, et c’est la raison pour laquelle « on » les chassait, ils ont l’incroyable pouvoir de deviner les sentiments de tous les êtres vivants, humains compris ! Trop gentils, trop empathiques, trop intelligents émotionnellement, ce caractère et cette faculté extraordinaire propre à tous les dragons, a été malheureusement la cause de leur disparition.

Donc, en tant que scientifique, maintenant que j’ai vu de mes propres yeux un vrai dragon, je peux facilement m’imaginer qu’il va revenir vers moi. Voyez-vous, j’ai toujours rêvé de pouvoir chevaucher un dragon, de voler avec lui, contre lui. Pourquoi un dragon et pas un oiseau me demanderez-vous ? Et bien pour la simple raison que seuls les dragons pourraient supporter le poids d’un humain sur leur dos tout en pouvant voler. Les oiseaux sont tous bien trop légers.

Si ce qu’on dit d’eux dans les livres anciens sont vrai, ce dragon a donc senti que j’aimerais voler avec lui. Je n’ai donc plus qu’à attendre.

Mais une question me vient tout à coup. Nous avons évolué, notre technologie a évolué. La médecine, les recherches, notre santé ont évolué. Alors pourquoi pas les dragons ? Si ça se trouve, peut-être qu’ils ont perdu cette faculté de lire nos émotions et nos sentiments pour pouvoir survivre ? Pour qu’on ne les chasse plus ?

Quoi qu’il en soit, je n’aurai réponse à ma question que si le dragon revient !

En parlant du loup, ou plutôt en pensant au dragon, le voilà justement qui revient montrer le bout de ses ailes.

Les dragons ont des ailes comme celles des chauves-souris, on dirait une fine membrane de peau. Fine, mais résistante, tout en gardant une souplesse.

Les dragons, quand ils volent, gracieusement, ne font pas de bruit. D’ailleurs, c’est l’ombre en vol que j’ai perçu, deux fois, et non le son flap flap de ses ailes.

Les dragons ne s’annoncent pas par un cri ou un chant. Ils sont silence. Ils sont respect.

Voilà tout ce que je note dans mon nouveau carnet consacré aux dragons.

Après avoir tourné trois fois dans les airs, à proximité de ma maison et de celles de voisins, je me pose cette question : suis-je sa seule à avoir remarqué ce dragon ? Si ça se trouve, il vient « pour » ma voisine à côté, ou pour les nouveaux voisins en face ! Une légère inquiétude me pince le ventre.

Le dragon vient de se poser sur la cheminée du toit de mes voisins d’en face.

Temps mort. Le temps se fige. C’est à peine si j’ose respirer. Sans me retourner complètement, j’ouvre le tiroir de l’armoire qui se trouve dans mon dos et j’en retire mes jumelles. Mon carnet d’observation ouvert devant moi, j’esquisse un rapide croquis et note ces quelques infos :

  • Silhouette d’un gros héron cendré
  • Plus massif : poids ?
  • Ailes lisses, grises, luisantes. Luisantes ? Bizarre
  • A-t-il pris un bain pour que ses ailes brillent ainsi ?
  • Museau large, arrondi comme la bouche d’une grenouille
  • Yeux verts, non jaune ! ça alors, ils sont orange à présent !! la couleur des yeux change-t-elle vraiment ou est-ce un simple effet d’optique ? raison de ce changement ? reflet ?

Devant les fenêtres de mon salon, un poste d’observation extraordinaire, il y a des arbres, un à gauche et un autre à droite de la porte d’entrée. Entre les deux arbres, rien, c’est l’espace nécessaire au garage et pour garer ma voiture.

Le dragon dont je n’ai pas encore identifié l’espèce s’est posé pile dans mon champ d’observation, entre les deux arbres. Nous sommes séparés d’environ douze mètres. Il est aussi posé à six mètres de hauteur, au-dessus de moi. L’angle et la distance d’observation ne sont pas optimales pour le décrire ni le dessiner parfaitement, malgré les jumelles.

D’un côté, j’aimerais tellement le voir de plus près, le toucher (si j’ose), mais d’un autre côté, je crains de ne plus être la seule privilégiée et j’ai peur pour lui. L’Homme est une créature fascinante aussi, mais elle réagit de manière stupide trop souvent à mon goût.

Je suis occupée à me demander s’il abîmerait ma voiture avec ses griffes s’il venait à s’y poser sur le toit quand mon dragon quitte sa cheminée-perchoir.

Carnet de notes :

  • Il décolle aisément et vole facilement, sans à-coups
  • Pattes avec doigts très épais et distincts comme celles d’une poule ! griffes énormes !
  • Pattes tendues à l’arrière, qui pendent légèrement durant le vol et qui …

INCROYABLE !

24 heures plus tard

  • Adaptation ++
  • Dragon métamorphe ? pas possible ! à Si !

Plus le dragon se rapprochait de moi, plus j’avais l’impression qu’il rétrécissait ! Il visait l’arbre devant ma fenêtre, à gauche. Ne me demandez pas comment je le sais, je le sais ! Un point c’est tout. Jamais, je ne l’ai quitté du regard. Jamais ! Et quand s’est posé sur l’une des branches de l’arbre, il était à maximum deux mètres de mes yeux. Le dragon ne ressemblait plus vraiment à un dragon. C’était devenu une sorte de merle ou d’étourneau aux ailes lisses et au bec épais. Il avait la taille d’un merle, en avait les couleurs, les pattes et le bec plus ou moins semblables ! C’était hallucinant !

C’est à ce moment-là que je me suis mise à regretter de m‘être débarrassée de mon appareil photo ! Personne ne voudra me croire ! Après réflexion rapide : je veux que PERSONNE ne le sache ! Il restera mon secret, enfin s’il le veut !

J’ai rapidement compris que ce dragon avait non seulement évolué, qu’il s’était adapté remarquablement aux espèces aviaires encore existantes, mais qu’il avait bien gardé sa capacité à « lire » les émotions et les sentiments d’autres créatures vivantes. Lui et moi, on s’est tout de suite compris.

Intérieurement, au fond de moi, c’était la grande bousculade de questions. Alors, le petit dragon-merle-métamorphe a sautillé de branche en branche et a grimpé plus haut dans l’arbre. Message reçu cinq sur cinq ; je monte moi aussi d’un étage pour aller dans ma chambre située sous le toit. J’ouvre la fenêtre à bascule. La créature me demande d’ouvrir en plus grand. Elle quitte l’arbre en taille merle et pénètre dans ma chambre en taille héron XXL ! Très vite, le dragon réalise qu’il va être coincé dans ses mouvements s’il reste de cette immense taille. Alors il s’ébroue, oui, il se secoue comme le ferait un chien trempé et pffiou le revoilà dragon-héron taille M.

Un vrai caméléon dans tout sa splendeur. Caméléon, mannequin, top modèle ! d’une démarche un peu pataude mais maîtrisée, il se pavane dans ma chambre, fait le tour de mon lit, revient la tête haute, tourne sur lui-même, etc. Pour jouer à ce petit jeu de la séduction, à être aussi fier qu’un paon, cela doit être un mâle assurément.

Carnet de notes :

  • comment différencier le mâle de la femelle. L’individu que j’ai en face de moi est un mâle assurément.

Quand le soleil perce entre les nuages et inonde la pièce de lumière, le corps du dragon a des reflets rose et verts ! Voilà pourquoi je l’avais un peu comparé à un étourneau, il en a les mêmes reflets colorés. Dans cette version M, je ne suis pas sûre de pouvoir, ou de vouloir le monter, trop  peur de leur blesser !

Tout à coup, un grondement sourd se fait entendre.

Carnet de notes :

  • quand les dragons ont faim, leur ventre gargouille comme celui des humains !
  • que mange un dragon ?
  • combien a-t-il d’estomac(s) ?
  • n’a-t-il qu’un seul orifice, comme les oiseaux, pour se soulager (urine et excréments) ?
  • rejette-t-il des pelotes de réjections comme les rapaces ou régurgite-t-il des boules de poils comme les chats ?

À ce jour, malgré leur réapparition, il n’existe pas encore de guide d’identification officiel et fiable. Je peux supposer qu’ils ont différents régimes alimentaires selon leur espèce, selon la région où ils vivent, selon leur taille, etc. J’ai devant moi un individu que je suppose mâle, mais d’âge inconnu et de taille et de forme variable.

Je l’invite à se faire un peu plus petit pour que je puisse le porter jusqu’à la cuisine. Là, à l’abri des regards indiscrets de mes voisins, le dragon reprend sa forme moyenne et tâte, sent, touche, lèche, croque dans tout ce que je lui présente !

Carnet de notes :

  • combien de temps peut-il rester dans une autre forme/taille ?
  • évite-t-il d’instinct la nourriture toxique, les poisons ?
  • cela lui fait-il mal, est douloureux de se métamorphoser ?
  • peut-il se changer en n’importe quel animal
  • peut-il se transformer en objet ? en chose non vivante ?
  • se transformer, est-ce inné, dans ses gênes ou bien a-t-il acquis cette prouesse au fil du temps ?
  • quel âge à « mon » dragon ?
  • est-il ici le seul de son espèce ?
  • est-il vraiment né d’un œuf ? à où sont ses parents ?
  • quelle serait sa longévité ?

Après avoir dévoré trois pommes, une rouge, une jaune et une verte ; après avoir englouti deux bananes, une jaune et une verte (pourquoi n’a-t-il pas voulu de celle qui était bien mûre ? à cause de son odeur ou de sa couleur ?), après avoir avalé l’entièreté de mon ravier de bonnes fraises rouges et sucrées, mon invité à jeté son museau dans le plat de spaghettis à la sauce tomates !

Carnet de notes :

  • voit-il les couleurs ? il n’a mangé que des aliments (sucré et salé) rouges, verts et jaunes !

Après ce sacré mélange de goûts, j’espère qu’il ne sera pas malade ! Pour faire descendre le tout, il a bu… un seau d’eau !

Carnet de notes :

  • il doit avoir plusieurs estomacs pour avoir pu avaler tout ça en une fois !

Il était presque treize heures quand il a terminé de manger. Il a bien voulu me laisser grignoter le reste du pain avec du fromage blanc. Repus, il a voleté sur place puis a rétréci pour se lover entre mes mains et s’est endormi aussi sec !

Je l’ai couché dans mon lit. Il a repris sa taille habituelle (XXL), en prenant toute la place du matelas. Il a pioncé près de deux heures. Je l’ai observé, sans m’endormir à mon tour.

Carnet de notes :

  • dos et ventre à poils ras, entre bleu et gris
  • griffes (rétractiles) de 7 centimètres
  • paupières transparentes
  • ailes douces et solides, lignées finement, de près, la membrane ressemble à une toile d’araignée
  • oreilles minuscules, on dirait rabougries, arrondies vers l’intérieur
  • queue lisse, sans voile ni « accessoire » de navigation, c’est un tube allant en s’affinant
    • absence de gouvernail ? gouvernail dissimulé ?

Aux alentours des quinze heures, il se réveille. Il semble être plein d’énergie et de vivacité. Tellement vif qu’il se cogne la tête sur le plafond bas et qu’il me donne une baffe avec une de ses ailes. J’en tombe à la renverse. D’un mouvement rapide, il m’aide à me relever en plaçant son museau sous mes fesses, sans me faire le moindre mal.

Il regarde ensuite vers la fenêtre. Il me regarde. La fenêtre. Moi.

Et… je l’ai chevauché ! Et j’ai volé ! Habituée à avoir le vertige, je craignais avoir le mal de l’air. Rien du tout. On est monté si vite, si haut, que j’ai eu très froid et que je n’ai pas eu le temps d’avoir le tournis. Subjuguée. Impressionnée. Épatée. Bouche bée. Une étrange sensation dans le ventre m’a serré les entrailles. Une excitation mêlée à une sensation proche de l’interdit, un soupçon de folie mélangée à une ivresse de bonheur.

Les mots me manquent. Extraordinaire. Oui, enfin, c’était génial jusqu’à ce que je ressente par vibration une crampe intestinale de ma monture ! Une étrange sensation a chatouillé mes mollets et lui a tordu ses boyaux. Sans honte ni aucune gêne, il s’est soulagé en plein vol.

Carnet de notes :

  • les dragons font pipi et caca en même temps, en vol si nécessaire (urgence)
  • à vérifier : intolérance à un fruit ou à la sauce tomates ?
  • ils peuvent souffrir de diarrhée (puanteur puissance 10, j’ai failli m’évanouir rien qu’à l’odeur, je n’ose imaginer ceux d’en bas qui ont reçu ce cadeau malodorant venu du ciel !)
  • les dragons, ce dragon a le sang chaud, il adore le soleil, n’aime pas la pluie et s’amuse avec le vent

Image par Parker_West de Pixabay

Quelle coïncidence : chevaucher un dragon !

J’aime les signes, les coïncidences et autres clins d’œil de la vie. Que ces signes soient petits, aussi visibles que le nez au milieu du visage, aucun n’est insignifiant pour moi. Même si « trois fois rien ». Pour découvrir cette coïncidence, il vous faudra tout lire. Et je suis bavarde. Courage :-)

Le 19 avril, je postais sur mon compte FB l’idée d’un jeu d’écriture. Le « démarreur », la « contrainte », m’est venue en feuillant dans ma PAL un livre en attente d’être choisi. Si ce livre n’a pas été l’élu de l’instant, il m’a donné l’inspiration pour me lancer dans un jeu d’écriture :

Imagine que tu as la possibilité extraordinaire, exceptionnelle de chevaucher un dragon ! Raconte cette expérience unique avec tes cinq sens. Attention, n’en oublie aucun !

Le samedi qui suit, au petit matin, je me fais chauffer de l’eau pour boire une tisane. PAF ! Le sachet de ma tisane me donne l’idée d’une histoire !

Le lendemain matin, très tôt, pleine d’énergie d’avoir rangé et trié mes bibliothèques la veille, je suis en forme dès potron-minet. J’ai retrouvé un carnet à peine entamé. Je déchire les trois premières feuilles qui ne sont plus utiles et je personnalise ce carnet avec des images et des mots piochés à la va-vite dans un magazine.

Une heure plus tard, j’ai les doigts qui me démangent. J’ai envie d’écrire. Au stylo plume. Il doit être sept heures trente quand je relève la tête et découvre par ma fenêtre le vol d’un héron. PAF ! Des images pour une histoire de dragon se forment. Elles naissent et prennent vie sans que je doive leur demander de faire un effort. J’essaie même de les ralentir, car je n’écris pas à la main aussi vite que sur le clavier d’un ordinateur. Les idées sortent de ma tête, passent dans mon bras droit et donnent l’impulsion à ma main et à mes doigts. Les premiers mots sont là. Tout s’enchaîne. D’une fluidité impressionnante. Je ne cherche jamais l’inspiration, c’est elle qui vient à moi.

Je ne regarde pas ma montre, mais quand mon ventre crie famine, il est midi. Une quinzaine de pages ont été remplies ! Et je n’ai même pas réussi à écrire tout ce que je voulais, les idées et les images changeaient, évoluaient. L’histoire a grandi toute seule.

Nous étions donc le dimanche 23 avril. J’ai laissé reposé. J’ai travaillé pour gagner ma croûte. Et ce jeudi, jour de congé pour moi, je décide de réécrire mon histoire pour la partager ici sur mon blog.

27 avril, j’ouvre mon ordinateur. Je lis mes mails. Une newsletter de Babelio me scotche :

Résultat des courses : j’ai écrit cet article, fait des photos de mon carnet et des captures d’écran de la newsletter de Babelio et… et… je n’ai pas réécrit mon histoire (rires).

Ce n’est pas grave. Cela me permet quand même de vous parler de ce jeu d’écriture. J’aimerais que l’un ou l’une d’entre vous écrive un tout petit quelque chose sur ce thème : chevaucher un dragon. Ce n’est pas grave si les cinq sens ne sont pas repris. Mais j’aimerais bien vous lire. Une histoire suivie, une poème, une chanson, un truc trois fois rien du tout. Tout est bon pour écrire. Tout est bon à lire. Tout est bon pour partager.

D’ici ce week-end, promis, vous pourrez lire mon texte.

Mais si vous aimez lire et que vous aimez les histoires de dragons, je ne peux que vous recommander cette extraordinaire petite série : Une histoire naturelle de dragons. Clic clic, cela vous redirigera vers un article que j’ai écrit pendant le confinement ;-) le tome 2, ici (clic)

En y repensant, il y a aussi ce très chouette livre : Wonderlandz

Mes pierres de gué en citations

Je travaille, ou plutôt je m’amuse à travailler lors de rencontres consacrées à  un BdC.
Mais d’abord, qu’est-ce qu’un BdC ?
Boite de Cadeaux
Bonbon du Chat
Bien-Être d’instant Chronique
Bilan de Compétences
Bavardages de Copines
Bisous de Crabes
Bibliothèque de Comics
Baiser de Carton
Bourse de Cartes de vœux
Bave de Crapaud
Bisque de Cornichon
Brouillard de Cailloux
Buvard de Cahier
Boulevard de Chaussures
Brosse de Cheval
Barbe de chèvre
Bouton de Coquelicot

À votre avis 😄

Suite à un exercice où je devais réfléchir à tous les événements, positifs et négatifs, qui ont jalonné ma vie, je devais arriver à une sorte de conclusion. Ce que je pouvais en tirer, ce que cela révèlait de ma personnalité, ce qui me semblait important, quelles étaient mes valeurs, etc.
J’ai trouvé non pas l’exercice difficile, mais la conclusion, les réflexions qui en sont écoulées plutôt pas évidentes pour moi.

Ce que je retiens, pour l’essentil de tous ces événements, ce sont l’essence de ces citations ☺

• C’est dans les moments les plus sombres qu’on voit le mieux les étoiles.
• Je sème le bonheur avec des mots bienveillants.
• À force de me planter, je vais devenir une fleur.
• La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit.
• Un sourire coûte moins cher que l’électricité mais donne autant de lumière.
• Ce n’est pas ce que je suis qui m’empêche de réaliser mes rêves, c’est ce que je crois que je ne suis pas.
• La seule limite à mon épanouissement d’aujourd’hui, c’est mes doutes
• Même avec des pierres obstruant ton chemin, tu peux construire quelque chose de beau.
• Lorsque ton passé t’appelle, ne répond pas, il n’a plus rien à te dire.
• Ta douleur d’hier est ta force d’aujourd’hui.
• Quand tu ne sais pas où tu vas, n’oublie jamais d’où tu viens.
• Laisse-toi silencieusement  attirer vers la force étrange de ce que tu aimes vraiment, elle ne pourra pas t’égarer.

Conclusion : Entre moi et le monde, une vitre. Écrire est une façon de la traverser sans la briser.

Être ou ne pas être signopaginophile

J’adore les termes un peu savant ou compliqué pour désigner quelque chose de plutôt simple :-)

L’on peut dire que je suis une signopaginophile, soit une collectionneuse de marque-pages. Un peu normal pour quelqu’un qui aime lire un peu, beaucoup, passionnément, non ?

Avec le temps, je commence aussi à apprécier davantage les beaux livres, les grandes éditions, les livres-objets.

Avec le temps, je suis parfois déçue de la qualité de certains livres, au format poche, imprimés, édités à la va-vite, avec une colle qui déborde, des pages qui sont mal attachées, du papier qui n’est parfois pas de très bonne qualité, aussi fin que du papier toilette ! Et j’en passe. Même si je lis aussi sur liseuse, j’ai toujours encore une nette préférence pour l’objet, pour la texture du papier, pour la façon dont j’utilise le livre, je tourne les pages, je peux revenir en arrière, je peux piocher au hasard, et surtout, je peux y glisser un marque-page.

Il y a bien une chose que j’ai en horreur : corner les coins de page pour marquer l’endroit où je suis arrivée. D’ailleurs, c’est bien simple, je crois que je n’ai jamais maltraité de la sorte un livre. Quitte à y glisser, par manque de marque-page à portée de main, un ticket de caisse, un bout de papier quelconque, un mouchoir – papier – avec une seule épaisseur, une carte de visite, etc.

La « collection » a débuté malgré moi. Quand j’achète des livres, parfois il y a un marque-page dedans. Quand je vais dans une grand librairie, j’en reçois aussi de temps en temps. Petit à petit, ils ont commencé à s’accumuler. Petit à petit, ils prenaient de la place et je ne savais pas où les ranger. Puis, un jour, je reçois une jolie boîte à biscuits, en métal. Pas très large. Elle rentre pile devant des livres, dans un casier de ma bibliothèque. Une boîte parfaite pour ranger mes petits « bouts de papier ». Certains sont achetés, d’autres reçus, d’autres encore personnalisés, faits maison, par mes enfants ou par moi-même. Et puis, les marque-pages « traditionnels » ont été rejoints par des cartes de vœux, photos et autres souvenirs petits et sympas.

Jeu d’écriture d’avril, on joue avec Agatha Christie

Savais-tu que Agatha Christie avait disparu durant 11 jours ? Qu’elle s’est dit être atteinte d’amnésie et ne se souvenir de rien durant cette absence ? Elle venait d’apprendre que son second mari la trompait. Elle a abandonné sa voiture près d’un lac. Elle s’est enregistrée sous le nom de la maîtresse de son mari. Elle a été trouvée par un journaliste dans un hôtel qui dispensait des soins de bien-être, cure thermale, etc. Son mari a même été soupçonné de l’avoir tuée. Ou pensait-on qu’elle s’était suicidée. Sa fille, âgée de 7 ans environ à ce moment-là était au courant de son absence, mais personne n’a pensé à l’interroger !

Je te propose d’écrire sur cette absence. Que s’est-il passé durant ces 11 jours ? Qu’a fait l’écrivaine ? Avec qui était-elle ? Sa vie était-elle menacée ? A-t-elle eu un accident ? Son amnésie était-elle réelle ?

Rien d’interdit. Tout est possible. Personne ne saura jamais ce qu’elle a fait…


Texte de Fabienne : exceptionnel, j’adore !!

Sur les traces d’Agatha

La fin de l’année 1926 a une saveur particulière pour moi, petite employée londonienne, qui menais une vie sans histoires : j’avais 29 ans, je n’étais pas mariée, j’avais un petit emploi de sténodactylographe dans une compagnie d’assurances de la City. Je ne voulais plus vivre chez mes parents mais mon maigre salaire ne me permettait pas de m’offrir autre chose qu’une chambre de bonne. Je pouvais prendre mes repas dans la cuisine commune à tous les locataires ou une petite collation dans un pub du quartier. Chaque jour, avec des milliers d’autres je traversais Londres en métro pour me rendre à mon travail. Le dimanche était consacré au repas dominical chez mes parents ou à de petites promenades dans les parcs londoniens si le temps le permettait. Comme je l’ai écrit, une vie sans histoire, que je ne voyais guère changer dans les années à venir.  Au grand dam de mes parents, je n’envisageais pas de me marier et l’éventualité de rencontrer un potentiel fiancé parmi mes collègues de bureau restait des plus réduites. Un de mes rêves aurait été de voyager : traverser la Manche, découvrir Paris… mais un tel voyage était cher et je n’étais pas prête à pouvoir m’offrir une telle escapade. Cette année-là, le mois de décembre s’annonçait plus monotone encore que d’habitude avec la perspective d’un Noël peu joyeux dans ma famille. C’est en ruminant ces tristes perspectives que j’arrivai au bureau ce matin-là.  Audrey la collègue avec laquelle j’avais des relations de camaraderie qui se limitaient au mieux à aller boire une tasse de thé le vendredi soir à la sortie du bureau, semblait, ce jour-là, effondrée. Elle était même au bord des larmes. Je me suis sentie obligée de lui demander ce qui n’allait pas. Elle m’avoua avec force reniflements que pour des raisons familiales elle devait renoncer à un week-end prévu de longue date aux thermes de Harrogate dans le Yorkshire. Elle avait voulu profiter d’une promotion bien intéressante pour son petit budget vu qu’il ne s’agissait pas d’un long séjour et qu’il avait lieu avant les fêtes de fin d’année. Et malheureusement impossible de changer les dates. Le petit séjour était perdu. A moins que… Soudain je lui ai demandé (quelle mouche me piquait ? Car ce n’était pas Paris et le Louvre) si je ne pouvais pas partir à sa place en lui rachetant son week-end. Elle ne réfléchit pas longtemps et accepta ma proposition mais je devais faire vite : le départ était prévu le lendemain en fin d’après-midi à Victoria Station. La soirée se passa donc à rassembler mon petit bagage. Je n’avais guère quitté Londres à l’exception de l’un ou l’autre séjour en bord de mer dont je gardais une tenue de bain bien usagée déjà mais qui pouvait convenir pour le peu de temps que j’aurais à passer là-bas. Mes parents auxquels je dus bien annoncer que je ne participerais pas au sempiternel déjeuner dominical marquèrent quelque étonnement devant ce départ aussi inattendu que précipité mais je n’en avais cure. Vingt-quatre heures plus tard, le train roulait en direction de Harrogate. La ville était petite avec un charme vieillot. Je trouvai sans difficulté l’hôtel où je devais loger, le Swan Hydropathic Hotel, une vieille demeure elle aussi désuète mais propre et confortable. Après un léger repas, je regagnai ma chambre avec cependant une légère appréhension quant à ce qui m’attendait le lendemain…

Dans les documents que m’avait fournis ma collègue, j’avais évidemment tout mon programme de cure thermale : douches, jets divers, sources d’eau sulfureuses, bains de boue, massages …

La journée qui suivit fut un enchantement. Je n’aurais jamais cru ressentir un tel épanouissement en fin d’après-midi même si je me sentais aussi un peu fatiguée.

J’ai donc décidé de prendre le repas du soir à l’hôtel et non pas de manger à l’extérieur comme je l’avais d’abord envisagé.  Les curistes avaient sans doute eu la même idée que moi puisque la salle à manger était quasiment pleine quand j’y entrai. Le serveur s’excusa poliment et me proposa de m’installer en face d’une dame qui était déjà installée à la table.  Je n’avais pas d’autre choix que d’accepter.  La dame semblait avoir à peu près mon âge. Elle était bien coiffée et habillée avec une élégance sobre et discrète.

 Un peu gênée, je me présentai : “Felicity Lemon, désolée de m’imposer mais je crains bien de ne pas avoir eu le choix.”

 Elle me tendit la main avec un léger sourire : “Faisons contre mauvaise fortune bon cœur, Theresa Neele.”

Je me demandais s’il me fallait ou non continuer la conversation : “Faites-vous également une cure thermale ? J’avoue que c’est une première pour moi mais je suis enchantée bien que fatiguée.”

Elle sourit : “J’avais simplement besoin de repos au calme, je marche un peu, j’écoute les oiseaux, je lis, je vais au cinéma…”

Je remarquai qu’elle portait une alliance à son annulaire alors que visiblement elle n’était pas accompagnée et je répondis pour dire quelque chose :

“ Et que lisez-vous ?”

“Essentiellement des romans policiers. Conan Doyle, Agatha Christie et bien d’autres. Je viens de découvrir un jeune romancier belge : Georges Simenon. A force de lire ce type de romans, j’imagine un peu ce qui pourrait arriver… n’importe où… par exemple un meurtre ici dans cet hôtel… Qui serait le coupable ?”

J’étais surprise car mes lectures étaient beaucoup plus classiques, de Jane Austen à Dickens. Je m’apprêtais à lui poser davantage de questions sur cette littérature policière qu’elle affectionnait quand elle me dit en repoussant sa serviette : “Désolée, je dois vous quitter sinon j’arriverai en retard à la séance de ce film policier dont j’ai entendu le plus grand bien et que je ne veux pas manquer. Je vous souhaite une excellente fin de cure miss Lemon.”

Elle me fit encore un léger sourire et se leva. Je la regardai sortir de la salle à manger à pas rapides. Aimable mais distante. Visiblement elle ne tenait pas à parler davantage avec une étrangère.  J’avais pensé l’apercevoir le lendemain matin au petit déjeuner mais ce ne fut pas le cas. Ma seconde journée s’écoula plus vite encore que la première.  En fin de soirée j’étais de retour à Victoria Station ayant peine à croire que le lendemain je retournerais déjà au bureau.  Et la vie reprit son cours monotone habituel.  Un matin, je trouvai Audrey occupée à lire un journal, tout excitée : “Ils ont retrouvé Agatha Christie ! devine où !? A Harrogate, la cité thermale où tu as logé ! Elle avait disparu, on la cherchait partout, on craignait que le pire ne lui soit arrivé !”  Je pris le journal et regardai la photo d’Agatha Christie, je reconnus Theresa Neele la dame avec laquelle j’avais partagé le repas du soir à l’hôtel ! Les questions se pressaient dans ma tête mais je n’en parlai pas à ma collègue.  Que s’était-il réellement passé ? Qu’est-ce qui avait poussé Agatha Christie à disparaître, à s’inscrire sous un faux nom dans un hôtel. Que lui était-il arrivé ?  Je continuai à consulter la presse les jours suivants mais je ne trouvai plus rien à propos de cette curieuse histoire.  Je me pris d’intérêt pour les romans policiers, je lus avec passion les romans d’Agatha. Je me pris de sympathie pour Hercule Poirot et à ma grande surprise je découvris un jour qu’il avait une secrétaire du nom de Felicity Lemon ! Ainsi Agatha avait gardé une trace de notre trop brève rencontre !

 Ma vie ne fut pas beaucoup plus passionnante au quotidien mais je passais mes soirées à lire Agatha Christie ou j’allais au cinéma découvrir un nouveau cinéaste qui ferait beaucoup parler de lui : Alfred Hitchcock !

* * * * * *

Quelques précisions :

– Lors de sa “fugue” en décembre 1926, Agatha Christie a logé à Harrogate à l’hôtel dont il est fait mention dans le texte.

– Thérésa Neele est le nom d’emprunt sous lequel elle s’était inscrite à l’hôtel.

–  Et Felicity Lemon est bien le nom d’un de ses personnages féminins.

– Par contre j’ignore si elle a lu des romans de Simenon et si elle allait voir des films

policiers !


Le texte de Cécile (c’est moi :-) )

Moi, je sais pourquoi Agatha fugua !

Décembre 1930.  Maman, mieux connue sous le nom d’Agatha Christie, est mariée depuis deux ans à l’archéologue Max Mallowan. Moi, Rosalind, sa fille unique, j’ai 11 ans et je n’en peux plus de tenir le secret qui me ronge les sangs depuis quatre ans.

En effet, rappelez-vous : le 3 décembre 1926, maman disparaît sans rien dire à personne. Que l’on croit. Car à moi, elle m’a dit qu’elle partait. Et où ! D’ailleurs, c’est un peu ma faute si elle est partie. C’est vrai, ce n’est pas une plaisanterie.

Plus tôt, pour mon anniversaire, au mois d’août, j’ai reçu un livre de contes d’un certain Heinrich Hoffmann. Je fêtais alors mes sept ans. Ce livre était en allemand. Je ne connaissais pas cette langue, mais maman si ! Maman a toujours été très douée pour les langues. Elle a appris très tôt à lire, toute seule et à écrire l’anglais. Vers 8 ou 9 ans, en six mois, elle parlait même couramment le français ! Durant tout l’été, elle m’avait donc lu et relu un nombre incalculable de fois ce recueil de contes allemand. Elle traduisait pendant qu’elle lisait et moi je regardais les dessins. L’auteur, psychiatre et auteur de contes pour enfants savait aussi très bien dessiner. Un conte plus particulièrement me plaisait, celui que ma mère traduisait « Philippe qui gigote ». Dans cette histoire, l’enfant Philippe me faisait beaucoup penser à Alice, dans le conte « Alice au pays des merveilles ». Le petit héros était un garçon, mais tout comme Alice, il ne pouvait s’empêcher de gigoter, de bouger, de gesticuler et de faire tout un tas de bêtises non pas par méchanceté, mais par manque d’attention, par maladresse. Philippe et Alice débordaient d’énergie et il leur était difficile de la canaliser pour faire les choses calmement.

En réalité, dans ces comportements, je retrouvais un peu de maman et ça me réconfortait. Maman aussi ne pouvait s’empêcher de bouger, de voyager, de faire tout un tas d’activités. Parfois, elle commençait quelque chose et elle le terminait, parfois, trop impatiente, elle abandonnait une activité pour se consacrer aussitôt à une autre.

Petite, elle a étudié le chant et a appris à jouer du piano. Plus tard, mais avant qu’elle soit enceinte, elle a été infirmière puis pharmacienne. Très vite, durant son temps libre quand elle était pharmacienne, elle s’est mise à écrire : des nouvelles, des histoires, des romans, des pièces de théâtre, des poèmes, des contes ! Elle écrivait tant et si bien que plus personne ne pouvait l’arrêter.

Elle a commencé à être publiée très peu de temps après ma naissance, en 1920. J’aime croire que c’est ma venue au monde qui lui a permis de révéler son talent. Mais elle était déjà douée bien avant mon arrivée sur Terre. Cependant, il faut admettre qu’elle était une parfaite inconnue avant de devenir ma mère et d’être publiée.

Il faut que je vous dise que maman était une grande timide. C’est pour ça qu’elle a abandonné le chant et le piano, elle détestait être sous les feux des projecteurs. Quand ses livres ont commencé à faire parler d’elle, après trois ou quatre ans, elle a eu un déclic. Un mauvais déclic. Ça ressemblait davantage à une déflagration. Un choc. Un retournement. Mise ainsi en avant, elle s’est crue obligée d’être redevable de son succès auprès de ses lecteurs fidèles. Elle s’est mise à écrire. Encore plus. Chaque situation à la maison ou dont elle était témoin lui suffisait comme déclencheur d’une histoire. Le matin, elle écrivait. Le midi, elle écrivait. Le soir, elle écrivait. Elle était moins souvent présente pour nous. Les personnages de ses romans prenaient plus de place dans sa vie que sa propre fille ou son mari ! Elle ne me lisait presque plus des histoires, et pour ainsi dire, plus du tout mon livre de contes préféré. Je me rappelle même une phrase qu’elle m’avait dite « Rosalind, tu as sept ans maintenant, tu es une grande fille, il est plus que temps que tu lises par toi-même. Tu connais ce recueil par cœur. Et si tu as oublié un passage, un détail, invente. Fais comme moi. »

Je n’ai rien osé dire après ça.

Quand maman n’écrivait pas, elle était triste. Oui, elle était vraiment de mauvaise humeur et râlait pour un oui ou pour un non. Écrire était pour elle un refuge. Écrire était pour elle un exutoire. La seule façon pour elle de s’exprimer librement. Facilement. Seule avec ses carnets d’écriture. Seule avec ses histoires. Seule avec ses personnages. Elle se sentait bien uniquement durant ces instants. Elle s’était construite une autre vie. Une vie dans laquelle je n’avais pas beaucoup d’importance. Une vie sans moi. Sans papa. Sans personne d’autres que les mots qui vibraient en elle et qui ne demandaient qu’à sortir. Pour vivre. Pour exister. Pour rêver.

Un jour, peu de temps avant la Saint-Nicolas, en 1926, maman avait appris deux mauvaises nouvelles, coup sur coup : sa mère, ma grand-mère, venait de mourir et son mari, mon père, demandait le divorce.

Je n’étais pas étonnée. Grand-mère était malade depuis de longs mois. Quant à papa, pouvais-je vraiment lui en vouloir d’avoir trouvé de l’amour et de l’attention chez une autre femme ?

Ce soir-là, après que papa lui ai fait part de son désir de la quitter, maman est arrivée dans ma chambre. Elle a pris le recueil de contes de Heinrich Hoffmann qui était sur ma table de nuit et a commencé à me raconter une histoire. N’importe laquelle. Au hasard. Mais le cœur n’y était pas. Ses mains tremblaient. Sa voix tremblait. Sa gorge se serrait. Ses yeux se remplissaient de larmes amères. Même ses jambes n’étaient pas tranquilles. Elle n’avait pas remarqué qu’elle avait commencé en plein milieu d’une histoire. Alors, je lui ai pris le livre des mains. Je l’ai fermé. Brusquement. Je l’ai jeté à plat au sol. En tombant ainsi, il a fait un bruit qui l’a fait sursauter. Et je lui ai jeté : « Maman ! Arrête ! Tu lis n’importe comment ! Je ne veux plus de ces histoires. À présent, je veux une histoire à toi. Écris-moi une histoire ! Pour moi ! »

Quand j’y repense, je m’en veux de lui avoir parlé ainsi, mais j’ignorais alors qu’elle allait réagir de la sorte.

Maman m’a murmuré un « merci », m’a plaqué un baiser sur chacune de mes joues et a quitté ma chambre. Elle en est revenue moins de dix minutes plus tard. Un manuscrit et une sacoche en cuir noir sous chacun des bras, elle m’a dit « Je vais essayer, mais je ne te promets rien. » Avant de refermer la porte, elle m’a confié le nom de l’hôtel où elle allait passer quelques jours, en me promettant de n’en rien dire à personne si je voulais lire sa première histoire qu’elle allait écrire « rien que pour toi ma belle Rose, ma belle jeune-fille, ma douce Rosalind ».

Et elle est partie.

Durant 10 jours.

Elle n’a pas écrit une histoire pour moi. Pas une seule. Elle en a imaginé des centaines d’autres : des dizaines de romans, des tas de recueils de nouvelles et d’autres de poésie, des scénarios de feuilleton télévisé et même des pièces de théâtre ! Mais rien, rien de rien pour les enfants. Je ne lui en veux pas. J’en ai déduit qu’elle était incapable de ne pas écrire et j’ai compris que chaque situation qu’elle vivait, stressante, gaie ou triste déclenchait chez elle une poussée d’écriture incontrôlable. Que si elle ne couchait pas par écrit toutes ces idées, ces émotions, ces histoires, ces ressentis, elle pouvait en être réellement malade.

Ma maman est une femme extraordinaire. Intelligente. Vive. Pleine d’idées, avec une énergie inépuisable. Durant ces dix jours où elle est partie, je suis sûre qu’elle n’a fait qu’écrire, sans se soucier une seule seconde de ce que sa fugue allait susciter comme scénarios improbables autour d’elle !

De vous à moi, je crois que maman souffre d’une hyperactivité d’écriture avec trouble déficitaire d’amour paternel causé par le décès de son papa quand elle n’était encore qu’une enfant.

L’auteur et psychiatre de mon recueil de contes, Heinrich Hoffmann, serait sûrement intéressé de connaître mon avis sur cette question.  


Texte de Svetlana, dont le français n’est pas sa langue maternelle. Lisez, appréciez, félicitez :-) Merci & bravo Svetlana pour ta participation !

Saturday, 4th December 1926

Contente d’avoir séjourné dans cet hôtel, ils proposent de nombreux services de cures thermales, je veux tout essayer. Dommage que je n’en aie pas entendu parler avant ! Le chauffeur de taxi qui m’a conduit du Surrey au Yorkshire m’a donné le bon conseil : un endroit pittoresque, c’est ce que je cherchais. Quelques jours de détente et d’agréables découvertes m’attendent ! Et ce n’est pas Capetown ! Alors, Tessa Neele, allez-y !

Sunday, 5th December 1926

Comment cette blonde, Mrs Maslow, a chanté sa romance ! Elle chuchotait un peu, mais que de passion était dans sa voix. Elle a dû vivre quelque chose de similaire à ce qu’elle a chanté.

Aujourd’hui, après le lunch, j’ai été invitée à jouer du piano à quatre mains. Ils ont un magnifique instrument dans le grand hall. Et puis avec Samuel Lynch lui-même ! Cela vaut la peine d’arriver plus tôt et de répéter seule pour s’en tirer tout à mon honneur.

Monday, 6th  December 1926

Des cures thermales m’attendent aujourd’hui. Et j’espère vraiment qu’ils ne me mettront pas dans une caisse en bois pour vaporiser mon corps. Cela m’épuise beaucoup et je n’aime pas suer.

Dieu merci, il n’y avait pas de vapeur. On m’a proposé un massage à l’eau dans une petite piscine gargouillante suivi d’un massage au chocolat. Et le chapeau en forme de petit turban, qui se met ici sur la tête, est tout simplement incroyable !

C’est étrange, mais pour une raison quelconque, je n’ai pas beaucoup de vêtements avec moi. Je vais devoir aller dans la ville et m’acheter quelque chose.

Tuesday, 7th December 1926

Dostoïevski est comme toujours insupportable ! Cette journée aussi pluvieuse, mieux vaut choisir un des auteurs français : Zola ou Maupassant… Ou le bon vieux Dickens. Oui. Pour le mauvais temps anglais – un écrivain anglais. Fauteuil confortable, couverture et thé.

Cet hôtel a absolument tout : en plus d’un magasin de vêtements pour femmes, il y a aussi une riche bibliothèque. Ils ont pensé décidément à tout.

Wednesday, 8th December 1926

Une compagnie agréable s’y est formée. Le colonel Fletcher  qui est retourné d’Afrique, le Dr Rick, les jeunes mariés Mr et Mrs Wochester, et Miss Eleanor Paige, une dame âgée qui joue très bien au bridge. Dommage que Samuel Lynch soit parti. Il n’y a personne d’autre pour m’encourager à jouer du piano.

Ce soir nous dînons tous ensemble et la soirée promet d’être intéressante. Mais je dois acheter une autre robe. Je n’ai certainement pas assez de vêtements.

Thursday, 9th December 1926

J’ai de nouveau oublié la cléf et, pour ne pas revenir, j’ai demandé l’autre à la réception. Ils m’ont bien sûr aidé mais on m’a regardé d’une manière étrange bizzare même. Du calme, cela peut arriver à tout et chacun. Ils m’ont demandé de précider s’il est correctement écrit dans le livre d’enregistrement que je suis venue d’Afrique du Sud. Je pense l’avoir déjà précisé. Ansi que mon nom..

Je vais prendre un taxi et aller me promener dans la ville. Je vais m’acheter des vêtements en plus, des journaux et je vais dîner seule.

Friday, 10th December 1926

Notre joyeuse compagnie s’est dissoute : les jeunes mariés sont partis, le colonel et Miss Paige aussi. Il ne reste que le Dr Rick, mais il projette aussi de partir.

Il me reste des livres et des journaux, dont j’ai acheté une pile entière.

Saturday, 11th December 1926

Ce matin après le lunch, j’ai vu ma photo dans deux journaux, à la fois dans le Times et le Daily Telegraph. Ils ont écrit que ma disparition était due à un mauvais coup publicitaire et ont accusé Archie de mon meurtre…

Je n’ai disparu nulle part… Pourquoi tout le monde m’appelle Miss Tessa Neele ?…

Archie… Après cette querelle atroce où il a annoncé qu’il passerait son week-end avec des amis sans moi, j’ai décidé de passer mon week-end seule. J’ai écrit à mon secrétaire que je partirais seul pour le Yorkshire. J’ai embrassé Rosalind, je lui ai dit où j’allais, elle a promis d’obéir à mademoiselle Dupont, sa gouvernante.

Quel mal de tête… Un étranger qui s’appellei Dr Rick prend soin de moi. Il a promis de m’apporter quelques gouttes. Je ne sais pas si elles vont m’aider, parce que je me suis souvenue d’où je connais le nom de Neele, Nancy Neele. Et la demande de divorce d’Archie cet été…

Archie…

Sunday, 12th December 1926

C’est insupportable. Tout le monde me dérange, me demande de payer la facture de certaines robes achetées, me parle de certains massages commandés… Je ne comprends pas ce que je fais dans cet hôtel et où est ma voiture…

Y a-t-il quelqu’un au monde qui puisse tout m’expliquer ?

Monday, 13th December 1926

Enfin trouvé des journaux d’aujourd’hui. Rien ne les arrête : ils ont publié ma photo avec Rosalind de 5 ans. Ma fille… Elle souffre plus que moi. Elle a besoin de moi. Je dois faire quelque chose pour la protéger.

Tuesday, 14th December 1926

Il y a des journalistes à l’hôtel. L’un d’eux s’est approché de moi alors que je lisais dans le Daily Telegraph des nouvelles sur ma recherche. J’étais prête à leur arrivée et à leurs questions. Ils n’entendront rien de moi au sujet de ma disparition. No comments.

Demain je pars pour Cheadle chez ma sœur, où Rosalind m’attend. Où on me comprendra et on m’aidera. Où on m’aime.

Festival Trolls & Légendes 2023

Bien que je n’aime ni la foule, ni le bruit, le festival de Trolls & Légendes est le seul grand événement auquel je me rends depuis quelques années.

Il y a toujours là une ambiance magique, normal me direz-vous au vu du nom de ce festival 😄 Les gens sont gais, souriants, certains sont déguisés, certains chantent, il y a des spectacles, des tas d’animations et un marché d’artisans exceptionnel.

J’y vais principalement pour les livres et goodies ainsi que pour l’occasion de bavarder un peu avec des auteurs et autrices que je connais un peu.

Bien sûr, il n’y a pas que les livres dans la vie (si ! si ! pour moi, lire, c’est la vie). Ce festival de magie et de féérie, c’est aussi des concerts, des animations pour enfants et adultes (tir à l’arc, lancer de haches, contes, spectacles, etc.), un concours cosplay pour adultes, plein de musiques, un marché féérique avec des dizaines et des dizaines de super artisans de talents, une exposition, des jeux à trolls, une conférence, des jeux de société à tester, des fabrications de figurines et bien sûr, plein de livres, BD, romans, recueils, essais, dessins, peintures et cie sur cet univers extraordinaire. On peut même s’y restaurer et bronzer quand le soleil est de la partie (rires).

J’ai aimé cette 10e édition. Même si nous ne sommes pas restés longtemps, on y va en famille, j’ai bravé ma peur de la foule et je me suis acheté quelques chouettes petites choses !

Un truc super pratique pour mettre de la distance entre le monde, le bruit et ma sensibilité : mettre des écouteurs avec ma musique, au volume souhaité. Première fois que je le fais et j’ai beaucoup apprécié cette aide simple mais efficace.

Cette année a été légèrement différente pour moi. En effet, j’ai encore tellement de livres à lire que j’y suis allée avec la ferme intention de ne pas me laisser tenter par des livres qui ne sont pas de véritables « coup de cœur ». J’ai des accès de folie quand il s’agit de livres, BD, manga, recueils, contes, etc. J’achète par impulsivité : la couverture me plaît, le titre me parle, le résumé m’attire ? J’achète.

Ce qui est aussi pratique, dans ce festival, ce sont ma phobie du monde et ma difficulté à aller vers les inconnus. Le premier ajouté au second me permettent de passer devant des tas de livres sans m’arrêter ! Je suis certaine que je loupe des histoires intéressantes, mais aussitôt l’image de la pile de livres qu’il me reste à découvrir dans ma bibliothèque me rappelle aussitôt que rien n’est urgent. Pour vous dire, l’année passée, à ce même festival, j’ai acheté environ 6 livres et deux de ceux-ci sont toujours dans ma PAL (Pile de livres À Lire) !

Je reviens chez moi avec seulement un livre ! « L’enfant qui murmure à l’oreille des corbeaux », de notre amie Laetitia Reynders. Une histoire avec des corbeaux, de la magie et un enfant différent comme héros, je ne peux qu’aimer ! En plus, voyez le superbe marque-page que j’ai reçu… et la dédicace en prime.

Derrière plusieurs personnes devant un stand de livres, j’ai repéré une autrice que j’aime beaucoup et dont j’attends avec grande impatience la sortie de son 3e tome : Les Chroniques de l’Érable et du Cerisier. Bien que l’on m’ai dit que la sortie de ce livre est prévu pour le mois de mai, j’avais le secret espoir que l’éditeur aurait profité de ce festival pour vendre en avant-première ce 3e tome de cette série que j’ai énormément apprécié. Malheureusement, je n’ai vu que des piles des tomes 1 et 2 sur sa table. Dommage.

L’année dernière, les éditions Ynnis y avaient un stand. Je n’ai pas regardé au préalable qui serait présent cette année. C’était ma petite surprise. Je comptais acheter un de leur livre dernièrement paru, mais ils n’étaient pas là 😔

Alors, je me suis laissée tenter par trois t-shirts et deux objets en bois. 😅

Les t-shirts du studio Ghibli 🤩 trop de choix ! Supers t-shirts

J’ai eu l’idée d’une nouvelle histoire pour enfants : le lapin et l’escargot. Histoire ? Conte ? Fable ? Je ne sais pas encore.

Pour être honnête, j’ai d’abord flashé sur l’escargot, car il m’a rappelé « Scar l’escargot », une histoire que j’ai écrit en 2011 ! Et le lapin, car sur le chemin en voiture pour venir jusqu’à Mons, j’ai vu un lièvre bondir dans un champ et la fable de La Fontaine a repris vie dans ma tête : Le lièvre et la tortue. Il y avait aussi une tortue, en bois, mais il faut savoir faire des choix. Le portefeuille n’est pas sans fond 😂

J’ai été ravie de papoter avec AD Martel, jeune autrice à l’imagination débordante et au talent extraordinaire ! J’ai dévoré, ainsi que ma fille, toute sa série médiévale « Le secret du faucon » ainsi que « Les larmes de Saël ». Revival est à lire si vous aimez les jeux vidéos et que vivre une vie virtuelle vous intrigue. Elle a écrit bien d’autres livres que je vous laisse découvrir.

Katia Lanero Zamora est arrivée un peu plus tard. Je n’ai pas eu l’occasion de la voir cette fois-ci. J’ai toujours son livre « Le monde d’Esver » dans ma bibliothèque pour laquelle j’ai une chouette dédicace faite à ce même festival l’année dernière !